Monthly Archives: juillet 2011

Les roues du blogging

De toute façon, pas la peine de faire semblant : si vous êtes précisément en train de lire ce post le jour de sa parution, c’est qu’il y a un petit problème, vous avez loupé le coche quelque part, vous bossez encore ou vous manquiez de ressources. Ca peut arriver, mais je vous préfère en correspondance entre Tombouctou et Tataouine-les-Bananiers… plutôt que de vous voir participer à une énième chaîne de commentaires où tout le monde s’escrime à donner le pire de soi même. Hooooonte à toi, Internet. Présentement, je suis chez moi depuis cinq jours et j’ai l’impression de croupir sur place. Parfaitement, comme dans ce navet-trilogie là, il faut rester croupir. Ne faites pas comme moi, ne restez pas là à écrire des articles de fin de saison en plein nuit et aller cueillir les roses de la vie, bandes d’hippys! Tout le monde s’en fiche des posts écrit en Juillet! Si vous pensiez le contraire, débarrassez-vous de cette idée et faites comme moi, ironisez dessus.


David est toujours bloqué sur l’article du premier Avril

QUOI QU’IL EN SOIT, c’est la même punition à chaque fois, Aout est un mois sacré et pour rien au monde je ne prendrais le temps de blogguer sur cette période. Je pars visiter les contrées Islandaises avant de revenir dans mon habituel lieu de villégiature tout en bas de l’hexagone passer du bon temps loin des fou furieux de la toile (ho, comme ce post dénonce, on le sent faire vibrer les branches et soulever les jupes) – je tente vainement de bronzer ce qui, par un subtil lien de cause à effet, fait que je ne suis pas là à blogger. PAS D’INQUIETUDES! Pour la quatrième fois, je vous… vais vous concocter une petite saga d’été pour une fois un peu différente. Une énième chronique sur les mémes auraient été d’une part celle de trop, d’autre part impossible à remplir et bien sujette aux remplissages. On va pas se mentir, les mèmes cette année c’était pas jéjé, poil au nez. Formule habituelle, un jour sur deux c’est le mini-post qui tombe mais cette fois, le bazar mémétique sera coupé avec… une petite compétition entre moi et un illustre camarade du web. Vous verrez bien, c’est entre moi, lui et Cookie Masterson.
Maintenant, votre attention. Parmi vous, il y a des gens qui tombent ici pour la première fois et qui se disent « qu’est ce que c’est que cet ego-blogging et ho mon dieu il lit dans mes pensées » – je sais, je suis comme ça. Il y a aussi des gens qui reviennent de temps en temps, tout les deux ou trois mois. Zappons tout ce petit monde, je m’adresse aux quelques réguliers qui me « connaissent » bien ou qui me connaissent tout court – vous savez pertinemment que cette année va être difficile sur beaucoup de niveaux. En me relisant il y a un ou deux ans, je sais que je dis la même chose mais les études progressent et c’est l’année de la licence qui s’annonce enfin! Je ne sais pas encore laquelle, mais dans tout les cas c’est emploi du temps automatiquement doublé. Littéralement doublé. Si la motivation n’est plus là, si le temps fait défaut, il faudra dealer avec, moi le premier. C’est là que les choses deviennent sérieuses : année du diplôme… mais aussi celle du préparation des concours, je vise une ou deux grandes écoles difficile d’accès et le no-lifisme volontaire (argh) va accompagner une attitude pas nécessairement agréable ou avenante… parce qu’il faut y croire, partir perdant pour ce genre de chose n’aide pas beaucoup. En gros : méthode Coué et risque de monter des échelons dans l’échelle de l’e-peen et de l’irritabilité. Vous êtes prévenus –

Tout ça est très triste mais pas encore là. En attendant d’être dos au mur, j’ai paradoxalement les fesses bien tournées vers l’avenir puisque je ne sais pas trop ce qui va ponctuer la saison à venir… si quelqu’un a des compétences en migrations vers WordPress pour exporter proprement un gros chiffre d’articles et un GROS chiffre de commentaire, qu’il lève la main, on va pouvoir faire des affaires. D’une, il faut que j’arrête de faire semblant de vouloir migrer (ce blog est passé en contenu érotique par Over-Blog quoi, sérieusement) et que je m’y attelle concrètement. C’est non seulement un effet de mode de prendre le boat-people pour échouer sur WordPress mais c’est également un acte tout ce qu’il y a de plus justifié, ça permettrait un vrai design, une véritable adresse qui ne sonne pas mégalomaniaque, une véritable identité etc etc… hey, je suis plutôt fier de ça en l’état actuel des choses mais « driller toujours plus haut », dirait le poête, quelque chose du genre. Je suis peut être le cinquième gus a réclamer un avis mais si tu as une idée plus ou moins réalisable pour balancer tout ça sur une plate-forme moins Over Blog, lêve les bras, lêve les bras, yo.

Pour la rentrée, soyons méthodiques et virons d’office ce qu’il n’y aura pas. Non, pas de tournoi. Non, pas de podcast, c’est actuellement tout sauf valorisant. Pas de vidéo blogging non plus ha ha, je serais intransigeant sur le sujet! Mario Maso, quatrième édition? Haussement d’épaules, pourquoi pas, je n’entamerais pas une démarche très volontaire sur le sujet… après tout, si une rom est tombée du ciel la première fois, je peux toujours espérer plus grand miracle. Cette troisième édition n’était pas – en terme de skills de roxxor – qualitativement fantastique mais je sais que vous avez bien aimé suivre la fantastique histoire de Soul, Maka et du BANC. (Les plus fins auront compris le sens de cette métaphore filée, il y a même un gus qui a trouvé que le déplacement des vignettes avait un sens, wow pour les attentifs hardcore) donc à voir selon la position des astres.
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Un autre AMV ENFER peut être? Si vous vous posez la question, ce n’est pas ici qu’on commence à essuyer les plâtres mais sur Asylum, un forum à la gloire du Commandant. Je maintiens la nécessité absolue de laisser un gros temps de latence entre deux de ce genre de projets mais ça à l’air d’être enthousiaste de l’autre coté alors n’hésitez pas à y faire un tour. C’est pas tout de suite que je vais m’impliquer mais vous avez l’adresse!

Bon, voilà le topo. Nous commencerons par deux trois animes récents et/ou populaires, saupoudrés d’un duo de « deuxième saison » – hé oui, ça existe aussi dans les animes! Nous nous pencherons sur le meilleure anime pour enfant de tout les temps et il est évident que je parle de Digimon, si vous pensiez à Beyblade c’est que vous devez vraiment prendre ce mur, là, et faire du djembé avec votre tête. Digimon, c’est le bien. Mon culte pour ce shonen aux ados charismatiques sera toujours aussi inconditionnel et on croisera les doigts pour une actualité réjouissante de ce coté. Je regarderais, fidèle à la tradition, un nouveau morceau de la mythologie Hinamizawa et si le temps et l’envie sont là, deux blockbusters intouchables : Code Geass et Evangelion… mais on ne peut profaner que le sacré, n’est ce pas? La grande série au goût du jour : Mad Men! Il va falloir surmonter ce pilote gentiment lent pour se plonger dans cette saga vintage aux vertus insoupçonnées. Peut être Games Of Thrones MAIS aucune mention à Glee ne sera faite à partir de ce point. Toujours pas l’année des sitcoms? Probablement pas et Doctor Who manque toujours un peu de sex appeal (désolé…)

Musicalement, review totalement journalistique de Rock En Seine 2011 obligatoire, même si je dois la faire la bouche en sang (mes dents de sagesse ont reçu un avis d’expulsion) – normal, il y a les Foo Fighters, les Arctics Monkeys et une poignée d’autre groupes « qu’on verrais bien dans ce genre de contexte, tu vois ».) – et je vais pouvoir déclarer mon amour aux magasines étrangers… mais aussi faire le point sur les webcomics! Important également, nous définirons ce qu’est une « fanbase », un « doujin », le « canon » et tout ces mots qui décrivent la périphérie d’une oeuvre… faite par les monomaniaques de cette oeuvre. D’ailleurs, si vous l’aviez compris en lisant cette phrase, c’est qu’on partage quelque chose : je me remet à Genshiken et ça risque de laisser une ou deux traces.

L’actualité risque pas d’être chargée en jeux vidéos… là dedans comme pour le reste, c’est l’inverse total de l’année dernière au même point : il n’y a pas de grosse sortie très attendue à l’horizon… je ne vais pas vous faire un top 10 des Mario Party les plus chiants à faire en mode solo! Les démons de la 3DS sont silencieux, ils n’ont toujours pas de jeux pour appâter le chaland, même avec une console à 20 euros. Je viens à peine de parler d’Arkham City… et remplir un post entier sur Child Of Eden va tourner en exercice d’improvisation. Là aussi, il va falloir cueuillir l’actualité au jour le jour parce que les bons jeux, à la rentrée, je les vois pas. 
Allez, trêve de sarcasmes et de teasing, je vous libère mais n’hésitez pas à revenir et à ramener des copains. Ramenez de l’alcool mais pas trop non plus, ça rends un peu con! (C’est pas les gars de l’hilarant podcast du Captain Web qui me contradiront, tapez ça sur Youtube et savourez, développement plus tard) passez un bon mois d’Août.  Cette année était l’une des plus enrichissantes en ce qui me concerne, j’espère que vous pouvez vous en vanter également.

Aaaah… déjà tout ce temps passé depuis le premier jour avec cette belle bannière en noir et blanc. Une autre saison de blogging bouclée! Damn, dans le fond, c’est réjouissant mais un peu déprimant… allez, bonnes vacances, petits flibustiers.

RPM2-043.pngEt si vous êtes intéressés par l’identité du doujin dont j’ai spammé le contenu ici et là toute l’année, tapez « Rendezvous Picth Maneuver » dans votre butineur. C’est si joli et à mourir de romantisme, c’est adorable

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Retiens la nuit

Je n’ai jamais su grand chose à propos du Batman si on excepte cette dénomination un peu étrange (parmi d’autres… si j’adore, comme tout le monde, dire « les internets« , monter sur Paris est un troisième exemple qui m’a toujours fait loucher) et pour tout vous dire j’ai failli commencer ce post en faisant une remarque sur Marvel, c’est faire remarquer si je suis à coté de la plaque.

 Disons… que j’ai vu de temps en temps le fameux dessin animé sur France 3 mais d’un oeil si distrait – surtout à cet âge – et que de retour en 2008, The Dark Knight faisait plongée qualitative mais un peu brutale dans l’univers de Chicago alias Gotham City. J’ai maté la diffusion récente de Batman Begins et c’était très bien, merci… et c’est qu’aujourd’hui que je commence à me familiariser avec tout ces personnages. Étrangement, je commence à sérieusement trouver Spiderman et son entourage pauvres en comparaison, les méchants font moins « colorés », moins originaux… tout ça parce que notre produit du jour, Batman Arkham Asylum, est un killer quand il s’agit d’installer une mythologie.

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 Je sais que j’ai abusé de cette expression cette année mais je suis sensible à une oeuvre qui sait nous transporter dans un univers parallèle où le moindre petit truc est pensé ET cohérent. Je sais également que ce jeu a presque deux ans et que sa suite, toujours réalisée par RockSteady Studios, est sur le point de sortir (Batman Arkham City, fin Octobre et je devrais être au rendez vous) – si je me suis décidé à rattraper l’histoire c’est surtout grâce à l’excellentissime réputation qu’il s’est payé à la sortie, débridant tout les critiques du genre et remportant même le titre Guiness Book de l’adaptation vidéoludiquela mieux foutue de tout les temps. Tout ça est bien beau, mais même après avoir vu les crédits précédés  d’une bonne dizaine d’heures de jeu, j’ai un mal fou à adorer voire « bien aimer » ce jeu… mais je ne peux qu’admettre son excellence. C’est dingue, je suis incapable de lui ouvrir mon petit coeur, c’est irrationnel et je me sens presque raciste sur le coup. C’est une question de préjugès persistants : 

C’est une herpy derpy adaptation de comic book

– C’est un jeu EIDOS, TREMBLEZ CARCASSES

– Automatiquement, c’est un jeu qui manque de « grand nom » derrière lui ce qui me demande une grande confiance que je n’ai pas toujours et comme cette phrase sonne inutilement sérieuse prenez un peu de prout prout digadigadam

Et là attention, c’est l’instant gentleman :

… c’est après y avoir joué une bonne partie de la nuit que je me suis rendu compte, après m’être levé à 14 heures, que j’avais séché sur place mon copilote de voyage pour Londres le matin même, pensant qu’on devait partir le lendemain. Inutile de vous dire qu’il y avait un certain malaise quand j’ai branché mon portable pour regarder mes SMS!

C’est idiot mais c’est pavlovien, j’ai eu un peu de mal à m’y remettre… pour le finir en une petite demi-douzaine de jours après avoir épluché L.A. Noire dans ses moindres recoins. Maintenant, je poste ça en urgence pour que vous aussi, vous puissiez y jouer en urgence si par hasard vous rattrappez aussi les bons titres non-Nintendo de ces trois dernières années. 

   

Bien! Ce jeu est bien! Il est même super bat-bien! Je vais présentement vous pondre une bat-review avec plein de bat-jokes basées sur des bat-préfixes : le jeu commence dans une situation presque pépère sur l’ile (et asyle, donc) d’Arkham. Batman a capturé le Joker mais le dernier étant ce qu’il est, Joker gone wild et le voilà qui s’échappe et qui, fidèle à lui même, va tout faire pour créer le plus de bazar possible. Batman se retrouve enfermé sur l’île, forcé à vivre une nuit un peu dingue façon Jack Bauer, les méchants de 24 ayant pas mal de points communs avec notre cher Joker. D’abord, ils ont une interminable armée de péons, vous allez casser une quantité hallucinante de dents… d’autre part, ils savent bien s’entourer – pas mal de grandes figures emblématiques de la saga répondent à l’appel (Poison Ivy, Bane, Killer Croc et le fabuleux Jonathan Crane, alias Epouvantail) mais surtout, surtout, dans Arkham Asylum comme dans 24, les combats contre les boss sont un peu pourris.

C’est le gros défaut du jeu, tout le monde l’a dit et j’ai pas réussi à l’ignorer – un boss, ce n’est pas forcément « se débarrasser de lui pendant
une cinématique après s’être tapé trente péons » et c’est encore moins « utiliser un objet entre deux vagues de quarante autres péons » – le jeu adopte une approche un peu casse gueule et n’offre pas de scènes d’actions radicalement différentes du gameplay mais joue plutôt a remanier un peu les règles ou l’environnement, pour un peu plus de diversité. J’ai assez bien aimé la séquence avec Killer Croc mais c’est à croire que les Batarangs sont atomiques si ils peuvent aveugler une bestiole de 3 mètres sur 2 tonnes, BREF. Considérez que ce jeu est dépourvu de phases de boss… excepté ce mastodonte qu’on croise de temps en temps et dont on vient à bout grâce à un modus operandi vieux comme le monde et… Poison Ivy qui vous rappellera le Zelda de votre choix tant ça sonnera déjà-vu. C’est pas dramatique mais c’est tellement dommageable dans un jeu ou strictement tout le reste est archi léché…

Voilà le deal : vous voyez le chevalier noir sur le coté de l’écran, comme si vous regardiez par dessus son épaule, progresser d’objectifs en objectifs, aller du point A au point B, puis C, faire un petit alphabet puis repasser par certains points jusqu’à J et son combat final. Tout ça va très rapidement vous rappeler Métroïd dont le gameplay est fortement adapté et inspiré – vous chopez des upgrades au fur et à mesure mais de deux manières différentes, que ce soit par obligation de scénario ou par gain d’expérience. Ouais, petit originalité, vous pouvez vous faciliter la tâche en choisissant vos armes et capacités bonus. Vous visitez les quelques bâtiments, vous y revenez dans des conditions et avec des objectifs différents en tête – le tout est revisitable à l’infini pour explorer de nouveaux coins qui auraient nécessités des gadgets que vous n’aviez alors pas encore. Autre constante : l’omniprésence de trucs planqués, ici avatarisés (sic) par ce cher Riddler. Vous n’entendrez que la voix de l’homme mystère mais ce dernier doit être le mec le plus prévoyant du monde, il a quand même réussi à planquer 240 secrets, cartes et objets à « photographier » partout sur l’île d’Arkham.

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 C’est la quête secondaire du jeu qui englobe toute la progression principale – bobines, trophées à ramasser, cartes explicatives, autant d’objets qui feront progressivement pêter les plombs à cet inoffensif (dans le jeu, en tout cas) vilain – plus vous résolvez ses puzzles, plus vous sentirez ce petit complexe d’infériorité et son ton excédé dans la voix. Une fois que vous aurez tout chopé… surprise. Cette très grosse tâche est une bonne excuse pour profiter de l’énoooorme travail de fond soigneusement offert par Rocksteady : tout récolter, c’est découvrir une foultitude de figurines, de biographies de personnages, de petites références, morceaux d’histoire de fond, clins d’oeils et autres machins effrayants… sans compter les enrengistrement de « patients » (donc des personnages et méchants principaux) où l’on apprends pas mal de trucs, à défaut d’en entendre d’autres un peu dingues. C’est le genre de la maison, après tout… mais la quête de l’homme mystère sonne comme une Batpédia, cet univers étrange où Bruce Wayne est le personnage qui a le moins de consistance, de très loin. C’est là que je me suis dit « Wow, c’est passionnant, fouillé… » et que j’ai compris à quel point, même étant jeune, je passait à coté d’un uinvers qui a su poser des codes, des personnages orignaux…

Tout ça c’est bien beau mais j’ai pas parlé du jeu en lui même… tout simplement parce qu’il n’y a pas grand chose à dire mais surtout des trucs dont on doit vanter les mérites. Parlons peu, parlons difficulté – le jeu trouve un équilibre très sain entre phases de combat et infiltration à la dure. La situation est souvent la même : vous entrez dans une grande salle où se trouvent six ou sept péons, souvent armés. Vous êtes Batman, vous ne tuerez jamais et par conséquent, vos points sont votre seule arme concrète. Votre mission si vous l’acceptez : descendre les gonzes un à un, sans jamais se faire repérer… parce qu’une balle va vous descendre un tiers de barre de vie. Pire encore : si vous jouez en Difficile, vous entre en mode « réaliste » – une balle et c’est bon, t’es mort. Chaud mais d’autant plus grisant… vous êtes généralement aidés par des gargouilles suspendues et une prolifération de bouches d’aération. En gros, il y a toujours des paramêtres pour vous aider, vous êtes le seul à pouvoir faire avec, vous planquer dans l’ombre, en éliminer un isolé dès que l’occasion se présente. J’ai mis beaucoup de temps à « jouer le jeu » – le mode Normal étant relativement permissif avec les balles et permettant une approche un peu bourrine – mais une fois qu’on a compris comment tout cela marchait, c’est un bonheur d’infiltration. En plus, vous êtes LE BATMAN et on voit que les péons se font dessus quand les collèges se font avoir au fur et à mesure…

 … comment? Vous disposez d’une BatVision qui, à défaut de vous coller une migraine via activation (et flashs) répétées – surligne tout les éléments indispensables au gameplay et aux quêtes annexes, mais aussi les ennemis en transparence, si ils sont armés ou pas… et leur rythme cardiaque. En gros, l’intelligence artificielle est assez bien foutue car leur comportement et leurs prudence va dépendre de leur anxiété – ils n’ont pas un comportement trop imprévisible mais savent se regrouper, etc… la fin du jeu risque d’être un poil ardue car une mort signifie repartir au dernier checkpoint, bon compromis entre le Game Over tout con et le nombre de vie obsolète. Autre phase de gameplay donc, où les péons sont (la plupart du temps) à main nues : le free-fight. Honnêtement, je crois qu’il est excellent mais j’ai un mal fou à le maîtriser… ce qui ne l’empêche pas d’être bien pensé, que ce soit contre 2 ou 15 ennemis. Frapper, frapper, contrer, enchaîner le combo, projeter quelqu’un, instant kill et recommencer… c’est très relativement intuitif et je n’ai jamais réussi à faire volontairement une « action spéciale » du jeu après un gros combo mais ça doit être une question d’habitude. En tout cas, tout ça est extrêmement bien animé, sublime et rempli de bonnes idées. Chapeau.

Tant qu’on est dans le chapitre « bonnes idées » le jeu est assez court pour ne pas trop devenir routinier mais s’octroie pas mal de moments de bravoure, incarnés par la présence de notre ami Scarecrow. Ce dernier offre aux jeu deux/trois séquences assez originales et surprenantes où Batman va être confrontés à ses plus grandes peurs, en accord avec le gimmick du docteur Crane. Ce sont des séquences encore peu spoilées et rares de nos jours, à voir. Sinon… dommage que la maniabilité ne soit pas archi bien pensée, appuyer sur un bouton pour courir n’est effectivement pas un réflexe et on a pas forcément la vivacité d’esprit pour atteindre je ne sais quel bouton pour lancer un batarang en plein combat. Batman est le personnage le plus mobile de tout les temps, il peut aller un peu partout mais les situations d’urgence qu’exigent parfois le gameplay ne rendent pas certains choix très commodes au niveau d’une manette, j’ose pas imaginer ça sur un clavier… et courir, c’est quelque chose qu’on fait tout le temps pour s’éparner le spectacle d’un Batman qui marche sur des oeufs. (En revanche, si il peut se taper trente ennemis à la fois, il ne peut pas téléphoner et courir en même temps, Bat-poutrelle)

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 Que dire que dire… les environnements sont jolis même si ils manquent un poil de diversité – c’est le cadre qui fait ça et tout les efforts cosmétiques pour dépayser les joueurs sont faits, donc… les musiques sont discrètes mais s’accoutument bien à l’ambiance – comprenez, sombre. Ce jeu n’a écopé que d’un traitement « Teen » et c’est bien l’absolue absence de sang qui le sauve d’un R car au delà de pas mal de trucs peu jouasses (mmh, des gants-seringues, tout ce rêve vendu) pas grand chose n’est joyeux au royaume du clown triste. Disons que c’est de l’humour noir plein pot, servi par un doublage sympa mais encore plus sympa en VO où Mark Hammill rempile pour doubler le joker. Ce n’est pas important, seule la tronche archi mono-expression de Batman est un souci dans ce jeu. Ca et les boss.

Bref je n’arrive pas vraiment à l’adorer mais je peux que concéder sa trèèèès grande qualité. Si, comme moi, vous êtes peu familiers à cet univers, y’a pas de meilleure ouverture

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Catch-up moutarde


soul-eater-979374.jpgPour des raisons de bête favoritisme, ce post ne sera illustré qu’avec du Soulïteurre. Comme le jeu Windows : un plaisir esthétique et si peu coupable

C’est triste mais c’est comme ça : nous sommes en vacances, la moitié d’entre vous sont définitivement partis faire quelque chose un poil plus enrichissant et entre deux cavalcades françaises et Européennes, j’ai toujours le temps de consacrer une poignée d’heures à monologuer en Tahoma taille 12. J’ai presque droit à mes vacances « internetesques » mais avant de rendre les armes pour un temps, je manquais sévèrement d’idées… du coup, au lieu de pondre une figure de style un peu casse-gueule ou de faire un article au thème forcé, douloureux à lire et à écrire, me suis penché sur ma liste de mangas achetés à la Japan et le tout est venu de lui même : au final, c’est un excellentissime moyen de faire le bilan/point sur les « lectures » de l’année, via ces nouveaux tomes. En gros, j’en ai déjà parlé, plus ou moins dans le détail… mais que sont-ils devenus? 

Pendant ce temps là, à Shibusen

soul-eater-627726.jpgSoul Eater n’a jamais été un coup de coeur très rationnel : sans être fantastique ou novateur, il tombait juste pour moi au bon moment et au bon endroit (comprenez un gus traversant une vague phase émo) – mais cette affinité était surtout liée à l’anime – bien foutu, bien décoré et prenant, il a tout pour lui mais il reste désespérément fixe et pour cause, il est fini depuis deux ans et quelques. (Capitaine Evident was here) Eu’l manga reste donc la solution qui, pendant un temps, faisait tristement office d’alternative. Pas mal mais un assez grave souci de style qui, a
juste titre, pêtait quelques rétines – le charisme ambiant des personnages et de l’univers en général balançait astucieusement tout ça. La publication française continue son petit bonhomme de chemin, la très ciblée couverture du tome 17 arrivera dans nos contrées en Octobre et les impatients qui lisent les scantrads n’arrêtent pas d’hurler sur les toits que le dernier chapitre,
classieusement nommé « Just A Simple Story About Killing People » – fout quelques baffes. Ce manga ayant une capacité très perturbante à me rendre Xsexuel (remplacer X par n’importe quel perso, homme, femme, Excalibur) je prépare dès à présent un autel à l’éventuelle future victime d’Atsuchi Ohkubo. Problème : cette année en France, Soul Eater ramait un peu dans un arc à rallonge qui te faisait penser que certains doujins et cercles de « parodies
non-officielles » – et ça n’a rien de négatif – valaient mieux que l’oeuvre originale. Je me garde les explications et références poussées sur le sujet pour après les vacances mais c’est comme si
les travaux des fans monomaniques étaient mieux dessinés ou plus passionnants que cette interminable histoire où nos héros doivent dégommer le méchant du moment, chercher un MacGuffin et finir le tout dans une scène classe en robe de soirée. Tout ça est évidemment très sympa mais lire un tome 20 minutes tout les deux mois est quelque chose d’encore plus frustrant… si l’action avance de cinq minutes à chaque fois. Du coup, si vous aimiez un personnage hors-champ, vous allez l’attendre jusqu’à l’année prochaine, cool!

Ce petit souci de rythme était habilement balancé car quelques petites couilleries inventives là et là, saupoudré de développements inédits (balancer une histoire de fond sur ses persos n’a jamais été quelque chose de honteux) mais j’étais fort satisfait de voir le manga définitivement prendre sa voie, le vrai canon de l’histoire SE dont les petits détails sont spoilés depuis des lustres à l’internaute un peu trop curieux. Résultat des courses?

Ce dernier tome 16 était carrément salvateur. Je vais me la pêter un peu : j’ai beaucoup de chance en ce qui concerne l’avenir de mes petits poulains de fiction, quand j’en ai un… il prends soudainement de la valeur, comprenez que le manga donne de plus en plus de raisons de l’aimer. Il reste « jeune » (tome 20 à prévoir) et la synchronisation des publications s’approche mais ce nouvel arc est terriblement enthousiasmant. Pourquoi?

Maka en ange

Le manga devient bien dessiné… et ça c’est un peu l’extase. On est passé de « pas très précis » à « carrément joli ». Ramza, rédacteur Total Manga, m’expliquait qu’Ohkubo lisait très peu d’oeuvres de ses collèges et en devenait donc peu influencé… Je pense sincèrement qu’on a atteint le moment où il arrête de tâtonner et ça donne un résultat si cool, surtout parce que…

– Les personnages grandissent. C’est tout con mais ça se voit et ça fait du biiiiiien. Le chara design change, les repères évoluent, il n’y a toujours pas vraiment de véritable « héros » dans l’histoire et de nouvelles têtes apparaissent (Gopher et son hilarant tic de lèvres pincées) si on essaie d’oublier deux trois passages qui sonnent faux, si faux (le duo « comique » et son apparition dans le chateau, pardon, excusez moi, ne nous la refaites plus) bref tout ça est couillu, se renouvelle dans le bon sens et c’est pas habituel si tôt dans un shonen.

Ce tome nous montre en plus qu’on peut enfin prendre son temps en lisant un volume.. mais aussi assister à une scène d’action bien gérée, dynamique mais pas trop rapide… et avoir un bon cliffhanger. Rafraîchissant parce que je commençais à me demander si Ohkubo n’était pas juste un mec un peu chanceux, ayant pleins de bonnes idées pour construire un cadre mais sans réelle « vision » – certains choix graphiques/scénaristiques etc semblant un peu maboules. Ces craintes sont franchement éteintes et j’attends la suite avec une impatience non dissimulée!

En gros, en Octobre, ça va être la fête à la maison… avec plein de bras, une épée par membre. Good luck!

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… meanwhile, in Victorienne Angleterre

J’aurais aimé vanter les mérites de Black Butler avec un peu plus de conviction… mais il manquait un petit quelque chose, un truc que le manga a : un peu de constance. Si le deuxième anime commence avec un autre majordome et un autre shota, ce serait un scandale monsieur le juge – mais pas vu, pas la légitimité de commenter – disons que l’anime criait « LIS MA VERSION PAPIIIIIER C’EST UN POIL MIEEEEUUUUUX. » – Problème! A l’époque, il n’y avait que deux ou trois tomes… et Kana publie ça à la vitesse d’une Amy Whinehouse à la poursuite d’une bouteille d’eau, la faute à une publication japonaises qui prends son temps, elle aussi. (Si Black Butler dépasse les 27 tomes, on ne lui en voudra pas… mais j’aurais probablement atteint cet âge dans ce lapse de temps, attention les narines) 

C’est avec quatre tomes supplémentaires en un an qu’on a pu voir la « véritable » histoire de Black Butler, dans le sens où le canon manga diffère de l’anime, comme dans l’exemple d’au dessus. J’ai toujours tendance à penser que l’anime est une « face B » mais celle la avait les cojones de proposer une fin cohérente, bien qu’un peu… sortie de nulle part. Après la « phase indienne », l’histoire prends donc un nouveau tournant dans ce cirque qui donne l’occasion de constater plein de trucs!

D’abord – et ça vaut pour à peu prêt tout – si les préfaces de l’auteur d’un manga semblent émo, la suite va être bien dessinée. Vous n’êtes pas d’accord? Non seulement ces messages sont étranges, non seulement le manga Black Butler est extrêmement stylisé. Passé le stade du « Héééé c’tune histoire de gonzesse! *burp* », des couvertures pas toujours simples à arborer dans le métro et des posters très rococos offerts par Kana, on se rends compte que le baroque peut avoir du bon. Comme Soul Eater à sa manière (dans une portée plus symbolique) – Black Butler est beau. En apparence évidemment puisqu’il a une tendance surprenante à être méchamment… glauque.

… Non pas qu’il y ai du mal à ça mais c’est comme si il y avait tromperie sur la marchandise… une bonne tromperie, comme une réduction par erreur. Ce manga acquiert une profondeur sans qu’il en ai réellement besoin, même si il dépasse peut être un peu les bornes (la fin du tome 7 est sombre, sombre, ne véhicule rien de positif et se permet un cynisme inhabituel) sans que ce soit… réellement perturbant, toujours dans le « mauvais » sens du terme. Il bouscule un peu, met quelques pointes d’humour là et là… et n’hésite pas à fournir une plâtrée de nouveaux persos très détaillés. Je rappelle qu’on parle de la fin du XIXè siècle et que ça se répercute d’une manière – probablement, j’en sais rien) réaliste non pas sur l’ambiance, mais sur la mentalité aristocratique de l’époque. En gros, les puissants sont débauchés et se permettent un peu tout…

Toujours excellent à suivre, un régal pour les yeux, un peu schizophrène dans son traitement mais qualitativement GRAND.

… pendant ce temps, mais il y a un instant, à moins que ce ne soit dans cinq minutes

Mirrai Nikki est sur le point de se terminer. Actuellement, si il ne devait rester qu’un seul manga dont le scénario est « il ne doit rester qu’un personnage » – Mirrai Nikki gagnerait le concours de sa propre intrigue – dessins cools, personnages cools (oui, jusque là l’argumentaire n’est pas flamboyant) et ce petit sens du suspense et de l’action « à vitesse rapide » que peut avoir la narration de temps en temps en font un manga tellement agréable. Il doit en exister des tonnes au même niveau mais celui là n’a jamais été un achat regretté…

MAIS. Mirrai Nikki est comme cette ligne, il commence parfois par des mots interdits dans les petites règles de la syntaxe et à cette tendance carrément fâcheuse a ne pas savoir sur quel pied danser. Thriller psychologique? Romance? Action? Je vais pas plus paraphraser mon autre post mais ce souci est devenu encore plus évident quand la relation Yukiteru/Yuno atteint son aspect « happy end » où on a droit à une scène un peu redoutable où je me suis senti un peu voyeur. C’est très peu de choses, ça peut paraître touchant mais le moindre bout de sein dans un manga qui a passé tout le reste de son action a être safe m’évoque Battle Royale et y’a comme un petit réflexe Pavlovien qui me fait baigner les dents du fond. C’est minuscule et voilà un autre souci, bien plus majeur à l’approche du final : l’intrigue s’embourbe dans le grandiloquent… et c’est pas génial. On dirait que l’histoire est pensée en couches, à la Lost en moins bien gêré… pourquoi nous sortir la carte du « voyage dans le temps? » C’est cohérent dans le contexte mais ça rends confus une histoire de base assez peu précise. Un Concombre confus est un concombre triste, et un concombre triste fait des billets émos sans interêt. 🙁 

Allez, on sent bien que les choses s’accélèrent puisque les seconds couteaux subissent une Blietzkrieg effarante, un perso charismatique comme pas deux se tape la fin la plus agréablement surréaliste de l’histoire et… il n’y a plus rien à exploiter, concrètement. Mes attentes sur la fin de ce manga sont assez hautes car les portes ouvertes sont nombreuses et la fin imprévisibles… mais j’attends au tournant la vision définitive du « genre » de Mirrai Nikki. Non pas que je réclame une fin de type « Ho, c’était qu’un rêve, je peux retourner à ma vie pourrie sous mon placard… han! Poudlard aussi c’était qu’un rêve? :(« 

… mais il y a deux poids deux mesures.

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Le post devient interactif! Remplacez Gopher par ma tronche et Kid par Yuno. La scène est parfaite. Le coup bien placé. C’est indubitablement agréable pour tout le monde

… au pays de Candy, comme dans tout les pays

Deux autres trucs avant de vous lâcher. Bakuman, d’une part, a eu droit à son post et il n’y a eu qu’un tome de sorti entre les deux donc pas de quoi en rajouter des tonnes au delà du sempiternel « c’est très bien ». Évidemment que c’est très bien banane, que l’interêt d’en parler sinon – et ça reste foutrement bien. Ce nouveau volume s’est un tout petit peu calmé dans sa vitesse de narration (il écoule quand même six mois… à moins que ce ne soit une année, saitplusfaitchaudici) et il a le chic de commencer à planter les quelques petites graines qui, on le sent de très loin, feront toute la saveur de la suite. La discorde va finir par briser notre petit duo de génie et c’est là qu’on va craindre pour leur amitié (l’équivalent de la vie pour tout autre fiction, c’est Bakuman là) – même si les persos stagnent un peu, voire beaucoup, on lit des réactions un peu nouvelles mais cohérentes – le manga ne sait pas s’éloigner ne serait-ce qu’un tout petit peu de ce derby mis en abyme, le temps de deux trois pages… si c’est pour nous servir des histoires amoureuses insipides, très bien, continuons à la cacher en filligranes, c’est très bien. En revanche, pourquoi nous imposer les bases de ce qui risque d’être un triangle amoureux destructeur pour les personnages? Et voilà, je suis de nouveau triste. 🙁

Pour aller toujours plus loin dans la structure « eladimaryp » de ce post, trois lignes sur Maria Holic en manga : achetez les vites, leur éditeur est mort, du canon frais, aussi agréable graphiquement que l’anime, un peu sérieux de temps en temps… et une propension hilarante à se foutre du rythme au profit du sens parodique qu’à, de manière systématique, cet univers… c’est amusant.


Petit hors sujet pour vous recommander chaudement Edge et Games, les deux magazines anglophones sur le jeu vidéo… et une mention spéciale sur le dernier que j’ai découvert récemment, moins cher, plus accessible et un poil plus ouvert – mais dans les deux cas, que ce soit dans le contenu, la maquette ou l’originalité, c’est deux fois supérieur à tout ce qu’on peut trouver chez nous.

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Comédie à feu rapide

A Angers pour la semaine. Si je sors une destination différente à chaque post, c’est juste parce que je suis assez chanceux.
Twitter.png… sauf au jeu. Râââââge

Je ne sais pas si le film Onion Movie vous dit quelque chose, je comprendrais facilement la négative parce j’étais dans le même cas il y a cinq bonnes heures. La réactivité, les enfants! Pour vous la faire simple, l’Onion est une comédie télévisée sur le long terme reprenant et moquant les poncifs culturels et sociologiques américains, dans le fond et dans la forme. Effectivement, parce que cette comparaison ne m’appartient pas, l’Onion est aux States ce que Groland est à notre Hexagone beauf et rural, vous voyez le genre? Le bazar est donc un (assez vieux) show récurrent comme peut aujourd’hui l’être le Daily Show mais il existe un film sorti directement en DVD dans nos contrées il y a trois ans.

PROBLEME. Nos étals sont foulés par ce DVD renommé News Movie, ce qui lui retire immédiatement tout sex-appeal puisque cette dénomination évoque immédiatement la série Scary, Big et Epic Movie, une espèce de franchise hybride qui commençait avec les meilleures intentions puis qui sonne aujourd’hui comme un caillou dans une chaussette trempée. Là, c’est juste le titre français comme si le fait de classer un direct-to-dvd ressemblant à ces trucs était un automatisme mais il se trouve qu’il y a des points communs entre ces deux choses. D’une, il y a des créatifs, scénaristes/réalisateurs en commun. Dans la bonne ou mauvaise phase des movies, j’en sais rien, investigation totale! De l’autre, ce film assez inconnu dans nos contrées mais aussi dans nos têtes puisque je suis assez certain de vous apprendre l’existence de ce titre… par contre il est franchement probable que vous ayez déjà vu un ou deux extraits sur Youtube, peut être la fabuleuse histoire de Brendan Laroux, l’homme qui était allé jusq’au bout de ses rêves!

Quoi qu’il en soit, je viens de le voir en Français et c’est franchement drôle, pas de souci. En plus d’être simplement bien doublé, c’est le genre de film tourné avec pas grand chose qui, sans être génial ou révolutionnaire, tape exactement là où il veut aller sans s’embarrasser de grosses prétentions générée par une attente qui est, de toute façon, inexistante. Vous aimerez Onion Movie pour la même raison que vous avez aimé La Classe Américaine et autres trucs prétextant X ou Y truc pour figurer une succession de sketches. Là, c’est le présentateur du JT bien cliché qui débite ses news, pépites à l’appui et vas-y que ça fait de l’humour au sein de la rédaction, des « reportages » ou juste un peu de méta, je vous le met quand même? C’est un peu con mais drôle et ça a une propension rigolote à pousser l’idée d’un sketche jusqu’à son confinement, même si ça prends parfois un peu trooooop de temps pour arriver à une blague finale. Pas grave, y’a tant de fils rouges et de runnings gags hilarants, on leur pardonne ça (y’a forcément un truc qui va vous donner le fou rire) c’est franchement sympa et ça peut dépanner pour une soirée pizzas/amis/pyjama.

Question à cinq milles : quel est le rapport entre ça et la plupart des machins qui me font rire et que je chronique depuis une grosse année? L’absence de ligne scénaristique, de storyline hein pour la succession de mini-pastilles sans lien les une avec les autres. Esprit zapping et Hell pour tous! Humour lapidaire, à bas la cohérence, vive la succession de mini-vidéos ou de passages sans réels liens les un avec les autres, un peu le Wario Ware de l’humour… et c’est avec pas mal de retard que j’ai enfin pu poser les yeux sur une série dont on vante les louages ici et là depuis quelques temps. Comme dans Questions Pour Un Champion, je pars du vague et j’affine! 

Vous connaissez Seth Green? Si oui, je dois vous avouer que je lui ferais bien quelques gosses. Très jeune adulte, il faisait Oz dans Buffy, il apparaissait en parallèle dans toutes les meilleures scènes d’Austin Powers en tant que Scott Devil (zip it, Scott) et s’est même tapé le luxe de faire quelques caméos remarqués dans l’univers du catch professionnel. Pour la faire laconique, il semble être des notres.

En plus d’avoir ce CV aussi foutraque qu’original, il co-créé en 2005 avec un certain Matthew Seinrech une nouvelle série d’animation acceptée par la chaine Adult Swim qui, comme le nom l’indique, n’est pas toujours pour les gosses. Elle fut nommée Robot Chickenet ils virent tous que cela était bon.

robot-chicken.jpgC’est un peu péteux mais je pense qu’on peut légitimement dire que Robot Chicken, bien qu’actuellement arrêtée avec ses quatres saisons de 2005 à 2009 faisait bien plus directement et de meilleure manière ce que South Park essaie désespérément de faire de nos jours! Quand ce dernier essaye de taper dans le « gag culturel » en justifiant un vague scénario qui impliquera le ressort comique de Cartman ou Butters, Robot Chicken ne s’embarrasse pas de scénario. Disons qu’il s’en débarrasse dès le générique qui fait prendre son sens au titre de l’ensemble puisqu’on y voit un robot fou écraser un poulet, le reconstruire en version bionique (« It’s aliiiiiiiiiive! » C’est chanté par Les Claypool qui a aussi composé le générique de… et voilà, paf) et lui faire mater un tas de conneries à la télé, pourquoi pasd’raison. Ce zapping va donc être l’unique matériau de Robot Chicken… chaque saison est donc composée d’une vingtaine d’épisodes au format comique (autant de minutes par épisodes, donc) sans liens logiques ou connections entre eux, une grosse salade jusqu’au générique qui est en fait le thème d’un film de Roméro chanté par une chorale de poulets. Juste autant de morceaux d’un zapping – au sens strict du terme, transition par la neige bien existante – qui ne vit que pour des petits fils rouges n’allant jamais très loin.

 Ca fait encore un peu commun à ce stade mais je suis sûr que vous n’avez pas pu vous empêcher de remarquer qu’on ne parlait pas de dessin animé en temps que tel, mais bien de stop motion! Cet art de l’image par image qui fait s’animer poupées, machin en pâte à modeler et pas mal d’autres trucs en plastique qui laissent une certaine liberté d’action dans ce qu’on veut faire, supposé qu’on aie pas mal de patience… et quelques paires de bras sous la main. Pensez aux studios Aardman qui ont fait Chicken Run et la série Wallace et Gromit, c’est presque le même esprit car on sort de cette cible assez enfantine pour plaire aux teenagers et autres adultes plus ou moins attardés que nous sommes.

C’est donc bien animé, ça coule de partout et ça part de n’importe quel cadre car dans ce pur esprit zappesque puisqu’effectivement, il n’y a aucune attache où que ce soit, pas de personnages, lieux ou quoi que ce soit de récurrent puisque qu’aucun épisode n’est concrètement lié à un autre, chaque séquence est effectivement raccourcie pour passer en dessous de la minute (ce n’est pas le standard mais le lapidaire est toujours autant de rigueur) et décrit un sketch rigolo tapant sur n’importe quel aspect de la pop culture américaine… ou mondiale. Dans le sens où un Schtroumpf, un Tintin, un Snorki ou n’importe quel machin un tant soit peu exportable soit un minimum connu des créateurs donc des téléspectateurs. C’est délicieusement random, bardé de références intelligentes comme de gags juste jouissifs – parce qu’avouons le, souvent nettement cons – et parfois rempli de piques qu’on devine si personnelles aux yeux des auteurs. Le truc est encore plus réjouissant parce que ce n’est jamais vraiment méchant, ça tire juste à vif sur tout et rien à la fois… mais un peu à blanc, sans que ce soit inutilement politique, vulgaire ou uniquement basé sur cet humour de décalage vieux comme le RickRoll. Juste une situation de base qu’on connaît bien et un gag à la fois crétin et
impeccable. Le format permet une lecture en boucle (une, deux bonnes heures fois plus de Robot Chicken passent vite) et c’est tout sauf un truc de fond, ça attire l’attention parce que
le doublage a, lui aussi, le luxe d’être franchement bien fichu. Robot Chicken a tout pour lui – sauf peut être son annulation en 2009 mais hé – et faire quelques recherches sur ces deux mots
magiques peuvent vous procurer quelques bons fous rires si vous aimez ce type d’humour gentiment crade et sagace.

Sinon, matez ça quand même, dans le doute, MCM diffusait ça jusqu’à peu et il serait étonnant que la chaîne arrête avec ce filon, c’est pas comme si diffuser un machin en boucle était dangereux pour la chaîne de la TNT. (En plus, c’est souvent suivi de l’Amour à ses raisons, quand on vous dit que glander devant la télé est bon pour vous)

Ho, aucun rapport mais profitons en quand même : je suis actuellement en plein visionnage de The Office, merci Canal et ses soirées séries du Jeudi – parce que c’est typiquement le genre de truc qu’on connaît depuis perpète sans prendre le temps de découvrir concrètement. Pour mater en parallèle les derniers à la télé et les premiers (cinq saisons plus tôt, quand même) achetés pour pas grand chose sur GrandesFollesDeLaJungleAuSeinCoupé.com, il est intéressant de constater que cette série veillit extrêmement bien et reste toujours très drôle avec le temps… si ce n’est plus!

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 Là aussi c’est un peu compliqué : The Office est d’abord un concept britannique, supervisé par Ricky Gervais… qui joue aussi le rôle principal, épaulé par trois/quatre autres têtes improbables. C’est comme une sitcom moderne, sans rires pré-enregistrés mais filmé à la manière d’un documentaire moderne : caméra en main, zoom rapides omniprésents et alternance rapide de scènes « d’action » et de « confessionals » (en anglais dans le texte) – ces fameux moments où tel ou tel protagoniste réagit sur la situation, seul devant la caméra. Ca a été adapté un peu partout… dont en Français sur Canal avec François Berléand dans le rôle titre mais ne parlons pas de malheurs – 

 Non, ce qui nous intéresse pour le moment est la version américaine, elle aussi lancée en 2005… mais toujours sur les rails aujourd’hui. Le rôle titre? Vous aurez reconnu le grand Steve Carell, entouré d’un casting all-star très « Je-l’ai-vu-dans-une-autre-série » : Rainn Wilson, BJ Nowak, etc… mais à l’inverse de Robot Chicken, The Office ne privilégie pas la logique de série dont on peut regarder les épisodes dans le désordre – il y a quelques petits arcs scénaristiques, aussi minces et/ou classiques soient-ils! Même si au début, l’intégralité du truc est tourné sur le caractère connard malgré lui du big boss Michael Scott (Carell, donc) – habité par un sens du sexisme et de la beauferie à tout rompre – la série se tourne petit à petit vers le potentiel comique de chacun des employés de ce fameux bureau, si petit mais si vivant… effectivement, la vaste majorité de la série est filmée dans ce petit espace d’une quarantaine de mêtres carrés, si on y ajoute les quelques salles privatives, le fameux hangar où il se passe des trucs un peu étranges et pas mal d’autres endroits qui font très « bouffées d’air » – un bar, un parking, une bagnole… tard dans la série, tout est même démobilisé près des chutes du Niagara pour un heureux évènement.

Cette série est franchement drôle parce qu’il y a derrière ce petit souci d’écriture qui fait que chaque ligne, chaque réplique ou chaque saloperie débitée par X ou Y sonne comme un truc pensé et repensé, débité à grande vitesse. Comme dans Weeds, sauf qu’à l’inverse de cet exemple ça s’améliore avec le temps, ça ne tourne pas en alternative aux Sopranos! C’est souvent du « soyons le plus offensif possible avec M.Scott et rions de manière gênée » mais il y a tellement de petites pépites d’esprit là et là, de références très discètes à toutes les conneries de notre temps, c’est un petit régal. C’est réellement une question de rythme et de concision, les épisodes seraient un poil plus long, ça marcherait franchement moins bien… mais c’est un petit microcosme qu’on regarde évoluer… enfin, deux trois gus qui semblent gagner en grade, le reste semblant désespérement vissé à leurs chaises pour la vie… même si c’était sensé être temporaire au début. C’est pas grave, le casting se renouvelle un tout petit peu, dans le sens où le « paquet de base » est accompagné par quelques têtes qui tournent de temps en temps.  Je rappelle les lignes directives : c’est rythmé, franchement drôle, bien écrit en phase avec son temps. Je préfère nettement ça à The IT Crowd, par exemple. Noooooon! Pas le feuuuuuu

 Pendant ce temps, sur Formspring, Janine Brito est toujours moche.

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Joyeuseries musicales – Dionysiaques 11

 J’étais là, en train de prier comme ça peut arriver trois ou quatre fois par décennie pour espérer une présence de l’Internet dans ce qui est actuellement ma destination pour toute la semaine. En effet, comment poster la suite sans une poche d’Internet? Bref, c’est les genoux par terre que je me suis rendu compte que je n’avais pas eu le temps d’écouter beaucoup de trucs,ces quatre derniers mois… puis je suis immédiatement tombé sur des CD gravés qui m’ontrappelé qu’à partir de 2006, je m’étais promis de faire une galette par année avec les découvertes et coups de coeur des douze derniers mois. En fait, basiquement, c’est ça maisdématérialisé.

Hou…

Ces temps-ci et ci dessous, les mélodies à fond dans le casque?

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FUCK YEAH! C’EST L’ETE, VIVE LA MUSIQUE

Jefferson Airplane – White Rabbit

Là on entre d’emblée dans le grand classique des grands classiques, l’un des hymnes populaires du rock moderne en passant par la case « fin des années 60 ». Je vais partager avec vous l’une de mes astuces de petits saligauds : stratégisez les anniversaires de vos proches mélomanes pour rapidement graver les galettes que vous achetez pour eux, c’est vil mais si peu coupable. Mes parents m’ont appris pas mal de trucs à ce niveaux là (musicalement, pas dans la vilénie, ça c’est un choix de carrière) et je me suis donc indirectement procuré le très fâââmeux Surrealistic Pillow du groupe à l’étendard féminin bien connu. La démentielle reprise d’Emiliana Torrini dans Sucker Punch coïncidait et paf, passion soudaine pour cet album. Très court, archi sérieux dans le ton et la métaphore (Alice = drogues dures, on prête à Caroll tout les vices possibles, surtout ceux « d’actualité ») White Rabbit est non seulement scandaleusement bien écrit et à fond dans l’expansion du « mythe » mais très planant, surtout pour une voix presque métalleuse dans le contexte (ouais, on est dans les limites du chant là) – j’aime cette petite basse baladeuse, j’aime cette histoire, j’aime cette progression, j’aime j’aime j’aime, du grand rock et de la grande musique. Feeeeed your heaaad ~

The Chemical Brothers – Galvanize

Tchik tchik boom wub wub wub wub wub. Attention, c’est fort et ça sent fort le « ça me dit quelque chose » – les amateurs de jeux de rythme – avec platine – deuxième du nom – reconnaîtront l’une de leur plus grande némésis du moment, les autres comprendront qu’avec les fameux auteurs de Star Guitar (récemment fendus d’un nouvel album, que j’ai failli voler à Kirox bien malgré moi, pardon) on ne rigole pas avec les samples, les boucles et les poum poum tchak. Tu veux taper dans le mystique? Avec de l’électro? Ok boy, on va mettre quelques trilles qui vont faire derviche-tourneurs ici, hop un petit riff bien méditerranéen qui tourne en boucle là, on pousse les basses à fond, quelques petits bruitages de clavier et autres trucs vlan bim hop hop hop voilà un bon gros tube. L’essentiel, c’est de ne pas tomber dans le bruitisme pur et simple et de rendre le tout accrocheur, d’où ce ton bizarrement haut (et oui, c’est en vitesse 1) Tout ça pour dire que c’est franchement cool.

J Geils Band – Freeze Frame

MAINTENANT, SANS AUCUN RAPPORT. Revenons dans les années 80, oublions tout les machins clichés et recentrons-nous sur les trucs totalement passés à la trappe ici à l’époque, vaguement revenus au goût du jour par des petits hasards et des apparitions dans tels ou tels trucs plus connus – vous aurez tous entendus Centerfold quelque part *clin d’oeil, clin d’oeil* – et quel hasard! C’est un titre de l’album Freeze Frame, où on trouve le titre éponyme. D’une, je recommande très vivement la lecture de l’album, et c’est pas le type de disque qu’on laisse passivement défiler pendant qu’on fait autre chose (jouer à Rapelay, etc) puisque chaque pisse à l’air de sortir d’un album/disque/époque différente, à peu de choses prêtes. C’est pas du tout le genre de galette où on peut dire « Hey, toutes les chansons se ressemblent, scandale » parce que chaque morceau part d’un gimmick très précis qu’on dirait issu de pas mal d’expérimentations, de bidouillages qui aurait donné l’idée autour duquelle construire un morceau. Là je vous ai mis le final très vocal et harmonique du truc façon « hey! On sort de scène en chorégraphiant avec nos cannes et nos chapeaux ronds! Débauche! » mais c’est parce qu’il représente bien tout ce qu’il y a avant – pas beaucoup de texte, ce petit son de clavier entêtant, guitare peu présente sous les cuivres divers et un gros enthousiasme sur cette fameuse image fixe, pas compris, demandez pas. Je pense pas que ce soit la même « Freeze Frame » que le « Girls On Film » de Duran Duran. Shoot, shoot, blblblbl, tapez dans vos mains, c’est un ordre!

Carla Azar – Tomorrow Never Knows

Trois paragraphes plus tôt, je vantais les mérites de la BO de Sucker Punch et je vais me permettre d’en remettre une couche car c’est le point fort de ce film un peu barjo et qualitativement… hybride. C’est également une reprise, je ne vous fait pas l’offense de dire d’où vient l’original (ne vous imposez pas ça si ça ne vous dit rien, la mémoire va finir par revenir) mais avec la démentielle version Torrini de White Rabbit, toutes ces versions 2011 et féminines des grands classiques du rock est sur-jouissive, surtout pour cette version de Tomorrow Never Knows où le coté « mystique indien » de la compo de base est franchement bien retranscrit… et amplifié, pour le coup. Le morceau est deux fois plus long, ce qui veut dire plus d’ambiance pour ne pas dire de « trous d’air » qui laissent l’esprit du morceau planer… on laisse venir la sauce, on la fait monter progressivement avec cette guitare vrombissante et hop, on reprends le soliloque drogué sur la synesthésie et plein d’autres trucs qui vous valent un arrête au poste si vous l’affichez trop sur la voie publique. En quarante ans, on a trouvé plein d’autres moyens de rendre un son « planant » et miss Azar rends un excellent boulot d’interprétation doublé d’un son qui te fait aller loin, loiiiiiiin… avec de te laisser retomber comme une Lara Croft sur un pic acéré parce que hé, c’est de base le but du film, n’oublions pas.
 
Ghinzu – The End Of The World
MERCI MONSIEUR BADGER POUR TOUS NOUS RAPPELLER L’EXISTENCE DE GHINZU! Typiquement le genre de mot qu’on peut entendre et se dire « Mh, me dit vaguement quelque chose, c’est Français? » – et non, c’est Belge. Ma culture musicale du plat-pays se limitant à Brel… Plastic Bertrand… et Soulwax? Le générique de fin de l’AMV Enfer peut donc être
une excellente excuse pour découvrir Mirrors Mirrors, l’album en question. Le titre seul en lui même est, excusez du peu, foutrement bon! Pas un instant on ne pourrait soupçonner la
francophonie des artistes (j’essaie de m’attirer les foudres de cibles bien précises, faites pas attention) parce qu’on sort des sentiers battus pour une ballade rock qui commence plutot
gentiment et qui finit en grande envolée lyrique assez… émouvante, mine de rien. Le coté « ultime » du morceau est si bien retranscrit (et c’est loin d’être le dernier) et ce son, tellement bon
et pourtant assez simple… paroles jolies comme tout – j’aime bien les jolies petites chanson d’amour discrètes comme ça, quand ce n’est pas abordé crétinement à la Marc Lavoine mais c’est le cas de tout le monde, je suppose – et ce motherfuckin refrain où on balance toute l’émotion et « l’esprit » du reste, comme contenu dans les couplets. On gratte, on arpège par dessus, on rajoute des petits machins très mineurs (c’est sensé être une chanson joyeuse? Triste? Mission impossibles) et on chante avec beaucoup de convition… typiquement le genre de truc où le sérieux est supra-nécessaire… sans être gênant. C’est bon, c’est franchement bon, merci.

R.E.M. – Superman 

Si tu as cru qu’ils ont mis un homme sur la lune… un homme sur la luuuuune? Non? Toujours est il que Rapid Eye Movement est un groupe si riche… on pourrait passer une vie à découvrir les grands tubes qui ont ponctué le groupe, a écouter les albums correspondants en périphérie puis à progressivement remonter le temps qu’ils en auraient déjà sorti un nouveau. On exclut Everybody Hurts que j’ai un mal fou à prendre au sérieux (sérieusement, « ne vous faites pas du mal », c’est un message?) et Shiny Happy People qu’ils sont connus pour détester mais on distingue facilement plusieurs périodes dans leur très ample disco, des débuts incompréhensibles de Murmur aux ballades un peu plus mollassonnes, en passant par deux trois phases bien rock chic et folk choc. C’est un peu ça dans Life Rich Pageant où on trouve Superman, morceau assez connu qui n’accroche pas par ses paroles super profondes mais bien par son coté roots et pas piqué des vers – il y a déjà cette piste « effets sonores de cirque » qui corresponds franchement bien et qui apparaît de temps en temps, puis ça ne s’éternise
pas, on met ce pont bien bondissant au milieu et on enchaîne sur la fin. C’est du REM, c’est des histoires de sentiments quoi qu’il arrive et c’est pas plus mal puisque ce n’est pas direct. Tout le monde n’aime pas The One I Love ou At My Most Beautiful qui, eux, sont un poil plus explicites… et donc plus mous. Là, c’est rythmé, joyeux mais mélancolique… et très simple à faire à la gratte, tout réside dans la variation d’un accord, épatez donc vous relations avec Superman!

d5acead8d0fdbd653f370b583e89f6f5.jpg Freezepop – Sprode  

Oui alors pardon pour le rip-off un peu moche mais c’est toujours pareil avec Freezepop – leurs morceaux sont trois fois plsu travaillés quand ils les remixent pour tel ou tel jeu de rythme où l’un de leurs membres à bossé. Conséquence logique : la piste de base paraît bien fadasse et vide. Syndrome Freezepop quoi – une piste sur trois accrocheuse, les deux autres sans interêt mais hey, je vais pas paraphraser longtemps, je me suis déjà fait choper en flagrant délit de languedeputage sur Twitter par leur claviériste. Chanson rigolote adressée à leurs fans (ou à un fan en particulier, je ne sais pas, ils ne sont pas connu pour faire de la poésie lyrique) où les gimmicks du groupe ne manquent pas à l’appel. En gros, vous prenez tout le matos utilisé pour faire un tube de Laygaga, et vous l’utilisez pour en faire quelque chose de BIEN. Cordes ou instruments réels interdits, même les cordes vocales de Jenny Enthusiasm semblent bioniques tant son chant est machinal. Tout ce morceau tourne autour d’une petite tournerie de clavier autour duquelle est contruite une petite ambiance sucrée de carnaval (elle aussi, décidemment) mais on sent le gros travail derrière tout ça. Plus on écoute, plus on repères de pistes de claviers, de basses, de petits machins qui paraîtraient indispensables une fois supprimés…ET HOURRA, RYTHME DE BATTERIE DISCO

Them Crooked Vultures – New Fang   

Une joyeuserie musicale ne peut exister sans un petit Josh Homme ou un Dave Gröhl, avouons-le. Ben hop voilà-t-y pas que cette formation all-star, d’abord nommée « Les Petits Pois » – nom de code pour ce concert à Rock En Seine il y a deux ans – regroupe les deux bonhommes en question plus JP Jones, monsieur Led Zep. Ils ont donc fait un album qui sonne comme du Queen Of The Stone Age plus que les deux autres groupe maaaais… qui aurait renoué avec les racines « désertiques » des débuts. J’aurais pu mettre Scumbag Blues en extrait, s’aurait été un peu plus évident mais cette galette s’efforce tellement de sonner « je suis mort de soif dans le désert de Gobi » qu’il fait tout pour insérer les petits clichés géniaux et subtils du genre : du bend et du bottleneck partout (pour un son « glissé » bien bluesy, tout en gardant cet esprit rock bourrin) du… kazoo? Ou un son s’approchant – et un final en descente de tom impossible à reproduire, j’ai essayé, j’ai eu des problèmes. Ce disque (éponyme) est tellement bon, tellement constant, un deuxième ferait presque tâche tant il comporte un univers bien défini. Ce serait épatant d’ailleurs tant il est d’usage qu’un groupe de ce genre se contente d’un one-shot (les agendas de ces gens là sont quand même bien remplis) mais je vous invite sévèrement à rejoindre cette grande fête au soleil, vous exposer un peu plus au soleil… et vous faire bouffer par les vautours.

Ohio Players – Fire

Ho, du phonque! Alors oui, c’est archi cliché. N’allez pas imaginer les Jackson Five en train de manger des buckets KFC tout en dansant (c’est pas moi, c’est l’internet) mais les Ohio Players sont effectivement de très bons apôtres de cette époque où un vinyle, c’était un morceau en devenir très connu et trois autres qui remplissent un peu. Fire et Honey (a écouter : Love Rollercoaster… et la reprise des Red Hot) sont deux albums extrêmement libidineux – y’a qu’à voir les couvertures haha – où quatre mecs vont donc installer une petite formule entêtante… la faire tourner en boucle quatre minutes et dire/chanter plein de trucs en même temps, les uns après les autres, faire plein de bruits avec la bouche, rigoler ou juste faire « loooooove » de manière archi sensuelle. Vous aurez peut être reconnu le générique d’Hells Kitchen, d’ailleurs. Avoir le feu aux fesses ne les empêchait pas de faire de la bonne zic, en témoigne ce morceau ultra culte aux USA… qui reprends les machins énoncés plus haut, avec plein de piano dissonant, une basse entêtante et une guitare qui fait presque support tant tout est dans la VOIX. Insérer ici une chanson de Chef dans South Park, ooooh yeah.

Maxïmo Park – Girl Who Plays Guitar

Rock anglais, rock anglais. J’ai découvert ce groupe récemment (sérieusement, le nom n’est pas engageant, ça sonne comme le plan B de Tokio Hotel) et étant un très grand amateur de la formule anglaise sur-efficace et dansante à la Pulp, Blur (un peu moins) et autre Franz Ferdineries, c’est toujours avec pas mal d’enthousiasme que je découvre un autre groupe qui joue dans cette court de récré. Ce morceau qui irait très facilement dans un AMV avec K-On! Navigue dans ces eaux rythmiques et dansantes : mineur presque interdit, on se réponds entre grattes à grand coups de powerchords et vazi que je te balance le pont et refrain avec mes barrés ravageurs pendant qu’on chante très sérieusement sur la muse de l’instant pour le chanteur et son hamburger dans la bouche. C’est archi rapide, le son est vintage au possible (les pros reconnaîtront les Fenders de la dernière ère glacière) petit clavier discret derrière, la batterie cavale joyeusement et le tout donne un ensemble très accrocheur qui donne envie, lui aussi, de prendre son médiator et de rejoindre la pyjama party.

Journey – Don’t Stop Believing

Pour le quota « Rock classique archi connu », j’hésitais entre ça et un morceau de Toto… puis la fin des Sopranos m’a frustré, comme tout le monde avant moi, puis me suis souvenu que l’AMV HELL 5 avait un très joli clip à base deeeee geeens, de feux rouuuuuuuges, hiyayoooooooo! Que peut-on rajouter devant tout ce culte, exécuté tambour battant (littéralement, cette surpuissance des toms est toujours un régal) dans la pure tradition des morceaux-qui-ne-démarrent-que-pour-les-trente-dernières-secondes? Que c’est le seul morceau de Journey que j’apprécie… parce que j’en connais que deux. (Syndrome Foreigner) mais celui là – beaucoup d’émotion, d’énergie, de démarche volontaire… un coté un peu cryptique et un gros solo de guitare qui fait monter au plafond, tout est là, protégez vous. Rien d’autre à dire!

Kaiser Chiefs – Things Change

Attention, je lis dans votre esprit… j’y vois… un mot en quatre lettres… une pierre précieuse… un prénom féminin… certes, mais pas que ça. Les Kaiser Chiefs, connus pour leur manque de modestie assez caractériel viennent de sortir un nouvel et quatrième album intitulé « The Future Is Medieval » – cependant, il n’y a pas que la version « officielle » et ses treize morceaux – les gars ont fait quelque chose de très original sur leur site : vous pouvez piocher parmi vingt de leurs nouveaux morceaux, en prendre dix, les mettre dans l’ordre choisi et customiser votre pochette parmi dix « objets » correspondants à vos titres. Hop, vous obtenez votre version en version numérique pour neuf euros et vous pouvez même gagner un Pounds à chaque fois qu’on achète la votre. Voici donc ma playlist (mais entre nous, vous pouvez simplement piz el remalcér em, rembobinez la cassette) composée après moult écoutes des 20 extraits d’une minute, exactement comme ici avec plein de joli flash classieux. Même après cette sélection peu exhaustive, cet album est pas mal sans être fantastique mais à ce prix là, pas facile de se priver. J’aurais pu mettre l’extrait de Little Shocks qui supplie de sortir en single (si accrocheur, deux premières secondes si sympa et toujours si peu modeste) mais j’ai un petit truc pour ce titre là, son rythme barré, son instrumentalisation un peu aléatoire et son art du contretemps, toujours appréciable. Je vous recommande nettement d’y jeter un oeil, que ce soit pour la formule personnalisée ou officielle…

Après vérification, j’ai 6 titres sur 10 en commun avec la playlist du groupe. Pas trop trop mal.

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