Daily Archives: 15 août 2012

Sagadaÿtaÿ⁵ #6 : School Of Seven Bells

Et maintenant, pour faire preuve d’originalité, un abum d’origine américaine. Cependant, penser « musique ricaine » c’est surtout diriger ses pensées vers la côte Ouest, la Californie, le sud pour la pop, le nord pour le grunge. Il y a quand même pas mal de contenu sur l’autre extrêmité du continent, trois fuseaux horaires plus tôt – figurez vous qu’il existe tout une scène musicale New-Yorkaise! School Of Seven Bells est un bon exemple de ce qu’on fait de bon là bas. L’endroit n’est pas vraiment propice au rock de stade – le Madison Square Garden est davantage un lieu sportif et événementiel qu’une scène de concert – et certaines prisons locales ont plus d’histoire musicale que certains quartiers. New York c’est pas mal de scènes jazzifiantes et… de douce électro. C’est un jugement de valeur purement personnel, prêtez à ce disque le style qui vous convient. La dream pop peut être un néologisme équivalent. Toujours est-il que School Of The Seven Bells est un ex-trio : deux jumelles, un Ben à lunettes musicien. L’un de deux s’est barrée, ce qui n’ont pas empêché aux restants de sortir un troisième album dernièrement. Ici, une review du deuxième, Disconnect For Desire.

 « How can i say/it’s wrong to feel the limitations ans the/drop from the expectation, it’s not naive/but the heart of creation/ it’s the only / thing proven true to me. » Le canon de Windstorm est assez littéraire, pas moins que le reste de l’album, SOSB c’est un peu l’équivalent lointain et ricain des Innocents. En tout cas, c’est un single démentiel. La même note de guitare répêtée pendant quatre minutes, ce « vent froid d’hiver » vocal qui revient déranger de temps en temps, refrain plus silencieux derrière quelques notes de lavier bien spectrales, on recommence la manip’, cette fois à deux voix (chacun débit son refrain perso) et on repête jusqu’à la fin. Ca pose l’ambiance de fort belle manière. Heart Is Strange est un peu moins sérieux et adopte une approche toute droit sortie de nos amies les années 80. Un chouilla plus guitaristique, ce sont les harmonies et les divers bruitages et sons à la Simple Minds qui drivent le truc. Dust Devil est carrément électro. Une version féminine de /insérer groupe cool Parisien du genre/ avec sa fausse boîte à rythmes disco et ses envolées lyriques, voire envolées tout court – c’est une belle performance vocale qui se ballade entre les octaves. Faites comme moi, forcez le faux contact avec votre jack : vous n’entendez plus que les samples et les boucles, c’est sympa, non? Après 4’40 » et le break de batterie, vous l’entendez : l’éléctro New-Yorkais post Moby, c’est ça.

I L U n’est pas si différent mais son contenu s’adapte au contenant : plus lent, allongement langoureuuuux~~~ des voyelles… là encore, le pont à 2’10 » est un régal.

Tout à l’heure je parlais du p’tit chauve végétarien, je pense que Babelonia a carrément été fait en pensant à lui. L’identité du groupe reste la même mais on a là quelque chose de bien plus pêchu, énergique, entraînant malgré ce « hiiiIIiii » un peu déplacé? … et comme tout les bons albums savent adapter leurs fondamentaux, Joviann s’essaye à une musique un peu plus épique! On sent un souci d’accessibilité derrière, sans pour autant limiter l’intérêt premier : la voix des jumelles. Le morceau est long et lent et passe pourtant plutot bien, avec ses accélérations, ses pauses…

Bye Bye Bye reprend cette logique purement synthétique – rien de bien intéressant à signaler – et Dial est un bon compromis avec la véritable pop locale, toujours avec cette lenteur volontaire et ces susurrements.

The Wait est une conclusion qui botte des culs. Sans violence, avec grâce, mais elle envoie. Parfaite chanson pour… s’endormir. Passé l’intro, le gimmick des clochettes (ha bah faut bien justifier le nom du groupe) va s’accorder avec trois/quatre notes répétées à l’infini à la guitare. Le tout va lentement se construire et s’articuler « … soundly spun into in insensed lie » et hop, sortie magistrale et reposante (sur deux pauvres pistes) un dernier petit accord de clavier qui s’efface et hop. On se dit que c’était bon. Mission accomplie.

 Il n’y plus de surprises dès la deuxième piste mais c’est un univers qui vaut la peine d’être découvert et approfondi. Leur première galette est plus pêchue, la troisième tente « L’opéra Electro »… cette pochette mystérieuse n’est pas comme les autres.

A écouter brièvement dans les autres albums : Prince Of Peace, When You Sing.

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