Daily Archives: 8 août 2012

Sagadaÿtaÿ⁵ #3 – The Flaming Lips

Nous revenons aux États-Unis pour un trio loin d’être connu dans l’Hexagone. Sur le continent Américain, ce sont des stars, en Oklahoma, ce sont des héros. « Do You Realize » est la chanson officielle de l’État! Hey, ils ont composé un morceau pour la bande originale du film Bob L’Eponge et pour moi, rien que ça suffit. Les Flaming Lips sont un trio qui n’a pas bougé depuis 1983. Ils ont sorti un paquet de disques et ont eu le temps de traverser un tas de périodes différentes et ont donc pondu plein de morceaux aux tonalités n’ayant rien à voir. C’est peut être un exemple contemporain de rock psychédélique – et le leader, Wayne Coyne, est connu pour avoir sévèrement abusé de la poudre de Pépito©.

Malgré ces revirements constants, on trouve pas mal de choses qui n’ont jamais changé chez les Lips. En Live, c’est fantastique. Pluie de ballons sur le public, les membres mettent des mains géantes (façon Gondry), le chanteur se met dans une bulle géante et roule sur le public… ce genre de choses qui nous suggèrent qu’on est pas devant un show en pilote automatique. Dans les albums, ils ont toujours préféré les expérimentations (Zaireeka est un album super zarbi… qui ne marche que si on met quatre albums en même temps, venus de quatre sources différentes, il faut s’organiser quoi) et les titres incompréhensibles à rallonge… ils sont passés de titulaires pop à un remake du son de Pink Floyd, pour finir sur des sonorités rock-électro et de la musique quasi postmoderne, sous peine  qu’on puisse affirmer que ça existe. Ils en ont fait des trucs, mais aujourd’hui, j’ai choisi At War With The Mystics, leur antépénultième production qui date de 2006.

  Ce grand bordel commence ipso facto avec The Yeah Yeah Yeah Song. Le titre est très honnête sur le contenu et révèle directement le gimmick – heureusement, il n’y a pas que ça, sous quoi la chanson serait vite pénible. Les Lips racontent souvent une histoire via leurs textes, là, c’est une bête réflexion sur le vœu et ses conséquences. Son distordu, guitare discrète, le chorus s’emballe comme une fusée qui décolle… et c’est plus ou moins le son qui est émulé ici. Quelques petites notes de xylophone, des « No no no » un peu crétins, ce groupe est impeccable dans l’art des petits détails et des pistes qui ne servent qu’à faire « ce petit bruit » à tel moment. Foutraque mais perfectionniste, donc. La chanson se poursuit, performance vocale étrange (sorti de son contexte, c’est troublant), dernier refrain et on passe à la suite. Free Radicals, son intro qui coasse, sa guitare et ces notes très rapides et saturées. Encore un truc qui cultive le silence et le met aux bons moments – ça commence très calme, zen et mesuré… toujours avec cette visée délirante avec des rots, des soupirs, des *mut mut*, des cœurs ridiculement hauts. Le refrain nous rappelle cet esprit 60’s – une batterie un peu folle à la Cream, un rythme très militaire et solennel. C’est frais.

Après c’est séquence déprime avec The Sound Of Failure : une intro à la guitare très douce qui annonce une histoire pas jojo – une fille déprime après le suicide de son ami. L’intro est volontairement mais le machin va progressivement s’étoffer, jusqu’à s’emballer avec le refrain. Grosse basse, petits piaillements ça et là, aucun pathos, juste une chanson coo, longue et progressive (qui fait bien écho avec The Spark That Bled, de The Soft Bulletin) – My Cosmic Autumn Rebellion est une grosse marche noyée sous un écho qui dégouline un peu, qui atteint son climax et qui repart aussitôt. It Overtakes Me veut vraiment te rentrer en tête mais échoue en cours de route, il force un peu trop la porte… et Haven’t Got A Clue possède un nom très significatif car la piste ne veut plus dire grand chose tant elle va partout… mais c’est peut être volontaire et méta.

Heureusement, il y a The W.A.N.D. et son riff prog rock ravageur. Là encore, trois bêtes notes, enchaînées et bouclées de fort belle manière. Plus efficace, tu meurs… et pourtant, la piste met presque une minute à démarrer! Du coup, on part de là, on construit une chanson vaguement contestataire autour et hop, single parfait avec ses moments épiques, son outro et son deuxième degré. Le silence qui suit est encore des Flaming Lips. Parmi les deux pistes qui restent, j’ai une préférence pour Pompeii Am Götterdammerung – atchoum – qui, pour le coup, fait vraiment Pink Floyd version 2000. A écouter en fermant les yeux, la synesthésie démarre… de la flute, une ambiance très éthérée et cosmique, c’est impeccable. Un bon disque.

A écouter également : She Don’t Use Jelly, Turn It On (tout ça est un peu plus rock) et tout l’album Soft Bulletin. Les Lips à leur meilleur.

Comme ils le disent eux-même, c’est juste un son qui te traverse la tête.

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