Retiens la nuit

Je n’ai jamais su grand chose à propos du Batman si on excepte cette dénomination un peu étrange (parmi d’autres… si j’adore, comme tout le monde, dire « les internets« , monter sur Paris est un troisième exemple qui m’a toujours fait loucher) et pour tout vous dire j’ai failli commencer ce post en faisant une remarque sur Marvel, c’est faire remarquer si je suis à coté de la plaque.

 Disons… que j’ai vu de temps en temps le fameux dessin animé sur France 3 mais d’un oeil si distrait – surtout à cet âge – et que de retour en 2008, The Dark Knight faisait plongée qualitative mais un peu brutale dans l’univers de Chicago alias Gotham City. J’ai maté la diffusion récente de Batman Begins et c’était très bien, merci… et c’est qu’aujourd’hui que je commence à me familiariser avec tout ces personnages. Étrangement, je commence à sérieusement trouver Spiderman et son entourage pauvres en comparaison, les méchants font moins « colorés », moins originaux… tout ça parce que notre produit du jour, Batman Arkham Asylum, est un killer quand il s’agit d’installer une mythologie.

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 Je sais que j’ai abusé de cette expression cette année mais je suis sensible à une oeuvre qui sait nous transporter dans un univers parallèle où le moindre petit truc est pensé ET cohérent. Je sais également que ce jeu a presque deux ans et que sa suite, toujours réalisée par RockSteady Studios, est sur le point de sortir (Batman Arkham City, fin Octobre et je devrais être au rendez vous) – si je me suis décidé à rattraper l’histoire c’est surtout grâce à l’excellentissime réputation qu’il s’est payé à la sortie, débridant tout les critiques du genre et remportant même le titre Guiness Book de l’adaptation vidéoludiquela mieux foutue de tout les temps. Tout ça est bien beau, mais même après avoir vu les crédits précédés  d’une bonne dizaine d’heures de jeu, j’ai un mal fou à adorer voire « bien aimer » ce jeu… mais je ne peux qu’admettre son excellence. C’est dingue, je suis incapable de lui ouvrir mon petit coeur, c’est irrationnel et je me sens presque raciste sur le coup. C’est une question de préjugès persistants : 

C’est une herpy derpy adaptation de comic book

– C’est un jeu EIDOS, TREMBLEZ CARCASSES

– Automatiquement, c’est un jeu qui manque de « grand nom » derrière lui ce qui me demande une grande confiance que je n’ai pas toujours et comme cette phrase sonne inutilement sérieuse prenez un peu de prout prout digadigadam

Et là attention, c’est l’instant gentleman :

… c’est après y avoir joué une bonne partie de la nuit que je me suis rendu compte, après m’être levé à 14 heures, que j’avais séché sur place mon copilote de voyage pour Londres le matin même, pensant qu’on devait partir le lendemain. Inutile de vous dire qu’il y avait un certain malaise quand j’ai branché mon portable pour regarder mes SMS!

C’est idiot mais c’est pavlovien, j’ai eu un peu de mal à m’y remettre… pour le finir en une petite demi-douzaine de jours après avoir épluché L.A. Noire dans ses moindres recoins. Maintenant, je poste ça en urgence pour que vous aussi, vous puissiez y jouer en urgence si par hasard vous rattrappez aussi les bons titres non-Nintendo de ces trois dernières années. 

   

Bien! Ce jeu est bien! Il est même super bat-bien! Je vais présentement vous pondre une bat-review avec plein de bat-jokes basées sur des bat-préfixes : le jeu commence dans une situation presque pépère sur l’ile (et asyle, donc) d’Arkham. Batman a capturé le Joker mais le dernier étant ce qu’il est, Joker gone wild et le voilà qui s’échappe et qui, fidèle à lui même, va tout faire pour créer le plus de bazar possible. Batman se retrouve enfermé sur l’île, forcé à vivre une nuit un peu dingue façon Jack Bauer, les méchants de 24 ayant pas mal de points communs avec notre cher Joker. D’abord, ils ont une interminable armée de péons, vous allez casser une quantité hallucinante de dents… d’autre part, ils savent bien s’entourer – pas mal de grandes figures emblématiques de la saga répondent à l’appel (Poison Ivy, Bane, Killer Croc et le fabuleux Jonathan Crane, alias Epouvantail) mais surtout, surtout, dans Arkham Asylum comme dans 24, les combats contre les boss sont un peu pourris.

C’est le gros défaut du jeu, tout le monde l’a dit et j’ai pas réussi à l’ignorer – un boss, ce n’est pas forcément « se débarrasser de lui pendant
une cinématique après s’être tapé trente péons » et c’est encore moins « utiliser un objet entre deux vagues de quarante autres péons » – le jeu adopte une approche un peu casse gueule et n’offre pas de scènes d’actions radicalement différentes du gameplay mais joue plutôt a remanier un peu les règles ou l’environnement, pour un peu plus de diversité. J’ai assez bien aimé la séquence avec Killer Croc mais c’est à croire que les Batarangs sont atomiques si ils peuvent aveugler une bestiole de 3 mètres sur 2 tonnes, BREF. Considérez que ce jeu est dépourvu de phases de boss… excepté ce mastodonte qu’on croise de temps en temps et dont on vient à bout grâce à un modus operandi vieux comme le monde et… Poison Ivy qui vous rappellera le Zelda de votre choix tant ça sonnera déjà-vu. C’est pas dramatique mais c’est tellement dommageable dans un jeu ou strictement tout le reste est archi léché…

Voilà le deal : vous voyez le chevalier noir sur le coté de l’écran, comme si vous regardiez par dessus son épaule, progresser d’objectifs en objectifs, aller du point A au point B, puis C, faire un petit alphabet puis repasser par certains points jusqu’à J et son combat final. Tout ça va très rapidement vous rappeler Métroïd dont le gameplay est fortement adapté et inspiré – vous chopez des upgrades au fur et à mesure mais de deux manières différentes, que ce soit par obligation de scénario ou par gain d’expérience. Ouais, petit originalité, vous pouvez vous faciliter la tâche en choisissant vos armes et capacités bonus. Vous visitez les quelques bâtiments, vous y revenez dans des conditions et avec des objectifs différents en tête – le tout est revisitable à l’infini pour explorer de nouveaux coins qui auraient nécessités des gadgets que vous n’aviez alors pas encore. Autre constante : l’omniprésence de trucs planqués, ici avatarisés (sic) par ce cher Riddler. Vous n’entendrez que la voix de l’homme mystère mais ce dernier doit être le mec le plus prévoyant du monde, il a quand même réussi à planquer 240 secrets, cartes et objets à « photographier » partout sur l’île d’Arkham.

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 C’est la quête secondaire du jeu qui englobe toute la progression principale – bobines, trophées à ramasser, cartes explicatives, autant d’objets qui feront progressivement pêter les plombs à cet inoffensif (dans le jeu, en tout cas) vilain – plus vous résolvez ses puzzles, plus vous sentirez ce petit complexe d’infériorité et son ton excédé dans la voix. Une fois que vous aurez tout chopé… surprise. Cette très grosse tâche est une bonne excuse pour profiter de l’énoooorme travail de fond soigneusement offert par Rocksteady : tout récolter, c’est découvrir une foultitude de figurines, de biographies de personnages, de petites références, morceaux d’histoire de fond, clins d’oeils et autres machins effrayants… sans compter les enrengistrement de « patients » (donc des personnages et méchants principaux) où l’on apprends pas mal de trucs, à défaut d’en entendre d’autres un peu dingues. C’est le genre de la maison, après tout… mais la quête de l’homme mystère sonne comme une Batpédia, cet univers étrange où Bruce Wayne est le personnage qui a le moins de consistance, de très loin. C’est là que je me suis dit « Wow, c’est passionnant, fouillé… » et que j’ai compris à quel point, même étant jeune, je passait à coté d’un uinvers qui a su poser des codes, des personnages orignaux…

Tout ça c’est bien beau mais j’ai pas parlé du jeu en lui même… tout simplement parce qu’il n’y a pas grand chose à dire mais surtout des trucs dont on doit vanter les mérites. Parlons peu, parlons difficulté – le jeu trouve un équilibre très sain entre phases de combat et infiltration à la dure. La situation est souvent la même : vous entrez dans une grande salle où se trouvent six ou sept péons, souvent armés. Vous êtes Batman, vous ne tuerez jamais et par conséquent, vos points sont votre seule arme concrète. Votre mission si vous l’acceptez : descendre les gonzes un à un, sans jamais se faire repérer… parce qu’une balle va vous descendre un tiers de barre de vie. Pire encore : si vous jouez en Difficile, vous entre en mode « réaliste » – une balle et c’est bon, t’es mort. Chaud mais d’autant plus grisant… vous êtes généralement aidés par des gargouilles suspendues et une prolifération de bouches d’aération. En gros, il y a toujours des paramêtres pour vous aider, vous êtes le seul à pouvoir faire avec, vous planquer dans l’ombre, en éliminer un isolé dès que l’occasion se présente. J’ai mis beaucoup de temps à « jouer le jeu » – le mode Normal étant relativement permissif avec les balles et permettant une approche un peu bourrine – mais une fois qu’on a compris comment tout cela marchait, c’est un bonheur d’infiltration. En plus, vous êtes LE BATMAN et on voit que les péons se font dessus quand les collèges se font avoir au fur et à mesure…

 … comment? Vous disposez d’une BatVision qui, à défaut de vous coller une migraine via activation (et flashs) répétées – surligne tout les éléments indispensables au gameplay et aux quêtes annexes, mais aussi les ennemis en transparence, si ils sont armés ou pas… et leur rythme cardiaque. En gros, l’intelligence artificielle est assez bien foutue car leur comportement et leurs prudence va dépendre de leur anxiété – ils n’ont pas un comportement trop imprévisible mais savent se regrouper, etc… la fin du jeu risque d’être un poil ardue car une mort signifie repartir au dernier checkpoint, bon compromis entre le Game Over tout con et le nombre de vie obsolète. Autre phase de gameplay donc, où les péons sont (la plupart du temps) à main nues : le free-fight. Honnêtement, je crois qu’il est excellent mais j’ai un mal fou à le maîtriser… ce qui ne l’empêche pas d’être bien pensé, que ce soit contre 2 ou 15 ennemis. Frapper, frapper, contrer, enchaîner le combo, projeter quelqu’un, instant kill et recommencer… c’est très relativement intuitif et je n’ai jamais réussi à faire volontairement une « action spéciale » du jeu après un gros combo mais ça doit être une question d’habitude. En tout cas, tout ça est extrêmement bien animé, sublime et rempli de bonnes idées. Chapeau.

Tant qu’on est dans le chapitre « bonnes idées » le jeu est assez court pour ne pas trop devenir routinier mais s’octroie pas mal de moments de bravoure, incarnés par la présence de notre ami Scarecrow. Ce dernier offre aux jeu deux/trois séquences assez originales et surprenantes où Batman va être confrontés à ses plus grandes peurs, en accord avec le gimmick du docteur Crane. Ce sont des séquences encore peu spoilées et rares de nos jours, à voir. Sinon… dommage que la maniabilité ne soit pas archi bien pensée, appuyer sur un bouton pour courir n’est effectivement pas un réflexe et on a pas forcément la vivacité d’esprit pour atteindre je ne sais quel bouton pour lancer un batarang en plein combat. Batman est le personnage le plus mobile de tout les temps, il peut aller un peu partout mais les situations d’urgence qu’exigent parfois le gameplay ne rendent pas certains choix très commodes au niveau d’une manette, j’ose pas imaginer ça sur un clavier… et courir, c’est quelque chose qu’on fait tout le temps pour s’éparner le spectacle d’un Batman qui marche sur des oeufs. (En revanche, si il peut se taper trente ennemis à la fois, il ne peut pas téléphoner et courir en même temps, Bat-poutrelle)

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 Que dire que dire… les environnements sont jolis même si ils manquent un poil de diversité – c’est le cadre qui fait ça et tout les efforts cosmétiques pour dépayser les joueurs sont faits, donc… les musiques sont discrètes mais s’accoutument bien à l’ambiance – comprenez, sombre. Ce jeu n’a écopé que d’un traitement « Teen » et c’est bien l’absolue absence de sang qui le sauve d’un R car au delà de pas mal de trucs peu jouasses (mmh, des gants-seringues, tout ce rêve vendu) pas grand chose n’est joyeux au royaume du clown triste. Disons que c’est de l’humour noir plein pot, servi par un doublage sympa mais encore plus sympa en VO où Mark Hammill rempile pour doubler le joker. Ce n’est pas important, seule la tronche archi mono-expression de Batman est un souci dans ce jeu. Ca et les boss.

Bref je n’arrive pas vraiment à l’adorer mais je peux que concéder sa trèèèès grande qualité. Si, comme moi, vous êtes peu familiers à cet univers, y’a pas de meilleure ouverture

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6 Responses to Retiens la nuit

  1. Itsukushimu says:

    Tiens, le hasard fait bien les choses vu que j’l’ai commencé hier. J’ai plus ou moins le même point de vue à un détail prêt: Bane m’a cassé le derche. Trois fois. Tout ça à cause des péquenauds
    qui me gênaient pendant la fatwa. 🙁

    Sinon t’as reussi toutes les énigmes de l’Homme Mystère? Parce certaines sont assez retords je trouve.

  2. kingdom103 says:

    Ah Batman, c’est un peu mon personnage de comics préféré (dsl ^^) depuis la première série animée de 1992 et les films de Tim Burton qui ont bercé mon enfance jusqu’au Dark Knight (et l’excellent
    Heath Ledger, RIP) Ce jeu a été une très bonne surprise pour moi (même si ça commence à dater maintenant), je ne vois pas quoi ajouter de plus à ton analyse si ce n’est l’absence de réelle
    difficulté, je me suis vraiment éclaté en jouant à se jeu mais même en difficile mis à par les combat qui sont un peu long sinon rien de bien méchant. J’attends la suite de cet opus avec
    impatience.

     

     

  3. Aphex says:

    Ouuuch pour l’instant gentlemen, ton pote a du passer une sale matinée. Ca prouve bien qu’on est pas grand chose sans un bon rythme de sommeil, n’est-ce pas? >:3

    Bref, joué il y a un an, vite fait, vite refermé, bon et efficace. En attendant AC, je te conseillerais pas mal Bastion du Summer Of Arcade, toi qui posait la question sur Twitter, c’est de la
    bonne.

    • Flip says:

      שכחת את הסיבה "היא לא מעוניינת ללדת את הילד הזה". ואני לא חושבת שצריך "לפרוס בפניה את היתרונות ×——”×ÂÃסרוו Ã—•×ª של כל אופציה" — רוב הנשים מסוגלות להבין את המשמעות של יש ילד מול אין ילד לא פחות ממך, ממני ומהאנשים הטובים מאפרת. מה שצריך זה שהפלות יהיו בחינם ושאמהות חד הוריות לא יצטרכו לקושש נדבות כדי לקנות מטרנה.

    • “After this I looked, and behold, a door standing open in heaven! And the first voice which I had heard addressing me like the calling of a war trumpet said, Come up here, and I will show you what must take place in the future. At once I came under the Holy Spirit’s power, and behold, a throne stood in heaven, with One seated on the throne! ”This was enough to stop me in my tracks today. The One Seated on the throne woke me this morning and wrapped me in His tender mercies. He just keeps doing that! Thanks for the part you’ve played in it, Brother Poppa!

    • – Javier, contá conmigo para contarte cuál es mi opinión de este site, ya que he tenido experiencia de haber trabajado con empresas de: Chile, República Dominicana, Miami, Argentina, asi que algo puedo aportar.Pregunta: Es similar a ‘uTest’?

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