Daily Archives: 21 mars 2012

Joyeuseries musicales – Bachannales 12

Et de neuf! Voilà l’avant dernier (sauf miracle cosmique) post de ce genre. Je vais me permettre de rappeler le principe : trois ou quatre fois par an, je vous étale une douzaine de singles qui, par leur efficacité, exposent à un style, une époque, un album… bref une ouverture vers un univers encore plus grand. A chaque fois, je me permet un paragraphe vaguement descriptif ou quelques anecdotes sur le groupe en question – n’oubliez pas qu’il n’y a aucune démarche informative derrière, ce n’est qu’une question de découvertes au hasard, de coup de cœur ou de vieilleries qui ressurgissent. Enjoy!

The Edgar Winter Group – Frankenstein

De retour dans ma prime jeunesse, nous sommes dans un cours d’Hypokhâgne, deux heures de géographie chiantes comme la mort. A coté de moi, un mec charismatique trompe l’ennui en reproduisant la tablature Basse de ce morceau. Trop content de copiner, je lui fait remarquer et lui d’être étonné que je connaisse ce long instrumental venu du fond des âges. Évidemment, je me suis bien gardé de dire d’où je le sortais mais hé, sans la même origine, je ne connaîtrais probablement toujours pas les Queens Of The Stone Age aujourd’hui, voilà. Bref, voilà un morceau dont la qualité est fortement débauchée C’est la variété qui fait le bon jus de ces six minutes : des solos de batteries, des cuivres (qui, comme chacun sait, ont des vertus aphrodisiaques quand ils sont bien utilisés) et des passages un poil plus rock dans un ensemble extrêmement… hybride. Tiens, pourquoi invoquer le fameux « monstre » de fiction? Peut être parce que le riff de base, celui qu’on entends dès le début, sonne comme un gros truc balourd qui marcherait inéluctablement derrière vous. Batterie et clavier démentes, voilà un vrai petit morceau de bonheur qui me fait souvent penser à ces cinq minutes dont je vous parlais en début de paragraphe. Un véritable bijou musical, extrait de « They Only Come Out At Night », où on peut trouver un autre morceau que vous connaissez bien, « Free Ride ».

Blink 182 – The Rock Show

Qu’est-ce que je sais sur le PUNK? C’est un mouvement anglais démarré par des gens jouant comme des patates, avec des rythmes binaires et des paroles à la mord-moi le noeud qui parlent de sauver la Reine d’Angleterre, slurp slurp le bon tea. Au delà de ces considérations généralistes la version Américaine (et par extension : californienne) me passait un peu dessus jusque là… et j’ai eu l’occasion de me refaire les quelques tubes qui ont bercé mes années 90, entre autres. Ce qui est formidable avec les groupes de punk ricains, c’est qu’ont peut les classer par ordre qualitatif en correspondance avec les chiffres qu’ils arborent! Regardez, par exemple, Blink 182 > Sum 41. Magique! Blague à part, ce morceau – relativement méconnu si on sort de tout les What’s My Age Again, Dammit et autres tubes sortis d’Alien Exists – est… pas bien recherché, mais c’est ce qu’on aime chez eux, cette naïveté. Il est toujours assez dingue de constater qu’un genre aussi prostiputes&farine non légale se transforme soudainement en chansons d’amours niaises mais ultra-rapides quand on travers un océan et une vingtaine d’années. Bref, le punk n’a de nom que celui qu’on lui prête et The Rock Show est une chanson tout à fait sympathique qui pourrait être le résumé de Scott Pilgrim, plus ou moins, de l’esprit du comic. Énergique, reprenant les indispensables gimmicks du genre, aucun génie derrière et hop, c’est parti pour la zique que faisait Blink quand ils étaient encore jeunes. Ouais, ils viennent de sortir un album. Les Cranberries aussi.

The Black Keys – I Got Mine

PWAAAAAW PWAW PWAW PWAW, PWAW PWAW PWAW. PWAW. PWAAAAAAW. L’intro d’I Got Mine déchire. Pourtant, elle est simplissime à faire : accord barré sur la septième et on descends jusqu’au bout du manche, en vibrant comme jamais. N’oubliez pas de le lustrer avant quand même. En ce qui concerne les Black Keys, la sortie récente d’El Camino, leur future participation à Rock En Seine cet été et le surabus de leurs pistes dans les pubs automobiles nous rappellent à tous leur bon souvenir… si on ne connait pas ce groupe, on pourrait tout à fait lui donner vingt piges de plus, mais non, il s’agit bien d’une formation qui officie à son meilleur dans la fin des années 2000. Là nous avons un peu de bluuuuues ~ bien tremblant et aléatoire, équilibré avec les pieds, le type de musique qui feraient sortir les tartes à la crême de type « roc » « minéral » ou « solaire » aux publications spécialisées. C’est très certainement répétitif – riff/solo/riff/solo – mais tout réside dans ce son de guitare sans artifices, ou si peu… un peu de bordel sonore et c’est reparti avec l’intro avant le grand finish. On pourrait dire que c’est « symétrique », de ma part, je trouve ça juste structuré. Et vachement cool. De la musique de gros barbus, quoi.

REO Speedwagon – Roll With The Changes

Oui alors là je pourrais faire mon Phiphi Manoeuvre et vous expliquer avec enthousiasme l’origine et l’histoire de ce groupe culte mais… il se trouve que j’ai totalement découvert ce nom il y a quelques mois. Daté de 1969, plus d’ex-membres que les Polyphonics Sprees, cet acronyme mystérieux a signé ce morceau qui se mêle bien avec les productions de Kansas, Journey ou Boston, les groupes ricains aux noms ricains qui ont tous défini un rock fondamental. Impossible d’y échapper : piano en support, guitariste qui se la pété, refrain vocal et accrocheur… et ça ne dure pas des heures, finalement. Y’a pas grand chose à en dire, c’est « juste » un groupe qui s’inscrit dans le haut du panier d’une époque, d’un lieu et d’un contexte, celui des chansons « à stades » qui galvanisent les foules et sont fait pour être hurlés à pleins poumons. Nous, pendant ce temps, on avait Claude François, c’est génial non?

School Of Seven Bells – Windstorm

Hola je commence à devenir sévèrement maniaque avec ce groupe. Déjà, je dois remercier Pso pour un code Itunes qui m’a valu l’album Disconnect From Desire, dont je connaissais déjà par coeur The Wait, morceau final et on ne peux plus atmosphérique. Derrière ce nom bizarre ce trouve un trio new-yorkais – dont deux jumelles, mais l’une des deux s’est barrée avant la sortie du tout récent troisième album – qui font de la musique… pas électronique, pas réellement technoïde, on appelle ça de la Dream Pop. C’est très fourni, proche de shoegazing (style à effets gouleyants) et on peut s’endormir dessus pour faire de beaux rêves. Après avoir écouté ces trois albums, je peux vous dire que je regrette énormément d’avoir snobbé ce groupe pour autre chose, dans deux festivals. Cette musique est un florilège d’éléments : cette tournerie de « vent » entêtante, un simple accord de gratte métronomiquement exécuté en fond sonore, plein de petits bruits relaxants et une fabuleuses dualité de voix. Wow, oubliez moi cette Lana Del Rey et son Video Games plan plan parce qu’on a là quelque chose de bien plus puissant, entraînant… et poétique, évidemment. Cette structure en canon, cette superposition de très belles paroles, Windstorm est joué sur sa planète bien à lui et c’est avec plaisir qu’on y reste le temps de quelques écoutes. C’est très probablement mon morceau favori de cette sélection… je vous conseille le clip, simple et cohérent. Un peu pompeux, peut être? Seulement pour ceux qui trouveront ce non-sens et ce symbolisme un peu exagérés. Si vous voulez mon avis, le meilleur de la musique 2012 se trouve quelque part par là.

Rush – 2112

Rush est donc le tout premier groupe à faire une troisième apparition dans cette catégorie de posts. Il faut dire que leur discographie est longue comme le bras, et au vu de la longévité des membres, il y a de quoi exprimer des trucs personnels en chanson. Je ne sais pas trop ce qu’exprime 2112 qui est l’intégralité de la face A de l’album éponyme : cette piste… dure plus de 20 minutes! Comme souvent dans ce cas de figure, on dénote facilement plusieurs mouvements – ici, sept – qui se démarquent ou se répondent plus ou moins bien. Il est ici question d’une histoire à coucher dehors mais qu’importe, un épisode entier de série comique consacré à du rock progressif, comment ne peut-on pas aimer ça? Dans ces vingt minutes, il y a des moments de vide (un bête… accordage. Oui, c’est du gain de temps, mais il y a ce moment où un type découvre une guitare puis apprends des accords de plus en plus complexes, etc) et d’autres moments bien plus épiques : son introduction, sa conclusion, quelques solos… là aussi, il y a relativement peu d’artifices et c’est étonnant pour Rush. Peut être une approche un peu cinématographique avec des effets sonores sensés poser une ambiance. Je connais ma propre redondance avec l’expression « Raconter une histoire » mais difficile d’ignorer que c’est le but de la chanson. Ah, c’est très dur à jouer aussi. Les batteurs vont se casser les dents sur certaines rythmiques, Neil Peart était, fidèle à lui même, en forme. Difficile de choisir un extrait qui témoigne de l’intégralité du morceau… et pourtant, c’est à partir de là que Rush s’est assagit pour les deux décennies suivantes. Addendum : j’allais finir ce paragraphe et Matt Pokora fait son énième apparition à la TV, difficile pour moi de ne pas faire le vieux con élitiste.

A ne pas confondre!

 Foster The People – Houdini

Attention emphase discrète : Torches est l’un des albums pop les plus solides qui soit depuis Congratulations (MGMT), il y a deux ans. Je vous recommande très vivement de vous l’engloutir sur Deezer et autres et, de toutes manière, la télé a flairé le filon tubesque et spamme vivement quelques titres ça et là (par exemple, vous connaissez Don’t Stop grâce au groupe Canal qui n’en manque pas une) cela fait déjà un an que cette galette et sortie et une actualité fabuleuse – leur présence en trio de tête à Rock En Seine 2012 – me force, mais quel plaisir! … A en parler aujourd’hui. Ce groupe pue la classe et la qualité sur scène, j’en suis convaincu. Tiens, je viens d’apprendre également que cette piste est trouvable sur SSX… ce qui d’une part me donne encore plus envie de me procurer le jeu, mais qui, d’autre part, me donne envie de faire des crasses absurdes façon Jackass en écoutant ce refrain à fond. Fabuleuse pop qui nous est offerte par ce premier album : chaque, chaque morceau dispose d’un univers, d’une démarche bien définie. Une seule constante : l’énergie, l’enthousiasme, une fabuleuse accumulation de sentiments ultra-positifs servis par une musique archi variée, parfois bruitiste, entre clappement de mains et mut mut étranges… mais bon sang, quel pied. Impossible de ne pas penser à MGMT encore une fois, mais là voix est plus variée sur la longueur, plus langoureuse, chaude, moins éthérée… et mince, inutile de comparer ce qui est incomparable. En attendant, bouffez-en, c’est pour votre bien. On se revoit cet été!

Blur – There’s No Other Way

Hoho, il n’est pas impossible que ce morceau vous dise quelque chose. C’est étonnant mais je ne suis pas très fan de ce groupe… et c’est bien contradictoire avec tout l’amour que j’ai pour la britpop! Un séjour en perfide Albion et une significative actualité du groupe (les Brit Awards, notamment) m’ont fait écouter le best-off du bouzin et ça m’a permis d’enfin découvrir des morceaux qui me parlent. Le saviez vous? Je n’ai jamais saqué Song 2! Et oui! There’s No Other Way est donc un extrait de Leisure, toute première galette du groupe, datant déjà de treize ans… et Damon Albarn devait avoir à peu près le même âge. Toujours une question de fondamentaux, ou de construction de fondamentaux : comment ne pas être amoureux de ce morceau qui, même s’il est archi-classique dans son approche, fait péter une guitare aussi dynamique et une batterie aussi agréable, un peu folle et souple façon Cream? Peut-on dire à Damon de retirer les cinq hamburgers qu’il a dans la bouche? Il paraît que la première phrase du morceau est « You’re taking the fun » mais ça reste à démontrer… et enfin un morceau qui cultive le fétiche de la sortie cool et unique tout en restant cohérent, c’est génial. Bref, vive les années 90.

Harvey Danger – Cream And Bastards Rise

Encore un morceau jusque là inconnu au bataillon… et soudainement, le mindfuck. Si il y a UNE connerie par manque de recherche que j’ai pu écrire par manque de recherche (PAR MANQUE DE RECHERCHE T’ENTENDS!), c’est peut être la suivante. En découvrant Harvey Danger, je découvre aussi que leur single le plus connu est « Flagpole Sitta ». Qu’à cela ne tienne, c’est parti pour Youtube ou je lance le morceau et démarre… ce que j’ai déjà chroniqué sous le nom « d’I’M Note Sick But I’m Not Well »… pour Lit. Ok. Pourquoi pas. Visiblement, j’ai réussi à me tromper de nom ET de groupe.

Bon, en attendant, je reposte donc ce morceau bien cool qui s’incrit dans le genre du « College » – terme qui désigne souvent l’origine des morceaux, plus que le grade scolaire de ceux qui la font… enfin, j’adore ce morceau. Un peu trop « grandiloquent » vers la fin, peut être, mais j’aime beaucoup la voix de ce monsieur, ça façon d’enchaîner avec un « It Helps TooooOO » haut comme jamais… et cette superposition agréable de couches, dont ce clavier très bondissant. Ca restera à jamais inconnu dans nos contrées, et l’album d’où cet extrait est tiré, Little By Little… est gratuit sur le site du groupe. Voilàààà!

The White Stripes – Fell In Love With A Girl

Tout le monde connaît les White Stripes, mais tout le monde ne sait pas nécessairement que Jack et Meg… étaient un couple divorcé. Pas mal de leurs chansons (dont celle là) sont des anti-love song au cynisme tranquille mais existant, la cohérence du propos n’étant alors pas très difficile à trouver. De toute manière, la question ne se pose plus, ils sont séparés (en tant que groupe) depuis l’année dernière. Autre chose, les fans se déchirent depuis une question ô combien importante : j’explique – il n’y a pas longtemps, on m’a dit « Moui, je pense que tu as le niveau de batterie de Meg White » et j’ai eu soudainement envie de me jeter par la fenêtre en hurlant et en brisant la fenêtre. Pourquoi? Le contraste entre la réputation des deux est énorme : Jack White, idole du rock, qui officie aussi dans les Raconteurs, les Dead Weathers et un autre groupe qui m’est sorti de l’esprit… contre Meg, la boîte à rythmes. On lui reproche une simplicité extrême… bah oui, c’est vrai. Pratiquement tout ce qui sort d’Elephant et de White Blood Cells est teinté de simplifications, de formules qui chaque débutant peut reproduire. Fell In Love With A Gril est une version assez poussée de cette mentalité – une rythmique de batterie à pleurer de rire, trois accords de gratte et vous avez le morceau parfait à reprendre quand vous montez sur scène. En plus, il dure moins de deux minutes et la basse est absente : on peut le refaire à deux! Tout ça pour dire que la période White Stripes est passée par là, que c’est un son est une démarche minimaliste, mais caractéristique et agréable.

C. Heral et B. Martin – Lum King

Scandale! Une OST de jeu vidéo! Rayman Origins est un jeu plein de qualités mais il a l’avantage de se démarquer avec sa bande son. Cette saga se démarque par son « animisme » – acception qui tient davantage du néologisme pour dire que la BO de Rayman se trouve sur planète Rayman! Voix modifiées, Yukululélé à fond les bananes, on entends ces petites séquences dans le jeu quand on chope un lums couronné (d’où le nom) – s’en suivent dix secondes de grand kiff’. Toute la bande originale fait son meilleur pour rester dans ce cahier des charges très barré, basé sur les modifications de voix superposées, dans cet esprit très Loco Roco… petit cour de cœur sur l’accompagnement des niveaux aquatiques, à base de « Glou glouuuus ~ » langoureux.

This Will Destroy You – The Mighty Rio Grande


Pour finir, voilà un truc très singulier sorti de la bande originale de Moneyball. Si le concept de postrock ne vous dit rien, disons que ça reste extrêmement généraliste et que ça englobe une bonne quantité de styles, dont celui embrassé par Le Grand Rio Grande. 13 minutes, trois notes de gratte répétées à l’infini, pas de voix… ce groupe est particulièrement connu pour ce genre de pistes, très planantes et toujours instrumentales, où une progression s’établit à pas de velours. Je vais limiter les évidences, ici il est question de trois notes qui sont de plus en plus fournies, lourdes, appuyées par cette grosse caisse bien crade et lourde, on monte le volume de plus en plus fort… ça explose un peu et on prends cinq minutes pour récupérer, inutile de vous faire des métaphores salaces, elles viennent d’elles même. Profitez donc de ce truc pour pimenter votre quotidien : c’est parfaitement écoutable dans un long trajet de métro, avant de s’endormir…

Dormir, alias le truc que je vais faire pendant dix ans après être resté sur ce post pendant trois jours. Ah non, je peux pas, j’ai concours.

Posted in Kulture moderne | 3 Comments