Monthly Archives: février 2012

Ce moment étrange où

Grand moment de détresse sensorielle quand TF1 a diffusé, hier soir, l’épisode de Grey’s Anatomy où cette grosse dondon de Callie se prends un arbre dans le bout du groin ; pourtant, elle savait probablement que détacher sa ceinture dans une série, c’est automatiquement provoquer un accident. Résultat, tout un épisode sur son délire neurologique où elle voit les gens chanter… et c’est non seulement gênant pour les scénaristes qui se tapent le micro-fantasme le moins bien amené du moment – les voir entonner How To Save A Life n’avait rien d’émouvant, juste super maladroit – et… c’est tout simpelement déjà fait. Bien mieux fait.

C’est le moment de lancer une thématique qui fait déjà chouiner les trois-quart de l’Internet (mais ça, je peux le comprendre, j’ai moi même déjà chouiné très fort) – nous sommes en Février et je me permet de lancer une petite thématique rose et insupportable de bonheur simple : quoi de mieux que l’Hôpital du Sacré Coeur pour entamer un arc sur la Saint Valentin? Coeur? Amour? C’est bon, je peux m’en aller maintenant?

Scrubs est donc une série où, dans le même strict procédé scénaristique, un patient est amené à l’hôpital au centre de l’action, a un petaucaske neurologique et voit tout le monde danser et chanter, ce qui donne un de ces fameux épisodes muscaux-figure-de-style. En l’occurrence, il y avait une justification un poil plus logique derrière, jamais l’épisode ne se prenait vraiment au sérieux et les chansons étaient originales en plus d’être drôles. … la série reprends sur M6 le Vendredi soir à des horaires honteux et je me suis rendu compte que je n’ai jamais parlé frontalement de cette super série qui vient à peine de se terminer. Si Scrubs ne vous dit rien, sachez que c’est une série qui n’existait pour personne en France avant 2004 et des poussières – alors qu’elle cumulait déjà trois saisons. Une série hospitalière, encore? Oui et non. D’abord, elle s’inscrit effectivement dans cet espèce de cycle du genre, elle occupait un créneau bien connu, quelque part entre Urgences et l’autre série un peu coupable de maladresses, là… mais en mixant le lieu avec un paramètre semblant un peu incompatible, un peu comme si vous auriez fait un jeu de Romance avec des Pirates sur Game Dev Story… une SITCOM! Avec l’approche « années 2000 » du genre, amorcée par Malcolm qui abordait un peu les mêmes mécanismes à la même période. Pas de canapé, pas de rires pré-enregistrées, seule l’unité de lieu prévaut sur le reste. C’est toujours nécessaire quand il est difficile de soutirer autre chose que « How I Met Your Mother » aux fans de comédies qui ignorent Curb Your Enthusiasm et autres Arrested Development. Il paraît peu probable que Scrubs ne vous dise rien mais si je peux vous encourager à y jeter un coup d’œil, ce serait bien bien bien bien bien.

La série a une histoire un peu… compliquée envers ses producteurs et ses fans. Durant de 2001 à 2010 (neuf saisons) elle vit sa vie de format comique – vingt fois vint minutes fois X années – elle fait ses premières armes, convainc son public et suit son cours pendant de nombreuses années. Viennent les emmerdes, les pourparlers entre grosses légumes et du balbutiement exécutif – on écrit un Series Finale (un épisode ultime) pour la série qui… se voit reconduite pour une année de plus. Ca fait désordre. Le scénario se reproduit encore l’année d’après. A ce stade là, c’est un gros bazar. La série se termine sur un scénario un peu alternatif avec un casting complètement changé. On arrive à un point qui se situe quelque part entre ma chambre et les ruelles de Naples. Même si les fans ont su pardonner le fait que Scrubs soit comme un appareil électroménager qu’on allume et éteint à loisir, cette dernière saison est simplement reniée par l’intégralité de l’Internet! On ignore tout ça, on diffuse de temps en temps entre Nip Tuck et de la call tv et paf, une fanbase française prends forme pour n’importe quelle bonne série.

Scrubs n’a pas plus de scénario que n’importe quelle sitcom : l’action se déroule dans un hôpital lambda dans un lieu inconnu des Etats-Unis – des patients arrivent, ont souvent des symptômes étranges annonçant toutes ces maladies télévisuellement transmissibles et, série comique oblige, tout ça est pris de manière délirante et, la plupart du temps, légère. Le grand mufti de l’humour de Scrubs, c’est John Dorian, alias JD – et JD, c’est Zach Braff. Zach Braff, c’est Garden State et New Slang des Shins, c’est aussi un rôle dans Arrested Development, mais c’est surtout Alexis Tomassian dont la voix mêne l’un des rares trucs que beaucoup de monde vous recommandera en VF avant tout. John Dorian incarne le héros typique de sitcom moderne : mec à l’apparence ultra-sympathique, un peu (voir carrément) connard quand il le faut, il préside la planète JD – ce mec est l’un des personnages les plus dans la lune qu’il est possible d’écrire ; la moitié de l’humour de la série se base dans ses « petits moments », ses rêveries, ses fantasmes, de petites pastilles débiles qu’il est impossible de ne pas adorer. Évidemment, il n’est pas le seul perso à évoluer devant la caméra. Si ce premier entame le tout premier épisode comme interne débutant au Sacré-Coeur, on y découvre Turk, son meilleur pote (le mec le plus noir et fier de l’être de sa génération – il carbure aux clichés) – Carla, la copine de ce dernier… mais aussi Eliott, la bonne copine totalement névrotique de JD et copine de lit régulière, leur romance est évidemment un point central de la série. Pas facile de sortir avec une nana connue pour avoir des fétiches barrés, dont celui du fameux voleur de pommes mexicain – après, il y a cette batterie de personnages plus ou moins secondaires, comme le fabuleux docteur Cox, mentor-tsundere connu pour ses interminables tirades et son caractère de cochon ; mais aussi Bob (deuxième prénom : Belzébuth) Kelso, le méchant chef de service, le tout puissant balayeur au nom inconnu, etc. Plein de gens extrêmement mémorables qui quittent rarement le champ d’action.

Comment ça marche? Comme souvent, des petites storylines (toujours dictées par les monologues intérieurs de John Dorian – le réalisateur dit que chaque épisode est comme une page de journal intime mais faut pas trop se formaliser sur ça parce que ça ne se voit pas une seconde) sont égrenées sur un épisode qui se superposent à des intrigues de fond. Des arcs apparaissent de temps en temps, un nombre indéfinissable de runnings-gags apparaissent, les personnages évoluent, très peu disparaissent… la routine. Une bonne routine – Scrubs possède deux qualités qui font d’elle une série AAA. Une bonne écriture…

… et de bons personnages. C’est trop rare pour être signalé. Souvent, la sitcom est davantage drôle que réellement écrite pour émouvoir où se soucier des têtes de pipe qui s’agitent dans l’écran – Scrubs trouve, d’un bout à l’autre, un équilibre fin – ses personnages sont appréciables. Même les pathétiques, même les connards, même ceux qui sont faits pour être détestés – sans me lancer sur une diatribe sur la cohérence des persos (tous n’évoluent pas dans le bon sens – JD, en bon perso principal, ne se bonifie pas tant que ça avec le temps) il est évident que ces gens sont tous très exagérés à leur manière mais humains. Il existe probablement des séries comiques avec un casting plus sclérosé mais la barre est quand même très haute, pour le coup. Heureusement, pour une longue série qui a vu défiler une centaine de visage différents dans sa toile de fond! Un « cercle principal », ses interactions, plein de nouvelles têtes qui s’en iront bientôt, et voilà. D’autre part, il est assez difficile d’expliquer en quoi l’écriture de Scrubs est relativement novatrice mais voilà ma tentative.

Il est très rare que la série essaie d’être drôle, elle n’a jamais à vraiment passer par cette étape. L’humour dans ce contexte, c’est rarement autre chose que de l’absurde bien mené ou un bête talent d’écriture, des petites phrases qui volent et qui font mouche ou une multitude de scènes juste cultes… qui se reposent sur une plus grosse multitude de scènes juste bien trouvées. Vous vous souvenez du « Je me seeens tellement bien ce matiiiiin~ »? C’est un exemple comme un autre, parmi une vingtaine dans un épisode donné. En gros, c’est surtout une question de rythme, rapide sans être épileptique, juste efficace et sans trucs inutiles (souvent, une intrigue partant d’une grosse connerie part de quelque chose plus réfléchie) avec plein d’effets sonores rigolos, de bonnes musiques qui se déclenchent au bon moment – le fameux effet clip qu’on retrouve plus ou moins maladroitement dans ces séries, c’est par exemple dans Scrubs que tout le monde a entendu How To Save A Life pour la première fois, la boucle est bouclée – et tutti quanti dans cet esprit de « bon emballage ». Pas excellent, juste bon et efficace, c’est tout ce qu’il faut. On passe pas son temps devant avec un sourire aux lèvres, on rit, parfois même bien plus. L’imagination de JD est une source intarissable de débilités à se faire dessus et le tout est souligné par certaines répliques, cultes as f-.

… et la série passe facilement de l’autre coté du spectre. On a facilement la larme à l’oeil devant tout ça et la source de tragédie est facile à trouver dans un hôpital – certains patients sont plus attachants que d’autres et sachez qu’on va tout faire pour vous tromper si vous vous amusez au jeu des pronostics. Il s’avère juste que les moments émouvants sont plus nombreux qu’on pourrait s’y attendre de prime abord et qu’ils sont toujours bien amenés, pas maladroits, juste logiques et acceptables. Le contraste est rare : aussi hilarant que grave sur certains moments, sans tomber dans la schizophrénie crasse… on pourrait dire qu’elle aborde des thèmes très adultes et blah blah blah mais je doute que Scrubs soit fondamentalement une série pour têtes blondes. Ne serait-ce qu’en puissance scénaristique et en littérarité, les auteurs nous ont plus d’une fois montré qu’ils savaient garder une carte pendant très longtemps pour nous la ressortir au moment optimal. Je ne sais pas si c’est du talent ou de l’opportunisme, mais dans tout les cas, ça marche.

En plus, c’est une série qui a ses période de vide (sur la longueur, ça s’explique) mais qui n’était pas « condamnée » dès un certain point – la dernière saison, la huit donc hein, est universellement qualifiée de plus mature. Un changement de chaîne façon Futurama n’a en rien affecté l’esprit – parce que oui, on peut réellement parler de ça – de la série qui a gardé un niveau assez top tout du long, avec un ratio d’épisode « normaux » acceptables pour accepter des figures de style de temps en temps, que ce soit changements de focales, bizarreries stylistiques ou… comédies musicales. On dit souvent de Scrubs que c’est une série « visuelle » et c’est pas bien dur à expliquer. On se rend compte que les épisodes sont très peu « hachés », souvent composée de gros plans séquences, de gags visuels et autres petits raccourcis sympas. Je me permet d’insister, si vous ne connaissez pas Scrubs, je ne vais pas vous mettre le couteau sous la gorge pour que vous téléchargiez un torrent intégral mais c’est à tout les coups un gros plaisir hebdomadaire que de se réfugier devant deux trois passages dans la vie du Sacré Coeur. L’écriture derrière est indéniable, les personnages sont en acier trempé et on y trouve toujours de la bonne ziq, à commencer par « Superman », le fameux petit truc au banjo qu’on entends dix secondes par épisodes. Ouais, si il y a bien un truc qui manque à cette série, c’est surement un bon générique.

Bon, je me lance quand même : au delà de cette tonne de détails géniaux impossible à lister dans cette série, il y a quand même un traitement relativement astucieux de divers romances vécues entre les personnages. Ca me semble être le strict minimum mais identification du spectateur probable, etc, réalisme des situations, coin coin. Originale, vraiment, et tellement bien équilibrée entre comédie (de fond) et drame (tangible) – globalement, c’est quand même mieux que l’autre série là, qui est tout aussi bien.

Enfin, Sarah Chalke.

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Dur d’être populaire

Il y a ce moment assez emblématique de Genshiken où l’antihéro otaku émacié explique à une nana sensée segmenter la jeunesse « normale » que depuis toujours, l’humanité fantasme sur la représentation au delà de l’objet de ces mêmes représentations. En gros, nous serions programmés génétiquement pour regarder la 2D et la mettre au même niveau que les bonnes vieilles rondeurs de la vraie vie, vous voyez où ça nous amène? C’est très certainement vrai et que le premier qui n’est pas allé faire de l’investigation sur Gelbooru me jette le premier fap mais au delà de la visée « érotique » de la théorie de ce cher Madarame, il est vrai que – je vais simplifier à mort une phrase bien trop alambiquée – le dessin, c’est notre dada. Vous lisez ce post chez vous, sur le ventre en pliant/dépliant les jambes? Lâchez votre téléphone à fourrure rose et matez donc cette belle bibliothèque sur le coté qui foisonne de bédés et de mangas… ou peut être même de comics – parce que vous cultivez la diversité et sachez dénicher le bon sur tout les continents et vous avez raison.

D’ailleurs, c’est un mec complètement incapable de dessiner et, en amont, de « visualiser » n’importe quel truc qui vous parle… mais le fait de jalouser les dessinateurs talentueux (ces salauds qui peuvent, virtuellement, dessiner leurs fantasmes les plus tordus) permet aussi de rester dans la barrière des amateurs de beaux dessins, donc de ne pas tomber dans les affres du métier blah blah ce contre-argument ne veux pas dire grand chose ; bref, j’aime le dessin, tu aimes le dessin, nous aimons tous le dessin. Après, il est prouvé que « nous » sommes faits pour être bien plus attirés par des représentations humanoïdes aux yeux énormes qui parlent via de grandes bulles rondes. Figurez vous que – tenez vous bien – il y a des tas de gens qui font de la bédé sur internet!

Je ne parle pas, par exemple, de ces auteurs – au hasard – Soleil qui publient leurs planches sur la toile en avance pour faire du teasing mais un genre bien pointu qui est là pour nous parler et j’entends par là les webcomics. Ce mot est formidable puisqu’il explique son contenu dès le nom : ces « comics » (bd américaines, français et culture françaises exclues) sur le web, donc… mais vous connaissez mon désamour des blogs bd qui sont, la plupart du temps, une espèce de sublimation de l’auteur qui en profite pour montrer son popotin et en faire des planches acclamées par des hordes de fans gagnées dès le deuxième strip. Si si, c’est exactement comme ça! Les webcomics n’ont rien à voir avec ces poncifs, et ils n’ont pas cette connotation de « localisation », on peut tout à faire dire qu’il existe des webcomics français, c’est juste pour le plaisir de cracher sur les blogueuses mode/girly/cancer. Après il s’agit de diviser deux types de webcomics anglophones (car mon approche du jour ne concerne que cette langue) ; certains sont de vraies bandes dessinées racontant une histoire cohérente, avec des personnages, une intrigue et tout le tremblement mais j’en connais si peu pour faire un post (et je ne demande qu’à en découvrir, je suis certain qu’il existe toute une culture, une actualité et des incontournables), mais je parle bien sûr du webcomic traitant du jeu vidéo, ou si on veut se permettre une plus grande ouverture, du webcomic geek.

(Ce cher monsieur Croshaw avait une approche intéressante quand à la meilleure façon de développer ses statistiques en tant qu’auteur de bédé du web : faire du drama. Pas des drama littéraires façon storylines et esprits torturés, non, faire du drama en tant que personne dans l’Internet et dans la vraie vie pour ainsi attirer l’attention de toute manière. C’est… une manière de voir les choses)

Par contre il est intéressant de constater qu’il… n’est pas nécessaire de savoir dessiner pour avoir un site connu. J’en tiens pour référence xkcd, l’exemple alpha des Internets qui envoie un certain nombre de « bons clichés du genre » : une triade de personnage vieille comme le monde (le héros/la fille/l’élément comique/à peu de choses près) et une inébranlable publication quotidienne! L’auteur est typiquement l’homme qui nous a tous prouvé qu’on pouvait se démarquer en ne dessinant que des stickmens et des bulles sans quelconque expression ou émotion affichée (en français, le concept de non-dessin était poussé à l’extrême avec la bande pas dessinée) et le succès local et international du comic n’est plus à démontrer, avec plus d’un millier de bandes au compteur. Xkcd peut même se targuer d’aborder une certaine diversité de sujets puisque les relations, le sexe et autre trucs parfois un peu inaccessibles à nous autres geeks sont des thèmes récurrents, pas toujours avec humour, pas toujours dans le but de faire sourire. Par contre, on trouve une très très grosse pertinence des… maths et de la physique. Je n’ai pas compris un nombre significatifs de strips parce que je n’avait tout simplement pas la bonne connaissance nécessaire à la compréhension du gag, de quoi se sentir comme un néophyte de l’internet devant 9gag… et justement, le mémétique est aussi un gros morceau du site, parfois lui même créateur de mèmes, petits et grands. Ce n’est pas d’une littérarité folle mais c’est franchement connu, ça peut éventuellement vous toucher.

Un peu plus loin dans le spectre du dessin pas super recherché, il y a bien Cyanide And Hapiness qui reste dans cette catégorie des « liens quotidiens ». Humour geek? Ben… peut être pas, c’est plutôt un « humour de geek », une divergence syntaxique qui a son importance puisque ce comic, comme son nom l’indique, cultive un humour noir assez délectable. Agrémenté par quatre auteurs au style distinct qui font une planche à tour de rôle, CaH est le champion de l’humour subtil, non-sensique, toujours assez sombre, bref glacé et sophistiqué – le site se permet même d’être SUPER DARK le temps d’une « semaine de la dépression » où le gentil humour barré se transforme en humour carrément noir 99% cacao, froid et très amer. Le signe distinctif d’un webcomic qui marche? Il vends des goodies! Non seulement il existe deux best-offs publiés qui comportent quelques inédits, ça peut faire un cadeau originial ; mais quand un site se permet de t’expédier de (beaux) posters et des peluches, tu sais qui est le patron. En l’occurrence, Cyanide and Hapiness est un site au trait et à l’humour aussi caractéristiques que plaisants, parce qu’il ne se contente pas de faire du gag référentiel que personne ne comprendra dans cinq ou six ans, on a juste l’impression que chaque situation non-sensique possible a été trouvée par ces quatre cavaliers de l’apocalypse, bravo à eux!

Maintenant, passons à ce qui nous concerne un petit peu plus directement : le web comic gamer. Croyez moi; il existe tout un genre qui a subit une sorte de prolifération un peu étouffante où chaque nouvelle création tourne autour d’un élément récurrent de fiction, à savoir le canapé. Ça vous rappelle une demi douzaine de sitcoms? C’est normal, les plus flemmards se contentaient tous d’appliquer soigneusement le schéma suivant : deux personnages sont sur le fameux meuble, jouent au jeu du moment et paraphrasent sur la différence de réalité entre la notre et celle des jeux vidéos, point bonus si on envoie les blagues de « cake is a lie », etc. Si on a pu distinguer tout un genre qui obéit à ces codes, c’est avant tout parce qu’il y a des exemples extrêmement … prospères. Penny Arcade est l’exemple type! Complètement inratable, ce webcomic obéit à tout ces petits réflexes qu’il a lui même lancé, et si on peut lui reprocher un dessin… pas nécessairement très fouillé (mais comment faire autre chose pour pondre neuf gags par semaine?) il suffit de comprendre qu’il a tellement duré que revenir sur les premiers strips équivaut à ajouter du texte à des dessins d’enfance. Le méta autour de PA est tel que le site à fait jurisprudence en créant une convention à son nom. A part la création d’un Etat, je ne vois pas quelle peut être l’étape suivante dans la vie d’un site à succès…

Après, il faut avouer que le comic en lui même à quelques limites : il n’est pas toujours drôle et sa longévité fait que la diversité de sujets… s’impose. Comprenez : il n’y a pas lieu d’y avoir de diversité, en amont – il n’est pas toujours évident de tenir un vrai gag de gamer par jour en parallèle avec une actualité un peu sinusoïdale, on se tape parfois des gags sur la vie de parent des personnages (qui ont l’air d’avoir 18 ans, ce qui est toujours un poil perturbant) MAIS, parce qu’il y en a un et c’est un bon, Penny Arcade est aussi celui qui a su parler d’un jeu… et zigzaguer un peu dans le paratexte. Ce que je veux dire, c’est que ses planches peuvent tout à fait faire de l’humour sur le jeu en temps que tel ou sur les impressions qu’on peut en tirer, mais aussi sur l’univers du jeu, son développement, l’industrie dans sa globalité… c’est un très gros pile pour la face « personnelle » de certains jours ; en plus d’être toujours assez subtil dans son approche, Penny Arcade est une manière simple de suivre l’actualité du jeu vidéo, si on accepte, bien sûr, de ne se rattacher qu’à une unique source, ce que tout le monde devrait proscrire par définition. En plus d’avoir acquis une réputation et une légitimité monstre, PA fait partie des happy fews qui peuvent vivre aisément de ce qui a été un hobby bien entretenu. Bon niveau d’anglais requis, le niveau de langue y est parfois un peu absurde.

Je le linke parce que je le connais et que j’ai eu ma période, Vg Catz peut aussi s’installer ici le temps d’un petit paragraphe. Lien qui plaira à tout les grands enfants et amateurs de furry car ce webcomic au style sympa (et au contenu, on va dire, moins poussé, je suppose que ceci balance cela) est tout aussi généraliste dans son approche critique – il partage même avec Penny Arcade cette propriété d’avoir tenu si longtemps qu’on peut taper un jeu vidéo dans le champ de recherche dédié et trouver une page à l’humour spécialisé du-dit jeu. Après, le rythme n’est pas du tout le même et chaque nouvelle planche du comic principal ou de chacun de ses petits side-projets – dont un remake de la première génération de Pokémon qui se lit d’une traine – est accueillie d’une manière très messianique, une mise à jour par mois relève déjà du miracle. Qu’importe, personne n’est obligé de tenir ça pendant des décennies et ça prouve qu’on peut prendre ce « schéma canapé » et le modifier un poil (hi hi) – en revanche, non, pas de réelle romance à prévoir entre les deux protagonistes. Par contre, si vous tapez « VG Butts » sur Google… 😀

Enfin, on peut encore plus ouvrir la focale pour généraliser sur le fait qu’il y aura toujours un bon webcomic sur un sujet spécialisé… ou un jeu vidéo bien précis. Tenez, complètement au hasard, Black Adventures. Dessiné dans ce style que n’importe quelle personne un tant soit peu calée peut imiter, c’est bien évidemment un comic parodiant la dernière génération de Pokémon. Là, on quitte l’humour sage et consensuel pour quelque chose de complètement référentiel! Il est évident que les aventures – alors au début dictées par les lecteurs, façon 4chan – sont toujours influencées par les kiffs récents de la dessinatrice, c’est pourquoi on y verra tout une période Panty & Stocking, etc. Tout y est fétichisé dans des limites morales délicieusement ténues – l’intégralité de l’humour de cette page réside dans l’hétérosexualité très discutable de ses personnages – mais ce que je veux dire, c’est que pour n’importe quel bon jeu, il y aura un bon webcomic. Considérez ça comme un penchant de la règle 36… ce n’est qu’un tout petit panel de base mais si vous avez d’autres exemples addictifs, partagez donc, j’en serais ravi.

Si tout se goupille bien, je pourrais interviewer les minettes de Buono pour le Journal du Japon avant leur concert de ce Dimanche. On s’y croisera peut être! En attendant, je vais jouer à Catherine et peut être respirer, ou manger, éventuellement.

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Mario Maso 4×05

Une drôle de dualité s’opère dans cet épisode (saga vidéo – roms de Super Mario World – joueur souvent fatigué – emphase sur le langage fleuri) je n’irais pas jusqu’à dire qu’il est animé par Laurel et Hardy mais l’invité du jour à quelque chose d’assez intéressant à nous raconter ; c’est peut être même le gars que j’ai pu avoir avec le meilleur bagage professionnel. Vous aurez peut être déjà vu Kocobe dans sa principale série de vidéos, les WGNA (regardez donc la vidéo mise sur la page principale, c’est un bon exemple) – épatante série de pastilles au montage accrocheur et à l’intense travail de fond. Hé ouais, avec mon montage brut de pomme, on est trèèèèès loin de cet esprit travailleur ; allez donc y jeter un oeil pour voir de quoi je peux parler.

Kocobe est donc (futur-ex) étudiant en communication politique et il en a des choses à raconter, son débit de parole va pouvoir pallier mes petites faiblesses dactylo… dactylo… de mimines. Enfin, on est confrontés à de vraies difficultés et c’est là qu’on pige que je suis définitivement enrayé. A suivre, probablement avec une toute nouvelle Rom, faite par celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom.

Ho, si la petite pause culturelle vous a plu, vous devriez taper « Mais qui a niqué Mickey? » sur Youtube, c’est délicieux, ça se mange sans fin!

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