Daily Archives: 2 août 2012

Sagadaÿtaÿ⁵ #1 – Queens Of The Stone Age

Autant commencer cette rubrique estivale par un son qui évoque facilement la sueur et la chaleur – peut être pas dans un contexte « plage » mais quelque chose de plus violent et brut… comme un bon vieux concert dans une salle bien fermée. Je n’aurais probablement pas connu ce groupe sans Guitar Hero et c’est, aujourd’hui, un de mes fournisseurs préférés.

Le Stoner Rock. Un son sciemment dégueulasse, lourd, fantastiquement gras. Généralement, on change d’accordage, on se blinde d’effets et on sort des plans crades et faisant des bends, précision en bonus. C’est une variante cracra et réjouissante du hard rock, en fait… et les QOSTA sont un excellent avatar de ce courant. Frontman : Josh Homme. Connu pour ses chemises à carreaux et ses doigts d’honneur lancés au public. Le groupe, issu du désert californien, prend sa source dans la dissolution de Kyuss – qui faisait déjà le même type de son.

Era Vulgaris est le dernier album mais il date déjà de 2007… après quatre galettes et une pelletée de titres cultes (Avon, The Lost Art Of Keeping A Secret, No One Knows, Burn The Witch) – il nous offre un large panel qui définit pas mal ce type de son et les frissons qu’il peut procurer. Voilà pour la musique chaude et libidineuse – du même groupe, Skin On Skin est l’archétype parfait de la chanson aussi crade dans son rendu, son rythme que ses paroles.

Ça commence avec Turnin’ On The Screw. Ce « haaaaan » caverneux commence un single vraiment barré, habité par un riff que n’est pas là pour faire « joli » ou « plaisir ». Ce morceau aime bien tourner en rond et boucler avec ses glissés + bends. Monsieur Homme chante un peu n’importe quoi, une litanie aussi aléatoire que la musique qui tourne derrière… c’est particulièrement sympa, mais là, c’est encore relativement cohérent. Après c’est Sick, Sick Sick et le son qui fait « Urr Durr Urr Durr » pendant trois minutes et demie… je ne recommande pas spécialement le clip. Il veut, à l’image du titre, provoquer une sorte de malaise, aller dans les confins interdits du son, celui de la dissonance, des rythmes perturbants…

Ce petit cirque dure le temps de quelques pistes et explose en vol avec Battery Acid. Même concept avec un petit grain de folie en plus. Cinq notes en boucle, un petit son de ride, un espèce de morceau « rebondissant » qui rend un peu dingue et qui donne envie de grimper au plafond. Quelques pauses de temps en temps – histoire de prendre une voix un peu plus langoureuse – et c’est reparti. C’est encore plus joussif dans le deuxième cycle – derrière le « Jealouuuuus » avec ces petites pêches en contretemps… puis ça se calme un peu avec « Make It With Chu » – l’habituelle chanson d’amour plus physique que romantique – on pourrait la trouver chiante, elle est juste un peu plus jazzy et lente. Après, la répétitivité (surtout dans la batterie et les claviers, matraqués en octave) sont une marque de fabrique des Queens.

Après cela vient 3’s&7’s, démentiel single au nom très classe à caser dans une conversation. La formule est la même, ici réfléchie de manière un peu plus tubesque et construite, donc plus efficace. Trois power chords, un rythme un peu délirant, toujours ces glissés qui font « Circus », une tournerie à la basse super entêtante (sérieusement, ce petit break avant le solo final, quel bonheur) et toujours ces harmonies à la mord moi le nœud. Rien de spécial à dire jusqu’à « Run Pig Run » et son « Talalalalalalalala »  dingue. L’album se conclut sur « The Fun Machin Took A Shit And Died », un truc très long et très expérimental qui était sensé finir dans Lullabies… (dont la conclusion est déjà très particulière).

Cet album est déjà franchement cool mais il est accompagné d’un live ravageur – le Paradisio, à Amsterdam. Occasion de découvrir d’autres singles du groupe, interprétés avec une vitesse et un bordel ambiant d’une amplitude rare. I Think I Lost My Headache est inratable avec son accélération constante. Regular John est un morceau très long et très étrange, parfois très planant, parfois juste troublant. Cette version d’Avon est bien plus rapide et brutale, je la préfère même à l’original… et ce live se conclut par A Song For The Dead, ultime bordel, les deux dernières minutes sont obligatoirement à vivre en live une fois dans sa vie (on entends nettement un désaccord rythmique dans les instruments tant certains ont du mal à suivre)

… ce n’est probablement pas le meilleur album du groupe mais c’est mon petit préféré. A découvrir si ce genre de son vous est inconnu, à écouter si vous aimez le hard rock et les machins barrés.

Posted in Sagadaÿtaÿ | Tagged , | Leave a comment