Monthly Archives: avril 2012

C’est génial, non?

« Monsieur n’est pas une tapette, monsieur est un super-méchant »

Boljemoï, j’aurais kiffé dire du mal de The Avengers, par pur plaisir snobinard. Manque de bol, c’est impossible, même avec la pire mauvaise foi qui soit. Inutile de crier au génie, au film parfait, à la claque et à tout le tralala habituel en cas de grosse bobine formellement claquante à la Inception mais il est complètement indéniable que ce film fait, au minimum, passer un excellent moment. Ça, c’est le point de vue d’un pur néophyte… alors que dire du plaisir ressenti par un fan assidu de toute cette mythologie Marvel?

Petit flashback. J’apprends l’existence de The Avengers il y a peut être deux mois, sans jamais avoir entendu cette suite de mots. Soudainement, Twitter s’emballe, ne parle que de ça (je suis le follower de pas mal de passionnés de comics) et, mine de rien, un film sort avec ce titre tout en se permettant une bonne réception critique. Impossible pour le béotien de deviner que sous « Avengers » se cache une alliance de super héros. Dans ma logique à moi, le seul exemple viable, c’est Teen Titans, avec son générique cool et son personnage vaguement émo en cape. Au delà de ça, je ne suis pas un grand client de la franchise Marvel – ou même de super héros en général… il faut admettre qu’il y a toujours un univers extrêmement bien construit et fouillé derrière l’avatar de base, mais rien à faire, c’est pas ma came. Je dois être l’un des rares gamins à ne pas avoir particulièrement aimé le dessin animé Batman du week-end, pourtant joyau nostalgique pour la majorité de la génération. Inutile de préciser ma méconnaissance assez globale des comics, assez abyssale!

Jusque là, tout va bien, Avengers n’aurait pu être qu’un phénomène de mode frôlant le syndrome Haruhi – plus je le lis, moins j’ai envie de le voir – mais le facteur déclenchant dans cette situation, c’est le nom de Joss Whedon à la réalisation. Je ne saurais pas trop définir son style en tant que réal mais c’est LA tête pensante derrière Buffy contre les Vampires, délicieuse série qui doit vous dire quelque chose et vous évoquer soit un bon souvenir, soit une sorte de phénomène adolescent. Dans le cas contraire, renseignez-vous, c’est culte. Maintenant, attention, je vais multiplier les approximations, pardon aux spécialistes…

… et sur grand écran, c’est bonnard. Vu en 2D et en Vo après moult péripéties. Parlons-en un peu, et je pars du principe que vous l’avez déjà vu. Spoilers mineurs mais il n’y a pas grand chose à révéler dans ce film, je ne sais pas si c’est un bien ou un mal – en tout cas, terrain très peu miné.

Un peu de méta. Le film est le récit d’une ligue de super justiciers qu’on ne connaît pas nécessairement : Hulk, Iron Man, Black Widow, Hawkeye, Thor et Cap’tain America. Ils ont tous eu un (ou deux) films à eux les quatre dernières années, et soudainement, cross-over ultime : ils sont tous là pour combattre une menace cosmique incarnée par un MacGuffin translucide mis en corrélation avec la mégalomanie d’Odin, frère de Thor, apanage interstellaire de la préciosité. Sérieusement, ce mec n’est pas d’une crédibilité totale en méchant, il ferait un bon chroniqueur TV, un bon rubricard dans la mode ou la musique Pop mais en menace mondiale, pas tant que ça. Interrogation en sortant du film : est-ce que l’intégralité du « paquet » héroïque précédent était-il fait pour amorcer une saga Avenger? La réponse serait « oui. » Si vous avez des précisions, je suis preneur, ça me semble un poil surhumain comme business plan, très Batman dans l’esprit.

Le scénario? Pas compliqué pour un sou : une menace plane, un Yalta des super-héros est demandé, diverses collusions et conflits d’intérêt et boum boum baston pendant une demi heure sur une dernière – très longue – séquence où la grande pomme en prend la figure. Après, ce n’est pas tant le fond plutôt que la forme qui est intéressant puisque, il faut l’avouer, la narration du film est relativement intéressante et bien construite. Sans se focaliser sur qui que ce soit, passant d’un gonze à un autre (si vous voulez vous la péter en soirée mondaine, dites hétérodiégétique, ce n’est pas sale) le film pourrait terriblement bien s’envisager comme une série de quelques centaines d’heures. Deux heures vingt, c’était plutôt court, à l’inverse d’un, disons, Edgar Hoover.

Après l’intérêt du film réside évidement dans son compromis entre individualité des super-héros et cette manière qu’ils ont de faire équipe, dans cette collusion d’univers. J’imagine que c’est un véritable petit orgasme de fan mais je trouvais ça relativement étrange de constater que l’univers d’Iron Man – qui est donc sensé être le notre, avec un étalonnage tout ce qu’il y a de plus rationnel plus quelques petits génies – peut envoyer les portails et les aliens qui vont avec. Plus simplement, la gestion du canon est un poil confuse : si Avengers était un travail prévu, je n’ai pas trouvé de pistes disséminées dans les autres films… il y a bien l’apparition de ce cher Samuel Yo Ho Ho Jackson qui officie en coordinateur de la justice et de la vengeance, mais tout ça est un poil trouble et confus pour le néophyte. D’ailleurs, dans l’ensemble, le film n’est pas super noob-friendly. Ho, il est compréhensible mais il manque terriblement d’exposition, si la première scène est d’emblée un Loki qui – je vais me permettre un néologisme tout droit sorti d’Age Of Empire – wololote un de nos héros sans que ce soit clairement énoncé, y’a un petit doute sur les gentils et les méchants qui dure une quinzaine de minutes. C’est troublant, ces personnages qui ne portent pas une pancarte avec leur allégeance dessus. Je le répète, ce film est très intéressant pour ses interactions entre personnages et en tant qu’individus, parlons-en…

Captain America a un petit cachet adorable. Avec lui, on nous prends un minimum par la main, on nous explique son background et son passé. En tant qu’héros, il n’est pas si terrible, on le voit surtout mettre des gnons et se protéger derrière ce bouclier en bazillium trempé. Il n’est pas d’une intelligence remarquable, il le sait et il n’en fait pas tout un plat, c’est pas vraiment la star du film et ce dont je me souviens le plus concrètement de lui est le fait qu’il tire un levier. Ca ne l’empêche pas d’avoir un certain charisme appeal.

Black Widow ne sert à rien. A rien. Aucune idée d’où elle peut sortir. Heureusement qu’elle a droit a une petite scène introductive rien qu’à elle : passé le rôle de super-factrice et la fine équipe réunie, c’est finie, elle sort du champ et devient un personnage de support. On ne sait rien sur elle, pas même si elle est habitée par un quelconque super-pouvoir, on décèle juste une tension sexuelle grosse comme le K2 avec Hawkeye, relation qui nous transforme tous en voyeurs puisqu’il semble que la moitié de la salle est là pour le popottum de miss Scarlett. Oeil-de-faucun-lol-ce-pseudo est incarné par un homme dont le nom peut facilement se confondre avec Claude François ou Philibert le puceau, protip. Déjà vu récemment dans Ghost Protocol, l’acteur incarne un personnage au visage compromis dès le début, récupéré rapidement sans séquelles ni conséquences, pourquoi pas. La aussi, personnage assez neutre, pas flamboyant pour un sou et d’une sobriété appréciable. Il s’en sort plutôt bien pour un mec qui a contribué à l’énucléation d’un Golden Boy.

Après, il y a évidemment Tony Stark alias Iron Man, le gros poseur du film. Robert Downey Junior, le Münchhausen du cinéma, son T-Shirt Black Sabbath, sa petite triforce, son arrivée sur Shoot To Thrill. Tellement flamboyant qu’il se fait reprendre par Loki (scène bien maligne, d’ailleurs) machine de mort à one-liners et machine de guerre avec son armure. Ce personnage serait un candidat de real-tv, on dirait qu’il est over the top. Trop présent, trop « petit malin », temps de caméra bien supérieur, personne ne se doute qu’on est là un peu pour lui alors fatalement, le tout petit quota d’enjeu dramatique tombe sur lui… pour ne durer qu’une minute ou deux. C’est dommage, mais un charisme fou émane de ce type, on lui donnerait le bon dieu sans confession. Le revers, c’est que comme n’importe quel homme charismatique, il est rapidement gavant. Pour avoir vu le premier Iron Man, il doit être sous piles Duracell dans Avengers.

Haaaa, le grand blondinet. Le timing est bon : Canal s’apprête à diffuser Thor et je ne suis pas tellement emballé par cet univers. Intégrer la menace du film via sa mythologie est un choix, établir une fiction sur des costumes pareils et un grand gloubiboulga d’aliens et de mythologie nordique en est une autre. Basiquement, je n’ai pas tellement envie de mater un film basé sur un personnage concon, bourrin, sans réelle profondeur. En l’occurrence, Thor se fait voler la vedette par son frère, sort une réplique rigolote et sauve le monde avec son Mjollnir. Il pourrait peut être faire un duo comique avec Captain America qu’on appellerait « Le Service Après Vente des décalages temporels ». Bon Dieu, je raconte vraiment n’importe quoi.

Heureusement, y’a Hulk. Acteur inédit (si mon radar marche bien) ce personnage est, comme tout Docteur Jekyll, fascinant à regarder et à voir évoluer puisqu’il passe l’intégralité du film a être traité comme une bombe humaine. Tout le monde fait de son mieux pour faire semblant mais ça ne marche paaaaaas toujours, bref. A l’inverse de Thor, j’ai voulu en savoir plus sur le personnage, sur le trauma de base et sa manière de « gérer ses crises ». C’est la clé de toutes les situations bourrines, il sert de ressort comique dans des situations à la subtilité comparable au personnage vert, donc basse. En résumé, Avengers donne un énorme potentiel au Bruce et à son Johnny, toujours planqué derrière cet inoxydable calbute mauve (qu’il perd en regagnant son humanité, mais supposant qu’un truc de cette taille doit quelque peu glisser au réveil)

C’est kawaii tout plein (et un peu raciste)

Je ne sais pas ce qu’il en est de la 3D mais il faut préciser que c’est visuellement impressionnant, le film pouvant se permettre quelques courtes – mais fabuleuses – petites séquences épatantes dans des espaces très clos. De la même manière, voir tout New York se faire atomiser comme une construction en Kapla est aussi jouissif que de tout faire péter dans Minecraft – de la même manière, le travail sonore est assez remarquable : ce n’est pas la BO qui est mémorable mais cet acheminement d’effets sonores, de bruitages divers. Sans agresser frontalement les sens, on ressort de la séance un peu chamboulé : ce n’est pas un film à regarder dans une salle intimiste et un écran de la taille d’un rideau! Ca envoie de l’effet spécial à tout va (de manière trop voyante à une ou deux reprises) en oubliant la dramaturgie au passage, toujours. Petit moment mignon dans cette collecte d’autographe, petit moment Matrix Revolutions une heure plus tard, tout est oublié immédiatement après. On pourrait reprocher au film d’être un peu en pilote automatique, de ne jamais prendre de gros risques… et de carrément être bourrin quand il envoie le bon gros plan séquence d’ensemble. C’est une question de compromis : il ne brille pas particulièrement mais il n’a pas de défaut majeur : c’est un film qui va bien vieillir et qui est soutenu par sa légèreté, son esprit casual – on sauve le monde mais on le fait la tête sur les épaules, sans en faire tout un plat. Pas d’une intelligence folle, jamais très subtil mais sans réel défaut. Bon compromis.

Il y a Scarlett Johansson ET Gwyneth Paltrow dans le même film, je n’ai pas fini de les confondre. Je ne sais pas pourquoi, elles n’ont rien à voir. Ha et bon sang, ne vous levez pas dès le générique, on va pas vous tuer, il y a un stinger… et pour la véritable analyse d’un connaisseur, il va falloir aller chez ces derniers.

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Sur mon cadavre

« Woooo! Avant de remettre ce classique de Dean Martin pour la quinzième fois de la journée, je me devais de préciser une chose : on me demande souvent si il y a une madame New Vegas. Bien sûr que non. Ca n’a aucun sens. »

Je suis super embêté parce que ce post aurait été parfait en mode « jeu de rôle » mais j’ai déjà grillé cette carte pour Skyrim, début Février. Dommage, mais c’est pas grave, Yathzee s’est déjà prêté à cet exercice précis… sur le même jeu! Le double objectif pour moi va donc d’être original pour ne pas vous faire perdre trop de temps et de ne pas faire de redites pour être un minimum honnête. Je dois faire quoi du coup, une comédie musicale? Personne n’échappera au bon vieux pavé critique!

Oui, oui, Fallout : New Vegas est sorti il y a presque deux ans mais que voulez-vous, je ne réponds seulement maintenant à mon moi de début 2011, ce moi qui se promet de découvrir rapidement les sagas Fallout et Bioshock. C’est fait, et c’est seulement maintenant que je peux réellement conceptualiser le « jeu de rôle à l’américaine ». Évidemment, en si peu de lignes on pourrait penser que j’ai déjà réussi à étaler une énorme contradiction puisque j’ai déjà joué, évoqué et écrit sur Skyrim mais New Vegas va tellement plus loin dans cette approche « Dont vous êtes le héros »… et il partage avec Bioshock cette touche rétro tout en se situant dans le futur, et non, ce n’est pas paradoxal, il se trouve juste qu’en 2250 nous retournerons tous aux minitels, QU’EST-CE QUE J’Y PEUX.

Bref, c’est fait, j’ai joué à Fallout New Vegas et c’est, sans surprises, excellent. Je suis enfin un minimum familiarisé à cet univers post-apocalyptique, à ses radiations et son fameux « Vault Boy », petit blondinet rigolard faisant à lui tout seul l’identité graphique du jeu. Car, oui, un peu de contexte : même pour un soft récent, c’est un jeu assez moche, il faut l’avouer. Les textures nous rappellent les meilleures heures de Tomb Raider 3 – toutes apposées sur un filtre brun façon Prof. Layton, brr – et tiens, quel hasard! Il est aussi buggé qu’une aventure de Lara Croft. Au moins, cette dernière ne freezait pas… et le taux de freeze augmente au fil des heures de jeu! Sur les trois dernières heures, j’ai été contraint à redémarrer ma console toutes les vingt minutes ce qui est juste intoléraaaaable as fuck et me donne envie de me rouler par terre pour faire comme dans ma prime jeunesse. Après tout, c’est Bethesda, ce sont des habitués du genre, on accepte leurs bugs comme on accepte tous les gens de 60 ans qui prennent des cours à la fac en contrôle continu.

« Il n’y a jamais eu un homme comme mon Johnnyyyyyy…. » Radio New Vegas : cinq chansons et trois actus

Que dire du coup? Le gameplay – et beaucoup de choses – ressemblent coup pour coup à Skyrim… excepté le cadre et le scénario, un simili Nevada (capitale : Carlson City, pas Vegas) rempli de foutues fourmis géante, un univers où la monnaie refuge serait devenue la capsule. Non, pas de Pétibulle. Sortez de votre enfance, un peu. Combattre des saloperies mutantes au lance-flamme est un bon moyen d’y arriver. Bref, cette sorte de super-extension à Fallout 3 est-elle à Skyrim ce que Red Dead Redemption est à GTA? Oui, en quelques sorte, puisque les deux jeux se reposent sur des mécaniques qui n’attendent qu’une infinie variation de synopsis. Je suis certain qu’une console « Bethesda » pourrait tout à fait se vendre, avec des jeux tels que « Grèce antique » « Pirates » ou surtout « Space Opera » que je serais le premier à acheter parce que oui, je vis dans une dimension où Mass Effect manque de sex appeal.  … ce qui nous ramène à notre sujet, puisque c’est clairement ce qui a failli couter à ce jeu un drop prématuré : il m’a fallu quatre mois pour m’y mettre sérieusement… clair que rétrospectivement, le choix d’univers a été fait! Ce n’est pas comme si le scénario était naze ou quoi que ce soit : dans un postulat tout à fait indépendant aux autres Fallouts (donc dans un cadre relativement compréhensible ou, plus précisément, qui donne le choix d’être expliqué) on incarne un courrier amoché dans les fourrés, poil au nez. Ce petit boulot chez Fedex tourne très mal et on vous colle une balle entre les deux yeux… pas de soucis, vous vous réveillez à Goodsprings, petite bourgade du sud de New Vegas, où l’objectif va être de récupérer le fameux colis et de donner une bonne correction à ces sacripants qui plombes les cervelles au hasard. La particularité de l’aventure, c’est qu’elle sera constamment matinée par le fantasme de New Vegas, ville lumière qu’on aperçoit toujours à l’horizon, qui se rappelle constamment à notre souvenir. Au début du jeu, on est surtout lâché dans le désert, dans la plèbe et encore une fois, on est complètement laissé à nous-même. Plusieurs remarques :

La toute première mission du jeu établit un très solide pan de gameplay qu’on retrouve bien moins construit dans Skyrim : l’établissement d’un personnage. Ne prenez pas ça comme un critère physique, au contraire, Fallout s’y fait démolir – mais bien sur l’avalanche de chiffres qui fait de vous quelqu’un qui évolue d’une manière et pas d’une autre. Comprenez des chiffres de base, uniques et dans un ensemble limité, comme dans les Sims : Force, Intelligence, Perception, Charisme, Chance…  puis s’ensuit une série de questions servant à déterminer une autre série de chiffres – allant cette fois de 1 à 100 – ceux-là sont, à contrario, sujet à évolution. Discours, armes à feu, explosifs, Troc, une tripotée de chiffres qu’on peut agrémenter à chaque gain de niveau – expérience cette fois acquise par monstres tués et par quêtes remplies. Pour être honnête, je préfère ce système « inversé ». Ces chiffres font votre personnage via une double fonction : concrète, comme déterminer vos points de vie, de dégâts, de précision, etc. MAIS! Surtout! C’est dans les dialogues que la magie s’opère : parler à quelqu’un, c’est souvent s’engager dans un arbre de possibilités où avoir tel chiffre dans telle compétence est une brèche, un raccourci dans une quête ou un objectif simple. Par exemple, j’ai mis la priorité sur le « Discours » ce qui m’a très souvent permis de me faufiler et de persuader magiquement les gens à faire tout et n’importe quoi – comprenez moi bien, passé 75, vous avez un Geass illimité. Le boss final est même retourné chez sa mère fissa, grand moment. Accomplir une quête, c’est d’abord découvrir le terrain et faire des aller-retours, mais aussi se plier à une contrainte. Vous devez chercher un gros diamant de l’autre coté d’une porte en acier. Cette porte, vous allez la survoler, la dynamiter, la crocheter ou la draguer?

Cela s’applique à toutes les stats, même les armes à feu, explosifs, réparation… il y a toujours un contexte où ça peut être utile. Beaucoup de sciences? En avant pour ce mini-jeu de hacking qui propose une copie de MasterMind pour s’incruster dans des terminaux récalcitrants. Crochetage? Même punition qu’en Bordeciel, Etc. Ces « réussites » de dialogues évoquées précédemment ont toujours une justification, un contexte précis, et chaque « jet de dé » possède une réplique en cas de défaite, ce qui souligne un boulot d’écriture et de doublage phénoménal. En revanche, ne prenez pas ma phrase à l’envers, pour « réussir » un dialogue, il faut juste avoir le chiffre requis, il ne s’agit pas de tenter sa chance. Énorme emphase sur ce pan de gameplay et petit émerveillement sur la diversité des situations que cela peut apporter.

Héwi car dans Skyrim je m’étais coltiné un Argonien-Voleur-Légolas, autant accueillir ici des armes à feu est un intense soulagement… qui ne paye pas du tout au début. M’étant fait un perso de  petit malin faiblard, le début de mon aventure consistait surtout à me faire dévorer par des trucs faisant le dixième de ma taille et à recharger bis repetita une sauvegarde datant d’une demi-heure. Frustrant. Ce début de jeu, cette « learning curve » où le système de lock automatisé est quasi-indispensable est pénible et frustrant, il faut donc la surmonter… ce qui donnera à terme un personnage au gameplay bien défini : bourrin, beau-parleur, sournois, on nous donne l’occasion d’adopter toutes les palettes d’attitudes, pas toujours avec des conséquences. Tel évènement peut se faire d’une montagne de façon. Deux exemples : vous aidez des goules de Cheminades-likes à aller rejoindre la lune pour y rejoindre le grand tout. Après une chaîne de quêtes très laborieuse, vous vous apprêtez à appuyer sur le bouton de lancement… et à droit, il y a cette console que vous pouvez  trifouiller pour faire complètement rater le lancement. De la même manière, vous pouvez faire rencontrer deux amoureux éperdus… en omettant volontairement de dire que la nana va se prendre une ogive en chemin. Ce genre de chose. Tout à l’heure, je parlais des moyens, vous pouvez juste le faire avec le sourire ou avec un doigt d’honneur. Ca ne s’applique pas à l’extrême façon Alpha Protocol (supposément, hein) mais tout ça est lié à un système de faction un poil injuste qui fait qu’on se fait dépecer par la légion à chaque tournant de pampa. Gênant.

Après, ce gameplay est connu, obéit aux lois du FPS mais s’inscrit réellement dans cette démarche de jeu de rôle, là où Bioshock fait semblant. Ce gameplay, il faut le comprendre, l’adopter, l’apprivoiser… j’étais dans le même panier que mon personnage puisqu’il m’a fallu tout comprendre sur le tas – ce n’est qu’après avoir fini le jeu que je me suis rendu compte que toutes les informations nécessaires étaient dans le menu. Super… il y a aussi ce fameux mode hardcore qui demande de Boire, Manger, Dormir régulièrement, plus une tripotées d’autres contraintes réalistes. Tant qu’à être RP jusqu’au bout… mais cette sensation de non-pédagogie totale est un peu fatiguante. Allez quoi, il doit y avoir un compromis entre exposer un gameplay et lâcher le joueur face à son destin! Même si ça doit prendre la moitié du scénario!

Justement, la structure du jeu est assez rigolote. Le « fantasme New Vegas » agit bien et la montée vers le Nord est comme une montée de tension, un acheminement vers le combat final… le temps de découvrir des villes, y faire des trucs, rencontrer des gens – on se rends compte qu’on exploite uniquement la façade est du terrain, enfin on arrive en ville, en Banlieue et… poum! Fin du disque un, ce n’est pas fini. Ça, c’est assez malin. L’Arlésienne du jeu n’en est pas l’aboutissement, mais sa porte. Pas mal! Même si New Vegas se résume à deux places et trois casinos, on peut y faire un nombre assez ahurissants de trucs – dont fabriquer un robot-pute et LE TESTER – avant de définitivement s’engager dans une « faction » ou une allégeance qui donnera un point de vue à la bataille finale. Et là, c’est comme Sonic Heroes : il faudra le refaire trois fois, pénible. En plus, l’immense majorité des PNJ sont mortels et beaucoup de quêtes peuvent être bêtement perdues, ratées… ou tout simplement peu claires : les zones d’ombres sur les objectifs à faire ou les connivences entre plusieurs quêtes sont assez nombreuses et regrettables.

This ain’t a sceeeeene, it’s a god-damn raaaace!

Au delà de ça, New Vegas n’est qu’un checkpoint avant le retour au désert et ses milles trucs à découvrir. Petit florilège : un abri abandonné dont l’histoire fait froid dans le dos, une communauté ermite explosant à vue le moindre « barbare », une ville de mutants enclavée dans la montagne, un casino où on pratique le cannibalisme, autant d’histoires, de gens, de trucs à découvrir et qui permettent une forte interaction. Moins long que Skyrim : moitié moins de terrain (ce qui reste franchement très honorable) et une vingtaine d’heures en moins pour les complétionnistes. Ca n’empêche pas New Vegas d’être tout aussi vivant : une fois, un gonze est venu m’aborder au sujet des fameuses « capsules étoilées », ces pièces spéciales qui menaient tout droit à un trésor inconnu. J’aurais pu avoir le réflexe de le suivre, puis de le zigouiller pour lui piquer les siennes et m’éviter un très laborieux travail de recherche. Je n’y ai juste pas pensé, et ce n’était pas mon truc de m’attaquer aux civils… de toute manière, voler ouvertement le moindre chewing-gum provoque la haine de ton prochain et c’est pas facile de raisonner quelqu’un qui vous lancer un mini-nuke à la figure, même avec 100 de Discours. N’allez pas non plus croire que le Mojave est sujet à la redondance : les cadres sont relativement variés, tout comme les quêtes et certains trucs un peu dingues – le trait « Wild Mojave » est conseillé par la maison, mais chuuut – tout ça est fait avec brio, passion, intelligence, un véritable univers extrêmement immersif et rempli de surprises. Il a ses phases frustrantres, ces bugs pénibles et ces passages trop sombres et insupportables mais bon sang, je comprends enfin pourquoi on me l’a conseillé et pourquoi on ne m’en disait pas grand chose. Procurez vous-le, il ne coute plus rien, c’est une tuerie. Est-ce que je le préfère à Skyrim? Peut être pas mais on joue dans la cour des grands. Tu joues dans la cour des grands, maintnaaaaaant.

[DISCOURS 85] Maintenant Internet, sois sympa, va me chercher un Maxi Best Off Wrap au poulet, s’il te plaît. Comment ça, tu n’es pas d’accord? [MEDECINE 20] Mais va donc te faire empaler par le fondement!

… et oui, la double coïncidence est troublante.

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Mario Maso 4×09

Erm.

C’est pas aujourd’hui que je vais briller. Si vous vous souvenez de « grosse fatigue » il y a trois ans, ou du bon gros épisode « pétage de câble » de l’an dernier, voilà l’habituel mouture un peu inutile. Comme je vous le conseille de le faire en intro, lancez le bazar et faites autre chose, la vidéo est un peu là pour la forme.

Des dauphins et un scrolling, j’vous jure…

Bref, toujours avec Alvin, ses références pro ont changé entre temps. Derp derp derp… et matez les vidéos de The Vinz Vincent, emphase sur la saga « Polux Polis ». C’est complètent indescriptible et là il vient de sortir une vidéo de trente minutes, ça à l’air plein de promesses. Bref.


Mario Maso 4×09 « Hashtag le podcast » par Benji3ieme

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Tout le monde sait ça

 Aujourd’hui… je n’ai pas d’idée. Hashtag pas d’idée. C’est dramatique comme sensation. Je vais devoir faire péter un « post réserviste » qui n’aurait pris qu’une moitié d’un post normal. C’est bien triste. Je me suis d’abord dit que j’allais faire un truc potentiellement rigolo avec les candidats à la présidentielle mais une fois fini, ce n’était pas rigolo du tout. En plus, j’ai du attendre une journée pour ne pas poster le prochain Mario Maso en plein Dimanche d’élections. Journée déprime les enfants.

HEUREUSEMENT, ces quatre avatars 360 sont super contents! Moi aussi, du coup. Alors, quoi d’hystérique à la télévision ce soir?

Je me suis fendu, il y a un peu moins d’un an, d’une apologie de You Don’t Know Jack – un excellent party game qui, avant tout, se basait sur sa qualité d’écriture. Je ne répéterais pas mon petit préambule sur le genre mais voilà un jeu français qu’il peut être sympa de posséder dans un contexte… festif, voilà. Scene It est un jeu qui anime les soirées entre deux bières et qui a l’avantage de casser moins d’amitiés que Mario Party. Le seul souci – et il n’est pas des moindres – c’est que le trouver n’est pas l’évidence même! Il ne coûte plus grand chose mais farfouiller les habituelles crèmeries de reventes sera un petit défi préliminaire : le jeu n’a d’intérêt qu’avec ses buzzers fournis – avec les piles, oui madame. Cela donne un petit cachet jeu télé au truc et cela permet de toujours pouvoir payer la retraite de vos parents en économisant une centaine d’euros en manettes. Pack intégral obligatoire mais celui là ne dépasse jamais la vingtaine d’euros… et l’ensemble date de fin 2008!

… ce qui n’est pas si terrible, d’une part parce que cela reste un jeu (très relativement) intemporel et, d’autre part, parce qu’il revient de loin. Il n’est pas impossible que ce nom évoque pour vous un jeu de société sorti au début des années 2000… et c’est tout à fait vrai. Fourni avec un DVD, Scene It pouvait se targuer d’être l’un des premier jeux de plateaux se jouant en corrélation avec un écran – pourquoi? C’est un jeu basé sur la cinéphilie… cela permettait donc d’incorporer des extraits de films dans le gameplay, mais aussi d’afficher les questions sur la télé. Facteur aléatoire + technologique + extraits classieux, le combo gagnant qui a donné une multitude de variantes, pas toujours disponibles en France : Scene It Simpsons, Twilight, etc. Fédérateur et fun.

Le concept se prêtait bien à une adaptation en jeu vidéo et ça n’a pas loupé : Scene It : Box Office (soyons précis, que diable) est en fait le maillon d’une série de deux ou trois opus utilisant les mêmes manettes colorées, mais il semblerait que seul celui-là soit traduit et adapté dans l’hexagone. Pourquoi prendre la peine de le signaler? Le renouvellement des questions peut être un problème… le jeu de société proposait deux alternatives : soit un mode « aléatoire » où chacun pouvait prendre le risque de tomber sur des redites, soit des parties « pré-programmées » contenant, par définition, les mêmes questions dans le même ordre. C’est à double tranchant puisque c’est la porte ouverte aux petits malins qui pourraient faire semblant de ne pas connaître le contenu d’une partie gagnée d’avance, vilénie. Là, pas question de ceci mais un (unique, bouh) DLC peut permettre de pimenter les parties… sous peine de tourner en rond encore plus vite puisqu’on ne peut pas « mélanger » l’extension et le jeu principal. Bref.

La question est : comment mélanger jeu de société et trivia? Rien de plus simple, Scene It se base sur un modèle connu depuis la PS2 et ses ineffables séries de jeu à buzzers : c’est plus un outil qu’un véritable jeu, dans le sens où la notion de gameplay n’a rien à n’a faire ici. Que du texte, des choix à faire, des points à gagner et des gens à dégouter grâce à votre culture blindée du cinéma. Un joueur, deux, trois, quatre, le plaisir est proportionnel aux nombres de participants, un peu comme tout : les parties de Twister, le squash, etc. Inutile de vous baragouiner les règles du jeu pendant des heures : on buzze et on choisit une réponse où on passe à la deuxième étape directement, on gagne plus selon sa rapidité et on peut enclencher un mode diabolique où les mauvaises réponses sont négatives… ce qui empêche pas mal de choses, dont, par exemple, le fait de buzzer dès que possible pour prendre cinq secondes de réflexions face aux quatre réponses proposées. Fourberie, encore, toujours.

STEVE MARTIN

Les parties sont, il faut le dire, un poil plus formatées : le jeu aurait pu prendre le choix de recopier le plateau et de simuler des cases, des pions et tutti quantti mais l’ensemble est toujours divisé en trois étapes plus une manche finale, une sorte de super banco parce que oui, le monde est injuste. Partie courte, partie longue, ce critère détermine le nombre de mini-jeux par étapes. Dans chacune de celles ci, un extrait de film… c’est évidemment la grande constante entre les deux supports. Étrangement, on différencie les extraits « RIGOLOS » (en capitales, pour l’hystérie) et les sérieux qui tombent souvent en dernière manche, justement… ces extraits, de longueur variable mais jamais exagérative, brassent un panel de films de toutes nationalités : il n’est pas du tout impossible de voir un Fabrice Lucchini gesticuler partout et ça, c’est un gage de qualité indéniable. Un extrait : des questions. Périphériques, sur des petits détails ou du méta complètement inconnu de tous : un extrait déjà vu ne signifie pas du tout une même série de questions, bien au contraire, mais cela donne une dimension arbitraire assez délicieuse à ce type d’épreuve. Ca rompt un peu avec le rythme du reste mais c’est LE passage obligé, ce moment unique où tout le monde fait attention à la moindre plante verte dans l’espoir de glaner des points. Mince, c’est un peu comme passer des concours en fait… mais là, je joue à domicile et je suis invaincu. Ahah! 😀

Deuxième effet kisscool : avoir découvert pas mal de choses via ce medium. Curieusement, je suis probablement loin d’être tombé sur tout les extraits disponibles et je dois avouer que le nom de Steve Martin me disait à peine quelque chose avant de tomber sur tout ça ; Depuis, j’ai maté « L’Homme au deux cerveaux » et je me suis fait dessus de rire devant ce truc qui fait très Austin Powers avant l’heure… et ça marche avec de nombreux exemples. De la même manière, les époques sont extrêmement variées, allant du film contextuellement très frais (2008 quoi) aux vieilleries comiques et inconnues des années 30 ou 40. Je ne sais plus, c’était bien avant l’ère des films intéressants avec des explosions, tout ça.

Tout va bien, le jeu n’est pas uniquement basé sur notre capacité d’attention, il y a aussi une légion de mini-jeux fonctionnant sous le même modèle : un emballement un peu crétin, des musiques génériques mais rigolotes et vous aurez des épreuves relativement variées – reconnaître un film selon un screenshot, avec ses intervenants supprimés de l’image, avec un extrait sonore, des questions de trivia… tout ça est direct, fédérateur, respirer est un acte à peine plus simple que la compréhension nécessaire pour jouer à tout ça pour peu qu’on exclut le système d’avatar et de choix de compte par joueur qui reste un chouïa laborieux (c’est l’un des tout premiers jeux après la refonte de l’interface 360 qui a injecté ces avatars.) Papy, Mamie, le chien et le foetus pourront tous jouer à ça quand tout le monde aura bien mangé le gigot dominical. Bien évidemment, c’est bien plus drôle entre copains et il n’y a rien de plus jouissif que de débloquer des succès après un certain nombre de bonnes réponses dans tels ou tels critères. Le contenu et le méta sont là.

Après, on peut noter la présence d’épreuves – on va dire un poil plus « excitantes » – qui s’inscrivent plus ou moins dans styles qui peuvent nous plaire, nous les gros geeks. Je retiens tout particulièrement les « Pixels » qui essayent de nous faire trouver un film à partir d’une animation 8-Bits, ou les Dessins d’Enfants qui demandent de deviner un titre… à partir d’un dessin simplifié, duh. Ca donne un cachet original et réellement « exclusif » à la console mais ce sont les épreuves qui deviennent le plus redondantes car un tel travail d’animation n’a pas pu permettre une centaines de variantes différentes, hé non.

Il n’est pas exempt de reproches : sa voix off est française mais elle excelle dans l’art de la non-vanne ; C’est rapidement pénible. On pourrait dire que l’intégralité du gameplay est très sage et ne permet pas de coup de pute particulier, les règles sont simplissimes et l’interaction avec autrui est limitée, voire nulle : on pourrait jouer à quatre chacun dans un cabinet fermé, ça ne changerait rien à l’affaire. On veut du putassier! Façon Wario Ware! Des jeux à boire!

Ce n’est évidemment pas un jeu dont une utilisation intensive serait judicieuse, au même titre qu’y jouer seul n’est pas très malin. Il se picore, on est loin de la mentalité d’un univers persistant, c’est rien de le dire. Il existe pourtant un mode online permettant de faire des parties avec John Doe mais le jeu est déserté depuis les temps immémoriaux, il faut donc se mettre d’accord avec un autre possesseur du soft. Le DLC se joue en multi mais toujours de manière indépendante. Pour ce prix là, les questions ne retombent pas encore et quand bien même on revoit certains extraits, on est toujours certains de pouvoir en découvrir de nouveaux, comme je découvre toujours certains aspects du jeu de société qui anime mes soirées depuis une demi-douzaine d’années. Ce parti game est tout con, pas spécialement ambitieux ou d’une esthétique ahurissante mais il fait parfaitement son boulot de cale entre deux activités – et ça, c’est déjà lui porter préjudice, car Box Office fait les choses avec brio et talent – on lui pardonnera deux trois petites imprécisions et fautes de traduction dans les réponses, tout de même. C’est promis, c’est source de bons moments et avec un peu de chance, vous vous taperez le même fou rire quand vous verrez succinctement deux de vos amis danser le disco avant le lancement d’une épreuve.

Ben oui, c’est déjà fini.

 Mon dieu, Dimanche il faut aller voter, je ne voudrais pas vous influencer mais n’oubliez pas le seul candidat sérieux du lot, parce que OUI VRAIMENT, ça ne vous coûte rien. Rep a sa, bo loulou.

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Critique 3000

Vous connaissez le Sonic Cycle? C’est vieux, usé, c’est old, j’ai bien mieux en magasin, j’ai nommé le shortcom cycle! Une constante cependant : le cycle est de durée proportionnelle à la durée d’un épisode. On peut éventuellement stipuler que Bref ne va pas dépasser les grandes vacances.

Un peu de remise en contexte : ici sur notre bon vieux réseau télévisuel français, le Grand Journal est une émission quotidienne qui fait beaucoup parler d’elle depuis huit ans – malgré notre désamour pour cette émission, on se sent parfois obligés de nous faire du mal car – malheureusement – c’est un peu ce qu’il y a de plus qualitatif à cette heure et… disons, réfléchi et bien emballé. On ne peut juste pas s’empêcher de voir le salaire un peu dingue des intervenants qui manquent de pertinence, du présentateur qui s’accroche à son fauteuil, du S.A.V. qui n’est plus drôle depuis X années, und so weiter – on regarde quand même et de toute manière, Tania Bruna Rosso n’est plus là pour agresser les sens des plus otakes d’entre nous. Le truc, c’est qu’à chaque rentrée, le Grand Journal essaye de caser une « shortcom », format court – d’où le nom, c’est une superposition anglishe – pour « pastiller » un peu son contenu. Il y a sept ans, c’était « La Minute Blonde », l’année dernière, c’était « La Vie Secrète des Jeunes »… et ce n’était pas le nom de Riad Sattouf qui empêchait ça d’être fantastiquement naze! Heureusement que ça n’a duré que deux ou trois semaines parce que chaque épisode me donnait envie de me lancer dans un jeu de rôle : façon shériff et brigands, avec moi du bon coté du six-coups. Miracle cependant puisque le créneau occupé par cette saison est donc représenté par « Bref », micro-série de fiction – lancée par quelques esprits malins qui ont su se faire accorder confiance par la chaîne. Ça reste une évènement médiatique très Français et je doute fortement que ça vous dise quelque chose si, par exemple, vous vivez aux USA ou Quebec…

Le fait est que ça génère, depuis Octobre dernier, un enthousiasme un poil imprévu : succès critique et chiffres à l’appui, la presse culturelle s’incline devant K. Kojandi – l’acteur principal – et le réal, B. Mushio, enfin, plus précisément, les deux rôles sont bicéphales… et l’ensemble devient mémétique dans le sens où les parodies, souvent nazes, pullulent sur Youtube et consorts. La vaste majorité des épisodes sont disponibles sur le site officiel… car un Dvd sans réel bonus est disponible. D’ailleurs, on sent nettement que l’émission qui englobe la shortcom se repose dessus puisqu’à chaque fois qu’un épisode est sur le point d’être diffusé, Denisot se fait un plaisir de ne pas dire à quelle heure ; Qu’on puisse regarder le talk-show « en attendant », malin! J’aimerais être plus sympa avec cette série, on voit qu’elle est issue de nouveaux talents mais je ne sais pas, je crois que tout le monde s’est extasié pour pas grand chose, comme si un fabuleux nivellement par le bas nous travaillait depuis des années et paf! Le moindre truc bien poppant sur l’antenne nous semble jubilatoire. « Bref », c’est bien, mais, comme son nom l’indique, c’est très succin et c’est proportionnel à ce qu’il faudra à la série pour traverser tout le mignon schéma des Inrocks – mais si, vous savez « Hype, retour de bâtons », etc… ben là ça se casse la gueule et ça se voit – plus personne n’en parle. C’est pratique même, on voit à peu près où ça commence à déconner : les quarante premiers épisodes constituent une saison tournée en roue libre, la deuxième est commandée par la chaîne et est actuellement diffusée à la pipette pour tenir jusqu’en fin d’année télévisuelle, fin juin donc. (Enfin, fin d’année, pour le nombre d’émissions où ils sont tous en vacances ou en déplacement)

Bref, grandeur et décadence de Bref.

MAIS KESSADIRE? Tout ça fonctionne sur le même principe que les fameuses « Deux minutes du peuple » de Pérusse qui ont bercé nos réveils il y a déjà plus de dix ans de cela – un format ultra speed, lapidaire, pas une seconde de pause pour un maximum de dialogues… ou plutôt de monologue, car le personnage au nom inconnu – un peu le surmoi de Kyan Khojandi – est un adepte de la logorrhée introspective façon John Dorian. Ce mec c’est toi, c’est moi, c’est n’importe qui version trentenaire parisien un peu paumé. A chaque épisode, « Je » se retrouve dans une situation donnée et ironise le plus possible à vitesse flash, comme si on regardait un condensé de Sayonara Zetsubou Sensei. Rien de bien folichon, que des situations qu’on a tous vécu/sommes voués à vivre/etc : Avoir un plan fesses, aller au supermarché, faire un dépistage, terrains connus. Vous me direz : « Mais mon ami Concombre, qu’est-ce que ça change des aventures de Pic et Pik, d’Avez Vous Déjà Vu, de Faut-il? et autre innombrables machins qui fonctionnaient sur le même principe? » Et ben… pas grand chose? Disons qu’il y a un plus grand soin global, pleins de petits détails « qui font que ». D’abord, les auteurs semblent avoir leurs réseaux de petits groupes inconnus qui contribuent à une sono assez cool – parce que le collage son/image est parfois épatant et truffé de petites attentions, cf Ascenseur ou Dépistage (le petit moment de malaise face à l’aiguille, grand moment synesthésie) – d’autre part, c’est bien écrit ET drôle. Ces deux caractéristiques semblaient perdues à jamais dans ce contexte et je sais à quel point je fais vieux con précoce mais c’est un FAIT, rire devant une création originale française est un défi lancé à l’humanité.

Les quarante premiers épisodes suivent donc un train train de moments de bravoure entrecoupés de fillers corrects, des éléments narratifs sont dispersés là et là avec la grâce de l’éléphant – en l’occurrence, la rencontre avec une jolie nana et tout l’acheminement qu’il faudra pour aller en première base avec elle, ce qui fera justement un dernier épisode super feignant – mais ça reste globalement bon et sympa. Je parlais de petites attention, tout ça est parfois purement visuels : incrustations de petits effets, références cachées à tout va, don particulier pour insérer des messages subliminaux destinés aux gens qui « font des pauses »… autant de petits trucs qui ont du nécessité d’innombrables heures de travail, on peut pas le nier. Pis dire très sérieusement la phrase « Bonjour Madame je voudrais une cravate Dingo parce que je suis un vrai déglingo » sans se rater est une petit performance. On y trouve un joli casting de belles gueules, toutes très crédibles et convaincantes – on se reconnaît sans problème, l’objection « miroir » est accompli avec brio.

Le truc c’est qu’on repère déjà le souci avec ce type de série : elle vit trop avec son temps. Même problématique avec n’importe quelle fiction – comment va-t-elle tenir sur la longueur? Probablement très mal. Les débuts de 24 ou Desperate Housewives ont l’air un peu ridicules aujourd’hui, mais c’était il y a dix et sept ans… dans deux ans, ça ne ressemblera plus à rien, et c’est dommage mais on ne peut rien y faire. De toute manière, ça avait aux tout débuts un caractère tellement omniprésent dans les médias, je suis certain que les cours de récré – tendance-ô-mêtre par excellence hein rappelons-le – ressassaient les meilleurs passages en boucle. C’est comme n’importe quel Cyprien ou que sais-je : c’est pas écrit avec génie mais ça y met les formes, donc ça marche, et tutti quantti. On pourra reprocher à Bref une approche pas toujours super mature (la moitié des épisodes se résument à Bref, j’ai niqué untel, sérieusement quoi, c’est un peu nympho comme série, j’ai pas fait ce reproche à quoi que ce soit depuis au moins trois ans) et de ne pas varier ses thèmes… en effet, tout ça représente une façon de vivre et penser très paumée, urbaine, loser-way-of-life avec plein de néologismes en anglais. D’ailleurs, qui dit que « Je » est l’avatar des trentenaires? ‘Serait un peu dingue de penser que tout le monde veut se représenter dans un mec pareil – et je n’en fait pas une affaire personnelle, je suis aussi feignasse que lui – mais ce que je veux dire, c’est que la série n’est pas moins onanistique que n’importe quel autre truc qui marche bien : beaucoup de gens se reconnaîtront dans un pan de « Bref », mais pas mal d’autres seront largués. C’est une série qui transpire un peu le klout, le swag et les followers, vous voyez ce que je veux dire? Ce n’est pas comme si elle était précieuse mais juste un poil ciblée. 

… et ça se confirme de plus en plus avec cette deuxième saison. Puisque celle là est écrite après une première vague critique, elle est un poil plus dirigée pour plaire et, au mieux, pour évoluer… mais j’ai du mal à être enthousiaste sur le bouzin, surtout au vu des trois derniers épisodes qui ont été diffusés ; Parce que là non les amis, NON, quand Bref te fait du moralisateur, j’ai envie de déterrer mon six coup qui prenait la poussière. Déjà que l’épisode « Bref, je suis Vieille » hurlait un message plus qu’évident – et en pourtant bon adepte de guimauve, ça n’a pas du tout marché chez moi – mais alors LA. « Chanson préférée », « Mon Père veut être jeune » « Enfants blablas » nous sort trois fois de suite un malaise qui, justement, rendait le film « Jeux d’Enfants » ridicule (vous êtes bannis de ce blog si vous avez kiffé ce truc, même tarif pour LOL et Enter The Void) à savoir une énooooorme pelletée de guimauve moralisatrice. Stylisée. Le « spectre de l’enfance » qui se barre avec un bon gros bruit dramatique, non quoi, c’est pas possible, ça me rends cynique et je ne le suis pas tant que ça. Remarquez que ces trois mêmes épisodes sont plus longs, donc nettement moins rythmés, donc un poil plus tendus avant d’exploser dans la méga Morale 3000 qui explose à gros gouttes de malaise. Bon, ok, c’est un peu hystéro comme approche mais vous aurez peut être eu le même sentiment.

Là par exemple, on peut entendre la douce mélodie de « Two Girls One Cup ». Un gros bonus chocolaté quoi

C’est d’autant plus con puisque l’épisode précédent, « Années 90 », accuse d’un bon compromis : il se permet d’être plus long pour insérer une séquence bien drôle comme Bref sait les faire, tout le reste est drôle… mais cette thématique est tellement « faite pour plaire », on se croirait sur 9gag! C’est idiot car la majorité des épisodes sont, jusque là, à se tordre comme tout les autres… mais gaffe aux déviations, les amis. Il n’y a cette fois pas de trame narrative et même, horreur, des pistes oubliées. Le fait que son frère sorte soudainement avec un autre mec était une piste mignonne et intéressante, en plus d’être un bon twist, pas de nouvelles depuis (mais ça doit être une carte bien gardé, on va leur faire confiance) – et cette tendance à la référence est devenue une norme… le fameux « Ya des gens qui m’énervent » n’existe que pour caser le plus de guest possible, comme si c’était pour rayer le plus possible de gens de la liste « ceux qui veulent absolument faire un passage » ça, c’est de la pure interprétation évidemment, on ne pourra pas les reprocher de taper uniquement chez Canal (Fred et Jamy! Amour!) mais le fait est là : ça sent bizarre et cette deuxième moitié de saison va devoir faire ses preuves. Je ne sais vraiment pas si la série est populaire est discutée comme elle pouvait l’être trois mois auparavant. Et pourtant… il y a toujours de bons épisodes, qu’il soient de purs listings ou des tranches de vie : « Eric Dampierre » est un fabuleux exemple, conciliant écriture, rythme, petit détails et guest-starring – même si là encore, joli « syndrome Internet franc-maçonnique » avec Davy. En plus, elle ose des thèmes plus variés et les figures de style, mais attention à faire la différence entre évolution et le fameux « saut de requin. »  Gros warning, mais affectueux et tsundere. Oui, ce post est complètement trilingue. « Hé! On va faire une soirée Urophilie! »

Donc ouais, je fais un mini caca nerveux pour trois pauvres épisodes mais vous savez ce qu’on dit, au delà de deux, ce n’est plus vraiment une coïncidence. Alors trois d’affilée…

Bref, j’ai pas d’âme. Et A Votre Écoute Coute que Coute ne m’a jamais arraché de sourire non plus. Damn. J’ai plus qu’à allumer la télé pour mater Zemour & Naulleau.

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