Monthly Archives: novembre 2012

VIOLENCE VIOLENCE

Je suis sûr qu’au moins trois ou quatre personnes seront gavées de tomber sur ce sujet. Désolé! N’allez quand même pas downvoter ce post juste pour ça. C’est incontournable. C’est le truc le plus créatif qu’on a pu faire depuis quelques blindes – « on » étant le petit cercle otake indéfini dont fait partie cette page, ça a demandé moult temps à faire et à perfectionner, bref c’est…

Si vous ne savez pas ce qu’est un Amv, ou l’AMV ENFER en général (majuscules qui écrasent les rétines mais importantes), je vous invite à lire ce petit post récapitualif. Pour faire court, tout part du concept Américain AMV HELL : dans un esprit Zapping, prendre un anime, en faire un montage qui collerait à une musique/son et lui donner un sens nouveau. Très souvent une blague qui parle d’elle même ou une référence à choper. 30 secondes maximum, toutes les vidéos s’enchaînent pour former un long-métrage hypnotique et dansant sur la zone grise « parodique » de la propriété intellectuelle. Bref, j’adore ça, plusieurs amis sont tout aussi fans et après avoir vu grandir le concept – 5 films, le sixième est imminent mais perpétuellement retardé par l’ouragan Sandy… mais on a un peu peur pour la qualité globale de ce dernier, d’où un micro-doute qui ne veut pas s’en aller – je me suis moi même lancé dans la réalisation de l’adaptation française avec une vingtaine de courageux, on a tous été très contents du résultat (perfectible) et hop hop hop. Miracle, un an et demi plus tard, le deuxième est disponible, c’est aussi simple que ça. Tout est disponible sur ce site.

Donc fatalement, je ne peux pas commencer ce post sans un gros mea culpa : j’ai toujours été très sceptique sur le sujet envers Le Commandant, réalisateur de ce projet; Pensant qu’il fallait un minimum de temps de latence entre les deux et fédérer une communauté plus visible pour obtenir un bon résultat. Force est de constater que Le Commandant m’a non seulement prouvé que j’avais tort mais qu’il a en plus largement haussé la barre : cette vidéo est franchement plus constante, en plus d’afficher une rigueur que je n’avais pas la première fois. Bref, bien joué mec. Je suis admiratif. Maintenant, quelques impressions sur la vidéo dans son ensemble. C’est parti pour l’analyyyyyyse!

L’identité

Question assez épineuse qui habite très vite le réalisateur d’un AMV HELL. Quelle identité visuelle accorder à son projet? L’original conserve le même format depuis que la recette a pris mais la version française à l’avantage d’avoir eux deux réals différents, donc deux approches et deux directives. Si Troll No More et sa monochromie était surtout issu de ma amour du minimalisme et de mes faibles compétencences en montages, le fil directeur de l’Asylum est bien plus voyant : le glauque, la folie, le perturbant. Identité qui se retrouve bien dans les clips qui monopolisent une imagerie très glauque, sanguinolante, violente. Un énorme part de clip est résolument violente ou à visée dérengeante. Heureusement, ça passe mieux que dans la preview (même si, avec tout le respect que j’ai pour Misterfox, le Mei Lan est trop extrême. Le fil conducteur est tenu, cohérent. Quid des transitions? Question encore plus épineuse puisque constituant la moitié de la vidéo, c’est encore Melow qui nous gratifie de ses compétences… On s’est tous retrouvé en mode « chibi » sur une scène, croisement entre un spectacle de marionnettes et les combats de Paper Mario 2. D’accord, parfait, d’autant plus qu’on lâche pour une fois le traditionnel « zap! » pour ce bon vieil écran de projection (il y a même l’habituel « mut » en début de vidéo, folie ». Ca prend le risque d’être différent et ça passe commune une lettre à la poste, surtout après la fausse bonne idée de l’AMV No-Hell. Bien, bien… encore une occasion d’être créatif et de signer les vidéos, concept que les HELL ne feront probablement jamais. Une réussite.

Musique, francophonie

Un point de vue archi discuté qui dépendra toujours de l’idéologie du réalisateur : pour moi, l’anglais est à préférer car plus « musical », Le Commandant à obtenu une vidéo un poil plus équilibrée dans les deux langues. Evidemment, dans le français, il y a trois catégorie : les « casseroles » adorées par Melow qui case avec logique tout et n’importe quoi (surtout n’importe quoi) la « chanson française » avec un gonze, sa guitare et parfois son backing band puis le « groupe français ». C’est dommage, cette dernière est évidemment ma catégorie préférée et je ne me souviens que de l’utilisation des Innocents. On a donc un pick&mix d’artistes francophones incontournables : Brel, Ferré, Brassens, Bertignac, Bachelet, etc. Au moins, il y a toujours une certaine musicalité derrière (retrouver Ensemble de Goldman était touchant) et les bêtises sont toujours justifiées par un bon montage. Les Sound Clips ne sont pas envahissants et reflètent bien les deux cultures (trois fois du Nostalgia Critic!) et la zic anglophone fait le bon mix entre chansons sincérement cool et pop/rock entraînante et/ou adaptée. C’est une question de mix et d’ordre qui installent un bon équilibre. Une fois encore, un bon point, et un Amv Hell like avec du Electric Six est un bon Amv Hell like. Ca a permis deux trois découvertes et c’est l’essentiel, mais je pars du principe qu’une dose de musical en plus n’est jamais gratuite. Elle est dans ces six minutes qui nous séparent des Hell.

Contenu, constance

C’était le fer de lance, le fil de conduite, la promesse de campagne de l’Enfer 2 : il sera CLEAN. Pari tenu, de très loin, quelques américains ont été impressionnés. Cette fois, on passe en 16/9 (et le retour devient impossible) et en HD, s’il vous plaît. Tout ça grace à quelques bons tutoriaux et à une bonne politique de rigueur : une très vaste majorité des extraits sont en qualité d’origine! Les séquences approximatives du début sont loin et c’est le plafond atteint ici. On ne peut pas faire mieux.  L’enchaînement des vidéos est aussi important et n’échappe pas à certains poncifs : les vidéos un poil en deçà dès le début, les meilleurs cartes tirées en file indienne un peu avant la fin. Ce n’est qu’une question de hasard et de playlist, mais ça n’empêche pas l’ensemble d’avoir un niveau toujours très égal et plus que supérieur à la moyenne : c’est pour cela que certaines séquences de skits sont plus marquantes que d’autres, aidés par un bon sens du timing et des sorties de vidéos. Il n’y a pas de réel moment creux ou mou comme Troll No More faiblissait un peu juste après la première moitié. On dénote quelques séquences jouissives, où tout coule parfaitement, où les skits excitants s’enchaînent, ça peut durer plusieurs minutes. Le générique final est une belle touche, long, plein de sources différentes, et conclut une vidéo à peine plus longue. Il reste encore un peu de mou pour atteindre le sacro saint format d’une heure vingt. Là on est encore un peu trop attachés aux running gags – après en avoir trouvé un bon, il y en a maintenant quatre ou cinq, je ne sais même plus. Attention à ne pas sérialiser toute la vidéo… ils ne sont pas intrusifs dans le cas présent mais la limite est gentiment titillés. De toute manière, ce n’est pas comme s’ils étaient mauvais!

Est-ce que l’AMV ENFER 2 s’inscrit bien dans son époque, est-ce qu’il fait « fin 2012 »? Il y a pas mal de gags d’actualité ou de phénomènes qu’on finira par oublier (WUB WUB) mais une fois de plus, force est de constater une certaine variété dans les sources. Le vrai spam ici c’est Higurashi, il éclate donc totalement les autres machins historiquement omniprésents : Death Note, Dragon Ball, Azumanga Daioh (deux skits en deux films, complètement absent ici) et la vague Soul Eater est retombée. En gros, les préférences du réal se ressentent toujours de manière subliminale… et les animes récents sont nombreux, seulement deux skits de Jeux Vidéo?

Montage, inventivité

Et c’est là que je vais enfin énoncer un défaut, enfin. Malheureusement, c’est ce qui l’empêche d’être un peu plus près des étoi… de la perfection – il a été un peu rushé et ça se voit. Les soucis sonores sont minimes – trois sketches ont un son insuffisant, de qualité moindre ou incohérent (« un mur iMMEENSE ») et c’est une minorité silencieuse. Cependant, beaucoup, beaucoup de transition ne sont pas nickel. Petits soucis de calques, extraits qui se terminent trop tôt, qui bouclent pour une frame ou qui laisse passer un écran noir, c’est une mini rupture à chaque fois. C’est dommage, c’est un petit moins. La bonne nouvelle, c’est que le Commandant a pris soin d’insérer quelques secrets à son oeuvre et permet donc une certaine replay value. Toutes les transitions ont donc une mini blague à découvrir, une petite pépite qui tiens souvent de la private joke ou du rapport caché. Bien, mais il s’est fait plaisir avec tous ces Tyler Durden insérés en scred’. Personnellement, j’en ai trouvé deux sur quatre. Il parait que les autres sont archi bien planqués.

Il y a un certain compromis entre bête montage et vidéo rokoko qui a toujours existé et qui équilibrait les qualités de la vidéo globale. En l’occurrence, le Hell 4 (le meilleur à mon gout) contient pas mal de skits à effets qui contribuent toujours à l’esthétique de la vidéo et à la qualité de la blague. C’était quasiment absent dans le premier, ici, il y en a quelques uns et ils ne sont jamais gratuits. Parfois, ils sont voyants et désignent les vidéos les plus floues (Husslin ?) où sont tout simplement trop faibles mais c’est archi rare (Le State Alchemist) de la même manière, le montage est soit calé plan par plan, soit construit façon teaser ou mieux, comédie musicale (Code Geass x Hercules, impressionnant) tout ça est bien représenté, il y a donc une nette progression entre les deux. Enfin, on note des vidéos qui sortent un peu des conventions – et qui, haaaa oui je vais essayer de l’écrire même si c’est dûr – légitiment le plan fixe, l’une des règles d’or à éviter. Meb est un bon espoir dans cette pensée « hors-de-la-boîte ». Bref, pas mal de choses encourageantes sur ce point.

10 Skits emblématiques de l’AMV ENFER 2

Lights Out (par OwlOfSawa) – Mindless Self Indulgence c’est la drogue dure musicale : un effet très court, beaucoup de sensations et souvent une descente pénible. Le clip est perfectible – à sa place, j’aurais dit « omg tu tiens un truc mais je ne prends pas avant qu’il soit impeccable » – notamment les petites imprécisions de lipsync au début mais cet AMV chope en nous quelques bas-instincts en timant de la violence pure sur ces quelques mesures de musique dingue. C’est primaire, c’est émotionnel bref ça prend aux tripes. La chaise qui arrive sur le roll de batterie, les coups en rythme, la contextualisation du début, hmm. Encore plus délicieux avec le contexte (croyez le ou non mais la colère de Rika est justifiée)

L’agitateur (par Melow) Melow adore mettre des casseroles musicales et francophones dans ses créations. Elle en a fait son étendard et prouve avec ce clip qu’on peut faire des bons trucs avec. En convoquant cette référence du fond des âges (c’est un single sorti par un candidat-bêtisier de la première Star Ac’) elle a accouché de LA vidéo qui m’a arraché un fou rire. Le clip est parfaitement dosé : pile le temps de comprendre d’où sort cette chanson pour avaler ce montage impeccable et simple… et dès que tu comprends, tu as ce plan final parfait d’Izaya en train de tournoyer sur sa chaise. C’est impeccable.

Au temps béni des colonies (Nemotaku) C’est aussi une private joke : ce Concombre qui apparaît dans la vidéo n’est pas là par hasard. Notre plus grand point de désaccord avec Le Commandant est mon désamour de Michel Sardou, que je n’aime pas pour ses derniers albums un peu ridicules (plus que pour sa fameuse période réac’) bref la place de cette vidéo n’est pas anodine et… elle est vachement bien! Ces incrustations, le petit plan aller-retour où Jean Roc et son mouvement bizarre mais hypnotisant, la tête de Nadia qui évolue… et un timing final/sortie impeccable. Ok, je suis sous le charme.

Tchou tchou (Melow) Melow strikes again. Après les roues de l’autobus, Nagi chante le train. On a tous notre vidéo qu’on se passe en boucle, celle là, c’est la mienne. Court, efficace, un peu crétin, même la musique est cool avec cette guitare très saturée et rigoureuse. Nagi, si tu veux chanter l’ensemble des TEC, c’est quand tu veux.

Friends for n/ever (Meles Badger) Le ping pong cinématographique de qualitaÿ. La chanson est entêtante, le rapport parfait, la vidéo optimale. Des petites incrustations, de la lip sinc parfaite, des plans toujours explicatifs, la vidéo parle d’elle même et l’ensemble pourrait être crédible de lui même. Encore un truc qui a dù demander beaucoup de boulot et qui est exactement du niveau dans le meilleur des Hells anglophones.

Hammertime (Meb) Je ne connais pas Meb – basiquement on est tous une bande de copains parisiens – mais ces vidéos installent une certaine fraîcheur dans un AMV ENFER. Il se sort des conventions pour fournir des vidéos… différentes. Conceptuelles. Un peu barrées. Là, un plan fixe, un portable et un bonhomme qui bouge, c’est tout. La blague n’est pas forcément très claire mais ça a le mérite d’être original… et c’est tout ce dont on a besoin!

Make Me Wanna Die (Amo) Note à soi même : un Amo déprimé est un Amo créatif. C’est super, non? Non? Hein? Allez, courage mon pote, ce ne sera pas éternel… et cette vidéo elle est coule et prouve que t’as quand même fait du chemin depuis Hurt.

High Voltage (Meles Badger) Emblématique car c’est l’une des rares vidéos à utiliser quelques effets, des simples glissements et superpositions. C’est tout con (mais c’est pasi facile à faire) et Meles innove un peu dans le lot en plus d’apposer une idée plutôt simple mais formidablement exécutée. C’est une bête question de timing et de montage : parfois, quand on fait une vidéo, de petites touches s’ajoutent toutes seules par hasard mais là on sent le vrai travail de fond pour une petite quantité de secondes.

La brosse à dents (Kocobe) En regardant la vidéo avec le Commandant j’ai vanné Kocobe à distance en pensant qu’il n’était pas l’auteur du montage. Je me suis bien gouré! Ce n’est pas que le montage est compliqué mais le choix des plans est bigrement judicieux : la séquence d’origine était déjà assez parlante mais ce montage assez binaire et ses « mouvements » sont toujours bien calés, bien choisis, c’est un très bel « aller-retour » grivois. Parfait exemple qu’un clip un peu plus « simple » peut être tous aussi efficace qu’un machin bien plus chiadé!

Pauvre Jack (Grimm) Ce jeune homme est une brute. Donnez lui le RollTheStampede d’or du meilleur espoir ET du meilleur contributeur. La vidéo est ultra épatante, fourmille de détails, elle ne fait pas que donner la parole (et le chant) aux personnages, elle détaille les intonations, les mouvements, les respirations, les pauses. Le tout dans une qualité d’image optimale, pas un pet de travers. C’est probablement la meilleure vidéo du lot, en toute objectivité.

En conclusion (et en bonus)

Pour vous remercier d’avoir lu jusqu’ici, voici l’habituel commentaire audio. Une superbe vidéo, une belle performance collective, encore… mais un cran au dessus. Je suis convaincu que le niveau américain est atteint, cette fois. C’est encore perfectible mais le niveau encore très théorique il y a deux ans est ici. Bien joué. Ouais, ce post est tellement dithyrambique qu’il en devient un peu répétitif mais je ne trouve pas de défaut là.

MAIS je mettrais un Golden si l’Amv Hell 6 est moins bon. En espérant mettre ça à jour très prochainement. D’ailleurs, la prochaine fois, on va parler d’un jeu très spécial, j’espère réussir à faire quelque chose de spécial.

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On va manger des chips

« Le Paris Games Week c’est le salon pour faire sa liste de Noël »

Cette citation est du premier concerné par ce salon et il est vraiment impossible de le contredire. C’est une question de point de vue : on peut adopter celui du gamer qui suit ou pas l’actualité, du pro qui déplore le manque de fraîcheur de l’ensemble ou de l’agoraphobe qui ne passera pas une bonne journée. Dans l’absolu, c’est on ne peux plus vrai, c’est un endroit idéal pour se faire un avis et se constituer un line up à acheter ou à offrir prochainement.

Seulement voilà; Cette affaire est un chouilla sclérosée par le fameux DoritosGate qui a occupé l’actualité en début de semaine. Je préfère ne pas en faire un éditorial parce que ce genre d’histoire est une succession de paramètres et de points de vue qu’on a pas forcément. Je trouve pas ça super sain de s’alarmer et de dénoncer le voisin au premier truc suspect venu mais je peux comprendre aussi certains instincts qu’on a tous eu – souvenez vous il y a dix ans, quand Game One rencontrait des soucis de connivences avec Infogrammes (c’est l’exemple le plus emblématique de notre génération) – ce sont des problématiques de communication et, parfois, de bêtement gagner son pain… que je ne maîtrise pas encore. Pour moi, ça reste plus une private joke qu’autre chose.

Non, le vrai problème c’est évidemment le filtrage presse qui ne s’est pas aussi bien passé que prévu. Comprenez-moi : en tant que visiteur régulier, j’ai quand même tenté de me faire accréditer avec ce bête site (et pas avec un truc un média bien plus légitime comme le JDJ ou RSP.fm) refus poli – surtout avec mon post précédent qui n’étais pas méga enthousiaste -, tout va bien, c’est normal. Si l’accès se « nazifie », tout se passe pour le mieux. Problème : lors de la soirée presse, les journaleux font écho d’une moyenne d’âge très basse et de gamins n’ayant pas grand chose à faire là; d’où mon interrogation. Idem pour les « bloggeurs ». Je ne peux pas trop cracher sur le terme pour des raisons évidentes mais croyez bien que je suis tout aussi scandalisé par la mentalité de ces gamins qui pensent que tout leur est dû… surtout si c’est pour faire un site moche rempli de « J’ai été invité à cette soirée » et « on m’a envoyé ce jeu/manga mais je sais pas pourquoi loool » – vous savez bien que la légitimité est un concept que j’affectionne et c’est bien triste de voir que la notion de « blog » est entachée par, comme dirait un ami journaliste, ces « branle-bourses ». Frontières entre hobby et métier, celle entre communication et journalisme, celle entre travail et communication, on a pas fini d’élucider le mystère et je reste dubitatif. Hier soir, quelques-uns ont essayé. (… et ce sont des amis, donc on a l’exemple pratique en plus)

(Ceci était la sacralisation n*42035 de Concombre sur la carte de presse)

Quoi qu’il en soit, j’aime bien venir au Paris Games Week et tester quelques trucs. Ce sont effectivement des séjours qui déterminent certains de mes achats et j’aime prendre le Tramway et jouer à Picross sur le chemin. C’est la troisième édition qui succède à ce créneau dans l’année préalablement occupée par le Micromania Game Show – dont le dernier mot fait écho à ce qu’est sensé incarner ce type d’évènement : un showcase. Les soucis qu’on reproche au PGW sont souvent les mêmes, et malheureusement à raison : organisation trop bordélique, programmation « musicale » inexistante (dans le sens où il font semblant alors qu’il n’y a peut être pas lieu du tout d’en avoir une, Pso déplorait le manque d’invité clé) et toujours ce syndrome étrange de l’omniprésence de jeux sortis il y a deux jours ou dans les deux semaines. Il est clair que le salon est davantage un teaser qu’un étalage d’exclusivités et il est toujours fun de constater que le public est, évidemment, axé autour de nos amis les ados de quinze piges (et je ne lâche pas le mot « boutonneux »* parce qu’on l’a tous été un jour) et honnêtement, comment se moquer des gens qui font la queue plus de quatre heures pour jouer au nouveau Call Of, cette franchise qui sent le cynisme depuis la stratosphère? Hein?

Allez, l’heure est venue de livrer une batterie d’impressions sur les quelques trucs qui pourraient tous nous intéresser. Il y avait tout de même une exclu, et pas des moindres! Le coin Wii U (sortie dans quatre semaines) était le coin idéal pour polariser les foules et se faire une impression définitive sur le line-up. Géré avec une organisation astucieuse – choper un créneau, faire une queue dérisoire et tester tout ce qu’on peut tester dans un lapse de trente minutes avant que la sécu fasse gentiment évacuer – ce quartier était clairement le centre d’intérêt du bouzin.

Sur la Wii U

Commençons avec Nintendoland. Re-situons la chose, ce jeu est en quelques sorte le Wii Sports de la Wii U, dans le sens où c’est le jeu sensé montrer toutes les fonctionnalités de la console via divers mini-jeux et featurettes. Ces mini jeux sont presque tous axés multi, sauf celui axé sur l’univers Donkey Kong (impossible de me souvenir des différents noms mais ils ont tous l’identité d’une grande saga de Big N), une sorte de tricky bille assez addictif. L’objectif est simple : un parcours vertical, un véhicule fort fragile et à nous de faire pencher la mablette pour mener à bien vers cet objectif. Bientôt, il faut tourner les joystick, actionner des boutons et faire plusieurs choses en même temps. Ce n’est pas grand chose mais ça réveille mes bas-instincts d’adorateur de jeux d’adresse, façon évite-les-trous-avec-ta-bille. On espère que le parcours fasse trois kilomètres de hauteurs, que la logique du « toujours plus loin » puisse s’appliquer. Sinon, ce fameux Pac Man sorti de Luigi’s Mansion est tout ce qu’il y a de plus bien pensé : bien dosé entre les chasseurs et le fantôme, un système pour faire revivre ses copains, tout ça, demande une bonne interaction avec tout le monde. Le minigame Animal Crossing est pareil dans cette logique d’opposition avantages/nombre de joueurs mais permet de voir en live la tête de la personne qui est sur le second écran, probablement pour savourer sa frustration ou quelque chose du genre. Inutile de tous les égrener, ils sont tous rigolos mais je ne pars pas du principe que j’aurais toujours quatre amis sous la main d’où cette emphase sur le jeu solo. Bon, ça ne justifiera peut être pas seul l’achat de la console mais si le contexte vous est favorable ce sera très certainement un jeu de base qui procurera un peu de fun.

ZombiU est peut être laid comme un pou mais son gameplay comporte quelques passages rigolos et interactifs : à la manière de Dark Souls, certains passages (crocheter une porte, mater l’inventaire etc) n’arrêtent en rien le jeu. Pendant que vous vivez votre vie sur la tablette, rien ne dit qu’un zombie ne va pas venir vous béqueter en scred’. Va-t-on quand même échapper au syndrome Red Steel, qui se basait sur les mêmes mécaniques de jeu et de gimmicks? Rien n’est dit et le mot cours que le jeu sera moins cher après peu de temps, en gros, l’optimisme n’est pas là sur les ventes. A vous de faire le tri. Pikmin 3 ne présente pas de différences fondamentales avec le premier, ses graphismes enchanteurs ne sont pas si « supérieurs » mais c’est indéniablement plus fluide, fouillé, mieux animé et globalement plus joli. La démo timée présente permet de se familiariser avec les fameux petits Pikmins « roc » qui cassent les portes en verre et certains ennemis. Probablement une valeur sûre de la console. En voyant son petit fils y jouer, un papy s’est exclamé « Ah bah voilà un jeu sans massacres et tout ça ». Micro allégorie.

Rayman Legends sera une tuerie. Confiance aveugle et absolue à ce soft. D’une part parce qu’Origins nous a conforté dans ce qui ne devrait pas devenir une série de jeux (on espère que c’est un simple truchement de générations, pour le dire comme ça) et parce que cette démo rassure même si axée multi : le joueur au pad contrôle Murphy et aide les autres à progresser : tirer des plates formes, couper des cordes, tourner des pièges, etc. Rassurez vous, le jeu est sensé être jouable seul quand même mais le fun résidera dans cette interaction entre les supports. La problématique sera de voir si ces gimmicks tiennent sur la longueur, mais, encore une fois, confiance. Le niveau « synesthésie » du trailer de l’E3 était jouable mais en profiter avec la cacophonie ambiante n’était pas évident. En tout cas, en dix minutes de jeu, nous avons largement terminé cette démo et l’enthousiasme est là – c’est d’ailleurs concrètement ce qui devrait être la plus grosse exclu jouable du salon. Deux petites lignes pour dire que la console en elle même est toute petite et que l’écran de la mablette est inutilement petit avec plein de plastique autour. Pas moyen d’avoir accès aux menus de la console ou aux diverses fonctionnalités online. On constate également que les menus conservent l’identité et les valeurs de la Wii, l’objectif n’est donc pas de nous brusquer. Tout ça donne envie et j’espère que vous pardonnerez mon impasse sur New-néo-Super-Mario-Bros-U-fit. Le disparu de la convention était probablement Paper Mario Sticker Star, qu’on oublie pas.

Le reste

Bon, il y avait quand même pas mal d’autres choses mais de là a dire que ça avait un intérêt prononcé, je ne suis pas certain. Quelques stands de goodies anglophones (Games Legends proposait ce fameux Portal Gun grandeur nature, amour) des micro-stands de sites JV (et Marcus, toujours présent à l’appel) un énorme quartier dédié à l’E-Sport (comprendre Lol et quelques autres trucs) et une ribambelle de stands éditeurs, la vaste majorité présentant des softs sortis dans le mois d’Octobre. Par exemple, on peut dénoter la grande trinité du charisme (Dishonored – Need For Speed et sa Nemesis Forza Horizon – Assassin’s Creed 3) et une floppée d’autres jeux. Une démo de Super Playstation Battle Royal Brawl ne nous a pas spécialement convaincus, c’est sympathique mais les différences avec son « maître à penser » ne sont pas flagrantes. Quelques personnages fond-de-tiroir, de jolis terrais qui évoquent de bons souvenirs, le tout est fluide mais pas intuitif niveau scores. C’est un bon palliatif pour les allergiques à Nintendo, rien de plus. Le jeu de kart Little Big Planet conserve l’esthétique naïve de la série et Sony fait de la communication risquée (photo originale de Kitsuntsun qui a involontairement fait le tour du monde des médias, bien ouej)

Joue à Call Of ! NETTOIE TON LYCÉE

Comparons avec les titres excitants de l’E3 (la Gamescom serait plus pertinente mais Bibi était en vacances) – pas de Tomb Raider (une vidéo, pas plus), pas de Last Of Us, pas de WatchDogs, tout ça est bien trop tardif pour la visée du salon. Sinon, trop de queue à faire pour les autres softs et on a très concrètement fait tout ce qu’on souhaitait voir en une seule journée.

Que dire que dire… beaucoup de bruit, beaucoup de goodies distribués pour les volontaires, beaucoup de bruit tout court et beaucoup de Gangnam Style, de Just Dance à fond les ballons, de sécurité parano, de sécurité cordiale et aidante, d’adolescents survoltés, de gamins hystériques, un tarif un poil supérieur à ce qu’il devrait être si on est pas étudiant, un coin enfant, beaucoup de Coca Cola Zero, pas de booth babes en vue (que des jeunes sympas et souriants) des paninis au poulets mal cuits, plein de streetpass, ce genre de petites choses. Pas d’avis particulier sur Halo 4, Far Cry 3, Fifa 13 ou Angry Birds.

Bon, rien de tout ça n’est écrit avec une conviction démentielle, je vais juste retourner devant Alpha Protocol et y jouer des heures, y consacrer un autre mémoire et kickstarter Obsidian pour une suite.

* Bam bam ceci est une prétérition

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