Ha, l’E3. A prononcer « E Cube » pour paraître pro, à commenter dans un périodique pour vraiment l’être. En ce qui me concerne, c’est surtout se fondre dans la masse : c’est aussi faire partie de l’immense majorité de gens qui suivent cette évènement en direct depuis chez eux. C’est un étalonnage du public visé que je n’ai jamais pu comprendre : on ne sait pas vraiment si ces conférences tournées depuis Los Angeles sont faites pour l’industrie, les joueurs, la presse ou les trois. Pour quelques heureux élus encartés, c’est surtout un séjour sur place et l’occasion d’aller sniffer des rails de poudre de Pépito sur Venice Beach! Pour la masse, c’est un espèce d’évènement communautaire… où chacun est rivé devant son écran et commente le bouzin sur Twitter. Mais si, rappelez-vous, le concours de la meilleure vanne tombe est tombée entre le 3 et le 5 Juin, cette année.
Au risque de me répéter par rapport à l’année dernière, l’Electronic Entertainment Expo pourrait tout à faire être un évènement comme un autre parmi ces nombreux showcases qui se déroulent passivement, dans notre dos, qui ne concernent que la presse spécialisée. Sauf que – gamers que nous sommes – l’E3 c’est un peu Noël avant l’heure, une sorte d’étalage un peu ridiculement proportionné de ce qui devrait nous occupper dans les mois à venir. Il fut même une époque jadis où certains magazines offraient en cadeau, vers Juin, un DVD récapitulatif des meilleures vidéos et trailers pour l’année à venir. Ha… c’était il y a une dizaine d’années, déjà.
OÏ! Au delà de ce sentiment « nous sommes tous rassemblés virtuellement en serrant les poings et en grinçant des dents façon la-fin-du-monde-est-dans-trente-secondes » c’est surtout un sévère indicateur sur une multitude de paramètres : l’évolution et la santé de l’industrie (j’en sais rien, je suis pas pro) la longévité de la génération actuelle et ce qu’on peut commencer à penser de la prochaine, et surtout PLEIN DE BELLES IMAGES! Pas mal de jeux méta peuvent s’opérer lors de ce rendez-vous annuel : quels trucs présentés ne seront pas disponibles dans l’année? Lesquels seront abandonnés? Qu’est-ce qui paraîtra bon et qui sentira les pieds, à terme? Chaque conférence, pour peux qu’elle se concentre sur du gameplay et de réelles phases de jeux, ne montrent que ce qui peux un minimum permettre de créer une envie, voir un besoin : inutile de réellement se fier à ces séquences trop belles et trop parfaites. Cependant, il y a toujours au moins quelques jeux qui arrivent à nos mettre des étoiles dans les yeux et à nous faire économiser en comptant les jours… un phénomène récurrent se dégageait des dernières années : Microsoft vit sur planète Microsoft, Sony s’excuse pour l’année passée, les éditeurs tiers se font dessus et Nintendo rafle tout en ne proposant pas grand chose. Est-ce un sentiment reconductible? Comme dirait l’autre, je crois qu’on a un nouveau champion. Si vous voulez l’avis d’un gamer, c’est au paragraphe d’après. Armez vous de Youtube, je serais très pingre en liens… ou écoutez donc les commentaires de Radio01! Gardez quand même en tête que je parlerais que des conférences, ces présentations n’étant que l’introduction de l’évènement. Le reste du temps est dédié à un grand salon d’essai où les journalistes peuvent palucher des manettes en la présence des booth babes. Mmh…
Tiens, j’ai une sacrée bonne idée. Je vais taper dans le chronologique – les posts structurés sont pour les faibles – et commencer notre belle histoire de vidéoludisme sur cette pré-conférence Nintendo qui se tenait un jour avant – (toujours de nuit, à l’heure où les gens raisonnables sont en train de baver sur leur édredon) Big N ayant fait le choix plus qu’étrange de séparer ses présentations pour, disons, gagner du temps à mettre en avant du contenu lors de la vraie conférence? Hé bien, oui et non, blanc et noir, pif-paf-cochon d’inde, cette pré-conf était riche en contenu comme mes copies sont riches en syntaxe : pas nécessairement. Le fait est que nous avons tous assisté à un Satoru Iwata (cf ci dessus), visiblement empalé sur un ustensile ménager nous débiter une litanie un poil anxiogène devant un décor aussi minimaliste qu’inquiétant. Les détails sur la Wii U (nom apparemment défintif. Dommage) concernent sa manette : la fameuse petite tablette sera accompagnée d’une manette pro, clone inavoué d’une manette 360, et la « vraie’ », tactile et tout le toutim, sera accompagné d’un tas de fonctionnalité qu’on retrouve aujourd’hui sur 3DS, la 3D en moins… les vibrations en plus! Jusque là, pas de révolution dans les boules de cristal et ce n’est pas le menu de la console qui va changer grand chose ; nous avons donc droit à un Hub, le « Miiverse » qui, comme son nom l’indique, n’abandonne pas le gimmick de ces petits avatars à tête ronde.
Vous savez, je deviens gâteux à force de ressasser le même concept mais j’ai l’impression que Nintendo loupe une marche dès le début. J’ai tendance à croire qu’il y a un bon compromis entre continuité et nouvelle génération – là, il n’y a pas réellement d’indépendance avec la Wii. Est-ce nécessaire de base? Oui, je le pense, même si l’internet sur console à fixé les fonctionnalités « primaires » entre les générations, un peu d’indépendance, ne serait-ce que graphique, devrait se poser d’une console sur l’autre – ce qui n’empêcherait pas la rétrocompatibilité. Le truc c’est que Nintendo était le dernier bastion d’une boîte qui proposait une machin et un « concept » différent à chaque fois – maintenant, ils ont définitivement rejoint le cercle, désormais intégral, des constructeurs qui basent leur nouvelle machine sur les grandes lignes de la précédente, sans même changer le nom. Bref, faisons fi du hardware, ce cher Iwata nous a promis du social et une connectivité immédiate avec les autres joueurs à échelle mondiale – une sorte de gamefaqs instantané, une fonctionnalité qui nous permettrais de communiquer instantanément avec n’importe qui, n’importe quand, sur n’importe quel jeu. J’ai peur que dans l’immédiat, ça donne surtout une rafale de pénis à toutes les sauces sur l’écran. De la même manière, la « manette » peut envoyer directement son rendu sur la télé, moui. Pas de succès, mouiiii. Petites featurettes, pas de prix, pas de date, tout ça est très perfectible et le design définitif de la bécane elle même reste une inconnue dans l’équation posée depuis 2011. Globalement, nous ne sommes pas tellement plus avancés et le pire était à venir…
Nous n’avions pas vraiment le temps d’être pessimistes puisque la conférence Microsoft nous a amusés, a défaut d’autre choses. Vous savez, les grandes lignes chez ce grand constructeur américain, c’est social – NFL – Kinect. Les présupposés ne bougent pas : nous habitons tous dans un salon surdimensionné, nous adorons simuler des coups de crosse devant la caméra et on télécharge régulièrement Friday Night Lights sur un service légal et payant. Le truc, c’est qu’en proposant des fonctionnalités qui, d’habitude, se font avec UNE TELEVISION (et c’est là que le sens commun implose) Microsoft a un peu oublié de présenter… des jeux.
On pourrait dire que je suis de mauvaise foi mais comprenez un peu mon point de vue : je ne suis pas particulièrement friand des FPS. Le gameplay est limité, le renouvellement inexistant et il est déprimant de penser qu’un jeu dont le scénario est systématiquement cynique as fuck se vend par millions dès la première semaine. Du coup, je passe mon tour sur les Call Of Gears Battlefield Honors. Merdum quoi. Halo, encore et toujours, stop, dites leur d’arrêter et de passer à autre chose. Le 4 n’est pas encore sorti et l’année dernière promettait une trilogie donc je vais m’engager tout de suite : si, quand Halo est dans les bacs, je ne travaille toujours pas dans une grande radio où un magazine culturel ; je reviens ici et je poste une sextape de moi et Traquenard. Hé oui, il n’est pas au courant. Le nouveau Splinter Cell n’était pas un modèle de cohérence avec son infiltration légère comme une chanson de Sardou et Harmonix n’a annoncé qu’un assez prévisible Dance Central 3. Il y avait quand même de belles promesses : Tomb Raider est toujours aussi beau et annonce une potentielle virée dans la direction artistique et pratique de la série. Mauvaise nouvelle : il est encore repoussé et le rapport attente/excitation ne sera pas éternel. Dans la même catégorie, le RPG South Park s’annonce rigolo car en parfaite adéquation avec l’esprit de la série. Un deuxième « Need For Speed : Most Wanted » est à prévoir… et c’est une bonne nouvelle car 1) L’original était bon et 2) un opus sur deux de cette série est correct, voir bon, et c’est cette place qu’il va occuper. Un peu de Kinect, de show hors sujet avec Usher et hop, nous obtenons une conférence un peu mou du genou, sans surprises mais sans grosse déception. Le verre redevient rapidement à moitié vide quand on se rend compte qu’on s’était formalisé à ne pas être déçu, donc à ne pas attendre grand chose.
LE MARASME S’INSTALLE! MAIS UBISOFT DEBARQUE EN DRAGSTER DE FEU ET FAIT FLAMBER LA SCENE! LA FOULE EST EN DELIRE! LE JEU VIDEO EST SAUVE! UNE ORGIE COMMENCE DANS LA SALLE LA LA LAAAA LA LA LA LA LA LAAAAAA JE PREVOIS UNE EMEUTE, JE PREVOIS UNE EMEUTE. C’est à Minuit, heure française, que démarre ce qui sera rapidement le pinacle de cette série de journées. Ca passe d’abord par une certaine attente : on ne peut pas reprocher au studio une certaine irrégularité dans ses sorties – peu de titres foncièrement mauvais et leur stock de cocaïne est toujours proportionnel à la dinguerie qui émane de leurs conférences. Une petite comédie musicale rapide pour installer le ton et on commence avec Far Cry 3, ce jeu déjà présenté l’année dernière – où le héros subissait une très très mauvaise journée sur une île peuplée de dingues. Nous avons retrouvé cette ambiance, le méchant au regard de braise et des séquences qui mixent les meilleurs moments de Twin Peaks et de Lost. La drogue dans toute sa splendeur et une certaine envie provoquée chez tout le monde. Il y a une réelle idée derrière cette idée d’espace clos où strictement tout veut te rendre la vie dure, il y a un coté Arkham Asylum – en bien, bien plus hardcore.
Nous sommes déjà contents mais on commence à prendre feu quand le nom de « Rayman Legends » apparaît. Suite très fidèle d’Origins (même gameplay, moteur semblable) cet opus – l’As de coeur de la Wii U – n’annonce pas un nouveau Rayman en 3D. On pourrait être triste mais cette démo promet pas mal de choses : une véritable interactivité entre la manette, son écran et la télé (ils savaient bien faire ça dans le 3, souvenez vous) un moteur un poil plus joli, quelques petites astuces de gameplay et une foutue séquence qui – façon Star Guitar des Chemical Brothers – mêle gameplay et musique. Regardez la fin, vous comprendrez… les futures séquences qui remplaceront les coffrapattes? Ce serait tip top moumoute. Essayons d’ignorer que les studios rapportent une baisse intégrale de la framerate à cause du partage des écrans et profitons du truc. Le monde est conquis, vive la France! Passé un Zombie U au nom pas terrible mais au teaser super bien fichu – je suis sûr que ce sera un peu naze mais qui suis-je pour faire des prédictions hein) il est déjà l’heure d’envoyer l’habituelle séquence de gameplay d’Assassin’s Creed. Troisième du nom, nouvel héros, nouvelle époque et nouveau lieu : Ubi envoie une très longue phase de gameplay crédible où Connor zigouille tout ce qui bouge dans des lieux enneigés qui rappellent la fin de Red Dead Redemption. Pas de changement maboule à prévoir dans le gameplay mais tout les repères du jeu sont bouleversés : à voir, tout ce qui précède vaut le coup.
Bien sûr, on trouve dans tout ça une ultra minorité de nouvelles licences… et la fin de la conférence approchant, on se fait la réflexion. Que se passe-t-il? Dix dernières minutes de gameplay. Un univers inconnu, une ville de type New Yorkaise archi-stylisée, une entrée en boîte et une mainmise sur les moyens de communication… tout ça est superbe, et soudainement, changement de focus et de personnage. Ce « Watch_dogs » inconnu au bataillon promet énormément de belles choses, et permet pas mal de problématiques inédites : un jeu sans personnage emblématique fixe? Un aspect communautaire? Serait-ce un scénario qui étale un « tapis roulant de personnages » sans attaches, tout en gardant un aspect cohérent? Héhé… là, l’essence même de l’E3 est là : beaucoup de hype et d’excitation. C’est génial, la foule est en délire, l’accent pourri des présentateurs est oublié.
Je prétendais pas à l’exhaustivité mais mon rendu de la conférence Sony ne va pas du tout renforcer ce sentiment : encore une présentation mi-figue mi-raisin… et ce n’est pas en commençant le show avec le très prophétique David Cage que la réception critique allait être au rendez vous! Le sentiment est mixé entre un Cage qui pense avoir inventé l’eau chaude, la chaleur et le concept même de boire et un jeu très mystérieux (Two Souls) qui intrigue avec son Ellen Page qui passait par là. Pas génialement réalisé mais intriguant, pas plus. S’ensuit un moment très gênant où Playstation All-Stars Battle Royale qui ne fait vraiment pas du tout semblant de copier coller Smash Bros. La suite n’est pas non plus faite pour plaire : FPS, redites des confs précédentes, jeux pour enfants utilisant le Playstation Move, un God Of War plutôt classe mais qui ne me concerne pas vraiment… En revanche, c’est encore un nouveau nom qui provoque un petit quelque chose. Le trailer de The Last Of Us, de Naughty Dog, donne envie : plein de petits détails qui se la pètent coté animation, un postulat à la I Am Alive sympa et un headshot final applaudi par l’assemblé. Étrange mais pas mal.
Nintendo, acte 2, le lendemain. Tout porte à croire que cette dernière conférence va être enthousiasmante, Big N étant la compagnie qui relève le niveau depuis deux ans, à proposer plus de contenu. Les choses commençaient même pas mal : Pikmin 3 sur Wii U. Là encore, pas de révolution mais une continuité pleine de bonnes choses et de bon esprit. La suite… n’est pas si bon esprit. New Super Mario Bros U? Alleeeeeez. Tout le monde en a marre de ces redites plateformesques, et c’est un converti du genre qui vous le dit. Des séries ont acquis une légitimité : Mario Kart était, par exemple, attendu au tournant… mais le jeu « original » était plus un hommage qu’autre chose et le sérialiser de manière si voyante est tout sauf une marque d’inventivité. C’est un peu branleur, quoi. Tout ce qui touche autour de Mario commence à ne plus faire effet… c’est probablement générationnel et il serait intéresser d’avoir l’avis des plus jeunes. Différents gameplays montrent quelques jeux intéressants mais n’invoquant jamais des performances techniques qui crient « nouvelles génération » – au contraire, il n’est question que de jeux 2D ou minimalistes… beuh. Just Dance, où il faut danser avec son plateau dans les mains. Re-beuh. Nintendo Land, le hub à la Wii Sports de la Wii U. Beuh beuh beuh. Abnégation défintive quand Iwata, boucle de cette année, conclut la conférence par une interminable série de petites vidéos présentant quelques mini jeux, dont un te permet, ni plus ni moins, d’incarner un canard. C’est fini, tout le monde se tourne vers le match Djoko-Tsonga, et il l’a même pas gagné, seppuku pour tous : conférence la plus pauvre en contenu depuis bien longtemps. La Wii est abandonnée, on a toujours pas réellement vu la console suivante et il n’y a pas de killer estampillé Nintendo pour agrémenter un line-up. Le reste, les journalistes le décortiquent/l’ont décortiqué.
En bref : Watching Dogs, The Last Of Us, Rayman Legends, Need For Speed et Assassin’s Creed… et pas mal d’envie sur la Wii U, malgré un cruel manque de détails. Rien à dire sur la console portable… ou sur l’autre, là… moui. Allez, Paper Mario quand même, évidemment, mais on parle d’une année complète de retard.
Omelette du fromage, donc.










« Il fut même une époque jadis où certains magazines offraient en cadeau, vers Juin, un DVD récapitulatif des meilleures vidéos et trailers pour l’année à venir »
Il fut même un (court) temps où Consoles News (vous savez, le seul mag à peu près lisible de toutes les productions FJM avec Gameplay RPG) offrait carrément une VHS montée avec amour de l’E3 – bien avant de sombrer dans la manie du VCD au contenu pompé sur Internet et se recopiant lui-même tous les trois numéros pour tous les magazines du groupe.
Désolé je risque de faire mon nazi
« un jeu sans personnage emblématique fixe? » : Malheureusement il y a peu de chance que ce soit le cas. Le mec en question est déjà nommé « Aiden Pearce » et rien a propos d’une telle fonctionnalité n’a été évoqué. Espérons que du coup cette idée frôlera l’esprit des développeurs.
Mais sinon rien à propos de la conférence Electronic Arts (entre celle d’Ubi et celle de Microsoft) ? Bon ok elle était pauvre en contenue, pour ne pas dire totalement démunie mais tout de même.
Sinon tu dis qu’il n’y a rien eu à propos de la 3DS je crois. Or il y a eu un bref speech sur celle-ci durant la conf de Nintendo et il y a ensuite eu une troisième conf Nintendo (Jeudi 03h00 heure française) dédiée exclusivement à sa 3DS.
Mais tu as raison, c’est du nazisme tout à fait gentil
J’ignore juste sciemment ce que je n’ai pas vu – ou la 3DS car pas de réelles nouveautés – à mon sens quoi.
Hé, Traquenard, je vais t’expliquer la différence entre les deux, tu le SAIS.
Pour commencer, on va dire que tu parlais d’Halo 6 vis-à-vis de ta carrière journalistique hein, parce que sinon j’ai un peu peur
Ensuite, la Wii U… aura un système d’achievements, mais on ne sait pas trop quoi. Je table sur un truc uniquement in-game.
Watch_dogs, en dehors de son effet Wow évident, c’est bien gentil mais on ne sait surtout pas sur quoi ça va sortir. Et c’est là LE gros enjeu des E3 2012 & 2013 : quelle console représente l’avenir…
Bon, sinon se pâmer devant Rayman Origins 2 et critiquer New Super Mario Bros U :’D