Daily Archives: 11 août 2012

Sagadaÿtaÿ⁵ #4 – Foster The People

Alerte nouveau talent! Ils sont américains, ils sont trois, ils sont bons, il paraît qu’ils ont un début de melon sur scène, ce sont les Foster The People, une des (très nombreuses) preuves qu’il existe encore moult bonnes productions musicales aujourd’hui! Vous le savez – je le matraque partout ici – Torches est peut être leur premier et unique album mais c’est un excellent apanage Pop, l’un des meilleurs de 2011. Généralement, après écoute d’un album, on se souvient d’un « esprit », d’une ambiance, d’une identité musicale… là ce sont la moitié des morceaux qui restent immédiatement en tête. Comment réussir ce tour de force? Pas mal d’idées, un peu d’enthousiasme et une ligne directrice claire : faire bouger le popotin des gens! N’oubliez pas qu’ils seront à Rock En Seine fin Aout et qu’ils vont ouvrir le passage vers Green Day. Il est très probable que leurs derniers morceaux se feront devant des fans très dévoués.

Helena Beat n’est pas qu’un titre qui transpire la classe, c’est aussi une très bonne intro. Dès les premières secondes, exposition par la batterie (avec un petit delay, ce n’est pas courant pour un instrument… percussif) on sent une réelle joie de vivre qui se traduit bien par cette voix suraiguë – le chanteur possède une tessiture qui peut aller un peu partout – et qui se retrouve partout ailleurs, comme dirait feu Alain Gillot Pétrée. Des mut mut, des bip bip, un refrain archi synthétique (il n’y a pratiquement pas de Guitare) et des clappements de mains complètements irréguliers parachèvent une formule qui aurait pu s’arrêter là… mais non! Pause, bruitages de décollage, séquence percussive et petit solo de clavier tout fou. On reprend jusqu’à la fin, toujours avec ce son très large et positif. Enfantin, naïf, peut être, mais positif.

Bizarre, la deuxième piste n’est pas vraiment du même esprit. Oui, il y a ce même « mut mut » de canard et ce riff palm-muté est très efficace, puis on vient nous susurrer à l’oreille, tout doucement, l’histoire d’un gamin qui prend un flingue et va nettoyer son lycée. Génial! Complètement d’actualité! Le pire c’est qu’on a vraiment envie de faire partie du truc et de chanter « Et tooout les gamins et leurs belles pompes, vous avez intérêt à aller plus vite que mes balles ». Petit solo ARCHI dissonant, sifflotement et conclusion. Hé bien, c’était bizarre, mais c’était un bon morceau. Bref, c’était Pumped Up Kicks et c’était foutrement bien.

Call It What You Want est un morceau marrant et très méta : il est impossible de leur coller un genre précis et ils ont fait un texte sur cette impression. Poum poum poum pff-tchack, Appelez La Comme Vous Voulez, yeah, yeah yeah. Un ton fantastiquement léger, cette voix qui alterne entre le rapoïde et ces woohooohooh, un piano archi souple et une très bonne ambiance, impossible à retranscrire. Ces gens pourraient chanter sur le Sida et en faire un truc qui fout de bonne humeur. Tout réside dans le souci du détail et l’esprit!

On a entendu Don’t Stop un peu partout – des gens font une entrée dessus avant de (mal) faire la météo, d’autres l’ont utilisé pour promouvoir leur bouquet satellite, des séries médicales l’ont utilisé pour mettre en scène leurs personnages. Bref, c’est un tube et ce sifflement caractéristique n’est plus inconnu de personne! Une voix transformée, des rires, un rythme un peu étrange… quelques accords de guitare acoustique pour remplir les quotas (et ne pas laisser de vide). Cette alliance entre powerchords et sifflements est parfaite.

Waste est un poil plus mesurée et doucereuse. Sa caractéristique : le son de cloche! De la pop de stade, loin du dance-floor… et I Would Do Anything For You est ce qui s’approche le plus d’une chanson de Noël – un esprit presque solennel, beaucoup d’écho, le ton joyeux est un poil ralenti le temps d’un morceau.

Houdini est un parfait mix de tous ces machins qui rendent cet album excellent. Là encore, intro percussive, piano plaqué avec beaucoup de contretemps… refrain parfait, clip vraiment rigolo et bien fichu, il va falloir un sacré paquet d’écoutes pour s’en dégoûter. Ce n’est pas comme si les couplets étaient fantastiques mais même cet outro est entraînant, dans cette optique « allez, on lâche tout » en essayant de « sublimer » l’esprit du morceau. Bon compromis entre pop et électro, sans aller dans la Synth-Pop (les joies de la nomenclature)

En revanche, Synth Pop, Miss You l’est carrément… avec cette suite de séquences qu’on pourrait presque comparer à la chiptune – le raccourci reste très grand, hein) mais un peu d’instrumental était le bienvenue. De quoi se lâcher un peu, c’est très sourd, très engageant… on retrouve l’énergie des débuts. Quelques tours de passe-passe avec plusieurs couches de claviers, hop. Warrant perturbe avec ses cœurs à la Gorillaz, arrivent progressivement les basses et plein d’autres trucs qui vont en faire un single plus varié que ses comparses. Broken Jaw, grand final, emploie à fond ces fameux *mut mut* et se permet de ré-utiliser un peu de vraie batterie. Et voilà, c’est déjà fini, c’était ‘achement bien, en espérant qu’ils ne se plantent pas pour le deuxième volet.

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