Daily Archives: 21 juin 2012

Que sera, sera

« Ça me rappelle ce que m’a dit mon père le jour de mon mariage : « Si tu voyages dans le temps, n’oublies pas que la moindre de tes actions peuvent avoir des conséquences que tu n’imagines pas! »" … Noël, Serah et les autres ne doivent pas être grand fans des Simpsons. Peut être qu’ils ne regardent que les dernières saisons et que quelque part à Valhalla, ils ont mal aux fesses.

J’en suis bien désolé mais pour la deuxième fois de suite, je vais m’adresser à des gens qui connaissent leur sujet et, par extension, le premier opus d’un jeu qui ne parle pas nécessairement à tout le monde. Bon, peu de gens ne connaissent pas la saga Final Fantasy ne serait-ce que de nom mais tout le monde ne connaît pas le treizième opus et toutes les petites contrariétés que ce jeu à obtenu face à son public. Moi, j’avais franchement aimé tout ça, étant plutôt enthousiaste vis à vis de ces prétendus défauts qu’on lui accordait alors. Se référer au lien ci dessus pour le jeu de base, son identité, ses réseau?

Ah bah oui on se sent vachement valorisé en tant que joueur quand on nous fout ça sous le nez

Final Fantasy XIII-2 est donc un nom bien compliqué et Japonais as fuck qui désigne la suite du treizième volet, indépendant, de la saga. D’une part, je ne sais pas si ce dernier appelait une suite, d’autre part, autant vous dire immédiatement que tout porte à croire qu’un troisième opus est en préparation – une fin qui ne véhicule rien de joyeux et un « A suivre » très clairement affiché en gros pour dernière image, tout ça est assez clair – et d’autre part qu’on peut atteindre sans trop de souci un très ubuesque Final Fantasy XIII-13 dans une dizaine d’années : ce deuxième jeu n’a pas apporté grand chose, n’a rien résolu et fonctionne selon une écriture par strates. En gros, quand bien même les deux jeux partagent le même univers et les mêmes personnages, il développe une intrigue qui ne fait qu’englober la résolution du volet précédent, sans réellement la modifier ou la remettre en question. En fait, on ne fait que regarder à coté et on voit une nouvelle histoire se dérouler. C’est un parti-pris, il est respectable, des gens sont morts pour ces choix mais ils ont fait ça sciemment. D’ailleurs, dans sa globalité ce jeu est plutôt bon et il est très loin de ce que la réputation de la dernière « suite de suite » estampillée Final Fantasy avait laissée derrière elle. Mieux que ça : il y a un an, pendant la Japan Expo 2011, nous avons assisté à un showcase présentant quelques séquences du jeu à venir. Les axes de présentation étaient, basiquement :

- « On vous a compris, l’aventure n’est plus linéaire, regardez, on peut crapahuter partout sur une carte et même faire des aller retours »

- « On a mis de belles featurettes et des petites séquences de gameplay puzzlesques pour le fun et l’amour de la variété »

- « UN MOG § »

Et… oui, il n’y avait pas vraiment tromperie sur la marchandise, juste quelques exagérations, rien de bien dommageable. Révélation exclusive : je suis quand même super naïf. Cette fameuse séquence avec Lightning est un tutorial qui ouvre le jeu, ces fichues instant puzzle n’ont aucun sens dans le contexte et sont mal dosés, Mog est un perso qui me rappelle les heures les plus sombres de Lanfeust des Etoiles… Gardons le moral, cependant : cette vidéo montrait tout de même des séquences exactes du début du jeu, sans artifices. En gros, cinq mois avant sa sortie japonaise, huit avant l’Européenne, toutes les mécaniques étaient fixées.

Ca peut sembler inutile comme constat mais tout, tout dans ce jeu hurle la lettre d’excuse aux fans. Je n’ai jamais joué à un jeu dont la direction semble autant avoir été pensée selon les doléances des joueurs et les retours critiques et il serait, dans ce sens, vraiment intéressant de savoir si une suite était d’ores et déjà prévue pendant le développement du jeu initial. Je reviens sur ces détails après le petit point habituel sur le scénarioooooooooo !

Trois ans après les évènements de FF XIII, Serah, la soeur de Lightning, se languit bien sur sa plage à Neo Bodhum, quand intervient Noël, un petit fougueux qui semble vraiment très déterminé à sauver le futur, le passé, le monde et Serah. Il clame être le dernier être humain de son époque et se base sur une vision de Lightning se battant avec un mystérieux inconnu (d’où le logo – d’ailleurs, la pochette alternative qui apparaît quand on installe le jeu sur sa console est bien plus cool) un duo se forme et s’engage dans des péripéties spatio temporelles à ne rien comprendre… enfin, je dois admettre que sur la fin j’étais réellement désengagé émotionnellement de la moindre cinématique tant n’importe quel élément nouveau me semblait incompréhensible/mal amené. Sérieusement, cette storyline est un mic-mac sans nom, et si il fallait en trouver un, on choisirait « Noëliste ». COMMENT CA C’EST DÉJÀ PRIS?

Vous aurez peut être plus de tolérance et de bonne volonté envers ce jeu et son scénario dinguodingue mais sur une longue période de jeu, beaucoup d’éléments importants à peine évoqués se dissolvent quelque part hors de la mémoire du joueur et on se perd rapidement, à progresser de manière très mécanique sans réellement chercher à comprendre ce qu’il se passe. Vous vous souvenez de la première fois où vous étiez devant The Matrix, vos dix ans fraîchement fêtés? J’ai eu cette sensation, celle de passer à coté d’un truc probablement construit et bien pensé. En attendant, j’ai n’ai toujours pas compris grand chose, je m’en sors très bien et ce n’est pas le bazillion de DLC payants qui vont me donner envie de poursuivre l’aventure artificiellement. De tout manière, elle est déjà fort étoffée : une grosse vingtaine d’heure sera nécessaire pour que les meilleurs/les habitués atteignent le générique une première fois. Une complétion totale demandera de l’investissement, du sang, de la sueur et des larmes : elle se quantifie en fragments – 160 objectifs à compléter en tout – et si la majorité d’entre eux représentent des objectifs qui tombent sous le sens (atteindre un point de scénario, jouer au petit employé Fedex, éliminer un monstre) certains tombent sous le joug du nazisme (vaincre tout les monstres du jeu, faire un profit record dans une session de machines à sous, etc)

Voilà donc ce qui est différent et ce qui ne l’est PAS, de Final Fantasy XIII à XIII-2.

Ce qui n’est PAS différent : le mode de combat. Pas génialement expliqué – et le jeu n’est vraiment pas réservé à ceux qui prendraient le wagon en marche, un peu comme ce post – ce gimmick des « limites » à atteindre est renouvelé. Jauge ATB,  rôles, paradigmes, tout ça est reconduit. Cependant, vous ne pouvez jamais changer votre équipe (Noël et Serah sont les deux seuls persos) mais le troisième rôle sera toujours tenu par un monstre préalablement capturé. Votre rôle sera de les upper vous même et d’établir une liste de stratégies, dans un jeu aux choix tactiques plus permissifs que son aîné. D’ailleurs, les crystariums sont de retour, un peu déstabilisants les cinq premières minutes mais on se rend rapidement compte qu’ils ont été simplifiés. On reste aussi dans une logique de « va éliminer X » qui s’incarne en une suite d’objectifs relativement clairs, en tout cas pour l’histoire principale.

Dans un Respawn, je parlais de mon impression latente de jouer à Phantasy Star Online. Regardez moi ces doigts carrés

A deux reprises, le jeu va être chiant. Parce que sa difficulté va être mal dosée et poser un problème imprévu. Si FF XIII-2 était un tour en voiture, il faudrait changer les jantes une ou deux fois. C’est cher, les jantes.

Les trucs qui changent et Etro sait s’ils sont nombreux - Le découpage du jeu. Il est en fait centralisé autour d’un hub qui recoupe des lieux emblématiques, souvent plusieurs fois à différentes époques. On peut accéder à untel ou untel selon une ramification bien précise qui se développe si on résout certain objectifs. C’est la réponse au « syndrome couloir » et effectivement, on peut vaquer à quelques objectifs secondaires/bien planqués si on veut prendre de l’expérience, Pex qui sera, de toute façon, nécessaire pour certaines étapes, dont un boss final qui mange des bébés phoques au petit déjeuner. En gros, il va falloir jouer à Serah Passion Voyage Temporel et faire des allers-retours pour résoudre certaines énigmes. Est-ce que ça veut dire que chaque action à sa conséquence? Ha ha, tu es fou, ça reste extrêmement scénarisé et prévu. On peut accéder à neuf fins paradoxales qui se déclencheront selon la tournure des évènements mais il est rare de tomber sur elles la première fois. Un bon tiers du jeu en devient un peu superflux, surtout quand l’intégralité des objectifs de celles ci est de résoudre des…

… phases puzzle. Sur le papier, ça fait gadget, le contexte n’y échappe pas vraiment non plus. Vous allez maudire ces foutues horloges, constellations et cristaux à ramasser, surtout quand elles sont concentrées à mort vers Oerba. Était-ce vraiment nécessaire? N’y a-t-il pas plus subtil pour injecter un peu de variété? Il a quelques distractions, pourtant : courses de chocobos, bandit manchots… heu… ET BIEN D’AUTRES! Par exemple, on trouve des Quick Time Event à la fin de certains boss et… NON POSE CE PISTOLET

C’est une question de petit détails, de micro-touches : beaucoup d’éléments sont simplifiés. Le jeu lui même est un poil plus simple mais force est de constater qu’il est fait pour être plus accessible, mais si c’est pour récupérer des gens en chemin, je ne pige plus grand chose. C’est bien plus qu’un détail et la direction artistique n’est pas vraiment la même musicalement parlant : le jeu brasse dans une plus grande variété de styles, quitte à vous jouer une musique au style horriblement inappropriée au moment Y, je crois même que c’est un gimmick de Square Enix. C’est sûr, on a tous pour hobby de se pointer à des enterrements au hasard et d’y hurler la Marseillaise.

En fait, le plus grand défaut de ce jeu, c’est son imprécision. Il lui manque de la clarté, il n’est pas très pédagogique et il cultive le don de te faire croire n’importe quoi : que ces petits choix contextuels auront de l’impact sur la suite, par exemple. Le système de portails, de sceaux et d’artéfact primitifs est l’un des trucs les plus confus jamais (non) exposé dans un jeu vidéo depuis… j’ai envie de dire le gameplay de Skyrim, mais c’est comparer une gaufre au sucre avec une pizza pepperoni. Sérieusement, tout ça marche à l’expérimentation et une fois encore, le scénario à connaître est fourni in-game, via un rappel pas génialement illustré : cette fois, on te distribue littéralement le programme. C’est pas du storytelling, ça, c’est juste nous le lancer à la figure. Enfin, c’est peut être un défaut unique à ma console, télé ou signe astral mais le rendu 360 est assez laid et les cinématiques « previously on » sont carrément surlaides, comme si elles étaient toutes rippées de Youtube en 2006… mais pour revenir à cette imprécision, on peut facilement se retrouver devant un portail fermé dont les règles ne semblent pas correspondent à tout ce qui a été vu avant, et qui ne s’ouvrira que si on récolte trois culs de Pampa les jours de pleine lune. C’est pénible. Aussi, véritable souci de dosage sur certaines zones (Academia, là aussi, summum du relou)

C’est un bon jeu, globalement, mais il va falloir faire quelques concessions. Malgré tout ces revirements positifs – logique épisodique, simplifications, courbe de progression gentillette – il va falloir accepter des personnages neuneus, simplifiés, sans réel charisme (je ne décèle aucune complexité en Caïus, c’est tout aussi pénible) et le canon de la saga Fabula Cristallo Lajoie n’est pas vraiment fourni… oui, on voit des visages connus mais ceux là n’apparaissent pas toujours avec une grande cohérence derrière. Oh allez, soyons fous : soit Sazh voyage dans le temps, soit il a contracté la même maladie que Will Smith dans Men In Black 3 – celle d’avoir un âge variable mais avec la même tête. C’est bête, le scénario est compliqué et les persos manquent de profondeur, c’est pas une situation qu’on voit partout.

Mais quel hasard : le paradoxe est le conducteur du jeu et de mon post! Je vous le conseille tout en étant pas mal déçu et moins emballé sur certains points. C’est un bon jeu. La presse vous dira qu’il est bien meilleur que FF XIII. Je préfère ce dernier… tout simplement parce que son histoire était bien plus emballante. C’était peut être un effet de surprise mais ce deuxième volet est un poil décevant. Trop imprécis, trop confus, pas toujours captivant et commettant pas mal de maladresses.

C’est dommage. Bad end.

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