Monthly Archives: janvier 2011

Vol au dessus d’un nid de coucous

C’est en dépassant le nombre à trois chiffres de rencards où je suis arrivé en retard que j’ai eu l’occasion de voir Arrietty, à la Défense, un mercredi après midi (je ne m’étais jamais vraiment rendu compte de l’erreur stratégique d’une telle configuration) et en sortant de la séance, j’ai voulu me la péter grave et j’ai du sortir une phrase qui ressemblait à « Han, je suis super étonné que personne aie encore fait la vanne avec l’actrice qui jouait dans Enfants du Paradis et qui sortait son fameux « Atmosphère, atmosphère » dans un autre film? » avant de me rendre compte derechef que je pensais à Arletty. Bref j’ai eu l’air tellement con sur le coup que je le fait de le retranscrire ici me permettra de ne pas confondre les deux dans ce post, à priori.

 Autant dire que tout le gratin a déjà donné son opinion sur le Miyazaki nouveau et pour une fois, on a tous tilté sur les mêmes détails, de façon complètement systématique! Une heure trente, c’est peu compressé, les petits bugs ici ou là se voient plus facilement. Du coup, si vous vous êtes déjà fendu d’un article critique sur le petit monde des Borrowers, ne continuez celui-là que si vous tenez vraiment à relire ce qui a été écrit et re-écrit. Allez plutôt me poser des questions compromettantes sur Formspring où je pourrais accabler tout le monde, j’adore ça.

19598635.jpgJ’ai donc une expérience moyenne avec les Ghiblis. Moyenne, numériquement : je ne sais pas pourquoi je n’avait rien dit sur Ponyo il y a 20 mois (l’occasion était parfaite, je me souviens vaguement avoir commencé un post rapidement abandonné) parce que cette bande était un petit bonheur psyché, avec de l’eau partout, un peu comme Aquaboulevard mais sans les wesh et le psoriasis. Je voue un culte à Chihiro, j’ai plané devant mon voisin Totoro, etc etc. Il me reste encore Porco Rosso et surtout Nausicaa à égrener mais en attendant on peut se consoler avec les Satoshi Kon ou autres Summer Wars / La Traversée du Temps (que je viens de voir, c’était très enthousiasmant, peut être dans un futur paragraphe) enfin bon inutile de paraphraser sur l’aura d’un Ghibli, il FAUT aller le voir, c’est une obligation. Comme vous le savez, Miyazaki n’est pas aux commandes et comme à son habitude, la fourmi n’est pas préteuse et c’est là son moindre défaut ce qui ne veut pas dire qu’Arietty est un Ghibli Low Cost mais… pas exempt de bizarreries. De grosses bizarreries qui puent dans la kazbah. Alerte spoiler sur l’intégralité du film.

 Le petit monde des Borrowers donc, à ne pas confondre avec le film américano-américain aux personnages surlaids de 1997, à savoir un coin de verdure au fond d’un Japon probable, un manoir ancien et une époque qui aurait presque pu être indéfinie (on a quand même l’apparition d’un portable qui sonne presque comme un « rassurez vous, c’est à peu prêt de nos jours, on est pas trop vaches avec vos repères temporels ») un gosse débarque, on apprendra plus tard qu’il a le coeur fatigué, qu’il va subir une opération et qu’il glandouille dans son lit en attendant de meilleurs jours. Est-ce le héros de l’histoire, à la Sosukesaaan? Nooooon! En arrivant, il a aperçu Arietty, une mignonne liliputienne de 14 ans, l’héroïne Ghibli dans toute sa splendeur. Enfin, l’héroïne Ghibli-pas-Chiriro – donc une fille de 14 ans un peu anormale qui dit oui à tout, vaillante, courageuse, touchée par le dénuement mais pas fataliste pour un sou – l’optimisme quoi. Elle vit dans les fondations de ce fameux manoir avec son re – robuste, courageux, un peu tendu du slip mais héroïque à sa mesure et sa re, son histriomère qui passe son temps à s’évanouir de manière un peu cliché pour faire faire « Hiarhiarg » aux enfants dans la salle. Tout va bien, les deux mondes coexistent parfaitement tout en s’ignorant vaguement et… comme vous pouvez vous y attendre, c’est la rencontre entre les deux qui va créer un peu de bazar. 

 Le tout début du film est consacré à cette découverte du monde des Borrowers, à cette « échelle ». Ne serait-ce que techniquement, c’est du caviar à l’ancienne, des travellings, du mouvement, tout est fluide, super fouillé… ce postulat de base est super réjouissant et permet une foultitude d’idées souvent exploitées : caresser un insecte comme animal de compagnie, manquer de se faire bouffer par d’autres, se servir d’une aiguille comme épée… (penser que cet objet aurait eu une importance m’a révélé une certain propension à vouloir jouer au petit malin) et puis autant mettre l’accent sur une séquence assez magique, celle du « Chapardage » où on montre que les ptizêtres sont là depuis longtemps et ont façonné, à leur manière, un chemin très original façon parcours du combattant dans Ninja Warrior pour se déplacer à l’intérieur de la demeure. Ca donne une séquence où Arietty et son re traversent un espace vide, de clous en clous, avec 50 mêtres de vide à leur échelle en dessous, sans rechigner… ou une grande montée épique via un système de poulie, une descente de meuble avec du fil de pêche, etc etc. Encore plus magique quand l’idée – simple mais tellement agréable – d’une maison de poupée vient sur le tapis… mais ce procédé ne sera jamais vraiment utilisé. Enfin, utilisé au quart, on ne l’oublie pas mais ce sera pas comme dans cette vieille adaptation animée de Casse Noisettes qui me rends tout nostalgique. Chapardage raté puisqu’Arrietty se fait gauler par notre jeune homme malade… schéma classique : les « non humains » craignent les humains parce que ses derniers sont connus pour leurs instinct de destruction, ces derniers veulent établir le contact en dépit d’un élément ravageur qui va bientôt se mettre en branle… ET CA NE VA PAS RATER!

19598656.jpgVoilà le problème. Je vais avoir le réflexe un peu malheureux de comparer les Ghibli entre eux et là on
distingue deux très grandes phases dans Arietty. La première est purement consacrée aux chapardeurs donc, à cet univers, à cette échelle, à cette grande phase de débrouille et de dénuement. Après le premier contact avec Sho, il y a toute cette indécision « omg on est repérés, on va faire nos bagages » qui dure un temps… et une gestion très, très étrange du scénario et de certain personnages apparaît. On atteint le pic du midi du WTF dans une conversation entre nos deux avatars respectifs – un dialogue qui fait office de gageure écolo, un quota un peu caricatural sur le bazar habituel des algues fumées, de la nature détruite par les méchants humains et de la forêt Amazonienne qui part dans les tickets roses des SDF du métro. Jusque là c’était un peu maladroit mais un GROS froncement de sourcils intervient quand Sho sort, tout de go « De toute façon, on va tous vous exterminer 😀  » dans les grandes lignes… ce qui est un peu marrant pris au deuxième degré puisque c’est effectivement le cas, des gens deviennent soudainement nazis dans le film.
Historiquement, il n’y a pas toujours de réel « méchant » … disons qu’il a toujours des motivations plus ou moins cachées. Je ne garde pas une image maléfique du dandy de Ponyo, Yubaba est une grognasse mais PAS une méchante, etc etc. Certains Miyazakis zappent carrément cette notion et n’offrent qu’une grande louche d’univers dans lequel on peut se reposer pour quelques instants. Là… c’est tellement mal amené. C’est
même pas amené, c’est… catapulté, à l’ancienne. Sho vit avec sa tante et une sorte de servante qui, au début, paraît emphatique et tout ça mais dès que le pot aux roses est découverte, elle se prends soudainement d’une grande folie génocidaire, s’enlaidit, plisse le front et veut … se débarrasser des
« nuisibles ». Pas les tuer, non, juste les capturer. Pour en faire quoi? On en sait rien, juste les enfermer dans des bouteilles. C’est même pas étrange, c’est carrément hallucinant! Si on passe des petites bizarreries dans le déroulement (cette histoire de porte fermée à sauté aux yeux de tout le monde) ce film est vraiment bipolaire avec ses persos. Voire cruel : voir un gosse déficient du coeur se taper un sprint te demande si ce que tu mates prendras pas une tournure dramatique inattendue (je me suis amusé à tirer la manche de ma voisine pour attirer l’attention avant de mimer la crise cardiaque, je suis tout content de ma vanne) et tout ça… n’avait pas beaucoup de finalité. Le film est extrêmement prenant mais il aurait probablement gagné à être plus long, y’a comme un très gros goût d’inachevé qui pique la langue et irrite les yeux. Pas le temps
de développer tout le monde, pas le temps de lancer des pistes pourtant évidentes… le background des chapardeurs reste très volontairement flou. On ne sait pas si les ascendants existent, si il y en a d’autres excepté ce clone d’Huckleberry Finn etc etc. Ca, c’est normal, on ne peut pas décemment avoir un point de vue omniscient dans ce type de contexte. Dans un autre ordre d’idée, j’aimerais avoir pu assister à une grande histoire d’amour entre Arietty et Sho mais on va pas jusqu’à aller trouver une potion magique
qui va adapter l’un à la taille de l’autre, on est pas dans Casper. Cependant… je trouve cette fin méga fataliste
pour un Ghibli. Trop posée, trop normale, trop naturelle. Les chapardeurs déménagent après une scène finale qui m’a beaucoup fait penser à Pocahontas et c’est tout, il … déménagent, sans regarder derrière eux, roulement des crédits.

Ca m’a rendu tellement nostalgique. Un peu comme si tout ce qui venait de se passer ne servait à rien : les
personnages ne se reverront plus jamais, leur rencontre n’a abouti à rien sur rien, on ne sait pas grand chose sur Sho et si ça trouve son opération va foirer et il fait une crise cardiaque cinq minutes après la fin du film. (« Arrietty 2 : HHHHNNNNGGG ») Bref tout ça manque un peu… d’optimisme, de bonheur niais. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose, je serais incapable de m’approche d’une quelquonque vérité  à ce sujet mais ça tranche radicalement avec la « fin aigre-douce » habituelle des Ghibli où le retour à la réalité se fait de façon pragmatique… mais optimiste. Là, c’est comme un grand écran noir, un rideau qui t’empêcherais de voir la suite, je me suis senti un peu coupé dans mon élan. C’est frustrant… mais ça ne doit pas vous empêcher de voir (auquel cas vous savez déjà tout, dommage) ou revoir le truc, ne serait-ce que le partager. Je pourrais me fendre d’un commentaire sur la bande originale et la fameuse Cécile Corbel qui déchaîne les passions d’au moins trois ou quatre personnes sur Twitter. Et ben… c’est sympa, agréable, guitare douze cordes et
gammes bretonnes, c’est super et pas grand chose d’autre à dire à ce sujet, l’intégration est parfaite mais pas de quoi s’extasier hein. Le vrai souci d’Arrietty reste de grosses maladresses dans sa gestion du rythme, des personnages et dans son… message parfois très flou mais ça n’empêche pas la chose d’être un moment très zen, d’exploiter un postulat de base très enthousiasmant et de faire son boulot comme n’importe quel autre film du studio : transporter dans un univers semi-rationnel, vert et rassurant.

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 Ce post est approuvé par la gentille tante qui sert juste à balancer avec l’autre schizophrène

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Mario Maso 3×05

Cette fois j’ai préparé l’occasion depuis longtemps, j’ai ouvert mon agenda et j’ai fait jouer mes relations pour vous concocter un casting de rêve représentatif de la blogosphère : une figure « historique », une fille bizarrement intouchable, un intellectuel façon Luchini de l’internet et une âme d’artiste Victorienne. C’est pourquoi j’ai réussi à mettre la main sur raton, Lewiswcrook, Arez et Petrified Eyes tous en même temps!

Bon ok j’avoue c’est n’importe quoi et de toute façon comme personne ne lit un texte sans voir aveuglément la suite vous l’aviez déjà deviné mais ho la la je peux m’imaginer des scénarios aléatoires hein. Non cette fois c’est en solo, je n’allais pas inviter un pote ou ma soeur pour faire un peu semblant et on retrouve les problématiques habituelles : je tourne un peu en boucle devant le micro mais le jeu avance, dangereusement. Il est sensé être court et ça nous prouve donc que cette saison le sera tout autant, puis vous allez en avoir marre de Maka, de Soul et de ce foutu banc! En attendant c’est toujours 40 minutes un peu irrégullières, la deuxième vidéo est probablement la moins « répétitive » de cette session, pas de problème majeur en 20 minutes, c’est du caviar. Vous trouverez aussi la résolution d’une grande question que certains d’entre vous se seront posés.

Et oh la la heureusement que le multi-piste existe hein!

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Numéro complémentaire

« Petit, tu es doué, très doué, mais tant que je serais dans le métier, tu ne seras jamais que le second. »

Ce post est imprégné par l’âme de Patrick MacGoohan, sa tête et sa propension à collectionner les plans rapprochés plus ou moins avantageux sur son énoooorme front!

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 Janvier Nostalgie, et je peux dire sans prendre de risques que niveau télévision je serais strictement incapable d’aller encore plus en arrière, nous parlons ici d’une série de 1967, de LA série qui fait ce qui est bon aujourd’hui. « Un peu comme tout ce qui a été fait pendant cette dizaine » diront les fans de présents de vérité générale – mais finalement, c’est l’esprit. Deuxième fun fact : ce post amorce ce qui pourrait être le running gag de l’année, si je me force un tout petit peu et que je fais preuve de bonne volonté : les séries ANGLAISES! Rien de mieux pour commencer cet arc que le Prisonnier! La base de la base, le graal des séries qui ont pour seule vocation de nous prendre la tête jusqu’à implosion crânienne!
Et cette série avait une certaine aura, probablement déjà dans le contexte mais à chaque gros mindfuck télévisuel chacun y va de sa petite comparaison. « Hé, le Prisonnier l’a déjà fait » etc etc. Il fut donc largement temps de mater ce qui semble être cette petite pépite intemporelle et CAALORSVOILATYPAS qu’Arte, toujours dans sa démentielle programmation estivale, diffusait les épisodes deux par deux le samedi soir ce qui a donné de longues et grandes soirées rigolotes au coin du feu. Après vous vous demanderez, bandes de petits perspicaces que vous êtes : « Mais diantre pourquoi attends tu Janvier pour en faire un post » hé bien hé hé c’est parce que j’avais raté les deux derniers diffusés le samedi soir de Rock En Seine, journée donc loupée de façon imprévue et j’étais chez mon copilote pour programmer la journée du lendemain bref une anecdote qui vous tiendras en haleine jusqu’à la prochaine extase. Du coup, ça s’est vu que je kiffais la chose et ces bonnes soirées mystiques et le coffret est tombé pour Noël! … Probablement acheté à la Fnac! Pour des milliards! Alors qu’Internet est tellement plus clément! Bref!

 Pas de surprise : c’est vraiment bien… et rétro sans vraiment l’être. J’aime bien tout ce qui pue les veilles confitures (un jour je vous parlerais de mon amour un peu sorti de nulle part pour Colombo) mais ce pur produit culturel ayant survécu à la quasi-intégralité de ses acteurs se regarde toujours aussi bien et fonctionne
exactement comme les bonnes séries d’aujourd’hui. Le scénario est archi connu, revisité et parodié par tout le monde ce qui est assez paradoxal puisque seul le générique expose un véritable scénario : un type conduit sa bagnole derrière une musique virile, démissionne d’un poste haut placé mais inconnu, rentre chez lui, se fait gazer la tronche et se réveille dans un village un peu maboule. Son identité : le numéro 6! « Nous voulons des renseignements / Je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre » etc etc chaque parole de cette intro à acteurs variable est aujourd’hui un peu culte et c’était déjà le cas quand nos parents en parlaient dans leurs chemises Lacostes de jeune hipsters adulant les vinyles comme nouvelle technologie. Ca c’est la base, après chaque épisode parmi les 17 est une petite histoire en elle même, un mini-film d’espionnages d’une cinquantaine de minutes. L’histoire de fond est latente sans jamais être vraiment expliquée : où est le Village, comment fonctionne-t-il, pourquoi est on « geôlier » ou « prisonnier »… et le fameux « QUI EST LE NUMERO 1 » qui fait un poil daté comme problématique – il ne faut pas s’attendre à grand chose. Dans l’absolu, la série fonctionne par groupes d’épisodes :

 – Dans la première moitié, numéro 6 ne pige rien à la situation et va surtout essayer de s’échapper en élaborant des stratégies de plus en plus dingues. Bateaux, hélicoptères, amis providentiels… Il va toujours réussir à un poil de tweed près mais va toujours se faire rattraper par ses fameux « ravisseurs » et ces fichues ovaires volantes qui sont sensées constituer l’ultime menace. Damn, une fois il est carrément rentré chez lui!

– La deuxième moitié de la série relêve davantage de son combat contre le système : il va essayer de faire imploser le truc de l’intérieur. Ce combat s’illustre par une série de figures de styles, d’épisodes aux scénarios très loufoques et improbables où les scénaristes s’amusent et posent toutes les bases de la science fiction
anglo-saxonne plus récente : échange de corps, soudain Western, conte pour enfants, conspiration…

– Les deux derniers épisodes sont un arc à part entière et constitueront probablement l’un des plus grands Mindfucks filmés où tout le monde à l’air très investi dans la non-compréhension de la non-intrigue. Ca n’a absolument rien de négatif et c’est franchement mémorable!

 Tout ça est agrémentés d’un certain nom de gimmicks : verbaux (le fameux « Bonjour chez vous! ») à chaque fin d’épisode on voit ce plan terrifiant où la tête de MacGoohan se précipite sur des barreaux, brr…. et dans un ordre d’idée plus capital, des petits objets comme ce fameux vélo au nom improbable, logo n’apparaissant nulle part dans la série – la fameuse bagnole de numéro 6 ou bien le Numéro 2 lui même, ce fameux « méchant éphémère » dont les plans n’ont de cesse à foirer lamentablement prends une incarnation différente à presque tout les épisodes. Dans le contexte, c’était des guest-star, comme aujourd’hui… et ce soin à ne prendre que des tronches impossibles était déjà présent.

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 Qu’est ce qui fait que cette série a très bien vieilli? Ne serait-ce que formellement, la qualité d’image est excellente, tout le monde a un jeu d’acteur premier degré comme on les aime, la Bande Son est trèèèès représentative de l’époque et l’extrême rareté de son… utilisation lui donne beaucoup plus d’effet. Non, chaque épisode est toujours très immersif à sa manière, même si les choses sont toujours assez lentes, cérébrales, beaucoup de dialogues… allez, si, UN gunfight à la toute fin avec des jolis pétards d’époque. Et
vlan le gros mot clé : époque. On a largement l’impression que tout était caricaturé volontairement pour qu’on puisse se faire la réflexion avec le recul d’aujourd’hui ou de demain : voir cette esthétique très kitsh de ce lieu de tournage au pays de Galles, ces gens aux habits colorés, cette ambiance James Bond des débuts où tout se fait dans des caves métallisées ou une tripotées de minions font mumuse avec des boutons et autres appareillages très coûteux, une belle capsule temporelle quoi. Dans cette nonchalance du jeu, ce doublage très posé et cette ambiance lente, parfois un peu maladroite, on reconnaît l’époque mais ça tiens à peu de choses parce que tout fonctionne selon les réflexes d’aujourd’hui. J’ai envie de vous dire – en fait, c’est
l’inverse.
Cet art du pas-de-réponse, ce traitement dans la narration, ces fils conducteurs… toutes les bases sont là.

Justement, en termes de degré, il faut vraiment s’attendre à ne pas comprendre grand chose. C’est l’un des buts avoués de la série et on la mate pour ne pas y comprendre grand chose. Tout ça est bien sûr une métaphore sur l’individualité, l’identité, le système et ce genre de banalités que je garderais pour une copie d’examen mais pour une fois je vais pas trop chercher à analyser ce qui doit l’être. C’est juste très prenant, ça peut se mater par tableaux individuels… et pour certains tableaux. C’est là qu’apparaît une certaine admiration que j’ai envers ce type de format : les cadres, les personnages et les diverses unités d’un épisode varient toujours, sans contraintes… et ça reste prenant. Même dans une salle noire de 30 mêtres carrés où se déroule tout un épisode qu’on croirait tourné avec deux ou trois mille balles. Il y a comme un art de l’absurde… maîtrisé à l’extrême ou chaque réplique est pensée pour être plus dingue que la précédente. C’est « ancien » et c’est donc plus… fait pour être intelligent (bon ok c’est un peu gratuit et réducteur mais vous m’aurez compris)
et à aucun moment on n’a l’impression d’être pris pour un téléspectateur con, bien au contraire. Ce sentiment est d’une rareté démentielle de nos jours et ça fait un bien fou… puis Le Prisonnier à une tendance démentielle à nous montrer que les trucs chiants d’aujourd’hui ne l’ont pas toujours été. Ici, il n’y a strictement aucun développement de personnages, tout est déjà posé… et ça prends tout son sens. C’est adapté, le genre veut ça, on sait déjà pratiquement tout, donc rien. Tout ce qu’on veut voir c’est de nouvelles têtes, de comportements un peu clichés et des tas de froncement de sourcils qui veulent dire « Hé, admire mon mindgame! » Le Prisonnier, c’est ça. Une treizaine d’heure à ne pas comprendre grand chose mais à kiffer
cette incompréhension parce que tout est fait avec brio, classe absolue et grande variété d’écriture et des situations (y’a même un épisode où Numéro 6 est… quelqu’un d’autre. MacGoohan devait être à la messe) 


Pourquoi-PADRAISON.jpgPas grand chose à dire finalement! C’est surtout quelque chose qui est fait pour être découvert spontanément parce que chaque épisode est unique et explore pas mal de choses, individuellement, là j’évite juste une longue description qui n’avancerait à rien. Ca se picore, ça se mate pour l’avoir maté et pour comprendre le haut du panier actuel. Si vous déplorez l’absence d’une nouvelle saison de Lost, ça peut être un bon palliatif… et là pour le coup vous serez quasiment obligés de vous procurer tout ça légalement et rien à
voir avec le remake de
2009, intéressant lui aussi à sa façon dans sa manière de traiter les choses. Même postulat de base mais... traitement deux mille neuf. C’est pas vieux, profitez en plutot pour faire les choses dans l’ordre parce que cette série à aussi sa fanbase, ces intérprétations fumeuses et on est encore là à en parler. Si c’est pas de l’objet culte en anciens francs ça ma bonne dame!

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Tout le monde est heureux sous l’océan

  Le poête disait « Les reflets dont on voit les mers claires qui dansent le long des golfes d’argent » ce à quoi je répondrais « Putain, Bioshock c’était vraiment pas mal. » J’ai l’impression de déterrer quelque chose et de faire un post inutile car c’est quand même d’un jeu vidéo de 2007 qu’on parle (mais hé, Janvier Nostalgie)
mais voilà ça me permettras de faire un post que personne n’osera commenter parce … qu’il n’y aura rien à dire! Le contenu va être incontestable! Même un type qui a une mauvaise expérience des FPS à aimé cette chose. Dans le contexte, ça aurait été probablement plus efficace surtout au vu des très rapides baisses de prix mais ouais, Bioshock est un foutu bon jeu. Je lance une bouteille à la mer (*implosion de rire*) : si par hasard vous seriez un poil tenté par ce rattrapage et qu’en plus vous aimez le genre, ce post est pour vous. Sinon, attendez la suite mais ça sera aussi un truc des années 60, teasing teasing.

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 Bioshock est donc l’un des derniers opus d’une longue série dont je ne sais absolument rien si ce n’est cet amour de – attention expression que j’emploie de façon bien aléatoire – l’univers steampunk et c’est tout ce qui nous intéresse. Ca fait à peu près … trois ans que je tourne autour du jeu parce que sa simple pochette me
fascine. Si, vous savez, la « murale » – je la trouve surclasse et chacun sait que les pochettes font les bons jeux. Parfois.

 Enfin trêve de conneries, ce jeu est loin d’être rigolo. Plutôt glauque dans le scénario, dans le gameplay, à pas mal de degrés de lecture, c’est un truc bien violent et parfois gentiment gore mais je suppose que vous êtes habitués à défoncer du zombie à la mitraillette camembert. En revanche, voir divers cadavre empalés dans une démarche quasi « artistique »… est autre chose. Je prends un peu trop d’avance, posons les bases… pour une fois, il vaut peut être mieux foncer dans ce genre d’univers à l’aveuglette. A chaque fois qu’on commence un jeu de ce genre, son cadre est presque toujours « parlant », on sait à l’avance dans quoi on va se fourrer. Bioshock, en tant que titre, ça n’évoque pas grand chose. Son ancienne pochette non plus, d’ailleurs… tu reçois ça en tant que cadeau sans en avoir entendu parler (improbable mais bon) – tu met la galette dans ton engin. Menu un peu pourri et lancement d’une nouvelle partie… cut scène où le héros, Jackohn de son prénom (deux phrases en début de jeu, après c’est le mutisme total façon RPG) prends l’avion vers une destination inconnue, comprenez, la flotte façon Oceanic Airlines. Vous prenez donc le contrôle du personnage qui se débat dans l’eau, vous vous échouez lamentablement sur un bâtiment qui se referme sur vous… qui débouche sur un bathyscaphe… qui débouche sur RAPTURE, une citée immergée. Et ouais, et ouais, et ouais, ça pête, ça surpête même. Rapture est donc une cité utopique fondée par un grand magnat du pétrole (j’en sais rien mais comprenez par là qu’il est riche et puissant) nommé Andrew Ryan, homme au culte de la personnalité visiblement très développé. Vous voyagez donc dans l’eau… et cette cosmétique,
cette palette graphique, ce son… mais oui! Nous sommes bien en pleine capsule temporelle : si leu jeu se déroule vers 1960, Rapture est en plein dans la fin des années 50. Des néons, des affiches limite soviétiques stylisées, tout ça respire le charisme… quel est le génie qui a eu l’idée d’associer deux aussi bons concepts? Seulement tout n’est pas rose et sympa, n’imaginez pas vous prélasser en peignoir en buvant un petit scotch – non ici bas à Rapture tout le monde est devenu maboule, les habitants sont devenus zombis et berserks, tout le monde est à la recherche de ce précieux « Adam » que les gens massacrent pour récolter… à peine arrivé, vous assistez à un meurtre sympa et un certain « Atlas » vous sauve la mise avant de vous guide par radio. A partir de là, dans une optique très « semi linéaire », vous allez vaquer de mission en mission, pour aller rejoindre votre sauveteur providentiel, dans un premier temps. Vous allez vous injecter des liquides qui vont modifier votre ADN, vous allez croiser des « petites soeurs » et des « Bigdaddy/Protecteurs/MôssieurP » en armure, bref la grande marade aquatique, sous l’océan, sous l’océan…

 Le pourquoi du comment, il va falloir comprendre et apprendre sur le tas. Très souvent, de manière plus ou moins simple, vous trouverez des enregistrements audio. A partir de là, vous suivrez les dires d’un certain nombre de personnages, parfois sympas, parfois de vrais salauds, vous trouverez parfois les derniers mots de X à coté du cadavre de X ce qui a toujours un impact pas dégueulasse. Si vous ignorez tout ça (et c’est peu probable) vous n’aurez que la trame principale sans allez dans aucun détail, ni aucune véritable
explication. Autant vous le dire, le scénario de Bioshock est … surprenant. Dans le déroulement d’une fiction, je fais souvent mon petit malin en voulant savoir ce qu’il va se passer et le jeu se permet des figures imposées franchement couillues mais évitons de spoiler quoi que ce soit, je vous prie. Il faut juste se dire qu’un très grand soin est apporté à l’histoire, à l’immersion… chose qui récompensera une attitude toujours très zélée : les différends niveaux sont assez grands mais le scénario n’implique pas de tout farfouiller méticuleusement. En revanche, si c’est ce que vous faites, vous tomberez sur la plupart des enregistrements, vous maîtriserez une plus grande part de trame et surtout… vous vous faciliterez les choses niveaux gameplay.

 Transition quasi Ovidienne pour évoquer comment marche la chose. Etant allergique au genre, on peut noyer le poisson (*deuxième vague d’implosion de rire*) en disant que le jeu est un peu hybride et mêle habilement FPS et… RPG. MAIS COMMENT SE FAIT CE DONC?  

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 Le truc c’est qu’il faut pas se mentir non plus : c’est un fps. Ca c’est acquis, indiscutable, bon. Le deuxième truc c’est que vous n’allez pas pour autant passer votre vis à purger des aéroport : d’un coté vous avez les armes, récupérées au fur et à mesure de l’avancée du scénario (clé à molette, puis pistolet, puis fusil à
pompe etc) MAIS vous avez une seconde aptitude, donnée par ces fameux plasmides que vous vous injectez comme ça cash dans le bras. Vous … lancez des éclairs! Puis des flammes! Puis des abeilles! Autant de capacités spéciales que d’introduction stylisées fifties avec la voix de gamin rétro bien cliché (on est pas encore dans le niveau des films de Read Dead mais je pinaille) ça c’est le paquet de base, mais les plasmides sont aussi des capacités passives qui augmentent vos autres aptitudes, piratage, discrétion, etc etc. On les trouve un peu partout… à moins de devoir les acheter! Au même titre que certains emplacements de plasmides, ou des extensions de santé/mana eve! Pour trouver tout ça, il faut de l’Adam et l’Adam se trouve dans les … petites soeurs, toujours gardées par… un Protecteur, scaphandre vivant maousse costaud. Il faudra donc vaincre la grosse bête pour faire un CHOIX : MANGER la petite soeur et récolter MOULT Adam, la sauver et s’en tirer avec le tiers. (Sachant qu’on vous promet une éventuelle compensation, sans être sur de rien) – petit choix pas évident à faire, à faire selon votre instinct. Difficile de résister à ces petites bouilles mais l’Adam est précieux, surtout en début de partie. Deuxième effet kisscool : ce genre de choix moral va… influencer un peu le jeu et vous donner une fin… ou une autre fin. Là aussi, il va falloir être rigoureux sinon c’est peut être quelque chose de déplaisant qui va vous être imposé. Je parle dans le vide mais tout ça pour dire que les éléments de RPG, ce sont CA. De la santé, de « l’eve », une gestion des capacités et des petits choix moraux. C’est effectivement ce que l’on peut appeler « un RPS contenant des éléments de RPG ». Banco!

 Cette duplicité, liée à une grande vasteté du terrain de jeu (vous savez, moi aussi je sais quand je sors une énormité syntaxique) offre pas mal de possibilités. Il n’y à AUCUN carré vide de meubles dans Rapture, tout est extrêmement fourni. Tout se fouille, se vide, s’expérimente, placards, caisses, frigos… et on y trouve de tout : chips dans les toilettes, etc. Quelques pansements, de l’alcool partout, de l’argent en pagaille à dépenser dans les distributeurs ou les armureries. De temps à autres vous croiserez des « Power to the People », des modules uniques qui amélioreront l’arme de votre choix : providentiel. Une caméra vous repère? Robot de sécurité mitrailleur dans ta face? Une tourelle sens ta présence? Roquette dans le bout du groin. On ramasse des éléments, on bricole de nouveaux objets avec. Chaque machine est piratable et offrira des choses supplémentaires si vous les gagnez à votre cause : il faudra résoudre un petit mini jeu/ puzzle… ou utiliser un module de piratage automatique… ou acheter l’objet. Une porte cadenassée? Le code est dans un élément du décor ou dans un journal audio. Diantre, même la façon de buter tout ce qui bouge est vastissime, on rentre dans des combinaisons à la Worms! Enflammez un gus, attendez qu’il aille se mouiller pour électrifier la flotte. Vilénie! Encore mieux : percez une bonbonne de gaz et envoyez là se faire exploser dans trois ou quatre mob. Encore plus vilain et tellement satisfaisant.

En revanche, si le jeu vous propose de choisir une difficulté, cette dernière… souffre peut être d’un souci de dosage. Le début du jeu et son premier cinquième vont être trèèès pénible si vous ne faites pas les bons choix stratégiques. Il faut juste « catcher la wave » et monter dans le train exponentiel où vous manquerez plus d’argent ou de munition mais dans le début du jeu et surtout contre le premier boss (que j’ai affronté avec le QI d’un verre d’eau salée) peut se révéler particulièrement pénible. Heureusement, la mort est optionnelle : les vita-chambres sont un excellent prétexte pour mettre des check points où la seule perte est votre santé. Bonne idée pour ceux qui n’ont pas encore le coup de main! Bien viser et avoir les bons réflexes peut prendre du temps… surtout quand vous n’axez pas tout votre gameplay autour de la clé à molette (qui devient atrocement cheatée si vous faites tout pour) les ennemis sont TRES costauds et parfois TRES chiants à buter, surtout quand entourés de trois ou quatre tourelles. Les Protecteurs sont placés de manière aléatoire dans les niveaux et tuer les deux trois premiers va être une TORTURE… si vous estimez que vous ne repasserez pas plus tard, évidemment. Dans le dernier tiers du jeu, les ennemis gagnent le double de santé… y’a-t-il une explication? Non! Est-ce qu’il en fallait une? Non plus, mais foutre ça de manière plus progressive, là ça tombait vraiment comme un cheveu dans la soupe. D’un écran à l’autre, c’est un peu trop voyant.

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 Bioshock a beau ne pas être récent du tout, il est super beau. Rapture pourrait être une ville à l’ambiance répétitive… ben oui et non.
Oui il y a une ambiance métallique au possible prédominante (et j’adooooore tout ce qui est à base de rouages, de vapeur, de jets de lave) MAIS il y a pas mal de moments de bravoure, entre une forêt artificielle et le très débauché Fort Frolic tenu par le MAXI DEBAUCHE Sander Cohen. Réfléchissez bien de ce que vous faites avec lui par ailleurs, il pourrait être l’homme qui vous obligerait à refaire une partie pour avoir certain succés. Bref on patauge, on a très souvent les pieds dans l’eau, on navigue dans des tubes façon Earthworm Jim où tout respire le vieux malt et le président Eisenhower. Graphiquement, c’est très beau, ça ne rame pas pour un sou et la fluidité du jeu est exemplaire. Pour le son c’est autre chose : vieux disques (vous serez soit épatés soit morts de rire par la toute première musique qu’en entends dans le jeu à base de vieux classiques, il me semble même une fois avoir entendu un mob chanter The Amazing Grace, bref bref. Certaines séquences peuvent être un peu « sonores » alors ne mettez pas votre caisson de basse : j’ai fait des séquences de jeu un peu trop longues et ça m’a valu une ou deux migraine accompagné d’une certain irritabilité. Joue à Bioshock trop longtemps abrutit un peu mais c’est la mêm chose pour n’importe quel jeu, surtout à refaire et re re faire telle ou telle séquence un peu chaude à passer. Ce sera rarement le cas, de mon coté ce fut bouclé en deux semaines et une quinzaine d’heures de jeu. Pas mal et on a pas envie d’aller plus loin, on est satisfait. Je ne prendrais probablement pas le deux mais ce fut véritablement satisfaisant. Que le soft garde autant de qualités après une demi génération, chapeau.

 Ce jeu est donc super passionant. J’aurais été un peu plus ouvert au genre, j’aurais été en 2007, s’eut été sceau de qualité. Là j’ai juste parcouru un peu rapidement un excellent jeu un peu daté. Si ce teasing vous à plu, vous le trouverez sur PC et 360 pour peanuts. Pour son ambiance, pour son intelligence, pour son immersion, c’est un vrai truc. Ce sous texte, ce scénario, l’idéalisme contre le cynisme… l’homme choisit, l’esclave obéit, devinez dans quel camp vous êtes?

 PS : Andrew Ryan est un quasi anagramme d’Ayn Ryand, c’est involontaire ou c’est moi qui fume la moquette ?

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What★the fuck

Oh mon dieu comme je suis tout frustré! Bon cette phrase peut être facilement sortie de son contexte surtout en plein NoFap et son légendaire sérieux dans le business mais je viens de mater BlackRock Shooter et ça m’a mis dans un état second, entre un hébétement absolu et la sensation d’avoir raté un train, puis d’être passé en dessous du suivant. Je vais poser une condition très importante alors lisez bien ce qui suit : je vais intégralement raconter la trame, le contenu et les enjeux de ce moyen métrage animé. Si vous projetiez de mater ça, c’est à vos risques. Si l’in cipit de cet article vous parle, je vous invite à continuer. Si vous lisez cette article pour le plaisir de râler dans les commentaires, je peux aussi vous donner une vraie bonne raison, mais pas aujourd’hui, j’ai piscine. Tapez « moe » sous google et amusez vous, caser ce thème serait un peu se vendre à l’heure actuelle!

 BlackRock Shooter donc, avec le petit lucky charm tout a fait nécessaire car assez important dans l’identité de l’anime qui, comme souvent, est quelque chose que j’ai maté après moult hype et moult teaseries. Comme d’habitude il y a une UNE grosse période très intrigante ou pas mal de gens deviennent mono maniaques sur le sujet : modification massive des avatars sur Twitter (et ne rigolez pas, c’est une indication) fédération de communautés tournant autour du sujet… et petit début de redondance chez celles qu’on connaît déjà. Par exemple, un topic d’un forum mystérieux est rapidement passé de « Le Topic où on trouvera des images rigolotes, originales et distrayantes » à « BlackRockBooru » et c’est d’une tristesse conséquente, je dois bien vous l’avouer.

vlcsnap-2011-01-18-01h34m56s55.pngVoilà le personnage éponyme. Notez ce style, ce charisme, cette émanation où tout est fait pour plaire. Peau blanche et limpide, bonnet totalement imaginaire, un flingue (visiblement en polystyrène parce que ça a pas l’air de gêner) à la place du bras, plein de micro-fétiches formidables dans un perso. D’ailleurs cette cicatrice placée en dessous du poitrail me rappelle cet épisode de Nip Tuck avec cette opérée du sein ceciexpliquantcelabrefducoup pendant la deuxième fin de l’année écoulée j’ai vu une quantité impressionnante d’images liées à ce perso. Elles ne racontaient rien, elles détaillaient juste ce chara design assez poussé et le chara-design, c’est la vie : c’est ce qui m’a poussé à rentrer dans cet univers. 

 Surprise : concrètement, B RS n’est qu’un moyen métrage de trois quart d’heures, un double épisode. Pas de série derrière à l’heure actuelle… sans pratiquement aucune recherches, j’ai pu trouver que la série est surtout une « méta série », qu’elle part de quelques croquis, d’un dessin, c’est une vue de l’esprit générale. Un peu comme Katawa Shoujo… si le premier chapitre ne serait jamais sorti! Le « projet » (pourquoi? J’ai du louper quelque chose) et aussi vaguement lié à Hatsune Miku mais ma super méconnaissance du sujet et les risques d’apocalypse font que je m’abstiendrais de développer. En fait, je suis juste feignant mais bref, je suis pas là pour l’investigation, c’est pas ce qui nous intéresse.

J’ai récemment pas mal ramené sur le tapis le rapport durée d’une oeuvre/mémorabilité du truc et B RS commence avec un handicap certain… si peu de temps, une moitié de film. J’ai lancé cette vidéo avec beaucoup d’espoirs, ceux d’un perso charismatique mais un peu profond et d’un rythme très élevé qui compenserais l’extrême concision du format. Le format, ok, mais le contenu est-il concis, lui?

 Maintenant c’est figure de style. On abandonne Concombre Masqué, maintenant c’est B., le mec derrière l’écran, qui pense des trucs au fur et à mesure de son visionnage. Il ne regarde pas l’heure toutes les cinq minutes, c’est bon signe.

BRS commence donc avec une séquence de combat, dans un univers indéterminé, lieu indéterminé,
époque vaguement… futuriste où deux nanas se livrent la bataille du siècle dans un silence de cathédrale, et pour cause. L’une, on la connaît parce qu’on ne serait jamais tombé sur cette vidéo sans l’image de ce perso et l’autre est sa némésis pointue et démoniaque. Grossomodo on sent bien qui est le « gentil » et le « méchant » dans ce duel et comme souvent il y a un code couleur qui s’opère. Bleu d’un coté, vert de l’autre. Tout va bien.

  » – C’est bien animé. Je suis pas fan des bastons antigravitationnelles gratuites mais beaucoup de perches me sont tendues : codes visuels partout. Des étoiles, des carreaux, des chaînes, beaucoup de formes géométriques qui reviennent. C’est très important! Je suis flatté! »

 Switch total de nos jours dans le Japon Actuel. Le personnage 1 est une collégienne qui est toute anxieuse à l’idée de cette première rentrée…

 « – Aie, le poncif, j’ai mal à mon poncif, mon détecteur à poncif, pourquoi un uniforme, partout, tout le temps, aaaah, je vais me jeter par ma fenêtre de façon bien Histrionique et revenir mater le reste »

vlcsnap-2011-01-18-02h49m37s115.png Et malgré sa petite phobie sociale, elle se trouve rapidement une autre copine dont on sait très peu de choses. Elle est arrivée à l’école en bagnole (c’est donc… une fille à papa! Qui est donc super riche! Ou fille de marchand d’armes! Ou les trois!) et a donc cette attitude mystérieuse et cette aura agréable avec sa chevelure qui dépasse l’entendement. On sent l’opposition de caractères mais la sauce prends, les deux filles font connaissance et deviennent rapidement les meilleures amies du monde, vous savez, le genre de
duo inséparable qui ne parle pas trop au reste du monde. La vie de lycée suit son cours dans sa grande insignifiance : l’une attends l’autre pour aller à l’école le matin, l’autre parle de ses cours de sport, de la bonne grosse vie quotidienne qu’on peut aimer QUAND ON A LE TEMPS DE PRENDRE SON TEMPS. De temps en temps on revient à ce duel à mort à l’enjeu inconnu, on switche régulièrement entre les deux. Du coté fantastique, ça se met sur la gueule mais cette dernière ne l’ouvre jamais. Qui ne dit mot consent : elle se connaissent… et les coiffures et tronches sont étonnamment ressemblantes et cette couleur des yeux qui correspond.

« – Bon, le parallèle n’est pas subtil, il n’est pas fait pour être subtil. Que va-t-il se passer? Elle vont être catapultées dans une dimension parallèle? Forcées au duel à mort? Remarque, il reste plus beaucoup de temps. Hé, dans le monde rationnel elles ont l’air de beaucoup se tripoter, peut être que cette baston est une métaphore sympa : la défaite veut en fait dire que l’une va coucher avec l’autre. Non, c’est le NoFap qui me fait dire ça. En fait j’ai peur que ce soit une métaphore sur l’amitié à reconquérir mais faisons confiance au truc. »

Les choses se passent comme ça, lentement, sans que rien n’évolue des deux cotés. En fait les deux copines rentrent déjà en cinquième… et un changement s’opère : elles ne sont plus dans la même classe. C’est triste, mais elle se verront pendant les récrés, entre les cours… et comme souvent les plans de ce genre de se font pas : la plus exubérante des deux copine rapidement avec la loli prof de sport (WTF) – le combat surnaturel fait toujours son petit effet, ça s’envoie des crânes maléfiques enchaînés à la gueule. Force bleue tends la main de temps en temps, avec ce petit air « Tu me pardonnes? » passif assez mignon mais ça ne prends pas de l’autre coté. Tiens, un troisième personnage apparaît, toujours aussi « mécanique », il observe le combat de loin. (Et c’était une unique apparition de quatre secondes montre en main)

De retour dans notre monde, cette belle amitié capote un peu. Après tout ces beaux moments passés dans ces endroits un peu cliché (ce fameux rivage très banlieue Tokyoïte qui revient souvent avec ses escaliers en pierre) et – preuve d’amitié ultime – le cadeau d’un petit strap de portable étoilé (ce qui confirme définitivement le parallèle pour ceux qui auraient encore des doutes) les deux filles s’éloignent lentement. Enfin, l’une s’occupe un peu moins de l’autre mais cette dernière commence à prendre la mouche… et disparaît mystérieusement. L’autre commence à paniquer, aucune réponse sur le portable… et rapidement l’inquiétude se concrétise – sa copine est portée disparue. Panique…

 « Oh shit. Ca se précise mais ne perdons pas espoir, il peut encore y avoir une explication à tout cela. Les animes sont très portés sur la gestion de l’amitié et la notion de perte, tout ça peut encore avoir un sens, même si il reste que cinq minutes. Believe! »

vlcsnap-2011-01-18-02h49m51s251.pngNotre petite collégienne sentimentale revient donc sur un des lieux passés avec elle où elle retrouve ce fameux strap. Basculement de degré, la voilà aspirée dans la musique des sphères, halo lumineux et tout le bazar habituel à l’appui. Dans la dimension fantastique, le combat à l’air de définitivement pencher en la faveur de force bleue. Force verte est acculée… et reçoit un câlin réparateur avant de disparaître, dans une séquence qui aurait pu être un peu plus touchante si elle aurait pas été aussi prévisible. Entre deux, dimension « medium » façon fin d’Ocarina Of Time où la collégienne rencontre son alter égo aux yeux flamboyants, aux « Flaming Eyes », j’ai envie de dire… « je veux retrouver ma copine! » « -ok! » « Comment t’appelles tu? » « Je suis… BLACK ROCK SHOOTER »

  » 😀 ? « 

 Générique cruel. Séquence finale où les deux filles sont à nouveau réunies… et là loli sportive regarde les deux filles avec un no-air assassin, comme si elle venait de se faire piquer sa nouvelle copine, bref la boucle est bouclée avec ce fameux troisième personnage fantastique.

 « OMG ILS L’ONT FAIT. TOUT CA EST UNE PARABOLE SUR L’AMITIE. POURQUOI. QUEL INTÉRÊT. AUCUNE EXPLICATION. AUCUN DÉVELOPPEMENT. SOMEBODY FETCH ME MY MACBOOK, JE DOIS BLOGGER »

C’est tout. C’est foutrement TOUT. Mato, Yomi, BRS et… Dead Master. Comment savoir comment s’appelle l’équivalent démoniaque? Impossible à savoir, il faut juste connaître l’unives périphérique pour ça. Juste! Ca me troue! Il ne se passe RIEN! La totalité du scénario se résume à « La reconquête d’une amitié de
façon métaphorique et symbolique » et c’est impossible d’aller plus loin, plus détaillé. Ce qu’on sait des deux persos rationnels? Pas grand chose, l’une des deux à un petit frère et… c’est… tout… ce qu’on sait des deux personnages métaphoriques? Aucun mot, aucune parole, juste cinq minutes de baston qu’on pourrait mettre bout à bout. Entre les deux, de la tranche de vie. La diégèse vaut peanuts, surtout avec un temps narration qui prends son temps. Mettez ça à coté de Bakuman, l’un atomise l’autre et l’un des deux se permet de rester dans un cadre super réaliste, normal, c’est son mantra. Je pourrais râler sur ce coté balancement des degrés dans B★RS. L’autre univers a-t-il une valeur précise, existe-t-il vraiment ailleurs que dans nos têtes?
Faut croire, puis qu’on doit comprendre que tout ça est découpé dans l’ordre suivant : arc réaliste, arc fantastique, séq
 uence post générique. Ca paraît le plus évident… surtout avec le troisième perso qui « scrute » au loin ce combat symbolique. Je peux vraiment pas m’empêcher de penser que c’est beaucoup d’air chaud pour pas grand chose et je parle en connaissance de cause, je suis un maître es bluff certifié en remplissage! Ca me tue! Pourquoi lancer des pistes sans les exploiter? Pourquoi lancer autant de codes graphiques, d’être plongé dans un univers régi par des gimmicks géométriques sympas avant d’en être tiré aussi vite sans une foutue explication? Je suis obligé d’admettre que la progression du scénario est forcément motivé par une éventuelle histoire d’amour entre les deux filles, toujours très tactile et putain on ne se bat pas à mort, ne serait-ce que conceptuellement, pour des histoires de peine entre deux filles… de cinquième? Le public est-il aussi sensé avoir douze ans? Quel genre de message c’est?

 Pas de réelle innovation, il ne se passe rien, explication supra minimaliste, l’anime donne toutes les clés du mystère dès le départ (pas besoin d’être un routinier des codes narratifs) donc on s’attend à ce qui se passe, ça arrive, on est frustrés et on va probablement le reste ad vitam puisqu’une suite n’a pas l’air d’être dans les
tuyaux. Le personnage est donc bien plus quelque chose qui s’apprécie dans son « aura », dans la production amatrice (si ce n’est pas le cas de base, ce qui est possible sans être négatif) mais on peut pas employer de gimmicks comme ça, ce titre, cette étoile, cette conjonctivite bleutée… tout ça n’a pas de sens si il n’y a pas d’univers derrière. Rah, les amis, énorme gâchis, surtout avec une animation si sympa et un chara design si bien foutu. Rien à faire, si vous matez pas ça d’un bon oeil, tout vous paraîtra mauvais et la musique aide rarement avec son coté super générique.

vlcsnap-2011-01-18-02h50m22s33.png Là je suis en train de penser que si un combat fantastique d’alter-égos se déroule quelque part à chaque fois que j’ai un différend passif avec une personne qui me tiens à coeur… non, en fait, je ne sais vraiment pas quoi en penser!

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