Monthly Archives: octobre 2011

Salles obscures et goûts mainstream

~ Attention. La remarque qui va suivre sent bon le mauvais esprit ~

Je regardais le calendrier du blog et je me rendais compte qu’à peu de choses près, j’étais pas loin de faire un space invader avec les jours de parution. Très nourri intellectuellement par cette réflexion, je me rendais immédiatement compte qu’il n’y avais que SEPT JOURS EN GRAS. Sept foutus jours. C’est TROP PEU. Sans arriver à mon petit ratio habituel, je me devais, en ce jour d’Halloween, arriver au moins à un joli 8. Ce chiffre est joli avec ses deux axes de symétrie, c’est une bonne alternative. Comment remédier ce problème d’ordre capital?

Je peux pas fêter Halloween en rédigeant ce post qui me trotte dans la tête depuis quelques temps et qui me ferait passer pour un fou dangereux où j’y expliquerais le concept de « grotesque » dans le manga. Par la même, je ne saurais pas consacrer tout un billet à une nouvelle vidéo passivement flippante du web… mais après Fabienne Dupond et le Violongay, considérez ce jeune homme comme étant « Mister Halloween 2011.

Enfin, je me suis dit que j’étais peu allé au cinéma cette année. Dans des conditions fort plaisantes, ça, c’est certain… mais peu de fois. C’est mal! C’est très mal! Paf, il se trouve que je ne suis allé voir que dix films depuis le premier Janvier 2011. Dommage, trois jours plus tôt, j’aurais peut être fichu Scott Pilgrim en tête de ce top 10!
Ce n’est pas sensé être éclectique, cela n’a rien d’une consigne, ce sont juste, factuellement, les dix films que j’ai vu. Go!

10) Very Bad Trip 2

Faut pas se laisser avoir : c’est pas parce que je le met tout en bas que c’est foncièrement le pire film, voire même « le moins bon ». J’ai ri devant, sans aucun doute, j’ai passé un bon moment et je me souviens pas avoir payé la place – tout bénef. Faut quand même ajouter que je n’ai pas vu – toujours pas à l’heure actuelle – le premier et mon point de vue envers ce film est probablement un peu biaisé : si on considère que cette suite reprends la formule de son supérieur hiérarchique en l’enrichissant d’une façon mollassonne, difficile de considérer ça comme un film incontournable. Ca peut paraître dingue mais de mon point de vue, une histoire où trois copains se réveillent après une cuite et doivent reconstituer les évènements de la nuit passée est une histoire inédite! C’est prévisible comme jamais mais plutôt drôle et bien porté par ce trio d’acteurs, ce clone de l’Angry Video Game Nerd, ce beau gosse à lunettes dont le nom m’échappe et le troisième. Enfin, ce film rappelle pourquoi le futanari est sensé être un kiff caché. Voilà. Drôle, pas transcendant, il fera dans un avenir proche une soirée distrayante sur Canal ou TF1.

9) Harry Potter et les Reliques de la Mort

A 21 piges tapantes, je fais partie des ultra-chanceux qui ont lu Harry Potter en grandissant. Les quatre premiers tomes en (superbe) cadeau dévorés entre la sixième et la cinquième, chaque film sorti était plus ou moins raccord avec ma propre vie. Je vais pas comparer mon existence à celle du personnage de Daniel Radcliffe (j’ai de bien meilleurs goûts en nanas non mais hein bon hé) (et mes amis d’enfance ne feront pas de gosses entre eux, z’êtes fous ou bien) mais chaque film est un énorme plaisir symbolique – toujours matés avec une personne différente, importante, huit âmes symboliques y sont passées. Je vais pas jusqu’à chorégraphier ma vie hein mais passons à la substantifique moëlle : ce film était décevant. Après, question logique : comment ne pas être déçu après une saga pareille? Vous étiez content après la fin de Lost? Après n’importe quelle saga, SF ou pas? C’est impossible. Là aussi, place délicieusement gratuite et avant première rigolote à Bercy mais foutue 3D. Elle ne servait à rien de rien. Le film en lui même était plutôt cool, fidèle au possible (très difficile avec un contenu aussi dense) mais le doublage VF est toujours un peu involontairement hilarant et les gens aplaudissaient pour un peu n’importe quoi. Hey les gens, on n’applaudit pas la mort d’Harry Potter. Il faut être un sacré cynique, damned.

Je dois avoir un petit truc irrationnel contre David Yates après la super-déception de L’ordre… avoir un réal par opus semblait une excellente idée et quand on se souviens de la rumeur Terry Gilliam, c’était comme Sonic jouable dans un Smash Bros. Sauf que…

8 ) The Tree Of Life

7) Drive

Il serait tout à fait compréhensible de se sentir un poil lésé après avoir vu le joli minois de Ryan Gosling dans cet univers un peu kitsh, composé de musique shoegazing et d’immenses titres en rose fluo. Sans s’attendre à un nouvel opus de Fast and Furious, l’affiche et le titre te font penser que tu vas assister à quelque chose de rythmé et prenant, façon Collateral (un peu invoqué au hasard mais vous voyez les genre) hé ben paf, ce n’est pas du tout ça. Drive est un film – attention mot poncif – intimiste. Vous connaissez peut être ce réalisateur, c’est un habitué des personnages très monolithiques, celui là est un poil plus nuancé. La séquence d’ouverture est top – des règles, un braquage, une petite virée nocturne et soudainement, on s’arrête. On cultive le silence. On flippe un peu, mais on sait que le « héros » va quand même pas se faire trouer la peau dès les cinq premières minutes… puis ça repart, doucement. Après, c’est tout une esthétique comparable à cette musique noyée dans les effets (ce qui n’est pas le cas du film, se référer à numéro 5) – le temps ralentit, on pose une petite histoire d’amour potentielle bientôt perturbée – on voit le truc progresser, lentiement, trèèèès lentement… et soudainement, c’est reparti. Un silence, bang bang, scène d’ultraviolence. Puis une autre. Et encore une dernière! Tu en ressors sans trop savoir quoi penser, tout et son contraire, un peu schizophrène, comme le script. Après, inutile de rejoindre les critiques pro un poil pompeuses qui sortent les arguments du genre « haletant » car on ne pourrait absolument pas dire ça du film dans sa globalité. C’est pas un mal, c’est juste un poil bizarre. Probablement visionné avec un état d’esprit améliorable, je ne sais pas. Il vaut le coup d’oeil, il peut probablement conduire à une déception mais il ne laisse pas indifférent. Attention, fin qui envoie le tapis roulant de clichés. Marrant, parce que Drive fait effectivement très *fashion week*, hahaha.

6) Scream 4

Parce que j’aime l’humour subtil.

Oui héhé. Pourquoi pas finalement? Complètement étranger à la saga de Wes Craven (je ne sais pas si les Scary Movie sont à considérer en temps qu’ouverture vers le genre du film d’horreur) je n’avais aucune traître idée de ce que voulaient dire ces trois films. Je m’imaginais des trucs très premier degré, nanards sans vouloir l’être, plaisirs coupables… et vlam, Scream 4 s’avère être un plaisir tout court. Hé ben tu parles d’une surprise!

Pas un instant j’aurais songé au caractère gentiment auto-dépréciatif des Scream. Mes plus « anciens » lecteurs sauront que j’aime bien faire péter le pop-corn devant des slash-movies façon Saw, histoire de voir quels sont les nouveaux pièges ridiculement tordus qui permettront de faire gicler un peu de ketchup dans la joie. Je ne sais pas si l’esprit était le même dans ses débuts mais Scream ne se prends pas du tout au sérieux – au contraire, on dirait Scary Movie en intelligent. Il est pas impossible que j’aie du caca dans les yeux mais ce film sait donner un réel plaisir et distraire, sans essayer de viser plus. Un mort? Un autre? Plein d’autres? Ouais, mais ce film fait pas peur un instant. Quand le mec sort « hé, je peux pas mourir, je suis homo » ou que le vieux flic se fait charcuter à deux jours de la retraite, c’est à se demander si les premiers films mettaient déjà en dérision des codes… qui n’existaient alors pas? Hommage rusé aux dialogues plutôt fins ou juste très auto-parodique pour surfer sur la vague? Si c’était le cas, on aurait peut être du mater ça avec des lunettes sur le pif!

5) Sucker Punch

J’en ai déjà parlé ici. Il serait tout à fait compréhensible de dire que Sucker Punch est un mauvais, voir un très mauvais film (je pense qu’il est objectivement un peu moyen) mais force est de constater qu’il est un poil fait pour nous et qu’il attire l’attention. Un film aussi maniéré, aussi minutieux sur les détails et une telle propension à la dingueries et aux « tableaux » ne peut être louable mais on a vite fait de se perdre dans les méandres de ce scénario très faussement compliqué où tout le monde perd un peu la boule. Si, en 2010, l’idée générale était « accepte un fait grave qu’on suggère depuis le début du film », on nous donne désormais toutes les clés et on profite de l’imagination débordante de cette bande de filles. Je rappelle que la bande sonore déchire comme jamais (que des reprises de pépites, mention spéciale pour ce White Rabbit) et, sans être aucunement familier aux réflexes de Monsieur Snyder, j’ai apprécié me laisser porter par ces univers fantaisistes et sortis de nulle part, sans rapport. Si il existe une notion de fanservice potable et pas trop grasse, elle doit s’apparenter à quelque chose comme ça. Il y a de l’esthétique steampunk dedans, grande « tendance » de cette année, pourquoi faire la gueule à ce film? Parce qu’il est un poil « simple »? Parce qu’au final, il est un peu « faux »? Peut être pas très fourni ou ne racontant pas grand chose? Je ne sais pas. C’était cool, peut être un peu coupable, mais cool.

4) Cars 2

Peut être un poil haut dans la liste mais le Pixar « nouveau » est, pour moi, une grande et sincère bonne surprise. Je m’étais un peu enfermé dans l’idée qu’ils avaient un peu baissé les bras avec les univers nouveaux, en attendant Brave et ce film « sur le cerveau humain ». Cette folie des suites n’était à priori pas engageant : je suis enthousiaste sur cette fameuse suite de Monstres et Cie, mais faire un autre Indestructibles? Urk urk. Toy Story 3 ne m’as pas arraché de larme et je me suis senti un peu monstre, c’est donc à reculons et en moonwalk que je suis allé voir la suite à, et de loin, l’histoire Pixar la moins réussie de son histoire. Miiiiince, ça s’avère être bien. Saloperie de préjugès!

En version française, s’il vous plaît. Rien contre Larry The Cable Guy mais la maison sait offrir de la qualité à ce niveau là, et y’a pas de chansons donc tout le monde pourra en profiter. Cette suite à le mérite de dire directement « ok les gars, on va faire quelque chose de différent et puis c’est tout » on faisant directement mourir Doc Hudson (bon, avec le doubleur décédé, ça semblait logique) … et en virant, plus ou moins, le héros du champ de vision. C’est un peu étrange car Martin est le « mec » ayant si peu de charisme, il arrive à tirer du film la conclusion « hé, j’ai beau être pas très beau et pas super intelligent, j’ai attiré dans mes filets une belle petite plante » euuuuuh… tu es certain de vouloir nous enseigner ça? Je suis très sceptique sur le sujet et il n’y a rien de personnel dans cette déclaration. Quoi qu’il en soit, la technique est au top, un Pixar sans humain et ce qui fait à mon sens la base du studio et on y trouve cet humour assez fin qui manquait dans les dernières productions (depuis Wall-E, plus concrètement) – je suis friand de cette intrigue qui parodie les films d’espionnages – là encore, la séquence d’ouverture est un grand délire où fourmille mille petites idées, mille détails qui prouvent qui Pixar continues d’en avoir dans le ventre… et ça, c’est cool.

3) Arrietty

Là encore, je vais faire redite. Cette re-re-re-relecture des Borrowers est douce comme une gâterie de boulangère – et je parle bien évidemment de pains au chocolat, viennoiseries et autres joyeusetés – elle s’apprécie de la stricte même façon à tout les âges. Évidemment, un adulte remarquera cette fameuse incohérence de la porte à fermeture variable, cette tante bipolaire aux intentions inconnues (« tueeeeer tout les chapardeuuuuurs graaaah ») et ce petit sadisme infligé à un enfant cardiaque mais Arrietty est un film réellement planant. Pas vu Redline, tiens, d’ailleurs, puisqu’on est dans le milieu. Les deux ont bien sûr rien à voir, Arrietty est un film très calme, très vert… et à l’issue un peu baddante, je dois l’avouer. Pas dramatique, très logique mais pas si attendue que ça. Pas grand chose mais une petite prise de risque (là aussi, question de point de vue) qui se loue, surtout après cette quarante-millième histoire de souci de communication entre deux peuples et ses deux émissaires. Faites vous plaisir et jetez-y un oeil, ça vient de sortir en galette!

2) True Grit

Ceci est ma confession : je n’ai toujours pas vu Le Discours d’un Roi. Vous l’aurez compris : je raisonne en films nommés aux Oscars et celui là était comparable à Drive… en plus attendu. Hé oui, c’est un remake, pas de surprise… mais avouez le, un far west des frères Coen avec Jeff Bridges et une Maka Albarn vengeresse et précoce? Bingo les enfants. Ne pas se méprendre sur le genre du film, c’est un petit road movie à l’histoire toute simple mais déroulant les choses de manière ultra efficace, puis en collant quelques scènes franchement étranges. Pas vraiment un film pour rire, rêver ou se sentir l’âme d’un pirate mais parfait pour retranscrire un genre, une ambiance, une époque… j’adore les films hommage de ce genre, ceux que Tarantino fait en brûlant-des-cinémas-par-le-feu! Moins de violence et plus de monologues un peu ratés ici, des personnages qu’on aime voir évoluer et une fin fataliste au possible – ce fut un bon film, assurément. Loin d’être excellent (et ça prouve que j’ai vraiment pas vu grand chose cette année) mais tout ce qui est chevaux, feux de camp et brigands dézingués au plomb est bon à prendre.

1) Les Aventures de Tintin

Ce post est, grosso modo, construit pour subtilement vous dire « allez voir Tintin. C’est de la bombe ». Je ne suis pas moins expert en la question qu’un autre : j’ai, comme tout le monde, lu la majorité des albums et kiffé ça, malgré ce héros désespérément plat, sans passé… et très alpha, pour quelqu’un qui ne présente pas une once de libido! Presque inenvisageable d’ailleurs dans un univers si… masculin, ce qui ne pardonne pas. En tout cas, j’ai aussi eu peur que vous en voyant les premiers trailers et nan. C’EST VRAIMENT VRAIMENT BIEN. Assez épatant, même : je dois dire que c’est le premier film que je suis content d’avoir vu en 3D. Apportant quelque chose, ne gâchant rien, c’est même une recommandation que je vous fait là, ça vaut bien deux minutes en cumulé à avoir mal aux mirettes. L’invention est minime, c’est du Crabe aux Pinces de Licornes, mâtiné de quelques transitions cohérentes… et quelques personnages phares font leur apparition impromptue. Techniquement, c’est incroyable. Le mot est fort, mais c’est le mot – c’était un peu ahurissant. Le film a même tendance à un peu se la péter avec ses effets de loupe, de réfraction, de reflets… et quand on voit ces transitions, ce registre épique et cette séquence énormissime dans Bagghar (alerte longue course-poursuite de folie où le moindre truc est un détail parmi trente chorégraphié) il y a de quoi donner sa chance au film. Yep, même pour les sceptiques – on oublie ce syndrome très étrange d’avoir un Tintin animé et qui parle dans un univers résolument british – les paroles, l’intonation, le vocabulaire, tout sent la Sheperd’s Pie dans la version originale et c’est pas plus mal. On pourrait râler contre ces deux trois trucs sortis de nulle part mais cette petite remarque zoophile m’a fait rire et le reste appartient au personnage. Une adaptation remplie de bonne volonté, à voir! C’est une obligation!

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60 minutes d’attente à partir de ce point

Haaaaa j’adore faire ce genre de post car c’est à ce moment précis que mes talents d’escroc sont révélés au grand jour, le post de convention JV. Exercice rarissime puisqu’il n’est pas archi évident de pondre un pavasse à partir de trois heures d’observations… et sans, de préférence, noyer le tout derrière des détails inutiles comme je peux le faire, parfois. Il y avait bien le Micromania Game Show, il a deux ans… un bon moment aidé par une logistique cohérente et un lieu sympa – j’ai un truc pour la Vilette, son hall et le Trabendo, cette scène/boîte si cool. Ca, c’était il y a déjà deux ans! Croyez le ou non, mais je faisais des posts encore plus gros! En 2010 il fallait faire avec l’arrivée d’un nouveau salon, le Paris Game Week, rentrant directement en concurrence avec le MGS… et le Salon du jeu Vidéo, dont on (je?) a pas entendu parler cette année – ce fut un évident succès matériel mais les Journaleux/Public éclairé n’en ont pas gardé une bonne impression et… attendez, je vais finir mon intro plus tard, j’ai un mal de bide fulgurant là.

*mal de bide*

… OUI DONC tout ça pour dire que l’approche d’Halloween et, plus généralement, septembre/octobre devenait une sorte de triangulaire où un gagnant commencer à émerger, puis à s’imposer, et vaincre par KO, le tout en une fois. Force est de constater que j’aime bien perdre une journée à surnager dans ces environnements rempli de monde à vouloir se réfugier en Ermite dans le K2 pour la prochaine décennie – et le Paris Games Week 2011 semblait un bon plan. « Semblait » sonne comme si j’allais démonter le festoche à la petite cuillère mais je ne trouve pas de raison particulière! En fait, faut avouer que la réception et les échos que j’ai eu du bazar en question n’étaient pas terrible et pour une diversité inquiétante de raisons : d’une part, certains pros accrédités qui râlaient sur Twitter ont reçu l’opprobre des RP de l’évènement et ce d’une manière un poil exagérée, voire flippante. Je n’aurais pas aimé être à leur place. De deux, cette supposée omniprésence de nichons apparents. Je sais que ça ne sonne pas comme un désavantage mais l’utilisation des « booth babes », ces nanas-hôtesses un peu potiches qui divertissent le chaland ou offrent des consoles en plein E3 semblait être un gimmick trop omniprésent et sorti de nulle part. Enfin, le nom alternatif de l’évènement était « le-salon-du-jeu-qui-sort-en-Novembre,quelle-débauche ». Dommage… mais véridique. Les deux autres, je suis moins convaincu…

En tout cas, le salon, étalé sur 6 jours (non, vraiment?) peut maintenant se vanter d’avoir fait des chiffres de champion, 180 000 visiteurs annoncés. C’est même un brin surréaliste si on fait un produit en croix avec les chiffres de la Gamescon et sa superficie bien supérieure mais je ne conçoit pas un seul instant qu’on puisse nous mentir sur ses chiffres, soit. Pas de doutes, c’était un réel succès… mais je dois avouer qu’il n’était pas archi compliqué de s’y rendre sans payer son ticket. Les gros éditeurs distribuaient les invitations, les adhérents Fnac étaient gâtés et, comme d’habitude, il paraît qu’avoir un bête site suffit pour recevoir une accréditation de « journaliste ». Un peu « au secours » quoi. Je tilterais toujours sur les blogueurs (parfois bons, parfois moins) qui se vantent de ce statut un poil chimérique puisque le Journalisme spécialisé (mais pas dans le JV, je maintiens qu’on peut faire plus ambitieux quand même) est mon plan de carrière depuis pas mal de temps et c’est une dénomination qui se mérite, urgh. C’est un privilège qu’on doit chercher de loin… et pourquoi toute cette emphase? Les blogs un peu caca c’est une chose, les gamins de 13 ans qui se baladent avec un badge puisqu’ils représentent le site qu’ils viennent d’inventer en est une autre. Urgh et double urgh.

*re-mal de bide*

Ca ne fait rien, gardons le moral. Si vous n’êtes pas familier avec ce genre d’évènements, dites vous bien (pour faire dans la comparaison très simpliste) que c’est une sorte de mini-E3 bien plus porté vers le public, un grand hall où les éditeurs de jeux vidéos dégainent les bornes d’essai pour les jeux à venir… ou déjà sortis, pour une minorité d’entre eux. Le planning des jeux exposés est, concrètement, plutôt proche et orienté : inutile de dire que tout est fait pour créer l’envie juste avant Noël pour des jeux qui, dans une immense majorité, sortiront dans entre une et huit semaines… rapport amusant, plus le jeu est éloigné dans le temps, plus la queue où s’engager pour faire une mini session découverte était éprouvante. On en reparle – j’ai donc eu la chance de me procurer une invitation indirectement, en esquivant la proposition d’une camarade de fac qui ne savait plus quoi faire d’une place en trop. En gros, et encore une fois, j’ai eu de la chance et je suis entouré de gens généreux, cool. Le temps d’emprunter ce cher Tramway qui m’emmène toujours à des évènements si agréables, me voilà arrivé à la porte de Versailles, endroit incontournable qu’on retrouve de temps en temps pour le Salon de l’étudiant, du chocolat, de l’érotisme, la foire de Paris et nombre de trucs intéressants, oh oui.

Les deux halls mobilisés sont grands, assez grands même mais malheureusement – et ce n’était que l’après midi du dernier jour… une semaine de vacances scolaires – on a quand même eu droit à ce syndrome fabuleux qui consiste à devoir faire du crawl devant la foule et des gens pas lavés pour survivre et passer d’un point A à B – pas évident, surtout devant les grosses pointures du salon – très ouvertement Battlefield 3 et son copain de l’Appel du Devoir Civique. La prochaine fois, apportez votre tuba, protégez vous la tête, seule la Peur pourra vous sauver. Tour d’horizon, une bonne répartition et une bonne gestion de l’espace, dans l’ensemble. Comme dans n’importe quel Salon du genre, les éditeurs sont bien démarqués, c’est présenté comme une petite ville avec le quartier des « grosses pointures », ‘l’allée du journalisme total » où on trouve les stands de différents sites plus ou moins connus où Marcus dédicace, encore, toujours, ce mec est increvable (et c’est tant mieux) et autre « forum des achats Compulsifs » où la Fnac persiste à vouloir nous fourguer des exemplaires de Left 4 Dead à 70 Euros, ça semble être le gimmick absolu du genre. Enfin, le mystère cosmique du salon : un skatepark en plein milieu. Avec des gens. Qui font du skate. Dessus. En musique. J’ai pas compris. Personne n’a compris. Ca me fait prendre un syntaxe très lapidaire. Pourquoi, PGW, pourquoi, ça n’a rien à voir. On y trouvait également des coins nettement moins hors sujet : un petit coin rétro confortable avec de véritables vieilleries, bonne initiative, les habituels sponsors étaient de mise. DGT (décalez d’une touche vers la droite) était présent et l’ineffable Caca Colo Zoré (remettez les voyelles à leur place) était plus visible que Russel Hantz dans un épisode de Survivor puisqu’au delà des habituelles bouteilles géantes et nanas déguisées au couleur de la marque, on avait – encore – l’honneur de patauger dans les canettes vides. De vraies cette fois, pas des shots… mais ça ne change rien : les gens sont sales. Je ne vous félicite pas, les gens!

Tout l’intérêt du salon – et c’est le seul truc proposé, il faut bien l’exploiter un peu, on ne va pas là-bas uniquement pour se payer des sandwiches à des prix défiant tout sens commun – est l’essai de jeux prometteurs au demeurant pas encore disponibles. Il y avait bien des pans du salon qui vivaient dans le passé (ce coin Guitar Hero : Warriors Of Rock avec des gens qui ne font même pas du Dragonforce ohlalalala) mais l’essentiel du truc est d’affronter une file d’attente à qualité variable pour essayer un jeu. Le salon est organisé autour des files d’attentes : s’inscrire, affronter l’heure, les deux, trois, QUATRE heures pour une logistique de plus en plus organisée selon le produit. Le saint Graal étant bien sûr la Vita, une véritable petite épreuve où il faut affronter la poignée d’heures pour essayer, pour un lapse de temps bien précis, un jeu au hasard parmi une demi douzaine. Je ne l’ai pas fait par manque d’intérêt mais je trouve que ça ne manque pas de cojones de la part des joueurs qui pouvaient à tout moment se retrouver en face d’un jeu dont ils n’avaient rien à faire. Après, la plupart des véritables guerriers peuvent s’engager à tester de belles avant premières (Battlefield, Uncharted, tout ces jeux avec un 3 collé sur la droite façon tumeur inopérable) dans des petits salons privés planqués par des paravents promotionnels en carton. Tu fais la queue, tu accèdes au paradis des élus, et on te demandes très poliment de le quitter après une quinzaine de minutes. En gros, le Paris Games Week, c’est comme être Scrat à la fin de l’Age de Glace 2.

Des jeux prometteurs, il y en avait à la pelle. J’ai presque rien essayé mais je me suis conforté sur mes opinions/préjugès : Rayman Origins, par exemple, défonce. Démentiellement joli et bien animé, on va certainement lui reprocher d’être trop facile! Je commente pas Sonic Generations, je file me le prendre en finissant ce post. Super Mario 3D possède une… 3D (duh duh) pas si punitive que d’habitude et promet quelques bonnes choses mais le format carte-du-monde-niveaux-pas-thématisés est un poil redondant (mais là encore, Rayman…) Skylard Sword à l’air beau à en crever (mais, selon les retours de ma chère et tendre, très peu maniable) et… c’est basiquement tout. Le reste de m’intéressant pas frontalement, donc… pas même de booth babes, ça devait être un mythe ou alors la troupe devait déjà être autre part à faire du show burlesque. Disons qu’à part la Vita, tout ça sortait dans un univers proche et le planning de 2012 ne concernait – dans les grandes lignes – que du FPS, pas ma tasse de thé, ou café, ou quoi que ce soit. Pour le péquin qui se ballade un peu au hasard, il y avait quand même quelques évènements qui te font largement gagner ta journée : Sony organisait régulièrement des concours très sérious business avec musique serious business ou être au bon endroit au bon moment (le tout saupoudré d’une grosse moule, avouons le) te fait repartir avec une PS3. Tu gagnes contre 4 concurrents de suite sur Dance Central 2? Paf, le pack 360 + Kinect est pour toi. Ce genre ce choses qui font interagir le public, pas nécessairement en ayant l’impression de se jeter dans la fosse aux lions avides de goodies… et des goodies, y’en avait plein, des jolis, des inutiles, des distribués, des payants, et l’habituelle palme du truc-qu’on-remet-gratuitement-à-tout-le-monde-mais-pas-à-toi est attribué à… ces fabuleuses mains Rayman (et j’aurais bien piqué ces carrés de verre décorés aux couleurs du jeux, ils étaient superbes)

*mal de bide plus là. Mangeons des blinis*

Ha d’ailleurs! C’était un peu le salon du crack puisque cette fumée artificielle un peu omniprésente n’était pas toujours suuuuper agréable. C’est peut être une manière détourné de nous faire tout trouver cool et coloré mais bon hmm. Quelques grandes activités périphériques étaient quand même de mise : pas de dédicaces (à part Marcus, encore) n’étaient proposées à ma connaissance mais on pouvait assister à nombre de conférences à la qualité inconnue, bein ouais, c’était le matin, et le matin j’ai déjà des conférences obligatoires pour le contrôle continu, hé. En revanche on y trouvait quelques tournois animés par des gens enthousiastes, des grandes compétitions sur grand écran où les français déchiraient tout. LA FRAAAAAANCE. Idéal pour un public relativement jeune, souvent composés de jeunes ados accompagnés.

En gros, face à la « déception » générale (comprenez, de mon cercle d’amis du milieu) de l’année dernière et aux premiers retours pas terribles, ce fut un plutôt bon moment en temps que visiteur. Une organisation simple et agréable, un lieu plutôt bien exploité, des jeux pas terriblement éloignés dans le temps mais un évènement très animé et sympathique… qui sera obligatoirement reconduit vu ces fameux chiffres mirifiques. La prochaine fois, si il y en a une (de mon coté) on y retournera sérieusement, c’est promis. Ce qui est garanti, c’est mon enthousiasme sincère face à beaucoup de jeux d’ici Noël… haaa, ma vie universitaire est fichue.

OMONDIEU LA DREAMCAST 2 BIENTOT DIDON OMG OMG.

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Les temps sont (toujours) durs

Yoheu tant qu’à parler jeux vidéo à tout bout de champ, changeons un peu d’horizons avec ces franchises à la mode qu’on vous rabâche à tout bout de champs depuis la dernière saison (des saisons à tout bout de champs… à tout bout de champs). Toujours pas de Doctor Who, pas de Games Of Thrones non plus, pas spécialement envie, j’ai presque maté les cinq premières minutes et le manque de sous-titres m’a découragé, autant dire que la motivation n’était pas encore là. En revanche, il y a bien un tube que j’avais envie de découvrir depuis quelques temps, un machin avec qui j’ai une petite histoire longue et compliquée… Depuis toujours, j’ai voulu kiffer Mad Men. J’ai même eu droit à une démo il y a de ça plusieurs années, à l’époque où Canal avait diffusé le niveau d’introduction. Bizarrement, ce fut une soirée entre amis où le fun devant MM n’était pas au rendez-vous. On savait pertinemment que c’était une œuvre de qualité mais c’était un peu trop lent, pas très intéressant avec des yeux d’adolescent, pas fantastique, quoi. Bizarre quand on se rend compte que c’est précisément cette année que j’ai joué, re-joué et fait découvrir Six Feet Under à tout le monde car les deux se ressemblent par pas mal de points. Déjà quatre DLC au jour d’aujourd’hui et j’ai, l’année précédente, picoré quelques passages récents au hasard pour me rendre compte (notamment devant le démentiel « The Suitcase ») que je manquais quelque chose! Alors allons-y Alonzo ~

(La cinématique d’intro est assez célèbre mais elle ne dure que vingt secondes… c’est dommage, il n’y a pas si longtemps, il y avait tout un art de l’intro à ce sujet, il est loooooin quelque part mais plus ici)

Hé ouuui le facteur décisif est bien sûr Aaron Staton, qui non content d’incarner Cole Phelps dans L.A. Noire, se fraye le rôle d’un personnage secondaire dans une motion capture plus vraie que nature. C’est vrai, le réalisme de Mad Men est au delà de tout ce qu’on a pu voir auparavant, on croirait voir de vrais gens, de vraies plantes vertes, etc, dingue! Ce cher Aaron doit avoir un fétiche pour libidineux adultérins qui vivent dans la passé puisque vous saurez probablement que Mad Men se passe en 1960. Chaque extension suit le déroulement d’une année et, par exemple, la première se termine avec la victoire de Kennedy sur Johnson. Bon, ce n’est pas à ce stade que vous aurez pigé que ça se passe aux USA et, plus précisément, à New-York. Je m’y suis remis grace à la généreuse donation des galettes tout droit importées du Royaume Uni, une bonne occasion de bosser un peu la langue. Un épisode par soir et c’est parti, je dois quand même signaler que je n’ai maté que l’histoire principale segmentée en 13 épisodes – je me met à peine à la grosse série de suites (je pourrais dire « de séquelles » mais ce serait un peu impropre) maiiiiis je me suis dit qu’il valait la peine d’en parler dès maintenant, au cas où nous serions deux à avoir un tel retard.

Mad Men est un bac à sable ouvert dans le New-York des sixties mais vous évoluez dans un hub banal, pour ne pas dire « pas très excitant à priori » qu’est une agence de pub. Une belle partie du sex appeal de ce jeu est là : concilier un concept aussi moderne et cynique façon Rosse&Witchcraft avec cet esprit désespérément rétro, pour ne pas dire rétroactif. Je reviendrais sur le réalisme de cette époque qu’aucun d’entre nous avons vécu mais c’est ce qui donne envie là dedans et c’est ce qui est exploité, en tâche de fond, la plupart du temps. Vous incarnez Donald Draper, photocopié de l’acteur Jon Hamm, en tant que jeune businessman très dynamique et assez bien gradé dans le monde de l’entreprise. Ça a un coté nouveau et inédit : votre personnage n’est pas quelqu’un qui doit prouver quelque chose et bien au contraire, c’est juste un homme au passé trouble qui regrette déjà tout ce qu’il a acquis. Vous êtes au top, vous avez votre propre bureau et une secrétaire un poil coincée qui vient d’emménager. Vous avez même un femme, deux beaux enfants et… non pas une, mais DEUX maîtresses! Bien moins looser que votre équivalent d’aujourd’hui, c’est certain. Tout pourrait couler avec cette profusion de pognon et de réussite sociale mais évidemment, les codes de la fiction sont ce qu’ils sont et votre personnage est tourmenté, pas spécialement heureux dans la vie de tout les jours. Ce hub est prétexte à nombre de missions à faire au boulot – trouver des slogans, se prendre la tête sur l’éventuel impact négatif du tabac sur la santé, repousser les péons aux dents longue à base de QTE sauvages (où il faut trouver la meilleure phrase qui tue le plus vite possible) – tout en accomplissant divers objectifs secondaires : DRAGUER DES NANAS, par exemple – il y a un succès qui consiste à avoir trente maîtresses à la fois – ou se découvrir des racines cachées, racines récompensées durant diverses cinématiques en flash-back qui nous expliquent posément que Don est (évidemment) en homme aussi superficiel dans la vie que les slogans qui lui rapportent ses montres en or.

Les PNJ sont légion et pas aussi inactifs qu’on pourrait croire – vous croiserez toute une bande de Golden boys à cravate aux caractères variés mais ayant tous en emphase ce goût très prononcé de la femme et de l’alcool. Bon, il y a bien ce brave Salavatore qui n’est probablement pas de ce bord là mais je soupçonne cette piste de n’être exploitée qu’à partir du deuxième DLC – pas besoin d’être scénariste pour avoir l’idée de faire sortir quelqu’un du placard à une époque où c’est si mal vu – surtout dans un univers machiste. Il y a donc ce jeune premier, brillant mais pistonné de partout, promis à pas mal de frustrations et dont le mariage si jeune bat déjà de l’aile… et ces quelques personnages de fond qu’on voit partout mais dont on ne sait encore pas grand chose – si ce n’est leur libido très active. En fait, c’est un jeu où le casting féminin est bien plus intéressant car il à l’air de sortir d’une autre planète, mis à part la pauvre Peggy qui va vous sembler être la seule femme normale en cette triste époque – les femmes semblent être réduites à l’état d’objet/poupées vivantes/femmes au foyer désespérées et il n’est pas bon d’avoir un appareil génital féminin dans ce cadre. Tout semble vouloir s’y aventurer et elles sont plus ou moins consentantes, comme si c’était la loi ou quelque chose du genre. « Les femmes seront traitées comme de la bouse et la plupart deviendront des machines sans âme pour surmonter cet état de fait » semble être la rêgle du jeu principale et ça fait un peu peuuuuur… encore une fois, la retranscription d’une époque est importante dans ce contexte. Qu’elle soit technologique (ho la la ce projecteur qui tourne c’est l’invention du siècle) ou historique (MAIS OUAIS NIXON VA GAGNER C’EST CERTAIN) ça paraît effrayant de se retourner et de se dire « attendez, ça a pu être comme ça à une époque et à un endroit précis? » – peut être que si les personnages de Mad Men nous verraient, nous, ils se diraient la même chose! Gosses perturbés, femmes langue de pute, tout ça est régit par des codes improbables qu’on n’imagine pas avoir été pertinents un jour. On pourrait croire qu’un univers rétro même pas steampunk pourrait être chiant : oui et non… Disons qu’il n’y a rien de technologiquement avancé, un juke-box fait presque avant-guardiste et toute la « vivacité » de l’époque est justement dans cet esprit morbide, fataliste, lent. Argh.

C’est que de la troisième personne et le point focal n’est pas toujours le même : nous sommes typiquement en présence d’un produit qui ose se balader de temps à autre pour faire attention à Tartempion plutôt qu’à Olibirius, pour changer. Vous dirigez Don mais sa principale tâche est la réussite de ses interactions avec ses proches et collègues du bureau, avec plus ou moins de réussite, cela va sans dire – c’est ce même concept qui attire les convoitises, après tout! Et vous n’aurez jamais le choix dans les prises de décisions de vos petites marionnettes virtuelles (c’est assez linéaire et dirigiste, au final) mais tout le monde dispose quand même d’un karmamêtre éloquent, et la route vers le boss final, le père de votre supérieur direct, sera longue… Celui de Don a tendance à virer de plus en plus vers le rouge : cette mission où vous mettez sur écoute votre femme via ce psy creepy a quelque chose de perturbant. Un jeu qui sait faire ressentir quelque chose par le silence est quelque chose d’assez rare : dans l’ensemble, Mad Men est lent, très lent. Ne vous attendez pas à une QTE où vous devez éviter l’assaut à la mitraillette d’un fou au bureau – il ne s’agit que de relations et de réussite sociale. C’est là qu’on trouve cet esprit très Six Feet Undurien (sic) dans ces épisodes qui se terminent sur un personnage en train de badder sur un lit, derrière une petite musique agréable de fond (quand ce n’est pas une musique d’époque. Du coup, j’imagine qu’il faut attendre le quatrième DLC pour avoir un générique de fin sur Ring Of Fire de Johny Cash) – et, de la même manière, la première mouture se termine sur un escalier. Coïcidence? Probablement. Il est certain que Mad Men a un potentiel (je rappelle que je n’ai vu que le début mais vous avez déjà quatre séries de missions à débloquer) et il est important de rappeller que le studio derrière est bien AMC, déjà producteurs de l’assez cool Walking Dead et de Breaking Bad, cette bonne came.

ABER. Si il y a bien conciliation de réalisme sophistiqué et « esprit torturé », si Six Feet Under n’était vendu en magasin que si vous montriez patte blanche et majorité apparente, réserver Mad Men est à la portée de tout les adolescents. Pour l’instant, très peu d’armes (la seule carabine qui fait son apparition est là pour une petite storyline absurde) du sexe extrêmement safe hors caméra ou avec vêtements et pas de drogues, juste un très long vomi, belle performance de ce clone du gagnant de Survivor Palau. Honnêtement, ces temps-ci une production ne brille que si elle arrive à concilier « trash », « nouvelle façon d’être trash » et « trash intelligent » – force est de constater que Mad Men ne rentre dans aucun de ces cercles et sait fasciner sans montrer de taboux ou d’interdits. C’est peut être une autre manière de retranscrire l’époque (ou de nous traiter de débauchés) mais ça fait du bien et c’est même, j’ai envie de dire, valorisant.

Revenons enfin aux missions de fond. La création de pub : ça aurait pu être l’intégralité du gameplay, ça aurait pu être un mini jeu, c’est un fragile mélange de fond entre ces deux là. J’aurais personellement aimé un univers plus tranché vers la création de ces grandes campagnes (toujours historiques, réelles) qui ici ne servent qu’à rencontrer des PNG qui insuffleront un peu de drama à l’ensemble. Il y a une esthétique, un style Mad Men mais on aurait aimé (et attention, je ne dirais pas ça pour tout) plus de tranche de vie. Poudlard, Shibusen, ceux là ne font de la scène de classe que les trente premières minutes et c’est archi-dommage. Là, la classe n’apporte qu’un propos purement scénaristique, pas gratuit… à moins de considérer que la progression dans le jeu ne se fait qu’à base de picoleries dans un bureau. Bon. C’est intriguant, joué par des acteurs sérieux comme jamais, une peinture extrêmement étrange d’une époque peu enviable et plein de bonnes pistes et de promesses.

Bref. Je vais m’y remettre de ce pas, PM, tu me files la boîte du deux?

Mmh? Quoi une série? C’est quoi?

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La traversée des matrices

Salut les copains, je suis immergé par une masse impressionnante de boulot, mes lectures n’en finissent (soyons précis – commencent) pas et je prends quand même le temps de vous pondre un petit pavasse car je sais bien que je vais tomber en syncope si je n’ai pas ma dose dans les quatre ou cinq jours hnngngn.

J’étais là a me dire que ça faisait une paye depuis la dernière fois que j’avais recommandé une Otakerie à vous, jeunes éphèbes du web. Nous sommes entre gentlemens, j’essaie de vous conseiller de bons trucs – à défaut de machins témoignant d’une grande maturité ou d’univers radicalement novateurs, on a toujours trouvé de quoi passer de bons moments et c’est toujours le minimum syndical quand on lit, écoute ou mate quelque chose. Sur ces généralités, je vaquais à la Fnac pour libérer mes désirs de dépenses compulsives et voilà-t-y pas que je tombe sur un DVD de Summer Wars. Hé ben le voilà mon sujet de post, parlons donc de ce réalisateur, Mamoru Hosodaet je vais bien sûr ne pas parler du mec en lui même mais de trois de ses films en tant que réalisateur, pour ne pas dire plus de la moitié de son boulot! Pas un boulot épique ou immémoriel maiiiiis ce sont quand même des films qui garantissent un bon dimanche après midi, sur une peau de bête.

Par contre il est bien vivant hein. Ne vous laissez pas avoir par « l’effet sépia »

Trois films, trois univers, postulats et genres plutôt différents qui ont pour point commun ce fétiche étrange mais tellement cool : les grands espaces immatériels…, avec, de préférence, de jeunes filles qui « tombent dedans. » Mes trois exemples du jour contiennent tous ce gimmick de la matrice issue d’un univers virtuel… ou d’une sorte de tunnel quantique. Bref, c’est presque la signature du bonhomme, là ou Satoshi Kon aimait violer notre esprit d’une manière un poil plus littérale (enfin – je suis de mauvaise foi, je ne me repose que sur le visionnage d’extraits choisis pour cette vanne)

Digimon, le film (2000)

Ok, deux remarques. Je sais qu’il peut paraître un poil hallucinant de la part d’un mec à la vingtaine parler de cet anime jeunesse et, par extension, de son (premier) film. Pour ma défense – et j’essaierais d’en faire un vrai post dans l’année – j’en garde toujours le souvenir d’une très bonne série qui savait construire des personnages, mettre un peu de drama ni trop gratuit ni trop léger (le show savait quand même être bien grave, voire glauque) et t’inculquait de bonnes valeurs bien grasses pour devenir le parfait petit citoyen : Sois gentil, pas méchant, c’est pas gentil d’être méchant, le pouvoir de l’amitié, etc. Je meurs d’envie de me refaire un marathon un de ces quatres… et de compléter les diffusions interrompues de la troisième saison, il y a déjà presque dix ans! Cette histoire de monstres de poche alternative peut légitimement faire soulever des sourcils avec un point de vue d’adulte et je n’irais pas la mettre sur le tapis en plein cours de Littérature Dramatique pour appuyer un propos MAIS en tant qu’enfant c’était du pur délice. D’ailleurs, vous serez peut être surpris d’apprendre que les plus extrêmes des otaques vénèrent des séries dont le public visé n’est pas bien différent (ne prenez pas trop ça au pied de la lettre non plus – j’invoque aussi le genre mécha qui lui concilie d’avantage les tranches d’âge mais je digresse) Tout ça pour dire qu’on peut prendre du fun à mater du Digimon à vingt ans, voilà.

Deuxième point : ce film est une horreur à déchiffrer, c’est en fait la compilation Fox Kids de trois courts métrages, les deux premiers étant animés par notre homme (auquel on peut accoler un style graphique très simple à reconnaître et, avouons-le, plutôt cool) et une adaptation BIEN BIEN RICAINE. Le contenu en est bouleversé jusqu’au son du bouzin puisque, mine de rien, ces gens ont rajoutés quelques hymnes pop-rock pour couvrir quelques séquences un poil trop « illustrative » – je ne sais pas si c’est une bonne ou une mauvaise chose mais j’ai eu un décrochement de mâchoire en entendant « The Rockafeller Skank » de Fatboy Slim ou… Allstar dans le générique de fin? Film maté donc tôt le matin dans un état semi-comateux cet été et je saurais pas en dire grand chose. Inutile d’aborder les grandes lignes de la série, ce sont juste trois petites histoires parallèles à la série qui gardent une certaine cohérence avec le show. Rétrospectivement, le dernier court-métrage nous présentait carrément en avance les personnages de la saison, tout en nous montrant les « réguliers » un peu plus âgés. C’était un peu dingue, on avait pas l’habitude qu’on fasse joujou temporellement avec nos personnages! C’est un film à réserver aux fans car même les amateurs du réalisateur n’y trouveront pas grand chose à redire… mais ne seront pas transcendés! On parle de deux histoires toutes connes où de gros monstres se mettent sur la tronche dans un simili-internet – et c’est aussi fun que ça en a l’air – mais ça permet d’avoir une petite fenêtre sur la vie d’un gamin japonais. Sa mère absente – puisqu’au boulot – ce genre de choses… non, vraiment, y’a pas grand chose à dire, c’est à réserver aux fans qui reconnaîtront toutes les ficelles de la série originale : une bande de copains soudées autour de bestioles colorées qui perdent en kawai ce qu’elles gagnent en badasserie. La routine.

La Traversée du Temps (2006)

LA par contre j’attire votre attention! Voilà un long-métrage pas nécessairement très ambitieux et ayant été diffusé en loosedé dans les grandes salles en France (plus récemment, dans l’habituel Forum des Halles qui semble avoir un fétiche réciproque) maaaais il est très simple de se procurer ce film et d’en profiter. Histoire simple dans un Japon tout à fait rationnel : une jeune fille, Makoto Konno, vit sa vie de jeune japonaise lycéenne et vaque à son quotidien insouciant et vaguement à l’écart des autres (pour l’instant, rien de surprenant) quand il se trouve que, soudainement, elle chope le pouvoir de remonter dans le temps. Ca ne se fait pas comme ça, il lui faut prendre beaucoup d’élan, une impulsion et hop, la voilà téléportée un peu au hasard dans un passé proche. Elle n’en parle qu’à sa tante qui ne semble pas être très étonnée : après tout, ce genre de chose est plutot commune…

Évidemment, le retour dans le temps n’as une utilité que s’il permet de remonter ou réparer quelque chose : en parallèle se développe une intrigue amoureuse triangulaire comme vous les aimez : avec des réactions mesurées et attendues, des râteaux, des moments bien maladroits et ce genre de choses agréables et légères. Je parlais d’un truc dans mon post précédent, « l’effet Don Rosa » – quand un personnage se découvre une sorte de super pouvoir, fait joujou avec et essaie de corriger ses bêtises expérimentales – là on est en plein dedans et ça donne ce genre de séquence que j’adore, personnellement. Makoto est un personnage particulièrement humain (encore heureux) et appréciable – ne serait-ce que physiquement, elle est toute CHOUPIE mais devient carrément adorable en jeune fille qui triche avec la théorie des cordes avant d’être dépassée par les évènements. Vous aurez probablement déjà croisé ce film si vous êtes familiers des Amvs HELL/ENFER – Makoto s’y prend trente fois le même train et j’ai une petite préférence pour ce clip accolé à Don’t Stop Believing, de Journey. On y trouve une émotion palpable, un truc intangible assez puissant et c’est une bonne caractéristique de ce film : sans bouleverser quoi que ce soit, il sait prendre aux tripes. On ne voit pas le temps passer, il n’y a pas un moment où on va se demander comment mieux utiliser le notre… de temps!

C’était pas gagné parce que cette histoire de forfait-flashback ne bouleverse pas un univers très bandant – on y trouve cette aspect très quotidien (vous savez, le fameux « tranche de vie ») c’est assez inoffensif – ce gimmick du retour pour faire du karaoké ad vitam ou avoir de bonnes notes est un truc vu et revu mais mixé à une excellente réalisation et une sorte d’ambiance relaxante et légère, il y a de quoi passer un excellent moment.

Summer Wars (2009)

Le dernier film est une sorte de mix habile (sans pour autant être méga subtil) des deux autres – sorti dans les règles au cinéma l’année dernière, prenait la place du parfait film du rencard un peu cliché et japonais dans l’esprit où on se demande si il faut tenir la main de sa congénère quand les deux persos principaux le font enfin – un film qui garde le même type de personnage et le même esprit. Deux jeunes, un univers virtuel, un jour d’été où les cigales font entendre et où les ventilateurs font « vrrrrRRRRrrrr » – bref le parfait petit bijou estival. Ce n’est mis en emphase dans le titre, au delà de cet aspect constamment « ensoleillé » des films d’Hosoda – l’obscurité y est rare, l’ambiance et le ton n’y sont jamais glauques » – il n’y a pas de justification spéciale à ce « summer ». Quand à l’autre moitié du titre, c’est en fait la traduction d’un grand mic-mac issu d’un vaste jeu de rôle à la mode qui, soudainement, déconne et vole les avatars et données de ses utilisateurs (et ce n’est pas un film sur le PSN ha ha hi) – comment faire? Laissons nos jeunes calés en maths réagir, il va bien falloir régler le problème puisque « l’enjeu » à la fin du film prends des proportions assez gentiment apocalyptique. Oui, il y a risque d’anihilation, mais pas grave. Le film aurait très bien pu se terminer sur un « c’est raté, la ville est rayée de la carte, passons à autre chose » MAIS ce n’est pas le genre de la maison!

En fait le film est un poil menteur mais c’est davantage à cause des attentes qu’on se fixe tout seul – en voyant l’affiche et le résumé, on s’attends à voir une bataille épique dans un monde informatique où les « humains » encouragent des bestioles charismatiques via petits pop up interposés. Oui, certes, c’est à peu près ça mais la surprise est de taille quand on pige rapidement que les deux tiers du film sont plutôt zen et se déroulent dans un cadre chamarré et bruyant – la FAMILLE.

C’est traité d’une façon extrêmement appuyée et ça ne laissera pas indifférent (ça peut plaire – c’est mon cas – et ça peut faire crier à la lourdeur) mais l’intrigue est la suivante : notre héros, masculin cette fois, dois faire semblant d’être le petit ami d’une belle plante de son entourage. Cette dernière l’emmène en vacances forcées dans la demeure familiale où se trouve de facto une masse impressionnante de gens. Je ne sais pas si vous êtes coutumiers des dîners familiaux de Six Feet Under – cette vision ricaine assez réaliste et un peu coincée est aux antipodes de Summer Wars : là, tout le monde s’entasse, c’est bruyant, les plus agès sont vénérables et insérer ici d’autres morales sur le sens de la famille. Autre mécanisme bien usité : le menteur découvert qui doit se rattraper – ici en sauvant la mise pour le domaine familial que personne ne semble vouloir quitter. Là aussi, les personnages sont plutôt attachants (même si le film est construit autour de deux personnes avec un casting de fond, une bande de dingues façon Pixar) et le film alterne les petits moments simples et précieux de la vie avec de LA BASTON VIRTUELLE OH YEAH CAYBON! Japonais jusqu’au bout des seins (plats) – avec de la tradition japonaise, du comportement japonais, des mentalités japonaises et des plats japonais.

Ho. Il y a un trap dedans. Indéniable argument de qualité.

Le premier est cool mais c’est un avis de fan. Le deuxième est agréable et prenant. Le troisième est épique : n’hésitez pas à aller chez Vidéo Futur pour choper ça, si il en existe encore un près de chez vous, ce n’est peut être pas un achat inconditionnel mais encore une fois, je ne prendrais pas le temps d’en parler pour rien. Hosoda était recalé de la formation Ghibli – cela ne veut pas dire que son boulot figure du « sous-Ghibli », mais cela veut dire qu’il existe autre chose. Go!

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Grandeur et décadence de John Tanner

Et voilà pour Respawn. Vous m’y trouverez débiter du « haaa haaa heuuu » à débit rapide, abuser du « voila », du « donc », etc. C’est également une excellente source de podcasts intéressants!

Dans le tour de table j’ai donc eu la chance de parler trois minutes de Driver San Francisco. L’occasion est là pour en parler plus en profondeur – enthousiasme compris! Si vous avez raté mes cris de jouvencelle sur Twitter, Driver est bon, vraiment bon. Un poil au delà, même, il tente quelque chose de nouveau et le fait parfaitement en retombant gracieusement sur ses pattes. Bien sûr, j’avais décidé de l’aimer avant de l’acheter. Il était quand même très probable que j’ignore royalement ce titre, jusqu’aux retours presse engageants (sauf pour Edge et son petit 6/10, hé ben? On peut plus se fier à rien!) Yathzee, sceptique parmi les sceptique, en dit soudainement beaucoup de bien et les sujets de Nolife parachèvent un teasing parfait. Du coup je serais ravi de faire le dernier maillon en ce qui vous concerne car même si il m’a fallu d’une toute petite semaine d’hypnose passive pour certains (*double clin d’oeil*) – cet achat ne sera en aucun cas regrettable. Ce jeu est FUN. FUN comme jamais.

J’ai le même passif avec la série Driver que 95% des gamers ici-bas : j’ai pas mal joué au premier sur PC – aucune idée de comment je m’étais procuré la galette – le parking tutoriel a été nazi avec moi comme avec tout le monde puis en avant les petites missions où John Tanner, flic infiltré dans la mafia, fait des courses ou rentre dans des bagnoles après les avoir compressées contre un mur. C’était fun mais avec tout ce recul ça ressemble surtout à un Gloubi-Boulga de polygones mal animés… Une décennie et demi et trois jeux plus tard, le teaser de cet opus arrive en plein E3, je suis persuadé qu’il s’agit de Driv3r (j’ai donc moi même mentalement un jeu et sept ans de retard, quand on vous dit que la comparaison de ce jeu avec Code Quantum est pertinente) et oubli général jusqu’à cet achat très enthousiaste fin Septembre. Je vais essayer d’être le plus objectif possible mais je dois avouer qu’il y a probablement un grand kiff plus ou moins rationnel derrière ça. Il est peut être un peu moins novateur que ce que je vais tenter de vous vendre, mais ma propre expérience des jeux de bagnoles est extrêmement substantielle – il faut remonter à Juin 2010 pour mon dernier post du genre avec le très sympa Blur. Celui là se vante d’être axé multi et de concurrencer Mario Kart dans un univers cartésien – Driver SF s’approche du bac à sable, avec ses chapitres, ses missions secondaires et sa ville modélisée d’un bout à l’autre. Bien sûr, San Francisco n’a pas la « vivacité » des « bacs à sable » en temps que tel puisque vous ne quitterez jamais le volant… mais quel volant?

 Rien que le scénario est couillu mais il fallait bien quelque chose de TRES gros pour justifier le gimmick du jeu. Le violeur de bébés Chris Jéricho (enfin on ne sait pas, il est en taule, supposé méchant mais il fait juste voisin grande gueule) est prêt à passer à la casserole judiciaire quand SOUDAINEMENT MAIS NON COMMENT EST-CE POSSIBLE il s’évade et fout le bazar dans la ville. Le supposé bazar. Dans la supposée ville. C’est ça le truc : trois secondes après que le bad guy soit mis en liberté, le duo principal (Tanner et son très très cliché copain flic) se fait piéger dans une ruelle et se prends un camion dans la face. Crac boum hue, Tanner dans le coma, je sais, je sais, c’est très sérieux. Ca pue le spoil mais c’est un élément d’exposition avéré qui va, de manière constante, vous faire douter de la réalité. Pas mal de trucs récents se basent sur l’acceptation d’un fait, Driver tourne tellement autour et screwe votre cerveau comme jamais… mais la réalité, elle, est tellement simple et évidente. Il n’empêche qu’allongé sur son lit d’hopital… mais aussi dans sa bagnole de flic, le Tanneur se rends compte qu’il a chopé la démentielle capacité de se projeter dans n’importe quel véhicule de la cité. Camion, taxi, ambulance, il peut prendre n’importe quel véhicule qui roule après une bête pression du bouton A qui expulse du véhicule actuel pour en choisir un autre. On peut survoler la ville de plus en plus haut… et retomber dans un voiture de sport de l’autre coté de la ville en deux secondes. C’est peut être pas du génie mais ça s’en approche! La quête vers l’arrestation finale du monsieur sera modélisée par un petit écran « affaire » qui résume les liens entre les protagonistes – ça fera un peu pshiiit dans une séquence un peu « nous serons tous changés en piles Duracell » mais chuuuuut~

Ce scénario peut paraître méga fantaisiste mais il permet plein de choses – un twist de départ pareil met la barre haute et les concepteurs ont trouvé quelques twists très intéressants – néanmoins logiques – pour tout vous dire, le jeu se termine dans une grande dinguerie surréaliste, à se demander si on ne s’est pas téléporté dans Infamous. La route vers la conscience sera longue (ne vous attendez pas non plus à un délire façon Psychonauts) et John s’avère être un personnage attachant. Malgré son look bourru de flic blasé à la cicatrice, il devient particulièrement sympathique quand il accumule les réalisations existencielles – voir ce mec tout perdu et coincé dans cet état… puis s’amuser avec est un mécanisme qu’on a tous vu (ça fait très bonne BD de Picsou Mag – dans Respawn, je parle aussi de Life On Mars, dont je recommande la version anglaise) et très bien rendu en l’occurrence. L’écriture du jeu est par-ti-cu-lièrement appliquée et les dialogues sont pas fabuleux – ce serait un peu dingue de dire ça – mais une très vaste majorité de dialogues provoquent le sourire où un petit pouffement, au minimum. Les dialogues aléatoires sont légions, les phrases sorties pendant les missions sont calibrées pour toujours être dites à un point X et Y de route ; Je trouve cette façon de procéder particulièrement pertinente et dynamique. Par ailleurs, Tanner est ceinture noire du one-liner et des phrases du genre « De la part de J.T.! Bisous » m’ont remonté le moral pour les mauvais jours. Le sens de la répartie et du bon mot habite ce jeu, on est trois dimensions plus haut qu’une sitcom qui fait semblant du type « Mon Oncle Charlie » … et une bonne écriture dans un jeu de bagnoles, c’est une qualité inattendue, du surplus zêlé et appréciable, n’est-ce pas?

Le gameplay peut être? Shifting à tout va, turbo et en voiture Simone! Elles doivent toutes avoir un cadavre obèse dans le coffre puisqu’elles exhibent une inertie particulièrement agaçante (il est très facile de partir vers d’autres cieux ou, par exemple, contre un mur le dernier checkpoint d’une course particulièrement laborieuse) et vous naviguez par dessus la carte en bon ectoplasme en plein EMI – à faire des missions « obligatoires » pour débloquer les deux missions scénarios qui boucleront chaque chapitre, huit d’entre eux. Protéger un fourgon, incarner un élève d’auto école blasé qui doit effrayer son moniteur où faire un remake de Speed sont autant de missions rigolotes mais relativement classiques et c’est LA qu’intervient la sublimation du gimmick. Au delà de son idée, le « shifting » donne source à une kilotonnes d’idées pratiques et nouvelles : tu perds la course? VA donc shifter dans une bagnole en face pour rentrer dans le groin de ton adversaire, l’I.A. s’occupe de « ta » voiture pendant ce temps! Le concept est décliné à toutes les sauces et au delà et le contenu est extrêmement fourni : au delà de ces activités qui font progresser le scénario, il y a pas moins de 80 exploits (réaliser un petit truc – aller à contresens trente secondes les yeux fermés, ce genre de choses) et 50 activités (autant de missions annexes mais pas scénarisées, dont un certain nombre rendant hommage à l’esthétique et au gameplay des vieux jeux… dont ce foutu parking. La façon de débloquer ce challenge est un véritable petit délice en soi) ce qui fait beaucoup, beauuuuuucoup de temps de jeu potentiel à cavaler partout sur l’autoroute.

Un élément bien vital puisque le jeu à une manière maligne de faire en sorte que vous ne fassiez pas tout le jeu en shift : n’importe quelle cascade rapporte des points de Willpower – volonté – échangeables contre des véhicules à débloquer et quelques améliorations rapidement indispensables. De toute manière, conduire à toute berzingue, sauter dans les rues pentues de la ville et se taper un drift de 150 mêtres en écoutant la très très cool Bande Originale du jeu sont autant de petits moments qui contribuent à un très bel ensemble. Le seul vrai point faible du jeu serait probablement ses graphismes, un poil datés mais faisant volontairement esthétique 70ies. Je ne sais pas si ça veut dire quelque chose (parce que le jeu se déroule quand même de nos jours, faut pas croire) mais l’ambiance Starsky et Hutch et assumée jusqu’au bout, notamment au travers de ces petits résumés en split-screen, toujours appréciables. Bon, c’est peut être pas exhilarant comme Blur l’était – étonamment beau et bien animé – mais il n’est pas vraiment question d’arrêter nos mirettes sur le détails des bâtiments ou la tronche des piétons qu’on ne peut paaaaas écraser, hé nooooon…

Voilà pour le mode solo, le multi nécessite un code fourni avec la boîte pour télécharger un passe – démarche un poil hallucinante mais BIEN FEINTÉE puisqu’une merdouille locale fait qu’on peut désormais, et en toute légalité, faire ça avec une boîte d’occasion, ne cherchez pas. Comment souvent avec Ubi (et les jeux Uplay, du coup) ça fonctionne via un système de tutorials, d’expérience et de rangs qui débloquent d’autres modes, bagnoles, avatars etc. Le jeu est récent et devrait rester habité pour quelques temps mais il vaut mieux profiter du fait qu’attendre pour rejoindre une partie n’est pas encore un souci!  Plusieurs modes de jeu reprenant tout les types de mission solo : bête course, sprint, checkpoint… mais aussi quelques émulations à plusieurs bien excitantes : un capture-the-trophée, suis-les-traces-de-la-voiture-étalon et même un gendarmes et voleurs plutot sympa. Le shifting est également au coeur du jeu multi et régit même un mode de jeu en particulier. On peut même, en mode « spectral », charger une bagnole et provoquer un tête à queue. Plus cool et satisfaisant, tu meurs… enfin, satisfaisant, si j’étais un poil plus doué dans le genre et que je gagnais un peu plus, je le serais certainement tout autant… satisfait, hé.

Bref. Bon jeu. Vrai petit bon jeu. Assez novateur, allant jusqu’au bout de ses idées, d’une BONNE idée. Peut être un poil trop facile dans l’ensemble mais accessible, intelligent, bien écrit… c’est une surprise qui vient un peu de nulle part mais quel fun les enfants. Recommandations du chef!

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