Daily Archives: 5 décembre 2011

Nécropost

Petite respiration glouglou-musicale introductive.

Je sais que ça ne se voit pas beaucoup car on n’ose pas trop y penser ou on y pense pas tout court – et ce serait normal – mais la DS est en train de clamser, là. Pas d’une mort douce et gentille, elle saigne au compte-goutte depuis déjà un certain temps et la 3DS, risquant déjà le syndrome de mort subite du nourrisson, n’a fait qu’aggraver les choses… Le tapis roulant des générations (même si ce terme est un peu impropre, j’ai du mal à croire qu’on puisse réellement qualifier la 3DS de console « next-gen » plus qu’en console « plat du jour ») mais la voilà qui perd la lumière dans ses yeux en faisant « Rhaaaaaaflblbflbl ». Traduisez : « Laytooooon »

Qui dit mort d’une console dit catégorisation quasi-automatique de la précédente dans le paquet rétro – ce n’est que ma définition, prenez la comme vous voulez – et on peut se pencher et se souvenir de la très cool Game Boy Advance. Il y a deux ans, je faisait un petit hommage à la Dreamcast – et voilà, cela fait déjà quelques temps que la GBA a fêté ses dix ans. Enterrée et décomposée depuis un certain temps, elle a même servi de terreau pour la suite du grand cycle de la vie des consoles portatives Nintendo – plus l’amélioration constante du même support et de la même bécane dans un espèce de grand cycle interminable mais qui commence à bider, hum hum. D’ailleurs, vous ne vous rappelez peut être pas que Nintendo adoptait déjà la folie des déclinaisons avec la GBA, SP, Micro, un vrai tableau de grammaire Allemande!

Ce soir, souvenons nous de cette joli petite machine violette, peut être que certains d’entre vous avaient la transparente – qui en avait sous le coude. C’est l’un des rares exemples où Nintendo développe quelque chose en conjointement logique avec la console de salon qui suit – mais l’occurrence du « rare » se justifie du fait où c’est la seule fois où c’était réellement le cas. Bien entendu, il y a eu quelques fausses pistes et espoirs rapidement réprimés – souvenez vous de ce fameux E3 où un Miyamoto tout enthousiaste nous montre ce Kirby évoluant dans une sorte de flipper sur l’écran de télévision… qu’il fallait diriger en penchant la console portable. Personne ne savait comment ça marchait et pour cause, on n’en a jamais entendu parler – c’est allé rejoindre les limbes des grandes annonces, quelque part entre Rayman 4 et le Wii Vitality Sensor. (Hahaha)

Quoi qu’il en soit, la GBA est LA console qui a lancé le gimmick où se repose le prétendu avenir de Big N – la connectivité entre une console portable et la télé. Deux écrans qui interagissent est un concept vieux comme Hugh Hefner mais cela se faisait d’une manière assez novatrice les quelques fois où c’était utilisé. Je vais ramener les exemples que j’aime utiliser en boucle mais c’est parce que ce sont les plus marquants à mes yeux – Zelda Four Swords Adventures, par exemple, représentait le fin du fin. Pour en avoir fait deux uniques soirées dans ma vie (réunir le matos pour une partie à quatre était quelque chose de légendaire) la difficulté du prérequis correspondait tout à fait au fun procuré par ce mélange coopération/baston insidieuse où la moitié de l’action se passe sur l’écran individuel. C’est là le mot clé – individuel – quand le gimmick était bien exploité, les phases « privées » étaient une porte ouverte à nombre de trucs formidables. Ca n’a pas changé et la Wii U se calquera sur ça mais hé – ce n’est, au final, pas nouveau. Que dire de ces jeux formidables mais isolés, genre Mad Trax (Rayman 3, 2003) où le joueur 1 construit une route façon Tétris sur sa GBA et le joueur 2 doit rouler dessus en franchissant des checkpoints? Fabuleux. (A noter qu’il sortira au printemps sur XBLA mais sans ce mini jeu, je suppose pragmatiquement) autre exemple, le remake de Sonic Adventure 2 permettait un petit mini jeu en mode Chao pour compenser l’aventure/tamagotchi de la version Dreamcast, dont la carte mémoire permettait un « gros » mini jeu portatif. Une compensation agréable, renouvelée avec Animal Crossing… (ce qui m’amène logiquement à invoquer ces petites featurettes qui n’auront jamais dépassé le Japon, comme l’E-Reader, lecteur de contenu additionnel… dont on va acheter les cartes en librairie, façon Magic – cool quoi)

La GBA, c’était bien plus qu’un câble officiel à 30 Euros qu’on pouvait trouver au cinquième de prix chez ce fournisseur au nom oublié qui faisait des tonnes d’accessoires plus ou moins rigolos pour la console (dont une lampe portative venant directement pomper sur les piles, pas folle la bête) c’était surtout la première console portable qui permettait une véritable connexion entre les joueurs. Non, ne me sortez pas que vous avez déjà joué à Tetris avec vos cousines, c’est irrecevable et improbable : le système était simple, l’équation, imparable, il fallait X-1 câbles, X étant le nombre de joueurs concernés dans la partie fine – parfois, une cartouche suffisait mais ô nombre mémorable de parties mémorables de Bomberman (jeu mémorablement mémorable), de Mario Kart, j’en passe et des meilleures. Jouer à deux en gardant son propre écran avait quelque chose de nouveau et cela paraissait in fine trop pratique pour être beau – de toute, le besoin d’online n’était pas présent puisque trop intangible et on nous encaguait pas avec les codes amis. Damned, je suis à deux doigts de citer Cabrel.

Bon, je vais essayer de ne pas trop m’encanailler dans la bête description mais cas où vous chercheriez des idées de Roms à télé- de cartouches à trouver au coin d’un étal, mais il faut dire que c’est sur ce petit bonheur portatif qu’un certain nombre de saga sont nées. Souvenirs, souvenirs…

Golden Sun : Et ouais, ca aussi ça a dix ans, du coup. Si vous vous souvenez des images vues sur le test Game One, vous êtes des vrais parmi les vrais. Cette saga – ou devrais-je dire cette trilogie qu’il serait temps que je complète – est l’un des jeux les plus emblématiques et mémorable du support. Pourquoi? C’est l’un des RPG les plus efficaces qui soit. Scénario héroïc-fantasy avec des héros aux pouvoirs psychiques, progression par carte globale où des lieux-dits permettent d’accéder à des Donjons/Villes qui font avancer le scénario, combat calibré et système d’invocation à la fois complexe et bien amené, cette paire de jeu avait la particularité de se diversifier : après une première moitié (relativement) dirigiste, sa suite vous laissait un peu plus en plan et permettait aux moins doués de faire des allers-retours gratuits sur le continent. Grand pilier de la sainte tradition de la 3D isométrique, Golden Sun était impeccable à tout points de vue : bon scénario, personnages attachants, gameplay aux fines herbes et durée de vie très solide, le genre de jeu qu’on refait tout les 3 ou 4 ans, pour se souvenir.

Advance Wars : Même (agréable) puntion : deux volets sur GBA, la saga s’assombrit la génération d’après. En attendant… Advance Wars (pas fondateur en soit puisque simple maillon d’une grande série de jeux un poil redessiné) fait partie du panthéon-des-grandes-série-que-j’aime-beaucoup-et-vous-aussi. Pourquoi? Il m’a fait aimer les jeux de stratégie. Le temps que vous ramassiez vos yeux expulsés par ce non-sens apparent, dites vous bien que je parle de vulgarisation – quand on grandit avec Big N, on se rends compte que, mine de rien, ils essayent de t’initier à d’autres genres en faisant des jeux simples au gameplay épuré. Bon, Advance Wars, il faut raison garder, n’était pas simple. Des armées, des généraux aux pouvoirs spéciaux, tout le monde se créé des unités, avance et se met sur la gueule au tour par tour. Simple, plus compliqué que prévu et nécessitant un raisonnement à plusieurs vitesses, la confluence du court et moyen terme étant CAPITALE dans ce jeu. Scénario annexe mais présent, graphismes enjoliveurs et animations fluides, Advance Wars rendait la guerre amusante et addictive, ce qui est un peu… inquiétant.

Wario Ware : LE jeu 2004. Évidemment que Wario n’était pas une invention toute fraîchement pondue mais je trouve que c’est précisément cette saga qui lui a donné une contenance après ces bons mais pas si mémorables quelques essais de plate forme. Cette fois, Wario a besoin de pognon et, flugurance, décide de faire son propre jeu vidéo. C’est une feignasse et comme toutes les feignasses, il laisse passer une sorte de génie dans son oeuvre et créé ainsi le genre des micro-jeux. Wario Ware, c’est ça : une folle succession de pastilles aux graphismes volontairement pourris où un timing très étriqué (2/4 secondes) permet à peine la compréhension de ce qui est demandé, puis son exécution. 200 jeux, classés par thèmes, on les enchaîne le plus possible, les boss font presque office de respiration, on emballe le tout d’une tripotée de bonus et voilà l’une des meilleures idées que Nintendo a eu jusqu’à présent… ce qui a donné moult suites sur diverses consoles, les éditeurs s’était fixés pour contrainte de ne sortir un opus qu’à chaque nouvelle façon de jouer. Dommage, il faut pirater Twister pour y jouer mais hé, ça a donné l’un des jeux Gamecube les plus addictifs qui soit. Trois pouces levés.

Yoshi Island et autre Marioleries : Oui mais vous comprenez, tout ça possède une dimension mémorielle, ressortir de vieux jeux super Nintendo refaits avait une importance d’ordre public et… non, trêve de naïveté, voilà. Au moins, ça permettait à des jeunots comme moi de découvrir ce qu’on venait de louper de peu. Le véritable foutage de gueule résidait davantage dans les remakes de jeux Nes vendus à 30 Euros l’unités. Ca, ça craignait velu, d’autant plus qu’acheter Animal Crossing sur Gamecube permettait de se taper la quasi-intégralité de la collection, sur écran de télé, de surcroît. Bah, les remakes Super-Nes n’était pas si datés, Yoshi Island faisait même parfaitement illusion et on parle de jeux au gameplay si chiadés que leurs gimmicks (carte du monde) sont encore pompés à tort et à travers de nos jours.

Kuru kuru kururin : mais oui, c’est une saga, derrière ce nom improbable (donc Japonais) était sensé se cacher… un opus Gamecube, lui aussi parti rejoindre le sein d’Allah quelque part dans le processus de développement (à moins qu’il ne soit sorti qu’au Japon mais être factuel, c’est pour les faibles) ce qu’on va appeler KKK (pour un tas de raisons évidentes) faisait partie du line-up de la console et possède même ce statut étrange de tout-premier-jeu-de-la-console. Sorti de nulle part, plutot rigolo même si exploitant très peu les capacités de la console, les aventures puzzlesque de ce vaisseau spatial en mode « virage éternel » avaient quelque chose de fascinant, probablement une sensation liée à la découverte de la console, allez savoir. Assurément un jeu qu’il ne fallait pas dégainer dans le métro – non seulement parce que personne n’osait sortir son engin (sa GBA, hein) en public, on y voyait rien et cela demandait une trop grande concentration. Gros défaut : une durée de vie un peu ridicule (je crois que j’ai fini ce jeu avant d’ouvrir le paquet cadeau qui le contenait – et oui, c’était la même cartouche, j’étais un petit malin impatient.)

Comme un air de dayjavou

Les rééditions de Final Fantasy // Ronflzz sinon j’ai essayé Tactics pendant une dizaine de minutes, voilà, je pense que je viens de donner un sens à cette session de jeu. Je ne doute pas un instant de la qualité de tout ces jeux mais ce n’est juste pas ma tasse de thé, place majeure dans la ludothèque GBA bla bla blah –

… et autres. La GBA aura servi de continuité pour nombre de licences fabuleuses : Pokémon, Métroïd, Castelvania, autant de jeux où on fait des allers-retours comme s’il n’y avait pas de lendemain et où la difficulté semble égaler le courage qu’il faut pour se brosser les dents ou manger une banane – jusqu’à ce qu’un boss nazi vienne soudainement nous casser les dents (souvent un nom commun, d’ailleurs – Le Cauchemar, La Mort, Le Régis) et Zelda, The Minish Cap, dont vous pourrez trouver un Let’s Play complet sur le Velvet.

Ha, la GBA… quel bonheur c’était d’insérer tes cartouches inusables (passées plus d’une fois à la machine à laver, aucun dégât) dans tes petites barrettes innocentes! Te partager avec des amis, s’en faire de nouveaux grace à toi! Aujourd’hui, tu es rangée au fond d’un tiroir entre deux Science & Vie Junior mais c’est promis, tu n’est pas oubliée. Ton esprit, ton autonomie bouffeuse de piles et ton petit écran d’introduction vivotent dans la mémoire collective. Avec un peu de chances, tes jeux arriveront un jour pour les pauvres âmes qui ont le programme ambassadeur sur 3DS. Bon vent au firmament des bonnes consoles, ma vieille!

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