Monthly Archives: mai 2011

Welcome to the jungle

L’AMV Enfer est sur les rails, préparez vos connections car la version bêta fait un Giga et demi. Je suis en pleine semaine de révision, je suis tout à vous dans une dizaine de jours, plus ou moins, l’échelle étant assez vaste. Désolé…

Traquenard Désinvolte a fait un excellent blog consacré à sa vie étudiante japonaise où vous apprendrez plein d’anecdote croustillantes. Il connaît son sujet sur la vie nippone! Depuis, il est revenu en France, a lancé la série Total Noob et m’envoie des roms hack qui me permettent de pêter une durite en vidéo. Comme il connaît mon obsession des chiffres, il a envoyé un post qui contient à peine la contrainte de mots pour ces Portes Ouvertes… et il a acheté la 3DS. En gros, il aime bien jouer avec mes nerfs. Balancez-lui vos cahiers de texte!

 Aujourd’hui je squatte donc le banc de la débauche pour vous parler d’un anime, quelle originalité me direz-vous ! MAIS OUI justement, cet anime est ORIGINAL, puisqu’il s’agit de Jungle Wa Itsumo Hare Nochi Guu, ou plus simplement Haré + Guu dans la langue de Julien Courbet. Ici on l’appellera Jungle (prononcé à l’américaine, What Else?), tout court.

 Jungle donc est un anime datant de 2001 (10 ans déjà !), et est adapté d’un manga, ou plutôt d’un comic strip du même nom, vu que le manga fonctionne en série de gags en 4 cases (4koma). Oui, c’est le même format que beaucoup de mangas ayant engendré ce qu’on appelle les « animes tranche de vie » : Haruhi la pouffiasse, Lucky Otaku Fanservice Star, KK-On et bien d’autres oeuvres regorgeant de fantasmes avec des filles mineures. Bref la crème de la japanimation actuelle. Mais ne partez pas tout de suite ! Rassurez-vous,
Jungle est bien plus proche d’un Excel Saga que d’un Lucky Star ! Et pourquoi ? Je pense que le générique parlera mieux que moi (même si la résolution est dégueu) :


Un générique chanté par Sister Mayo, ça ne s’invente pas.

Cet anime déjanté se passe donc sur une île tropicale, avec palmiers et tenues colorées de série. Notre héros est Hare, petit garçon de 7 ans vivant seul avec sa mère jusqu’à ce que celle-ci adopte Guu, une petite fille qu’elle a trouvé en rentrant un soir de beuverie. Oui, oui, c’est le pitch de départ. Sauf que Guu n’est pas vraiment une petite fille, c’est une… chose à forme humaine capable d’avaler tout ce qui se trouve sur son passage. Dont Hare, qui dès le premier épisode aura la joie de découvrir un monde fantaisiste sous
ecstasy situé dans un des estomacs de Guu.

 Vous l’aurez compris : Jungle est un anime pour le moins barré. Hare malgré son jeune âge est le seul personnage sensé dans un monde de fous, et chaque épisode lui fera vivre des situations… peu ordinaires et le plus souvent causées par Guu. L’action fonctionne un peu comme une sitcom, et comme beaucoup d’animes tranche de vie : toute l’action se passe sur une île donc dans deux à trois lieux (maison/école/jungle principalement) et chaque épisode se concentre sur un personnage différent. Car si Guu est déjà un
personnage pas banal, les autochtones de l’île sont tous plus tarés les uns que les autres.

On se souviendra notamment du chef du village et de ses poils de torse en coupe afro, de l’hystérico-dépressif Waji ou encore d’Asio aux looooongs cils et à l’humour… particulier. D’ailleurs, l’image d’intro des JLNV ressemble fortement à un gag de Jungle, je ne sais pas si c’est une coïncidence ! Par ailleurs, la plupart des personnages sont « amoureux » du héros ou de sa mère, bien que tout cela ne constitue nullement du drama et soit plutôt tourné en ridicule. L’âge et le sexe des différents prétendants ne sera pas toujours lié à leur attirance !

Bref, on se retrouve avec une fusion étrange de casting harem manga / tranche de vie, et ça fonctionne ! On nous épargne même le personnage gnangnan-kawai-mekui ! A partir de là, on secoue très fort et on ressort avec une tripotée d’épisodes qui se suivent mais ne se ressemblent pas. L’humour est très changeant d’ailleurs, et c’est ça qui fait la fraîcheur de l’anime : on enchaîne avec une vitesse déconcertante comédie « slapstick », quiproquos et humour noir… on ne se lasse pas et c’est tant mieux. Evidemment, quelques
runnings gags sont à prévoir, voire même des gags complètement aléatoires. Comme de la confiture qui sort des yeux d’une créature-plante.

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 Visuellement, c’est TRES coloré, mais assez peu détaillé, on retrouve une sorte de cartoon mangaesque… et les plans fixes sont légion, mais comme pour une sitcom, le décor n’est pas vraiment important, car les interactions des personnages avec celui-ci sont minimales. Les musiques quand à elles sont exotiques,
légères, et collent bien au ton de la série, mais à la longue vu leur faible nombre elles deviennent un poil répétitives : on a UNE musique triste, UNE musique d’entrain, UNE musique de gags, etc. Tout le sel de l’anime est dans les dialogues absurdes et les expressions des personnages, très variées et toujours exagérées ! C’est un vrai régal que de voir le visage d’Hare se décomposer d’un coup, puis revenir à la normale, pour deux secondes plus tard sombrer dans la dépression !

Le découpage de l’anime est un peu particulier car il est constitué de trois grandes parties : la série principale, de 26 épisodes, est suivie de deux séries d’OAV, les Deluxe (2002, 6 doubles épisodes) et les Final (2003, 7 doubles épisodes). La série principale est vraiment chouette mais manque parfois de rythme, on sent que tel ou tel thème est parfois étiré pour tenir 20 minutes… alors que d’autres pistes pouvaient être explorées !

Les Deluxe réparent toutefois cette erreur en poussant le délire de la série à fond, multipliant les auto-références et se permettant même d’être bien mieux animée ! D’ailleurs l’opening et l’ending de cette partie sont DE LOIN les meilleurs de la série, ils vous mettent tout de suite dans cette ambiance exotique
et ce monde de gentils cinglés.

Quand au Final… il est tout aussi joli mais ça reste un poil en dessous des épisodes Deluxe, surtout parce qu’il essaye de tourner autour du même sujet inintéressant trop longtemps… et puis il a un Opening et Ending soporifiiiiiques.

La série reste à mes yeux un bijou méconnu, quoi que réservé à un public un minimum sensibilisé à cet humour tellement JAPONAIS. En gros, si vous avez aimé Excel Saga ou tout autre anime résolument débile, je vous conseille plus que vivement Jungle Wa Itsumo Hare Nochi Guu.

Ce qui est dommage, c’est que comme c’est vieux, c’est malheureusement introuvable du côté des torrents… Mais ce qui est bien, c’est que si vous faites une petite recherche du côté de Dailymotion vous devriez pouvoir trouver l’intégrale en VOST ^^ Oubliez l’édition DVD, en France c’est Beez qui s’en occupe pas
très bien dans une version moisie avec une VF à coucher dehors et une qualité pas bien meilleure, à un prix prohibitif, et en plus il n’y a que la série principale, les Deluxe et Final sont apparemment licenciés mais ne sont jamais sortis…

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 Et sinon, Traquenard, comment vont tes dents?

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Hardi les gars

Hé ben alors ma bonne dame? On m’a dit à plusieurs reprises qu’on avait peur de me proposer un texte. PEUR. Personne ne va vous manger, sauf peut être Kaeso, mais ça ne vaut rien puisqu’il se drogue au Poopers. Tout va bien, personne ne va mourir, si vous avez quelque chose à proposer, n’hésitez pas.

C’est donc une période rarissime où je porte une plus grande priorité au reste qu’à cette page! Les pires statistiques descendantes ne me feraient pas flancher (et c’est pour ça que j’écris ce post, logique élémentaire et profilée) et je passe ma vie à … faire des choses fascinantes, comme répondre à des questions étranges sur Formspring, jouer à Portal 2, monter des vidéos, mater l’intégrale Edgard Wright ou réviser mes partiels et éviter soigneusement de dormir, là est la preuve irréfutable que vous menez une vie saine et équilibrée. Bref, ne faites pas comme moi, d’autant plus que toutes les échéances habituelles de fin d’année tombent en même temps, main dans la main entre les difféntes sphères – associatives et professionnelles, l’une après l’autre. Pas besoin d’un chapeau plus haut que large et d’un gamin qui porterait toujours son pull bleu en pleine Guadeloupe pour piger que c’est problématique et que j’ai derechef moins de temps pour poster ici, encore moins pour être aimable avec les gens, surtout avec ceux qui jouent le gameplay « pas aimables de base toute façon » – donc en attendant un retour vers un rythme un poil plus discipliné, je vous invite joyeusement à perdre votre temps sur Tv Tropes, à lire le blog de Petrified Eyes ou de voter pour moi pour les TM Golden Globes Awards. Comment ça, les sélections n’ont pas encore été faites?

354781.jpgBon allez, j’arrête de faire mon këk et j’arrête aussi de faire semblant : ce post a surtout une belle visée publicitaire en vue de l’un de ces fameux enjeux de fin d’année scolaire – l’arrivée des conventions et en ligne de mire, l’Epitanime.

Je me répète d’une année sur l’autre mais je le fais pour la bonne cause : si il y a un rendez vous geek-otaque que vous devez faire, c’est celui là. En ce qui me concerne, c’est mon troisième round et le premier sous l’égide du fabuleux badge Staff, pour présenter vous-savez-quoi. (Si vous ne savez pas de quoi on parle, restez en ligne, on y revient) et je tiens vraiment à mettre l’emphase que ma première Epitanime a été un week end démentiel et même un peu surréaliste tant il a été riches en choses nouvelles : énormément de gens rencontrés, les « grands », les « fans », j’y ai croisé pas mal d’autres gens que je connais plus que bien aujourd’hui avec qui je n’ai pas échangé un seul regard dans le contexte, les premiers jeux effectués en tant que candidat et toutes ces émotions simples mais relativement nouvelles. Bref, le temps d’un week end
on a vécu dans un monde à part où il faisait 35 degré à l’ombre…

Puis est venu le second round, de l’autre coté du terrain en tant qu’Asso. Nous avons tous eu le même problème : à force d’animer, de présenter, d’aider les autres et de dormir le jour la convention est passée archi vite et nous nous sommes tous quittés très penaud mais avec la satisfaction d’avoir fait du bon boulot. Cette troisième fois devrait être plus équilibrée mais comporte des enjeux extrêmements importants pour nous tous, je me permet donc de reposer tout ça.

Qu’est-ce qui fait l’unicité de cette convention? L’Epitanime est un week end complet se situant au Kremlin Bicêtre, métro 7, station porte d’Italie. Vous prenez la sortie Square Joey Joe Joe Junior Shabadoo, vous marchez nonchalamment en direction du périphérique que vous traversez (attention aux bagnoles sauvages, les gens sont un peu fous dans le coin) et vous arrivez devant la rue de l’école Epitech, là où le charme se fait et les bracelets millénaires se portent. Vendredi soir donc (le 20, une semaine plus tôt que le planning habituel) ce sera parti pour deux nuits et deux jours non-stop, il y aura toujours quelque chose à faire et les organisateurs ont bien pris la peine de mettre l’emphase sur l’activité égale à faire de jour comme de nuit pour tout le monde. Les tarifs étant intégraux ou diurnes, c’est à vous d’établir votre plan de bataille – êtes vous capables de tenir tout ce temps sans dormir? Des hotels sont disponibles en périphérie proche mais ils sont blindés d’office, il va falloir squatter les chambres et se répartir les sous, tant et si biens que certains forums
proposent des « demi-places par terre », si si. Vous pouvez faire un début de nuit, rentrer dormir quelque part, faire l’après midi du Samedi et tenter la nocturne avant de définitivement rentrer chez vous vous reposer… ou tenter l’intégrale. Les combinaisons sont nombreuses mais ne jouez pas trop aux kékés non plus – j’ai personnellement payé assez cher sur le long terme un grand manque de sommeil et d’hydratation en pleine JaPex, il y a deux ans. Ne faites pas la même chose et essayez de vous reposer si, comme moi, vous commencez à décéder du bide au réveil un jour de convention.

Dormir est une problématique a double tranchant puisque l’Epitanime est un évènement centralisé dans deux bâtiments proposant pas mal de trucs. Le premier – qu’on a royalement snobé l’année dernière, et c’était très mal – est dédié aux jeux vidéos (rétro, souvent) et propose nombre de tournois organisés sur les trois jours. La grande place de l’autre coté de la rue offre une vue sur la scène principale, lieu de culte des coins, des pouêts et des jeux associatifs/concerts/cosplays en tout genre pour se distraire un peu tout en
posant ses fesses (la plupart du temps). A votre droite, la cafétéria que vous essayerez d’éviter parce que les nems préparés viennent de Fukushima, et à gauche de la scène se trouvent les différentes salle de classe où le gros des activités sont proposées. La grande trappe mystérieuse du fond de la cour est l’accès à un énorme supermarché événementiel où on peut trouver des tas de trucs – dont des doujins criminellement safe – les rumeurs circuleraient comme quoi du Hentai serait disponible sous le manteau – idéal pour décorer votre piaule, faire le plein de DVD à pris bradés, encourager les bons fanzines etc etc. Le point dépôt vente sera idéal pour tenter de fourguer vos possessions ayant un rapport avec la Japanime, la tradition veut que j’y faile
toujours en vendant mes propres trucs.

L’intégralité du planning est disponible à cette adresse.

Emphase sur :

Vendredi Soir/ Salle P03 à 22h30Dimanche Matin / Salle P03 à 11h30

Diffusion de l’AMV ENFER. (Une petite heure) – avec un peu de chance, je pourrais prendre trois minutes pour remercier les participants et lancer de manière charismatique l’avant première de ce gros projet collectif dont je ne cesse d’être en gratitude totale pour votre boulot et votre motivation. Je le mettrais en ligne une semaine/une dizaine de jours plus tard, ne vous inquiétez pas si vous n’être pas là sur place. Bien sûr, le film étant sous-titré « Troll No More », nous respecterons cet état d’esprit et le moindre petit malin sera expédié vers la scène principale façon la Fouine faire du Coin Coin Pouet Pouet jusqu’à la mort… ce qui n’empêchera pas le zapping de comporter des tas de private jokes, de spoilers, de running gag et un habituel début un poil poussif. N’empêche, ça va être bien, alors soyez là, je serais ravi de rencontrer les contributeurs « anonymes »! 

Image-1-copie-3.png AVEC DES SOUS TITRES EN FRANCAIS POUR LES MALENTENDANTS

 Les deux nuits, salle P06 / Jeux de Forum Thalie

Et c’est encore plus important puisque les activités de Forum Thalie seront exclusivement nocturnes… et sur scène principale! Les trois jeux phares seront les suivants :

Gloire et Honneur – jeu cross-over avec l’association Bullejapon, où les deux équipes dédiées aux assos respectives se mettent dessus avant de déterminer qui est le meilleur, cette dénomination étant légitimée par un long processus d’élimination ponctué par le best off des différents jeux des deux assos. Un
conseil : si vous voyez apparaître un questionnaire à mon nom, vous saurez plus ou moins que c’est gagné d’avance pour vous, hu hu hu. Grand coup de feu pour nous et ce qui concerne l’animation, vous voulez être là pour nous soutenir ou se foutre de nous et nous pointer du doit en hurlant « Mauvaiiiis, mauvaiiiiis, cocuuuuuuuus. »

Quizz Hardcore Sa Sang Je Pleure des Mères de Larmes

Le retour du quizz le plus mabouuuule de difficulté où vous pourrez user de cartes à l’effet vengeur! Tout ça vous demandera une connaissance pointue de votre sujet et une certaine propension à repérer les pièges foutus un peu partout. Une gradation de lots récompensera votre nerditude, ce qui prouve bien que tout ça aura servi à quelque chose!

Quizz des Cosplayeurs

Cela ne vous concerne pas directement puisque les candidats sont d’ores et déjà sélectionnés mais le spectacle risque d’être conceptuel – quatre cosplayeurs (années d’expérience à l’appui façon Top Chef) doivent répondre à une batterie de question en corrélation avec le caractère et les gimmicks du personnage qu’ils incarnent. J’attends ça avec une impatience non dissimulée puisqu’on attends un Izaya de Durarara!!, j’espère donc qu’on va avoir droit à un beau gosse longiligne et génie du mal. (Si c’est un bisounours obèse, le concept du jeu sera un peu mis à mal)

 Vous trouverez le reste des activités proposées par Thalie : Traproulette, Quizz Thématiques, le … Mur? (?) (Hein?) (Wtf j’ai aucune idée du gameplay fixe de ce jeu) et autres jeux rigolos qui, la plupart du temps, vous feront repartir avec un manga Yaoi ou un chapeau crétin. Vous ne voulez pas passer à coté de ça, n’est-ce pas?

Donc voilà le Deal. Venez blindés d’argent au cas où vous tomberiez sur des perles dans le sous sol, ne venez pas seul, ménagez vous et amusez vous au mieux. On s’y retrouve, j’y serais en mode naturel mais tendu, sans trop m’afficher parce que je suis modeste.

:redface:
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Inception chez les culottes courtes

Galoo est un membre de l’association BulleJapon et l’un des meilleurs contributeurs de l’Amv Enfer. Il termine ses études de droit, ce qui inspire mon plus grand respect… et il a joint pas moins de 27 screenshots avec ce post.

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 Hardi petit, je pense que je n’aurais pas pu trouver meilleures portes ouvertes que sur ce blog. Le proprio des lieux étant un adepte des pavés de texte, je n’aurai ainsi pas de scrupules à tartiner, mais à tartiner avec de la jolie confiture de mots agréable à la lecture bien sûr – n’aie pas peur lecteur, la migraine ne te
guette point.

INTRODOUQUESHEUNE

 J’ai toujours eu une grande affection pour les jeux à la production conséquente et qui ont fait un flop
sans qu’il y ait lien de cause à effet (donc pas comme Homefront, trololol). Parmi les jeux que je ne me lasse pas de rejouer, on en trouve trois de cette catégorie : Mirror’s Edge, le mal aimé de DICE qui me fait l’effet d’une bouffée d’air frais à chaque fois ; Beyond Good & Evil, l’échec de chez Ubisoft Montpellier pourtant réalisé par Michel Ancel et dont Peter Jackson est fan ; et enfin Psychonauts de Double Fine Productions, réalisé ni plus ni moins par Tim Schafer, le papa de Monkey’s Island et de Brütal Legend. Ces jeux se sont tous les trois cassé la gueule malgré les félicitations du jury, ceci à cause d’une communication souvent moisie de l’éditeur et aussi parce que la masse globale des consommateurs à des goûts de chiotte d’aire
d’autoroute. Cet article sera consacré au dernier jeu cité.

IL ETAIT UNE FOIS LES ENFANTS ILLEGITIMES DU PROFESSEUR XAVIER

Sorti sur Xbox, PS2 et PC en 2006 chez nous, Psychonauts est un jeu de plate-forme à l’orientation
Legend of Zelda – Ocarina of Time, c’est-à-dire univers ouvert avec donjons à traverser. Le pitch de départ augure un scénario loin du conformisme des jeux de ce genre : Razputin, surnommé Raz, est un jeune garçon qui rêve de devenir Psychonaut, sorte d’agent secret se battant avec toute la batterie de pouvoirs psychiques développés par la SF en général : télékinésie, pyrokinésie, champ de force, invisibilité et j’en passe. Raz décide donc de fuir le cirque familial – background qui expliquera malicieusement les prouesses de gymnaste chinois de Raz dans le jeu – et se rend au camp de vacances de « Whispering Rock » dans lequel sont « éduqués » de jeunes enfants âgés d’une dizaine d’années voués à devenir des Psychonauts. Après avoir été découvert par les professeurs, Raz est temporairement intégré aux pensionnaires en attendant que son père vienne le chercher. C’est alors que le jeu commence vraiment. Car les choses vont mal tourner, forcément, on est pas dans les Sims quand même, et il va alors être question de… vols de cerveau. Je ne donnerai pas plus de détail en citant le River Song :
« 
Spoilers »…

screensh_16F.jpgLa trame principale du jeu n’a de toute façon rien de compliqué, avec un sombre complot vite découvert et des méchants assez vite identifiés. Se calquant ainsi sur une intrigue de comics, Psychonauts joue en permanence avec ses codes et fait souvent dans l’ironie. Ce qui est vraiment séduisant dans Psychonauts, c’est davantage l’univers et les personnages, qui eux sont plutôt bien développés. Le camp de Whispering Rock, que l’on peut parcourir librement, permet ainsi de rencontrer d’une part les pensionnaires, d’autre part les professeurs. Et chaque génération vaut son pesant de cacahuètes.

Parmi les enfants, on trouver pêle-mêle un attardé mental qui parle aux écureuils, un ruskov qui veut zigouiller des ours, une fille de l’espace, un garçon aux histoires ennuyeuses à mourir, des pestes d’école typiques, un texan, etc. On trouve également une fille, Lily, d’abord tsundere puis fidèle compère un peu badass avec
laquelle il sera souvent question de bisou et de sortir avec. Mais à côté de cette légèreté, les auteurs de ce jeu destiné aux presque adolescents (pas de sang, pas de violence excessive, pas de gros mots…) ont quand même glissé des références plus glauques. Ainsi parmi les djeunz, certains d’entre eux envisagent ni plus ni moins le suicide, ce que j’ai personnellement découvert un peu par hasard, en écoutant les concernés parler alors que j’étais caché non loin – et là paf, je transforme un semi-spoiler en challenge pour le lecteur-futur-joueur qui devra trouver de qui il s’agit, EPIC WIN.

 Ces détails qui rendent le jeu plus adulte et surtout plus savoureux (contraste avec les clichés, profondeur de l’univers) ne sont pas légions mais m’ont personnellement poussé à écouter chaque dialogue. Du côté des professeurs, d’ailleurs, on est pas en reste. Entre un allemand au ton monotone et à l’esprit scientifique très poussé, une baba-cool hispanique surprotectrice et orientée disco, un petit gros à l’attitude militaire et un directeur d’établissement un peu dissipé dans tous les sens du terme, on est servi. Toute cette galerie de personnages est servie par un design cartoon déformé que je ne trouve pas franchement joli en lui-même (chacun se fera son idée avec les screenshots) mais qui en revanche colle merveilleusement bien à l’ambiance décalée et un peu rétro du jeu.

Cette galerie étendue des personnages et leurs psychés respectives vont servir de base à un game-design des plus funs : le Psychonautisme (néologisme FTW). Car à côté de l’univers ouvert que composent le camp de vacances relativement tranquilles (outre quelques animaux psychiques) et un autre lieu dont je tairai la
nature, les donjons sont constitués ni plus ni moins par des esprits que l’on va aller explorer grâce à une petite porte McGuffin collée sur le front qui téléporte une projection mentale de Raz dans l’autre esprit. On se retrouve alors à gambader dans des esprits à la construction singulière voire franchement zarbi, comme par exemple une sorte de banlieue tranquille américaine typique dont la disposition des rues et édifices défie les lois de la physique. Aucun niveau ne se ressemble dans sa façon d’être parcouru et découvrir chaque nouvel esprit est un plaisir, l’impression de redondance étant très limitée.

screensh_20.jpgLe travail sur l’ambiance et le décor des esprits traversés est très poussé et la façon dont se
« résolvent » les donjons change à chaque fois, avec des éléments de gameplay très différents. La plupart des mondes compteront d’ailleurs très peu d’ennemi. Pour exemple, on aura l’occasion de voyager dans l’esprit d’un descendant de Napoléon hanté par son paternel et qui doit pour se libérer gagner un jeu de stratégie. Du fait, l’ensemble de la carte sera accessible dès le départ, mais il faudra y aller étape par étape pour faire gagner l’héritier du petit nerveux de Corse. Certains niveaux ont une orientation enquête, d’autres une orientation action, mais aucun ne se ressemble et certains proposent des phases de jeu vraiment fendardes – je ne vais pas tout énumérer mais je citerai la grande satisfaction que j’ai eu à incarner dans un des esprits un Godzilla destructeur de ville.

Les références vont chercher dans tous les coins : cinéma de SF, comics, références culturelles… The Psychonauts pioche allègrement dans tous les coins et recycle pour donner une aventure marrante à jouer et surtout bourrée d’énormément d’HUMOUR. Cela pourrait être le maître-mot du jeu à vrai dire, car rien n’est
vraiment sérieux, que ce soit l’intrigue WTF ou les clichés assumés. Les dialogues sont en ce sens parfois savoureux de non-sens ou d’ironie. Cependant, dans cet univers coloré, décalé, parfois Timburtonesque (néologisme FTW bis), j’en reviens au fait que l’on nous présente des personnages en fait pas si gentillets. Parmi les personnages dont on traverse la psyché, l’un deux aura vu sa mère mourir, un autre aura été martyrisé par son père, etc. Chacun possède une cicatrice mentale, que le joueur devra découvrir en trouvant le coffre-fort sur patte qui se cache dans chaque donjon et qui abrite un diaporama d’images illustrant le traumatisme passé. Il y a une exception à ce système que je tiens à pointer du doigt, c’est Milla Vodello, la prof disco qui paraît toujours guillerette et insouciante, mais qui cache pourtant un lourd secret dans un second coffre-fort que l’on peut découvrir dans un recoin caché de son esprit en plus d’un endroit un peu
flippant et qui m’a donné des frissons tellement c’était bon de voir que le personnage n’était pas tout blanc et tellement la chose était bien illustrée – je suis fan des passés troubles dans les œuvres de fiction, et là c’était tellement bien amené qu’il me fallait le citer pour que le joueur potentiel cherche cet endroit dans le jeu.

 Au niveau des bonus, outre les coffres-forts, chaque niveau possède cinq « bagages émotionnels » qui sont en fait des… sacs qui pleurent, et dont il faut retrouver les étiquettes pour qu’ils soient heureux (avec une petite cut-scene de retrouvailles nawak). Il y a également des toiles mentales à récupérer avec un aspirateur chelou et surtout… des bribes d’esprit. Ces FOUTUES bribes d’esprit. Si vous voulez finir le jeu à 100% (et gagner la cinématique la plus WTF du jeu), voilà votre plus gros challenge : retrouver toutes les bribes. Les bribes sont des formes 2D de toutes les couleurs disséminées un peu partout, qui bougent ou non, et qui
sont au nombre d’une centaine à peu près pour chaque monde. Dans certains niveaux, la tâche est assez simple, mais dans d’autres, ça relève de Guantanamo. La première fois que j’ai fais le jeu, j’étais à 99,9% de complétion du jeu et j’ai galéré des heures pour trouver UNE BRIBE, UNE SEULE BRIBE, planquée dans un putain d’élément de décor ! Bien que l’initiative de ce bonus soit rigolote, ça doit être le côté le plus saoulant du jeu pour une achievement whore, car ces bribes sont plates donc pas toujours visibles, s’estompent plus ou moins et ne sont que des traits… FRIGGIN’ BRIBES ! Le camp de Whispering Rock n’est pas en reste avec des cartes et des objets cachés un peu partout. Trouver tous ces bonus permet de faire élever son « rang » de Psychonaut et d’ainsi augmenter la puissances des pouvoirs de Raz (pouvoirs que l’on obtient quasiment tous via le scénario). Il y a également une sorte de magasin où acheter les accessoires qui
permettront de récupérer tous les bonus. Il y a donc de quoi faire…

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 … mais pas pour longtemps

Alors après, je me dois d’être objectif, pas de « cuicui les p’tits oiseaux, ce jeu c’est que
du bonheur
 », les niveaux sont parfois laborieux à parcourir car certains ennemis sont tétra-relous, et certaines phases de plate-forme sont carrément là uniquement dans le but de vous briser les noix avec le marteau de Thor – TRAMPOLINES DE MES DEUX ! Heureusement que certaines phases de jeu sont par opposition vraiment jouissives et originales, car Psychonauts n’est pas le jeu de plate-forme du siècle – enfin au moins il n’est pas casual non plus et offre de la difficulté, notamment avec certains combats de
boss.

L’AMBIANCE ET LE GAMEPLAY C’EST KEWL, MAIS POUR MES YEUX ET MES OREILLES ?

Il y a à boire et à manger, mais c’est pas non plus la fête du slip. Les graphismes en eux-mêmes commencent pas mal à dater (les objets de décor en 2D et les textures un peu light, ça pique), mais la propreté de la réalisation et l’animation faciale des personnages font oublier la vieillesse du titre, du moins sur PC,
support sur lequel je joue et sur lequel on peut aujourd’hui pousser les options graphiques au max – et aux éventuels consoleux (ATCH-AMO-OUM) qui me diraient « 
ouais mais bon sur console, va changer les graphismes… », eh bien je répondrai que sur Steam, The Psychonauts vaut à peine 10€ et qu’aucune bécane
vendue aujourd’hui, même portable, ne pourrait pas faire tourner le jeu, donc aucune raison de chercher la version console, d’autant que ce jeu se maîtrise très facilement avec le combo clavier-souris.

 La musique quant à elle est… dans le ton. Point barre. Moi qui adore les OST de jeux vidéo, celle-ci me frustre parce que je ne prends aucun plaisir à l’écouter comme ça. Elle convient cependant tout à fait aux différents niveaux et n’est pas relou à entendre tourner en boucle quand on reste coincé dans un monde (contrairement à, disons au pif, Tales of Symphonia et ses musiques d’ambiance dans les villes qui donnent envie de s’enfoncer des stylos-plume dans les tympans).

Pour les voix, j’y joue toujours en version anglaise donc je ne pourrai vraiment juger que de cette version – j’ai d’abord eu le jeu en version uniquement anglaise avant que Steam ne me fournisse le multi-langue. Ainsi, quand j’ai découvert, en installant le jeu en français sans faire gaffe, un Raz avec la voix de Sora de Kingdom
Hearts (oui, vous savez, Donald Reignoux, celui qui fait Sora, mais aussi Titeuf, Danny Fantôme et j’en passe), j’ai été un peu perturbé et j’ai remis le jeu en anglais. Et bien que les doubleurs soit des outsiders, eh bien il faut avouer qu’ils sont tout à fait dans le ton décalé du jeu et sont un plaisir à écouter. Raz, pour ne citer que lui, a une voix singulière qui arrive à exprimer tous les côtés du personnage de manière experte, c’est-à-dire le courage, la prétention ou encore la connerie. On sent que les comédiens se sont fait plaisir et c’est d’autant mieux pour nous. En plus, jouer en français fait perdre tout plein d’expressions anglophones rigolotes et de jeu de mots volontairement pourris. Jouez donc en anglais, si vous venez sur ce blog, c’est que vous êtes des geeks bordayl (ou alors c’est que votre recherche Google de « salade de concombre » a un peu foiré)…

CONCLOUJEUNE

Clairement pas le jeu du siècle en termes de gameplay général puisqu’on a un héros avec des points de vie, des vies et des pouvoirs, qui gagne des capacités au fur et à mesure du jeu – une recette classique …

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… et efficace mais pas transcendante, tempéré par des quelques phases awesome. Psychonauts est plutôt un de ces jeux que je porte dans mon cœur parce qu’il me fait dire que putain, le jeu vidéo peut être un art à de nombreux niveaux. L’humour omniprésent, les personnages nombreux, l’univers sympatoche, le level-design varié, l’humour décalé, tous ces ingrédients réunis qui montrent que des gens se sont casser les neurones à inventer un contenu pour le jeu… Eh bah c’est largement suffisant pour le prix de vante actuel de 10€. Donc si vous êtes amateur de jeux qui essayent autre chose que la soupe qu’on trouve à tous les rayons de Micromania, vous ne pouvez pas passer à côté de ce petit chef-d’œuvre de Tim Schafer, qui fait partie de ces paradoxes « bonne critique – échec commercial », que l’on croisera sûrement encore à l’avenir.

 Et histoire d’être clair, parce que j’ai ma fierté, je ne suis pas un hipster à la con qui aime forcément ce qui est indé parce que ça fait cool et parce que ça me distingue du Kevin qui joue à Need For Speed et Modern Warfare. Je suis simplement friand de ces jeux derrière lesquels on a un vrai un travail artistique original,
sur l’univers, sur les personnages, sur les dialogues, ou bien encore l’ambiance ou même simplement la musique, bref ces jeux qui me font changer de monde pendant que j’y joue… Ce pourquoi j’aime tout autant un bon gros GTA 4 au budget colossal comme j’aime un petit Machinarium en flash.

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Dragon blanc aux yeux bleus

A partir de ce moment nous passons donc en mode « portes ouvertes ». De mon coté, je monte l’AMV Enfer, je prépare des petits trucs ici et là pour l’Epitanime à venir et je commence le travail de fond pour les examens du semestre qui sont dans trois semaines. De votre coté, vous avez l’occasion de publier, si le coeur vous en dit, votre prose, de faire connaître votre propre boulot/jeu/manga/anime que sais-je, que je mettrais sur le blog au fur et à mesure selon la situation. Si ça vous chante donc, envoyez moi votre texte, son titre et ses illustrations par mail via le module ci dessous. En attendant (jusqu’à vers le 20 Mai, donc) et quoi qu’il arrive, je vais moi même poster beaucoup moins!

Voilà donc enfin le super post sur Pokémon 5. Vu comme ça je monte sur un piédestal pour le fun mais une nouvelle génération est quand même une petite marque temporelle et nous montre à tous qu’on grandis, et oui. Noir et blanc, notions classes au possible et aux starters qui hantent nos mêmes depuis une grosse année… Tout ce qui va être dit était déjà plus ou moins prévu ou déjà dit mais je vais pas trop me gêner pour défoncer les portes déjà ouvertes par à peu près tout le monde. Ca reste mon premier achat DS depuis X temps et il était systématique et acquis d’avance depuis son annonce l’année dernière! Ca prouve aussi que je suis capable d’acheter et d’aimer un jeu sans succès ou similis-succès, c’est toujours ça de pris…

La première question a été de se trouver la version adéquate. Ca doit être un argument d’autorité, plus que d’habitude on sent que ce choix est quasi-tribal tant on (« on » étant « nous » sans « je », mais le « je » est exceptionnellement inclus, « nous » est trop juste plébéein) est fier d’annoncer la couleur de notre version. Je reste fixé sur mon mantra « la version froide » – oui, je serais inflexible, le blanc a quelque chose de chaleureux – sans prendre compte des aspects uniques de la version qui de toute façon m’arrangent, légendaire un peu plus charismatique inclus.

Truc très amusant : si vous prenez un certain panel et que vous les classez par version achetée…

Pokemon-comparatif.pngAu début, je pensais qu’on obtiendrais une catégorie « Kikoo » et une autre « Charisme » mais il se trouve que c’est une tout autre histoire : honnêtement, si vous mettez les six avatars noirs sur une balance nommée Ego, les six blancs vont être propulsés vers d’autres cieux!

 Pokemon Blanc/Ego pourrait être une énième redite de la formule RPG à succès qui pompe nos sous depuis une dizaine d’année et pour la première fois, on peut prendre trois ou quatre minutes de réflexion pour se demander si c’est le cas ou pas. Il serait dingue de théoriser un renouveau de la saga pour ça mais cette génération fait preuve d’un minimum syndical de bonne volonté, voire bien plus. Aucune révolution majeure, aucun bouleversement digne de ce nom mais ces grandes lignes ont été plus repensées et modifiées que d’habitude, « l’habitude » étant quand même un créneau qui oscille entre deux et quatre ans, ce qui en fait du temps pour repenser au concept… et on peut se consoler en se disant que c’est CE fossé là qui profite le mieux à la franchise.

On va égrener ces améliorations un peu plus tard mais c’est plutôt satisfaisant de constater qu’on ne nous prends pas trop pour des billes – et ne me dites pas qu’il est fait pour appâter la génération d’avant (la notre donc, ceux qui ont cinq-dix ans en moins) car Pokémon Ego est clairement destiné aux fans et habitués qui montent leurs équipes, qui font de l’élevage et qui prostituent des Métamorphs pour obtenir des shineys – pardon, des chromatiques – pour avoir la meilleure équipe et devenir le plus grand kéké de l’univers. Bon, j’avoue, c’est un peu aller loin mais la cible était clairement les passionnés, il me semble un peu difficile de prendre un si grand métro en marche, même si il y a marqué « Nintendo » sur les portes.

Dans une cinquième réalité alternative, un cinquième « Benji » a donc entamé un voyage initiatique et nébuleux dans une cinquième région pour devenir Maître Pokémon et prouver qu’il est un homme, cette aventure sera ponctuée de routes, de badges et de dresseurs dont vous tuerez les bestioles avant de les racketter. La formule est archi-connue, je ne vais pas vous la rabâcher donc on va directement aborder le plus important…

 … et on va commencer par l’emballage. Pokémon est depuis toujours un jeu beaucoup plus moche que la moyenne mais force est de constater que cette mouture fait quelques petits efforts sporadiques pour nous convaincre qu’on est sur DS et plus sur GBA. La sempiternelle vue de dessus est conservée, il n’y a pas de révolution bouleversante dans la navigation des menus ou dans la tronche des personnages mais ce jeu à une forte tendance à se la péter : il accumule les séquences en caméra fixe – sur « tapis roulant » pour nous montrer des belles formes bien géométriques et gigantesques sur tout les angles. Et nous de faire « Waaaah, de la 3D » comme si c’était complètement révolutionnaire, mais effectivement, dans un tel jeu, c’est providentiel! On peut donc vivre quelques moments cultes, souvent des traversées de ponts ou des artères de grandes villes. Il n’empêche qu’on se rends compte de la différence en revenant sur Diamant/Perle/Platine et qu’on gravit pas à pas les échelons vers un véritable Pokémon en 3D dont le nom de commence pas par « Col-« .

Au delà de ces petits moments tridimensionnels, le jeu est quand même plus travaillé dans ses « moments importants » et surprends là où on ne l’attendais pas vraiment. Le conseil des 4 profite d’un design assez monstrueusement travaillé, il en va de même pour les Arènes (qui font un peu semblant d’abriter des énigmes mais passons) et de certains coins de cette carte un poil simple. Unys est un monde qui se parcours dans le sens des aiguilles d’une montre, c’est un peu étrange… mais à double tranchant puisqu’il y a pas mal d’endroit à explorer pour la compléter, de quoi se prendre pour un explorateur des bac à sable, c’est une sensation agréable de découvrir l’inconnu dans ce genre de jeu…

d0ee04183f679d600dc8e013bc7bbad1.jpg Vipèlierre, ce génie du mal

 Le jeu est donc pas fabuleux de bôôôôté mais il accumule ces petits moments presque innovants, entre deux trucs normaux aujourd’hui mais qui sonnent comme des prises de risque dans ce contexte : des CUT-SCENES, des plans de gens qui vous parlent en face ou via un téléphone qui ne sert tristement à rien… ce genre de tout petits détails qui font quand même plaisir. Sinon, parlons business, parlons scénario! Pas évident d’incorporer des nouveautés sur ce plan et ça reste le pan de jeu le plus libre, paradoxalement! Vous commencez dans votre chambre, vous choisissez l’un de trois starters, vous faites connaissance avec ce qu’on appellait notre « rival » – sauf qu’ils sont cette fois deux et complémentaires – deux de vos amis, une fille aussi enthousiaste que neuneucoconne et un maniaque compulsif avide de pouvoir et de contrôle, même si il arrive bien à le cacher. Ces deux là prendrons les deux autres starters et passeront le reste du jeu à vous suivre et à vous réclamer un duel comme je réclame des câlins quand je suis en manque d’affection, notion qui doit CLAIREMENT manquer à N qui, pour le coup, incarne votre véritable rival. Cette personne (non, ce n’est pas une lettre) est une sorte de « beau gosse forcé », grosse légume de l’organisation malfaisante de cet opus, la team Plasma. On pourrait croire que cette bande de méchants incarne un tournant scénaristique de la saga, tout test vous dira que Pokémon Blanc/Ego possède un scénario plus mature que ses prédécesseurs… et ben c’est cette Team Plasma qui insuffle ces idées. Ces gens là, habités par une sorte de délire médiéval appuyé dès la cinématique d’introduction (qui est d’ailleurs complètement inexplicable avant, pendant ou après la fin du jeu) remettent en question le délire ambiant sur la possession de Pokémon, leur liberté, le libre-arbitre et tout le tremblement et cette bonne parole sera régulièrement prêchée au fil de votre aventure et de vos confrontations avec les méchants qui tiennent tant à toujours avoir les mêmes Pokémons un peu pourris. Ce semblant de scénario fait un peu bullshit parce qu’on ne sait jamais grand chose sur les intentions véritables de ces messieurs, peut être que mon avancée dans le jeu (Pokédex National fraîchement récolté) n’est pas suffisante pour comprendre tout les aboutissants derrière ça. Disons qu’on a pas une bande de bras cassés, mais une bande de gens faussement méchants dirigés par un leader charismatique aux cheveux verts. Et ce leader veut faire des tours de grande roue avec vous, parce que c’est tout à fait naturel.

 Votre mission va donc être de collecter les badges et de repousser les assauts répétés de N et vos deux potes. Il n’y a plus de mini-jeux de rythme ou de concours de beauté (juste un numéro de music hall dont tout le monde se moquera royalement) – cet opus est plus linéaire que la moyenne, peu d’évènements anormaux viendront pertuber votre routine, qui sera néanmoins un peu bouleversée pour ce tour. Si vous êtes un habitué, vous allez parfois être un peu dérangé par « l’ordre des évènements » mais tout ça est très bien pensé et vous retrouverez rapidement les « choses » que vous « attendiez ». Je parle en métaphores mais c’est uniquement destiné à ceux qui comprendront de quoi je parle : en gros, ne paniquez pas, si vous attendez un élément de gameplay, il va finir par arriver! Si un jeu bouleverse vos habitudes dans le bon sens, il peut au moins se vanter de ça…

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 Cette génération de Pokémons peut se vanter de pas mal de choses. D’avoir comme d’habitude une excellente traduction française, jonchée de private jokes (il y a de la PASSION dedans, wow) même si certains ont complètement fumé leur slip avec des noms de Pokémon qui, eux aussi, sonnent presque comme des private jokes. Nanméhouie? Tutafeh? Qui évolue en TOUTAKAFER? J’ai été à deux doigts de me demander « houah, elle est pour moi celle là ou…? » et je suis sûr qu’on a été beaucoup dans cette situation. Sans aucun rapport, il y a toujours cet art de la musique qui alterne easy-listening et quelques vrais bon thèmes. Comme d’hab, un bon gros thème de combat passe partout, celui des champions, du conseil des 4… celui des « rivaux », de la Team Plasma et du Pokémon Légendaire de la boîte sortent un peu du lot, surtout le dernier – moment unique et donc d’autant plus profitable parce que cette ritournelle est excellente. (Celui de Dialga/Palkia était un peu bof, je suis vengé)

MAIS ce Pokémon se distingue surtout pas sa surprenante difficulté et je suis trèèèès sérieux. L’ensemble du jeu est très porté sur les changement de statuts et tout ces petits trucs qui vont vous pourrir la vie (on vous paralyse, on spamme les Abri. Ca sonne familier, hein?) et les dresseurs n’ont plus des comportements aléatoires au possible : cette fois ils vont toujours taper là où ça fait mal, surtout quand certaines arènes comportent des Pokémons au double-type désespérants. De toute façon, pas besoin d’aller aussi loin – je n’aurais jamais cru que j’aurais galéré pour les deux premières arènes dans un Pokémon! Ce Miradar a nourri chez moi un sentiment de haine assez prononcé avec ses yeux de junkie et ses one-shots, argh.  La courbe de difficulté est assez haute et fait un U aux asymptotes très serrées – en gros, le tout début et la toute fin du jeu vont vous apprendre le respect! Au milieu, tout devrait être un peu plus cool mais on ne vous facilite pas la tâche…

En ce qui me concerne, j’ai un peu joué en mode « facile » puisque je me suis procuré très rapidement les deux autres starters (ne t’inquiètes pas Clamiral, tu restes mon préféré, je vais même t’envoyer au boudoir récolter un petit Moustillon à câliner, ça te prouvera mon amour pour toi) et ça ne m’as pas empêché de vivre quelques phases assez frustrantes même si mon aventure s’est déroulée comme sur des roulettes : conseil des 4 chopé du premier coup d’extrême justesse, phase finale refaite une fois puisque j’ignorais d’une façon un peu masochiste tel type d’attaque, absente de mon équipe d’un bout à l’autre…

 Tiens, l’équipe, justement. Je le répète : les quatre première fois, j’ai éhontément filé à travers les jeux en n’utilisant que mon starter d’eau et en capturant le reste uniquement pour capitaliser les CS. Je comptais donc me faire ma Team bien précise et, ho bonheur, le jeu est complètement pensé comme ça! Le gain d’expérience est divisé si vous êtes trop au dessus de votre adversaire, et inversement proportionnel. Vous finissez donc le schmiliblick avec six bestioles au niveau agréablement réparti et la satisfaction d’avoir vos
bestioles complémentaires bien à vous! Après, vous me dites « ok mais comment atteindre les sommets et les niveaux 100? » HO HO JEUNES ENFANTS. Le truc c’est que le premier déroulement du générique vous débloque, une fois de plus, la véritable « aventure ouverte du jeu » avec une grosse portion de terrain en plus, les légendaires à foison, les endroits très planqués et satisfaisants à découvrir (un aspect que j’aime beaucoup, j’étais ravi par les énigmes en braille de Rubis/Saphir) et ses dresseurs grobills. Par exemple, le conseil des 4 aura magiquement gagné 25 niveaux, hé oui. Comme le Round 2 dans Stadium : c’est là que le plus dur commence! La replay value est donc immense même si le terme est assez impropre dans ce contexte, évidemment.

exp_training___pokemon_by_chary9-d3bm941.pngBon, la connexion online, tout ce bazar. Nintendo vends un peu de l’air chaud avec son système online incompréhensible – après avoir miraculeusement connecté ma console, je crois que j’ai loupé l’unique occasion de marquer tel code quelque part, et d’avoir loupé le machin à vie. Les temps de téléchargement sont très longs, très peu de choses sont intuitives et les jeux flash du site font un peu peur et me rappellent Neopets MAIS la connectivité entre les joueurs est, par contre, épatante. Les échanges se font ultra simplement (directement depuis les boîtes, alléluiah) et les trois modes de connexion sont rapides et efficace, j’ai été assez épaté par la pertinence de l’infrarouge, comme si ma vieille DS me révélait un super pouvoir complètement sorti de nulle part. Un bon point, surtout avec ce mode si étrange qu’est le heylink mais qui octroie des bonus somme toute très agréables. Enfin, constat sur les bestioles en elle même : on sent que la suite va être très difficile à ce niveau là. C’est une impression globale, beaucoup de pokémon de bas niveau aux bouilles rondes sont adorables mais ce pokédex ressemble de plus en plus au zoo de Thoiry quand il n’est pas inspiré de bêtes objets et on perds de plus en plus la notion de « monstres » même si, comme d’habitude, chacun trouvera son lot en créatures charismatiques, celles qui n’ont jamais de bonnes stats. Sérieusement, il y en a quelques uns qui sont furieusement laids. C’est pas grave mais ça n’augure rien de bon pour l’avenir, si 1) on sera toujours sur le coup et 2) si avenir il y a, avec cette formule et sur 3DS, donc.

 Ce Pokémon est donc… un Pokémon de plus mais à l’identité futuriste très marquée, un très bon jeu est une très bonne génération de la saga qui évoule, mine de rien. Pas de changements à en décéder de surprise mais une très grande quantité de petits détails, de petites intention et d’idées qui font de Pokémon Blanc et Ego un grand kiff, assez long (il m’a fallu 25 heures et deux mois pile après l’achat pour voir les crédits) et prometteur en mystères cachés. Cette review ne sert pas à grand chose parce que votre avis est probablement déjà fixé sur la possession ou pas de cette cartouche mais si vous attendez l’habituelle troisième roue, elle ne pourra que valoir le coup. Les attentes étaient hautes, ça faisait longtemps qu’on marinait dans nos fantasmes et le résultat est vraiment très satisfaisant. Merci!

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