Monthly Archives: novembre 2012

Esprits malades

Je rédige ce post en plein séminaire sur Proust, je sais, c’est très mal, mais il faut bien tromper l’ennui. A l’heure où j’écris ces lignes, je regarde tellement dans le vide que je commence à voir à travers les murs. Profitons de ce moment « Dead Zone » pour évoquer des sujets réellement importants. Oui, parlons des internets.

Et des youtube poop.

HA!

La créativité, c’est bien. En tant que mec étant complètement incapable de dessiner quoi que ce soit, je fais partie de ceux qui pensent qu’on peut être créatif sans réellement faire de… création. L’originalité n’a pas à être toujours en jeu. Mixer deux trucs, en obtenir un troisième, c’est ce qu’on fait en boucle avec les Amv Hells. Détourner le message original en modifiant quelques paramètres et en tentant de respecter des normes et une certaine esthétique. Voilà pour «  »l’art » »… mais alors pour le lol, fétiche des intrawebs, feu de mes reins, élément de distanciation ultime, boss final de la toile? Non, bien sûr, ça ne se discute pas, ce serait complètement contradictoire, ce serait comme ce documentaire récent sur Groland qui se touchait un peu entre deux séquences vaguement artsy : comment revendiquer un esprit Hara Kiri si il fait du méta et est commenté par le rédac’ chef des Inrocks, incapable de citer autre chose que les Simpsons et les Monthy Python? MAIS QUEL HASARD! J’adhère totalement à cet esprit pépère et je vais faire la même chose pour le web. Figurez vous que quelque concepts de vidéos débiles, mais alors débiles, retiennent notre attention à tous. « Tous », c’est une myriade de profils qui gravitent entre ce microcosme un peu Parisien et mes connaissances Twitter et consorts – journalistes actu, jv, amis, cas sociaux du web. En bref, nous avons un étendard, un point commun : l’amour de l’aléatoire.

Les youtube poops portent bien leur nom. J’en ai parlé il y a quatre ans, voilà un petit résumé : c’est un espèce de courant Youtube, vieux comme le monde (ou vieux comme Youtube, donc émergeant quelque part en 2006-2007) qui consiste à mixer des images de manière complètement arbitraire, sans réellement avoir de sens. Zooms, filtres bizarres, accélérés et autres procédés esthétiquement douteux, souvent dans le but de faire dire « Penis » à Eggman. Car il faut savoir que les sources sont souvent les mêmes et, surprise, sont relativement semblables et définies selon les pays. Par exemple, les Américains adorent mixer les Aventures de Sonic le Hérisson et atroces cinématiques de Zelda sur Mega CD. Nous, en France, on est plutôt Un Diner Presque Parfait, Tintin, Koh Lanta et C’est Pas Sorcier. Il y en a des plus réussies que d’autres et ça se voit, malgré cette ligne de conduite anarchique : une bonne poop garde toujours une certaine cohérence et fait plus ou moins rire. Prenez une vidéo, inversez là : aucun effet. En revanche, si vous faites dire « bite » à François Hollande, succès assuré.

Voilà un premier exemple, en français dans le texte. Cette oeuvre est nommée « Vilain Fred. » Je trouve ça particulièrement représentatif du grand maëlstrom de vidéos que sont les YTP Françaises. Ce pseudo d’auteur n’est pas particulièrement connu, la vidéo est très perfectible mais les bases sont là : un humour bien dada, des références à la pelle, l’obligatoire « You Spin Me Right Round » est un esprit localisé. Ici, des private jokes du 15-18, cette omniprésence du C’est Pas Sorcier – détourné pour leur faire dire des horreurs, c’est ça qui est délicieux. Ce sera compris en intégralité par une poignée d’Internautes, la vaste majorité sera amusée par quelques séquences (honnêtement, qui ne sait pas encore qui est Morsay?) c’est donc rigolo tout plein, sans aucun sens ni interêt mais compréhensible pour des gens ayant l’habitude d’une certaine culture Internet. Parfois, les blagues se suffisent d’elle même : « Je crois que j’ai vu un /con » – plan artificiel sur le flic, hop, emballez c’est pesé.

Le truc c’est que comme dans n’importe quel domaine, il y a des une foule stagnante et des jeunes fous qui émergent du lot. Des maîres du random qui règnent sur cette grosse pile d’images. Ils s’appellent tojolle, 123 Lunatic ou Jefaischierlesgens, ils forment un microcosme et se connaissent probablement tous. Voilà une vidéo parmi d’autres, on se retrouve et on en reparle après.

Fouyaya! C’était intense. Quelques remarques à partir de là : c’est archi speed, il y a plus de vannes et de conneries visuelles que dans la Cité de la Peur – des culs, des chibres, des HA et SUUS JEEJ SUUUUS. Très important, ça, les SUUUUS. Rien que ce néologisme, obtenu à partir d’un « sur » inversé, devient un gimmick dans les hautes sphères vidéoludiques, ces grands enfants. Chaque micro-vanne est avant tout une référence à une autre vidéo, une autre tendance. C’est la forme ultime de la poop : on mixe les mixs précédents… avec Un Dîner Presque Parfait comme support. Il y a des petits moments de bravoure, à moins que ce ne soit des moments d’hystérie, les « ha! », les « hiiIiiIIi » et autres « LE DINER. » Pour rire à ça, il faut soit l’accepter de manière automatique et être amusé par la dinguerie globale sans piger les « enjeux » derrière, soit avoir une bonne connaissance en Poops, ce qui, je dois l’avouer, ne sert pas beaucoup dans la vie de tous les jours. Je vous rassure, ce n’est pas toujours si auto-référentiel. Par exemple, du même auteur…

Encore un titre très révélateur. Cette fois, on est plus dans l’inconstance typique d’une poop. Pas de thème fixe (et encore, il n’y a que la séquence Bob Lennon et la séquence Denis Brogniart) et un machin construit au fil de la pensée de l’auteur, de phrasé détourné et de rigoleries. « Ben, c’est vrai qu’elle est vachement trop con ». « Hmmmm saucisse » – et je ne parle pas de blagues à base d’orifice. Cette vidéo a tout pour elle : faire dire « lol » et « Suuus » à Denis Brogniart, sublimer l’art du conseil en faisant dire des trucs bien plus réalistes aux candidats, un esprit bien « caca », comprenez, Internet. J’adore.

Dites vous bien que ce type de truc existe avec un tas d’univers pré-existants : Tintin, Trotro, Pokémon, etc. Ces deux vidéos ne représentent qu’une infime partie de cette « tendance ». C’est une bonne manière de rendre hommage à toutes les ambulances du moment. Plus une vidéo est ratée, plus elle a de chances d’atterir dans une poop. Si deux gosses belges singent un JT Jeux vidéo et ont la mauvaise idée de la mettre online, quelqu’un va forcément la sublimer dans un mix vidéo. Elle sera agrémentée de running gags, de gimmicks et mélangée avec d’autres éléments (des « PAPAAA! » ou des « saucisses ») et tout ira pour le mieux.

Montons un peu quelques degrés dans la compréhension. J’aimerais consacrer quelques lignes à un utilisateur Youtube qui nous fait rire depuis plus d’un an. Ce monsieur se fait appeller TheVinzVincent. Il est suisse, en Fac de Lettres (hé, copain) et a probablement une vie normale d’étudiant mais sur le web, c’est un espèce de gênie/schtarbé/boss final de l’internet. Ce mec a un esprit créatif de fou doublé d’un sens très verbeux. Sur Internet, ce genre de profil est souvent cristallisé pour… insulter tout ce qui bouge. Ce cher Vincent ne le fait pas, mais à créé une saga parfaitement débile et aussi dada que les vidéos sus-nommées. Par exemple, j’ai découvert ce jeune homme grace à « La Reine d’Angleterre s’encanaille« . Plusieurs déductions à partir de là : son outil de « travail » est Xtranormal, un logiciel qui permet de faire des vidéos dans un style quelque part entre The Movies et RPG Maker. Le premier pour le coté automatique et facilement personnalisable, le deuxième pour le potentiel de dérivation des résultats. Les voix sont générées par ces logiciels de diction qu’on trouve sur PC, Mac et toutes les bonnes gares routières. On passe de dada à absurde : c’est rigolo, très pince-sans-rire, il y a à peine plus de sens que dans une poop.

Mais ce n’est pas tout! Le monsieur à une fréquence de publication quotidienne (cet héros) et a sur bâtir toute une mythologie dans son channel. Sa toute première vidéo est l’histoire d’une séparation, début d’un grand soap opéra nommé Poluxpolis. Tout plein de non-sens et de one-liners barjots, ça se mate sans fin et entre potes. Il y a quelque chose de fascinant à mater ces personnages robotiques débiter cette syntaxe étrange dont Vincent est l’auteur : « Oui car oui » « Bravo bravo bravo » « Ha bah justement » « Le pouuuulpe, le poulpe » font désormais partie de notre vocabulaire. Je suis très sérieux, on se récite ça entre nous en soirée, exactement comme dans une cours de récré. Les personnages de cette saga sont sublimes : Antoine, le mec le plus teubé de la galaxie ; la fille qui a soixante-deux ans, Alice (qui est lesbienne et qui ne vit que pour être lesbienne, on connaît tous quelqu’un qui ne vit que pour annoncer ses préférences sexuelles à tout bout de champ) et certains ont même leur propre série, comme ce fabuleux Docteur Building dont les consutations se résument à des séances d’insultes. Après tout, c’est pas nouveau : quel est notre premier réflexe quand on tape une phrase dans un synthétiseur vocal? Un machin con ou sexo, souvent les deux.
Laura, qui trouve tout très raciste et qui appelle le Sénat non-stop. Si tu as une cravate bleue, « cela est très raciste des Schtroumpfs, cela repousse les limites du racisme, etc ». On pourrait dire que c’est une manière de se payer la tête de ceux qui voient le mal partout, c’est surtout un perso régressif et hilarant. Tout le monde fonctionne comme ça : un unique élément de caractérisation toujours mis en avant. En résumé, c’est comme les Simpsons de nos jours, mais en bien, fais par un esprit un peu malade. Puis il y a ces moments où ça se perd un peu en chemin. Puis ça va toujours plus loin, de retour dans l’esprit dada. Vincent fait partie de ces mecs qui osent sacrifier leur image niveau santé mentale pour nous faire rire. Un peu comme Morsay, finalement.

Maintenant, vous savez. Des gens, sur Youtube, perdent leur temps pour améliorer le notre. Ce sont des héros. Et ce n’est que deux exemples. Vous voyez, le cool n’est pas mort, il est juste un peu crétin. Donc irrésistible. Je vous invite à regarder les vidéos de ces trois auteurs et de ce cher Vinz, entre deux autres trucs plus sérieux. C’est bien plus drôle que « Sophie et Sophie ».

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Exctinction des feux

Même concept, même punition que l’année dernière : voici les 15 films que je suis allé voir au cinéma cette année, je vais pouvoir faire un top 15. Pourquoi quinze? Parce que j’aime aller cinq crans au dessus! Je vais volontairement squizzer les deux films que j’ai vu en décembre 2011 (Colourful et MI : Ghost Protocol) et refaire exactement la même chose cette année – il n’y a que Wreck It Ralph qui risque de nous passer sous les mirettes et on sait déjà tous ce que vaut ce film. Bref, en attendant une véritable idée, voilà les films que je suis allé voir en salle, classés par ordre d’appréciation – pas par ordre de qualité objective et exhaustive. Je n’ai pas vraiment fait dans la subtilité cette année. Que de grosses productions, beaucoup d’américain et la phrase « accordons nos désaccords » Go!

15) Men In Black III

J remonte dans les années 70 pour sauver K et rétablir l’ordre du cosmos et c’est un peu naze mais honnêtement, n’était-ce pas prévisible? On n’attends déjà pas grand chose du successeur de MIB 2 et le film n’est ni vraiment drôle, ni vraiment passionant, ni vraiment fun. Y’a pas cet art du monstre que d’autres prothésistes et fana d’effets spéciaux ont, et le film souffre d’incohérences démentielles – notamment autour du perso de Will Smith. Si les dates collent, alors moi je suis la Reine d’Angleterre et je bois du thé dans les jardins de la royauté en bonne compagnie. J’y ai trouvé deux trois scènes gores qui ont ravi mes sens d’amateur de gorn mais si il faut chercher ce genre de plus-value dans ce film, on peut toujours mater un Saw. Bref, c’est fantastiquement lambda et il n’y a pas grand chose à dire de plus.

14) Le Dictateur

Aladeen est déchu et fait le zouave dans un boutique bio avec une nana poilue. Là encore, y’a pas de surprises et on a exactement ce qu’on est venu voir. C’est clairement en deçà de Borat et Bruno, les derniers films de même genre avec Sasha Baron-Cohen mais il y a cette fois le parti-pris de la fiction totale, dans le sens ou tout le monde joue (même si on soupçonnait déjà les autres films de cet état de fait) et on nous raconte une histoire vieille comme le monde : Aladeen est méchant, mais il est destitué de son statut et de ses attributs de méchants, alors il s’entiche d’une gentille et apprends les valeurs de la gentillesse. Ok, soit, le reste est tout de même drôle et garde le même type d’humour bien crade et efficace. Premier plan intra-vaginal depuis Enter The Void. Du caca. Quelques punchlines bien trouvées et pas mal de lol. Encore une fois, pas de surprises, joyeusement crétin.

13) Frankenweenie

Un gamin ramène son chien à la vie. Tout le monde ramène son animal de compagnie à la vie. Chaos. Et bam, la déception. C’est foncièrement un bon film, plus que ça même, mais il n’est pas réellement tout publics. Les grands vont s’y ennuyer un peu. Au moins, il a la capacité d’installer son microcosme, de faire sa petite histoire et de poser ses quelques idées et gags mais l’ensemble reste fantastiquement gentil. D’ailleurs, la morale du film est archi bizarre : « Si tu es scientifiquement capable de faire revivre les morts, faut pas te gêner » voire « Fuck la mort, ce n’est qu’un concept, on peut faire une exception » et la toute fin est un choix assez illogique, au vu de tout ce qui vient de se passer. Quelques parents ont probablement dû remettre des choses en place et c’est dommage. Petite déception pour la BO où une pelletée d’invités cools étaient présents (Mark Foster, Kimbra, Flaming Lips, Passion Pit et moult artistes pop) qui, du coup, ne font que des ziks d’ambiance pas mémorables. Vraiment très sympathique pour nous, super pour les plus petits.

12 ) La Colline aux Coquelicots

Paternité floue et crypto-couple flou au bord de l’eau. Le problème ici est totalement différent : ce n’est pas mémorable. Le film est totalement éphémère, se mate et sort un peu par les oreilles quelques mois après. Je n’ai pas grand souvenir du deuxième Goro Miyazaki et, pour cause, c’était en Janvier dernier… j’ai du relire mon propre truc pour contextualiser et je me souviens bien plus de Colourful, qui avait un mois de plus. Soucis d’introduction, rythme pas fantastique, persos robotiques et émerveillement un poil forcé avec ce quartier latin où tout le monde saute de joie ; déjà vu. Cette impression de vouloir t’injecter de l’émerveillement par intra veineuse était un peu chiant et l’ensemble est un peu trop confus pour avoir une vraie personnalité, celle qui marque. J’espère que papa Miyakazi a pas enfermé sa progéniture dans sa cave des jours durant.

11) J. Edgar

Leonardo met les fringues de sa mère. Encore une fois, pas particulièrement mémorable… et contrairement au film d’au dessus, on dépasse les deux heures et ça se sent un peu trop. Comment est-ce possible? Un biopic avec Léo… chiant? *Son dramatique*
Au delà de ce maquillage un peu suspect, ce film est un peu trop sombre et gris pour être sympa. Pas sombre « edgy », sombre plan plan. Bon, c’est évidemment très injuste pour un virtuose comme ça derrière mais je ne retiens que ce bref résumé de J. Edgar. Ca fonctionne, c’est une belle exposition d’un ego et d’un personnage fascinant mais… Dans deux ans, j’aurais probablement oublié son existence. OUPS.

10) Rebelle

Merida ne veut pas être mariée de force, elle engage une sorcière et… un des pots les plus classiques de la fiction, le « faites attention à ce que vous souhaitez ». Pixar est au storytelling ce que Nintendo est au gameplay : ils font les choses parfaitement bien mais une vieille malédiction va les faire exploser si ils prennent le moindre risque. Rebelle est le Pixar de trop, celui qui te convainct que tu es définitivement trop vieux pour ça. L’histoire serait cool si la péripétie de mi-chemin, cachée de toutes les promos et synopsis, ne ressemblait pas trop à un Disney pas trop vieux. Rebelote : c’est gentil, ça ne va pas chercher plus loin. Une issue audacieuse a été évitée avec la même grâce qui m’entoure quand je fais du crawl; comprenez faible. Comme Frankenweenie, statu quo de fous à la fin. Après, c’est techniquement impeccable et assez prenant, ceci, cela.

9) The Dark Knight Rises

Batman est tout cassé et Marion Cotillard s’évanouit d’une manière un peu ridicule à la fin Bon. The Dark Kinght, malgré toute la hype qu’on peut cultiver depuis quatre ans (et ce n’est pas bon, rien de meilleur pour altérer une première impression, donc toutes les autres) mais c’est le tout premier film où j’ai commencé à regarder ma montre à mi-chemin et ça ne m’empêche pas d’en avoir un avis un poil plus positif que la moyenne. Ce film est entièrement calibré par le souvenir qu’on a du précédent et il ressemble pas mal à une redite du premier de 2005. La gestion du rythme est la même, l’ennui peut être un problème. La claque n’est pas la même, certains plans sont troublants voire moches et il est inconcevable que Nolan n’ai pas eu envie de corriger certains trucs. Il a dû les laisser sous la contrainte ou quelque chose du genre. Mitigé, pas négatif, trop long, ni fait ni à faire…

8) The Avengers

Des super héros bottent des supers culs et tout le monde fangirlise pour Loki. Houba houba

7) Looper

Des petites frappes exécutent des gens qu’on renvoient dans le passé. Gordon-Lewitt va en subir les conséquences Ha oui, du cyberponque, j’adore ça. Beaucoup de ressemblances avec Time Out. Nous sommes vingt ans dans le futur et la terre est régie par un paquet de règles bizarres. La toute première scène doit faire un sacré choc si on ne connaît pas le plot auparavant, le développement est un joli manège avec quelques à-coups. D’abord, cette histoire de télépathie prend une place bien trop importante dans la fin du film, fusionnée avec… cet affreux gosse. Ses chouinements en gros plan et au ralenti seront probablement ma bête noire cette année. C’était vraiment ridicule et bon dieu ce que je n’aime pas ce topos du gamin « doué » qui joue comme un adulte, à la Dakota Fanning. Toujours dans les défauts, bien trop prévisible et fin utilisant des ficelles un peu interdites, plus des incohérences flagrantes. Ca empêche pas de laisser filer le film à vitesse flash parce que le postulat est vraiment novateur mais damn, des défauts. Ces plans hideux.

6) Hunger Games

Du rififi dans le District 12; une meuf a bien peur de se faire moissonner pour le jeu de massacre annuel, que va-t-il se passer?C’est une bonne surprise. Au moins, l’adaptation est très rigoureuse, pas d’ajouts, pas d’emprunts, c’est au final exactement comme le livre – pour les plus jeunes mais assez fascinant. Pas fantastique mais très pragmatique dans son approche : pas de violence mais une bonne retranscription du malaise généré par cette situation. C’est peut être la shaky cam qui fait ça. Des persos un poil plus crédibles que prévu (sauf Rue, je fais partie des deux nazis sur Terre que ça fait rigoler) et un copier coller parfait de Battle Royale. Sauf que : c’est exactement ce que Battle Royale aurait dû être. Fatalement, je considère cet univers bien plus légitime, il n’a pas l’effroyable mocheté et la violence/sexe superflus de son grand frère. Croyez le ou non mais il y a un vrai fandom derrière… par contre, l’adaptation du deuxième livre ne peut vraiment pas donner quelque chose de bien, je peux pas y croire, mais pas mal d’idées visuelles seront super cool sur un grand écran.

5) Prometheus

Un mec engage de très mauvais scientifiques pour faire un repérage sur une planète inconnue, jeu de massacre deuxième Ce film est très controversé et a suscité deux écoles. Je fais partie de celle qui lui prête pas mal de trucs incompréhensibles. Les intentions de Fassbender-bot sont un mystère pour les générations futures, la libido de Rapace est un autre… le casting du vaisseau s’apparente à celui d’un Destination Finale et il va se faire liquider de la même manière, stéréotypés et pas bien malins. NE TOUCHE PAS CE TRUC, TU AS BAC PLUS QUINZE! Ils vont tous mourir, un par un, de manière chirurgicale, toujours d’une façon différente, parfois avec les honneurs. Hé, pas facile d’être toute pimpante quand tu viens de te faire ouvrir le bide… mais piquer un sprint dans un couloir après quelques agrafes, pas de problèmes! Etc etc. Plein de petits et gros trucs comme ça. Après, j’ai quand même aimé le tout puisque j’y ai vu des trucs que je ne soupçonnais pas, le lien avec la saga Alien n’était même pas établi dans ma tête et la toute fin était un gros plus. C’est de la SF, ça me touche, tout simplement.

4) Skyfall

James Bond se prends une baston et nous refait le coup de « l’anti-alpha » Ce film est ‘achement cool. Il offre pas mal de visions enchanteresses  : James Bond se bat devant des méduses géantes, James Bond se perd dans la district line, James Bond vagabonde dans la pampa écossaise sous une lumière très orangée. Il y a un peu de mythologie pour les aficionados et cet opus est assez différent, dans le bon sens. Hey, c’est bien la première fois que le vilain obtient ce qu’il veut… et honnêtement, même si je ne suis pas si fan de cet adversaire crypto-gay et des méchants flamboyants en général, tout est crédible, pas mal de codes de la série sont tordus, vraiment un bon moment passé avec Daniel Craig, toujours aussi charmant.

3) The Artist

(…) Déjà fait. Comparé avec un autre chef-d’oeuvre. Très inspirant.

2) Argo

Ben Affleck monte une fausse équipe de tournage pour sauver des ressortissants américains. C’était vachement bien. Vu sans rien savoir du film, à l’aveugle, j’ai eu de la chance. Encore plus passionant si on a pas entendu parler de cette affaire déclassifié, évidemment. Pas une seule rupture, pas un pet de travers, le film est captivant de bout en bout. Il y a peut être un peu de manichéisme mais c’est une question de point de vue, le film est fait pour attirer l’empathie envers ces otages, coincés par ces mecs hirsutes. De toute, le parallèle entre la dinguerie de la lecture du script et la fausse exécution est suffisamment parlante et, de manière surprenante, assez subtile. Suspense bien dosé, beaucoup de dramatisation face à l’évènement original.

1) Les enfants loups

Une étudiante très porté furry couche avec un homme loup, se retrouve veuve et galère C’est pas un chef d’œuvre mais c’est probablement mon film préféré cette année. J’en ai pondu une critique un poil plus pro par ici. Émouvant, naturaliste, tout le tremblement. L’histoire est adorable, le traitement l’est tout autant, on échappe pas à quelques poncifs et écueils (l’habituel petit vieux bougon qui ne sert à rien, sinon faire la gueule) mais le script est très sympa, il y a cette gestion des silences, des pauses. Succession de scènes touchantes, émouvantes… de la vraie magie sur pellicule, et il est bien trop court. Vive Ma morue au soda qui, pour une fois, s’est éloigné de ses éternelles matrices même si le rapport maternel reste un gros fil rouge. Du bonheur.

Par contre, la cigarette invisible dans Looper, je ne sais toujours pas.

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Double négation, double standard

Difficile de garder le moral entre les échauffourées des manifestations Mariage Pour Tous et l’élection UMP bicéphale mais j’ai un excellent moyen pour vous remonter, un bouc émissaire qui ne rate jamais. Par exemple, hier soir, nous étions entre comparses pour fêter l’anniversaire de notre bar du moment, donc. Après avoir quitté la table des journalistes JV et son énième bilan défaitiste (parce que je ne sais pas si ça s’est vue mais l’industrie ne va pas très bien des deux cotés de l’écran) je suis allé voir un peu les otakes qui devisaient de concert. Jusque là tout va bien mais ces derniers ne tiennent pas toujours aussi bien l’alcool et, soudainement, les sujets qui fâchent apparaissent. D’ailleurs, ils n’était pas si éloignés : après de vagues private jokes sur les mineures (hein quoi que) tout de suite, la plus murgée du lot me demande « Hé ton avis sur K-On!, c’est quoi finalement? » Je veux dire, encore cette histoire? Tout plein de pragmatisme, je hausse les épaules de manières bien théâtrale et je savonne un peu la future couleuvre – « Je n’aime pas ce genre de formulation toute faite mais c’est de la merde » suivi de mon raisonnement maboule de troll « Après Six Feet Under ou The Wire, on sent la différence » … et c’est passé comme une lettre à la poste, malgré l’argumentaire dinguo. Sobre, il trolle K-On. Puis il se rend compte d’un truc.

Analysons brièvement cette image.

Oui alors comme on peut le constater, j’aurais du mal à me définir comme cible visée par Soul Eater Not!
Il n’est absolument pas question d’une esthétique shonen volontairement véhiculée par cette série. Un casting exclusivement féminin, pas particulièrement fait pour être profond (pour garder des raisonnements extrêmes, on ne peut pas dire qu’elles prennent des airs de vieux briscards) et des tonalités rondes, colorées, rassurantes. En gros, ça se veut sympa, chaud et, autant lâcher le terrible mot valise, « pop » – et on peut même monter dans la gradation et faire péter l’insulte ultime – « girly ». N’y voyez pas une divagation sexiste, « girly » n’est pas « féminin ». Bref, on est loin des combats, de l’ambiance lourde et parfois oppressante de Soul Eater. Ce petit « The Extremely Popular coin coin interminable » montre un certain sens de l’ironie et cette pose en plein saut nous rappelle les meilleurs téléfilms des années 90. C’est mignon, c’est léger.

C’est donc le pointSoul Eater,comme à peu près tout les 15 mois. Parlons d’abord du canon original. Il faut savoir qu’Atsushi Ohkubo, auteur que je soupçonne d’être encore un peu ado dans sa tête, a divisé son histoire en deux, depuis presque deux ans. Il continue son intrigue originale (pour qui j’ai eu un gros coup de coeur mi-2009, c’est probablement le plus gros running gag et œuvre alpha de ce blog, amour irrationnel tout ça) mais dessine en parallèle une autre histoire qui partage le même univers, compatible avec la première. L’effet le plus significatif? Des chapitres de Soul Eater plus petits, donc des tomes qui sortent au Japon tous les six mois, voir plus. Pas facile de gagner les faveurs de Not! comme ceci… mais évoquons un peu la direction que prends le manga original, quinze mois et cinq tomes plus tard.

Précédemment, nous nous étions quittés avec un chambardement de lieux, personnages et enjeux, le démarrage d’un nouvel arc inédit de l’adaptation animée. Une lente progression, quelque nouveaux méchants et une très vilaine manie de faire une écriture à tiroirs qui, du coup, n’aboutit jamais à quoi que ce soit. Il n’y a pas de focus, la « caméra » est complètement folle, il n’y a plus de véritable personnage principal depuis longtemps – parce que si le manga s’appelle Soul Eater, le personnage éponyme apparaît dans dix cases en mille pages. Un plot twist (le faaaameux plot twist) injecte un petit regain d’attention, en plus d’étaler quelques pages bien gores mais ne fait pas évoluer grand chose. En gros, je me sens obligé de soutenir ce manga maiiiiis qui stagne quelque peu, souvent. En cinq tomes, quelques évènements, rien de bien fracassant, les personnages passent plus de temps à briefer des trucs qu’à les réaliser, certaines bastons sont interminables et aboutissent toujours à un statu quo… un peu gavant. Le manga est toujours appréciable dans son approche esthétique et dans sa manière d’exploiter quelques ficelles rigolotes (soudainement, tout le monde change de sexe, ok, pourquoi pas les amis, weirdest boner) mais attention à ne pas prendre l’escalator dans le mauvais sens. Crona est invisible, sinon une scène classe dans une église. La totale, quoi.

La , pragmatiquement et avec n’importe quelle autre série, quand on arrive à un uniforme de maid, c’est précisément le moment où je crie au scandale

Et soudainement, avec ce tome 21, Kurokawa publie le début de Soul Eater Not! Moi même très en amour avec la série, je montre les dents dès le début. La visée de ce spin off est plus qu’évidente : plaire à un public différent et, pour simplifier à outrance, proposer un vague shojo pour contrebalancer le shonen. Cette imagerie véhiculée par la première image n’est pas plus rassurante : casting exclusivement féminin, jupettes d’écolières (haaaa pourquoiiii)  et ambiance légère qui… rappelle terriblement quelque chose – un personnage a même la bouche perpétuellement ouverte ce qui, en plus d’être foncièrement étrange, rentre toujours dans cette même codification. Au moins, les filles sont un peu mieux proportionnées. Une éternité après la publication du volume japonais, je m’achète la version Kurokawa et… c’est bien. J’aime. C’est assez cool. MAIS QUE SE PASSE-T-IL? EST-CE QUE CE MONDE EST SERIEUX? EST CE LE CLUB DE LA CHASSE DEMONIAQUE LÉGÈRE? On regarde ce replay pour comprendre ce qu’il s’est passé.

L’histoire est plus que simple : une arme démoniaque/fille de 14-15 ans débarque à Shibusen et vit sa rentrée dans cette académie surnaturelle. Elle croise Malka Albarn sur le chemin, histoire de poser le lien; l’histoire commence à peine avant de canon original (Medusa est infirmière, etc.) chaque chapitre montre un petit bout de vie de tous les jours de cette nana assez simplette et pas bien spéciale, qui saura bientôt s’entourer de deux autres filles. Le casting ne va pas bien chercher loin : une deuxième fille qui a pour particularité d’être … un peu conne et une troisième qui toise le prolétariat, du haut de sa robe blanche et de son attitude hautaine. En gros, là encore, on retrouve des similitudes de casting. Le genre est clairement de la tranche de vie, les persos ne sont pas là pour être explorés en profondeur ou pourêtreprofonds. A ce stade, c’est juste troublant.

Mais les faits sont là. Qu’est-ce que j’ai apprécié dans le postulat de Soul Eater? L’exposition d’un univers original. Et j’aime quand un lieu fantastique impose sa codification et l’étale au grand jour. Qu’est-ce qui manque dans Harry Potter? La vie étudiante, les cours, les petites habitudes. Notez que les « points » vers les maisons ont été lourdées dès le deuxième tome. Shibusen, c’est pareil : cet « esprit amphithéâtre » qui ne dure qu’un temps, pour laisser place à d’éternelles rixtes claniques et attaques aux noms de groupes. Tout ça c’est bien mais manquait cruellement de codification. Bonne nouvelle, mauvaise nouvelle, Ohkubo joue ce genre de carte pour Soul Eater Not. Au delà de ce méchant préjugé de dérivé moe sans intérêt – phrase qui tue les yeux, je sais -, Not s’adresse avant tout aux fans de la série. Il précise moult petit détails appréciables qui fournissent un canon jusque là délaissé. Par exemple, on sait dès les premières pages où se situe Shibusen dans le monde. La réponse est toute conne mais on ne l’avait jamais eu… et, pour donner un deuxième exemple, on apprends enfin que Soul Eater n’est qu’un pseudo. Imaginez que le vrai prénom soit un jour lâché dans cette histoire. Folie. Ce serait un ajout dingue.

Parce que l’histoire de fond c’est bien mais elle ne fait que quelques caméos là et là dans Not, comme pour redynamiser la lecture du fan peu convaincu. L’histoire de Not, elle, est inexistante au pire, épisodique au mieux : Tsugumi (annagramme de Tsumugi HAAA CONSPIRATION REPTILIENS ET ILLUMINATIS) est toute paumée dans ce nouvel environnement et le manga déroule son quotidien, hors ou dans Shibusen. Slice of life indeed mais pas exempt de la dinguerie de Soul Eater : cet amour des références est toujours là, la subtilité n’est toujours qu’un vague concept. Tout ce personnage copié-collé du film Misery, c’est un peu trop voyant, bref. Il n’empêche que dans ce premier tome, aucune des aventure de Tsugumi n’a d’enjeux, n’a de sérieux, une vague menace s’annonce mais on sait très bien que tout ça va se régler rapidement, c’est le tropes « condamné par le canon ». L’ultime tabou est même présent ; c’est un manga qui tire la corde du moe. Les personnages sont mignons et sont là pour, plus ou moins, nous vider la tête. Exemple : « hooo elle s’est endormie dans le lit de sa copine c’est choupi eughgahahaahag ». Fait exceptionnel, je ne me suis pas senti con, ni vraiment dévalorisé en lisant ça, juste relativement content et léger. C’est une lecture qui est passée très vite et je me suis senti plus investi que quelques tomes « sérieux ». Peut être que l’avenir de cette série peut trouver un compromis entre légèreté et véritable scénario. Dans mon cas, c’est probablement le genre fantastico-uchronique qui fait toujours mouche. Et et et et et quelques ajours intéressants, des personnages prometteurs qui gardent cette impeccable science du chara design.

Du nouveau canon… canon! Avec un cou interminable!

Des personnages de Not! ont l’air plus sympathiques que d’autres dans l’histoire originale. Not se lit même moins en diagonale que son grand frère, tout simplement parce que c’est un manga un poil plus pacifiste. Il est évident qu’être fan de l’ensemble est strictement nécessaire pour apprécier un tant soit peu. C’est à la fois crétin et vaguement intéressant… bref ça pose des bases qui peuvent mériter l’attention mais, dans l’absolu, ça reste l’histoire de trois nanas coconnes qui dépensent leur argent trop vite et qui vont jouer les maids pour récupérer un salaire qu’elles iront derechef dépenser. Ce manga n’existe que parce qu’il est référentiel. Fais ton choix, camarade! C’est un school manga mieux dessiné que son prédécesseur, avec des situations et des personnages neuneus! Encore une fois, tout est une question de situation et de regard. Le mien est biaisé.

J’aime Soul Eater Not!. En tout logique, je saurais donc, potentiellement, aimer la série polémique sus-citée. Sois je suis un poil hypocrite, sois j’ai du caca dans les yeux, soit il y a une réelle profondeur derrière cette apparence légère, profondeur apportée par un canon pré existant.

Ce bruit, de craquement là? C’est l’univers qui implose. Ou juste le son de l’ironie.

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L’origine et la réponse à tous nos problèmes

Hé non, pas de succès aux GBA mais vos votes m’auront permis le kiff ultime : RickRoller la Mairie de Paris. Et si j’ai pu mouiller mon slip le temps d’une grosse seconde, c’est grâce à vous. Danke shön, encore!

Je ne sais pas si ça s’est vu mais cette année fut passée à traîner dans quelques bars à nouer des contacts. D’ailleurs, je crois que je ne picole pas assez. Sisi, regardez, j’ai un petit carnet à citations sur mon compte (parce que c’est tout à fait normal) imaginons maintenant que je suis une affiche de film :

« Indépendant de corps et d’esprit » Ma belle tante
« Un connard qui joue à Rock Band… ET à Rocksmith » Ma cops
« Je ne peux rien faire pour toi » Ma psy
« Tu ne seras jamais encarté si tu bois pas plus » Alvin Stick

Ceci explique cela, et inversement. C’est vrai que ma tolérance à l’alcool est faible (je sombre un peu au deuxième cocktail, c’est une information qui peut servir pour les plus aventureux d’entre vous) mais je n’avais jamais jamais vraiment fait le rapport. Les journalistes picolent? Probablement une donnée de la capitale… ou, allez savoir, c’est peut être une vérité générale. Toujours est-il que ça reste une bonne façon de faire des rencontres et que ça a toujours été un moyen de festoyer à petites doses. La vraie question serait plutôt : est-ce qu’on peut être alcoolique et otaku?

On pourrait être de mauvaise foi et répondre un gros « oui » automatique au vu des nocturnes Epitanime de ce début d’année mais il faut nous souvenir que ces incidents ont toujours été causés par des éléments extérieurs et fortuits. Sur Twitter, je suis un JVTard Mécaphile qui aime bien la boisson mais c’est un chic type qui sait se modérer. Bref, je me perds un peu dans mon intro mais j’essaie d’arriver à un point où j’explique qu’il commence à exister une batterie de bars thématisés où on peux passer du bon temps. Un paragraphe sera l’équivalent d’une grosse pub, un deuxième sera plus modéré. Si j’ai le temps, on fera un petit bonus sur une enseigne que vous ne connaissez peut être pas. Aujourd’hui, deux exemples emblématiques qui se contrastent bien, en attendant de poser mes fesses au Motel.

La fatalité du réveil après une nuit au Kawai

Lançons le placement de produit tout de suite : le Kawaii Café a une actualité chargée, cette semaine. Vendredi et Samedi, il va fêter sa première année d’existence, l’occasion d’organiser une petite sauterie. Le jeudi d’après, Yllwngg et moi irons y organiser un otakuiz pour faire un peu la promo du Journal Du Japon. « C’est génial, non? » Ouais c’est carrément fantastique et il y aura des bisous à gagner. Des bisous baveux. Qui font un bruit de succion bien crade. Après, vous vous demandez quel peut bien être cet endroit sordide : un bar thématique à deux pas de l’arrêt Parmentier, tout près de République. A ce stade, je dois être en train de provoquer la mort du cool parce que la meilleure façon de nous détacher de cet endroit est surement de le surpeupler mais qu’importe, c’est un bar qui mérite qu’on en parle dès que l’occasion se présente. Le fait qu’un nouveau shot au melon soit nommé « Concombre Masqué » doit pas mal aider dans le processus.

C’est un tout petit endroit d’une vingtaine de places en intérieur qui, comme les meilleurs endroits, possède ses propres mystères et sa propre mythologie : la fameuse Batcave et son mini-ascenseur coulissant (idéal pour chercher du vin à la cave), l’impressionnante collection de personnages sur le fronton de la cuisine (trouve-les tous et gagne le droit de nommer un cocktail selon Médoc) et… d’autres à venir, je suppose. Il y a peut être des cadavres d’otakus quelque part sous les tables, qui sait. Personnellement, j’ai découvert cet établissement grâce à Pipomantis (la moitié de Canard Console) qui s’est fait un plaisir d’y emmener notre petite bande. Le lieu fut très rapidement adopté et est devenu notre QG à tous! Le truc gagnant dans l’histoire? Une véritable identité, réellement otaku. L’endroit offre une inégalable tonalité rose, il y a des fan-arts et des posters de personnages accrochés partout (et même une Haruhi Suzumiya qui te pointe du doigt comme la grosse chagasse qu’elle est) pour raviver la flamme chez les plus passionnés d’entre vous – même les fans de Buono! auront la bénédiction de Momoko la psychopathe. Le Kawaii, c’est l’esprit de ta chambre d’adolescent poussé à son meilleur avec ces affichages scotchés partout… et on t’y paie à boire. La décoration est fantastique : je n’arrête pas d’être épaté par ces fameuses gamecubes évidées qui servent de LAMPES. C’est criminel mais ça relève du génie, alors pourquoi pas! T’as envie de jouer un peu à Smash Bros? Pas de problème, les manettes et l’écran blanc sont là, et le cas contraire tu n’as qu’à demander gentiment et on sort le matos. Si vous ne savez plus trop quoi dire à vos congénères, vous pourrez toujours perdre votre regard sur la télé qui, quand elle n’est pas calée sur un jeu Playstation, diffuse Nolife ou un flux permanent d’animes. (En parlant de Nolife, il n’est pas rare d’y rencontrer staff, stagiaires et pigistes, les trois ne sont pas incompatibles) … et le personnel sont des amours. Tu es avec tes amis et il est tard? La fermeture de deux heures du matin approche? Pas de problème! On organise un blind test rétro et les gagnants remportent des shots! Mais oui!

D’ailleurs, les boissons – substantifique moëlle d’un débit de boissons, tout de même – sont aussi cools que les murs du Kawaii. L’étalon, le demi de bière, coûte trois Euros 50, parfait. Les cocktails oscillent autour de sept ou huit euros (ce qui, pour un bar parisien, est cheap) et sont délicieux – et diaboliques. La plupart d’entre eux ont la particularité de cacher des alcools forts par des sucreries ou des goûts proche : on… se bourre la gueule rapidement sans vraiment se rendre compte – et les serveurs vont charger la part d’alcool dans votre vodka orange proportionnellement avec votre récurrence dans le bar. Attention donc, avec modération, tout ça. (D’ailleurs, la carte est imprimée sur des disques, eux mêmes dans des jaquettes de jeux personnalisés… ah, l’amour des détails, que c’est appréciable…) et même la bouffe est de bonne qualité, ouaip. Pour une pièce de deux, on peut se farcir des chips maisons, des petites verrines de bonbecs (des oursons au chocolat <3 ) et pour le prix d’un gros cocktail, on peut faire péter le bon vieux burger des familles, de la même qualité qu’un sandwich de type brasserie/resto semi-chic, pour bien moins cher. J’aime bien celui au poulet, faites en ce que vous voulez… jamais gouté le fish and chips. Jamais gouté les pancakes mais ça ne saurait tarder (mais à ce stade, la confiance est absolue) donc même dans le contenu c’est du tout bon. Sceau de qualité virtuel pour le Kawaii Café.

De l’autre coté, un autre bar bien tout aussi Gik a largement eu le temps d’essuyer les plâtres cet été et a terminer sa phase bêta pour entamer sa première saison. C’est le Dernier Bar Avant La Fin Du Monde. Attention! Il est très important de préciser que mes impressions décrites ici datent de cette bêta. Les choses ont peut être changé pour le mieux! Dans tous les cas, j’en parle pour que vous puissiez y aller sur place et vous faire un avis… mais, fatalement, j’aurais du mal à partager le même enthousiasme. Pourtant, le background est bien plus professionnel et tout est en faveur de ce bar : carrément en plein coeur de paris, et ce n’est pas une expression usitée (sortie de Châtelet à coté de la ligne 11 et hop – ce qui explique qu’on y croise encore plus le staff de Nolife dont la rédac est plus ou moins à équidistance) et bien plus d’espace à combler, le dernier Bar aurait pu être le rendez vous hebdomadaire de notre petite clique, et celui de biens d’autres gens. Problème : la bêta test de cet été nous a tous refroidi. Comment résumer en quelques lignes? C’est comme si les propriétaires du lieu ne savaient pas du tout ce qu’ils faisaient. Prix de cocktails punitif (autour de 12 Euros, ce n’est pas tolérable et le site n’indique pas de carte pour éventuellement actualiser) et parfois servis dans des… verres en plastique, le personnel n’est pas toujours archi méga aimable pour ne pas dire autre chose, trop, trop, trooooop bondé lors de cette période d’essai d’où une ambiance anarchique et un temps d’attente type Disneyland pour choper sa pinte – bref un véritable souci de gestion qui s’est ressenti sur tout l’aspect social du bazar. D’ailleurs, le reste est fort cool : une assez belle déco (avec un très beau mur maya) quelques thématiques bien poussées, la promesse d’une deuxième salle mystérieuse et des chiottes hilarantes qui permettent un peu d’interaction et de jeu. Oui, c’est en direct du Japon, c’est la ludification du pipi et ça nous permet de nous concentrer un peu pour ne pas faire ça à coté, c’est bien. Bon, c’est purement masculin… et l’endroit est investi par quelques factions de cosplay, il est strictement normal de croiser des gens à l’irréprochable statut SteamPunk. En bref, le postulat y était mais pas le contenu, peut être que ça va se régler avec le temps, peut être que ça en a déjà pris le chemin. Pour le moment, mon coeur revient à l’autre, bien plus roots et de bonne volonté. C’est mon coté low-fi qui parle.

Bonus! Picoler c’est très bien mais il faut prendre le volant après et tout ça finit rarement bien, il faut derechef éponger tout ça. La bouffe de bar c’est souvent sympathique mais c’est cher! Qui a envie de débourser dix balles pour un burger, aussi savoureux soit-il? Et quel espèce de maboule se ramènerait au Quigsley… pour déjeuner? Vous avez aimé mon dernier post sur le thé glacé, voilà un dernier paragraphe bullshit qui vous dictera quoi avaler; Vous partagerez peut être mon amour des sandwichs club, si simples à préparer et si faciles à engloutir entre trouzemille heures de récrés/cours/TD/CM/Conférences/Soutenances. Attention, sérieux : la France n’a pas le monopole du bon goût sandwichesque. Accrochez vous – c’est un phénomène purement Londonien, qui s’exporte très vaguement à New York, dans quelques pays anglophones et à Hong-Kong. Dans l’hexagone, nous sommes contraints et forcés de bouffer ces machins vomitifs préparés par des mains sales et vendus dans les étals Relay, que ce soit en gare routière ou sur un bord d’autoroute.

Rassure-toi ami lecteur, je suis là pour te sauver et te montrer qu’il existe un vrai sandouiche glacé et sophistiqué, subtil, goûtu, préparé avec deux fois plus de soin (et deux fois plus cher, fatalement). Tout ça, c’est la franchise Prêt A Manger. Croyez bien que ce paragraphe est davantage écrit pour extérioriser une furieuse envie de Wrap Poulet Jalapeno qu’une quelconque corruption. C’est une enseigne Londonienne qui s’exporte à peine en Ile de France. On y va, on s’y pose, c’est chaleureux, tous les employés sont souriants et agréable, l’idéologie locale repose sur le bio/commerce équitable/1fruit1légume etc etc… et c’est surtout très bon en bouche. Soupes, sandwiches club, wraps et une myriade magique de petites sucreries et de fruits à croquer. Un art de la mayonnaise, de la feuille de laitue, de la tranche de bacon qui va bien, ils proposent aussi quelques plats végétariens et similis-croque monsieur très chargés en moutarde à faire réchauffer sur place. C’est bon. C’est cher. C’est bon. Quelque part à la Défense. Là et là dans Paris, l’expérience semble positive et des enseignes commencent à s’ouvrir dans divers quartiers. C’est potentiellement, dans cinq ans, « le Starbucks d’aujourd’hui. » … et c’est un assez bon générateur de jobs d’étudiants, si vous avez un emploi du temps adéquat et un bon sourire Colgate. Pas idéal si vous n’aimez pas Faire X et Penser X. Quoi qu’il en soit, leurs préparations sont ‘achements bonnes et je vous enjoints à goûter ça un jour ou l’autre.

Sinon vous pouvez toujours commander votre bouffer sur Alloresto et converser avec le meilleur community manager du monde.

Vous retrouverez en profondeur ma « Typologie du sandwich » aux Editions Kessonanafoutre, 29 Euros, 498 pages

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Michael Thorton est, potentiellement, le plus grand connard de l’univers. Dans toute la galaxie, y’a pas plus grand connard que lui.

Pour chanter ses louanges, j’avais d’abord pensé à faire une belle vidéo, avec une belle voix off et un montage à faire rougir vos mamans mais je me suis trouvé confronté à un manque de temps caractérisé qui va nous retrouver avec ce bête texte habituel. Dommage parce qu’Alpha Protocol est un jeu passé inaperçu qui mériterais tellement plus d’attention… enfin, il n’est pas si inconnu si nous fréquentons les mêmes sphères : ce jeu est le fap material principal d’Amo depuis l’année dernière, l’ami ne tarit pas d’éloges sur le soft de Sega. D’ailleurs, c’était potentiellement une nouvelle franchise de (l’ex) géant bleu qui s’est pour le coup allié avec Obsidian, qui n’avait pas encore sorti New Vegas, alors encore dans les tuyaux. Un étalage de jolis noms (même si ce dernier est surtout connu pour New Vegas, finalement) qui donnent un jeu du même acabit? C’est un soft au statut assez contesté, pas terrible pour les critiques JV : je me souviens d’un vague 13 sur JV.com (retirez 50% pour la note Gamekult) et d’un test Nolife qui, visiblement, n’avait pas dépassé le premier tiers du jeu. Dommage, ami stagiaire du jour, dommage! Ce jeu est d’autant plus profond qu’il est bien écrit, il fallait persévérer un peu!

Vous le savez, 2012 est pour moi l’année où j’ai enfin découvert la notion de RPG occidental. Concrètement, les éléments RPG sont focalisés sur la construction de l’identité d’un personnage et de son gameplay, de sa façon de maîtriser tel ou tel atout de surhomme. Michael Thorton – pas de n au milieu, même si c’est très tentant – est un nouvel agent au sein de cette organisation secrète au nom éponyme. Il est trahi au bout d’une mission, va se retourner contre elle et botter des fesses sur le chemin, le cheminement habituel… mais tout l’interêt d’une partie d’Alpha Protocol est bien sûr la manière dont vous allez vous retrouver sur la cinématique finale, les embranchements seront très, très nombreux. Je m’explique…

Contrairement à notre Amo national, je ne garderais pas un souvenir si pur et positif de ce jeu, parce que j’y ai joué d’une manière si concentrée – histoire de compléter l’ensemble et de voir ce que telle ou telle décision aurait donnée – que je n’y reviendrais probablement jamais, sans parler de dégout ou quelque notion négative. Ce jeu est construit autour de sa replay value et, à la manière d’un Mass Effect, est clairement fait pour être rejoué une ou deux fois, histoire d’explorer la théorie des cordes vidéoludique. Il y a quelque chose de fascinant avec ce brave Michael : quoi que vous fassiez, votre personnage sera l’un des espions les plus branleurs de l’existence, façon Austin Powers qui se prendrait soudainement au sérieux. Le doubleur donne l’impression de séduire son micro en permanence et Thorton ne pourra jamais s’empêcher de faire des remarques de parfait petit malin, bref, un personnage complètement irrésistible puisqu’un parfait anti-héros ; Sympathique parceque très second degré, souvent. En revanche, tout va dépendre de votre manière de gérer les dialogues, pan central du jeu, dictés par trois attitudes, timées en temps réel (l’autre termine sa phrase et vous devez vite vous décider). C’est fou, je commence à tout catégoriser dans ces trois catégories… il n’y a pas longtemps, j’ai envoyé un mail de précisions d’horaires à trois profs et j’ai eu les trois différentes. Fou.

Professionnel : « Alpha Protocol est un jeu encourageant dans sa manière de traiter une histoire mais souffre de quelques tares de gameplay : bugs, décors neutres, manque de dynamisme. Trop déséquilibré pour en faire un vrai grand jeu. 12/20 »

Aggressif : « C’est un jeu de merde, Thorton n’a aucun charisme et l’ensemble est inmaniable, je m’en vais agresser des grand-mères et regarder un épisode de Gundam en picolant »

Suave : « Pourquoi est-ce qu’on ne peut pas coucher avec Sis?~~ »

Je commence donc à dévellopper une sorte de fétiche pour ces jeux nettement basés sur ces choix contextuels mais il n’y donc pas cette dichotomie propre à Mass Effect, celle d’incarner un gars content de faire son boulot ou passablement énervé à propos de tout : non, Thorton à un statut neutre de petit malin, et son spectre de possibilités va du gentil rigolard efficace à celui de sociopathe prêt à dézinguer tout ce qui bouge et à réagir à la moindre remarque comme s’il était perfusé à l’antigel. En bref, si vous souhaitez incarner un vrai méchant, c’est l’occasion. Ces phases de dialogues n’ont rien de cosmétique : c’est un jeu qui ose sortir l’argument phare du « Toutes vos actions auront des conséquences » et il se trouve que c’est bien le premier à avoir complétement raison! L’affinité qu’aura tel ou tel perso pour vous peux se répercuter sur la santé d’un boss, sur la manière dont vous allez le combattre, sur de simples répliques… tout est crédible (même si on constate en regardant bien le coté un peu « haché » des dialogues pour permettre tels ou tels ajouts) et l’arbre des possibilités est immense. Tant et si bien que certaines conséquences seront parfois buggées, involontaires ou juste inexplicables, à défaut d’avoir une utilité. Vous connaissez mon désamour des pistes inexplorées, Sis en est une (et je ne suis pas en mode suave). Ce champ des possibilités se retrouve dans le gameplay : compléter une mission se fait de diverses façons, des objectifs bonus peuvent se trouver, vous pouvez commettre des bourdes, des erreurs, des bonnes actions qu’on pourra vous balancer à la figure à n’importe quel moment, souvent le moins attendu. Basiquement, vous pouvez accomplir les missions disponibles dans n’importe quel ordre et les personnages aiment bien parler de ce que vous venez de faire : c’est vrai, c’est un jeu qui aime bien se la pêter. A raison! Les subtilités sont immenses et le gimmick est tangible : il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises décisions, juste des résultats, toujours positifs en termes de gameplays. Il n’y aura pas de malus… mais si vous vous mettez à frapper la tête de ce pauvre Grigori avec sa bouteille de vodka, ne vous étonnez pas que la sécurité autour de l’ambassade pour laquelle il est informateur soit renforcée. On peut même agir de manière un peu plus active en payant pour des renseignements, soudoyer pour envoyer des gardes en thalasso, désactiver des caméras… une influences sur plusieurs strates, et ça c’est franchement bonnard.

Donc il est clair que si Alpha Protocol était un personnage, il aurait mit tous ses points de compétences dans la section « Scénario. » Ce n’est pas vraiment une question de storyline : l’histoire en elle même est un énorme mix de factions, de personnages et de trahisons (grand thême du jeu, qui croire ou pas) et recoupe quelques lieux luxuriants de la fiction exotique type : Moyen Orient, Rome, Taipei, Moscou. On peut aussi souligner un effort dans la construction et la narration, très textuelle. Le vrai scénario est dans les attitudes, les dialogues, ces innombrables lignes de texte, les mails qu’on peut envoyer selon les diverses attitudes, ceux qu’on reçoit, etc. Parfois rigolo, souvent jouissif, farci de petits détails et de traits d’esprit. Les personnages sont assez cools mais inégaux et très souvent mis en scène par une réalisation trop plate : quand ils parlent, c’est d’une manière trop fixe, façon « je suis empalé sur quelque chose mais je cache bien mon jeu. » Dommage, car c’est un jeu qui procure de belles sensations via ces petits détails de scripts.

Le gameplay, parlons en. On m’a souvent vendu ce disque avec un moche à priori des combats et des phases de jeu en général. Rengainez vos fourches : ce n’est pas si terrible que ça! Le vrai problème est cette omniprésence de bugs qui rendrait presque honneur aux Tomb Raider : confusion dans les blocs qui permettent une couverture, collisions, textures moches qui apparaissent au fur et à mesure et une kyrielle de trucs absurdes qui feront honneur à Bethesda. Mon bug préféré : Thorton qui meurt en faisant un bon de cinq mêtres et en se tordant dans tous les sens. J’adore ce bug. On le retrouve partout (Skyrim, Red Dead, L.A. Noire… c’est la carte commune dans l’album panini des bugs) et le jeu souffre d’un fantastique déséquilibre. En easy, on est increvable, mais le mode hard est parfois punitif : des séquences scriptées sont parfois trop dures (échapper au métro en hard sans grenade MP : l’enfer) et l’endurance ne sert plus à rien : un ennemi qui vous aligne et c’est fini. Vous pourrez prendre votre revanche en déséquilibrant les compétences – ce jeu a l’avantage logique de vous faire démarrer avec un type un peu imprécis avec ses armes, le reste ne va être qu’un truchement de dommage et probabilités. Avec les bons points, vous tuerez votre ennemi en tirant trois mêtres à coté et vous pourrez devenir littéralement invisible pour zigouiller tout le monde en 20 secondes, ce qui supprimera automatiquement tout challenge. Une fois le bon arbre trouvé, vous entrez en god mode et le reste ne sera qu’un gros toboggan scénaristique. Attention à ne pas négliger le plus important… Alpha Protocol ne préviens jamais quel truc sera plus utile pour un boss. Après avoir passé six ans à développer mes « compétences littéraires », je me trouverais bien con expédié en plein concours Kangourou supérieur. C’est le premier conseil qu’on m’a donné, « mets tout dans les pistolets ». C’est un très bon conseil.

Alors oui le bazar est un peu moche, peu dynamique et plombé par une esthétique globale qui fait un peu de la peine pour un jeu sorti en même temps que Red Dead Redemption mais je vais vous dire pourquoi ce jeu m’a procuré un gros « fun » dès le début, et c’est marqué sur la jaquette! Le « RPG D’espionnage ». On a effectivement l’impression d’être un vrai petit magnat des écoutes, de la manipulation et des réseaux. Le jeu serait presque cinématographique si les dialogues n’étaient pas aussi fixes : on débarque dans la partie, on fait son entraînement, on se fait engueuler si on rate des étapes, on part en mission, etc. Concrètement, ce jeu n’est qu’une succession d’espaces faussement grands (tu passes une porte : l’arrière est condamné) et d’ennemis plus ou moins nombreux à gérer mais l’impression d’être un personnage et d’interagir dans une grosse intrigue et parmis un paquet de persos dont l’attitude et les réponses adéquates sont à définir est plus que grisante! Tu incarnes Thorton, tu fais ce que tu veux, tu te comportes comme tu veux, zut la police, vous êtes la police!

Choisir ses armes, les upgrader, utiliser ses gadgets pour se faciliter les choses, faire des mini jeux de hacking/lockpicking qui trouvent le parfait compromis entre compétences brutes et simplicité, se façonner un personnage au gameplay bien précis, faire un run unique parmis tant d’autre et incarner un vrai anti héros qui peut se situer dans une formidable palette d’antihéros, de Jack Bauer à Hannibal Lecter.

Henry LeLand, alias le monopole du bon goût vestimentaire

Voilà donc les cinq éléments que je retiendrais toujours à propos de ce jeu :

  1. Le personnage le plus maboule du casting est évidemment le plus proche de la vérité
  2. «  »Mike and Sean, fuck yeaaaaah! » … with three exclamations points. »
  3. La satisfaction d’avoir un dossier complet sur personnage et lui balancer un élément embêtant de sa vie en pleine figure, perdre des points de réputation avec lui
  4. La joie d’incarner un vrai psychopathe après l’habituel premier run d’agent sympathique
  5. Un combat de boss sur une piste de dance. Je vous laisse la surprise pour la musique derrière. C’est épique.

Vieillot, déséquilibré et pas toujours génial mais son accentuation du scénario et sa réelle capacité à s’adapter très strictement à nos faits et gestes est inédite. L’alpha incarnation de ce trope. Ce dernier point enraye vraiment les autres défauts. Merci Amo, c’était un chouette cadeau. Je recommande et je fais un coeur avec les mains. Voyez comme j’ai aimé ce jeu.

Parce que j’aime les jusqu-au boutistes.C’est le jeu qui te mets un compteurs à orphelins à la fin de chaque mission, et qui te met un chiffre cohérent si tu est en Chine ou en Arabie Saoudite. Voilà, ceci était ma chanson de geste pour cette petite chose précieuse et fragile, qui m’a procuré bien plus de fun que le très AAA Mass Effect. Tout simplement.

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