Ces gens là

Flash info! Sur Internet, la très grande majorité d’entre nous sommes des extensions de ce que nous ne sommes pas en vrai! Si on considère ce principe comme acquis, on peut considérer une bonne partie des Internautes comme étant maladivement modestes! D’ailleurs, parfois j’aime bien observer les communautées japanimation comme une colonie de fourmis – la règle d’or étant la même – ne pas y mettre le doigt – l’élitisme est présent partout quand il s’agit de donner son avis et d’échanger un point de vue avec ses semblables. J’aime bien ce mot, élitisme… sur la toile, il sonne comme une accusation, la preuve d’une attitude sectaire et il n’est pas bon d’avoir sa tête (ou son pseudo, bref) accolé a ces trois (trois?) syllabes. Bizarrement, dans la fiction, ce n’est pas toujours ça… peut être connaissez vous ce personnage?

Ce beau gosse, cet éphèbe, cet APOLLON, c’est Madarame… et dans l’esprit de pas mal de gens fans d’animation japonaise, Madarame est sensé représenté l’otaque-alpha. Le prince des nerd, l’asocial parmi les asociaux… mais il ne doit pas avoir Internet parce que le personnage est éminemment sympathique! C’est fou ça, si il y a bien un truc qu’on voit dans de sales cas « d’élitisme », c’est que les otakus adooooorent se jugent entre eux. Il existe même une logique clanique dans les cas extrêmes, je vous raconte pas tout ce bazar mais notre ami ci-dessus a tout pour attirer la sympathie. Vous voyez, on sait qu’il est socialement barré. Visage émacié, canine protubérante, lunettes (accessoire indispensable) – ce monsieur incarne le fan Japonais de japoniaiseries qui sait tout sur le sujet et qui trône sur sa tour d’ivoire mentale en se prenant pour un grand leader charismatique. En gros, il est mignon et un peu sur sa planète à lui mais rien de bien méchant… et c’est un personnage de Genshiken, le « club de culture visuelle moderne ».

Cette appellation alambiquée est une manière de noyer le poisson pour dire « sous-culture » et, par extension… japanime! Genshiken est un univers mis en abyme puisqu’il met en scène un petit local où évoluent des otakus… le public visé du truc étant bien sûr ces mêmes otakus. Bon, je rends les choses plus compliquées qu’elles en ont l’air, j’ai acheté le premier tome il y a longtemps et je me suis enfin décidé à mater la première saison de l’anime. J’ose vraiment espérer que l’anime est une mauvaise vitrine pour le reste car j’ai été réellement déçu – sans aller dans le pompeux à la « anime social coin coin pouet » c’était une belle idée pour collectionner les situations cocasses et les clins d’oeil au téléspectateur. En fait… cet anime cumule les bugs en tout genre, c’est un peu le Tomb Raider de la Japanime – au moins, ce dernier était long et intense… Genshiken, lui…

Voilà le problème. Je n’aime pas vraiment la SF. Je préfère les univers plus ou moins rationnels… avec une touche de dinguerie, mais ça ne veut pas dire qu’on puisse faire un cadre tout à fait cartésien et ne pas le rendre passionant – le manga Bakuman est un fabuleux exemple dans le domaine. Je suppose que cet anime est le précurseur, l’ancêtre de ce dernier… peut être l’arrière grand père, vu la tronche de la qualité d’animation et d’image? Et non, il s’avère que l’anime date de 2004.

Le scénario est tout bête : un type lambda est le premier à apparaître, après cinq longues minutes troublantes mais parodiques. Monsieur tout le monde, habituel miroir du lecteur, plus ou moins grand, rentrant à la fac. On oublie son nom trois secondes après l’avoir entendu et on ne le retiendras plus jamais… mais il s’avère que John Doe est un otaku (vous buggez sur ce terme depuis le début de l’article? Ca désigne un fan de culture japonaise, très vaguement) mais ne s’assume pas. En gros, il s’inscrit et cherche un club sympathique ou exercer ses passions librement, sans baisser les yeux. Il tombe sur le Genshiken, club aussi obscur que ses cinq membres peuvent l’être… et s’ensuit une série de petite pépites de la vie quotidienne autour de « la vie d’otaku ». Bien. A partir de là, un certain nombre de soucis.

On pourrait croire que le personnage-miroir des tout débuts serait en fait le héros de l’histoire. Vous voyez le genre : observer la sous-culture à travers ses yeux et la voir évoluer, tout en voyant évoluer le personnage en lui même. Mauvaise pioche, ce personnage est le plus beau red herring de tout les temps! Son importance est complètement substantielle et il passe immédiatement en casting de fond, histoire de décorer. Ca veut bien sûr dire qu’il n’y a pas de « héros » en tant que tel, juste des membres du club un peu plus mis en valeur que les autres, tous incarnant des clichés sur pattes qui existent effectivement dans notre réalité. Il y a : le mec lambda qui découvre donc sa passion pour cette sous-culture, tout en comprenant qu’il n’était pas si inculte que ça, notre cher Madarame du début, le spécialiste et pur ressort comique – le fan de cosplay, le fan de ROBOTS PHALLIQUES, mais aussi le beau gosse à l’otakisme insoupçonnable (ça ne veut rien dire mais vous aurez compris, magie) et sa copine… plus sentimentale qu’elle n’aimerait l’être, et membre forcée du Genshiken pour comprendre les passions de son beau. A partir de ce point, elle reste d’une manière délicieusement masochiste avec « ces gens » qu’elle déteste. Okay, le casting est assez fixe même si rapidement, rejoint une deuxième fille réellement investie et un duo qui ne dure qu’un épisode, parmi ces deux là il y a un affreux clone de Tom-Tom (le frère de Nana, si si) – bref, tout ça est FIXE. Il y a bien le Président… personnage a fort potentiel dans son coté extrêmement « mystérieux », sorti de nulle part, sortant parfois littéralement de nulle part, il parle extrêmement peu et fait un peu prince des aliens gouvernant sur Mars. Ce sont des instants rigolos mais ils sont trop rares et durent trop peu, dommage.

Autre truc intéressant que pose cet anime : pourquoi « doit-on » être fier d’être un otaku? Doit on seulement considérer ça comme un statut à part entière… ou tout faire pour émanciper le même statut? Pourquoi devrait-on ne pas pouvoir voir ces mêmes personnes? En ce qui me concerne, je trouve qu’otaku n’est pas un terme négatif, il est juste négatif de vouloir à tout prix être quelque chose. Vous savez, je ne comprendrais pas l’attitude qui consiste à se manger l’intégralité d’une saison d’animation… pour le fait en lui même, ou le fait de vouloir absolument se bouffer tout les grands classiques en cinq secondes. « Hé hé hé les gars! Je veux être des votres! Mais je le montre si fort que j’en deviens un peu neuneu et embarassant! » … vous voyez ce que je veux dire? Ca « marche » avec partout, socialement, avec l’humour aussi… ce n’est que mon avis mais cet anime à l’avantage de poser la question. Pourquoi? Comment? Pourquoi pas? C’est pas dans cette saison qu’on aura un début de réponse et je doute qu’elles soient posées volontairement mais l’anime les pose.

Genshiken, c’est treize épisodes qui se matent assez vite mais le rythme est furieusement léthargique, vlan, oximore. C’est simple, un épisode c’est souvent une, deux, trois petites histoires qui tournent autout d’un petit aspect de la vie de club, d’un cliché otaku… le bouzin peut même ex-cep-tio-ne-llement se permettre de développer un peu ses persos mais ça reste fantastiquement arbitraire… et voilà le défaut numéro un de Genshiken : tout y est tristement PLAT. Les personnages sont un énorme souci à surmonter : ils sont à dimension unique et n’ont jamais la chance d’apparaitre sous un jour nouveau… ou ne serait-ce que normal. Ce fameux couple, par exemple – Otake insoupçonné A et femme fatale B – AB est une association mignonne mais un peu troublante, pas claire à cent pour cent. Toute la problématique de B dans l’anime va être de concilier la vie de couple avec les hobbies de A – cela culminant à une scène assez marrante avec un anime regardé dans des conditions improbables, vous comprendrez si vous aurez déjà vu tout ça. Hé ben… en final, les personnages n’auront rien vu, rien appris, pas évolué pour un sou et seront retourné à la trappe des personnages à potentiel gaché. Seul le « club » en lui même (oui j’ai éludé le paragraphe ou j’explique que la pièce en elle même est le personnage le plus constant de l’affaire) reste debout avec quelques petits changement de personnel mais je dois vous avouer qu’il ne se passe paaaaaaas grand chose. En vrac, dans un ordre approximatif – une cérémonie d’initiation rigolote, un Comiket, du cosplay, une petite soeur qu’on ne souhaite à personne, le passage à la plage (argh) et autres trucs archi fascinants… mais traités lentement, si lentements. Même son opening est un avertissement sur le rythme de l’épisode qu’il introduit : très peu de plans, ces derniers sont peu dynamiques, une molesse assez dingue qu’on prêterait à un AMV débutant et un peu raté. L’ending, lui, est un plan fixe qui se dé-zoome lentement. Excitant et beau comme un camion, je n’en sais rien mais je soupçonne fortement le studio derrière ça d’avoir subi un sévère manque de moyen. Animation ratée, mal fichue, les ficelles se voient depuis l’espace et on ne verra pas plus d’un truc bouger à la fois dans l’image. C’est assez terrible et ça donne l’impression que l’anime a 10 de plus… mais non! Il sort un peu avant FullMetal Alchemist! Si j’ai tort, n’hésitez pas à me corriger parce que j’aimerais vraiment avoir tort, pour une fois. Un autre véritable tort est venu de ma part puisque j’ai maté ça avec les fansubs les plus foirés de tout les temps! Les gens qui ont pondu ça ont un crayon coincé entre les deux oreilles, pas d’autres explications potable – au moins, ça m’a sévèrement découragé de télécharger illégalement d’autres animes, un mal pour un bien dirons nous. J’en remet une couche : techniquement, j’ai jamais vu un truc aussi perfectible et c’est pas comme si j’étais super exigeant! Si le bazar ne tient pas la route ne serait-ce que dans son plumage…

J’aurais aimé ne pas mettre de capture dans ce post, je me disais que ça allait l’amocher…

Après, je ne râle que sur la première saison de l’anime, autant dire une branche de l’arbre Genshiken. Je ne sais pas ce qu’il se passe dans la suite (même si n’importe quel passage sur Gelbooru montre que Madarame finit visiblement dans les bras de Madame B dans un futur proche – tout est évidemment fait pour que ça paraisse improbable et ça l’est un peu) mais c’est une assez mauvaise vitrine. Dans un épisode, on nous sort qu’une année s’est écoulée depuis le début de l’histoire, on n’a pas entendu certains dire plus de trois mots. Un tel reste à vie « le mec qui n’ose pas hausser la voix quand il achête des doujins » et c’est pas acceptable, en plus d’être dommage. Pour le mec qui regarde ça, il reste un semi-looser ad vitam et c’est un petit peu injuste. D’ailleurs, je repense à A – toujours le sourire au lêvres (il fait partie du club très étrange des gens qui ont rarement les yeux ouverts) et presque antipathique tant il est inintéressant. Tout le monde l’est d’une manière ou d’une autre, alors rendre ça sur un personnage, ça doit être plus simple que ça! Là, on a juste un robot qui passe son temps à être gentil et à sourire, à dire amen à tout ce qui bouge et éventuellement acheter des posters olé olé.  Haaa, c’est quand même un avantage de l’anime – c’est la porte ouverte vers le « monde otaku » j’imagine que l’univers se veut porte ouverte vers cette « culture visuelle moderne ». On y apprends donc pas mal de termes, de petits trucs, d’attitudes et toutes sortes de choses sur le sujet, d’une manière bien plus précise qu’ailleurs mais là aussi, je suppose que le manga se recommande aussi pour ça. Question donc : la suite est-t-elle du même tonneau? Il était beau ce tonneau, prometteur… mais là il est un peu rance. Trop peu de Madarame, trop de lenteur, manque d’humour et de drama à la fois, ma déception est palpable.

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5 Responses to Ces gens là

  1. Traquenard désinvolte says:

    Bon, je te ramène les autres volumes de la version papier la prochaine fois qu’on se voit, c’est vachement mieux. Mais ça reste du manga très « tranche de vie  » dans l’ensemble, avec des personnages dont on n’apprend que des petits détails, de façon très… Japonaise. Mais dans le BON sens du terme pour une fois

  2. Amo says:

    Passe bien mieux en manga – même si j’avais vu l’anime après avoir lu le manga, ce qui est un peu incohérent mais m’avait pas gêné. Généralement, y’en a masse des animes de l’époque qui sont aussi techniquement faiblards, étrangement !

    La saison 2 est sortie vers 2007 et techniquement… s’améliore… tout en restant un peu autre. Le chara-design est pas le même, ça part dans un peu plus de délires mais ça se finit PAS et s’arrête en plein élan (pour ça faudra les mangas, où ptet une saison 3 qui sera complétée par les chapitres du NOUVEAU manga Genshiken – celui avec un trap dedans, tu peux que kiffer.)

    Perso j’adore Genshiken. En attendant.

  3. Little Yokai says:

    Je n’ai pas vu une seconde de l’animé, mais je sais que je suis très, très fan du manga. En fait tous les défauts que tu cite dans l’animé, à chaque fois j’ai pensé « Mais non, dans le manga c’est pas comme ça ». Genre les perso, dans le manga ils évoluent et montrent des facettes, la relation de AB est expliqué et prend de l’épaisseur, et concernant Madarame et A… Ben c’est très joli et je te laisse découvrir si tu lis le manga papier.
    Fin genshiken c’est le manga dont j’ai acheté un volume, puis j’en ait commandé les 2 suivants, et en fait je me suis achetée l’intégrale dans un très court temps, ce qui est assez rare chez moi, parce que je voulais la suite « maintenant tout de suite ».
    Curieuse de voir ton avis si tu lis la version papier.

  4. Ninita says:

    Fichtre.

    Bon, la deuxième partie de l’anime bouge un peu plus que la première (notamment grace au person de ta deuxième image qui est très… spéciale) et il y a BEAUCOUP PLUS de Madarame (MADARAMEEEEEEEEEEEE ! <3)

  5. Kaeso says:

    J’ai du le voir à peu près au moment où tu as écrit le post, coïncidence JE NE PENSE PAS A MON NOMBRIL!

    Pour moi c’est un anime qui se regarde sans trop se prendre la tête après avoir eu une journée crevante, moins on se pose de questions mieux ça vaut, une petite sieste pendant le truc à la limite. Le plus dommage selon moi, c’est que l’anime aurait pu être prétexte à pas mal de parodie (j’ai cru en voir vaguement 2-3 traîner par ci par là). Les OAVs sont clairement à éviter, plus plat et inintéressant c’est difficile.

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