Daily Archives: 17 janvier 2011

What★the fuck

Oh mon dieu comme je suis tout frustré! Bon cette phrase peut être facilement sortie de son contexte surtout en plein NoFap et son légendaire sérieux dans le business mais je viens de mater BlackRock Shooter et ça m’a mis dans un état second, entre un hébétement absolu et la sensation d’avoir raté un train, puis d’être passé en dessous du suivant. Je vais poser une condition très importante alors lisez bien ce qui suit : je vais intégralement raconter la trame, le contenu et les enjeux de ce moyen métrage animé. Si vous projetiez de mater ça, c’est à vos risques. Si l’in cipit de cet article vous parle, je vous invite à continuer. Si vous lisez cette article pour le plaisir de râler dans les commentaires, je peux aussi vous donner une vraie bonne raison, mais pas aujourd’hui, j’ai piscine. Tapez « moe » sous google et amusez vous, caser ce thème serait un peu se vendre à l’heure actuelle!

 BlackRock Shooter donc, avec le petit lucky charm tout a fait nécessaire car assez important dans l’identité de l’anime qui, comme souvent, est quelque chose que j’ai maté après moult hype et moult teaseries. Comme d’habitude il y a une UNE grosse période très intrigante ou pas mal de gens deviennent mono maniaques sur le sujet : modification massive des avatars sur Twitter (et ne rigolez pas, c’est une indication) fédération de communautés tournant autour du sujet… et petit début de redondance chez celles qu’on connaît déjà. Par exemple, un topic d’un forum mystérieux est rapidement passé de « Le Topic où on trouvera des images rigolotes, originales et distrayantes » à « BlackRockBooru » et c’est d’une tristesse conséquente, je dois bien vous l’avouer.

vlcsnap-2011-01-18-01h34m56s55.pngVoilà le personnage éponyme. Notez ce style, ce charisme, cette émanation où tout est fait pour plaire. Peau blanche et limpide, bonnet totalement imaginaire, un flingue (visiblement en polystyrène parce que ça a pas l’air de gêner) à la place du bras, plein de micro-fétiches formidables dans un perso. D’ailleurs cette cicatrice placée en dessous du poitrail me rappelle cet épisode de Nip Tuck avec cette opérée du sein ceciexpliquantcelabrefducoup pendant la deuxième fin de l’année écoulée j’ai vu une quantité impressionnante d’images liées à ce perso. Elles ne racontaient rien, elles détaillaient juste ce chara design assez poussé et le chara-design, c’est la vie : c’est ce qui m’a poussé à rentrer dans cet univers. 

 Surprise : concrètement, B RS n’est qu’un moyen métrage de trois quart d’heures, un double épisode. Pas de série derrière à l’heure actuelle… sans pratiquement aucune recherches, j’ai pu trouver que la série est surtout une « méta série », qu’elle part de quelques croquis, d’un dessin, c’est une vue de l’esprit générale. Un peu comme Katawa Shoujo… si le premier chapitre ne serait jamais sorti! Le « projet » (pourquoi? J’ai du louper quelque chose) et aussi vaguement lié à Hatsune Miku mais ma super méconnaissance du sujet et les risques d’apocalypse font que je m’abstiendrais de développer. En fait, je suis juste feignant mais bref, je suis pas là pour l’investigation, c’est pas ce qui nous intéresse.

J’ai récemment pas mal ramené sur le tapis le rapport durée d’une oeuvre/mémorabilité du truc et B RS commence avec un handicap certain… si peu de temps, une moitié de film. J’ai lancé cette vidéo avec beaucoup d’espoirs, ceux d’un perso charismatique mais un peu profond et d’un rythme très élevé qui compenserais l’extrême concision du format. Le format, ok, mais le contenu est-il concis, lui?

 Maintenant c’est figure de style. On abandonne Concombre Masqué, maintenant c’est B., le mec derrière l’écran, qui pense des trucs au fur et à mesure de son visionnage. Il ne regarde pas l’heure toutes les cinq minutes, c’est bon signe.

BRS commence donc avec une séquence de combat, dans un univers indéterminé, lieu indéterminé,
époque vaguement… futuriste où deux nanas se livrent la bataille du siècle dans un silence de cathédrale, et pour cause. L’une, on la connaît parce qu’on ne serait jamais tombé sur cette vidéo sans l’image de ce perso et l’autre est sa némésis pointue et démoniaque. Grossomodo on sent bien qui est le « gentil » et le « méchant » dans ce duel et comme souvent il y a un code couleur qui s’opère. Bleu d’un coté, vert de l’autre. Tout va bien.

  » – C’est bien animé. Je suis pas fan des bastons antigravitationnelles gratuites mais beaucoup de perches me sont tendues : codes visuels partout. Des étoiles, des carreaux, des chaînes, beaucoup de formes géométriques qui reviennent. C’est très important! Je suis flatté! »

 Switch total de nos jours dans le Japon Actuel. Le personnage 1 est une collégienne qui est toute anxieuse à l’idée de cette première rentrée…

 « – Aie, le poncif, j’ai mal à mon poncif, mon détecteur à poncif, pourquoi un uniforme, partout, tout le temps, aaaah, je vais me jeter par ma fenêtre de façon bien Histrionique et revenir mater le reste »

vlcsnap-2011-01-18-02h49m37s115.png Et malgré sa petite phobie sociale, elle se trouve rapidement une autre copine dont on sait très peu de choses. Elle est arrivée à l’école en bagnole (c’est donc… une fille à papa! Qui est donc super riche! Ou fille de marchand d’armes! Ou les trois!) et a donc cette attitude mystérieuse et cette aura agréable avec sa chevelure qui dépasse l’entendement. On sent l’opposition de caractères mais la sauce prends, les deux filles font connaissance et deviennent rapidement les meilleures amies du monde, vous savez, le genre de
duo inséparable qui ne parle pas trop au reste du monde. La vie de lycée suit son cours dans sa grande insignifiance : l’une attends l’autre pour aller à l’école le matin, l’autre parle de ses cours de sport, de la bonne grosse vie quotidienne qu’on peut aimer QUAND ON A LE TEMPS DE PRENDRE SON TEMPS. De temps en temps on revient à ce duel à mort à l’enjeu inconnu, on switche régulièrement entre les deux. Du coté fantastique, ça se met sur la gueule mais cette dernière ne l’ouvre jamais. Qui ne dit mot consent : elle se connaissent… et les coiffures et tronches sont étonnamment ressemblantes et cette couleur des yeux qui correspond.

« – Bon, le parallèle n’est pas subtil, il n’est pas fait pour être subtil. Que va-t-il se passer? Elle vont être catapultées dans une dimension parallèle? Forcées au duel à mort? Remarque, il reste plus beaucoup de temps. Hé, dans le monde rationnel elles ont l’air de beaucoup se tripoter, peut être que cette baston est une métaphore sympa : la défaite veut en fait dire que l’une va coucher avec l’autre. Non, c’est le NoFap qui me fait dire ça. En fait j’ai peur que ce soit une métaphore sur l’amitié à reconquérir mais faisons confiance au truc. »

Les choses se passent comme ça, lentement, sans que rien n’évolue des deux cotés. En fait les deux copines rentrent déjà en cinquième… et un changement s’opère : elles ne sont plus dans la même classe. C’est triste, mais elle se verront pendant les récrés, entre les cours… et comme souvent les plans de ce genre de se font pas : la plus exubérante des deux copine rapidement avec la loli prof de sport (WTF) – le combat surnaturel fait toujours son petit effet, ça s’envoie des crânes maléfiques enchaînés à la gueule. Force bleue tends la main de temps en temps, avec ce petit air « Tu me pardonnes? » passif assez mignon mais ça ne prends pas de l’autre coté. Tiens, un troisième personnage apparaît, toujours aussi « mécanique », il observe le combat de loin. (Et c’était une unique apparition de quatre secondes montre en main)

De retour dans notre monde, cette belle amitié capote un peu. Après tout ces beaux moments passés dans ces endroits un peu cliché (ce fameux rivage très banlieue Tokyoïte qui revient souvent avec ses escaliers en pierre) et – preuve d’amitié ultime – le cadeau d’un petit strap de portable étoilé (ce qui confirme définitivement le parallèle pour ceux qui auraient encore des doutes) les deux filles s’éloignent lentement. Enfin, l’une s’occupe un peu moins de l’autre mais cette dernière commence à prendre la mouche… et disparaît mystérieusement. L’autre commence à paniquer, aucune réponse sur le portable… et rapidement l’inquiétude se concrétise – sa copine est portée disparue. Panique…

 « Oh shit. Ca se précise mais ne perdons pas espoir, il peut encore y avoir une explication à tout cela. Les animes sont très portés sur la gestion de l’amitié et la notion de perte, tout ça peut encore avoir un sens, même si il reste que cinq minutes. Believe! »

vlcsnap-2011-01-18-02h49m51s251.pngNotre petite collégienne sentimentale revient donc sur un des lieux passés avec elle où elle retrouve ce fameux strap. Basculement de degré, la voilà aspirée dans la musique des sphères, halo lumineux et tout le bazar habituel à l’appui. Dans la dimension fantastique, le combat à l’air de définitivement pencher en la faveur de force bleue. Force verte est acculée… et reçoit un câlin réparateur avant de disparaître, dans une séquence qui aurait pu être un peu plus touchante si elle aurait pas été aussi prévisible. Entre deux, dimension « medium » façon fin d’Ocarina Of Time où la collégienne rencontre son alter égo aux yeux flamboyants, aux « Flaming Eyes », j’ai envie de dire… « je veux retrouver ma copine! » « -ok! » « Comment t’appelles tu? » « Je suis… BLACK ROCK SHOOTER »

  » 😀 ? « 

 Générique cruel. Séquence finale où les deux filles sont à nouveau réunies… et là loli sportive regarde les deux filles avec un no-air assassin, comme si elle venait de se faire piquer sa nouvelle copine, bref la boucle est bouclée avec ce fameux troisième personnage fantastique.

 « OMG ILS L’ONT FAIT. TOUT CA EST UNE PARABOLE SUR L’AMITIE. POURQUOI. QUEL INTÉRÊT. AUCUNE EXPLICATION. AUCUN DÉVELOPPEMENT. SOMEBODY FETCH ME MY MACBOOK, JE DOIS BLOGGER »

C’est tout. C’est foutrement TOUT. Mato, Yomi, BRS et… Dead Master. Comment savoir comment s’appelle l’équivalent démoniaque? Impossible à savoir, il faut juste connaître l’unives périphérique pour ça. Juste! Ca me troue! Il ne se passe RIEN! La totalité du scénario se résume à « La reconquête d’une amitié de
façon métaphorique et symbolique » et c’est impossible d’aller plus loin, plus détaillé. Ce qu’on sait des deux persos rationnels? Pas grand chose, l’une des deux à un petit frère et… c’est… tout… ce qu’on sait des deux personnages métaphoriques? Aucun mot, aucune parole, juste cinq minutes de baston qu’on pourrait mettre bout à bout. Entre les deux, de la tranche de vie. La diégèse vaut peanuts, surtout avec un temps narration qui prends son temps. Mettez ça à coté de Bakuman, l’un atomise l’autre et l’un des deux se permet de rester dans un cadre super réaliste, normal, c’est son mantra. Je pourrais râler sur ce coté balancement des degrés dans B★RS. L’autre univers a-t-il une valeur précise, existe-t-il vraiment ailleurs que dans nos têtes?
Faut croire, puis qu’on doit comprendre que tout ça est découpé dans l’ordre suivant : arc réaliste, arc fantastique, séq
 uence post générique. Ca paraît le plus évident… surtout avec le troisième perso qui « scrute » au loin ce combat symbolique. Je peux vraiment pas m’empêcher de penser que c’est beaucoup d’air chaud pour pas grand chose et je parle en connaissance de cause, je suis un maître es bluff certifié en remplissage! Ca me tue! Pourquoi lancer des pistes sans les exploiter? Pourquoi lancer autant de codes graphiques, d’être plongé dans un univers régi par des gimmicks géométriques sympas avant d’en être tiré aussi vite sans une foutue explication? Je suis obligé d’admettre que la progression du scénario est forcément motivé par une éventuelle histoire d’amour entre les deux filles, toujours très tactile et putain on ne se bat pas à mort, ne serait-ce que conceptuellement, pour des histoires de peine entre deux filles… de cinquième? Le public est-il aussi sensé avoir douze ans? Quel genre de message c’est?

 Pas de réelle innovation, il ne se passe rien, explication supra minimaliste, l’anime donne toutes les clés du mystère dès le départ (pas besoin d’être un routinier des codes narratifs) donc on s’attend à ce qui se passe, ça arrive, on est frustrés et on va probablement le reste ad vitam puisqu’une suite n’a pas l’air d’être dans les
tuyaux. Le personnage est donc bien plus quelque chose qui s’apprécie dans son « aura », dans la production amatrice (si ce n’est pas le cas de base, ce qui est possible sans être négatif) mais on peut pas employer de gimmicks comme ça, ce titre, cette étoile, cette conjonctivite bleutée… tout ça n’a pas de sens si il n’y a pas d’univers derrière. Rah, les amis, énorme gâchis, surtout avec une animation si sympa et un chara design si bien foutu. Rien à faire, si vous matez pas ça d’un bon oeil, tout vous paraîtra mauvais et la musique aide rarement avec son coté super générique.

vlcsnap-2011-01-18-02h50m22s33.png Là je suis en train de penser que si un combat fantastique d’alter-égos se déroule quelque part à chaque fois que j’ai un différend passif avec une personne qui me tiens à coeur… non, en fait, je ne sais vraiment pas quoi en penser!

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