Voici la raison n°254 pour laquelle je n’aurais pas d’enfant : au début, ils sont mignons, baveux et parfaits, puis il faut se résoudre à les voir grandir et accumuler les petits défauts et imperfections. Ils peuvent éventuellement devenir nazes une bonne fois pour toutes, et les voilà déjà à voter FN et à traîner sur le 15-18. Bientôt, ils ouvriront des blogs et commenceront des posts avec des métaphores aussi subtiles qu’une morale de Grey’s Anatomy.
C’est justement là où je veux en venir. Une série, c’est comme un bataillon de gosses, ça mobilise encore plus de gens et de millions mais on peut au moins dire qu’il n’y aura pas de gens devant leur poste pour regarder votre rejeton louper sa quatrième techno. Le problème est que si j’adopterais ce raisonnement pour ma télévision, je l’aurais abandonnée devant un hôpital ou un couvent depuis belle lurette… c’est l’heure du point séries! J’en ai parlé un moment ou un autre, elles ont grandi… pas toujours en bien, d’autres évoluent parfaitement. Je vais me contenter de cette fameuse « génération 2004″ – le reste est bien trop récent… et je n’ai pas nécessairement encore mis la main dessus. Pourquoi? Parce qu’elles sont toutes sur le point d’être terminées, pardi!
WEEDS
Pff j’aime bien penser que la tête des créatifs derrière une série décrit à elle seul les scripts qu’ils sortent de la-dite tête. Ca marche bien avec J. Kohan qui doit sévèrement fumer la moquette! Je parlais de Weeds il y a … ouhk, trois ans, après le visionnage des trois premières saisons. La huitième et dernière mouture va commencer sur la répercussion d’un plot twist à la Dallas bien connu et ces dernières secondes auraient pu faire une bonne conclusion à la série. On ne peut pas reprocher à Weeds de ne pas changer : au moins, c’est une série qui ose bouleverser un peu nos joujous narratifs… mais elle est devenue nomade de manière un poil trop littérale : passée la mise à feu d’Agrestic, une saison = un lieu différent dans les Etats-Unis ou le Mercosur. La sixième saison (pas mal, mais la plus faible) est carrément un road-series, si on peut appeler ça comme ça! C’est embêtant car cette absence de marques pèse sur l’écriture : on ne s’attache plus à rien, moins de choses semblent avoir de conséquences et un lieu donne surtout l’occasion de dérouler un comique de situation pas toujours très inspiré. Pire, si ce coté outrancier était intelligent au début, on peut maintenant crire à un absurde trop prononcé. Pour la faire simple, même en changeant tout le temps de cadre, la série se repose trop sur ses petit tours! …Puis voilà ce sixième season finale, extrêmement bien foutu, cette septième saison au postulat méga couillu (mais logique, ça devait finir par arriver) pour terminer dans ces galimatias New-Yorkais. La série redevient bonne et bien écrite sans atteindre le fabuleux niveau des débuts… et on va avoir la fin dans quelques semaines. Au final, on en gardera un souvenir bon mais nostalgique des débuts, qui cumulaient des épisodes entiers remplis de situations et de dialogues hilarants. Là, c’est juste une espèce de remake soft des Sopranos…
DEXTER
Et ben là c’est l’inverse. C’est décidé, il ne reste que deux saisons et il va falloir faire vite pour obtenir une bonne fin de série, vous savez, avec de véritables éléments diégétiques. On pourrait reprocher à Dexter de traiter l’intégralité de ses saisons… comme un gros épisode d’une série un poil mieux gérée. Le problème est que depuis un certain temps, chaque série d’épisodes ramène l’ensemble de base à un statu-quo, il remet l’intrigue à zéro sans que grand chose n’aie progressé derrière. Donnez lui une copine, elle va s’évaporer dans la nature, ce genre de choses. La sixième fois, c’est répétitif. Trouver un bad guy, lui mettre M. Morgan aux fesses, faire quelques victimes qu’on venait à peine de nous présenter (les guest-stars ne survivent pas bien longtemps à Miami) En revanche, le tout dernier cliffhanger en date prend enfin ce phénomène à contrepied et promet un sévère chamboulement dans les mécaniques de la série. Prometteur, il faut voir ce que ça donne… car jusque ici, chaque saison vit dans une espèce de bulle autosuffisante, avec sonméchant, son mantra et quelques petites promotions ci et là dans le Miami Police Departement. Bien mais pas top, la série nous a habitués à mieux – la science du cliffhanger et du suspense n’est plus là, Dexter est bien trop invulnérable, mais la fin du God Mode ne devrait plus être très loin… en espérant la fin de cette boucle temporelle et une sortie de routine.
DESPERATE HOUSEWIVES
Oh la la déprime. Je crois que l’un de mes tout premier posts était une minibouse vers 2006 qui expliquait en quoi les débuts de cette série étaient enthousiasmants. C’est toujours vrai mais c’était … tellement 2006. Desperate n’a pas changé son approche d’un poil au fil des années et nous nous sommes tous rendus compte que nous étions devenus plus exigeants, et que le soap opéra féru de petites pépites d’écriture n’était plus qu’un soap opéra. Marrant, cette transition correspond exactement au moment où ils ont sucré le générique pour insérer une minute de placement de produit pour Sprint ou Pepsi en plus! Je ne sais pas ce que fument les magazines culturels qui trouvent encore des qualités aux dernières saisons… je crois que j’ai regardé les quatre dernières seulement par esprit de complétion, pour faire en sorte que les premières n’aient pas servi à rien. Rapidement, cette série s’est elle aussi enfermée dans un schéma moche : une nouvelle nana débarque, un cadavre, un tiroir, devinez quoi est dans quoi. Le reste des intrigues étaient convenues et cycliques, quoique la fin était un poil plus osée et convaincante. La toute fin, cependant, était juste correcte est n’entrera pas au panthéon des belles fins de séries. En gros, Wisteria Lane est un mouroir et la moitié de la population s’est faite rouler dessus. Hmm hmm… cette série pouvait potentiellement garder ce coté très ironique mais assumé, ce fameux « Premier degré et demi » – elle s’arrête comme un plaisir coupable, et encore, elle n’est pas plaisante pour tout le monde et c’est bien normal.
NB : Merci aux Inrocks de spoiler aussi brutalement une des dernières (et premières trololo) véritable surprise de la série. Champions.
SIX FEET UNDER, OZ, BUFFY THE VAMPIRE SLAYER, LOST, LES SIMPSONS QUAND C’ETAIT DROLE, LE PRISONNIER
Sont toutes mortes en enterrées depuis plus ou moins longtemps, la drogue
BREF
La shortcom française de l’année va donc trouver sa fin après deux saisons de 40 épisodes. Il n’y a pas si longtemps, je râlais sur la tournure que prenait les évènements… et juste après, miracle, ils avaient déjà prévu le coup en trouvant un équilibre un peu plus cohérent entre drama et comédie (ou alors ils s’étaient dit la même chose, j’espère, ça me conforterais dans l’idée que parfois je sais raisonner un peu). Problème, le timing est encore contre nous – il doit rester une demi douzaine d’épisodes et tout se casse la gueule pour notre anti-héros miroir. Nous sommes en pleine saga « Bref, j’ai fait une soirée costumée » – quinze mille épisodes au compteur – sensée amorcer la conclusion logique à une storyline bête mais efficace : maintenant que notre gonze a pécho sa dulcinée, il lui a fallu trois mois pour en avoir marre et commencer à regarder ailleurs. Nous venons de subir – et réellement subir, dans le bon sens du terme – deux minutes de malaise qui n’avaient plus rien de drôle. C’est la que la frontière ténue entre rigolo et réalisme explose – nous sommes impatient de voir comment ça va se terminer, même si nous nous dirigeons vers une fin un peu fataliste du genre « Bref, je serais toujours comme ça, un gros ado attardé. » Il serait dommage d’avoir une vision d’ensemble telle quelle à terme mais je pense qu’ils ont de meilleures cartes à jouer. Wait and see, en attendant, on est tous accrochés à notre poste pour savoir comment ça va se « finir » – et si ça nous force à subir les dernières éditions du Grand Journal, c’est qu’un scénariste, quelque part, sait faire son boulot.
THE OFFICE
LA par contre on parle de qualité, sur le long terme. J’en parlais l’an dernier, en constatant déjà que c’était une sitcom qui vieillissait bien, qui arrivait à renouveler un minimum ses storylines et ses personnages, tout en gardant un standard d’écriture qui n’a rien à envier à aucune série comique. Le dernier cas de figure du genre était Scrubs qui ne jouait pas du tout dans la même catégorie! Une saison diffusée sur Canal plus tard, on ne peut que continuer sur cette impression. Cette septième mouture se termine sur le départ de Michael Scott, donc de Steve Carell – rôle et crétin phare du show. Difficile de tirer des conclusions sur son absence après seulement trois épisodes (dont un avec Will Ferell, autre grand ponte de la comédie US, incarnant un parfait connard qu’on ne regrette pas vraiment de voir partir dans un coma profond – si si) mais je suis certain que le casting peut tout à fait se débouiller sans. Ce season finale, déroulant le personnel qui cherche un nouveau chef, est une parfaite petite pièce de théâtre absurde, rythmée, toujours extrêmement bien écrite, avec des vannes précises et rapides. Certaines personnages évoluent très mal (Kévin et de plus en plus con, Meredith est une personne horrible – au moins, Creed est rigolo dans son rôle de vieux maboule) mais il est assez rare de voir une série comique garder autant de bon suc pour sa septième année. J’espère réellement que toutes les séries comiques que vous aimez bien (du genre How I Mate, ou les derniers Futuramas/Family Guy) fonctionnent sous les mêmes préceptes. Comme dirait l’autre abruti : REGARDEZ!
UNITED STATES OF TARA, NURSE JACKIE, BREAKING BAD
Ces trois séries sont très différentes et de qualité variable (les deux premières sont bonnes, la troisième est carrément bonne) et les trois saisons respectives de ces trois show fonctionnent toutes de la même manière : elles sont cohérentes, apportent des choses, disposent de plot twist finaux sympa et intelligents… bref, tout est dans la continuité de ce qui a été fait jusque ici. C’est bien, d’autant plus qu’elles se permettent parfois quelques petites figures de style (l’épisode de la mouche dans Breaking Bad) et trouvent toujours ce bon alliage entre persos un peu flamboyants mais ayant un bon background, chargé sans être caricatural. On sent un peu la palette Showtime derrière (même BB, pourtant AMC) qui consiste à mettre un peu de drogue, d’homos clichés et de personnages sclérosés – voire carrément atteints mentalement – parfois de manière un peu forcée mais faisons fi, ce sont toujours de bons persos… et de bonnes séries. Je résume donc le synopsis pour ceux qui découvrent – 1) Une nana atteinte de syndrome de personnalités multiples 2) Une infirmière cool incarnée par Eddie Falco, accro aux médicaments 3) Un prof de chimie réduit au deal de meth pour subsister à son cancer du poumon – et sa plongée dans le maëlstrom qui suit.
HORS SUJET : SOUL EATER
Une très grosse année après les retours scandtrads, le fameux chapitre maudit qui conclut le tome 20 va sortir dans deux jours, en pleine Japan. Suspense… (Je ne m’empêche pas nécessairement d’être dans le vrai, mais c’est un schéma que j’ai fait il y a un peu moins d’un an, il ne fait que sortir de mon imagination de fanboy)
GAME OF THRONES
Ok, la dernière fois que j’en ai dit du mal, j’ai du avoir une dune dans mes parties intimes. Ca déchire. Je m’avale la deuxième saison et j’y revient.
LA JAPAN EXPO
Suspense épatant pour cette treizième saison : Concombre aura-t-il son accréditions a temps? Va-t-il devoir monter sur le ring pour faire un reportage sur l’initiation au catch? Allez vous passer dans le deuxième épisode de Shortlist? Toutes ces réponses et bien d’autres à Villepinte, de Jeudi à Dimanche. Au plaisir de vous y croiser, comme d’habitude.










Faire des gosses c’est trop du total random, c’est comme commencer un jeu sans connaître les règles mais en connaissant l’objectif final, mgngnn… Bon d’un autre côté c’est aussi ce qui rend intéressant le truc, mais vraiment trop risqué, adopter un chat c’est plus approprié.
Je me suis arrêté à la saison 3 de Dexter, elle m’avait l’air un peu bancal et se taper quelques dizaines d’épisodes d’affilés rend le truc indigeste, j’attends un peu avant la suite mais ça semblait déjà suivre un schéma routinier, mais bien emballé.
Quand à Game of Thrones qui est difficilement prononçable j’attends de voir la saison 2, c’est « bien » mais pas génial of the dead révolution indépendance bisounours. Son succès démesuré est peut être du à son franc parlé et son irrespect de la censure. Mais ça reste quand même mieux que la plupart des séries.
Tu devrais surtout t’avaler les bouquins du Trone de Fer, pas la série, qui souffre largement de manques, d’imprécisions, d’inventions farfelues issues de passages interprétés par les lecteurs (théories de fans, avérées ou non par G.Martin)…Et puis le style te plairait, à coup sûr!
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(Quand on sait que le binoclard de Poudlard sortait son premier volume alors qu’un hiver s’était déjà écoulé depuis la sortie du premier tome du Trône de Fer, ça me peine de voir autant de mon se réveiller grace à la série…Et de ne s’y intéresser que sous ce format! Les gens sont des fégnasses
C’est tout un univers dont les gens parlent maintenant, c’est agaçant…Comme si quelqu’un avait trimé des années pour avoir une glace à la fraise, un petit plaisir qu’il veut faire partager (ou non, selon), et que d’un coup, tout le monde se met à acheter des glaces à la vanille, en prétendant que ce sont des glaces à la fraise, et en s’imaginant tout savoir sur la glace…
Pour faire une analogie généraliste: c’est aussi agréable à entendre que d’entendre quelqu’un dire que les meilleurs films de la saga Star Wars sont les derniers sortis…(sous prétexte que c’est plus beau, plus agréable à regarder, etc…)
Je n’irai pas jusqu’à dire que je me sens violé dans mon univers, juste que c’est vraiment dommage que des gens s’exclament de bonheur sur la putain de partie émergée de l’iceberg « Trone de Fer ». Voilà!
Concernant The Office, ayant commencé par regarder la version UK, j’avais de grosses grosses appréhensions en matant les premiers épisodes de la version ricaine. Surtout que la saison 1 ouvre sur un copier-coller du premier épisode anglais… MAIS un jour de désoeuvrement, j’ai insisté, et aujourd’hui, c’est une des séries comiques que je prends le plus de plaisir à mater, et même si le départ de Michael Scott est quand même dur à digérer, la dernière saison est pas si mal que ça, le personnage Andy Bernard en éternel clown triste loser est quand même bien attachant. (et Ryan) (et Kevin) (et Jim) (et Dwight) (et Pam) (et…)