Daily Archives: 13 août 2012

Sagadaÿtaÿ⁵ #5 : The Go! Team

Si vous êtes des lecteurs réguliez de ce blog, vous connaissez forcément The Go! Team, j’en suis le premier porte-étendard français. Petite piqûre de rappel pour les autres! Un nom aussi barré ne peut évoquer qu’une formation du même acabit – avant même de jouer, c’est un groupe très multiculturel, un véritable petit melting pot. Une rappeuse, une chanteuse, deux batteurs, un large spectre d’instruments… l’art du sample, un peu de rap là et là, des cheerleaders, quelques instrumentaux planqués parmi ces titres foutraques et la formule agit tout seul. Bien entendu, ce ne sont pas mes logorrhées imagées qui vont expliquer ce que ça peut être mais voilà quand même un petit résumé de Thunder, Lightning, Strike. Premier album, le troisième est sorti en début d’année dernière. Ho, ceci est un brotip : il faut les voir en live. Aujourd’hui, c’est musique façon bordel instrumental indescriptible.

On va supposer que Panther Dash est, dans ce choix de titre, un hommage à cette belle pochette car il serait difficile de caractériser le contenu de ce premier instrumental. Oui, une course, peut être, comment souvent chez The Go! Team, on rentre dans la bande-son d’un simili-western. C’est franchement rapide, un peu bruitiste, pas super bien enregistré mais tout le suc de la piste réside dans ce duo guitare-harmonica… plus cet instrument que je n’arrive pas vraiment à identifier. Parfaite intro qui met in the mood. Ladyflash est excellent car il nous ramène des décennies en arrière, on dirait un classique des années 60, comme un bon jingle de pub d’antan. Passée la boucle, on rentre dans la « cheerleading music » avec un jeu de questions-réponses très féminin, le gimmick revient de temps en temps. On peut sentir un très gros grain dans ce son, comme si on écoutait un vinyle… et après quelques galimatias, ça se termine avec l’intro uppée de quelques tons. Mise en écho, parfait.

Feelgood by Numbers est un petit instrumental au piano ni fait ni à faire, moins de deux minutes, pas grand chose à dire, il y a une basse rigolote derrière et un autre petit solo d’Harmonica qui nous prouve que non, Bob Dylan n’est pas le seul à le sortir. The Power Is On! commence à sortir le grand amour du groupe – les samples. Là encore, un « chant » comme si le morceau était un battle ou une compétition, beaucoup de cuivres, un petit riff au piano et quelques bruitages. LET’S GO! Encore de la guitare stridente, jouée sur la même note, toujours très rapidement pour un effet « Psycho » de fort belle facture. Le ton de l’ensemble est mixé, ni mineur, ni majeur, surtout épique… mais le morceau suivant est bien plus « positif ».

Get It Together est arche-reconnaissable dès sa première note, 32 fois, ce son si spécial. C’est le fameux morceau utilisé dans Little Big Planet qui a permis un peu de notoriété du groupe en France, sans quoi elle n’aurait jamais dépassé la Manche. C’était un choix judicieux : ce petit machin au pipeau est terriblement catchy. On y trouve des tas de trucs – des samples de voix (toujours comme planquées derrière un mégaphone) du banjo, une séquence scratch un peu gratuite à la fin… excellente musique de fond.

Je saute la suivante pour passer à Junior Kickstart – toujours une instrumentale – nettement la plus épique du lot, et c’était probablement la sensation qui voulait être transmise. Là c’est full cuivres! On sort les trompettes et assimilés pour annoncer je ne sais quoi de fort badass. Fort à propos dans une bande annonce ou dans une publicité. Air Raid GTR – 40 secondes de WTF – est plus un concept ou un reste d’enregistrement qu’une véritable piste mais Bottle Rocket vient sauver la mise! On va enfin entendre Ninja, la rappeuse du groupe, après cette exposition complètement folle et dansante. C’est l’esprit, une grande fête polka qui rassemble les fondamentaux de l’album (je vous le donne en mille : DE L’HARMONICA) et dynamise un peu votre moment d’écoute. Hé oui, c’est le seul extrait où on entends un peu de « voix naturelle » – le chant est quelque chose qui se développe progressivement dans ce groupe, notamment dans le troisième album. Bref, ce cirque se poursuit jusqu’à Everyone’s A Vip to Someone, grand best-off final, qui reprend des morceaux, réflexes et gimmicks de tout ce qu’il y avait avant. Conclusion logique pour une tuerie de genre. Le définir est une autre paires de manches… de l’indie vintage? Voilà, c’est représentatif des bizarreries qu’on peut trouver dans les bacs anglo-saxons.

A écouter : Grip Like A Vice, The Wrath Of Marcie, T.O.R.N.A.D.O., Buy Nothing Day… y’a que deux autres albums, c’est un groupe relativement facile à découvrir, mais indispensable.

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