Exctinction des feux

Même concept, même punition que l’année dernière : voici les 15 films que je suis allé voir au cinéma cette année, je vais pouvoir faire un top 15. Pourquoi quinze? Parce que j’aime aller cinq crans au dessus! Je vais volontairement squizzer les deux films que j’ai vu en décembre 2011 (Colourful et MI : Ghost Protocol) et refaire exactement la même chose cette année – il n’y a que Wreck It Ralph qui risque de nous passer sous les mirettes et on sait déjà tous ce que vaut ce film. Bref, en attendant une véritable idée, voilà les films que je suis allé voir en salle, classés par ordre d’appréciation – pas par ordre de qualité objective et exhaustive. Je n’ai pas vraiment fait dans la subtilité cette année. Que de grosses productions, beaucoup d’américain et la phrase « accordons nos désaccords » Go!

15) Men In Black III

J remonte dans les années 70 pour sauver K et rétablir l’ordre du cosmos et c’est un peu naze mais honnêtement, n’était-ce pas prévisible? On n’attends déjà pas grand chose du successeur de MIB 2 et le film n’est ni vraiment drôle, ni vraiment passionant, ni vraiment fun. Y’a pas cet art du monstre que d’autres prothésistes et fana d’effets spéciaux ont, et le film souffre d’incohérences démentielles – notamment autour du perso de Will Smith. Si les dates collent, alors moi je suis la Reine d’Angleterre et je bois du thé dans les jardins de la royauté en bonne compagnie. J’y ai trouvé deux trois scènes gores qui ont ravi mes sens d’amateur de gorn mais si il faut chercher ce genre de plus-value dans ce film, on peut toujours mater un Saw. Bref, c’est fantastiquement lambda et il n’y a pas grand chose à dire de plus.

14) Le Dictateur

Aladeen est déchu et fait le zouave dans un boutique bio avec une nana poilue. Là encore, y’a pas de surprises et on a exactement ce qu’on est venu voir. C’est clairement en deçà de Borat et Bruno, les derniers films de même genre avec Sasha Baron-Cohen mais il y a cette fois le parti-pris de la fiction totale, dans le sens ou tout le monde joue (même si on soupçonnait déjà les autres films de cet état de fait) et on nous raconte une histoire vieille comme le monde : Aladeen est méchant, mais il est destitué de son statut et de ses attributs de méchants, alors il s’entiche d’une gentille et apprends les valeurs de la gentillesse. Ok, soit, le reste est tout de même drôle et garde le même type d’humour bien crade et efficace. Premier plan intra-vaginal depuis Enter The Void. Du caca. Quelques punchlines bien trouvées et pas mal de lol. Encore une fois, pas de surprises, joyeusement crétin.

13) Frankenweenie

Un gamin ramène son chien à la vie. Tout le monde ramène son animal de compagnie à la vie. Chaos. Et bam, la déception. C’est foncièrement un bon film, plus que ça même, mais il n’est pas réellement tout publics. Les grands vont s’y ennuyer un peu. Au moins, il a la capacité d’installer son microcosme, de faire sa petite histoire et de poser ses quelques idées et gags mais l’ensemble reste fantastiquement gentil. D’ailleurs, la morale du film est archi bizarre : « Si tu es scientifiquement capable de faire revivre les morts, faut pas te gêner » voire « Fuck la mort, ce n’est qu’un concept, on peut faire une exception » et la toute fin est un choix assez illogique, au vu de tout ce qui vient de se passer. Quelques parents ont probablement dû remettre des choses en place et c’est dommage. Petite déception pour la BO où une pelletée d’invités cools étaient présents (Mark Foster, Kimbra, Flaming Lips, Passion Pit et moult artistes pop) qui, du coup, ne font que des ziks d’ambiance pas mémorables. Vraiment très sympathique pour nous, super pour les plus petits.

12 ) La Colline aux Coquelicots

Paternité floue et crypto-couple flou au bord de l’eau. Le problème ici est totalement différent : ce n’est pas mémorable. Le film est totalement éphémère, se mate et sort un peu par les oreilles quelques mois après. Je n’ai pas grand souvenir du deuxième Goro Miyazaki et, pour cause, c’était en Janvier dernier… j’ai du relire mon propre truc pour contextualiser et je me souviens bien plus de Colourful, qui avait un mois de plus. Soucis d’introduction, rythme pas fantastique, persos robotiques et émerveillement un poil forcé avec ce quartier latin où tout le monde saute de joie ; déjà vu. Cette impression de vouloir t’injecter de l’émerveillement par intra veineuse était un peu chiant et l’ensemble est un peu trop confus pour avoir une vraie personnalité, celle qui marque. J’espère que papa Miyakazi a pas enfermé sa progéniture dans sa cave des jours durant.

11) J. Edgar

Leonardo met les fringues de sa mère. Encore une fois, pas particulièrement mémorable… et contrairement au film d’au dessus, on dépasse les deux heures et ça se sent un peu trop. Comment est-ce possible? Un biopic avec Léo… chiant? *Son dramatique*
Au delà de ce maquillage un peu suspect, ce film est un peu trop sombre et gris pour être sympa. Pas sombre « edgy », sombre plan plan. Bon, c’est évidemment très injuste pour un virtuose comme ça derrière mais je ne retiens que ce bref résumé de J. Edgar. Ca fonctionne, c’est une belle exposition d’un ego et d’un personnage fascinant mais… Dans deux ans, j’aurais probablement oublié son existence. OUPS.

10) Rebelle

Merida ne veut pas être mariée de force, elle engage une sorcière et… un des pots les plus classiques de la fiction, le « faites attention à ce que vous souhaitez ». Pixar est au storytelling ce que Nintendo est au gameplay : ils font les choses parfaitement bien mais une vieille malédiction va les faire exploser si ils prennent le moindre risque. Rebelle est le Pixar de trop, celui qui te convainct que tu es définitivement trop vieux pour ça. L’histoire serait cool si la péripétie de mi-chemin, cachée de toutes les promos et synopsis, ne ressemblait pas trop à un Disney pas trop vieux. Rebelote : c’est gentil, ça ne va pas chercher plus loin. Une issue audacieuse a été évitée avec la même grâce qui m’entoure quand je fais du crawl; comprenez faible. Comme Frankenweenie, statu quo de fous à la fin. Après, c’est techniquement impeccable et assez prenant, ceci, cela.

9) The Dark Knight Rises

Batman est tout cassé et Marion Cotillard s’évanouit d’une manière un peu ridicule à la fin Bon. The Dark Kinght, malgré toute la hype qu’on peut cultiver depuis quatre ans (et ce n’est pas bon, rien de meilleur pour altérer une première impression, donc toutes les autres) mais c’est le tout premier film où j’ai commencé à regarder ma montre à mi-chemin et ça ne m’empêche pas d’en avoir un avis un poil plus positif que la moyenne. Ce film est entièrement calibré par le souvenir qu’on a du précédent et il ressemble pas mal à une redite du premier de 2005. La gestion du rythme est la même, l’ennui peut être un problème. La claque n’est pas la même, certains plans sont troublants voire moches et il est inconcevable que Nolan n’ai pas eu envie de corriger certains trucs. Il a dû les laisser sous la contrainte ou quelque chose du genre. Mitigé, pas négatif, trop long, ni fait ni à faire…

8) The Avengers

Des super héros bottent des supers culs et tout le monde fangirlise pour Loki. Houba houba

7) Looper

Des petites frappes exécutent des gens qu’on renvoient dans le passé. Gordon-Lewitt va en subir les conséquences Ha oui, du cyberponque, j’adore ça. Beaucoup de ressemblances avec Time Out. Nous sommes vingt ans dans le futur et la terre est régie par un paquet de règles bizarres. La toute première scène doit faire un sacré choc si on ne connaît pas le plot auparavant, le développement est un joli manège avec quelques à-coups. D’abord, cette histoire de télépathie prend une place bien trop importante dans la fin du film, fusionnée avec… cet affreux gosse. Ses chouinements en gros plan et au ralenti seront probablement ma bête noire cette année. C’était vraiment ridicule et bon dieu ce que je n’aime pas ce topos du gamin « doué » qui joue comme un adulte, à la Dakota Fanning. Toujours dans les défauts, bien trop prévisible et fin utilisant des ficelles un peu interdites, plus des incohérences flagrantes. Ca empêche pas de laisser filer le film à vitesse flash parce que le postulat est vraiment novateur mais damn, des défauts. Ces plans hideux.

6) Hunger Games

Du rififi dans le District 12; une meuf a bien peur de se faire moissonner pour le jeu de massacre annuel, que va-t-il se passer?C’est une bonne surprise. Au moins, l’adaptation est très rigoureuse, pas d’ajouts, pas d’emprunts, c’est au final exactement comme le livre – pour les plus jeunes mais assez fascinant. Pas fantastique mais très pragmatique dans son approche : pas de violence mais une bonne retranscription du malaise généré par cette situation. C’est peut être la shaky cam qui fait ça. Des persos un poil plus crédibles que prévu (sauf Rue, je fais partie des deux nazis sur Terre que ça fait rigoler) et un copier coller parfait de Battle Royale. Sauf que : c’est exactement ce que Battle Royale aurait dû être. Fatalement, je considère cet univers bien plus légitime, il n’a pas l’effroyable mocheté et la violence/sexe superflus de son grand frère. Croyez le ou non mais il y a un vrai fandom derrière… par contre, l’adaptation du deuxième livre ne peut vraiment pas donner quelque chose de bien, je peux pas y croire, mais pas mal d’idées visuelles seront super cool sur un grand écran.

5) Prometheus

Un mec engage de très mauvais scientifiques pour faire un repérage sur une planète inconnue, jeu de massacre deuxième Ce film est très controversé et a suscité deux écoles. Je fais partie de celle qui lui prête pas mal de trucs incompréhensibles. Les intentions de Fassbender-bot sont un mystère pour les générations futures, la libido de Rapace est un autre… le casting du vaisseau s’apparente à celui d’un Destination Finale et il va se faire liquider de la même manière, stéréotypés et pas bien malins. NE TOUCHE PAS CE TRUC, TU AS BAC PLUS QUINZE! Ils vont tous mourir, un par un, de manière chirurgicale, toujours d’une façon différente, parfois avec les honneurs. Hé, pas facile d’être toute pimpante quand tu viens de te faire ouvrir le bide… mais piquer un sprint dans un couloir après quelques agrafes, pas de problèmes! Etc etc. Plein de petits et gros trucs comme ça. Après, j’ai quand même aimé le tout puisque j’y ai vu des trucs que je ne soupçonnais pas, le lien avec la saga Alien n’était même pas établi dans ma tête et la toute fin était un gros plus. C’est de la SF, ça me touche, tout simplement.

4) Skyfall

James Bond se prends une baston et nous refait le coup de « l’anti-alpha » Ce film est ‘achement cool. Il offre pas mal de visions enchanteresses  : James Bond se bat devant des méduses géantes, James Bond se perd dans la district line, James Bond vagabonde dans la pampa écossaise sous une lumière très orangée. Il y a un peu de mythologie pour les aficionados et cet opus est assez différent, dans le bon sens. Hey, c’est bien la première fois que le vilain obtient ce qu’il veut… et honnêtement, même si je ne suis pas si fan de cet adversaire crypto-gay et des méchants flamboyants en général, tout est crédible, pas mal de codes de la série sont tordus, vraiment un bon moment passé avec Daniel Craig, toujours aussi charmant.

3) The Artist

(…) Déjà fait. Comparé avec un autre chef-d’oeuvre. Très inspirant.

2) Argo

Ben Affleck monte une fausse équipe de tournage pour sauver des ressortissants américains. C’était vachement bien. Vu sans rien savoir du film, à l’aveugle, j’ai eu de la chance. Encore plus passionant si on a pas entendu parler de cette affaire déclassifié, évidemment. Pas une seule rupture, pas un pet de travers, le film est captivant de bout en bout. Il y a peut être un peu de manichéisme mais c’est une question de point de vue, le film est fait pour attirer l’empathie envers ces otages, coincés par ces mecs hirsutes. De toute, le parallèle entre la dinguerie de la lecture du script et la fausse exécution est suffisamment parlante et, de manière surprenante, assez subtile. Suspense bien dosé, beaucoup de dramatisation face à l’évènement original.

1) Les enfants loups

Une étudiante très porté furry couche avec un homme loup, se retrouve veuve et galère C’est pas un chef d’œuvre mais c’est probablement mon film préféré cette année. J’en ai pondu une critique un poil plus pro par ici. Émouvant, naturaliste, tout le tremblement. L’histoire est adorable, le traitement l’est tout autant, on échappe pas à quelques poncifs et écueils (l’habituel petit vieux bougon qui ne sert à rien, sinon faire la gueule) mais le script est très sympa, il y a cette gestion des silences, des pauses. Succession de scènes touchantes, émouvantes… de la vraie magie sur pellicule, et il est bien trop court. Vive Ma morue au soda qui, pour une fois, s’est éloigné de ses éternelles matrices même si le rapport maternel reste un gros fil rouge. Du bonheur.

Par contre, la cigarette invisible dans Looper, je ne sais toujours pas.

This entry was posted in Kulture moderne and tagged , . Bookmark the permalink.

One Response to Exctinction des feux

  1. Hackatosh says:

    « Amateur de gorn » Gorn ? Mélange de… OHMONDIEUCONCOMBRE. CETTE FAUTE DE FRAPPE RÉVÉLATRICE !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *