Daily Archives: 21 janvier 2011

Tout le monde est heureux sous l’océan

  Le poête disait « Les reflets dont on voit les mers claires qui dansent le long des golfes d’argent » ce à quoi je répondrais « Putain, Bioshock c’était vraiment pas mal. » J’ai l’impression de déterrer quelque chose et de faire un post inutile car c’est quand même d’un jeu vidéo de 2007 qu’on parle (mais hé, Janvier Nostalgie)
mais voilà ça me permettras de faire un post que personne n’osera commenter parce … qu’il n’y aura rien à dire! Le contenu va être incontestable! Même un type qui a une mauvaise expérience des FPS à aimé cette chose. Dans le contexte, ça aurait été probablement plus efficace surtout au vu des très rapides baisses de prix mais ouais, Bioshock est un foutu bon jeu. Je lance une bouteille à la mer (*implosion de rire*) : si par hasard vous seriez un poil tenté par ce rattrapage et qu’en plus vous aimez le genre, ce post est pour vous. Sinon, attendez la suite mais ça sera aussi un truc des années 60, teasing teasing.

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 Bioshock est donc l’un des derniers opus d’une longue série dont je ne sais absolument rien si ce n’est cet amour de – attention expression que j’emploie de façon bien aléatoire – l’univers steampunk et c’est tout ce qui nous intéresse. Ca fait à peu près … trois ans que je tourne autour du jeu parce que sa simple pochette me
fascine. Si, vous savez, la « murale » – je la trouve surclasse et chacun sait que les pochettes font les bons jeux. Parfois.

 Enfin trêve de conneries, ce jeu est loin d’être rigolo. Plutôt glauque dans le scénario, dans le gameplay, à pas mal de degrés de lecture, c’est un truc bien violent et parfois gentiment gore mais je suppose que vous êtes habitués à défoncer du zombie à la mitraillette camembert. En revanche, voir divers cadavre empalés dans une démarche quasi « artistique »… est autre chose. Je prends un peu trop d’avance, posons les bases… pour une fois, il vaut peut être mieux foncer dans ce genre d’univers à l’aveuglette. A chaque fois qu’on commence un jeu de ce genre, son cadre est presque toujours « parlant », on sait à l’avance dans quoi on va se fourrer. Bioshock, en tant que titre, ça n’évoque pas grand chose. Son ancienne pochette non plus, d’ailleurs… tu reçois ça en tant que cadeau sans en avoir entendu parler (improbable mais bon) – tu met la galette dans ton engin. Menu un peu pourri et lancement d’une nouvelle partie… cut scène où le héros, Jackohn de son prénom (deux phrases en début de jeu, après c’est le mutisme total façon RPG) prends l’avion vers une destination inconnue, comprenez, la flotte façon Oceanic Airlines. Vous prenez donc le contrôle du personnage qui se débat dans l’eau, vous vous échouez lamentablement sur un bâtiment qui se referme sur vous… qui débouche sur un bathyscaphe… qui débouche sur RAPTURE, une citée immergée. Et ouais, et ouais, et ouais, ça pête, ça surpête même. Rapture est donc une cité utopique fondée par un grand magnat du pétrole (j’en sais rien mais comprenez par là qu’il est riche et puissant) nommé Andrew Ryan, homme au culte de la personnalité visiblement très développé. Vous voyagez donc dans l’eau… et cette cosmétique,
cette palette graphique, ce son… mais oui! Nous sommes bien en pleine capsule temporelle : si leu jeu se déroule vers 1960, Rapture est en plein dans la fin des années 50. Des néons, des affiches limite soviétiques stylisées, tout ça respire le charisme… quel est le génie qui a eu l’idée d’associer deux aussi bons concepts? Seulement tout n’est pas rose et sympa, n’imaginez pas vous prélasser en peignoir en buvant un petit scotch – non ici bas à Rapture tout le monde est devenu maboule, les habitants sont devenus zombis et berserks, tout le monde est à la recherche de ce précieux « Adam » que les gens massacrent pour récolter… à peine arrivé, vous assistez à un meurtre sympa et un certain « Atlas » vous sauve la mise avant de vous guide par radio. A partir de là, dans une optique très « semi linéaire », vous allez vaquer de mission en mission, pour aller rejoindre votre sauveteur providentiel, dans un premier temps. Vous allez vous injecter des liquides qui vont modifier votre ADN, vous allez croiser des « petites soeurs » et des « Bigdaddy/Protecteurs/MôssieurP » en armure, bref la grande marade aquatique, sous l’océan, sous l’océan…

 Le pourquoi du comment, il va falloir comprendre et apprendre sur le tas. Très souvent, de manière plus ou moins simple, vous trouverez des enregistrements audio. A partir de là, vous suivrez les dires d’un certain nombre de personnages, parfois sympas, parfois de vrais salauds, vous trouverez parfois les derniers mots de X à coté du cadavre de X ce qui a toujours un impact pas dégueulasse. Si vous ignorez tout ça (et c’est peu probable) vous n’aurez que la trame principale sans allez dans aucun détail, ni aucune véritable
explication. Autant vous le dire, le scénario de Bioshock est … surprenant. Dans le déroulement d’une fiction, je fais souvent mon petit malin en voulant savoir ce qu’il va se passer et le jeu se permet des figures imposées franchement couillues mais évitons de spoiler quoi que ce soit, je vous prie. Il faut juste se dire qu’un très grand soin est apporté à l’histoire, à l’immersion… chose qui récompensera une attitude toujours très zélée : les différends niveaux sont assez grands mais le scénario n’implique pas de tout farfouiller méticuleusement. En revanche, si c’est ce que vous faites, vous tomberez sur la plupart des enregistrements, vous maîtriserez une plus grande part de trame et surtout… vous vous faciliterez les choses niveaux gameplay.

 Transition quasi Ovidienne pour évoquer comment marche la chose. Etant allergique au genre, on peut noyer le poisson (*deuxième vague d’implosion de rire*) en disant que le jeu est un peu hybride et mêle habilement FPS et… RPG. MAIS COMMENT SE FAIT CE DONC?  

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 Le truc c’est qu’il faut pas se mentir non plus : c’est un fps. Ca c’est acquis, indiscutable, bon. Le deuxième truc c’est que vous n’allez pas pour autant passer votre vis à purger des aéroport : d’un coté vous avez les armes, récupérées au fur et à mesure de l’avancée du scénario (clé à molette, puis pistolet, puis fusil à
pompe etc) MAIS vous avez une seconde aptitude, donnée par ces fameux plasmides que vous vous injectez comme ça cash dans le bras. Vous … lancez des éclairs! Puis des flammes! Puis des abeilles! Autant de capacités spéciales que d’introduction stylisées fifties avec la voix de gamin rétro bien cliché (on est pas encore dans le niveau des films de Read Dead mais je pinaille) ça c’est le paquet de base, mais les plasmides sont aussi des capacités passives qui augmentent vos autres aptitudes, piratage, discrétion, etc etc. On les trouve un peu partout… à moins de devoir les acheter! Au même titre que certains emplacements de plasmides, ou des extensions de santé/mana eve! Pour trouver tout ça, il faut de l’Adam et l’Adam se trouve dans les … petites soeurs, toujours gardées par… un Protecteur, scaphandre vivant maousse costaud. Il faudra donc vaincre la grosse bête pour faire un CHOIX : MANGER la petite soeur et récolter MOULT Adam, la sauver et s’en tirer avec le tiers. (Sachant qu’on vous promet une éventuelle compensation, sans être sur de rien) – petit choix pas évident à faire, à faire selon votre instinct. Difficile de résister à ces petites bouilles mais l’Adam est précieux, surtout en début de partie. Deuxième effet kisscool : ce genre de choix moral va… influencer un peu le jeu et vous donner une fin… ou une autre fin. Là aussi, il va falloir être rigoureux sinon c’est peut être quelque chose de déplaisant qui va vous être imposé. Je parle dans le vide mais tout ça pour dire que les éléments de RPG, ce sont CA. De la santé, de « l’eve », une gestion des capacités et des petits choix moraux. C’est effectivement ce que l’on peut appeler « un RPS contenant des éléments de RPG ». Banco!

 Cette duplicité, liée à une grande vasteté du terrain de jeu (vous savez, moi aussi je sais quand je sors une énormité syntaxique) offre pas mal de possibilités. Il n’y à AUCUN carré vide de meubles dans Rapture, tout est extrêmement fourni. Tout se fouille, se vide, s’expérimente, placards, caisses, frigos… et on y trouve de tout : chips dans les toilettes, etc. Quelques pansements, de l’alcool partout, de l’argent en pagaille à dépenser dans les distributeurs ou les armureries. De temps à autres vous croiserez des « Power to the People », des modules uniques qui amélioreront l’arme de votre choix : providentiel. Une caméra vous repère? Robot de sécurité mitrailleur dans ta face? Une tourelle sens ta présence? Roquette dans le bout du groin. On ramasse des éléments, on bricole de nouveaux objets avec. Chaque machine est piratable et offrira des choses supplémentaires si vous les gagnez à votre cause : il faudra résoudre un petit mini jeu/ puzzle… ou utiliser un module de piratage automatique… ou acheter l’objet. Une porte cadenassée? Le code est dans un élément du décor ou dans un journal audio. Diantre, même la façon de buter tout ce qui bouge est vastissime, on rentre dans des combinaisons à la Worms! Enflammez un gus, attendez qu’il aille se mouiller pour électrifier la flotte. Vilénie! Encore mieux : percez une bonbonne de gaz et envoyez là se faire exploser dans trois ou quatre mob. Encore plus vilain et tellement satisfaisant.

En revanche, si le jeu vous propose de choisir une difficulté, cette dernière… souffre peut être d’un souci de dosage. Le début du jeu et son premier cinquième vont être trèèès pénible si vous ne faites pas les bons choix stratégiques. Il faut juste « catcher la wave » et monter dans le train exponentiel où vous manquerez plus d’argent ou de munition mais dans le début du jeu et surtout contre le premier boss (que j’ai affronté avec le QI d’un verre d’eau salée) peut se révéler particulièrement pénible. Heureusement, la mort est optionnelle : les vita-chambres sont un excellent prétexte pour mettre des check points où la seule perte est votre santé. Bonne idée pour ceux qui n’ont pas encore le coup de main! Bien viser et avoir les bons réflexes peut prendre du temps… surtout quand vous n’axez pas tout votre gameplay autour de la clé à molette (qui devient atrocement cheatée si vous faites tout pour) les ennemis sont TRES costauds et parfois TRES chiants à buter, surtout quand entourés de trois ou quatre tourelles. Les Protecteurs sont placés de manière aléatoire dans les niveaux et tuer les deux trois premiers va être une TORTURE… si vous estimez que vous ne repasserez pas plus tard, évidemment. Dans le dernier tiers du jeu, les ennemis gagnent le double de santé… y’a-t-il une explication? Non! Est-ce qu’il en fallait une? Non plus, mais foutre ça de manière plus progressive, là ça tombait vraiment comme un cheveu dans la soupe. D’un écran à l’autre, c’est un peu trop voyant.

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 Bioshock a beau ne pas être récent du tout, il est super beau. Rapture pourrait être une ville à l’ambiance répétitive… ben oui et non.
Oui il y a une ambiance métallique au possible prédominante (et j’adooooore tout ce qui est à base de rouages, de vapeur, de jets de lave) MAIS il y a pas mal de moments de bravoure, entre une forêt artificielle et le très débauché Fort Frolic tenu par le MAXI DEBAUCHE Sander Cohen. Réfléchissez bien de ce que vous faites avec lui par ailleurs, il pourrait être l’homme qui vous obligerait à refaire une partie pour avoir certain succés. Bref on patauge, on a très souvent les pieds dans l’eau, on navigue dans des tubes façon Earthworm Jim où tout respire le vieux malt et le président Eisenhower. Graphiquement, c’est très beau, ça ne rame pas pour un sou et la fluidité du jeu est exemplaire. Pour le son c’est autre chose : vieux disques (vous serez soit épatés soit morts de rire par la toute première musique qu’en entends dans le jeu à base de vieux classiques, il me semble même une fois avoir entendu un mob chanter The Amazing Grace, bref bref. Certaines séquences peuvent être un peu « sonores » alors ne mettez pas votre caisson de basse : j’ai fait des séquences de jeu un peu trop longues et ça m’a valu une ou deux migraine accompagné d’une certain irritabilité. Joue à Bioshock trop longtemps abrutit un peu mais c’est la mêm chose pour n’importe quel jeu, surtout à refaire et re re faire telle ou telle séquence un peu chaude à passer. Ce sera rarement le cas, de mon coté ce fut bouclé en deux semaines et une quinzaine d’heures de jeu. Pas mal et on a pas envie d’aller plus loin, on est satisfait. Je ne prendrais probablement pas le deux mais ce fut véritablement satisfaisant. Que le soft garde autant de qualités après une demi génération, chapeau.

 Ce jeu est donc super passionant. J’aurais été un peu plus ouvert au genre, j’aurais été en 2007, s’eut été sceau de qualité. Là j’ai juste parcouru un peu rapidement un excellent jeu un peu daté. Si ce teasing vous à plu, vous le trouverez sur PC et 360 pour peanuts. Pour son ambiance, pour son intelligence, pour son immersion, c’est un vrai truc. Ce sous texte, ce scénario, l’idéalisme contre le cynisme… l’homme choisit, l’esclave obéit, devinez dans quel camp vous êtes?

 PS : Andrew Ryan est un quasi anagramme d’Ayn Ryand, c’est involontaire ou c’est moi qui fume la moquette ?

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