Monthly Archives: juin 2011

Jeux de (très gros) dupes

Mini leçon de stylistique qui vous intéressera si vous n’avez pas fait des études de langue un peu techniques (et franchement, vous en avez de la chance parce que c’est très loin d’être le plus passionnant du lot) – ça ne durera pas longtemps, et avec un peu de chance, je vais vous apprendre quelque chose.

Il y a un mot que j’utilise souvent mais que je n’ai jamais pris le temps d’expliquer, c’est la notion de diégèse. Ce mot qui sonne très « catholique technique » est en fait à différencier avec la narration. En gros, dans une fiction, quelle qu’elle soit, il y a le temps de diégèse et le temps de
narration.

Le truc c’est que le premier indique le temps qui passe « intra-muros », dans l’univers de la fiction qu’il déroule. Le temps de narration, au contraire, est le « volume » qu’il faut à cet « espace diégètique » – que ce soit une unité de temps de lignes, de minutes, de pages, grosso modo le temps qu’il faut pour que la chose se passe mais matériellement.

Partons de « N » et de « D » pour simplifier un peu les choses.

Le rapport entre les deux créé donc des mécanismes qu’on connaît bien mais qu’on ne passe évidemment pas en revue toute sa vie. On peut faire des petites opérations en décrivant ce que ça donne le cas échéant…

Cas n°1 :

D>>N. « Je me suis enfermé dans la chambre d’hôtel avec Oniii-San. Deux jours plus tard, nous commandions des sandwiches car il commençait à faire faim. » Il y a une ellipse, on sait pas ce qu’il s’est passé entre temps.

Cas n°2 :

D=N. « En de début de partie de pétanque, je lance le cochonnet, je fais un petit cercle dans le sable avec mon pied et je pointais ma première boule. La promesse d’un instant inouable et ensoleillé » – comme dans la vraie vie, c’est équilibré.

Cas n°3 :

N>D. « J’avais faim, soudainement, je voulais manger des Dinausorus. Seulement voilà, toutes ces calories vont faire que je ne vais pas pouvoir me balader en bikini sur la plage cet été. D’ailleurs, est-ce normal que je mette un bikini si je suis un homme? Que dirait Marcel Duchamps? » Là, ça prends des plombes mais au final mon monologue intérieur ne prends qu’une seconde de temps réel. Ayez, vous voyez où je veux en venir? DONC.

CAS N°4 :

N>>>>>>>D : KAIJI.

781864059324c61143abdedb8db07d67-copie-1.jpgC’est un anime qui a plein de qualités mais il faut juste se débarrasser de ça immédiatement : si, dans Kaiji, diégèse et narration étaient un couple, le premier serait en cuir, fouet et talon aiguille sous lequel on trouverait les parties sensibles du deuxième. Cet anime de 26 épisodes n’aurait eu strictement aucun problème à raconter exactement la même chose… en 13. Il coupe tellement son action à l’eau que ça en devient super gênant mais là aussi c’est un sentiment mixé puisque même avec ce vilain petit paramètre, c’est un anime que je me suis englouti avec une vitesse rare, cette sensation d’enchaîner les épisodes sans voir le temps qui passe commençait à peser. Kaiji est plus qu’un anime qui étale trois minutes d’action sur cinq épisodes et c’est qu’on va essayer de démontrer!

Cet anime se démarque par trois faits qui le concernent sans toucher à son histoire, trois points que vous connaissez peut être déjà probablement :

– Il est très apprécié.

– Son design est… controversé. En plus de ne faire apparaître qu’une femme dans un petit caméo de trois secondes (son casting est 99,99% masculin) le trait y est extrêmement caractéristique, noir et épais et cultive ce fétiche bizarre des gens moches. Tout le monde y est très laid, le personnage principal éponyme peut démonter des pneus avec son menton et ses arrêtes de nez

– Une deuxième saison vient de démarrer au Japon, ce qui aide toujours pour s’y mettre.

 – Kaiji est donc un membre non officiel du Joe Bar Team (c’est vrai, avec un menton si proéminent et des traits de visages si anguleux, la comparaison se tient) et possède la même mentalité de glandeur heureux. Enfin, tout n’est pas si rose puisqu’il vivote de paris en tout genre qui l’enfoncent petit à petit dans les dettes impossibles à rembourser. En gros, son départ dans la vie active ne se passe pas très bien et c’est ce que veut nous montrer le premier épisode qui constitue la moitié d’action « posée » de cette première saison! Une grosse légume mystérieuse d’une activité mystérieuse débarque chez lui et lui propose de miser ses dettes en prenant part à une mystérieuse nuit sur un mystérieux bateau, il va mystérieusement accepter ce qui va le mettre mystérieusement dans le khakha… parce que ce jeu implique un très gros emprunt d’argent, lié à d’inévitables années de travaux forcés si il ne « s’en sort pas ». Hilarant running gag à partir de ce passage : ça devient pire, puis c’est encore pire, encore et encore, Kaiji s’enfonce dans les abysses du pire et des enjeux/situations complétement absurdes de glauquerie.

Pas évident de ne pas spoiler à partir de là mais c’est un anime qui ne rigole pas du tout. En tout cas, il fait peut être semblant deux ou trois secondes mais cette suite d’épisode est une longue progression vers le grandiloquent où le personnage est de plus en plus frontalement menacé par les pertes lourdes (et on ne parle pas forcément d’argent, vous voyez où je veux en venir)

Vous avez vu 13 Tzameti? Ce film si obscur et arty qu’il en devient coupable, surtout avec une intrigue de ce genre…

vlcsnap-2011-06-29-21h13m51s216.pngSouvent, Kaiji est laid, mais pour ce screen, il était laid ET ébahi

Non, en fait la référence plus pertinente dans la Japanimation serait bien évidemment Yu Gi Oh. La première partie de Kaiji partage d’énoooormes trucs avec ce bon vieux jeu-de-cartes-pour-enfants dont le manga était un régal à la lecture. Pourquoi? Il savait être glauque. Pas glauque putassier façon Confessions intimes mais sachant instaurer une très grosse tension chez le lecteur qui rentre à fond dans ce qu’il lit ou voit. La version manga était trente fois supérieure à son adaptation sucrée parce qu’il n’hésitait pas à sortir la carte étrange du « joue bien ou MEURS! » qui réussit toujours à faire décoller quelques sourcils. Perdre une partie c’était faire une chute mortelle, se faire découper les jambes ou se noyer, je me souviens bien de cette fameuse carte piège et de combo pas évident à sortir qui promettait la mort du joueur adverse dans les cinq prochains tours. CA DECONNAIT PAS.

Kaiji joue à ça et ne le fait pas à moitié. Vous devinerez aisément que Kaiji va subir une succession de jeux étranges, on en devine même le nombre vu le rythme auquel ça avance… et les 26 épisodes sont en fait la retranscritpion de deux nuits un peu dingues… qui se termineront logiquement. Ni vraiment bien, ni vraiment mal, logiquement. C’est un truc amusant avec Kaiji, on ne sait pas si il veut nous insérer une morale bien précise à grand coup de retournements de situation ou si il est juste pragmatique, n’empêche que son ouverture vers une seconde saison est prévisible et que sa non-issue preut frustrer quelque peu. Encore une fois, c’est surtout une question de cohérence et tout ça dépendras un peu de votre vision du personnage, comme ça vous pouvez aussi parier chez vous.

Bien… Kaiji a deux défauts, dont un qui peut ne pas déranger. Je le répète, son dessin est archi agressif et c’est la moche pride dans le pays de Kaiji, c’est pas vraiment le plus beau des pays! C’est plus ou moins cohérent dans un anime qui nous assène à quel point le monde est pourri et sombre, plus ou moins matériellement parce qu’il ne me semble pas qu’il y ai une foutue scène de jour dans cet anime. En gros, l’optimisme n’est pas là et cet esprit va bien avec cet opening un peu keupon qui reste en tête avec sa petite formule énergique.

Le dessin, l’esprit, les personnages, tout est laid. D’ailleurs, cet anime est aussi bon dans ce défaut puisqu’il sait vous faire détester un personnage. La beauté intérieure n’est pas de mise non plus et cet espèce de vieux bonhomme ayant une patate à la place du nez va rapidement vous donner des envies de meurtre avec son petit filet de bave moussue au coin de la bouche. (Vous avez le temps de le voir venir, c’est l’homme derrière l’homme derrière l’homme… l’habituelle hiérarchie des méchants)

L’autre défaut de Kaiji c’est ce que j’expliquais en introduction, à savoir son temps de narration abusément étiré. Pour tout vous dire, un épisode peut très nonchalamment ne mobiliser que trois ou quatre minutes de diégèse, il a donc une grosse capacité à tordre l’espace temps… à grand coups de métaphores appuyées, de monologues supra généralistes sur la société façon Death Note et de narrateur qui huuuuurle ses résumés. TIENS, D’AILLEURS! L’anime est carrément coupable puisqu’en début d’épisode, il n’hésite parfois pas à nous remettre deux ou trois minutes telles quelles de l’épisode d’avant en guise d’introduction. Je ne sais pas si il y avait un standard d’épisodes à atteindre mais on a très souvent l’impression d’être pris pour un neuneu inattentif à ce niveau là. Dans le premier « niveau », Kaiji est confronté à un jeu de cartes qui, de prime abord, est tout ce qu’il y a de plus simple. Notre anti-héros va d’abord se faire bousculer un peu (car dans Kaiji, on est pas à une décision absurde près) puis il va stratégiser son moindre mouvement, sa moindre pensée. Mais CHACUNE de ses pensées est systématiquement accompagnée d’un grand discours sur les enjeux, sur la société, sur lui, sur le Beaujolais Nouveau et sur cette franchise qu’il aurait pas payé si l’impact était plus
gros qu’une pièce de deux Euros. C’est pas tout puisqu’en dissertant sur Carglass, Kaiji va aussi se faire un gros trip visuel et imagé où Olivier va chevaucher une faille, symbole de l’échec –
et enfin, le narrateur va en rajouter une couche en hurlant. Il faut un assez bon seuil de tolérance pour supporter ça parce que ça devient très très vite lourdingue !!

Heureusement, Kaiji est l’un de ces animes minoritaires qui se bonifie avec le « temps ». Passé l’effet de surprise, la première partie peut être un peu lourdingue avec ses trois cartes abbatues par épisode et son interminable temps de réflexion. C’est une constante et passé l’effet de surprise, on s’habitue… mais la suite devient plus prenante. On comprends très rapidement que ça fonctionne en « arc-par-jeux » (c’est adapté d’un vieux manga, si vous voulez approfondir cet univers) et on attends tout simplement le prochain « truc » et l’acheminement du-dit « truc » car il faut bien un peu de cohérence et de continuité dans ce grand bazar. Très rapidement on abandonne cette mentalité pour se cramponner à son slip car étrangement, Kaiji sait très bien instaurer un gros malaise des familles chez le téléspectateur. L’anime subit une sorte de pic du midi du malaise quelque part (vous le repérerez facilement in situ) qui instaure un sentiment extrêmement rare, je ne sais pas si c’est une bonne chose ou pas. En tout cas, il arrive à déranger… mais est-ce parce qu’il est malsain ou juste très osé? Pas évident, pas facile de réagir, faut probablement pas trop se prendre le chou mais ça vire parfois en expérience sensorielle. Attention donc : ne pas se faire prendre par ce premier arc un peu mou du genou!

vlcsnap-2011-06-26-01h21m18s45.png Des personnages charismatiques!

D’autant qu’il pourrait aller plus loin. C’est le revers de la médaille : plus on le voit subir, plus on est A FOND LES BALLONS pour les fesses du héros et l’implication du spectateur pour un personnage va devenir quelque chose de concret, pour une fois. J’imagine que c’est comme Mario Maso : on souffre avec lui, on prend cher, on fait des concessions…. le sous titre de l’anime est « l’ultime survivant » et c’est quelque chose qui chope vite sa légitimité. Chaque victoire, chaque petite goutte d’espoir dans le merdier toujours plus profond dans lequel s’enfonce Dédé La Fouine est un soulagement, limite une victoire personnelle. Fuck la vie, Kaiji a gagné un truc cinq secondes! Vite! Encore plus de RedBull! Jouissif même si on sait qu’on va subir ça d’un bout à l’autre, il n’y a pas de réelle surprise jusqu’à la toute fin, soyez « tranquilles ».

Au delà de sa narration, tout ces petits moments où on se rends compte quelque chose ne va pas et qu’on entends le désormais « ZAWA ZAWA » – l’onomatopée du désespoir donc, comme si on entendais un coeur latin faire « FAP FAP » dans une adaptation imaginaire d’Onani Master Kurosawa – sont assez précieux (dans le bon sens du terme) et inédits. Loin de tout ces machins héroïques et colorés, ça fait une pause intéressante et ultra-négative, en plus de poser quelques « mécanismes » originaux… mais attention, ça se termine très bizarrement à ce niveau
là, vous verrez – et l’originalité n’est plus trop au rendez vous… on a un peu envie de chanter « Boooob le bricoleuuur » sur la fin.

Cet anime est extrêmement hybride. Son intrigue un p’tit peu putassière peut rebuter ou attirer gratuitement et il faut tolérer pas mal de choses mais j’ai passé un bon moment, en plus d’avaler complètement la deuxième moitié de l’anime. Des défauts, mais original et très prenant… en attendant la fin de la seconde saison, je recommande.

Ho, petit coup de pute final : c’est un anime qui adore nous passer en boucle le plan d’un tympan qui se fait percer.

Posted in Otakeries | Tagged | 10 Comments

Business pas fini

De une je devais rappeler qu’il y a toujours un Super Mario Marathon d’organisé cette année… qu’il est franchement entamé et que je ne suis de facto pas devant, ce qui rends l’utilité de ce paragraphe assez discutable

De deux j’aurais pu faire un post récapitulatif pour faire un petit préparatif à la Japan Expo. Le truc c’est qu’Amo fait ça super bien, en plus de me souvenir que c’est un peu grâce à son post d’il y a trois ans que ce blog est devenu si Japoniais. Bon, on va dire que je lui fait trop de gâteries buccales mais n’oubliez pas que tout ça est à la fois mérité est consentant – voilà pour la pause népotisme.

De trois, Formspring pose parfois quelques petites questions intéressantes :
Image-1-copie-6.pngEt ben c’est une excellente question. Je pourrais me lancer dans un discours de vieux-con-même-pas-vieux qui radote sur la difficulté des jeux d’il y a quinze ans mais hé, le temps passe, Sonic Adventure 2 vient d’avoir dix ans, Duke Nukem Forever est un jeu archi mal paufiné après quinze ans de préparation, tout ces petits repères temporels qui donnent froid aux gambettes parce que ouais, la génération suivante fait semblant de s’amorcer et tout n’est plus qu’une question d’interactivité sociale et de gameplay. J’atteins des sommets de généralisation mais la durée de vie n’est plus un critère majeur dont la valeur globale d’un jeu vidéo est elle ne l’a probablement jamais été, certaines expériences étant très éphémères mais bien plus mémorables que certains JRPGS interminables.

Mentalité number one : aujourd’hui, finir un jeu n’est absolument pas un critère dans le sens où on ne se pose pas la question. Ce n’est pas un souci de capacité ou de talent mais uniquement une notion de temps disponible ou de bonne volonté – il y a bien sûr les succès et autres niveaux de difficulté qui peuvent modifier la manière de jouer mais restons au degré un du gaming où la question de « vais-je réussir à le terminer? » ne se pose même pas. Il y a bien ces quelques jeux à la difficulté herculéenne qui poseront problème car ils sont basés sur le doigté pur (les premier Monkey Ball, ce salaud de Guitar Hero III) mais ce n’est plus une problématique, soit.

Mentalité number two : il fut un temps lointain, nous étions tous en toge et après avoir blablaté sur l’Agora a propos des invasions viking et du prix de l’orge nous retournions dans nos huttes jouer à la Mégadrive. Le rapport était inversement proportionnel : terminer un jeu était un petit exploit, un tableau de chasse qui consitutait une véritable petite fierté. On matait les crédits, on pouvait immédiatement se la pêter en soirée mondaine. Du coup, ne pas finir un jeu était relativement normal mais cela ne nous empêchait pas d’y jouer autant voir plus, quitte à se taper les premiers niveaux encore et encore.

Autant donc raisonner à l’envers et se demander pourquoi, au fil du temps, on ne les a pas fini. En ce qui me concerne ils se comptent sur les doigts de la main mais il y a toujours une raison différente derrière!
OMGAVGN.jpgTrop difficile – Le Roi Lion (MD // 1994)  

C’est pas tout à fait vrai puisque je l’ai fini en live l’année dernière mais ça ne compte juste pas, c’est exceptionnel. Cas typique qu’on retrouve, j’en suis sûr, chez chaque Gamer : un jeu à la difficulté si insupportable qui, dans les faits, n’a qu’une heure ou deux de durée de vie mais qui oblige une mort « de découverte » à chaque obstacle tant ils sont nombreux. Mon tout premier jeu a été un excellent moyen de maîtriser la frustration qui émane d’un niveau en lave rempli de hyènes imbattables, de chauves souris et de sauts imprécis, quand le tout se termine sur une séquence tout sauf intuitive. Très peu de vies, pas de mots de passes ni de sauvegarde, passer la deuxième moitié du jeu était déjà un exploit mais les derniers niveaux nécessitaient une patience à toute épreuve… arriver devant Scar était un exploit épique mais se faire one-shoter, se prendre un game over et répéter l’option trente fois sur plusieurs mois pour comprendre quelle est la manipulation improbable pour arriver à quelque chose avait quelque chose d’inhumain. Non, Bruno Bonell n’était pas derrière ce jeu, bande de petits malins.

 Le jeu était buggué – Earthworm Jim 3D (PC – 2000)

Le jeu était injouable – Eartworm Jim 3D (N64 – 2001)

Parce que quand un fail n’est pas suffisant, un jeu peut parfois se planter sur plusieurs plate-formes différentes, pour toujours plus de fail! L’époque des jeux PC dans des grosses boîte coïncidait avec l’époque du retour de Jim dans ce jeu assez prometteur. Certes. On était plus en toges mais entre deux croisades contre les sarrasins on m’avait offert cette belle boîte pour ce qui devait être mon dixième anniversaire! Joie intégrale, je m’en vais donc courser les petites billes vertes, sauter par dessus les grenades, lancer des nains de jardin-bazooka et récupérer le slip du commandant poulet quand soudainement, le jeu freeze après une grosse demi-heure. Deuxième run, troisième, quatrième, c’est bien la galette qui est mal faite. Déception totale mais pas de souci! Le jeu sort peu de temps après sur console et je le trouve en occasion, le temps d’atteindre un point un peu plus avancé du jeu avant … de le lâcher une seconde fois. Il a la mauvaise idée de débloquer ses « mondes » et ses niveaux par quota de « bubulles » ramassées dans un niveaux, il y en a cent par stage, comme d’hab. Cependant, il ne valide que votre high-score et il faut sortir du niveau pour confirmer votre chiffre… et les quotas requis pour aller autre part sont extrêmement serrés. Résultat? Au troisième quart du jeu, ça coince et le jeu demande une séquence plate forme trop stricte qui va très mal avec sa caméra pourrie. Techniquement, il était assez impossible d’aller plus loin et je n’ai donc jamais eu la chance d’affronter un Psychey Crow en polygones. Dommage!

Abandon par usure – Pokemon Colloseum (GC // 2004)

2004. Nous sortons à peine de la meilleure année de la décennie en termes de jeux sortis (2003 est supérieur à tout à ce niveau là, je serais catégorique) et nous sommes en pleine génération XBox/Gamecube/PS2 pendant que la Dreamcast continue de pleurer dans un coin. On ne s’en rends pas compte mais à l’époque nous sommes de vrais petits veinards INGRATS.

Pas de souci à avoir, les éditeurs ont la même mentalité et nous sortent ce qui est sensé être « l’alternative à Pokémon Rubis et Saphir » – nous, trop bons trop cons, fantasmons sur l’objet comme si on tenait enfin une véritable génération à part entière en 3D, avec, pourquoi pas, une connexion Internet? Mais oui! Pourquoi pas! Phantasy Star Online l’a déjà fait! On « et donc « je » » était prêt pour accueillir ce qui était sensé être un mastodonte, une révolution chez les monstres de Poche.

OUI, MAIS.

Après cinq secondes d’enthousiasme (Oh! Ca demande dix milles blocs de sauvegarde mais ils fournissent la carte! Hoooo) il ne faut pas le double pour se rendre compte que quelque chose ne va pas et que pour une fois, Nintendo promet un peu de neuf et se casse la gueule (rare mais ils savent se faire discret après) car le souci est obvious de chez obvious : ce jeu est terriblement lent. Mou du genou, du bulbe, paralympique, ralenti, il demande une tolérance extrême de son tout petit rythme, de son personnage qui avance à deux à l’heure, de ses dialogues, de ses combats qui prennent des plooooombes, on aura cru voir un film de Haneke. C’est bête parce que le jeu n’est pas mauvais en soi : le solo ne constitue que la moitié du jeu, une sorte de side-quest où vous piquez des Pokémons « obscurs » à vos petits camarades. Ce n’est pas la même chose que d’aller de ville en ville en collectant les badges et bientôt, vous ne faites qu’enchaîner les combats dans les zones prévues à cet effet. Un schéma récurrent et trop chiant pour être pleinement apprécié… du coup, après une dizaine d’heures, je suis passé à autre chose et la boîte est toujours là. En revanche, la carte me sert bien pour les données à garder des quinze Mario Party!

711e97d152c989d3befefab66ff021c9.jpg

 Oh regarde Nii-San, je ris bêtement

Faux départ – Tomb Raider Underworld (Wii // 2008)

Vous vous en souvenez? Parfois, j’adopte des raisonnements un peu dingues : en quête d’un Monkey Ball Banana Blitz et m’essuyant tout les refus de toutes les boutiques possibles de la Défense (sans songer une seule fois au panier Occasions, ce qui, rétrospectivement, est terrifiant) je me suis dit que j’allais quand même dépenser cet argent durement gagné à faire traverser les grands mères en prenant le dernier opus de la saga, ça sonnait comme un check-up médical là où ma dernière expérience remontait à l’affreux Ange des Ténèbres.

Il y a des jeux comme ça qui nous font adopter un comportement peu louable – un jeu ça coute cher, d’autant plus sur les bonnes consoles. Cet argent, il a fallu le gagner, l’obtenir, ou faire preuve de patience pour le récolter. On le dépense en cinq secondes et le produit obtenu n’à le droit qu’à une séance de deux heures avant d’être définitivement oublié… et tenté d’être revendu chaque année à l’Epitanime? C’est pas glorieux, mais c’est comme ça. Underworld ne m’a pas passionné, du tout, du tout… je ne m’attendais pas au bonheur suprême, genre l’amour dans une piscine de Nestea après un pédiluve de céréales Trésor mais le jeu était sensé être bon et « redonner du souffler à la franchise », vous connaissez le deal.
C’était probablement le cas mais il n’a rien d’encourageant, ne serait-ce que techniquement (mais c’est la console qui veut ça) et dans son gameplay qui n’explique rien et te lâche dans la nature avec pour seul indice un polygone plus sombre que les autres. C’est évidemment la mauvaise foi qui parle mais acheter un Tomb Raider sur console, Wii qui plus est, devait faire un peu trop consanguin. Un jour, peut être…

Inconsistant – Spore (PC // 2008)  

Ca peut faire extrêmement snobinard comme ça mais j’avais une excuse : le contexte n’était pas favorable – première rentrée fracassante à la fac, les énigmes du Phoenix sur In Memoriam étaient plus passionnantes, surtout quand il t’envoie des SMS – grosse attente un peu déçu derrière la chose mais non, il n’y avait pas grand chose pour s’extasier sur le terrain de Spore. 😀

Je ne doute pas de la bonne volonté derrière mais ce jeu accuse d’un petit mensonge qui prends trop d’importance vu sa pertinence dans le gameplay : il n’a aucune replay value. Ces cinq petites phases ressemblent à cinq petits jeux indés mais ce manque de vision d’ensemble lui porte préjudice, il y a Mario Party si on veut jouer à une collection de mini-jeux! Individuellement, ces phases de jeu (le contexte évolutif, vous incarnez une bactérie, puis un animal, puis une civilisation etc etc) manquaient de contenu en tant que tel. Tout customiser à mort est marrant trois bonnes secondes mais on passe à autre chose… si autre chose il y a, parce que copiner avec les autres animaux n’est pas passionnant guère plus longtemps. On tâte, on ne peut pas aller plus loin, on passe déjà à autre chose et finalement, je me suis arrêté à deux doigts de « l’accomplissement final » dans la cinquième étape pour ne plus jamais y revenir, c’est dommage. »

Mauvaise foi (de la part du jeu) – Les Lapins Crétins, la grosse aventure (Wii // 2009)

Mauvaise foi (de la part du joueur) – Sonic Colours (Wii // 2011)

Dans deux posts, j’annoncais la forte probabilité que ces deux jeux tombent dans ces deux catégories. Déjà, un petit message aux connaissances de chez Ubi, si ils me lisent. Messieurs Maxime M. (Québec) Maxime C. (Montpellier) ou Stéphane (Montreuil), FAITES PASSER LE MESSAGE QU’ON EN A MARRE! Trop répétitif, pas assez d’interêt, on ne peut pas se cacher éternellement derrière l’humour, l’impertinence et les petits bonus. La variété, ce n’est pas des chapeaux rigolos à débloquer… mais pas de soucis! La prochaine fois, ce sera avec KINECT!

Le deuxième, j’en parlais là mais je suis bloqué dans les deux niveaux ouvert à moi… tout en étant bloqué par deux séquences au gameplay incompréhensif qui me tuent toujours au même endroit. C’est pas évident à surmonter, Sonic Cycle et j’ai piscine.
Là.

Posted in Vidéo-lubrique | Tagged | 2 Comments

Les temps sont durs

BON DIEU D’BON DIEU, C’EST LE 400è POST. LA TENSION DU CHIFFRE EST PALPABLE. LE MONDE EST EN MARCHE. IL EST TRES TARD ET JE DEVRAIS DORMIR. MA
TOUCHE CAPS LOCK EST BLOQUEE HAAAAAAA

LANÇONS CETTE VIDEO ET VOYONS CE QUE LE FUTUR PROCHE NOUS RÉSERVE

EN HAUTE DEFINITION, HO LA LA



Hey, j’ai mis mon plus beau dress-code rétro pour vous! Alors ouais, évidemment, ça se voit pourquoi je ne fait pas ça d’habitude. J’ai beau le masquer, le malaise de la lecture est quand même très présent (et il n’y avait pas un foutu rayon de soleil à exploiter depuis deux jours.) et ma diction est parfois plus gênante que toutes les fautes de futur conditionnel des autres posts tant j’ai un mal fou à ouvrir la bouche, parfois. Le temps de faire une seule prise… mais voilà ce qui arrive quand on fait de l’amateurisme dans le panier amateur! J’espère que vous avez aimé cette petite digression. Pour en revenir sur LA Noire, je sais qu’il y a un petit sentiment de déception chez les joueurs mais j’espère avoir été assez explicite sur le pourquoi du comment… notez que je n’ai jamais sorti le mot « répétitivité » parce que je ne l’ai pas ressenti comme ça. C’est passé plutot vite, à condition de ne pas forcer sur les sessions trop longues. 

J’ai oublié de dire que pour 21 affaires et une heure et quelques par affaire, la durée de vie de base du jeu est assez simple à calculer. J’ai aussi oublié de sortir que malgré son ton global, le jeu se réserve quelques pintes d’humour très discrètes mais si profitables le moment venu. C’est ça qui est un poil énervant avec ce jeu, c’est qu’il ne tient pas compte des « standard d’épicité » – les moments de bravoure et les coups de mous surviennent là où on ne s’y attends pas. Sinon, c’est le festival de la tolérance aux bugs étranges et aux co-équipiers crétins. « MONTE DANS LA VOITURE! »

J’ai oublié de dire qu’on pouvait, avec pas mal d’effort, écraser les passants et de faire la remarque de petit malin comme quoi c’était tout à fait normal, surtout si on aime ça. 🙁

Hop, je décolle pour Cork, retour prévu dans cinq jours. L’éventualité d’un post dans ce lapse de temps en devient donc hautement improbable… en attendant, bonne fête de la Musique à tous, il a forcément moyen d’en profiter, d’une manière ou d’une autre. Faites en sorte que cette journée soit mémorable pour vous!

Posted in Vidéo-lubrique | Tagged , | 9 Comments

Stupidocratie

 » – C’est l’anime le plus drôle qui existe, c’est complètement con!

– Bah pourquoi tu l’achètes si c’est complètement con? »

Maaaaais mon jeune ami, il faut bien faire la différence entre con spontané, concon, neuneu et cerveau reptilien ET le con génial qui fait tellement exprès d’être con en exploitant toutes les ficelles de conneries inimaginables qu’il en devient à mourir de rire. Ca tombe bien, Excel Saga est l’un des animes les plus cons qu’il m’aie été donné l’occasion de voir, et je crois qu’il est rétrospectivement le plus drôle. Je suis tout à fait sérieux, il est à mourir de rire, puis à se faire dessus, toujours de rire, South Park disait que c’était intimement lié. 

vlcsnap-2011-06-18-02h09m39s4.png

Mais attendez, quelque chose ne va pas, ce post a… plus de six ans de retard! Ca aurait très bien pu être l’un des tout premiers posts de ce blog, car Excel Saga était l’un des animes phare de la fameuse saison 2004-2005, celle où Canal diffusait La Kaz, cette émission sublime où Yannick Zicot faisait l’andouille avec son « bureau de validation des expressions françaises », où il se parlait à lui même, où on enchaînait avec Bertrand.çacom, ce genre de choses mémorables. La programmation de cette petite heure quotidienne de génie (très lâchement abandonnée par la suite pour des raisons qu’on devine d’ordre chiffrées) puait la qualité, avec GTO, Excel Saga donc, FullMetal Alchemist et Monster. FMA était devenu mon shonen fétiche mais juste avant, le fait de tomber un peu au hasard sur un anime aussi « obscur » qu’Excel Saga (et pas si vieux dans le contexte, on parle d’un anime de 1999 ce qui ne se voit pas tant que ça) et l’adorer instantément pour un mec aussi vierge que moi dans le domaine (c’est probablement le tout premier anime maté « sérieusement) était la preuve d’une grande efficacité de programmation. Je remet ça sur le tapis avec le tiers de durée de vie en plus car j’ai, après avoir sauvagement rippé la première moitié de la série grace aux DVD d’un camarade, pu réparer cet infâme acte de piraterie en achetant le coffret Gold 15 Euros à l’Epitanime. En gros, je vais clarifier le message du post en faisant pêter le gras : si vous le trouvez au même prix à la Japan Expo, sautez dessus aveuglément, pas de conditions.

(Oui, ce paragraphe était très intense)

Comme d’habitude j’enchaîne sur le scénario mais j’ai l’impression que ça va desservir la chose, allons-y quand même. L’anime est adapté d’un (assez mauvais, c’est triste mais c’est comme ça) manga de Koshi Rikdo en reprenant sa situation de base un poil farfelue. Excel est une jeune nana extrêmement enthousiaste et un peu coooooonne (je cite) qui, dans le premier épisode, sort de sa remise de diplômes lycéenne en bondissant… pour mieux se faire rouler dessus, et mourir. Pas de problème, voilà la « Volonté Suprême » qui la ressuscite, et nous voilà téléportés au siège d’Across, organisation idéologique ayant pour but de conquérir le monde (mais en commençant par la ville de F, préfecture de F, faut ramper avant de marcher!) et ayant pour leader le très grand et très snob Il Palazzo, dont Excel est raide dingue. Donc oui, Excel et sa tenue bariolée s’est engagée dans cette pseudo secte dont elle est la seule membre, et chaque épisode est en fait un nouvel objectif pour conquérir le monde, façon Minus et Cortex. D’ailleurs, en l’occurrence, Cortex serait Hyatt, une jeune fille venue de l’espace qui a pour running gag de décéder en crachant du sang, c’est très sympa.

vlcsnap-2011-06-18-02h14m55s63.png

Bon ok ok ok ok, ça n’a pas l’air de vouloir dire grand chose, mais c’est parce que l’anime se repose sur une situation de base un peu aléatoire (c’est ce qui caractérise pas mal de choses dans Excel Saga, de toute façon) pour ne l’invoquer sérieusement qu’à de très rares occasions (à la toute fin, dans un épisode qui a pour figure de style de se prendre au sérieux) mais de manière plus pragmatique, ce scénario est un excuse pour lancer ce qui aura été la mode des épisodes « à univers ». Je m’explique : la plupart du temps, un épisode est donc une mission lancée pour CONQUERIR LES MASSES IGNORANTES ACH ACH mais aussi et surtout une excuse pour faire « l’épisode qui parodie les films de science fiction » « l’épisode qui parodie les animes de sport » « l’épisode qui parodie Ken le Survivant » ou « l’épisode qui se fout allégrement des jeux de drague » etc etc. Excel Saga est une grosse mitraillette référentielle et parodique qui prends tout les genres, tout les trucs connus, les mixe à sa sauce et n’épargne personne. C’est de la référence plus ou moins subtile mais cela ne veut pas dire pour autant qu’Excel
Saga n’a pas d’identité propre, bien au contraiiiiiiiire.

Le scénario de fond est suffisamment loufoque, mais l’un des très nombreux intérêts du truc vient de son casting, loufoque au possible. Au delà du « trio de base », le dictateur d’opérette et ses deux seules servantes – on y trouve les trois voisins normaux, crétins, libidineux – l’un est muet et ne s’exprime que … par écrit, il faut le voir pour le croire. On trouve aussi les puchus, ces adorables bestioles tout droit descendues des Gremlins, le majordome de l’espace, le Führer (ACH!) de l’Espace, je pourrais continuer longtemps sans que personne n’y trouve du sens, mais impossible de continuer sans citer Pedro, qui tient à lui tout seul une storyline n’ayant à priori aucun rapport avec l’histoire (et par à priori, j’entends totalement) – ce jeune immigré, malencontreusement tué par Excel, rentre donc chez lui en l’état de fantôme pour découvrir que sa femme le trompe avec un autre homme, hilarité, j’ai envie de dire, MontyPythonesque.

Ne serait-ce que pour entendre les phrases à l’accent qui sent bon la lavande… « Sandorrrha, poulquoi ne va tu pas jouaÿ avec tes kopaings? » « J’attends mong papa qu’il rentre du travailllle! » « Il travaille doul, tou sais » etc etc, les lignes de dialogues qu’on se récitait en boucle au bahut, avant les TP de Physique. 

Puisqu’on parle d’intonation et d’inflexions, il faut savoir qu’Excel Saga est l’anime ayant la meilleure VF faite. Point final. Cela n’engage que mon maigre vécu des VFs sur les animes mais ce n’est pas prendre beaucoup de risques tant cette version française est démentielle. Toute les voix sont excellentes, à commencer par Excel, doublée par Pascale Chemin (Elle double aussi des personnages qui n’ont pas grand chose à voir) et cette femme rends à merveille la mentalité du personnage qui ne la ferme jamais. Excel Saga c’est 26 épisodes de monologues. De monologues à vitesse flash.

De la bonne grosse bêtise débitée à deux cent à l’heure, parfois trois personnages en même temps, il faut suivre… toutes les voix sont sur-motivées, pas une pause mal placée, culturellement c’est génialement transposé, vulgaire comme il le faut… et c’est tant mieux car c’est un anime très « vocal » qui explique parfois des trucs très incongrus. Par exemple, plan sur le grand magasin, vous entendez un duo très bas qui vous susurre « On va faire nos couuuurses, au grand magasin, au grand magasin on va faire nos coooouuuurses. » Derp

Ce genre de petite pépites à la con qui ont, je suis sûr, beaucoup inspiré Omar et Fred par exemple (ils y bossaient depuis longtemps, impossible qu’ils ne soient pas tombé dessus) – je met parfois l’emphase sur le génie des dialogues dans les débuts de certaines séries comme Weeds mais Excel Saga passe carrément un cran au dessus, parce qu’il le fait avec une bêtise délicieuse à faire et à consommer! Quand un épisode se moque de quelque chose, il le fait jusqu’au bout et plus loin encore… Je recommande d’office quelques épisodes ultra cultes,visibles sur Daily, je pense dont Bowling Girls (comme le nom l’indique, des boules et des quilles, parce que c’est du business sérieux) Eau de Rose (les Dating Sim, donc) ou Daitenjin, les guerriers de la Marie (Kapabu, maire de la ville de F à la moustache proéminente, envoie ses fonctionnaire résoudre l’injustice et le crime avec ses soldats-biomanes) … tout ces épisodes sont à se pisser dessus, et le grand n’importe quoi explose de fraîcheur avec l’épisode 26, sobrement intitulé « On dépasse les limites », grand pétage de câble, à voir absolument avant de mourir.

Si tout ça vous est déjà connu, petit paragraphe sur Puni Puni Poemy, la suite « logique » d’Excel Saga qui, en deux fois vingt minutes, reprends l’outrance totale de cet épisode bonus, et c’est tout aussi fabuleux si ce n’est plus. Ca, c’est pour le gros supplément!

vlcsnap-2011-06-18-02h25m36s220

Il n’y a d’ailleurs pas de véritables gros défauts à trouver à Excel Saga. Il y a quelques moutures soit trop improbables, soit carrément en dessous du lot (étrangement, il tombe dans les affres du clip show best-off… deux fois!) et techniquement c’est bien sûr un petit peu daté même si là, soyons honnêtes, on s’en fout. Les petites musiques d’ambiance sont complètement irrésistibles, en témoignent les excellents menus des DVD qu’il faut avoir la patience d’atteindre après les trentes avertissements/pubs insquizzables. Niveau générique, l’opening est culte comme pas deux mais l’ending est un running gag qui ne s’oublie PAS. Je pense qu’il y a probablement un échantillon de population qui serait hermétique à ce genre d’humour parfois gentiment en dessous de la ceinture mais ils doivent être trop occuppés à aller à la messe pour mater des animes!

Son plus gros défaut est peut être ne pas pas proposer grand chose en terme de contenu « sérieux » mais c’est un revers évident puisque le seul épisode qui sonne comme ça tombe comme un cheveu dans la soupe… après vingt autres épisodes fou furieux, on ne sait pas trop comment gérer ça. Heureusement, ça ne dure pas et la fin de l’anime reprends dans la dinguerie en bonne et due forme.

Bref tout ça est de la grand excellence en boîte, dirigée d’une main de maître par Shinichi Watanabe (réalisateur à la coupe afro de l’extrême aimant bien apparaître dans son anime) puisque même en temps que série d’images Excel Saga pète les standards avec ses couleurs super éclatantes et son ultra-diversité des décors. Montagne, égouts, piste de bowling, ruelles du ghetto étatsunien (« Heerm? You mother is a pig? ») – tout y passe, les déformations habituelles sont bien présentes – heureusement car c’est le but d’un format hyperactif qui ne prends pas vraiment le temps de respirer… ou d’ingérer la vanne d’après. Toujours plus loin : l’humour y est souvent très visuel, soutenu par des petits effets et des sous titres incrustés parfaitement traduits.

C’est pas évident de paraphraser sur les qualités d’Excel Saga puisque, j’insiste, chaque épisode est une petite bulle, un petit univers en soi avec son cadre, ses limites, ses runnings gags et ses persos éphémères… et cet humour efficace témoigne d’une grande intelligence d’écriture et de sens parodique. Parfois, c’est n’importe quoi au sens brut « comprenez : RANDOM » mais ces quelques rares moments sont aussi appréciables, c’est comme une pause dans la « cohérence » du reste. Vous avez aimé Panty et Stocking? Vous aimerez deux fois plus Excel Saga, c’est garanti. Pour son esprit loufoque, ses diatribes débiles et sa capacité à me faire rire de façon un peu hystérique, vous savez, le genre de rire où tu t’arrête de force car tu as peur d’y laisser ton palpitant. Je vais m’arrêter là, ça bute, c’est indispensable, c’est même assez obscur donc c’est relativement hister en poussant le bouchon. Tout pour plaire, encore une fois, si vous ne vous sentez pas otaque dans l’âme c’est quand même pour vous.

« Les échanges de malfrats oooont toujours lieu sur un port abandonnéééééé ! »

vlcsnap-2011-06-18-02h35m10s51

Vlan! Et on évite un peu plus de peu.

Posted in Non classé | Tagged , | 11 Comments

Triple arc-en-ciel

J’ai reçu un mail très sérieux de l’organisateur des TM Golden Blogs. Ce mail me donne une super occasion de vous rappeler que ce concours existe et qu’il met dans une petite arène quinze blogs, dont le mien, pour déterminer qui est le plus lu, qui a les lecteurs les plus fidèles… les trois premiers au vote unique recevront une petite babiole symbolique selon leur rang et un quatrième titre sera donné au blog mobilisant les votes les plus réguliers. Le fait est que ce mail contenait les résultats actuels… c’est un peu dingue évidemment mais les chiffres sont confidentiels, je suppose donc que c’est fait pour activer notre fibre compétitrice… et ça marche plutôt bien. Soyons clair : en ce moment, je ne pas suis en lice pour savoir si je vais tenter un hold-up mais bien combien de titres je chope éventuellement. Il faut prendre énormément de distance sur cette affirmation parce que le blockbuster l’AMV Enfer était, je suppose, un bon aspirateur à votes. C’est évidemment extrêmement serré et j’ai toujours plus besoin de vous pour conforter ça! J’aurais un peu de mal à porter le truc sur les réseaux sociaux (c’est un peu chaud à assumer, faut l’avouer) MAIS je peux d’une part, vous remercier pour vos premiers votes, d’autre part continuer à vous solliciter! « Pour le blog de votre choix »! On a tous une bonne raison de voter! Je me bat seul avec mes petits poings contre un gros site communautaire au design léché (qui me talonne tellement qu’il en devient dangereux) mais aussi contre un quarantenaire, contre un ami… soyez sympas, mobilisez vous et faites tourner! Pour l’amour des pavés, des persos ambigüs, des jeux de rythme et… du blog personnel. Du blog! Je vais pas faire semblant, ça me ferait bigrement plaisir.

D’avance : non, vous n’aurez pas droit à une implosion d’égo en cas de bonne configuration, je continue de savoir ce qui est important dans la vie, hé. Je suis surtout très joueur.

sample_2721d66be49fd305975b5001d5043acb.png
C’est dur d’être populaire!

Si vous trouviez que le paragraphe précédent était nombriliste… arrêtez vous là parce que c’est sur le point d’empirer. Le fait est que je suis un peu le cul entre deux chaises sur ce genre de post : c’est le moment satisfaisant cinq secondes mais un peu gênant le reste du temps de s’auto-congratuler un peu et de faire le bilan. Comme le sexe et les jeux de carte pour enfant : sur une table et grande honte éprouvée après! Oui, on arrive à cette période de l’année où se mêlent le sentiment un peu honteux d’encore perdre des heures nocturnes à appliquer cet hobby si chronophage (parce que sérieusement, je me demande à chaque point de repère comment je peux toujours consacrer autant d’important à ce bazar) et la fierté de continuer à tenir le coup… et donc à découvrir des trucs pour les faire partager. C’est une motivation minime mais bien existante : au delà de la critique un peu fadasse et gratuite, tomber sur une pépite et la faire tourner est un assez gros régal.

Je m’en suis toujours pas lassé. Nous sommes mi-Juin et c’est dans cette période de temps un peu imprécise que le blog connaît une véritable activité sérieuse et régulière. Si la date officielle tombe mi Juillet et que le blog va physiquement avoir sa demi décennie, on peut plus concrètement fêter les trois ans du blog. C’est galvanisant et flippant à la fois parce que je commence à réellement entrer sur une logique de long terme : je fais souvent la vanne du mec qui pourrait encore râler sur le net et critiquer tout ce qui bouge sur son lit de mort mais pour être honnête, on est dans cet esprit du « ca a toujours existé et ça continuera ad vitam » mais ça, les petits amis, j’aimerais… et c’est tout sauf garanti. Je met des précautions depuis des lustres mais il y aura bien un moment où le couperet tombera, d’autre part concilier écriture de ces gros textes mal structurés et vie sociale/scolaire (tout cet aspect extérieur qui, pour cette année, se passe inhabituellement comme sur des roulettes) à nourrir parce que je garde quand même de vue le plus important, heureusement.

Que tirer de ces trois années? Ce n’est plus vraiment une question de contenu mais de forme. Revenir un an en arrière est toujours assez tortueux pour l’égo et le bon sens syntaxique (de toute façon, revenir trois mots en arrière est suffisamment difficile en soi quand je fais la grêve de la relecture et en bon feignant, c’est franchement fréquent) – sauter des lignes, faire des phrases plus claires, éviter les soliloques remplis de vannes obscures et de métaphores aléatoires est peut être une priorité à viser. Bien sûr, tout ça n’as pas de but professionnel précis si ce n’est préparer le terrain mais autant faire les choses avec un peu plus de bonne volonté et offrir le plus léché possible! Faire un plan, donner un raisonnement et une suite d’idée claires sont mes bêtes noires et je suis désolé pour tout ces moments décontenançants où je perds parfois mon propre fil d’idées. Croyez bien que j’ai un petit objectif « d’aisance » de lecture en tête, que ces pavasses sont décourageants pour beaucoup de monde mais c’est comme ça, je ne trouve pas qu’on puisse légitimement parler de quelque chose avant une certaine quantité de mots requise.

D’ailleurs, le véritable problème n’est pas tant d’être productif mais bien sûr d’être intéressant. Un mail très significatif de Ninita, fidèle lectrice des débuts un peu honteux du blog, me faisait comprendre que je n’était pas toujours suffisamment intéressant en tant que tel pour le « niveau » imposé. C’est vrai, il y a parfois comme un laisser aller, être trop thématique dans mon approche, ne parler qu’à une petite bulle de connaissances en laissant les néophytes sur le carreau – en gros, mettre des liens un peu plus souvent – sont des mauvais réflexes que je m’applique un peu trop à matraquer. Après il faut savoir que je m’impose un rythme (et c’est complétement idiot pour pas dire autre chose) et qu’un sujet de post n’est pas toujours quelque chose qui tombe du ciel mais c’est typiquement le genre de truc qui se fait et se savoure devant le fait accompli, comme une bonne grosse copie de Philo, remplie vaillamment après quatre heures de boulot. Tiens, si vous révisez votre Bac, bonne chance… mais ne perdez pas trop de temps à lire mes conneries!

Trouver un sujet est parfois une vaste question parce qu’elle remet en question la lignée éditoriale du blog. La Japanime, les séries, l’internet et les jeux vidéos sont bien sûr des domaines assez vastes mais comment s’éloigner du bête descriptif en essayant de ne pas trop s’appuyer sur l’actualité? L’un des vrais enjeux dans ce genre de petite occupation est de trouver matière à scribouiller sur tout ce qui bouge et à le rendre plaisant à lire. Pas évident. Y’en a qui ont essayé. « Rendre compte des lubis du moment » a beau être une affirmation vague au possible, ça donne un bon historique des passions et des découvertes, de quoi pondre en fin d’année un autre bilan qui battras des records volumineux!

Se trouver une place est aussi un point important, nombre sont les connaissances tellement potentielles de qualité qui « débutent » et ont peur de continuer puisqu’évidemment, leurs premiers posts sont à blanc! Se trouver un cercle de lecteurs, une identité, des liens, un cercle tout court est quelque chose de très lent, qui se construit pas à pas… pas pour rien qu’on est tous remplis d’égo à en étouffer les voisins, voyez ça comme ça – un blog, c’est un peu comme une partie de Minecraft. C’est un geste purement créatif et autodidacte, un joli petit aquarium qu’on revient fournir de temps en temps… mais on ne vit que pour que le premier gus qui passait par là, qui s’arrête devant pour dire « Hmm c’est pas trop mal » Ca légitime directement un
sérieux total sur la chose et ça pousse à proposer la même chose en continu, si ce n’est mieux… et étendre son petit bout de terrain. Construire tout ça peut prendre un temps stratosphérique et c’est bien là qu’on voit si on fait ça pour soit, avant tout. Si on prends la sphère otaque, raton laveur est souvent considéré comme la « référence« . Le site commence à pas mal rôtir au désert et attirer les vautours mais il n’empêche qu’il a écrit encore et encore pendant plusieurs années, tant et si bien qu’il a fédéré une communauté qui a toujours beaucoup trop tendance à tourner en circuit fermé et à espérer que l’un d’eux « sauve la blogosphère ». On pourrait prendre cette logique de groupe pour plein de choses et à toutes les échelles, moi même j’en suis coupable puisque je vais très peu à la pêche aux bonnes adresses en restant un peu dans ma bulle… le truc c’est qu’elle est dorée et qu’on y trouve une fontaine illimitée de Nestea! Et de traps!

http://img94.imageshack.us/img94/6646/0fa64cad8935574b6cee2c3.png

Je pourrais faire une petite note d’intention sur la plate-forme et l’hébergement mais… à force de repousser l’échéance tout les six mois, ça ne fait que plus de boulot intermiable le jour J et je commence à abandonner l’idée. Trouver un vrai design n’est toujours pas exclu mais les petits changements cosmétiques et thématiques ici et là sont plutôt satisfaisants… même si j’aimerais franchement donner un coup de neuf à l’ensemble. Je vais croiser les doigts trés fort et attendre un miracle, ça a marché pour mon Bac, justement, en voilà un bon exemple pour vous qui bûchez!

Je continue à faire mon petit bonhomme de chemin et j’y prends toujours un plaisir coupable. J’aimerais juste pouvoir équilibrer un peu plus les choses : niveau animation, on meurt un peu de fin! Il me reste pas mal de grands classiques à découvrir mais j’ai une flemme démentielle à trouver les perles rares dans l’actualité. Pas grave, ça reviendra, 2010-2011 c’est l’année du jeu vidéo sur planète Concombre! Il y aura toujours de quoi se mettre sous la dent à ce niveau là, j’aimerais juste reprendre un peu la rubrique Télédérision qui se rarifie tellement… les centres d’intérêts changent au niveau des chroniques musicales, quand même bien plus gratifiantes. C’EST PAS TANIA BRUNA ROSSO QUI DIRAIT LE CONTRAIRE, HEING.
C’est un poil lénifiant mais je tiens à pondre quelques mots de temps en temps sur les coup de coeurs sonores, essentiels pour ceux qui vibreront de la même manière. J’ai failli péter une durite en live grace à Mario Maso grâce à l’obstination créative d’un lecteur et le show est encore sur pattes avec sa petite métaphore filée dans les crédits. Cette année, le Velvet Vidéo Burger continue son office et le side project était bien sûr l’AMV ENFER, truc que je ne pourrais pas sérieusement supplanter, à moins de vous offrir l’AMV ENFER ET MON REIN EN BONUS, disons, en Mai 2012, ce qui me donnera une bonne excuse pour décéder après les résultats des présidentielles. Parce que oui et là attention grosse annonce : je vais me présenter en 2012!

Omg, si vous y avez cru une seconde c’est que vous êtes vraiment stones, arrêtez ça tout de suite. Je disais donc que cette troisième année s’inscrivait bien dans la continuité des deux précédentes, vous me direz avec logique qu’il est difficile de casser les habitudes de son propre terrain mais c’est toujours agréable de se trouver une petite police perso, de se trouver un bon avatar, de se fixer un template bien précis pour une période bien précise, en gros, de faire des plans et de s’y tenir. Ouais, même pour un truc aussi futile qu’un blog! Je parlais de « place » à creuser tout à l’heure et j’aime toujours autant cet aspect – mais alors, de très loin, genre Pékin/Moscou – « collectif » qu’à ce blog qui rassemble toujours les quelques habitués plus les nouveaux curieux qui tombent ici au fur et à mesure. Je suis patient, je pêche le lecteur au fur et à mesure et les chiffres sacrés augmentent de moitié chaque année. A ce rythme, je peux espérer commencer à faire de la bédé avec des stickmens dans pas si longtemps! Bientôt la E-Gloire et les E-Casions! Petit souci par contre, je n’ai pas de thème valable pour une quatrième Sagadaÿtaÿ. Help!

Qui ne saute pas ne veut pas des! CHIFFRES!

Je pourrais refaire un topo sur les posts les plus lus mais les mêmes maboules continuent de s’obstiner à passer par les mêmes vieilleries. Ca doit être une sorte de rébellion passive contre le bouton « favori » – la popularité de cet article momifié est complètement sortie de nulle part… sinon, vous avez aimé faire votre petit check-up quotidien dans la page dédiée de l’AMV ENFER.

Un peu de géographie : en un an, l’Usine est lue dans 113 pays différents, il y a même deux lecteurs chinois qui ont du devenir ennemis de la nation depuis qu’ils ont posé les yeux sur ce post où je prone la real tv américaine, vous savez, celui là, parmi cette trentaine. Vous venez, dans l’ordre : de Paris, Toulouse, Nantes, Lyon, Caen, Bordeau, Strasbourg, Lille… jusqu’à ces noms de villes qu’on peut assembler pour imiter des affiches de catch, par exemple  » Gex Contres Tulles ». D’énormes bises aux petits gars de Port-De-Bouc (comprenez : Martigues) qui se battent quand même bien (391 place OHLALA) et médaille en chocolat de consolation pour le lecteur de Jouy.

Dans les mots clés, il faut attendre « en plein nofap » (10è) pour sortir des trente variations possibles du titre du blog mais on trouve rapidement un sublime « implosion de ouiche » (16è) – vous vous êtes pas mal demandé ce qu’était un « code edgic » et je continue de surkiffer le gimmick des « règles torrentielles ».

Au quotidien, vous êtes entre 200 et 450 internautes différents à venir faire coucou où à retourner sur le vrai site que vous cherchiez, pour une moyenne de 1000 à 2500 pages vues par jour, mais ça c’est un chiffre de poseur puisque l’AMV Enfer a transpercé les statistiques avec sa drille. C’était pas la seule, c’est un peu ça, la vie de crétin du web.

319335376.jpg

 Merci à Sedeto pour cette retouche, les fans auront compris l’astuce. En attendant, mmmh ~

Trois ans, donc. C’est toujours aussi prenant, j’aimerais continuer aussi ouvertement par la suite mais le programme de la rentrée sera obligatoirement deux fois plus chargé – deux fois moins de temps à consacrer à cette page, donc. Comme d’habitude, ne nous soucions pas de l’avenir pour ces choses là, c’est toujours un grand kiff et j’espère que ça continue à vous plaire.

Posted in Le bouzin | Tagged , , | 7 Comments