Daily Archives: 4 novembre 2012

On va manger des chips

« Le Paris Games Week c’est le salon pour faire sa liste de Noël »

Cette citation est du premier concerné par ce salon et il est vraiment impossible de le contredire. C’est une question de point de vue : on peut adopter celui du gamer qui suit ou pas l’actualité, du pro qui déplore le manque de fraîcheur de l’ensemble ou de l’agoraphobe qui ne passera pas une bonne journée. Dans l’absolu, c’est on ne peux plus vrai, c’est un endroit idéal pour se faire un avis et se constituer un line up à acheter ou à offrir prochainement.

Seulement voilà; Cette affaire est un chouilla sclérosée par le fameux DoritosGate qui a occupé l’actualité en début de semaine. Je préfère ne pas en faire un éditorial parce que ce genre d’histoire est une succession de paramètres et de points de vue qu’on a pas forcément. Je trouve pas ça super sain de s’alarmer et de dénoncer le voisin au premier truc suspect venu mais je peux comprendre aussi certains instincts qu’on a tous eu – souvenez vous il y a dix ans, quand Game One rencontrait des soucis de connivences avec Infogrammes (c’est l’exemple le plus emblématique de notre génération) – ce sont des problématiques de communication et, parfois, de bêtement gagner son pain… que je ne maîtrise pas encore. Pour moi, ça reste plus une private joke qu’autre chose.

Non, le vrai problème c’est évidemment le filtrage presse qui ne s’est pas aussi bien passé que prévu. Comprenez-moi : en tant que visiteur régulier, j’ai quand même tenté de me faire accréditer avec ce bête site (et pas avec un truc un média bien plus légitime comme le JDJ ou RSP.fm) refus poli – surtout avec mon post précédent qui n’étais pas méga enthousiaste -, tout va bien, c’est normal. Si l’accès se « nazifie », tout se passe pour le mieux. Problème : lors de la soirée presse, les journaleux font écho d’une moyenne d’âge très basse et de gamins n’ayant pas grand chose à faire là; d’où mon interrogation. Idem pour les « bloggeurs ». Je ne peux pas trop cracher sur le terme pour des raisons évidentes mais croyez bien que je suis tout aussi scandalisé par la mentalité de ces gamins qui pensent que tout leur est dû… surtout si c’est pour faire un site moche rempli de « J’ai été invité à cette soirée » et « on m’a envoyé ce jeu/manga mais je sais pas pourquoi loool » – vous savez bien que la légitimité est un concept que j’affectionne et c’est bien triste de voir que la notion de « blog » est entachée par, comme dirait un ami journaliste, ces « branle-bourses ». Frontières entre hobby et métier, celle entre communication et journalisme, celle entre travail et communication, on a pas fini d’élucider le mystère et je reste dubitatif. Hier soir, quelques-uns ont essayé. (… et ce sont des amis, donc on a l’exemple pratique en plus)

(Ceci était la sacralisation n*42035 de Concombre sur la carte de presse)

Quoi qu’il en soit, j’aime bien venir au Paris Games Week et tester quelques trucs. Ce sont effectivement des séjours qui déterminent certains de mes achats et j’aime prendre le Tramway et jouer à Picross sur le chemin. C’est la troisième édition qui succède à ce créneau dans l’année préalablement occupée par le Micromania Game Show – dont le dernier mot fait écho à ce qu’est sensé incarner ce type d’évènement : un showcase. Les soucis qu’on reproche au PGW sont souvent les mêmes, et malheureusement à raison : organisation trop bordélique, programmation « musicale » inexistante (dans le sens où il font semblant alors qu’il n’y a peut être pas lieu du tout d’en avoir une, Pso déplorait le manque d’invité clé) et toujours ce syndrome étrange de l’omniprésence de jeux sortis il y a deux jours ou dans les deux semaines. Il est clair que le salon est davantage un teaser qu’un étalage d’exclusivités et il est toujours fun de constater que le public est, évidemment, axé autour de nos amis les ados de quinze piges (et je ne lâche pas le mot « boutonneux »* parce qu’on l’a tous été un jour) et honnêtement, comment se moquer des gens qui font la queue plus de quatre heures pour jouer au nouveau Call Of, cette franchise qui sent le cynisme depuis la stratosphère? Hein?

Allez, l’heure est venue de livrer une batterie d’impressions sur les quelques trucs qui pourraient tous nous intéresser. Il y avait tout de même une exclu, et pas des moindres! Le coin Wii U (sortie dans quatre semaines) était le coin idéal pour polariser les foules et se faire une impression définitive sur le line-up. Géré avec une organisation astucieuse – choper un créneau, faire une queue dérisoire et tester tout ce qu’on peut tester dans un lapse de trente minutes avant que la sécu fasse gentiment évacuer – ce quartier était clairement le centre d’intérêt du bouzin.

Sur la Wii U

Commençons avec Nintendoland. Re-situons la chose, ce jeu est en quelques sorte le Wii Sports de la Wii U, dans le sens où c’est le jeu sensé montrer toutes les fonctionnalités de la console via divers mini-jeux et featurettes. Ces mini jeux sont presque tous axés multi, sauf celui axé sur l’univers Donkey Kong (impossible de me souvenir des différents noms mais ils ont tous l’identité d’une grande saga de Big N), une sorte de tricky bille assez addictif. L’objectif est simple : un parcours vertical, un véhicule fort fragile et à nous de faire pencher la mablette pour mener à bien vers cet objectif. Bientôt, il faut tourner les joystick, actionner des boutons et faire plusieurs choses en même temps. Ce n’est pas grand chose mais ça réveille mes bas-instincts d’adorateur de jeux d’adresse, façon évite-les-trous-avec-ta-bille. On espère que le parcours fasse trois kilomètres de hauteurs, que la logique du « toujours plus loin » puisse s’appliquer. Sinon, ce fameux Pac Man sorti de Luigi’s Mansion est tout ce qu’il y a de plus bien pensé : bien dosé entre les chasseurs et le fantôme, un système pour faire revivre ses copains, tout ça, demande une bonne interaction avec tout le monde. Le minigame Animal Crossing est pareil dans cette logique d’opposition avantages/nombre de joueurs mais permet de voir en live la tête de la personne qui est sur le second écran, probablement pour savourer sa frustration ou quelque chose du genre. Inutile de tous les égrener, ils sont tous rigolos mais je ne pars pas du principe que j’aurais toujours quatre amis sous la main d’où cette emphase sur le jeu solo. Bon, ça ne justifiera peut être pas seul l’achat de la console mais si le contexte vous est favorable ce sera très certainement un jeu de base qui procurera un peu de fun.

ZombiU est peut être laid comme un pou mais son gameplay comporte quelques passages rigolos et interactifs : à la manière de Dark Souls, certains passages (crocheter une porte, mater l’inventaire etc) n’arrêtent en rien le jeu. Pendant que vous vivez votre vie sur la tablette, rien ne dit qu’un zombie ne va pas venir vous béqueter en scred’. Va-t-on quand même échapper au syndrome Red Steel, qui se basait sur les mêmes mécaniques de jeu et de gimmicks? Rien n’est dit et le mot cours que le jeu sera moins cher après peu de temps, en gros, l’optimisme n’est pas là sur les ventes. A vous de faire le tri. Pikmin 3 ne présente pas de différences fondamentales avec le premier, ses graphismes enchanteurs ne sont pas si « supérieurs » mais c’est indéniablement plus fluide, fouillé, mieux animé et globalement plus joli. La démo timée présente permet de se familiariser avec les fameux petits Pikmins « roc » qui cassent les portes en verre et certains ennemis. Probablement une valeur sûre de la console. En voyant son petit fils y jouer, un papy s’est exclamé « Ah bah voilà un jeu sans massacres et tout ça ». Micro allégorie.

Rayman Legends sera une tuerie. Confiance aveugle et absolue à ce soft. D’une part parce qu’Origins nous a conforté dans ce qui ne devrait pas devenir une série de jeux (on espère que c’est un simple truchement de générations, pour le dire comme ça) et parce que cette démo rassure même si axée multi : le joueur au pad contrôle Murphy et aide les autres à progresser : tirer des plates formes, couper des cordes, tourner des pièges, etc. Rassurez vous, le jeu est sensé être jouable seul quand même mais le fun résidera dans cette interaction entre les supports. La problématique sera de voir si ces gimmicks tiennent sur la longueur, mais, encore une fois, confiance. Le niveau « synesthésie » du trailer de l’E3 était jouable mais en profiter avec la cacophonie ambiante n’était pas évident. En tout cas, en dix minutes de jeu, nous avons largement terminé cette démo et l’enthousiasme est là – c’est d’ailleurs concrètement ce qui devrait être la plus grosse exclu jouable du salon. Deux petites lignes pour dire que la console en elle même est toute petite et que l’écran de la mablette est inutilement petit avec plein de plastique autour. Pas moyen d’avoir accès aux menus de la console ou aux diverses fonctionnalités online. On constate également que les menus conservent l’identité et les valeurs de la Wii, l’objectif n’est donc pas de nous brusquer. Tout ça donne envie et j’espère que vous pardonnerez mon impasse sur New-néo-Super-Mario-Bros-U-fit. Le disparu de la convention était probablement Paper Mario Sticker Star, qu’on oublie pas.

Le reste

Bon, il y avait quand même pas mal d’autres choses mais de là a dire que ça avait un intérêt prononcé, je ne suis pas certain. Quelques stands de goodies anglophones (Games Legends proposait ce fameux Portal Gun grandeur nature, amour) des micro-stands de sites JV (et Marcus, toujours présent à l’appel) un énorme quartier dédié à l’E-Sport (comprendre Lol et quelques autres trucs) et une ribambelle de stands éditeurs, la vaste majorité présentant des softs sortis dans le mois d’Octobre. Par exemple, on peut dénoter la grande trinité du charisme (Dishonored – Need For Speed et sa Nemesis Forza Horizon – Assassin’s Creed 3) et une floppée d’autres jeux. Une démo de Super Playstation Battle Royal Brawl ne nous a pas spécialement convaincus, c’est sympathique mais les différences avec son « maître à penser » ne sont pas flagrantes. Quelques personnages fond-de-tiroir, de jolis terrais qui évoquent de bons souvenirs, le tout est fluide mais pas intuitif niveau scores. C’est un bon palliatif pour les allergiques à Nintendo, rien de plus. Le jeu de kart Little Big Planet conserve l’esthétique naïve de la série et Sony fait de la communication risquée (photo originale de Kitsuntsun qui a involontairement fait le tour du monde des médias, bien ouej)

Joue à Call Of ! NETTOIE TON LYCÉE

Comparons avec les titres excitants de l’E3 (la Gamescom serait plus pertinente mais Bibi était en vacances) – pas de Tomb Raider (une vidéo, pas plus), pas de Last Of Us, pas de WatchDogs, tout ça est bien trop tardif pour la visée du salon. Sinon, trop de queue à faire pour les autres softs et on a très concrètement fait tout ce qu’on souhaitait voir en une seule journée.

Que dire que dire… beaucoup de bruit, beaucoup de goodies distribués pour les volontaires, beaucoup de bruit tout court et beaucoup de Gangnam Style, de Just Dance à fond les ballons, de sécurité parano, de sécurité cordiale et aidante, d’adolescents survoltés, de gamins hystériques, un tarif un poil supérieur à ce qu’il devrait être si on est pas étudiant, un coin enfant, beaucoup de Coca Cola Zero, pas de booth babes en vue (que des jeunes sympas et souriants) des paninis au poulets mal cuits, plein de streetpass, ce genre de petites choses. Pas d’avis particulier sur Halo 4, Far Cry 3, Fifa 13 ou Angry Birds.

Bon, rien de tout ça n’est écrit avec une conviction démentielle, je vais juste retourner devant Alpha Protocol et y jouer des heures, y consacrer un autre mémoire et kickstarter Obsidian pour une suite.

* Bam bam ceci est une prétérition

Posted in Télédérision | Tagged , , | 7 Comments