Quand Harry rencontre San

(Tous les fanarts présents dans cet article ont été récupéré sur ce topic, j’avoue avoir un peu la flemme de retrouver dans la centaine de pages le nom des deux artistes qui ont fait les fanarts ci-dessous… Désolé)

Hé, salut, c’est Meles Badger qui t’écrit en quasi-direct de devant son ordinateur. J’espère que tu vas bien et que tu es bonne condition physique pour lire ce petit billet de quartier libre. Je n’ai aucune raison particulière de te demander ça mais c’est le genre de petite pensée qui fait plaisir non ? J’veux dire, trop de blogueur ne pense jamais au confort de son lecteur, c’est un peu triste finalement…

Donc, nous arrivons peu à peu au bout de ce quartier libre et je me décide enfin à écrire un article, effort surhumain de ma part, il faut bien le reconnaître et qui condamne probablement mon blog à ne pas avoir un nouvel article avant deux ou trois mois. M’enfin, on se fout un peu totalement de ce mélange improbable d’égo- et de méta-blogging, n’est-ce pas ? Vous êtes plutôt là pour lire des articles de qualitay sur des sujets classieux écrits par des gens tout aussi talentueux.

De mon côté donc, même si je me sens jamais vraiment à l’aise avec la rédaction de critiques, j’ai décidé de vous parler d’un des meilleurs webcomics de tous les temps.

J’ai nommé HomestGunnerkrigg Court. (Suivre ce lien pour aller direct à la première page)

Gunnerkrigg Court est un webcomics écrit et dessiné par Tom Sidell, un anglais et donc par définition un mec avec un accent super classe. Rien que ça, ça devrait vous convaincre d’aller zieuter son œuvre mais j’imagine qu’il en faut un peu plus pour vous convaincre.

Soit.

Dans Gunnerkrigg, nous suivons les aventures d’Antimony Carver, une jeune fille ayant la particularité d’avoir un nom un peu pourri quand même (je sais pas moi, ce serait un peu équivalent à appeler sa fille Térébenthine… OH WAI-) mais aussi d’étudier à Gunnerkrigg Court, une étrange école où science et raison règnent en maîtres. La magie et le mystère sont le domaine de la forêt qui fait face à l’école, elles sont d’ailleurs séparées l’une de l’autre par un pont considéré comme infranchissable. Antimony vit donc sa vie d’orpheline paisiblement (sa mère est morte, son père est absent/a disparu), découvre la vie à Gunnerkrigg, se fait des amis et se retrouve au milieu d’affaires difficiles entre la cour et la forêt. Voilà pour le synopsis, volontairement décousu mais vu que Gunnerkrigg repose beaucoup sur le principe de pleins de chapitres racontant des histoires plus ou moins indépendantes des autres tout en relatant un scénario plus global, difficile de faire mieux.

D’ailleurs, on se rend vite compte de la façon dont ce webcomics est beaucoup pensé comme une série en fait puisqu’on y retrouve une structure narrative assez semblable sur certains points. Ainsi, les chapitres de l’histoire peuvent facilement se partager entre loners, chapitres mythologiques (vous savez, le genre d’épisode ayant principalement pour but d’expliciter les thèmes de l’univers) et épisodes qui font tout simplement avancer l’histoire en elle-même. (Oui bon ok, je m’y connais pas tant que ça en série donc je suis pas trop sûr de mes mots et je raconte peut-être des conneries mais je crois que vous avez saisi l’essentiel.)

Cette structure s’avère extrêmement efficace, puisque servie par une caractérisation des personnages tout simplement parfaite. Chaque personnage, principal ou secondaire, se voit développer de façon exquise et autant dire qu’il m’ait impossible de ne pas tous les apprécier tellement ils ont tous un petit quelque chose qui les rend unique. D’Antimony à Zimmy, en passant par Kat, Ms Jones, George et encore un tas d’autres personnages, aucun ne paraît ennuyeux, superficiel et voir chaque caractère se développer et se dévoiler à travers la progression de l’histoire est un véritable plaisir.

A cela s’ajoute une dynamique dans leurs relations extrêmement bien pensée, les dialogues étant d’une efficacité redoutable dans la façon d’installer les personnages et les rapports qu’ils entretiennent.

La relation entre Antimony et Kat est à ce titre extrêmement bien écrite, leur dynamique repose sur une amitié finalement extrêmement simple (les deux personnages se complètent dans leurs caractères, leurs forces et leurs faiblesses) mais c’est la somme de petits détails qui parsèment ce genre de récits secondaires qui rend ce rapport entre les deux personnages extrêmement plaisant à suivre. Les voir s’affronter à certains moments, tâtonner dans la recherche de compréhension de l’autre, le thème de l’amitié est vraiment bien exploité à travers ces deux personnages, surtout que Kat ne sert pas de simple faire-valoir à Antimony et se voit attribuer un fil narratif des plus intéressants.

Zimmy (à droite), ma waifu à epic cernes

Les personnages secondaires ne sont pas reste et ont tous droit à leur part de développement (que ce soit au détour d’une case ou par un chapitre qui leur est entièrement dédié). Une véritable complexité se crée dans Gunnerkrigg à travers les personnages, en fait, on en vient à avoir l’impression que tout coule de source et que l’auteur n’a fait que poser des personnages qui vivent désormais simplement leur vie. D’ailleurs, tous les évènements majeurs de l’histoire reposent sur une chaîne d’événements logiques qui prennent place dés le premier chapitre, ce qui fait d’ailleurs que même le méchant n’apparaît pas si mauvais que cela au fond (même si bon, il a quand même un sourire creepy et une certaine propension au sadisme).

L’univers, parlons-en aussi, est presque un personnage à part entière tellement il porte en lui une richesse insoupçonné. Alors que l’on pense au début faire face à un simple succédané d’Harry Potter avec cette école aux mystères insondables et aux sombres couloirs (même si serait plutôt du Poudlard dopé à l’environnement industriel), on découvre bien vite un monde plus original que cela, fourmillant de petits détails amusants (les vaches et les chevaux robots), d’un background qui attise la curiosité (qu’est-ce qui rattache l’histoire de Gunnerkrigg Court à la forêt ?). D’une certaine manière, on a l’impression d’avoir la rencontre improbable de l’univers d’Harry Potter avec celui de Princesse Mononoké (il y a un fort développement du rapport difficile entre les hommes et la Nature), deux références que je pense voulu par l’auteur (puisque que pour Mononoké, il y a carrément un court chapitre qui fait explicitement référence au film).

Au niveau graphique, soyons honnête, le début est assez… « vilain ». Je n’ai pas envie de dire moche parce que, perso, ce n’est pas si moche que ça… Mais disons qu’il y a un parti-pris artistique assez particulier au début (guh, le front d’Antimony sur certaines cases quoi, ce front…) mais le trait progresse au cours du temps pour atteindre un niveau des plus honnêtes au bout d’une dizaine de chapitres puis rentrer dans la catégorie « très bon » par la suite. Toutefois, en mettant de côté cette progression stylistique, la force du trait réside dans des images véritablement iconiques et fortes, y compris dans certain des premiers récits. Le découpage est à ce titre remarquable et il y a de quoi rester bluffer par la qualité de certaines cases (cette quasi-pleine page avec deux personnages secondaires dans les escaliers, d’une simplicité mais aussi d’une force à couper le souffle).

Certes, Gunnerkrigg ne révolutionne pas grand chose, que ce soit au niveau de la narration comme de l’usage du medium internet (à ce niveau-là, mieux vaut se tourner vers Homestuck). N’en reste pas moins un récit puissant et efficace, porté par des personnages hauts en couleur et une totale maîtrise de la narration, et même le dessin un peu (beaucoup) moche du début laisse place à un trait vraiment maîtrisé par la suite. Vraiment, ce webcomics mérite bien plus que le succès d’estime dont il jouit dans le web anglophone.

D’ailleurs, c’est peut-être là que se trouve le seul vrai défaut de cette œuvre : le webcomics est disponible uniquement en anglais. Pas de traduction française à l’horizon pour le moment, ce qui est bien dommage.

Je veux dire, ça fait tellement de personnes en moins qui ne pourront pas craquer devant le personnage de Zimmy quoi… <3<3<3

PS : Je crois que cet article reste l’un des plus courts que j’ai jamais écrit. J’ai un peu l’impression d’avoir perdu le concours de celui qui écrit le plus gros texte en ces terres de Débauche.

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