Le complexe du scaphandrier

Oh la la, idée de génie. Au lieu de me plaindre d’un truc pour la quinzième fois d’affilée, je vais clairement approfondir le sujet et faire un post plus ou moins détaillé. Bien évidemment, je ne prétends pas à l’exhaustivité mais cela fait un certain temps que je recueille des données, sait-on jamais, je vais peut être réveiller des vocations ou motiver des lycéens. Ouais, j’adore me mettre en position christique, c’est comme ça, la modestie fait partie des mes talents innés.

OYEZ OYEZ, PARLONS JOURNALISME.

Ce métier ingrat.

Je suis encore très loin d’y être et ça sentais le métier foireux depuis le collège. C’est terrible, parce que la profession est tsundere. Il va falloir en caguer des meubles pointus pour accéder à un métier à priori assez mal payé, instable, fantastiquement peu ouvert. Le problème est inhérent à n’importe quelle passion plus ou moins interdite : je kiffe ça et je le sais depuis longtemps. Inutile d’en faire une deuxième sexualité mais si il y a bien deux choses qu’un journaliste vous dira, ce serait 1) « Tu sais, en fait je suis timide » et 2) « J’ai toujours voulu faire ça ». A ce stade, impossible d’y arriver par hasard.

Ci dessus une racaille journaliste travaillant pour Arbres-en-fleurs Mag

Permettez moi de poser quelques limites. Pour moi, il n’y a pas de journaliste sans carte de presse, ce fantastique sésame qui s’obtient selon des conditions bien précises : exercer la profession depuis un minimum de mois ET, basiquement, en vivre. Il faut donc prouver que plus de la moitié des revenus viennent de vos publications et… montrer un casier judiciaire récent mais ça ne devrais pas poser de problèmes. A partir de là, faut savoir ce qu’est un journaliste – confondre avec un présentateur ou un chroniqueur serait une erreur facile mais je ne vais pas vous prendre pour des débiles. Non, j’aimerais poser une limite sur une idée qui est en fait à la source de ce post :

Le journalisme et les jeux vidéo sont ils compatibles? Heeeeurgh. Question fort touchy. Disons que pour rejoindre la secte, il faut d’abord s’y imprégner et s’y croire un minimum, quitte à faire péter le mot sur votre première carte pro. En revanche, je suis franchement persuadé que ces deux notions sont incompatibles – vous savez pourquoi? Je crois qu’on parle davantage d’un métier de rédaction. Il est évident que le jeu – médium culturel comme un autre, nous sommes bien d’accords – offre les mêmes opportunités : interviewer des gens, établir des relations, rédiger des pavasses et même fonder des périodiques pour ceux qui auraient passé un pacte faustien. Honnêtement, si j’ai un jour l’opportunité d’avoir un emploi régulier sur un magazine atteignant le niveau d’Edge en France, je n’aurais aucun scrupule à accepter. Mais…

… il faut peut être tuer dans l’œuf des vocations un peu… adolescentes. Raisonnement un poil manichéen que voilà mais représentatif de ce que je constate : il y a la haute, les investis, travailleurs… et les autres qui pensent faire carrière en pondant quelques textes sur des sites spécialisés. Ce que je veux dire, c’est que tous ne distinguent pas hobby et boulot. Ce site est un hobby. Faire un test serait Press Start Button serait aussi un hobby. Nolife? On tourne davantage vers le boulot : plannings serrés, fatigue du gamer, dégout du jeu au final, ce serait dommage, non? Demandez à un pro : il vous dira que ça atomise la passion. Enfin, une dernière idée un peu péteuse mais néanmoins personnelle : c’est pas super ambitieux.

Ca n’empêche pas le concept de journalisme et celui de loisirs d’être compatibles : le métier peut englober un certain nombre d’acceptions, de spécialités ; Actualité, Politique, Sports, Loisirs… les grandes écoles vous demanderont une globalité de connaissances un poil effrayante mais cela prouve que du moment que vous vous vous intéressez à un domaine précis, vous êtes de facto capables de bosser en amont dessus, sous peine de faire preuve d’ouverture sur d’autres domaines. Le journalisme culturel reste un truc peu nécessairement très peu ouvert : il faut généralement s’inscrire dans un mix entre Hunger Games et Tout le Monde Veut Prendre Sa Place et détrôner à l’usure le méga spécialiste de votre papier qui bosse seul depuis vingt ans. Au pire, on peut toujours faire comme dans Le Couperet et mettre du polonium dans le café de votre cible. Hmm?

Bon, c’est là que les problèmes commencent. Profession fermée? Inutile de vous faire un topo sur la diversité des médias aujourd’hui, de vous faire un speech sur le dématérialisé et sur le coté « échelon façon Sims » du bazar. Faire des études. Etre diplômé. Faire un stage, faire un bon boulot, intégrer une équipe. Mourir heureux et avoir la certitude de faire un métier fondamentalement intéressant. Parcours tous sauf calibré!

ET VOILA LE PROBLEME : le cercle d’initiés se réduit peut à peut et la demande réclame du jeune « opérationnel ». Ca veut dire quoi? Etre formé par une grande école. Ces dernières évitent le coté un poil trop théorique des filières Infocom, par exemple, notamment en imposant un stage entre la première et la deuxième année. En gros, les diplômés arrivent généralement vers leurs 23-24 ans et repartent deux ans plus tard, diplômés et parfaitement formés à leurs branches, réseau en plus.

De l’importance du réseau : Dites vous qu’il y trois modes d’interactions sociales dans ce contexte.             1) Copiner.  2) Se faire un réseau. 3) Faire des gâteries à gauche à droite. Sont compatibles : 1 et 2, 1 et 3 dans les cas extrêmes, 1, 2 et 3 pour les plus libertins, mais certainement pas 2 et 3. Pourquoi vouloir faire un métier de communication si on ne s’inscrit pas de base dans une démarche où on va vers l’autre? On veut s’orienter dans un métier où, de base, on rencontre des gens pour en tirer quelque chose… il est donc important de savoir aller vers autrui et, parfois, se vendre un peu. Argh. Il y a deux poids deux mesures, mais on peut montrer ses compétences sans pour autant s’agenouiller.

LE PROBLEME, EPISODE DEUX : Il y a donc une fabuleuse dichotomie entre les écoles « reconnues par la profession/l’état » et « les autres ». Il faut lire « les autres » de manière nonchalante, presque vacharde, imaginez une bulle qui coule dans une BD avec ces deux mots dedans. Non pas qu’elles offrent de mauvaises formations mais les « vraies », en oppositions, sont des portes ouvertes quasi-automatiques… c’est statistique! Ces mêmes écoles sont également de parfaits lieux de rencontres avec des journalistes connus et reconnus! Pensez réseaux!

C’est là que les emmerdent commencent. Supposé que vous en intégriez une, il faut y mettre le prix : le coût d’une formation peut atteindre les cinq chiffres. Deuxièmement, il y en a neuf, elles sont toutes très centralisées… et nous ne sommes pas tous Parisiens par définition. Enfin, et c’est limite le plus facile, il faut être de niveau Bac +3. Ce n’est qu’une malheureuse donnée : on y trouve autant de possesseurs de Masters que de scientifiques en Hypokhâgne – bien plus qu’on ne pourrait le penser, parfois la majorité! Être « formaté » n’est pas une donnée nécessaire non plus, être atypique et sérieux n’est pas interdit! … et enfin, il y a fantastiquement peu d’élus, énormément d’appelés – tout en sachant que la marge de manœuvre est interdite aux plus de 25 ans. En gros, cette année, coup de filet sur ceux nés avant mi 1986. Vous êtes dans mon cas et êtes nés mi-90? Vous avez encore trois rounds pour tenter votre chance. Okay, voilà donc les neufs voies possibles pour intégrer une grande école de journalisme.

Moi en épreuve de culture générale

Le Centre de Formation des Jouralistes (CFJ), école parisienne, inscriptions jusqu’en Mai, concours un mois plus tard. Sérieux à en mourir, cette formation nécessite une batterie fantastique d’examens. Comme dans toutes les écoles, il faut passer le cap de l’admissibilité puis celui de l’admission. C’est parfois l’écrit, puis l’oral, ce n’est en l’occurrence pas le cas. Les écrits : Maîtrise de la Langue Française, Rédaction d’un Synopsis d’Article, Actualité, Culture Générale, Créativité, Sujet d’Actualité. 6 épreuves.

Vous y êtes arrivés? Putain, respect… mais il faut encore passer par l’épreuve reine, la « journée marathon » – réaliser un reportage sur un sujet tiré au sort le matin même. Vous revenez à l’école le soir et rédigez ce qui fera votre destin. Ajoutez bien évidemment à cela un oral de motivation et d’anglais, hé, ce serait bien trop simple.

L’institut pratique du journalisme fait preuve des mêmes modalités. C’est peut être de là que vient son nom, c’est super pratique, non? Passer les concours en parallèle avec le CFJ et… l’Ecole Superieure de Journalisme de Lille (exemple numéro 1 en dehors de la Capitale) permet non seulement d’avoir des tarifs dégressifs mais aussi d’avoir un centre d’examens proche de chez soi. Les épreuves font partie du même paquet collectif. EN GROS, HEIN.

Pour le CELSEA, institut public, c’est un tout petit peu trop tard… les épreuves viennent de se dérouler, elles comprenaient : une synthèse d’articles, une épreuve de créativité, le fameux couple Culture Générale et Connaissance de l’Actualité (dont le niveau est un micro poil moins élevé qu’au CFJ) et une épreuve d’Anglais qui ne réclame pas vraiment un niveau minimal.

Science Po Paris a également ouvert un master pro. C’est également trop tard puisque les procédures se terminent fin Janvier, le concours se limite à une « bête » synthèse de dossier en quatre heures. Cette année, il était question de démographie et de propriété intellectuelle… mais pour faire partie de la trentaine d’élus, il faut aussi se souvenir que le dossier, probablement le truc le plus laborieux à monter de tout les temps, est épique : demi douzaines de textes à fournir, recommandations professionnelles, recommandations académiques, notes intégrales, mémoires et expérience pro à fournir, niveau d’anglais attesté B2 obligatoire : voilà voilà. Deuxième étape : passer l’oral qui, malgré son jeune âge, est déjà connu pour être nazi. Cela ne va pas dire que vous allez être évalué par J. Mengele mais bien que la proportion du coup de filet est égale : les deux se préparent de manière équivalente.

L’IFP clôture ses téléchargements de dossiers demain. Il vous sera peut être difficile de réunir toute la paperasse nécessaire mais cette école, toujours parisienne, est un mix amusant entre la trinité et Science Po : il vous faudra attester d’un mois de stage – éventuellement entre l’inscription et la rentrée – en plus d’un autoportrait et des notes fournies. Épreuves façon tri-concours.

Je connais si peu de choses sur les trois dernières, situées respectivement à Bordeaux, Marseille et Grenoble que je vais laisser cette fabuleuse synthèse de L’Etudiant faire le sale boulot. Han!

Au delà de ça, la préparation de ces concours reste un marathon formidablement exigent : si le niveau d’Anglais est normalement plus ou moins acquis à se stade, que la créativité est (et doit) être votre truc et que l’esprit de synthèse vous habite comme l’esprit des feuilles mortes habite Pocahontas, les épreuves d’Actualité et de Culture sont VOTRE PIRE ENNEMI. Il faut travailler cela en amont comme vous faites votre réseau pro : exploiter n’importe quelle faille, penser tentaculaire, that’s what she said. La méthode Puf est la meilleure : lire un quotidien chaque jour, le consigner, exploiter n’importe quelle piste, n’importe quel creux de connaissance. C’est épuisant, totalement incompatible avec toute autre forme d’étude ou activité professionnelle, je m’y met après ma première branlée sur le sujet mais suck it up, c’est juste nécessaire. La pluralité des sujets abordés dans ces questionnaires (et ce ne sont PAS des QCM, non mais) sont à l’image du niveau de précision qu’on va vous demander. Bref, il faut chercher partout, tout le temps, comprendre tout ce qu’on ne maîtrise pas, connaître ses chiffres, ses noms, ses faits, ses enjeux. Se transformer en champion de jeu télé… à vingt piges et quelques.

Mais au final, l’instinct de l’étudiant reprendra toujours le dessus.

Par exemple, je suis en plein processus, tout en pondant ceci (7-8 heures par semaine) et terminant ma Licence 3 (25 heures) et en exerçant mes petits débuts là et là pour quitter au mieux la catégorie hobby (5 autres heures) … il faut donc ajouter la préparation quotidienne (10 heures) Il n’y a pas de piège, c’est épuisant. Un peu impossible. Cela nécessitera probablement plusieurs tentatives, les Masters Adaptés, les prépas, en attendant, existent pour parfaire ses connaissances en attendant le prochain Round. Bon, ces Masters sont sélectifs aussi.

Et n’oubliez pas qu’une fois que vous aurez vaincu tous ces obstacles, vous serez traités comme du caca pour un salaire de misère. Se sortir de la pige sera un obstacle. Je peux vous assurer qu’en étant à peine sur le tout début du processus et l’enfer est palpable, sa durée palpable… mais belle valorisation à la clé.  Le tribut à payer pour faire un métier cool et se faire insulter par Mélenchon est là. Gloire aux vaincus, que la Force soit avec vous.

Maintenant, une question dans la catégorie « ego ».

Le 500è post approche à grands pas. … on fait quoi?

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23 Responses to Le complexe du scaphandrier

  1. Céline says:

    De tout ce que j’ai pu lire c’est le texte qui m’a le plus découragé.
    Moi qui trime depuis 3 ans pour me faire reconnaitre comme journaliste alors que je n’en vis pas parce qu’au niveau du JDJ c’est quasiment mission impossible malgré tout le travail fourni.
    Et qui n’arrive pas à retrouver du boulot ailleurs parce que je suis sortie d’un petit master pas reconnu.
    En plus de voir que l’une des seules personnes susceptible de me soutenir est déjà complètement désabusée avant même de commencer.
    Je n’ai plus qu’à me pendre je crois lol

    • YllwNgg says:

      Nan mais Céline, au contraire, poursuit le JDJ. Tu sais que tu peux compter sur quelques rédacteurs très volontaires qui te pousseront au cul de toute manière si tu avais le malheur de baisser les bras. La route est longue, la pente est rude, tout ça. Mais le niveau qualitatif du site est indéniable et reconnu dans le milieu, et faudrait vraiment être un troll du 15-18 pour dire le contraire.
      Pour une reconnaissance du site comme site d’information et tout, je t’incite à contacter le Syndicat National du Journalisme qui commence à être au point niveau journalisme web. Ils pourront vraiment t’orienter vers ce qui est faisable ou non.

  2. Petrif' says:

    « Le 500è post approche à grands pas. … on fait quoi? »
    La même chose que tous les soirs, Minus, conquérir le monde !!!

    (Non mais sinon, bon courage quand même, j’espère que tu vas rapidement pouvoir cotiser pour payer ma retraire salaud de jeune)

  3. jonas says:

    Purée que c’est démotivant ton truc. T’es actuellement en fin de licence de quoi ?
    Parce que dans ma promo y a pas mal de gens qui voient le journalisme comme un eldorado qui leur apportera débouchés professionnels, gloire et richesse. Faut dire qu’à la base je suis en fac de japonais et qu’en dehors du journalisme, les seuls débouchés sont l’enseignement ou la traduction…

  4. YllwNgg says:

    Tu dresses un portrait un peu sombre sur le comment du schmilblik qu’on fait pour deviendre journaleux. Seuls 20% des détenteurs du précieux sésame accordant abattement fiscal et gratuité de bon nombre d’espaces culturels sortent effectivement des 9 putain d’écoles reconnues par les professionnels de la profession. Après, c’est complètement vrai, quand tu y rentres, tu entres aussi en possession d’un bon noyau de réseau, de par tes profs, des intervenants, des nombreux stages, et aussi de tes camarades de classes amenés à devenir les Audrey Pulvar/Harry Mes Genoux de demain.

    Tu as plein de moyens de devenir journaliste reconnu par les professionnels de la profession. Des sacs à foutre comme Morandini ou Courbet en sont bien titulaires, alors pourquoi pas toi ? Cependant, quand tu veux t’engager un minimum dans le journalimse, tu es quasiment obligé de signer pour en chier.

    Et puis pour la 500ème, j’propose que tu fasses venir Morsay et un illuminati reptilien, et tu animes le débat. Y’a moyen que t’attires du clic et que tu te fasses une bonne notoriété.

  5. Sedeto says:

    C’est marrant je… Trouve pas ça vraiment démotivant. ^^’
    Ça va être drôle de me voir dire ça mais « je trouve pas ça pessimiste, je trouve ça réaliste ». Et pas forcément triste. Les métiers qui sont des rêves d’enfants de ce genre subissent souvent cette réalité d’avoir des études éprouvantes et derrière, une vie pas stable côté boulot, et potentiellement injuste.
    (Je sais de quoi je parle pour la moitié A)
    Mais ces concours, ces études si difficiles, elles te testent et te forment, te poussent à tes capacités maximales, à ton efficacité maximale, et sans parler de l’espérance de trouver du travail derrière, se voir s’améliorer, se dépasser, sont aussi gratifiants. Le jeu, c’est juste de ne pas se laisser déborder, de ne pas laisser sa grille de tétris se remplir pour toujours voir notre objectif dans le fond.

    Après, c’est vrai qu’on fonctionne tous différemment. Pour moi, ma priorité n’est pas d’être « directeur artistique » – le haut statut du créatif -, mon but, c’est juste de pratiquer au maximum et au plus parfait ma large passion créative, dans les domaines qui seront à ma portée.
    Ce qui est un peu différent si ton but est d’avoir « La carte », en effet.

  6. Reguen says:

    Plein de petites remarques. Globalement, tu comptes suivre le chemin classique, ultra scolaire, du journaliste. Ce n’est pas comme ça qu’on réussit, à mon sens. Du tout.

    – La timidité revendiquée par les journalistes est un mirage. L’ego de la plupart de nos collègues est bel et bien fortement dimensionné, l’argument de la timidité est un moyen supplémentaire de se faire remarquer et admirer parce qu’on aurait su le dépasser (alors que je confesse moi-même l’être, timide). Certains journalistes réellement timides ne le disent simplement pas et font baisser le diamètre moyen des chevilles de la profession, par bonheur.

    – La carte de presse… Oui, c’est obligatoire mais on peut aussi bien faire son boulot sans l’avoir. J’ai cumulé près d’un an et demi d’expérience en stage, donc un an intensif. Pourtant, pas de carte à l’horizon. Et ce n’est pas en piges que ça se simplifie, surtout quand on doit signer son premier vrai contrat à moyen/long terme précarisant.

    – Les écoles de journalisme. Je reviens sur le chiffre de YllwNgg : la directrice de l’Ijba parlait en 2010 d’à peine 15% des journalistes en fonction. C’est minime. Par contre, ce sont ces 15% qui vont se faire mousser par leurs ex-profs, collègues et compères jeunes journalistes d’école parce que…

    – … c’est un putain métier microcosme. On pourrait même parfois parler d’inceste tant ces personnes sont proches et onanistiques. J’ai la chance de ne pas bosser directement avec des personnes de ce type mais j’en côtoie assez au quotidien pour m’en dégoûter. A côté des soirées de journalistes, l’Unrelated semble un moment pizza entre vrais potes.

    Il ne faut pas réfléchir en termes d’écoles et autres. Gros moment ego avec plein de « je » :

    J’estime ne pas trop avoir raté ma jeune carrière et pourtant j’échappe à ton schéma. Mon but : journaliste high tech. Je blogue sur l’informatique depuis 2005, quand je savais à peine ce qu’est le HTML. Sorti d’une licence infocom (pendant laquelle j’ai fait trois courts stages en presse et me suis bien amélioré en bidouille web), j’ai commencé par un job d’été dans un journal local.

    J’ai raté trois concours d’écoles de journalisme (seulement pris aux oraux puis liste d’attente de Grenoble, pas la plus prestigieuse) pour arriver dans un master hyper spécialisé « culture web » à Poitiers, où la PASSION est le réel moteur. J’ai été pris par un magazine en ligne spécialisé pour trois mois de stage en M1 (qu’on a renouvelé, me laissant une semaine de vacances), après un test de rédaction de news, où j’avais le profil le plus « équilibré » entre journaliste et geek.

    J’y ai passé des journées entières à seulement écrire et me rendre compte que la passion peut fonctionner comme plan de carrière, pour peu qu’on veuille bien en chier et qu’on puisse prouver que notre vision du métier ne se limite pas à un cursus. Ils m’ont gardé comme blogueur rémunéré et on discute très régulièrement du site. C’est prétentieux mais la chance existe peu. Il faut prouver qu’on a de la personnalité, ce que n’ont que peu de journalistes sortis d’école, à mon sens.
    Seconde année de M2 passionnante également puis second stage dans un pure player qui m’a beaucoup déçu. Juste après, pris en piges par le web d’un journal national et à côté par une agence de presse pour laquelle on m’a conseillé.

    Pourquoi ? Parce que je kiffe plusieurs médias spécialisés et la section tech du journal en question et que j’ai profité de mon mémoire de master pour les interroger et leur demander s’il y a possibilité de stage (avant d’atterrir au pure player). En gros, j’ai forcé l’entrée sans m’en rendre compte, juste par envie sincère.

    D’ailleurs, protip : si vous aimez vraiment le travail d’un magazine en ligne lié à un gros média (papier souvent), n’hésitez pas à contacter directement les journalistes. Étonnamment, très peu d’étudiants demandent une section en particulier mais disent « je veux faire un stage au Figaro, au Monde, à Libé et écrire sur tout ! ». C’est simplement contre-productif mais c’est ce qu’on leur apprend. Très peu de journalistes s’adressent directement à une section, alors que les possibilités sont là, si on sait prouver qu’on est motivé.

    Donc c’est effectivement tout sauf facile, mais il faut réellement vouloir ce métier pour ce qu’il est, pas pour dire « je vais trouver du boulot et en plus c’est classe ». C’est un métier qui paie très peu au début (voire pour certains toute la carrière), c’est difficile mais la satisfaction est énorme de pouvoir informer et avoir des retours de lecteurs – même négatifs – sur ces contenus. PASSION, quoi.

    Voilà voilà. Sinon, je vais (encore) renvoyer à un billet que j’ai écrit en 2010 sur les jeunes journaleux. Si vous n’aimez pas le profil que j’y décris, apprêtez-vous à haïr vos collègues. http://irregulier.net/521

    Et je sonne comme un vieux con. Damned.

    • YllwNgg says:

      La stat que j’ai sorti, c’est effectivement quand j’ai passé le concours de l’IJBA en 2008 – concours foiré, comme de bien entendu – de la même bouche de la même madame.

      Sinon, on a manifestement un parcours similaire, ce qui ne peut qu’être encourageant. C’est putain de vrai que la chance joue pas mal. Mais on peut la forcer, la chance. Les bollocks, ça intéresse aussi. Le travail que je fais m’intéresse vraiment beaucoup, même si c’est pas l’idée du type de journalisme que je voulais faire au départ (le fameux « journalisme culturel »). Il n’empêche que je pige aussi à côté pour des trucs comme de la BD mais chinois (ou un truc du genre) et que, mine de rien, ça permet aussi de creuser son trou et d’asseoir une réputation.

      Donc en chier, oui, beaucoup, certainement. Mais satisfaction proportionnelle aussi. C’est évident. C’est le premier taf pour lequel je suis content de me lever le matin. Et la satisfaction d’avoir mené une bonne interview, d’avoir des trucs à offrir aux lecteurs, c’est super trop bien aussi.

      Donc même si d’ici trois mois je sais pas si je serai capable de payer mon loyer, ça me ferait bien suer d’avoir à arrêter ce boulot. Persévère, mec.

      • Reguen says:

        Justement, je dis que la chance a peu à voir là-dedans. 🙂

        Après, il faut aussi des gens comme Concombre en école pour relever le niveau. Des gens qui semblent vraiment aimer le métier et pas juste le vernis. Ca m’aiderait à moins désespérer des futurs grands journalistes autoproclamés qui en sortent.

        • YllwNgg says:

          Quand je dis que la chance joue un peu quand même, je parle d’expérience. Si j’ai le poste que j’occupe actuellement, c’est parce qu’un pote a relayé une offre de stage que lui avait envoyé une pote, qui elle-même relayait l’offre de stage de la boîte où elle était en stage (le genre de truc qui donne le tournis). J’ai eu le stage quasiment immédiatement (urgence sur le poste, bla bla bla). Et comme ils étaient content de moi, bien que sortant d’un infocom très universitaire, ils m’ont rappelé quelques mois plus tard.

          Après, ouais, il faut des personnalités pas formatées « IEP » ou « Oui, je lis le Monde tous les jours, et même j’avais un poster de Florence Aubenas » dans les écoles de journalisme « officielles ». Mais si le conformisme y existe encore tant, c’est parce que les intervenants sont de vieux briscards qui voient, par exemple, le plurimédia ou l’INTERNET comme un truc bizarre et compliqué et tout qui ne vaut pas la peine du journalisme rond de cuir (fréquenter les salons, boire des coups, et chopper plein de off) du carnet d’adresse.

          COMCOMBRE ! OBTIENS UNE PLACE DANS UNE DES ÉCOLES, AU MOINS ! Ça leur fera les pieds.

  7. Amo says:

    Haha ne t’auto-convaincrait tu pas dans cet article du fait que pour devenir journaliste il *est nécessaire* de faire une école, comme pour mieux te rassurer sur ton projet pro, histoire de te dire que tu ne stresses pas à l’heure actuelle pour des prunes ?

    Parce qu’effectivement, comme certains de mes camarades plus haut et alors que je ne suis pas moi-même un *journaliste* en tant que tel, j’ai toujours eu l’écho dès mon plus jeune âge d’un métier dans lequel tu ne peux entrer que si tu as des relations ET une expérience d’écriture régulière. L’école étant *facultative* dans l’ensemble (et t’aide à trouver un travail à la sortie simplement parce que tu te fais connaître des gens via les stages & co.)T’es blogueur, je suis blogueur, ça fait presque cinq ans pour tous les deux, ça commence à être déjà une bonne expérience et on peut déjà montrer aux gens qui portent des projets qu’on a la passion, la motivation, qu’on sait écrire français (plus ou moins bien) et qu’on peut leur être utile, qu’on mérite la place dans leur rédaction.

    C’est tout con mais j’aurais pu *techniquement* réaliser mon stage à Nolife, j’aurais déjà pas mal avancé…

    … ce qui d’ailleurs tient à me faire dire que journaliste c’est, du coup, surtout un métier *PARISIEN*. Mais ça ça coule de source.

    Sinon on peut faire notre magazine multi-culturel tous les deux. On va l’appeler « Bromance Mag » et la première couv sera dédiée à Alberto Del Rio. ALLEZ VIENS.

    • Amo says:

      Et pour le paragraphe jeu vidéo, c’est exactement ce qui est dit un peu en boucle chez les tauliers (huhu) mais c’est le cas de tous les journalismes culturels, non ? Moi perso je veux bosser pour un média de JV et je le fais en totale connaissance de cause. Je sais qu’au bout de deux mois je verrais plus une manette en peinture et que je verrais un peu la passion s’éreinter. Mais de l’autre côté j’estime que c’est un métier comme un autre et qu’un métier est pas forcément censé être *fun* d’une et de deux putain je sais écrire sur le jeu vidéo, je sais jouer aux jeux vidéo, je connais pas mal de choses sur le jeu vidéo, je comprends le fonctionnement de l’industrie du jeu vidéo alors pourquoi je deviendrais pas journaliste de jeu vidéo, quoi.

      • @Alvin_Stick says:

        Pour le journalisme jeu vidéo, ce n’est pas tant un problème de compétence, on ne manque pas de types follement compétents écrivant terriblement bien, que de postes à pourvoir. Or, la presse JV française est, je le dis sans chercher à faire pleurer dans les chaumières, dans sa pire passe depuis sa naissance et aucun signe d’amélioration ne pointe. Yellow Media s’est crashé larguant une bonne cinquantaine de pigistes à Pôle Emploi, ceux qui restent dans ses cendres, M.E.R.7, sont en énorme sursis. Côté web, tout le monde en chie pour être rentable (je ne parle même pas d’être bénéficiaire) sans vraiment l’être, à l’exception de JVcom. C’est pas jojo côté presse spé donc. En télé, ça reste très fermé : Nolife n’est pas vraiment un plan de carrière envisageable pour fonder un foyer, GameOne reste une équipe microscopique de MTV et les émissions de jeux sont le JDJV de Canal (deux mecs et deux stagiaires en gros) et Star Player (à peu près de chose près pareil). Le service public continue à préférer faire 3% d’audience en deuxième partie avec des magazines d’actualité (Avant Premières sur la 2, 1 semaine d’enfer, accident industriel onéreux de France 4 qui est pourtant la chaine jeune qui s’y prêterait le mieux) au motif que le jeu vidéo n’est pas télévisuel (le format reste à inventer sur le mode talk/magazine) et surement parce que le JV reste une machine à faire des enfants violents.
        La presse généraliste enfin commence à prendre conscience qu’on ne peut plus faire traiter le jeu vidéo entre le fromage et le dessert par n’importe quel journaliste culturel passant par là (du critique ciné au journaliste automobile, je te jure), lefigaro.fr a par exemple embauché des spécialistes ne bossant pas à plein temps sur le sujet cependant pour traiter ça proprement. Des piges se libèrent donc très très ponctuellement mais là non plus, il n’y aura pas de place pour tout le monde.
        Aussi, je fais tout mon mieux pour prévenir à quel point vouloir sérieusement envisager le journalisme jeu vidéo comme un plan carrière est une connerie. Outre le fait que ça bouffe la passion (on prend moins de plaisir à jouer), les places sont rares et la rémunération n’est pas viable pour vivre décemment à Paris (où justement ça se passe). BWEF, vraiment, c’est triste à dire, le journalisme JV est une ambition que je déconseille formellement à condition de ne pas être rentier à côté :3

        • Amo says:

          Ca doit être pour ça que mes priorités actuelles c’est trouver un vrai job dans la fonction publique et de voir comment la situation va se décanter pour moi, et si des possibilités vont s’ouvrir. En attendant, je fais du bénévolat pour des sites et je blogue comme un goret pour me faire connaître.

          Mais oui le couplet sur le fait que ça soit un métier de merde, c’est toujours bon à rappeler mais là aussi j’en ai CONSCIENCE. Depuis SEPT ANS. C’est pour ça qu’a la base j’ai fait des études de droit y’a quatre ans et quitté mon envie de devenir journaliste pour viser autre chose. Pendant sept ans j’ai réfléchi sur ce métier. Toujours en sachant à quoi j’allais avoir affaire. Mais comme j’ai dit plus haut ce n’est pas ma priorité. Mais si je trouve l’opportunité ou si on me l’offre (lol²) je la prendrais, évidemment.

          (enfin je dis ça comme si j’étais visé par ce post parce qu’il me répond mais j’imagine que c’était aussi un cri du coeur plus général.)

  8. Dans l’ordre!
    Céline est présentement morte pendue ptdr. Dommage, j’allais lui pondre un fabuleux articule sur Yuyutopia qui allait lui fournir plein de visites, de drogue, de gigolos et d’alcool, dommage! 🙁
    En tout cas, je suis prêt à aider pour continuer à faire du JdJ un site qualitatif.

    jonas > Lettres Modernes. Le diplôme est loin d’être évident et nous sommes tous un peu paumés, c’est un peu en mode « sauf qui peut pour la suite »… j’avais bien tenté la L3 infocom de ma fac mais je me suis fait refoulé parce que je « manquais d’acquis » (?)

    yllwngg > Ouais bon j’aimerais être un peu plus que Morandini hein :DDDD le fait est que je suis encore archi peu au courant des formations « non classiques » – et qui je suis relativement fait pour ce type d’études. Le fait est que si je retourne pas en grande école on me déshérite et je vais finir figurant dans une shortcom Canal

    sedeto > pas impossible que j’idéalise la prof. mais c’est effectivement plus qu’un fantasme et je tiens particulièrement à la légitimité du mot et du statut, d’où le sesame. Après, pour temporiser, ce post est écrit sous le coup du premier concours raté (je sais que j’ai davantage mes chances à Sciences Po et c’est nettement inquiétant comme pensée) – dis toi juste qu’il est fantastiquement frustrant de se savoir pertinemment capable et d’être partant pour le mode hard de la vie active. Tiens, c’est peut être pour ça que j’ai une si grosse dent contre la branche informatique, à la réflexion

    reguen > non mais ne prends donc pas de recul comme ça, ton expérience est le but précis de ce post. Il faut bien te dire que je suis un poil plus jeune, un poil plus naïf, inexpérimenté et paniqué – je te regarde poster dans le journal sus-cité avec pas mal d’étoiles dans les yeux mais pour tout te dire, je pense fondamentalement fait pour les écoles. C’est con à dire mais plus c’est carré, mieux c’est, quitte à en chier (et avec la HK j’ai une vague idée de ce que ça veut dire, je suis prêt à m’y remettre avec une attitude plus volontaire) le fait est que je suis effectivement très peu informé sur les autres écoles. Je me formalise, ok, mais à ce stade je me sens complètement à poil pour entre dans une école « sans garantie ». En attendant, j’ai toujours des masters que je ne suis pas sûr de pouvoir intégrer (encore une fois, tout le monde était assez étonné que je passe pas le seuil de la L3 infocom mais that’s the name of the game)
    L’aspect microcosme, rien d’étonnant, on l’a déjà tous constaté (c’est une attitude qui se constate partout, même dans les trucs qu’on aime nous, ha!) a ce stade, tout est juste très incertain et c’est flippant. Je note ton conseil : proposer et cibler… et je ne me sens pas concerné par ton post, ce qui signifie que je suis soit dans la bonne voie, sois très peu enclin à l’introspection. Par contre, dans mes lettres de motivation, j’ai souvent le même mantra : « relever le niveau » … avec du recul je doute que ce soit judicieux

    amo > je pense que tu surestimes un peu mes capacités dans le domaine et au stade du master, intégrer des connaissances théoriques sans passer par les écoles semble… compromis. SEMBLE quoi. Je peux pas me reposer non plus sur cette simple page, je la met sur mes CV avec une honte de tout les diables (j’imagine les futures levers de sourcils)
    L’avis des tauliers ne me donne pas super envie, je ne suis pas certain de suivre l’exemple de gens qui dépassent la trentaine et pensent fonder un projet pro sur un site wordpress. C’est con mais c’est comme ça, je pense déjà Inrocks, Technik’arts et tout le tremblement. Savoir qu’on écrit bien est une chose, devenir un gars qui fait visiter l’Epitanime en est une autre. Après peut être que la légitimité du média sera avérée sur le long terme, on disait la même chose de la bande dessinée! … attendez, quoi?

    Cool de voir QU’UN DE MES BILLETS FASSE REAGIR, JE SUIS CONTENT.

    • Reguen says:

      Concernant mon parcours, faut se dire que c’est tout sauf stable et pas (encore) exactement rentable pour mois. Ce sont les débuts mais je m’attends pas à voir ça augmenter rapidement.

      En finissant ma licence, j’imaginais aussi qu’il n’y avait pas de salut hors des écoles. Le but est de trouver un master que tu puisses kiffer en « secours ». 🙂 En fait le recul, c’est aussi pour bien dire que les places sont effectivement chères et que, dans l’absolu, les écoles restent une bonne porte d’entrée et apportent effectivement une rigueur que je n’ai pas. En évitant tout de même le joli formatage d’écriture/ego/considération de ses interlocuteurs. Le journaleux n’est pas le centre du monde. 🙂

    • Concombre Masqué says:

      (Wow, on voit à quelle heure je l’ai tapé celui là, il est incompréhensible)

  9. kingdom103 says:

    Pour le 500ème post si tu veux rester dans les classiques tu peux faire un grand résumer de ta carrière dans la blogosphère. Tu part de tes début, de tes doutes, tes angoisses puis tu montre l’évolution de ton blog et de tes contact dans ce monde merveilleux d’internet en arrosant le tout d’anecdotes bien sympa. Et ça peut être aussi pour toi une bonne occasion de remercier des gens… Quoi? mais non oublie ce que j’ai dis c’est le moment pour toi de t’envoyer des fleur et de montrer l’évolution de ton tallent et de ta célébrité (parce que oui tu as des fans) Pour cela tu peux te servir du numéros de tes post comme marqueurs temporel. Ça ferait comme une chronologie qui partirait du post 1 pour arriver au post 500 (oula je commence à partir en délire moi faut que j’aille me coucher) Et pour finir fait nous rêver, après un post comme celui la on en à bien besoin. 🙂
    Bonne continuation.

  10. Walou says:

    J’arrive après la bataille, mais je réagis quand même. Je bosse dans la presse jeux vidéo, je suis diplômé d’une école de journalisme, et… je ne sais pas par où commencer.
    – pas de journaliste sans carte de presse? Heu, pardon, mais pourquoi? En gros, la carte de presse te permet d’entrer gratos dans les musées. C’est tout. J’imagine que certains employeurs demandent de l’avoir et que certains attachés de presse voudront que tu leur la montres avant de t’accréditer. Mais tout ça est très théorique. Moi je n’en ai jamais fait la demande et je ne m’en porte pas plus mal, vu que de toute ma vie, on ne me l’a JAMAIS demandé. C’est rien d’autre qu’un bout de papier.
    – journalisme et jeux vidéo, incompatible? Mais alors, journalisme et cinéma aussi j’imagine? Journalisme et sport? Journalisme et télévision? Et tu ne vas pas me faire croire que les mecs qui bossent en PQR ou au JT, et dont 90% du boulot consiste à faire des micro-trottoirs, sont des journalistes, si? Sans parler de ceux qui font du desk, et qui représente une part non-négligeable de la profession. En gros, il reste qui? Les reporters de guerre? Soit, disons, 1% des détenteurs de carte de presse en France? Soyons sérieux. Journaliste, ce n’est pas un gros mot, mais ce n’est pas non plus ce n’est pas un paladin qui aurait reçu une mission divine et porterait la plume dans la plaie trois fois par jour. Journaliste, c’est un mec qui écrit dans un journal, point. Il peut aussi faire un boulot d’investigation (mais pas forcément, c’est pour ça que l’expression « journalisme d’investigation » existe et n’est pas un pléonasme). D’ailleurs, si l' »investigation » n’est pas le fort de la presse vidéoludique, je te rassure, elle existe aussi parfois. Recopier les communiqués de presse n’est pas une fatalité.
    – être diplômé, une nécessité? Désolé, je ne connais pas ton blog, et hors contexte, je ne sais pas si tu parles encore de journalisme jeux vidéo ici. Si c’est le cas, je te rassure : non, ce n’est pas nécessaire. A vrai dire, on ne doit pas être plus d’une poignée à être diplômé, dans le milieu, et c’est pas grave, parce que ça ne sert pas à grand-chose.
    – l’école que j’ai faite, sans vouloir en faire la promo (et même si tu passes très rapidement dessus, en renvoyant sur le site de letudiant) ne coûte pas cher, et non, elle n’est pas « trop dure » à intégrer. Enfin si, il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus, mais de mon temps (ça file, mine de rien), elle ne prenait pas que des têtes et des profils formatés, la preuve, c’est que j’y suis rentré avec mes 12,5 points de QI.
    – « se sortir de la pige » peut-être compliqué, mais ça tombe bien : certains s’en satisfont très bien. Horaires flexibles, travail qui valorise l’initiative personnel, salaire souvent plus élevé qu’en CDI… ce n’est pas forcément l’enfer. Par contre, ça demande évidemment de savoir s’adapter à un rythme à la con, et d’accepter que vacances et week-ends ne soient plus que de lointains souvenirs. Et comme le dit le sieur Alvin, dans le milieu du jeu vidéo, aujourd’hui, c’est complètement bouché. Y’a toujours moyen de grappiller quelques piges à droite à gauche pour un nouveau venu, mais espérer en vivre en débarquant en 2012 me paraît hasardeux.

    Pour réagir au commentaire de YllwNgg : non, la carte de presse n’est pas nécessaire pour obtenir un abatement fiscal. Elle te permet juste de prouver plus facilement ta bonne foi si jamais les services des impôts la remettent en doute.

  11. Jaydes says:

    En bon vieux necro-poster je déterre le tout 🙂
    Moi je tire mon chapeau à ceux qui sont passionné de jeux vidéos et qui sont en plus journaliste.
    J’ai moi même collaboré à plusieurs site de test de jeux et je doit avouer que ça dégoute assez vite, surtout quand on doit tester des sombre mer.e ou des jeux que l’on n’aime pas du tout.

    Bonne chance à vous.

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