2112

Il est deux heures du matin, nous sommes le 21 Décembre et d’ici 24 heures, le calendrier Maya va s’arrêter… puis un autre va continuer. Je me demande si, à chaque visite impromptue de pompier pour vendre un calendrier moche/pédo/les deux, une prophétie vient s’abattre sur un monde alternatif. Avant de nous mettre à raisonner comme Bernard Werber, accumulons les signes qui me font douter de la finalité de cette journée :
– Aujourd’hui est le jour où Gangnam Style va faire son milliard de vues
– L’Amv Hell 6 vient de sortir. C’est perfectible. D’ailleurs, c’est exactement ce qu’il vont faire : l’améliorer. Vous savez quoi? On va prendre notre mal en patience et attendre la version définitive en Janvier. Rien ne vous empêche d’essayer d’envoyer vos participations – le Commandant à réussi à en mettre trois. L’une d’entre elles est la deuxième de la vidéo.
– Paper Mario Sticker Star reste bon esprit mais est pétri de décisions très étranges. Il envoient des petits cadeaux via le Club Nintendo, ça sonnerait presque comme une lettre d’excuse, mais je suis peut être un peu esprit chagrin sur ce coup. On en reparle dans quelques jours.
– Quelque part, un mec au Québec va enfin faire sa veillée. A l’heure où vous lisez ces lignes, il n’est absolument pas impossible qu’il se soit immolé façon OTS pour partir sur je ne sais quelle planète. C’est glauuuuque.

Vous savez, la fin du monde n’est pas une fatalité en soi, elle ne ruine plus des carrières. Les survivalistes s’y préparent depuis toujours, on trouve des traces de ce phénomènes dès l’Apocalypse – le livre, hein – et des traces là et là dans l’Ancien Testament. D’ailleurs, c’est visiblement pour ça que la nomenclature officielle mormonne est de stocker un an de bouffe chez soi. Véridique, les petits amis. Après, des petits malins ne comprennent pas toujours l’idéologie de « survie » et confondent un peu avec « gardons les plus forts » ce qui vire parfois en « prenons un fusil et nettoyons tout ». Laissons un peu ces maboules de coté pour parler de la seule activité survivaliste valable, la vraie, c’est d’ailleurs l’appellation plus ou moins officielle pour les gens en manque de sport extrême : le « lâché en pleine nature ».

Vous me voyez peut être venir. Il existe une émission si cool, si prenante, le genre de truc qu’on n’est pas forcément fier de regarder parce que ça n’a pas la streetcred d’une Thema Arte mais montée et faite avec tellement de passion qu’on peut les enchaîner sans problème. Maintenant, allumez votre télé et dirigez vous sur le câble. Il y aura toujours un reportage de type « La nouvelle délinquance dans le métro » ou « Fraudes : la france qui triche » dans un emballage nommé « Enquête d’enquête » ou « A la recherche d’action »; Ou autre visuel-prétexte pour se refiler ces conneries comme une patate chaude au sein du même groupe TV. Ça, c’est le coté industriel du journalisme TNT, gracieusement fourni par TF1 et M6, ces chaînes bien moins ennemies qu’elles ne le pensent. Non, ce qui nous intéresse, c’est Discovery et ses variantes.

Discovery Channel est une groupe formidable puisqu’il concrétise tous les micro-fantasmes qu’on peut avoir en tant que téléspectateur. De fait, c’est le /d/ de la télévision – ouuuh, vanne aussi crade qu’élitiste – et on y trouve une microtonne de concepts qui sont de plus en plus pompés vers nos contrées. Vous savez, le genre de show qui, quelque soit son sujet, à strictement la même structure et la même démarche : une figure emblématique-présentateur-avatar, un format d’une demi heure entrecoupé d’au moins quinze pages de pubs et un amour immodéré de la steadycam. Il y a un point commun entre les émissions – le personnage principal plongé dans telle ou telle situation – et sa manière de toujours tout résoudre ou expliquer. Vous connaissez peut être « MythBusters », cette émission qui prend des expressions ou des faits cartoonesques au premier degré, voir s’ils sont vérifiables. Du genre « Ah tiens dans les dessins animés on voit souvent Daffy Duck mettre le doigt dans le fusil de Porky pour annuler son tir, faisons la même chose en vrai ». C’est dérivé des émissions scientifiques jeunesse comme FingerTips ou Art Attack en son temps, et ça fait partie d’un ensemble qui comporte, entre autres, The Biggest Loser, Cauchemar en Cuisine, Les Routiers de l’Extrême, Les Démolisseurs de l’extrême et tout le paquet Discovery qui regroupe le paquet grandiloquent « extrême », donc les émissions qui exploitent l’extrême de l’extrême. Hu. C’est rigolo, culte aux USA et fraîchement adapté sur France 5. Soyons honnêtes, les concepts toujours pas localisés en France sont rarissimes, et à ma grande surprise et à celle de toutes les blogueuses modes du coin, Project Runway (real tv éliminatoire sur la mode et le design, avec Heidi Klum, shön) ne l’est toujours pas. Et Man versus Wild non plus. LA véritable émission survivaliste du paysage audiovisuel.

Soyons réalistes : aussi risibles peuvent être ce genre d’émissions, on peut clairement faire le tri entre les bonnes et les mauvaises. Les premières se regardent comme les reportages sus-nommés, avec un esprit deuxième degré qui nous empêche pas de kiffer ce qu’on voit, tel les sagouins que nous sommes. Je me souviens notamment d’un sujet absurde où un coach sportif faisait maigrir des obèses. Très bien, pourquoi pas. Son sujet du jour lui à avoué, entre quelques mois de sessions de sport et de « training montage », son homosexualité, avant de lui avouer comment il avait subi des attouchements plus jeune. Sur le papier, c’est glauque, mais à l’écran c’était juste hilarant d’absurde et de cliché, si on exclut le message super super bizarre sur l’homosexualité que ça pouvait véhiculer. Comme un épisode de South Park, mais au premier degré, avec tout le monde investi à fond. C’est le coté un peu pourri de ce genre de sujets.

Le bon, c’est Man Versus Wild, « l’homme contre la nature ». Cette émission a pris fin en Mars après six ans de bons et loyaux services, elle est toujours diffusée en surdoublé sur NT1, je me suis dit que le jour était idéal pour lui rendre un petit hommage. Alors oui, je parlais de survivalisme un peu à tort, nul question d’apocalypse, il s’agit juste de se défendre contre les éléments et de se débrouiller en milieu hostile mais naturel. Cette émission, c’est avant tout une tronche. Le tout puissant BEAR GRYYYYYYLS. 38 ans. L’alpha-scout. Un vrai mauvais cul. A grimpé le mont Everest à 23 piges. Ancien soldat des forces spéciales, fils d’une figure anoblie du parti conservateur ; Oui, en plus il est britannique, ce garçon a tout pour lui.

Je ne peux que vous inciter à regarder une de ses émissions. Ça n’a rien à voir avec de la real-tv, on est dans de l’épisode qui se regarde sans aucun ordre. Le pitch? « Bear » se fait catapulter quelque part dans un endroit improbable, inhabité et hostile (l’Amazone, les grands canyons, l’Islande, etc) et doit rejoindre la civilisation le plus vite possible, mais avec assez de rushes pour faire une émission d’une demi heure quand même hein. Ils sont donc deux : lui et le caméraman. Ce monsieur est donc très connu pour boire son urine devant la caméra. C’est probablement une séquence d’un seul unique épisode – je n’ai pas le courage de faire une recherche Youtube qui serait très probablement fructueuse – mais malgré son CV berserk, on ne retiendra que ça de lui. Pour être amené à boire sa miction, il faut tout de même se faire larguer avec un équipement minimal… une gourde, un couteau, pas plus. Pour le reste, il se démerde toujours. Croyez moi que je vous dis que c’est immersif comme jamais puisqu’on sent que le mec s’amuse comme un petit fou à faire ses pièges à animaux. Je n’oublierais jamais la tête très choupi qu’il a sorti quand il a découvert une grotte en Islande, exactement comme un gamin à Noël. Le bonhomme doit se rendre d’un point A à un point B et va donner de sa personne pour s’adonner à un tas de manœuvres étonnante : se faire un bain chaud improvisé, faire du feu, des piêges à animaux… tout dépends du biodome dans lequel il se trouve, et chaque épisode est différent. Ça se regarde comme un run de Tomb Raider : c’est réalisé dans un esprit très « première personne » – ainsi, on a l’impression, nous aussi, d’effectuer toutes ces manœuvres hors du commun. C’est particulièrement impressionnant quand il parcourt des espaces verticaux, ses glissades dans les canyons américains sont mémorables! L’intérêt est de voir une variété de paysages exotiques dans des situations qu’on fera rarement – on a pas tous descendu l’Amazon en canyon! Cette caution est joussive et donne effectivement un p’tit coté jeu vidéo à l’ensemble, comme un run effectué en god mode. Car oui, notre Bear national s’en tire toujours, sans une égratignure. Pour résumer, Man Versus Wild est un Minecraft à échelle humaine. Notez bien qu’il existe des épisodes spéciaux avec des guest-star : Ben Stiller, Will Ferell et un Jake Gyllenhaal très flippé à l’idée de traverser un pont de singe ont tous participé le temps d’un épisode.

Spécial CommandantBien sûr, des critiques ont rapidement émergé pour dénoncer le manque de réalisme dans certaines situations, dans le sens où le sacro-saint « seul » n’était pas respecté. Hé bien, duh! Ne rompez pas la magie, les gars, l’objectif n’est pas de décortiquer comment, mais bien de voir un mec qui fait preuve d’une imagination débordante pour se tirer de l’apparent caca naturel dans lequel il s’est fourré. Maintenant, si vous tombez dans des sable mouvant ou que vous vous faites bouffer par un croco, vous saurez. Y’a pas vraiment d’autres formats dans lequel on peut voir un alpha male découper un zèbre mort pour se tailler une bavette. Sans NT1, Youtube sera votre meilleur ami.

Bref, il faut vivre, pas survivre. Bear Grylls, c’est un peu comme Steve Irwin, mais en vivant.
Ahem ahem.

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5 Responses to 2112

  1. @Alvin_Stick says:

    Objection ! L’autre key-feature de Bear Grylls est de s’hydrater en pressant des bouses fraîches d’éléphants !
    Il a également présenté un show plus pratique pour survivre dans des situations dangereuses « au quotidien » : bloqué dans un ascenseur d’un immeuble inconnu en coupure de courant, en panne dans le désert, poursuivi par des gens qui te veulent pas du bien…
    Un copy-cat de Man VS Wild existe mais son nom m’échappe : il met cette fois en scène deux anciens *random rang militaire élevé* dont l’un n’a plus mis de chaussures depuis 20 ans. Ça passait sur feu Direct 8 me semble-t-il (qui avait chopé plein de programmes « more of the same » que ses concurrents de la TNT).

    • Concombre Masqué says:

      C’est sympatoche Man Vs City Mesgenoux mais c’est carrément abusif dans une recette qu’utilise beaucoup de docus de ce genre, le fait de prendre 5 minutes de footages et de les étales sur trois ans et demi, c’est assez pénible, surtout quand ils veulent créer du suspense ou ce genre de chose délicate

  2. Meles Badger says:

    J’avoue avoir jamais vraiment regardé Man vs Wild mais je me suis maté plusieurs fois le copycat dont parle Alvin, Dual Survival, avec de vrais morceaux de bromance à l’intérieur (ce moment génial où le hippie engueule le militaire parce qu’il a tué un crocodile pour le repas et que c’était vachement dangereux quoi :’D).
    Mais sinon, ouais, c’est kiffant Discovery : plein de <3 pour Mike Row et son Dirty Jobs du charisme <3
    (sinon, c'était clairement pas le genre d'article où je m'attendais à voir une référence à Homestuck :'D )

  3. Crazy says:

    Tu as utilisé une référence Homestuck.
    Putain, tu montes dans mon estime

  4. Salut, merci pour l’article concernant le sujet « the final day ». Donc j’aime, je partage sur mon compte Facebook et je tweet sur mon compte twitter de même, pour que tous mes amis peuvent le voir. Encore pour la deuxième fois merci.

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