Sauve Lumi, sauve le monde

Alors voilà, pas de panique, je vous explique tout. Vous êtes bien sur la nouvelle version de l’Usine à Problèmes, en service depuis plus de trois ans sur Over Blog qui ne laissait pas toujours une liberté de mouvement exagérée à ses utilisateurs, en plus d’avoir un système de référencement un peu pourri, il faut bien le dire. J’ai donc fait mes valises, pris les meubles, déboursé quelques deniers et voilà un magnifique nom de domaine en fr qui sent bon la place gratuite à la prochaine Japan! (Mais ouais, toutes les blagues ont un fond de vérité)

Le truc c’est que le transfert est extrêmement douloureux, pour ne pas dire compliqué et encore moins pratique que l’interface d’origine – le gazillion de posts et commentaires précédents est bien là mais tout est à recadrer, je dois mettre les mots-clés et catégories à jour, relancer les aggrégateurs, faire un truc sur l’autre blog, tout ça demande un énorme travail de fond que je ne pourrais fournir qu’au fur et à mesure. En gros, pour l’instant ça fait un peu peur et je ne peux pas consacrer ma vie à réécrire le très gros millier de pages de codes pondues jusqu’à présent. Si j’arrive à me tenir à quelques posts par jour, ce sera une base. J’utilise un thème anglais, il faut donc que je trouve un moyen de virer les expressions importantes par du plus compréhensible… et je dois trifouiller l’html à chaque paragraphe de chaque post pour obtenir cette petite police, c’est é-ner-vant. Au moins, vous aurez moins l’impression de lire un pavasse, même si le volume ne risque pas trop de changer! En attendant, voilà une page à peine repensée, pensez à mettre vos favoris/liens/flux à jour.

Bref, allons-y pour l’habituel post de rentrée – en 2008, je parlais d’une crétinerie télévisuelle, d’un album en 2009 et d’un visual novel en 2010 – il est donc obligatoire que j’aborde la saison avec un jeu vidéo, et ça tombe très bien, j’en ai un bon sous le coude, un truc un peu spécial qui s’appelle Child of Eden et qui ferait un nom un peu cliché de groupe J-Pop, ceci étant dit. Si il ne vous dit rien, nous sommes quittes puisque j’ai lu ce nom pour la première fois dans Edge le mois précédant sa sortie – je n’étais tombé sur aucune news, aucune conférence qui abordait ce jeu d’Ubisoft. Son interêt vient de son inspiration, tout le monde vous dira qu’il est le successeur spirituel de Rez, le type de jeu qui va arracher des « organique » « frais » « expérimental » aux critiques spécialisés. Moi, c’est plutôt « le jeu que Microsoft m’a volé après avoir gagné à 1 Contre 100 » mais uhm uhm. On commence déjà à le considérer comme un oldie, c’est un jeu Dreamcast où l’on incarnait un homme-fil-de-fer se baladant façon 2001, l’odyssée de l’espace dans des couloirs psychés en dégommant tout ce qui respire ou bouge. Une sorte de jeu de shoot en 3D où chaque tir contribue à la bande sonore, le fond étant un amas de boucles basses, votre boulot de survie allant de paire avec l’enrichissement sonore. Votre héros évoluait façon Vib Ribbon selon vos compétences et tout ça était accolé à un scénario pas franchement compréhensible, ce n’est pas le plus important ici. Le plus important, c’est que Child Of Eden, c’est effectivement la même chose! Si vous avez aimé le premier ou si le concept vous a toujours attiré, c’est une bonne option qui s’offre à vous. Attention, twist : c’est un jeu compatible Kinect. Probablement LE jeu Kinect si vous avez l’âge de… lire ces lignes – c’est aussi une exclusivité 360, fatalement.

Même punition, même scénario « sentimentalo-athmo-psyché » de fond : Eden est plus ou moins une parabole futuriste pour Internet, un lieu très coloré mais très sauvage où se trouvent l’intégralité des connaissances humaines amassées depuis le précambrien. Lumi, une « fille de l’espace », y est enfermée et sous le joug d’un virus dont l’éradication est votre objectif. C’est plus ou moins ça, ça n’a aucun sens et je n’ai pas tout compris mais ce n’est évidemment qu’une excuse pour aligner les cinq niveaux du jeu… On lance la galette, menu à la Electroplankton qui fume presque littéralement les plantes et en avant pour une première session au schéma mécanique : c’est « à la première personne », vous disposez d’une barre de vie, d’un curseur et d’un nombre de « bombes » qui atomisera tout l’écran en cas d’urgence. Vous pourrez récupérer ces dernières ou un peu de santé à des points-clé du tableau, supposé que vous soyez assez rapides. Un niveau d’Eden c’est un rail qui se ballade un peu partout dans l’espace, votre champ de vision est focalisé sur un point d’où déboulent toute sorte d’ennemis. On locke jusqu’à huit cibles, on lâche la purée, on recommence, on accumule les points. On alterne avec un mode en tir automatique qui ne fonctionne que sur tout ce qui est mauve – cette dualité est important car il faut savoir jongler entre les deux tirs pour ne pas se manger des missiles qui causeraient une mort frustrante. Dans des niveaux d’une grosse dizaine de minutes, perdre plusieurs fois de suite à la toute fin et devoir tout se retaper n’est pas une expérience des plus agréables – mais la véritable dualité de gameplay c’est bien sûr la question Kinect/Manette.

– Vous êtes riches ou un peu barjos, vous possédez la fameuse caméra. Bingo, elle va enfin servir à quelque chose : on se place devant l’écran, un bras pour le tir en cadence, l’autre pour le système de lock – on brasse de l’air, un petit mouvement pour tout déclencher, hop, ça marche assez bien (pour l’avoir testé dans les trois minutes chrono) même si le système peut parfois interpréter n’importe quoi, ou vous forcer à « sortir » le bras de l’écran pour recalibrer le bazar, ce qui a vite fait de péter une mâchoire innocente ou de vous faire perdre de précieuses secondes en plein bombardement. C’est assez intuitif et c’est une expérience dispensable mais sympa

– Vous êtes normaux et vous allez jouer ça à la manette. C’est évidemment moins excitant sur le papier mais le jeu en deviendra plus facile, car plus précis, plus volontaire… le système idéal pour faire de gros scores et se la pêter en société.

Ouais, Child Of Eden est le jeu typique qui incite à la performance. Dans de longs tableaux sans checkpoints, un gros score va signifier un par-coeur des vagues, des boss, une bonne dose de chance et de réflexes. Non seulement le jeu en lui même est loin d’être évident (il complique les choses avec un mode Difficile qui double les dégâts reçus) parce qu’un moment de panique a vite fait de vous enterrer sous les missiles – mais l’intégralité de ses succès sont nazis. Scores fantaisistes à atteindre sous les deux niveaux de difficulté, les challenges sont bien là pour ceux qui auraient quelque chose à se prouver parce qu’effectivement, un jeu qui a une durée de vie concrète d’une heure ne s’achète pas comme ça! Tout se fait dans la répétition des tableaux, ça se picore de temps en temps, inutile d’y jouer trop longtemps le même jour, c’est un aller-simple pour l’indigestion et le dégoût.

Child of Eden est un jeu dont le sex-appeal veut aussi dire « ambiance ». Plus new-age, tu meurs, ce jeu se vaut surtout pour son sens musical. « Gengi Rocket », ca peut vous dire quelque chose, ce sont en tout cas les auteurs des pistes qu’on peut entendre dans le jeu. J’avais cru comprendre que la Lumi en question (une véritable humaine filmée en incrustation, je n’ai toujours pas précisé) était liée au groupe, je ne sais pas… en tout cas, la tête pensante du jeu, Tetsuya Mizugushi (Rez donc ou Space Channel 5), les connais bien. C’est typiquement le genre de truc qui se joue au calme, peut être pas dans le noir parce que les rétines n’apprécieront pas nécessairement mais c’est un son qui s’apprécie. Bon, faut pas exagérer, j’ai pas vu la vierge musicale en jouant à Child Of Eden mais il y a un véritable rapport entre les samples joués en fond sonore et vos tirs. Un petit rapport, je suis certain qu’on peut aller beaucoup plus loin dans « l’art total » mais c’est une interaction qui se vaut. Après, c’est un jeu où le symbolisme se pèse en kilotonnes : Eden est une sorte de nature où vous vous défendez de la faune et flore – cinq niveaux, cinq ambiances différentes. Sans trop spoiler, un hommage à Rez, un niveau aquatique, un floral, un autre plus « high-tech » et une sorte de best-off. Il existe un sixième stage à débloquer, un truc qui s’apparente à un mode survie, un beau challenge alternatif pour les plus courageux. On ne peut pas vraiment faire plus varié avec ce volume de niveaux mais j’aurais aimé avoir plus « d’ambiances » différentes. Chaque stage a son identité graphique et sonore, chaque stage comporte son boss, ses vagues d’ennemis et ses transitions, mais c’est un jeu si peu descriptible…

Disons qu’il va vous faire vivre des trucs qu’on ne voit pas tout les jours. Eden est un lieu sauvage mais super joli (un peu comme le même lieu dans Final Fantasy XIII arf arf arf) ce qui va de pair avec un gameplay archi abscons. Le jeu n’explique rien de rien, n’offre que le lot vital de cut-scenes et ne s’explique que par amas de sons et lumières – voilà, je fais des phrases qui ne veulent rien dire mais ça reflète bien le jeu. Si on y revient, chaque « Archive » est un pan de la mémoire collective, de la tradition orale, de l’histoire humaine, autant de trucs archi-conceptuels pour un jeu qui l’est tout autant. Certains boss sont mémorables car beaux, tout simplement. C’est un beau jeu, c’est indéniable. Il colle des migraines, c’est tout autant indéniable. Il est obscur et pas évident, pas mieux. Un peu barbare dans son sens de la répétition forcée, c’est le genre qui veut ça.

En parler n’est pas évident. C’est un objet synesthète, pas rigolo du tout, ce que l’auteur appelle du « music-shooter » – un jeu extrêmement hybride où l’on bataille sec dans des univers psychés pour délivrer une jeune japonaise qui chante des mélodies futuristes. Ce n’est pas génial, ce n’est pas mauvais, c’est juste très spécial.

This entry was posted in Vidéo-lubrique and tagged , . Bookmark the permalink.

11 Responses to Sauve Lumi, sauve le monde

  1. Petrif' says:

    C’était donc çaaaaaaa… c’est cool un peu de changement. :]
    Pour tes histoires de police, est-ce que tu as une feuille de CSS liée à ton habillage, parce que du coup tu pourrais fixer en dure les propriétés de la police dans le CSS direct, enfin bon si t’as besoin d’un coup de main, hésite pas.

  2. Concombre Masqué says:

    C’est ce que j’ai tenté de faire mais c’est un poil compliqué. Le truc c’est que j’utilise un thème qui lui même simplifie une interface pour customiser un certain nombre de trucs… le CSS est donc la traduction de cette interface, je crois, je /pense/… en tout cas ouaip ça m’aiderait bien dans l’actualisation du reste

  3. Kaeso says:

    Ca change, ça change, et ta bannière elle clac sévère!
    Commencer ça juste à la rentrée c’est un peu malade quand même, à moins que tu ne sois un de ces mecs qui me pourrissent la joie de vivre en rembauchant seulement en octobre.

  4. aliosha says:

    Ah ah ! Quelle surprise, ce .fr !
    Bon courage pour le CSS (si jamais tu as besoin de bidouiller suis là aussi).

  5. Kirox says:

    😮

    Scores fantaisistes à atteindre sous les deux niveaux de difficulté
    Pas si fantaisiste (du moins en normal), le truc c’est que faire un bon score, ça dépend surtout de ton sens du rythme. Il « suffit » de garder vivant le combo *8 pendant toute la durée du stage ou presque, et l’objectif de score est atteint.

    inutile d’y jouer trop longtemps le même jour, c’est un aller-simple pour l’indigestion et le dégoût.
    TRUE STORY. J’ai passé des heures sur l’archive bonus (qui malgré les apparences, n’est pas un mode survie, mais simplement un niveau très long et horriblement dur (insert fat joke here)), à en péter un cable, et depuis que je l’ai passée, je n’ai plus envie de relancer le jeu, tellement ça m’évoque de la frustration. Ca fait presque un mois tiens.

    Oh, et bravo pour la migration réussie \o/

    • Concombre Masqué says:

      Un peu fantaisiste quand même, surtout pour moi. J’ai oublié l’une des remarques clés, c’est qu’il doit être super marrant de regarder qq’un jouer à Child Of Eden parce que ça rends très tendu, ce machin est harassant

  6. Vins says:

    Concernant ce que tu dis plus haut dans les commentaires, je crois voir ce que tu veux dire, surtout que j’avais la même configuration que toi, c’est-à-dire l’interface wordpress et … le même thème ! (qui est tout en anglais en effet, c’est chiant hein ?)
    Effectivement la customisation du thème à travers l’interface de wordpress est un bon moyen pour gérer l’apparence sans trop se faire chier (en particulier avec ce thème qui est quand même assez largement customisable). Par contre, ça peut parfois se révéler limité et c’est là où aller bricoler directement dans le fichier css peut être intéressant. En partant de là où tu as installé wordpress, il devrait logiquement se trouver dans wp-content/themes/nom_du_theme/style.css mais peut-être que là je te prends pour plus noob que tu ne l’es (mais des fois j’ai besoin d’étaler le peu de science que j’ai durement acquis, m’voyez ?). Bon après faut s’amuser à chercher ce qu’on veut modifier dans cet amas de lignes de code (moi un jour j’ai pété un câble et j’me suis refais un thème de A à Z mais ne faites pas ça à la maison les enfants) mais je vois que tu as déjà une armée de braves volontaires pour s’occuper de ça dans le pire des cas, alors nous sommmes sauvés.

    Pour revenir au sujet de l’article : « c’est aussi une exclusivité 360, fatalement. » > Pour l’instant … car il va sortir sur PS3 sous peu et c’est d’ailleurs bien pour ça que j’ai pris la peine de te lire ! J’hésitais justement à me payer le Move avec le jeu mais je crois que je vais ptet me cantonner à la manette … Enfin, on en reparlera dans 6 mois quand j’aurais acheté le jeu 🙁
    Bref, toujours aussi intriguant mais merci pour les détails !

    Sinon, bon courage pour aménager ton nouvel habitat ! Mais j’aime déjà beaucoup le côté aéré, comme tu dis on a moins l’impression de lire un pavé (je serais tenté de m’en inspirer …).
    Par contre, tu ne justifies toujours pas tes paragraphes et je fais une fixation à chaque fois sur ce genre de truc JE NE SAIS PAS POURQUOI, ça me rend un peu dingue (tel un Death the Kid qui ne trouverait pas ça très symétrique). D’ailleurs, je serais curieux de savoir si c’est un choix délibéré ou une simple omission ? Enfin bon, loin de moi l’idée de vouloir embêter le maître des lieux hein ! (hein, quoi ? c’est raté ?)

    • Concombre Masqué says:

      Tu n’es pas du tout le premier à réclamer ça, c’est bien légitime. Je me rendais pas bien compte de la différence entre aligné à gauche et justifié mais après l’avoir fait pour le post, je comprends bien… et tu dois être le septième ou huitième de la journée à me demander 😛 Bref, merci

  7. Ninita says:

    Comment t’as fait pour ne pas entendre parler de ce jeu en regardant Nolife ? Ils ont fait au moins trois preview multi-rediffusées ! Oo

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *