Daily Archives: 26 janvier 2012

Ces petits riens (Deuxième round)

Cette fois encore, je ne peux vous offrir qu’une bête critique croisée sur la Japanimation et ses petites joyeusetés périphériques. Ne vous faites pas de soucis, de vrais posts un peu plus passionnés arriveront avec la suite, parce que ces saloperies de Skyrim et Katawa Shoujo (… encore) me pompent un temps caractéristique mais damned, il y en a des choses à dire sur ces trucs. En attendant, prenez donc ces quelques pensées sur deux autres œuvres japonaises qui, encore une fois, n’ont pas la prétention de bouleverser votre quotidien : la culture de la simplicité et la « tranche de vie » en sont les lignes directives!

J’ai entendu (ou plus honnêtement, lu) beaucoup de bien d’Un bus Passe. S’est passé chez moi un sentiment très empirique : sachant qu’il s’agissait d’un one-shot et que ça fait une demi douzaine de fois que je leur reproche un manque de profondeur – et ce n’est pas nécessairement une question de « temps » – j’espère enfin trouver la bonne muse du genre, surtout en comparaison avec le très émouvant Solanin qui, lui, faisait deux tomes mais qui aurait, dans un sens, pu exister sans sa deuxième moitié. Quelques articles passionnés (subjectivité totale les enfants) ont fini de me convaincre et voilà que je lis le manga, le temps de parcourir la ligne 6. C’est avec un embarrassement significatif que je peux vous dire que j’ai trouvé ça super dispensable. Smiley triste.

Un bus passe est une compilation d’histoire (très courtes) ayant toutes pour postulat un point commun que vous aurez deviné, celui de partager un arrêt de bus comme repère important de narration. De la même manière, chaque histoire se veut romantique et nous étale des petites pastilles de romance là et là…

Laissez moi vous parler de ma vie universitaire le temps de cinq lignes. Récemment, beaucoup de profs me reprochaient de fournir des copies stylisées mais incompréhensibles, une femme que je salue m’a même récemment demandé si je me foutais d’elle/si j’étais fou. Passé le stade de l’incompréhension, j’ai relu mes écrits et j’ai effectivement constaté qu’il m’arrivait de ne jamais terminer mes

…ce qui pose présentement un petit souci de compréhension et m’a valu des notes, par définition, en dessous de la moyenne, vous voyez? Un bus passe, c’est un peu la même chose, j’ai un gros souci tant sur la forme que sur le fond. Je crois qu’il y a une huitaine de nouvelles dans ce tome publié par Kaze, chacune ne devant pas dépasser vingt pages. A partir de là, il faut accepter le format extrêmement fragmenté de ces machins, pas d’exposition, jamais un réel sens derrière tout ça, juste une vision; un aperçu d’histoire potentielle effleurée de manière délibérément délicate. Le souci, c’est que… je n’ai pas toujours compris ce qu’il se passait. Plutôt dingue pour de la romance légère, non? J’imagine qu’il est plus simple de picorer un chapitre à la fois mais cela signifierait ouvrir son manga pour deux minutes, montre en main! Passé les premiers récits qui ne mobilisaient pas plus des facultés intellectuelles qu’une émission lambda animée par Morandini, je m’acheminait tranquillement vers la fin du tome qui faisait péter une intrigue, on va dire, plus poussée… mais cette fois avec des personnages complètement interchangeables, au sexe parfois pas bien défini (mais là ça doit être un choix délibéré de chara design et je suis un peu de mauvaise foi, ce n’est pas une question en suspend) donc la lecture de ce one-shot va beaucoup dépendre de vos goûts et de la manière que vous avez d’appréhender une œuvre légère… mais légère légère, légère gazeuse quoi, limite lénifiante. C’est étrange parce que je pensais être un bon candidat pour la romance parfois naïve, limite exagérée (je suis un chamallow rose sur le sujet dans la vraie vie, vous n’avez pas idée) mais je ne sais même pas si on peut parler de romantisme tant tout cela paraît peu concret. Exemple : la toute première histoire parle d’une fille qui fait des voeux en voyant passer des avions et d’un mec qui a du mal à fourguer ses tracts. Fille rêveuse, mec plus âgé au travail pénible. Nous ne sommes pas dans une autre dimension tout de même, rien n’indique une future relation entre eux… mais rien ne se passe quand même, concrètement, tout était implicite, on reste spectateur d’un non-début de romance, à peine si les deux se croisent du regard en remarquant qu’ils sont du sexe opposé, juste quelques généralités sur le sujet. De jolies généralités, servies avec le minimum de sel mais cela semblait un peu forcé, artificiel. C’est une question de regard : certains aimeront et trouveront matière à apprécier, d’autres lui reprocheront de sévèrement manquer de substance. Après, la question subsiste – est-ce vraiment légitime de parler de manque de substance avec un genre pareil?

Si c’était seulement ça! L’ensemble est vraiment foutraque. Ce simple manga se comporte comme une série qui, après quelques années, tente des figures de style sorties de nulle part pour varier un peu les choses. Ici, c’est une histoire un peu fantastique qui viendra briser le « train train » – devrais-je dire, le « bus-bus » lolilol tmtc – et on la croirait sortie d’un dessin d’enfant. Mauvaise chose? Là encore, c’est discutable… en tant qu’on parle de dessin, il faut vraiment adhérer à ce style. Il y a de la bonne volonté (le manga est physiquement plaisant à lire, agréable au toucher, beaucoup de pages couleurs, bref l’ambiance calfeutrée est fournie avec) et on sent un réel investissement de l’auteur mais (attention, le point connard est sur le point d’être franchi) je me suis réellement demandé quel âge avait le scénariste derrière tout ça. Nullement une question de maturation amoureuse – je n’ai aucune prétention à juger qui que ce soit sur le sujet – mais Un Bus Passe semble avoir une vision terriblement… japonaise des sentiments? Haaaaaa un vortex de cynisme vient de se former sur mon écran haaaaablblblblbb ~

Bref typiquement le genre de livre qui mérite probablement de trouver son public mais de mon coté, je trouve ça tristement sans interêt. Il est impossible de lui reprocher un manque de saveur mais ces histoires sont tellement diffuses, s’installent dans une espèce de redondance gênante (un amour naissant mais contrarié ou juste ignoré par untel) et je dois aussi vous avouer que j’ai trouvé la fin de la toute dernière histoire SUPER CREEPY. En tout cas, là aussi c’est typiquement le truc que je vous déconseille d’acheter mais qui peut se lire en lousedé dans la Fnac, histoire de provoquer la mort des petits commerces, des maisons d’éditions, des éditeurs, des gens et de l’équilibre du monde, bien joué. Je me sentirais presque coupable de ne pas avoir aimé Un Bus Passe, je suis le premier client de sentiments simples et heureux véhiculés au travers de belles histoires éphémères mais il faut croire que je suis allergique à cette forme là. A vous de voir, ça méritait quand même un demi-post.

A partir de cette ligne, je veux vous sentir suer l’émerveillement et la naïveté enfantine…

… c’est le POINT GHIBLI.

Dans un registre pas si différent, celui de la romance suggérée, le Ghibli nouveau ne se défends pas mal. La Colline aux Coquelicots est un (petit par la durée, petit par l’ambition, probablement) film rempli de qualités… constat honorable quand on sait qu’il est réalisé par Goro Miyazaki. Vous le savez peut être, occuper sur terre le corps du fils d’Hayao M. n’est pas un fardeau qui a l’air d’être évident à porter, la relation entre les deux hommes est glaciale. Ce film – qui, en V.A., possède une signification un poil différente (From Up On Poppy Hill) – est tout de même issue d’une collaboration. Très peu démonstrative, les deux ne se sont probablement pas regardés dans les yeux une fois du long, mais collaboration il y a… et il paraît que son premier film, Les Contes de Terremer, a reçu un accueil un peu moins enthousiaste. Pas vu de mon coté, pas pris. L’étiquette Ghibli et le bon souvenir qui émanait d’Arrietty suffisent à nous pousser vers les salles et c’est dans un carré vide que nous avons pu voir ça. Bonne nouvelle, c’est bien, mais voilà quelques petites pistes pour nous permettre de râler – bah oui, toujours, questions de principes.

Ce film a un gros souci d’exposition. Question de choix, d’erreurs, de flou volontaire, c’est discutable, mais quand bien même on devine nettement qu’on est pas du tout dans le temps présent, il faut attendre le deuxième tiers du film pour avoir un repère temporel tout sauf subtil ; une affiche des JO pour Tokyo, nous sommes donc en plein dans les sixties. D’autre part, le film s’ouvre sur une maisonnée très Balzacienne, version intégralement féminine – cette pension n’a aucune incidence sérieuse sur le reste du film, on se limite à sa porte. Oui, c’est du premier degré.

D’autre part, les persos sont ‘achement mécaniques. C’est peut être un poil renforcé par sa VF qui ne repousse pas les limites du génie mais les persos se coupent d’une manière très peu … humaine, on dirait qu’ils se lancent dans des dialogues pré-enregistrés, c’est une impression fort étrange, vous comprendrez peut être de quoi je parle mais je n’ai jamais vu ce genre de petite broutille dans le boulot de papa Hayao. Lui qui aime bien les longs plan séquence qu’on pourrait – de manière un peu flemmarde –  qualifier de « naturalistes », ici il est plus question de récit lapidaire et un peu maladroit. L’histoire? Une fille hisse un signal en langage des drapeaux tout les jours, un garçon le comprends et y réponds via un poème (je ne me souviens pas de ça, c’est juste gênant) et à partir de là se suggère un début de truc – ce n’est pas une relation, ce n’est pas une romance, c’est totalement nouveau et c’est un TRUC – derrière une autre intrigue sympathique; un bâtiment universitaire au destin compromis. En gros, La Coqueline aux Colliquots est comme un épisode de Hé! Arnold porté sur grand écran. Il n’y pas cette emphase sur les habituelles contrées verdoyantes, pas un micro-gramme de fantaisie. C’est probablement ce qui caractérise le plus cette distance entre papa et son fiston – Goro nous signe ici un film que ne fait pas du tout rêver. Quoi qu’on puisse en dire, ça ne peut pas jouer en sa faveur mais ça permet un scénario relativement original… mais foutrement confus.

La fin du film arrive terriblement vite! On est un peu « arraché » de cet univers, ça se termine sur une non-conclusion, sur la résolution mystérieuse d’une intrigue originale et assez bien menée. Je ne veux pas dire que c’est une histoire qu’on a jamais vue, loin de là, mais elle est bien amenée, à défaut d’être bien racontée. La musique est cool et correspond bien à cette visée rétro – ce bruit mécanique qui fait l’ouverture du film est adorable – et le contenu possède un cachet très… patriotique. Il me semble qu’à la fin du générique une ligne du genre « fiction bla bla toute coïncidence est le fruit de votre imagination » mais la guerre de Corée plane tellement sur l’intrigue, c’est impossible à ignorer. L’emphase sur la solidarité Japonaise estudiantine est telle que je ne savais pas si je devais être touché ou mal à l’aise, et je ne sais pas si on peut parler d’angle d’attaque « personnel » pour le rejeton. Quoi qu’il en soit, La Colline… se cherche un peu mais manque peut être d’identité, de ligne claire définie. Qu’est-ce qu’on peut en retenir? Un descente en vélo? (Oups, La Traversée du Temps) La mer? (Citer ici le bazillion de Ghiblie où on voit le Grand Bleu) une non-romance? (Idem) on pourrait dire que la vraie star du film, c’est ce fameux quartier latin avec ses énergumènes, son journal clandestin et tout le tralala mais je reste désespérément persuadé que ce sont des thèmes plutôt adultes pour un film destiné aux plus jeunes. Ha, sinon – les personnages sont un peu exagérés dans leur physionomie, ils sont trop grimaçants – dont cette belle plante à lunettes qui est surement très intelligente mais qui passe l’intégralité du film a regarder en l’air comme si elle était en communication constante avec Hiro HIto – je sais bien que c’est un prérequis du film d’animation pour jeunesse japonaise mais ça peut agacer quand ça manque de subtilité, c’est ici le cas.

Étrange, peu mémorable, La Colline aux Coquelicots reste un film tout à fait charmant qui manque un peu de magie. Je ne parle pas nécessairement de dragons et de gentlemens en haut de forme mais peut être un peu plus… de beauté, voilà. Cette petite cité portuaire possède un charme tout particulier mais ne transporte pas comme le ferait n’importe quelle autre film de la boîte au nom sacré. Il n’empêche que sieur Goro deviendra peut être grand un jour et sortir un film d’animation de ce genre reste un travail tout ce qu’il y a de plus respectable – allez quand même le voir, sortez en lousedé de votre salle après Millenium et faufilez vous immédiatement dans la salle correspondante de votre UGC, personne de vérifiera. Tu passeras un bon moment un peu mitigé mais tu auras oublié tes petits soucis le temps d’une heure trente. Tu vois, j’te l’avais dit.

Bien, la prochaine fois, un article totalement novateur et démentiel qui inaugurera un concept jusque là jamais vu sur les internets. J’en suis sûr, cela sera fédérateur : je vais me filmer en train de manger un

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