Amour courtois sur un ring

Pour la première fois le timing fait que je n’ai rien posté le quatorze février! Des tas de thématiques auraient pu voir le jour : le top dix des non-couples de la Japanime! Un petit rapport sur ce qu’est « l’homoérotisme freudien »! Mes dix meilleures recettes de lasagnes au jambon! Je vous plains, tout ça ne verra jamais le jour. Quoique, la deuxième idée… s’applique assez directement dans le cas présent, le monde du CATCH. Ce sport/divertissement extrêmement étrange que nos grands parents savouraient déjà – probablement par
télépathie, ne me demandez pas comment ils faisaient sans torrents mais ils le faisaient – et moi je suis un peu perdu au milieu de cette vague en cuir noir et viril qui apparaît un peu sortie de nulle part depuis deux ans et quelques. Je reste toujours très étonné face au phénomène qui semble très réservé à notre belle jeunesse qui n’a pas eu la chance de grandir avec Pokémon Rouge et Bleu mais il n’empêche que certaines personnes très intelligentes adorent mater ça. De mon coté, je reste très vierge sur ce terrain et ce post va donc sublimer l’art du papotage sur un sujet dont on ne connait rien.

 Pourquoi pas! Il y a de quoi faire avec cette multitude d’évènements diffusés en pay-per-view toute l’année… mais celui qui nous intéresse c’est le ROYAL RUMBLE. Évènement unique en son genre, concept rigolo, le genre de petit évènement coincé quelque part entre le Superbowl et le Salon de l’Agriculture que tout geek digne de ce nom doit regarder, même sans rien comprendre… parce que je dois vous avouer que les tenants et les aboutissants de tout ce bazar m’échappe un peu. Pourtant… c’est complètement fait pour plaire : un spectacle où tout est suggéré pour te divertir, des tas d’hommes musclés et virils (ceci expliquant pourquoi le public visé est presque exclusivement… masculin) qui se mettent sur la gueule sur fond de dramaturgie totale. South Park a déjà envisagé l’avortement sur scène, ils avaient à moitié raison, il me semble qu’une storyline de ce genre a déjà été exploitée – bref il faut se débarrasser de toutes ces prises de tête : il faut s’en foutre de la scénarisation totale et assumée du truc, il faut réussir à débrancher son cerveau et à purement apprécier le show en tant que tel. Pas facile quand on se prends la tête sur l’ordre de sortie des participants de real-tv! Alors alors justement ça tombe très bien parce que le Royal Rumble possède une spécificité toute rigolote : quelqu’un monte sur le ring toutes les 90 secondes, le manège dure quarante fois pour autant de catcheurs célèbres – le dernier en lice est donc le vainqueur du bouzin et à le droit de réclamer… le match de son choix à Wrestlemania. J’ai bon? Du coup, le 40è est concrètement quarante fois plus avantagé que le premier mais oseflolhein. Quelqu’un monte sur un ring, quelqu’un d’autre monte, un seul des deux survit, celui qui se fait jeter sort définitivement. Ca sonne exactement comme autre chose que je n’évoquerais pas dans l’immédiat mais c’est plutôt sympathique : j’imagine que chaque année les fans ont une petite excitation et spéculent sur la liste des partcipants, leur ordre d’entrée et de sortie… sans compter sur le gagnant, qui en l’occurrence était un « personnage émergent » du milieu, fort antipathique mais tellement sympa dans sa démarche exagérément luxueuse.

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Et les affiches sont toujours classes et les affiches classes sont classement classes

 Le vrai truc bandant dans l’histoire c’est le gigantisme total de la comédie, totalement affichée par tout le monde. Comprenez bien que dans ce lieu sacré ou les gens se tapent sur l’autel, tout les croyants sont sur les tribunes, deux présentateurs sont derrière le micro old-school et racontent n’importent quoi et le plus fun reste les commentateurs de canal + qui sont à FOND dans le délire et prennent tout ça avec un premier degré qui relève du génie dans le jeu d’acteur. Ca donne des phrases comme « OH MON DIEU C’EST LE TRIOMPHE DU MAUVAIS GOUT » ou du vocabulaire technique et un peu cryptique comme « MAIS VOILA UN SPEAR ! » « HOOOO IL VIENT DE SORTIR LE FAMEUX DEBAUCHE PUNCH- ce genre ce choses qui semblent fabuleuses parce qu’elles sont hurlées avec sérieux. C’est ça le truc : vous êtes complètement seul au monde dans votre second degré mais c’est un monde absurde et rigolo où il fait bon vivre.

Tout y est dans les formes : salle géante à guichet fermé, écran monumentaux et un travail du son sympa. Toutes les 90 secondes, le nouvel entrant à droit à un compte à rebours sonore du plus bel effet et chacun à sa petite musique d’entrée, ce qui permet aux combattants de reconnaître d’avance les types qui vont sortir de la fumée (ou de leurs bagnoles) et de tirer des tronches pas possibles. Car croyez le ou pas (et je sais que vous êtes totalement scotché sur vos fesses tant le sujet est passionnant et sérieux) mais certains
types sont davantage copains avec tels autre types, certains galvanisent les foules… ou les autres catcheurs. Cas pratique : notre numéro 1, le très charismatique CM Punk, a su rallier ses potes de la Nexus (comprenez la guilde du coin) pour virer tout les autres et ainsi s’accapparer le profit. La domination n’as pas évidemment été totale sinon le show aurait été complètement plat mais le premier entrant est celui qui est resté le plus longtemps sur le ring, ce qui fait un petit chiffre anecdotique et croustillant! Le brave monsieur Punk a donc dominé le Royal Rumble avant qu’un autre petit effronté vire ses petits potes un à un, avant de lui même se faire sortir les pieds devant par Jon Cena, que j’imagine être la nemesis du type.

 A malin, malin et demi puisque le même John Cena se fait sortir en toute fin de course pas un type en costard qui passait par là avant de se barrer du ring façon cartoon. C’est légal? On s’en fou! Il y a des règles officielles mais pas de limites : le catch permet tout et concrétise les fantasmes les plus dingues des fans –
destruction/implosion de ring, séjour aux enfers d’un catcheur (ça rigole pas putain), atterrissage de soucoupe volante OU impromptu du Miz qui fait le petit malin et gagne mon respect. C’est n’importe quoi, c’est le catch, c’est formidable, vive l’Amérique.

 Je parlais tout à l’heure du jeu d’acteur des protagonistes… les catcheurs ont beau être musclés et afficher des angles saillants qui vont bien avec leurs tronches rarement mal faites – ils ont aussi une certain génie dans leur jeu. Partons donc du principe qu’ils connaissent leur numéro à l’avance, sur le bout des doigts – ordre de sortie, gimmicks à sortir, chorégraphie… et tout ça sans filet. Leur objectif est aussi de produire le spectacle, de faire un peu d’animation et tout se base aussi sur des expressions démentielles. Prenons un instant où un catcheur entends la musique d’entrée de son rival : X doit automatiquement faire une tête terrifiée. Pas la vraie terreur sincère et crispée, une vraie tronche éberluée avec ouverture maximale des paupières et tout le tralala. Ca fait tout drôle de voir des bonhommes comme ça faire semblant de se caguer dessus toutes les cinq minutes. Ce balancement entre les attitudes constitue une sorte d’ironie qui constitue le gros du comique du show : rien de plus drôle de voir un catcheur inconnu faire le kéké cinq minutes en rentrant sur le ring, pour s’y faire expulser en règle quelques secondes après.

albertodelrio.png Le show doit être rythmé mais nous, pauvre téléspectateurs, ne pouvons pas toujours suivre cinq bastons à la fois et les catcheurs ont une super astuce pour nous faciliter le travail : le décès sinusoïdal. Comprenez pas là que dans un souci de clarté, très souvent des candidats se prennent un pain et restent sur le ring en
train de décéder pendant des heures
avant de se relever et de finir le travail. Il y a quelque chose d’hilarant à voir trois mecs sur ce carré, tous en train de faire semblant d’agoniser juste parce qu’ils sont sensé attendre leur tour dans la grande chorégraphie de l’ordre de sortie. Ca prends des proportions parfois improbables : quand le gagnant est déclaré, on voit un gus re rentrer légitimement sur le ring via faute d’arbitrage. A partir de là c’est le grand instant guignol : l’un fait semblant de ne pas le voir pendant une bonne minute en faisant des grands signes à la foule pendant que l’autre attends sagement et fait de signes absurdes, manque que les gosses pour gueuler leurs instruction au « gentil ». Un mec pourrait se faire cuire un cassoulet sur le
ring, ça pourrait éventuellement passer… si il le fourre dans le crâne d’un autre après! Car à chaque fois, il faut des petits évènements périphériques, le show ne peut PAS être tout gentil et linéaire, il doit y avoir un peu de bazar, d’arbitrage raté, d’entorses aux règlements, l’émeute, LES ZOULOUS DEBARQUENT et tout s’est bien terminé dans l’amour et la débauche fortunée d’Abelto Del Rio, grand type visiblement classieux et fortuné que je connais via le fétiche de certains fans. *Clin d’oeil*

Sinon, que dire, que dire, la la laaaaaa… ben y’a une amusante diversité dans cette bande zouaves! Déjà, ils sont tous beaux mais ça c’est un gimmick parfaitement américain, vous ne trouverez jamais d’acteurs calvitiques. Ils sont de nationalités, de poids et tailles très différentes – le Royal Rumbles vous permettra peut être de réaliser quelques fantasmes très cachés parce qu’on a par exemple vu Hornswoggle – sensé être un petit lutin irlandais, vous savez comme dans les Simpsons – s’en prendre quelques une dans le gras
de son mini-bide. Les commentateurs de dire « HOOOOOO COMMENT CA SE FAIT PAS HOOOO » et c’est tellement plus rigolo quand c’est une montagne de deux mêtres qui lui fout un coup de pied. Rassurez
vous, il va bien hein, c’est pas le premier catcheur qui s’en prends une puisque la plupart des grands actants des fédérations passent leur temps à être blessés ou à assassiner leur famille (et je ne comprends jamais si c’est vrai ou pas, ce monde est tellement hors des contraintes du pragmatisme)  

 Je précise un peu gratuitement que le casting est intégralement masculin mais la parité s’équilibre un peu avec les matchs préparatoires, de chauffe ou dit « de divas » ou on voit probablement des nanas se battre dans la boue façon clip d’Era mais j’étais pas là, j’étais au très cheap restau du coin et je veux que vous sachiez que c’était pas très bon et que ça puait la peinture fraîche. Tant qu’à faire dans le random, j’ai toujours voulu boire un verre au Fouquet’s, je crois que je vais faire ça. Hein que quoi c’est hors sujet? Même pas, il est tellement foutraque.

cronawhat.png

 Non mais je suis peut-être un peu méchant mais là je fais juste tout ce que le catch ne nécessite pas : l’analyse. Je ne passionnerais probablement pas pour le « sport » régulier en tant que tel mais un spectacle aussi dingue, voire tout un ensemble aussi galvanisé et sérieux dans son travail de show-off… c’est vraiment quelque chose. C’est pas si différent que les Survivor et consorts, avec la part scénarisée totalement assumée. Bref, excusez moi, je m’en vais voir un film de Gladiateurs. Pardons à tout les pros du sujet qui seront morts d’étouffement face au coté totalement incomplet et mal documenté de ce post CAR ON DECONNE PAS AVEC LE CATCH NON MAIS HEIN SERIEUX TOTAL.

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4 Responses to Amour courtois sur un ring

  1. Amo says:

    Ce Rumble était de base tellement particulier de toute manière ! Y’avait nettement un gros découpage de PRESTIGE entre les 25 premiers (en gros qu’on peut résumer à « CM Punk, 4 mecs de la Nexus
    et 19 mecs qui vont se faire virer pour montrer que la Nexus bah c’est pas des nazes ») et toutes les grosses stars à la victoire « légitime » qui rentrent non stop sur la fin, c’est un peu étrange.
    Et plein de petits codes brisés – par exemple l’entrée de Ziggler et Orton alors qu’ils ont eus un match avant, ce qui est évité habituellement, les catcheurs de la soirée faisant rarement
    doublon-, sans oublier le coup final, avec Santino-qui-passe-sous-la-corde-du-bas-du-coup-il-est-pas-éliminé, ce qui avait été JAMAIS exploité en 21 ans, de manière presque incroyable vu le
    potentiel de l’idée !

     

    Après y’avait encore plus de trucs tétra kiffants pour quiconque est à fond dedans. Par exemple l’entrée du n°21, Booker T. Pour le quidam moyen c’est un candidat comme les autres, pour moi
    c’était le retour à la WWE d’un mec qu’on avait pas vu depuis cinq ans. Et le truc le plus génial ? Personne était au courant de son retour.

     

    Bon je peux en dire des tonnes sur ce Rumble mais c’est vraiment mon gros kiff catchesque de l’année, je pourrais parler pendant des heures de celui-là ! Je regrette juste qu’ils ont, pour la 5e
    année de suite, joué la carte du « c’est un mec qui entre dans les derniers qui gagne », alors qu’habituellement c’est souvent équilibré… (le n°30 a mis 18 ans avant de gagner un
    Rumble.)

  2. K says:

    Quoi! « pour de faux » ! c’est un scandale!!!!!!! nan je deconne! ^^

    Article bien marrant ! et moi aussi depuis septembre je déconnecte mon sens critique 2 fois par semaine et je profite de ce théatre dans ma petite tv ! =)

     

    Kuratosu (qui a 2 idées d’AMV ! )

  3. Garland says:

    Il faut dire que pour comprendre ce joyeux bordel, et les amitiés-rivalités entre les acteurs… euh pardon, catcheurs qui se foutent sur la tronche, il faut obligatoirement regarder la série
    télé qui va avec…

    Oui oui, j’ai bien dit série télé! Le catch n’est pas « une émission sportive », mais une série télé, avec un numéro d’épisode, un « scénario » plus ou moins sympa à suivre, et qui se poursuit
    pendant des mois avant de s’éteindre.

    C’est comme ça que j’ai regardé RAW et Smackdown pendant plus d’un an et demi, avant de lâcher prise, sur NT1. Rigolez si vous voulez, tant que le « scénario » derrière nous semble plaisant, ça
    suffit à nous faire continuer à regarder… C’est pas pire qu’être attiré par les Feux de l’Amour ou Plus Belle ta Vie…

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