Daily Archives: 9 février 2011

Neoclassique punk zydeco rockabilly

Hey hey bande de lecteurs, vous aimez la musique? Bien sûr que vous aimez ça. Même si j’ai de temps en temps deux trois barjos qui disent ne pas en écouter spontanément dans les commentaires, on est bombardés quoi qu’on fasse, qu’on apprécie ça ou pas mais je suis sûr que même si vous êtes globalement hermétiques à ce très noble art je suis sûr que vous avez un domaine musical de prédilection bien caché quelque part. Les profils, vous les connaissez bien : le mec en peignoir rouge qui écoute du Vivaldi en savourant son délicieux pinard, le wesh wesh qui lourde tout le monde dans le bus avec son hip hop tout droit sorti du portable sans écouteurs voire même le jeune ado métalleux dingue de classic rock. Je simplifie les choses (je ne sais pas si ça c’est vu) mais il n’empêche qu’on aura toujours tel ou tel genre de prédilection et que le reste ne vaudra pas grand chose parce que c’est bien connu, vos goûts musicaux sont les meilleurs, les autres ont juste TORT!

 Et pourquoi choisir, pourquoi ne pas tout prendre, y’a-t-il des gens qui brassent un peu dans l’intégralité de ce que les ondes peuvent offrir tout en le faisant bien? Non, mais ce groupe nommé The Go! Team s’y approche dangereusement. Cette formation de Brighton est super hétérogène, à tout les niveaux : six membres, trois filles, trois mecs, deux japonaises… tout ça fondé par le très foutraque Ian Parton qui enregistre son premier EP en 2004 avec trois câbles et une gratte. Il s’entoure d’une rappeuse-Ninja (c’est son nom, si si) de deux batteurs, d’une autre voix féminine, chaque membre du sextuor occupe trois ou quatre rôles différents dans les enregistrement… et la vocation très bruitiste de la formation permet une liberté totale : guitares au tremolo picking, samples, clochettes, cuivres, bruits et machins divers – ils savent à peu prêt sortir n’importe quel son à eux six. Ca tombe très bien parce qu’au delà de ce melting pot humain il décide d’aller à mi-chemin entre pop et rock, de trouver ce compromis et d’aller vers ce nouveau genre (Ian Parton se décrit comme « medium-fi », allez comprendre) sur lequel on collera peut être un nom dans quelques temps. Ce post est vraiment fait pour que vous alliez faire un petit tour sur Deezer ou autre, c’est vraiment décrire de l’abstrait!

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 Tenez, en 2004 sort leur première galette, « Thunder, Ligntning, Strike ». La toute première piste, Panther Dash, pose bien les bases. Battements de baguettes et hop, on est directement transporté dans un espèce de western, on se dit toujours « WOW! ACTION » à juste titre. Il faudrait coller cette étiquette, de « l’action music », ça sonne pas si mal… bref un petit gimmick exploité encore et encore, extrêmement guitaristique, soutient à la flûte et très peu de voix. Ca dure deux minutes trente, c’est extrêmement BADASS. Tout de suite après, autre piste culte : Ladyflash. La encore, exposition de la grille, du riff, aller retour entre deux formules entre guitare et cuivre. Petite nouveauté très identitaire, ce son « cheerleader » comme si effectivement une troupe d’ados soutenait le bazar. C’est pas si mal que ça, ça met pas mal de pêche derrière… et le temps d’y penser apparaît du scratch et des jingles qu’on croiraient sortis des années 60! Là ça tient sur 4 minutes, c’est tout aussi structuré et la sortie est un petit délice.

On saute deux pistes moins mémorables pour se catapulter dans Get It Together – le fameux morceau utilisé dans Little Big Planet qui m’a fait grincer des dents façon « gnngnn jepensaisêtreleseulàconnaitregn » ultra prenant dès ses cinq premières seconde avec son unique note de gratte, réverb à fond (un gros réflexe de mettre UN truc très court et très sympa en exposition. La suite, vous la connaissez, cette fameuse ligne de flute et tout le bazar incroyablement sympa et optimiste qui suit. Tapez donc ça quelque part, si vous ne reconnaissez pas vous en aurez pour votre non-argent et c’est encore un instrumental! (C’est également la bande son de l’Impossible Quizz 2, c’est grâce à Splapp Me Do que j’écris ce post là tout de suite)

Après une autre piste qui fait très SuperBowl, Junior Kickstart arrive et botte des culs. Comment ne PAS imaginer être sur un cheval en train de galoper dans la pampa en écouter ce morceau? En tout cas, rien de statique, c’est héroïque et très, très énergique, impeccable pour commencer une journée. C’est le premier EP
du groupe, la matrice originelle du bazar… et masculine, de surcroît. Quarante secondes de transition étrange et hop, Bottle Rocket pose son ambiance dansante dès le début eeeet on entends enfin la fameuse Ninja aux paroles toujours très… changeante. De toute façon on s’en fout, c’est davantage une question de débit que de contenu. Derrière, c’est cuivres samplés toujours sur le même rythme polka un peu débile mais tellement sympa. Solo d’harmonica dans vos faces et on reprends deux ou trois fois la formule avant d’en finir. Deux trois autres pistes et voilà le grand best off instrumental final, Everybody’s A Vip To Someone. Intro au banjo, trente pistes différentes vont s’aligner pour imiter une sorte de générique télé rétro… et tout ça va lentement se transformer et reprendre le gimmick de Ladyflash, on en a fait le tour et c’était génial. Foutraque, sans identité précise… mais démentiellement innovant, paradoxalement. Soyons improbables : cet album est une grosse machine à laver musicale, voilà pour la postérité, et c’est SUPER BON.

 Trois ans plus tard et moult tournée du groupe (très, TRES axée scène d’où la chute du post) sort la deuxième galette, Proof Of Youth. Toujours pas de logo, pochette au collage un peu strange mais on s’en fout et on écoute Grip Like A Vice. Tiens, c’est le même esprit… mais en différent! Après tout ça parait un peu logique, quand on cultive l’aléatoire… on se retrouve avec plusieurs pistes. Là aussi des boucles, des samples et des bruits, du rap pas chiant mais c’est un peu moins accessible, un peu moins simple à aimer. On retrouve ce fameux son de gratte saturée et furrrrrrieux comme le (comparaison au choix) – la suite logique de ce morceau c’est l’avant dernier, Flashlight Fight, nom un peu inutilement redondant pour la prestation sympa d’un rappeur inconnu au bataillon. Toujours très sourd, percussif et dingue, rien d’autre à dire. On remonte un peu les pistes pour se mettre l’excellent The Wrath Of Marcie, là aussi bon best off des gimmicks du groupe. Les deux filles y chantent et se donnent la réplique et je suis secrètement jaloux de la capacité de Kaori à chanter tout en étant automatiquement accompagnée de son équivalent… à la flûte pipeau façon collège! Très prenant, très sympa, on se repose un peu avec un pont en arpèges et toujours de la flute derrière… écoutez bien ce passage, imaginez du xylophone derrière, c’est cool hein? Il ne l’ont pas fait parce que le truc est suffisament chargé comme ça. Couplet – refrain – couplet – refrain – outro et harmonie de flutiaux parce qu’on déconne pas chez The Go! Team!

Cet esprit est tellement… louable. Tout est mis sur le même plan, rien n’est mis en valeur, tout peut apparaître dans la piste et on décèle encore des trucs à la énième écoute! Patricia’s Moving Picture fait elle aussi une conclusion best-off, un instrumentale à la progression un peu nostalgique, ça sonne vraiment comme un « au revoir ». Ca aurait été en milieu d’album, le malaise aurait été palpable! C’est une émotion rare… et il a EFFECTIVEMENT fallu être patient pour attendre une suite. Les faces B n’ont jamais été leur fort et les choper en France c’est un peu comme tomber sur un Pokémon Shiney : il apparaît une fois en cinq ans et tu l’as déjà tué!

 Cela faisait donc trois autres grosses années où j’attendais un peu fébrile une nouvelle grosse production de cette formation. Sans vraiment savoir à quoi s’attendre (parce qu’au final le deuxième album est comme un concentré d’un aspect du premier) mais juste à une musique très innovante, nouvelle… et démentiellement positive. Lâchez vos Xanax, écoutez The Go! Team, tel devrait être le message publicitaire à la mode à la place de cette pub très second degré ou deux mecs s’esclaffent sur leur dernière virée sous champignons…

nani-copie-1.jpgParce que dans la famille Gorgon, on aime aussi la musique, les choses simples et la dissection

   Et Et Et le miracle est enfin arrivé en Octobre dernier. Une première piste, un nom – Rolling Blackouts – et une date, trois foutus mois plus tard. On lance, pas de surprise mais c’est toujours aussi bon Deuxième piste relâchée mi- décembre… WOW, explosion des sens! Je fonctionne de quatre façon différentes en écoutant de
l’inconnu : « J’aime pas, j’aimerais jamais » « Pas mal, pourquoi pas » « Je n’arrive pas trop à me souvenir de ce que c’était mais c’est vraiment bien, coup de coeur potentiel » et « OMG ! <3333 » – la quatrième catégorie a été effectivement deux fois! Deux fois sur DEUX! Une année en arrière, le troisième album de Gorillaz (même vocation, même disco, même coin) était déjà complètement niqué. Fin Janvier, la galette est là, j’ai presque héroïquement réussi à éviter le streaming de l’Album…

 Ca commence super cash avec T.O.R.N.A.D.O., ce morceau qui avait inauguré le baromêtre. On sent que les gugusses ont fait le plein de bruits tout nouveaux et partagent leurs dernières découvertes : rythme bancal comme on les aime, pêches musicales ici, là, trompettes qui viennent augmenter la badasserie du truc, bref j’ai déjà donné mes deux trois impression sur ce morceau. Ca commence bien, rien de bien épatant à ce stade mais la recette marche toujours. Secretary Song… fait très japonais! C’est une impression franchement renforcée par le clip et la chanteuse mais avouez que tout est sensé évoquer le quotidien … sucré et sympa (???) d’une working girl de nos jours. On va pas exploiter les clichés jusqu’à mettre des gongs en fond sonore mais on sent qu’ils ont rongé leur frein! On dodeline de la tête, on se demande si la J-Pop s’approche de ça… rien de rock dans la démarche et OMONDIEU apparition discrète d’harmonies, ce petit détail que l’ami Ian hésitait tant à mettre. Effectivement, il est devenu papa depuis, il s’est peut être ramolli. L’ambiance est là, c’est agréable, tout va bien, on est habitués à cette utilisation un peu étrange de femmes en train de gueuler depuis longtemps. Un dernier « Oooh »… et Apollo Throdown débarque de la façon la moins discrète du monde avec sa fameuse exposition du sample fatal! Ninja rappe, derrière c’est de la clarine et cet aller retour super angélique au synthé. Angélique, que j’aime ce mot… et ça tombe bien parce que tout fait « Bande Son de Sonic » dans ce morceau, tout se veut froid, électronique, repérez bien les petits « Tiooooooouu! » de temps en temps, c’est génial sans être abusif. Le mix continue et paf, refrain. Je comprendrais que des gens détestent la suite mais… ce coté méga incompréhensible des paroles et des voix me plaît bien. La basse est délicieuse (et change à chaque refrain) et toujours cette ambiance très…cristalline, vous voyez ce que je veux dire? C’est un peu Noël à la bourre et hop couplet suivant avec cet aller retour, un peu l’idée du siècle. Après, le morceau progresse et s’étire logiquement… jusqu’à la fin qui n’exploite que ce fameux son fort omochi kaeri. 

 Ready To Go Steady! Une voix inconnue, une guest star! La gageure rapoïde de l’album est passée, on est de retour dans la pop pas compliquée mais toujours plaisante. Refrain tout con, pas péteux, harmonisé, ce morceau est étonnament simple au vu de l’historique du groupe. Rien de bien grave, c’est excellent, on tape dans ses mains spontanément, c’est formidable. Bust Out Brigade nous laisse trois bonnes secondes pour piger la suite : ça va être instrumental et on retourne à cette ambiance totalement débridée et jazzy, à fond les cuivres, comme d’habitude – on ajoute même du glockenspiel qui fait presque trop mignon dans le contexte, comme si c’était pas assez viril et musicalement fort. L’intention ne devait pas être là mais ça m’évoque pas mal les férias estivales, le rouge dégueu en moins – de la fête, beaucoup de chaleur, cet esprit d’équipe et de fanfare. E-N-E-R-G-I-E!

 One, two, three, four, vous aurez peut être reconnu la chanteuse de Best Coast qui prends la parole dans … putain, Buy Nothing Day. Après avoir écouté ce morceau pour la première fois mi-décembre (et après une journée très optimiste, comme un succès débloqué, une grosse récompense) j’ai passé la moitié de la journée à écouter ce qui ferait le single du siècle en boucle, encore et encore… jusqu’à aujourd’hui. Déjà là voix de miss Bethany est un pur délice, de l’autre ce morceau dans un contexte pré-Noël est d’autant plus efficace puisqu’il reprends ces réflexes de carillons, de musique décomposée… tout y est ultra efficace, à commencer par ce fichu refrain! La chanson aurait durée huit minutes, m’en serait foutu, probablement. Le refrain est happé par cette super accroche très percussive – on entends un peu la grosse caisse, c’est assez nouveau) et vas-y que je t’entoure la piste encore et encore » où tout pue la perfection pop! TOUT! Arpège de guitare génial, chant adorable et harmonisé très haut (ça s’entends plus dans le deuxième) – même la suite et le Don’t Blame… fait très musique pour ado avec ses pêches en power chords mais que voulez vous, j’y suis sensible! Ca vole très haut, ça donne un optimisme incroyable, t’as envie de tout aimer, de tout faire, c’est super efficace. Petite transition façon « vent du grand Nord » (LA piste de The Go! Team qui sent la neige étant, mécaniquement, The Snow Storm) et on se noie dans ces petits « lalalala », tout va toujours aussi bien et hop refrain final un peu mélancolique, écoutez bien la gratte qui se déplace vers les aigus, c’est très subtil mais ça change directement l’ambiance! Et donc question terrifiante : si c’est chanté par une guest, comment il la refont sur scène? Gloups

 Je pourrais arrêter là pour la forme tant ce morceau m’a fait atteindre des plaisirs musicaux inexplorés. Bon pour la forme, Super Triangle est un morceau très transitoire dans l’esprit instrumental du groupe et il ne dure qu’une minute trente. Les tout débuts de Voice Yr Choice ont l’air un peu pourris… mais c’est plus ou moins un faux ami. En fait, quand Ninja rappe plus lentement, c’est moins agréable! Ca fait plus naïf dans un cadre qui ne l’est pas tant que ça. Là aussi une belle collection de bruits cosmiques mais l’aspect vaguement « slogan, mantra » ne crédibilise pas vraiment le truc – c’est pas grave et on oublie. Yosemite Theme instru-cuivres-rétro comme toujours avec un peu de harpe, à écouter les yeux fermés, cette piste nous prends pas mal au piège! « Ho non, c’est redondant, on a déjà entendu ça trente fois dans les pistes précédentes » et en fait pas du tout, plein de nouveaux éléments, des cloches, des guitares slidées façon hymne Hawaien et sortie en boucle, pour pièger ceux qui penseraient qu’on a changé de piste. Le changement ont chope bien avec The Running Range qui, pour le coup, fait vraiment inédit à l’échelle du groupe. Impeccable à écouter derrière une séance de Red Dead Redemption (ou dans le métro qui défile) et hop deuxième guest star dont le nom m’échappe. C’était donc ça, c’est la patte venue d’ailleurs, décidemment, ça les bonifie. Ca part un peu partout, le machin devient relativement doux et acoustique dans une piste où la basse fait tout. Lazy Poltergeist est une transition au piano au son volontairement ébreché, tout droit sorti du tourne disque d’antan. Allez, pourquoi pas. Rolling Blackouts (ils ont enfin succombé à la tentation du titre éponyme! Danger! Matérialisme! Justin Bieber!) est susurré de manière un peu anxiogène comme si une nana venait te le chanter directement dans les oreilles. On quitte un peu le mode majeure pour quelque chose de plus mesuré, en demi-teinte, c’est à deux doigts d’être triste mais en fait un peu moqueur et jouant pas mal sur les dissonances. Très bon point… ça fait un peu Fugazi content et féminin, pour le coup. Le bazar peut se targuer d’être assez varié dans son approche et se conclut sur – décidément – de la gratte égrenée, dans la pure tradition. Hé oui, les arpèges, ça séduit, c’est vieux comme le monde. Du coup, Back Like 8 Track prends il ce rôle d’examen terminal, de piste best-off? Pas vraiment… parce qu’il n’est pas instrumental! Il alterne la fanfare, les sonorités jazzy et fout des clappements de main un peu partout! Un dernier mode de notes répétées à fond et c’est déjà fini, on se retrouve dans trois probables autres années.

2735288932_5cfda3b9ec.jpgTroisième album qui change donc à peine les choses MAIS qui se radoucit pas mal dans son approche, qui hésite pas à trifouiller avec des sonorités un peu sorties de nulle part et et et deux trois pistes qui sauteront aux oreilles de tout le monde, selon les individus. C’est toujours aussi bien et JUBILATOIRE, EN MAJUSCULE PARCE QUE C’EST RARE DANS CETTE EPOQUE DE DEPRESSIFS LES PETITS AMIS. Pourquoi vous croyez que le tome quatre de Scott Pilgrim s’appelle comme ça? Hein? Hein? HEBAVOILA.

Enfin, l’une des finalités de ce post était de vous prévenir qu’il débarquent bientôt faire un petit tour sur l’Hexagone fin Mars à Strasbourg, Rennes, Angoulême et… Paris, à la flêche d’or. Un concert sera un peu lêger pour un compte rendu mais je vous recommande chaudement d’aller y faire un tour, c’est peanuts. J’y serais, et en rentrant je mettrais un bon gros golden seal of quality dans ce post. J’ai hâte, j’ai hâte.

/in b4 réaction muettes un peu étonnées

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