Monthly Archives: juillet 2011

Science genius boys

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 Ce post est un véritable petit plaisir symbolique! L’autre jour, quand je parlais d’Excel Saga et que j’évoquais « La Kaz » – toujours aussi fabuleux créneau horaire Japanimation de Canal +
dans les temps anciens, la nostalgie ne fait pas moins effet après deux semaines – je parlais rapidement des autres animes diffusés avant et après celui-ci : Noir, GTO et Fullmetal Alchemist. Rassurez vous, c’est pas demain la veille que je vais pouvoir pondre un truc sur les deux restants mais FMA est un anime qui, rétrospectivement, m’a tant passioné que j’ai attendu patiemment d’en voir la fin avant de commencer à en vanter les mérites… et essayer de vendre un truc avec six années de publications en retard.

Si Excel Saga était mon premier anime maté religieusement et quotidiennement, la différence avec FMA était franchement flagrante : on ne jouait pas du tout dans le même terrain. Que ce soit une question de qualité technique, de genre, de studio etc etc, deux animes très différents mais celui là est probablement celui qui m’a fait dire « Wow, un animaÿ peut vraiment être excellent, c’est pas un « truc » à ignorer » –  parce qu’en y réfléchissant bien, de retour en 2005, FMA pouvait passer comme un petit anime peu connu et original, discret… loin de la réputation qu’il a aujourd’hui. En 2011 et bien avant, ce n’est plus du tout la même chose : c’est LE shonen. Canal et consorts ont fait un excellentissime choix, bouche-à-oreille aidant et les animes diffusés avant ayant bien fait leurs rôles d’aspirateurs, tout les ados et jeunes adultes ayant leur poste allumé entre 17h40 et 18h sont complètement tombés amoureux de cet anime… dont le manga était publié par Kurokawa (en tant que manga phare pour les tout débuts de la maison d’édition, gros enjeu donc) côtoyant aujourd’hui Yostuba, le manga Phoenix Wright et… tiens, Soul Eater. Outre le même lien avec Square Enix, les deux partages le même studio pour les adaptations respectives en anime et plus important : FMA était un aussi gros coup de coeur, il y a 5 ans et quelques.

C’est paradoxal car j’ai l’impression d’avoir le même coup de coeur pour un anime plus mature… en l’ayant été moins moi même. Allez savoir – l’impact est d’ailleurs plus gros puisqu’il s’agit aujourd’hui d’un univers fini, clos, définitif. Il y a bien un deuxième film qui vient à peine de sortir au Japon mais il ne faut pas considérer ça comme autre chose qu’un bonus – je me souviens nettement avoir été totalement emporté par cette diffusion quotidienne. Ca devait aller plutôt vite : 52 épisodes, dix semaines et quelques – deux mois et demi pour un anime que j’ai l’impression d’avoir regardé une année entière avec le recul. Certains – je tairais les noms, je suis clément – ont maté leur premier porno en essayant de trouver un épisode bonus sur Emule – l’impact émotionnel était extrêmement fort et c’est, pour beaucoup d’entre nous, la première fois que nous nous sommes attachés à l’identité d’un anime, l’envie d’acheter des goodies et des dvd hors de prix allant de paire avec tout ça. Une sorte d’éveil qui doit témoigner du gros impact qu’à eu FMA… à prendre avec des pincettes, ça aurait pu être n’importe quel autre anime, peut être un meilleur ou un moins bon mais c’est tombé sur celui là. Symboliquement toujours, il a une grosse fanbase et un grand bagage derrière lui.

Tout ce qui est lié à ce nom est un peu compliqué à situer dans le temps pour ceux qui débarqueraient sans rien connaître de cette oeuvre. Un manga est d’abord publié par Hiromu Arawaka (une fermière reconvertie, aujourd’hui connue pour Hero Tales) puis adapté en anime par BONES. Problème : l’adaptation ne peut pas couvrir l’histoire … qui n’est pas encore sortie! Du coup, à mi chemin, l’anime sort de la route « officielle » et embraie sur une deuxième moitié alternative. Le manga continue sa parution et l’annonce imminente de la fin, une poignée d’années plus tard, coïncide avec la sortie d’une « deuxième » saison, FullMetal Alchemist Brotherhood – l’anime est plus « actuel » techniquement, quitte le sempiternel 4/3 et suit le canon du manga d’un bout à l’autre. Plus rapide que son prédécesseur sur les « zones déjà couvertes », il n’invente pratiquement rien et se targue plus d’être une adaptation officielle, là où le premier anime était inspiré du manga mais noyé dans l’inédit. Un cauchemar pour les fans car avoir un univers fétiche bicéphale est un joyeux casse tête mental… en ce qui me concerne, je suis en plein visionnage de Brotherhood, le manga vient d’être bouclé et le premier anime trône en DVD sur mon étagère comme un trophée de guerre obtenu après une longue bataille de patience (souvenez vous des incroyables DVD… avec trois épisodes par unité) j’espère que tout ça démêle un peu les choses si vous étiez perdus parce qu’il y a de quoi.3d9f30aaa96023ffa1b7dff14c29687d00f7a6d1.png

Fullmetal Alchemist, c’est d’abord un scénario en titanium trempé : contrées imaginaires dans une époque un peu floue (les dates indiquent un début de 20è siècle ayant une avance technologique assez sordide, comme si le reste du monde en était au stade du Brésil) mais la science n’est pas vraiment là, toute démarche positiviste est en fait remplacée par l’Alchimie, sorte de maîtrise cosmique des éléments permettant de faire pas mal de trucs cools. Ce n’est pas de la magie, ce n’est pas de la psynergie, juste du Lavoisier appliqué de manière très hardcore. Il existe des mouvances dans le monde sur l’intégralité du continent mais l’esprit est là : on a appris à dominer la matière.

Les frères Elric sont donc deux jeunes bambins plutôt doués et intelligents qui pourraient avoir droit à une vie normale et classique, mais que diable, ce sont les héros d’un shonen et leur père est cruellement absent. De fil en aiguille, cette situation va poser problème et un événement tout sauf joyeux va les obliger à jouer la carte ancienne comme le monde : l’hubris. Une « transmutation » ratée issue d’un acte peu réfléchi et voilà qu’Edward, l’ainé, se retrouve amputé d’un bras et d’une jambe, tandis que son frère cadet, Alphonse… s’est complètement volatilisé. Son frangin utilise donc la première armure venue pour sceller l’âme de son frère qui se retrouve « vivant », mais dépersonnalisé et dépourvu de toute sensation… cette scène en elle même n’est pas évidente, franchement glauque et l’idée seule fait un peu froid dans le dos – même si miam miam animisme – mais elle n’est qu’un gros point de départ. En encore, je triche puisque toutes les formes de l’oeuvre commencent in medias res, je mâche un peu le travail de narration. C’est donc un duo mi géant-de-fer mi Steve Austin (dans cet univers, on a les « automails », des greffes d’acier qui remplacent parfaitement un membre normal) qui cavale dans les régions d’Amestris à la recherche de la Pierre Philosophale, seul passe-droit à la fameuse règle d’échange équivalent – et la première étape est la formation d’Alchemiste d’Etat, corps d’armée ultra-puissant donnant accès à une vaste banque de données.

Rien que ça, c’est déjà raconter beaucoup et ce ne sont que les prémisses des prémisses – communes aux trois « versions »… et dans tout les cas, l’histoire y est toujours extrêmement dense. Pas de textes à foison façon Death Note ou Bakuman mais les lieux parcourus, les personnages rencontrés et les évènements s’enchaînent assez rapidement et sur la globalité des animes, il s’y passe bien plus de choses que dans la vaste majorité des séries. C’est parfois lié, c’est en l’occurence le cas : FullMetal Alchemist prouve que son auteur a en tête un univers extrêmement poussé et complet, avec sa planisphère, son monde, ses codes, son système politique, son passé etc etc, jusqu’à avoir sa propre monnaie, sorte de preuve ultime. C’est pas notre monde mais la porte est ouverte, on peut observer une version alternative qui tient complètement debout et qui fait preuve d’une cohérence à tout rompre! C’est un registre évidemment fantastique mais tout est fait pour que n’importe quoi semble « accessible » à notre sens rationnel, tout se gobe, tout semble cohérent, il n’y a pas de souci là dessus. Il a même pour crédo de vous donner la recette chimique du corps humain!

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 Je vais pas vous faire le topo sur le coté foi VS science, ce truc si agréablement récurrent et si bien abordé. L’anime tord bien les limites de la raison et pousse le vice spirituel jusqu’à l’onirique (si, cette phrase VEUT dire quelque chose) – le concept de « Vérité suprême au lourd tribut » est juste fabuleux, pardon – L’alchimie semble être une science peu accessible et réservée à une élite savante, elle fait toujours son petit effet chez la « plèbe » – visiblement démographiquement très majoritaire. Même l’urbanisation est réaliste dans FMA : la capitale propre sur soi, les quelques banlieues, les bidonvilles tout autour et cette vaste peuplade éloignée qu’on craint un peu depuis que l’armée a du y faire le ménage de façon un peu arbitraire. Ca vous rappelle quelque chose, voire trois/quatre trucs différents? Biiiien, c’est souvent comme ça, cette fantaisie si proche de la réalité, FMA fonce sur cette corde raide et arrive de l’autre coté en Moonwalk… ça a l’air si simple!

Deux versions diffèrentes, donc. Le manga est strictement adapté à Brotherhood, le premier anime offre du canon inédit à partir de la seconde moitié de l’anime. Dans tout les cas, les bases sont les mêmes, le postulat se dessine et les méchants apparaissent – les homonculus, humains artificiels qui semblent vraiment adorer semer le dawa derrière eux – mention spéciale à Envy, j’ai envie de dire « bien évidemment » – et l’homme derrière l’homme derrière l’homme derrière l’homme… le grand classique, nous sommes bien dans un anime d’action/aventure avec son schéma situation de base/péripéties coin coin, bien après Perrault et consorts, FMA offre du rebondissement en barre chocolatée – à manger plusieurs fois. Franchement pas le genre d’anime où tu regardes ta montre toutes les cinq minutes pour savoir quand l’épisode va se finir!

Après cette base en commun, l’anime prends son envol et propose une fin alternative (rétrospectivement donc, elle est longtemps restée comme « officielle » faute d’autre chose) loin d’être mauvaise, si ce n’est assez couillue et sans réel défaut. Le déroulement n’est ni attendu, ni sorti de nulle part, peut être trois ou quatre passages en trop (bizarrement, l’anime jongle souvent entre l’accélération trop rapide et la priiiiiise de teeeeeemps outrancièèèère pour des séquences péraaaves) et la fin est une des meilleures portes ouvertes de la Japanimation récente! Pour arriver là, il faudra parcourir cinquante fois vingt minutes et quatre (très très bons) openings différents témoignant tous d’une « identité » phare dans tel ou tel point de la série. Je pinaille avec un vocabulaire inutilement compliqué mais vous pourrez mater ça en DVD, sur le câble ou grace à l’actuel rediffusion de MCM, en 16/9 traficotée. Ce premier anime vous marquera probablement via deux trucs flagrants :

– La fraternité des Elric semble être le truc le plus inflexible qui soit. ENFIN – il y a bien un passage un peu ansgty traversé par Alphonse mais dur dur d’être une armure, c’est normal – cette relation si fusionnelle sans être déplacée ou glauque fait plaisir à voir et sera facteur de moult séquences émouvantes 

– FullMetal Alchemist est un anime qui aime bien vous planter un couteau dans le bide, le tourner un peu et verser de l’huile bouillante dans le trou avant de le reboucher avec du Smecta. Comprenez qu’il est parfois très cruel et couillu dans son approche du rebondissement. Demandez deux épisodes marquants à n’importe quel fan, je peux garantir que neuf sur dix sortiront les deux mêmes, légitimement. Je prends des précautions, j’estime qu’on peut ne pas avoir encore vu cette série et tomber des nues devant les pires surprises! Sa gestion du drame est assez impeccable. Il sait rendre quelque chose de grave, ponctuer son bazar d’un peu d’humour ici et là, mettre le quota de baston nécessaire et surtout de rendre une copie sans aucun temps mort ou passage un minimum chiant. Cette immense palette de personnages aide beaucoup et les fillers sont peu nombreux (ils existent quand même) donc quand l’anime a décidé de vous faire souffrir, vous allez souffrir!3c6ba31fc4eb03ac6d1ddb395dcc02f393e2d35d.png

 Par contre n’allez pas croire que l’anime est rigolo parce que je sors des images mignonnes de mes persos préférés, c’est sombre et re-sombre

 Le manga et Brotherhood abordent donc une autre version qui, en zappant énormément d’éléments du premier anime, se bouclent en soixante trois épisodes! C’est extrêmement large mais la lecture du manga m’a gêné sur un gros pan pouvant représenter un bon gros tiers de l’action : souvent, en prenant un nouveau tome deux ou trois mois plus tard, je n’avais plus de souvenirs sur ce qu’il venait de se passer, tout simplement parce que le canon entre dans une sorte de « redondance militaire », un très vaste passage où tout pète et où on a l’impression que peu de choses avancent, mis à part la mise à mort progressive du casting. Toute la petite odyssée à Briggs m’a laissée cette impression, en même temps que la bataille finale qui s’étale sur un peu trop … de tomes. Le rapport diégèse/narration est parfois schizophrénique et on oublie parfois les enjeux : pourquoi les persos font-ils ce qu’ils font, pourquoi sont-ils là, quel était « l’objectif en cours »? Reproche aujourd’hui désuet puisque l’intégralité de la lecture peut se faire d’une traite mais certains tomes se ressemblent d’une manière un poil coupable. Pas si grave, le style est attachant et la gestion du rythme y est toujours aussi bien faite…

… le manga en lui même propose quelques bonus (enlever la couverture d’un tome signifie toujours beaucoup de choses) – les gags bonus sont toujours hilarants et les quelques fascicules offerts avec le tome X et Y sont parfait pour rire et lire dans les toilettes. Vingt-sept tomes qui auraient facilement être un peu plus condensés, rien de grave si ce n’est pour vos finances, cette histoire est assez essentielle.

 Si, comme moi, vous avez parcouru tout ça dans l’ordre (Anime 1 – Manga, Anime 2 en parallèle sur la fin) vous vous rendrez rapidement compte que le premier anime commence à veillir… toujours très regardable mais on sent qu’il n’est plus si « actuel » que ça. Étrangement, je le trouve toujours aussi nécessaire car il gère mieux les « moments graves » dans le sens où il leur donne plus d’impact – c’est toujours bon d’être émotionnellement bousculé par une fiction, ça prouve qu’elle marche et qu’on s’implique.
Tout se base sur ça : la quête de vague rédemption des Frères Elric est supra jubilatoire, sonne comme une aventure archi trépidante et est loin d’être uniquement pour les enfants – c’est
saignant, gentiment vulgaire, parfois glauque, parfois glauque sans être saignant. (L’Armée et son « univers » est une bonne excuse pour dégainer quelques passages un peu maboules) – je
ne connais pas la VF de Brotherhood mais il est quasi-inutile de rappeler que celle du premier anime était très bien, n’hésitez pas, donc.

La deuxième version est peut être un peu trop longue, la première est peut être un peu mal foutue, de toute manière ça reste un univers extrêmement bien fait et attachant où TOUT fait de l’oeil à celui qui mate et qui verse une larme de temps en temps. Ho, vous ai-je dis que le premier film dédié à FMA a recruté une grande star des années 40 pour faire un petit caméo complètement sorti de nulle part? Non? Tant mieux, ça n’a rien d’un argument de vente, je disais ça comme ça.

Archi-symbolique, beaucoup de bons souvenirs, un excellent anime et une excellente reprise. Sens philosophique poussé sans être pipeau. Extrêmement prenant, varié, émouvant, touchant.  Si vous n’y avez pas encore goûté, bouffez en encore et encore, c’est très grand et rempli de charisme, PAS COMME EDWARD ELRIC. CE PETIT BLONDINET D’UN METRE CINQUANTE. HAHAHA

Les roues du coup de coeur font VROUM VROUM VROUM. Ne vous prenez pas trop la tête et commencez la version de votre choix. Ho, vous préferez une indication? … Matez la première version en priorité.

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Facteur X

Scott Pilgrim c’est de la bombe, bébé. Sceau de qualité, fin du post!


scoott-pilgrim-368x294.jpgNon, je déconne, c’est pas aujourd’hui que je ferais le fameux post en une ligne, je garde celui là pour Evangelion, je me construit un fort quelque part en Alaska en attendant. Toujours est-il que Scott Pilgrim est un titre qui doit immédiatement évoquer les mots clés « fun » « geek » et « comic ». Les deux premiers passent bien, ils sont chez eux, ont leur propre futon et un tiroir à chaussette mais comic? Ci joint la phrase que je peux sortir de temps en temps, un peu automatiquement :

 » – Mfffmfmfmf j’aime pas trop les comics »

NON! ERREUR! Que cette phrase est mesquine et de mauvaise foi! C’est une litote gentille et innocente pour « Je ne connais pas le genre et je n’ai pas trop le temps d’avoir l’ouverture d’esprit pour me détacher de cette vilaine image qui veut que les comics sont les machins emballés façon doujins qu’adorent certains persos toujours obèses de séries américaines » – c’est lourd, c’est sentencieux, beaaaargh. J’en parlais déjà en début d’année mais c’était avant tout une incitation à voir le film depuis sorti en DVD et Blue-Ray. Maintenant, l’intégrale de l’oeuvre de Brian O’Malley est sortie depuis deux jours (depuis 2004 localement, nous sommes des gens chanceux, ou juste chanceux de connaître un phénomène à la bourre) et chacun peut en profiter et découvrir ce très agréable monument de pop culture (phrase à prononcer en portant la frange) et le lire au lit, sous un parasol, sur une étoile et sur un oreiller.

Six jolis petits tomes qui ressemblent à des gros mangas qui se liraient de gauche à droite, normalement. Couverture cartonnée sensuelle et design chamarré pour un maximum de sensations au fils de cette demi-douzaine fois deux cent pages et quelques – six euros le tome, c’est moins cher qu’un manga et l’histoire est bien plus épatante qu’une grande majorité d’entre eux. 

Avant tout… j’aimerais revenir sur la définition de Comic. C’est typiquement l’exemple qui voudrais faire croire au mec en terrain inconnu que c’est une façon de tordre la limite entre Manga et Bande dessinée – la « vraie de vraie » bien francophone, cartonnée pour une soixantaine de pages… le comic serait juste une vague mouvance de BD a des formats un peu inhabituels, en prenant pour constante l’origine américaine du truc? (Anglophone en l’occurence, il y a un piège…) en chinant un peu dans les Albums et autres boutiques spécialisées, il y a toujours cette distinction entre les bon gros comics hardcore (emballés, donc, à l’ancienne) et toutes ces nouvelles bandes dessinées stylisées un peu indéfinissables. Vu le
style graphique qu’arbore Scott Pilgrim (qui est tout sauf réaliste, l’imagerie que je me fait des comics étant un truc archi pointu et carré, avec plein de petits traits partout) on est loin de cet étalonnage mais pas de souci, quoi que ce soit, c’est bon et super réjouissant.

Tout ça pour dire que rien de tout ça n’aurait eu de sex appeal sans son style et son scénario. Le scénar, késsadire? Aurais-je vraiment des lecteurs qui ne sauraient toujours pas de quoi qu’on cause? Hop, exaucé! L’action de « Scott Pilgrim versus the World » se déroule dans un Canada actuel, un environnement tout à fait normal pour un cadre normal et une histoire à priori normale… les premières pages se déroulent quand Scott (22 ans) fait son petit fanfaron après s’être trouvé une petite amie chinoise, allant dans un lycée catholique (Knives Chau, 17 ans, chinoise catholique) – son entourage est assez surpris car cette révélation fait un peu bouche-trou, un an après que Scott se soit fait larguer par l’innommable. C’est pas grave, Scott est un mec cool, hype, chic et choc puis il joue dans ce groupe, les Sex Bob Ombs. Tout irait presque comme sur des roulettes jusqu’à ce qu’il rencontre Ramona Flowers, jeune fille fort mystérieuse et Américaine qui aime bien les gimmicks et les fringues à gimmicks. Révélation pour Scott qui voit en elle la nana de sa vie – les deux commencent bientôt à sortir ensemble mais voilà – pour la conquérir, il va falloir combattre ses sept exs maléfiques.

Résumé laconique du résumé : mec aime fille, fille a un passé assez lourd et mec va devoir se débarrasser de l’intégralité du casier de la fille. Le mot « combattre » n’est pas une métaphore, il va falloir les mettre KO au sens le plus strict du terme, les massacrer jusqu’à ce qu’ils agonisent et se vaporisent en nuées de pièces. (Dans quel film les gens se changent-ils en pièces quand ils meurent? Cinq milles balles pour une bonne réponse) grosso modo, une liste de sept ex petits amis (enfin, des exs tout court, comme dirait Ramona) et chaque tome va plus ou moins être centré sur la « résolution » de conflit avec l’un d’entre eux. Bien sûr, tout ça ne se fait pas à force de discussions ou même de poings dans la gueule mais d’une manière toujours un peu flamboyante et sortie de nulle part (pour faire un peu de teasing, le tout premier commence en baston un contre un façon jeu de combat et tourne rapidement en numéro bollywood.) Pourquoi? Parce que. L’univers de Scott Pilgrim a beau se baser sur une posture tout ce qu’il y a de plus cartésienne, on est dans un cadre un peu délirant ou tout et n’importe quoi peut arriver sans que personne ne se pose de question, un peu comme à Bikini Bottom et South Park… tout en abordant des sujets biens plus vastes – comprenez, des sujets qui nous touchent bien plus directement.

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 Maiwai Wallace, on parle de toi dans pas longtemps.

Une très grosse part de sex appeal dans Scott Pilgrim vient donc de ce style de dessin. Je doute fort que ce soit un tracé « aime ou déteste » comme l’exposait Kaiji trois posts plus tôt – ici on a juste une sorte de gloubiboulga très rond, tracé au feutre-critérium mystère (le genre de truc qu’on les gens en dédicace, vous voyez le genre) et nous sommes propulsés dans un espèce de monde parallèle opposé au Yaoi de base :  si quelqu’un pose son menton sur un meuble Ikéa et tourne la tête, il ne dévissera pas les planches, comme dans la vraie vie! Ca nous empêche pas de retrouver ces quelques repères qu’on adore tous : yeux énormes et pupilles ultra-dilatées, esthétique manga et bris du quatrième mur permanent, tout ça
plus un amour total du jeu et du renversement avec les codes graphiques du genre (les fameuses « tête qui brillent », ça n’a pas de prix) – le récit et les personnages n’hésitent jamais à faire les petits malins avec le lecteur, les clichés du genre, c’est la méta-party habituelle et ça fait du bien puisque c’est toujours plus ou moins justifié… sans sombrer dans l’humour référentiel à deux kopecks.

Scott Pilgrim c’est avant tout une sombre histoire de… déjà vu de la vraie vie, c’est ça? Toute l’histoire se base sur un argument d’autorité qu’on verra tout à l’heure mais c’est avant tout une belle grosse métaphore pour le méga mic-mac amoureux qu’est la vie. Scott est un cas un peu à part – peut on honnêtement douter qu’à la conclusion du roman, il ne chope pas la fille après avoir vaincu tout son passif? Pensez ce que vous voulez mais j’en doutais un peu en le commençant, à vous de voir comment ça se goupille – mais c’est un comic qui retranscrit bien ce concept archi jouissif et instable à la fois qu’est l’amûr. Cette fiction est un assez gros polygone amoureux, pas grand chose n’est stable, ce qui semble l’être va se manger quelques murs de temps en temps, rien n’est acquis, il y a des surprises partout, des gens vont avoir le mauvais rôle alors qu’ils ne le méritent pas, l’inverse est tout aussi valable, etc. Pour faire simple, si vous avez entre 20 et 25 ans, vous allez nécessairement vous identitifer quelque part dans le bordel… à moins que vous n’ayez jamais considéré la question, que vous soyez juste très peu chanceux ou pas encore réellement intéressés. Retournez d’où vous venez, faites une rhinoplastie et lisez ça quand ça se débloque – parce que si dans l’univers de Scott Pilgrim, tout semble compliqué, insurmontable ou juste très hasardeux, c’est parce que c’est vrai!

« Relation » « Ex » « Sortir avec » « Amour » et tout le vocabulaire de l’innamoramento est donc utilisé en occultant un peu le sexe – de mémoire, il n’y en a pas frontalement dans la saga – ça n’en reste pas moins un truc tout à fait dans l’esprit de tout à chacun et certains manqueront de faire des grosses bêtises. Comme dans la vraie vie! La tentation, les situations gênantes, les pulsions, les jalousies, ce genre de trucs auquel est confronté n’importe quel djeun’s un peu normal et intelligent. Nous, vous, moi, toi, tout le monde. Scott Pilgrim, c’est un peu « les sentiments pour les Nuls » et même en étant pas moi même un très gros modèle d’expérimentation, tu te sens tellement pris par la main, tellement rassuré sur par un bouquin que te dis « hey hey, c’est pas grave, c’est normal est on est tous dans la même galère, tout va bien. » – bon, c’est pas un bouquin trop dépravé non plus, Scott ne se réveille pas d’un plan à trois dans les seins cocaïnés d’une jeune roumaine, il y a un juste milieu.

Damn, je relis ça et je me rends compte que ça fait un peu émo sans que ce soit le but. Disons que Scott Pilgrim est une oeuvre pour djeuns mais un regard adulte, en regard djeuns intelligent. Voilà, là c’est plus clair.

Hé, que serait un bon drama sans de bons dramaturges? Ici à Toronto, tout le monde semble avoir des noms allitératifs et une personne sur deux est douée de pouvoirs psychiques mais ça ne les empêche pas d’avoir des comportement normaux de jeunes adultes. Il serait grave chelou velu de voir Scott comme un mec cool, sympa et irréprochable qui fait l’habituel parcours initiatique du héros – que dalle! Scott est un mec un peu coté de ses pompes, parfois connard, parfois lucide, ascendant « jerkass » – cool mais relativement normal et assez comparable à n’importe quel internaute. Il a des réactions parfois prévisibles, parfois normales, parfois injustes et il lui arrive de dire n’importe quoi mais une fois de plus, c’est la même chose pour tout le monde… dans un univers où on distingue surtout les gens grâce à leur sexe et à leurs coupes de cheveux – une véritable petite galerie de personnages ultra-charismatiques. Mention spéciale et obligatoire pour Wallace Wells, le colocataire de Scott qui implose le charisme par tout les pores. Un grand gaillard barbu ayant le fétiche des chemises à carreaux, un petit crétin qui sait tout sur tout le monde, des beaux parents invisibles mais terrifiants, une galerie de nanas complexées, une fille sympa et innaccessible autour d’une batterie d’exs maléfiques qui, eux, sortiraient davantage d’un cartoon mais c’est normal, ils sont maléfiques! Ils se sont reconvertis et ont donc acquis des pouvoirs psychiques, des compétences de ninja, le pouvoir, l’alcool etc etc. Autant de situations qu’on peut situer simplement autour de nous, de petites soirées au coin du feu avec le même mec qui ne boit pas d’alcool par principe (ou pour avoir l’ascendant moral, bien entendu) et la confluence de tout ça donne un joli petit feu d’artifice de triangles amoureux potentiels. Ca sonne comme une fiction banale? GRAVE PAS CHER AMI.
scott_pilgrim_havetogo.jpgL’intrigue principale vaut ce qu’elle vaut, elle est passionante en soi (on va pas se mentir, voir l’évolution de la relation entre Scott et Ramona n’a rien de voyeur, c’est même carrément adorable) mais elle permet d’aborder en périphérie plein de petits trucs sur une multitude de seconds couteaux. Chacun vit sa vie, trouve des boulots, galère sur tel ou tel point, se remet et re-casse avec la même nana, c’est comme jouer à une très bonne partie des Sims, la partie parfaite car agissant en miroir pour chaque joueur – on peut voir le comic comme complètement centré autour de la relation de base où le moindre pixel semble une contrainte à ce dévelloppement OU envisager l’inverse, où Scott X Ramona n’est qu’un petit détail dans le grand jeu de la vie. Les chosent ne stagnent pas vraiment, n’évoluent pas réellement non plus… c’est la vie hein, je massacre à la redondance cette idée mais c’est celle qui m’apparaît si attachante dans cet ensemble de livres. Faut juste situer celle là dans une ambiance très « rock indé », dans une multitude de bouges, de battles de concerts et de petits groupes débutants – ça donne un cachet irrésistible à l’ensemble et c’est ce qui peut attirer dans cet univers.

Tout ça pourrait sembler un peu léger car une kilotonne de fictions abordent ça à leur manière, tout aussi bien. Le gros plus de Scott Pilgrim, c’est son ambiance : j’évoquais plus haut un « semi-réalisme » mais ce dernier doit bien puiser sa source quelque part, et Scott Pilgrim est connu pour son haut taux d’humidité geek/jeux vidéos. L’ensemble du comic tourne à la référence, parodie voire pastiche mais il est également habité par cet esprit. Si les gens règles leurs comptes comme dans les jeux de baston, si on soulage sa « pee bar » en allant aux toilettes et qu’on ressuscite et utilisant cette vie chopée plus tôt, c’est parce que Brian O’Malley est un gros geek – mais nous aussi, quel hasaaaaaaard ! Le tout baigne dans cette esthétique JV rendue subtilement – le récit sait être sérieux quand il le faut mais il offre aussi pas mal de tranches de rires, l’équilibre y est impeccable – mais un petit délire ou deux peut parfois faire son apparition sans que cela ne gêne personne. Ca peut dérouter au tout début, il faut simplement se dire « ça ne tombera jamais dans la redondance et la répétition », c’est garanti. Au delà du schéma un peu simplounet de la tram principale (et encore) on y trouve un excellent esprit, des dialogues souvent cultes et une foutue quantité de petits détails et trucs hilarants à trouver par case. Hé, voilà la bonne nouvelle : la version française y est excellente. Exactement comme celle de Portal 2 : aussi marrante que l’originale, faisant un bon équilibre entre adaptation locale et culturelle. Les mecs qui ont traduit ça s’y connaissent un peu niveau geekeries et ça se ressent… tout en supposant qu’un parfait béotien au genre s’y retrouverait aussi tant certains passages et détails sont loufoques à souhait.

Vlà le truc : l’auteur est un génie. C’est sûr. Ce mec a tellement d’idées, dans ses dialogues, dans sa façon de présenter les choses, toujours cette grosse étincelle verbeuse qu’il est si bon de retrouver. Sans adopter un vocabulaire inutilement soutenu hein, juste usuel mais manié avec beaucoup d’idée.

C’est du bonheur en tomes, j’ai pris énormément de plaisir à lire tout ça et je vous invite prestement à réserver quelques deniers pour vous ymettre, c’est une fabuleuse lecture pour l’été.

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Japan Expo 2011 ~ Sans sucres et sans calories

BUVEZ MON COCA ZERO IL EST FRAIS IL EST LEGER

NE SOYEZ PAS DISTRAITS PAR MES NENES, BUVEZ MON COCA ET JETEZ LA CANETTE N’IMPORTE OU

OH TIENS, BONJOUR TOM NOVEMBRE

P1000472.JPG Ceci n’est pas un haiku mais si il fallait résumer cette convention en un gros capstweet sur capslocktweeter, il faudrait s’y prendre comme ça. Quel petit malin ce mec! Il a passé une bonne convention et il commence son rapport en râlant!

 C’est un peu triste à dire mais je commence à devenir un routard de la Japex. La fameuse première fois commence à sérieusement s’éloigner, plus de surprises, les papillons de la jeunesse tombent comme des mouches et les insectes viennent vous bouffer… mais REJOUISSONS-NOUS, cette Japan Expo était franchement bien, peut être même la « deuxième » meilleure en ce qui me concerne après la petite folie de l’édition 2008. Vous savez, la JaPex à Villepinte, festival phare qui est en France ce que TF1 est à la télé et ce qu’est le
Carrefour de Montesson aux centre commerciaux : le premier en Europe. Résumons nous :

– En 2008, j’y allais tout fou une journée pour la première fois et je n’ose pas trop regarder le post que ça à donné

– En 2009 j’y suis mort de déshydratation mais j’y ai quand même passé un
bon moment

– En 2010, j’y suis mort socialement ce qui n’as pas empêché la convention d’être cool

Ne vous trompez pas, ce titre est complètement menteur et n’a pour vocation que de souligner ce trust des canettes pétillantes partout dans les poubelles de la convention… parce que je reste complètement épaté par la capacité des festivaliers à mettre leurs canettes de Coca Zéro n’importe où. Chaque rampe d’escalier, chaque machin oblong était squatté par une rangée de canettes façon Saloon. Cette initiative de jeu de chamboule-tout omniprésent dans la Japan est une très charmante idée mais ça n’effaçait pas ces nombreux moments où j’avais envie de faire une opération Tempête du Désert sur ce foutu hélico et ces foutu filles qui n’avaient paaaas grand chose à faire là, sinon garnir les poubelles de la convention. C’est un tout petit cri de rageux parce que ça m’embête de voir que les toilettes sont toujours aussi nickel chrome et qu’on peut s’y réfugier si on a besoin d’un peu de propre. En gros, beurk beurk beark.

Et ouais, ce post va être très personnel. Epatant ça, comme n’importe quel billet de ce blog mais il fallait que ce soit rappelé, l’usage de la première personne du singulier étant snob à la vue de petits malins n’ayant pas compris l’objectif d’un blog! L’essentiel : c’était franchement bien. Le post outrancièrement détaillé? Par ici, cher lecteur…

Cette fois, je ne m’attendais pas à grand chose. Pas d’invité phare qui puisse me concerner, investissement rétroactivement associatif (comprenez : rédaction) pas d’argument d’autorité pour les achats ou même les gens à voir… et c’est quelques jours avant le début de la Japan que les choses se débloquent… au final ce fut la première fois que j’y allais trois jours différents, après y avoir dépensé une somme que je n’ai préféré pas calculer – et avoir passé de bons moments avec… surprise, Youe et Traquenard réunis au même endroit. Symbolique et sympa.

P1000479.JPGÉvidemment, j’y avais une très bonne raison d’y aller au moins le samedi en la remise des trophées des TM Golden Blogs. Gros souci de ce coté : Total Manga n’a pas eu droit à un stand, pas mal de pépins de leur coté couplé à une faible présence dans le périmètre des gagnants et jurés, la cérémonie a été annulée d’urgence. Bon, pas grave, je me suis empressé de rencontrer Ramza – l’homme derrière le concours. Malgré ces soucis de dernière minute, taper la discute et parler un peu des trucs à repenser dans ce genre de compétition (parce que oui, dès qu’on à reçu les premiers chiffres par mail on a commencé à se regarder dans le blanc des yeux comme des cowboys, surtout pour ma pomme qui était première dans les deux catégories) est toujours agréable et convivial, ça fait toujours beaucoup de bien de rencontrer les « gens du milieu » et j’ai donc pu récupérer mon trophée… de deuxième. Il est beau, grand et rend fertile celui qui se frotte dessus, merci beaucoup pour vos votes et votre régularité (on m’a bien dit que le flot pour le blog était constant et régulier, en gros, pas de craques) puisque j’ai obtenu exactement ce que je voulais et c’est grâce à vous. Danke shön! D’ailleurs, vous savez quoi? On peut se représenter d’une année sur l’autre! 

BIEN! Ma quatrième convention s’est, pour la première fois depuis quelque temps, déroulée sans accroc majeur. Prêt, chaud bouillant et sans « règles » donc (ce running gag est un peu traître) fièrement armé de l’habituelle et toujours très utile Hypercarte et apte à affronter les terribles trajets en RER B, trajets toujours directs pour peu qu’on ai un peu de chance ou un minimum de patience. Le saviez vous? Une convention va rester dans votre mémoire à long
terme selon la météo qu’il y faisait – le retour à la chaleur étouffante en début de semaine était un bon signe, ça allait être bien. Pas même d’occurrence dans l‘effroyable malédiction du Samedi matin de la Japan, ni orage, ni grève des conducteurs tacite ou forcée, que dalle! Tout ça s’est fait comme sur une patinoire de beurre et c’est avec du Pulp à fond dans les oreilles que je traverse la piste vide du hall vide des entrées tickets. Ca sera mon conseil éternel pour cette journée : arrivez à Midi. Minimum, si vous n’avez rien de prévu avant. Pass trois jours, deux ou trois après midi, BLAM! Pas de queue et on entre directement par le Comicon, toujours présent, plus fort et plus long. A partir de là, vous parlez à plein de gens mais quand ces eux qui vous abordent leurs phrases d’accroche reviennent souvent : 

 – Concombre! Je t’aime! Prends-moi! (Grande majorité ça, bien sûr)

– Tu n’as toujours pas coupé tes billets Epitanime? Manant!

– C’était pas la même chemise que tu portais hier?

– Tu n’as pas de badge presse? HAHAHAHA 

Gloups. C’était le grand running gag du week-end : il est visiblement assez simple d’obtenir un passe press avec un… blog. Je sais vraiment pas quoi penser de ça : il suffit de montrer un site, même peu fourni, même plus à jour depuis longtemps ou juste pas génialement écrit pour ne pas payer sa place et avoir droit à cet oasis de bonheur frais qu’est la salle presse… par contre ça à l’air extrêmement mal parti si vous tenez un Over Blog. En gros, c’est franchement pas au mérite et mon sens de justicier jaloux est sévèrement chatouillé! 

Okay donc l’entrée se faisait pour une fois dans le ComiCon, devant l’Hippo (les gens font la queue pour y manger! En pleine Japan! Folie furieuse!) et un bon coin pour repérer les excellents cosplays jeux vidéos (les héros d’Assassins Creed, Dead Space, tout ce qui requiert du matos) qui, faut l’avouer, en jettaient pas mal. Pas vraiment pris le temps de regarder ça dans les espaces et activités dédiées mais il faut vraiment croire que les choses tournent dans le bon sens : non seulement on ne voit presque plus de gens déguisés dans le RER, non seulement le niveau grimpe à l’intérieur de la convention. Pas vu un ninja en trois jours (juste une multitude de chapeaux verts et blancs) mais maté deux trois creepers et héros de Minecraft, en plus des habituels héros de Shonens. Pas mal de gens se fixent une identité visuelle bien précise et le fond à donf’, rencontré deux trois steampunks qui le faisaient bien, avec un souci du détail imparable. Pas vu de bébé Mario en couche culottes, ouf. Juste des gens pas beaux déguisés en héroïnes d’anime récent, ça fait peur mais ça ne peut pas faire de mal. Niveau « tendances clichés », Plumy résume tellement bien (et en dessin) le souci
de mentalité des Free Hugs, pourquoi font-ils ça? Derpy derp. 

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 Démentiel (et très volumineux, ça ne se voit pas) mais un peu moins de 300E à l’arrivée. Mesdames messieurs, la définition du fantasme en une photo

Toujours ce travail de fin limier qui consiste à traverser le hall principal et a fendre l’air et les stands cancéreux pour trouver les bonnes occases et les bons trucs sur lequel se frotter (litote gentille, encore) un peu mentalement – généralement, le bon est en périphérie des stands des maisons d’édition, notamment Square Enix qui triangulait la zone avec le stand éponyme, Dybex et Kurokawa. Ces derniers offraient des bons goodies, exposaient des figurines pas trop chères et avançaient le line-up de Juillet avec un petit peu d’avance, toujours agréable, surtout quand c’est accompagné d’un strap ou autre machin gratuit. Dybex accompagnait sa sortie d’intégrale Durarara par une distribution amusante de foulard jaunes, les initiés comprendront – par contre, il fallait se bouger pour en choper un, bien entendu. Figurines de qualité qu’on pouvait voir – mais pas toucher chez Goodsmile (franchement belles) et encore plus chez Tsume qui envoyait du lourd avec du « Work In Progress » dont une Maka qui représentait un vrai petit boulot d’orfèvre. (Le futur prix est en or aussi, fatalement) – on a pas retrouvé nos amis Italiens mais on pouvait se consoler sur quelques stands « imprévus au bataillon » qui s’avèrent finalement être très pertinents : 

Uniclo avait sa propre boutique et proposait de fort belles fripes… et pas chères! Des T-Shirts assez uniques mais malheureusement un peu trop thématisés par série – dans le sens où un T-Shirt peu être beau même si il correspond à l’identité de tel ou tel anime… mais on peut se refroidir un peu avec le « ONE PIECE » géant en dessous du visuel – on assume pas forcément. Un stand vendait même des doujins. De fesses. Dans ma logique il fallait montrer une carte d’identité et tout le toutim mais non, c’est ouvert, libre et assumé : merci Sedeto pour la découverte, je suis un bon client pour certains auteurs. (Des doujins en plein quartier dangereux où un stand sur deux est HK/Excellent? J’ose pas vérifier ma carte) – c’est un ensemble entre travail préparatoire et découvertes sur le jour même. Renseignez vous, farfouillez… et ne négligez pas le coin fanzineux. Il y a toujours une bonne occasion, un bon plan, le petit machin qu’il vous faut. Ma chère et tendre a même trouvé de jolis bijoux, chers mais uniques – l’occasion de choper des cartes et de découvrir des boutiques parisiennes/sites pour en profiter le reste de l’année! Il ne faut pas oublier que c’est une bonne occasion pour faire des achats un peu confidentiels – on se laisse porter par l’esprit unique du lieu et du moment, on dépense beaucoup de thunes sur tel ou tel « gros » objet qui deviendra à vie le « repère temporel » pour cette convention. L’Horcruxe du moment, en gros. 

Ce fameux quartier cancéreux mérite toujours bien son nom pour ses fameuses peluches One Up, ses goodies pas géniaux et tout ces foutus Katanas et autres épées étranges, je suis content de savoir que personne ne s’est encore pris un coup de chaleur pour avoir envie de découper des gens. Je résume l’idée de ce pavasse : Hypercarte, mon amour
de vacances, je te complète bien avec un certain sens de la recherche et du bouche-à-oreille. Petite bouteille lancée à la mer : savez vous où trouver les deux tomes de FLCL? Emphase sur la « première version », vous savez, la couverture à dominance blanche…

Ok. Pour la troisième fois, le ComiCon était présent, la convention dans la convention, la configuration de plan de l’année dernière était conservait pour bien faire deux « quartiers » distincts… et c’est vrai, c’est un sentiment bien rendu et bien concret sur le terrain. Deux écoles différentes qui se côtoient et sont mise en charnière par les stands médias… c’est très cohérent – et bien pensé. Avant, les quelques machins géants Star Wars faisaient sortis de nulle part, maintenant ils ont leur place cohérente! Boutiques de comics, de livres, divers goodies et associations spécialisées… la convention était bien entendue plus ou moins axée sur les oeuvres récentes anglophones qu’on connaît bien – pour ne pas dire Doctor Who. Certains anglais sont venus à Villepinte pour vendre leur (bon) matos et la présence de S.Moffat, scénariste de son état, était un gros plus pour les nombreux fans de l’Extraterrestre scandaleusement omniprésent sur Twitter. Le gonze a même animé des conférence dont je ne doute pas un seul instant de l’interêt mais elles étaient en matinée, pas pour moi donc.
Qu’à cela ne tienne! Accompagnons les amis faire leurs dédicaces qu’ils ont tous réussi à obtenir, ces petits chanceux! (Rappelons innocemment qu’une dédicace à la Japan est souvent une affaire de moule)

 … mais quand t’es pas concerné comme moi, tu attends que les autres font la queue. Hey! Il se passe quelque chose à coté! Allons voir! Il y a peu de gens assis et plein de gens au micro qui se relayent pour poser des questions, il y a de quoi être d’humeur exclamative! Hey, mais c’est les gars de la Chanson du Dimanche! Pour ce que je suppose être leur nouvelle série sur Comédie… hooo… je vais pas prendre la parole pour leur demander pourquoi elle n’est pas drôle, quand même, ce serait dégueulasse et ce n’est qu’un avis personnel. Au moins, on a eu droit à quelques chansons bien connues du duo qu’il est toujours bon de rencontrer, même trois ans après la « hype » du phénomène.

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 Donnez donnez moiiiii, le pouvoir d’achaaaaahahahaaaaaaa ~

 L’autre conférence importante était tenue par Square Enix (encore encore encore, ils avaient complètement la mainmise sur ma journée du Vendredi) pour la présentation de Final Fantasy XIII-2. Vous le savez peut être, ce deuxième chiffre lui donne d’emblée une mauvaise réputation mais cette heure état intéressante, cette impression d’avoir un petit showcase avec deux trois autres trailers (dont le jeu Tomb Raider de l’E3 qui donne l’impression d’un véritable renouvellement de la saga, à voir) – cette démo live montrait donc que le gros de la formule était repris pour y ajouter quelques petits machins : des QTE en plein combat, la possibilité d’apprivoiser des monstres, des cartes qu’on nous promet plus « ouvertes » – bref pas de quoi s’emballer mais tout ça reste intéressant pour ceux qui se sentent concernés, et j’en fait partie, mine de rien.

D’ailleurs tout le meilleur de cette Japan Expo se concentre dans le jeu vidéo. Cette impression de « Mini E3 » était renforcée par un nombre respectable de jeux à essayer sur Wii et 3DS, et pas des jeux qui sortent immédiatement – enfin pu mettre la main sur Kid Icarus Uprising, Luigi’s Mansion 2 (qui promet pas une maniabilité top niveau mais attendons, ils connaissent leurs sujet) et pas mal d’autres trucs engageant. Il y avait une sorte de périmêtre extrêmement qualitatif, quelque part entre l’excellentissime musée Sonic – un carré d’exposition complètement historique avec possibilité de jouer aux opus importants de la série, une grosse sculpture de glace au milieu et la possibilité de jouer à Generations. Tiens… c’est Sonic 4 en 2D et Colours en 3D, pour la faire simple – graphismes et animation épatantes, par contre. En face, le truc dédié à l’anniversaire Zelda faisait un peu trop grand et vide mais l’esprit était le même, c’était amusant de voir une hôtesse s’emmerder toute la journée devant Crossbow Training que tout le monde snobbait, bien sûr. Pas loin, l’imposant stand Pokémon, complètement dominé par les starters gonflables et ce sacré Vipélierre qui nous snobbait tous. Ha, Vipélierre, un jour je ferais un autel à ta gloire, je t’ai même vu en peluche, j’aurais bien fait une partie de carte avec Moustillon, pendant que Gruikui nous servirait des sandwiches… des bons sandwiches. Pas chers. Pas à sept euros, comme dans la conv. (Hey, cet art de la transition!)

Pokédex 3D, Kid Icarus, deux jeux pour constater que la réalité augmentée, c’est joli mais ça m’excite toujours pas des masses, je doute franchement que vous soyez dans l’état d’esprit contraire, y’a pas de quoi. Plein d’autres choses intéressantes selon vos passions : des parties commentées avec beaucoup d’enthousiasme de StarCraft II, Neo Arcadia et ses tournois de Schmups/jeux de combat, excellent, dites leur bonjour la prochaine fois. Comme d’habitude et c’est toujours un plaisir (faut pas charrier, faut pas considérer ça comme un dû pour nous, nous devons être reconaissants) on y trouvait un Virtual Boy (on peut faire le catalogue entier de la console en plusieurs années) les habituelles bornes et veilleries agréables à tripoter quand on a rien d’autre à faire.

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 A Square Enix aussi on a aussi des « joueurs professionnels »  et eux non plus ne jouent pas avec des manettes chargées!

 Les médias, tiens? Samsung et Direct Star pouvaient tirer leur épigne du jeu puisqu’ils étaient plus ou moins directement concernés mais quid des sites spécialisés? Petit bonjour passé chez Press Start Button où Mario Maso est toujours publié. Le format est bien pensé : ils avaient
le Joueur du Grenier en dédicace, force est de constater qu’il mobilisait beauuuuucoup de monde – du coup, la file obtenue fait un bon public pour enregistrer un podcast en live avec, par
exemple… les auteurs de 88 Miles à l’heure! Pas mal de têtes connues, c’est épatant. Gameblog était là et j’ai pas de préjugès sur qui que ce soit chez eux, faut pas charrier, merde avec ces histoires de gateaux. En tout cas, ils vendaient des T-Shirts rigolos et derrière eux c’était les toujours excellents Pix N Love, la maison d’édition pour laquelle je vendrais mon corps pour une intégrale – parce que leurs bouquins sont instructifs mais chers. 

Comme d’hab, Nolife et leur staff étaient présents, un peu en retrait. Marcus mobilisait cinq fois plus de monde qu’à l’Epitanime et Seb Ruchet, mon dieu, ton Dieu, NOTRE DIEU imposait son charisme au stand, etc etc. J’y ai même vu Josaudio, je lui ai toujours pas dit que c’était nous les pauvres péquins qui lui ont demandé l’autorisation de diffuser ses tubes pour Concombre Radio.

La question qui revenait souvent étant « le séisme de Mars a-t-il eu un impact sur la convention? » c’est une question légitime bien qu’un peu batard mais elle a – d’une manière toute tous sauf sérieuse, je veux vraiment pas me moquer du malheur de ce pays – fait proliférer cette mode du « grand papier blanc, écrivons des tas de trucs dessus! » toujours marrant pour y trouver nombre de pépites, beaux dessins et messages un peu crétins. Plus sérieusement, il y avait beaucoup des initiatives prises pour donner pécunièrement d’une manière ou d’une autre. De toute façon, ça n’as pas négativement influencé la fréquentation de la convention puisque c’était l’année au plus gros chiffre!

Sinon, niveau associatif, les jeux Thalistes se sont bien passés, youpi, et la projection de l’AMV Enfer a fédéré beaucoup de monde et ça fait toujours plaisir. Je devais pas être là parce que j’avais rendez vous juste après mais un deux a été annoncé… et un forum a été créé pour ça. Je m’étendrais pas ici mais je suis évidemment très très peu emballé par ce projet, immédiatement. Le stand de la Brigade Sos était donc l’habituel point de chute pour y voir des show de dance et autres machins bref j’arrête de faire semblant, pas vu de jeux cette fois ci, juste un « festival » vide et fermé je sais plus par qui, c’est dire le truc. J’ai surtout retenu les jeux organisés par Sega… qui chronomêtraient votre temps de course! Marrant. Juste vu les habitués, serrés plein de mains et rencontré des lecteurs et ça fait toujours teeeeellement plaisir de mettre des visages sur des lecteurs réguliers, commentateurs ou non. Je serais jamais méchant avec vous, souvenez vous en, sinon je serais pas là à vous parler, j’aurais déjà évité la situation!

Enfin, dernier petit mot sur les projections. J’ai snobbé le stand AMV France et c’était idiot puisque ce simple oubli (le DEUXIEME CONSECUTIF!) m’a fait manquer ce qui devait être un pelletée d’excellentes vidéos. Toujours pas mis les pieds dans la live house, rentré trois secondes dans la salle de projection qui mettait un film anglais un peu obscur. Il paraît que le deuxième film FMA était très mauvais et c’est pas de bol puisque son organisation a été un gros mic-mac, gros combo embêtant quoi.

Petit coucou pour tout les gens que j’ai croisé et à ma copilote de prédilection pour… avoir glandé trois quart d’heure avec moi sur le hall d’entrée, derp.

MONT JOIE! ENORME LOOT! TOUJOURS PLUS GRAND, TOUJOURS PLUS VARIE!

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Le trophée de la mort! L’intégralité de ma bibliothèque manga qui chope donc un volume supplémentaire, beaucoup de lecture en perspective! Child Of Eden qui tombait du camion ce jour là, c’est un très généreux cadeau d’annif en avance… poster signé de FMA pour le Japon, des doujins (après les flambys, Crona en nonne, United Colours of petits fétiches bizarres) ET la preview de Civilisation Blast, qui a une très belle couverture. C’est toujours l’occasion d’y trouver un coup de coeur, je rappelle que Bakuman est ma meilleure découverte de l’an dernier. L’intégrale Durarara et son beau sac, un Pix N Love sur Rayman, l’habituel T Shirt Nekowear, un tas de goodies gratuits qui font plaisir et l’une de ces hilarantes petites affiches pour l’Amv Enfer, placardées jusqu’à l’entrée de la Conv.

DU BON. JE MET NEUF.



 Post 404 hi ha hi ha ho, la vanne correspondante et prévisible sur ce chiffre n’a pas été trouvée.

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Mario Maso 3×12

Ceci est ma confession : j’ai beau être fort bien accompagné en la personne de Kirox, du
J-Truc
, cet épisode est très difficile à regarder. Coup de bol, c’est le dernier!

En effet, pour la première fois j’ai « tourné » ce dernier épisode autre part que sur mon poste habituel et c’est le matos de Kirox qui a servi. Ca donne une balance un peu différente qui n’aurait gêné rien ni personne si… je ne passais pas 20 minutes à REBONDIR sur ce foutu ressort situé avant la porte du boss final. En gros, je me tape le saut le plus compliqué ever et ça se ressent, vos tympans vont exploser façon Kaiji. Tiens, ça tombe bien, cet épisode contient extrêmement peu de « contenu »… pour beaucoup de « narration ». En gros, ce dernier épisode est un ultime test de patience et de fidélité! Bon courage et que le pouvoir du BOÏÏÏÏÏNG soit avec vous.


Alors attention, la vidéo qui suit est un bonus, c’est la séquence coupée dans la première moitié de l’épisode où je ne fait que tenter en boucle de passer de foutu saut. Je l’ai gardée au cas où vous serez intéressés par ce qu’on commence à dire quand on tombe dans une boucle temporelle… ne vous sentez pas obligés de vous faire du mal, la deuxième moitié de la vidéo et la suite du boss est juste en dessous.

Voilà donc la véritable fin ci dessous!

  Maintenant, vous pouvez télécharger la version finale à cette adresse. Ca s’appelle Super Maso World et je préfère vous prévenir : c’est pas facile.

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