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Post placé sous le signe de la nostalgie sophistiquée!

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Intense moment de connexion spirituelle ce Vendredi dernier, vers neuf heures du soir. Tommy Tallarico, anglais américain limpide et corporate – aucun accent, juste ce ton très fluide du Massachussets – monologue sur scène. Le nom complet de ce type, je l’ai appris il y a cinq secondes en allant sur Wikipédia, l’occasion d’apprendre qu’il est le cousin de Steven Tyler… le leader d’Aerosmith, pour ceux qui ne tilteraient pas. Tommy nous dit donc cette phrase qu’il répète probablement à longueur d’année « Dans la vie, j’ai deux passions (à ce stade, on sait tout quelle va être la suite mais c’est toujours agréable à entendre) la musique… et les jeux vidéos.

Et là, le temps s’arrête, la diégèse s’arrête totalement pour un maximum de narration, grossomodo on va faire une pause pour réfléchir un peu… Tommy, tu peux pas savoir comme je suis d’accord. C’est probablement le cas de beaucoup de personnes présentes ici et là bas mais je partage ces deux priorités absolues. Bosser en périphérie de l’industrie musicale serait déjà un grand kiff (l’équivalent d’éditeur hey pourquoi pas) et les jeux vidéos… occupent un nombre à deux chiffres dans le pourcentage de mes hobbys! Du coup, si on mixe les deux…

… on obtient le rêve absolu : faire de la musique en jeux vidéo a.k.a. les jeux de rythme. Comment? C’est pas ça la réponse? Il fallait dire « les musiques de jeux », celles de l’émission « Oscillations » de Nolife ou une fille avec l’accent de la porte de Bagnolet dis des trucs un peu au hasard? Je suis pas vraiment d’accord, ça pue le piège cette histoire, disons que les OST sont une catégorie de musique bien particulière, pas plus. Au final, y’a que Tommy qui réalise concrètement ses deux passions dans ses folles soirées, nous on est juste là à regarder et à apprécier… parce qu’au final, je serais incapable de sortir quatre ou cinq compositeurs différends, je saurais pas nommer telle ou telle piste connue bref je suis un très gros béotien dans le domaine des OST – où la Dreamcast reste mon meilleur souvenir personnel, Jun Senoue, merci pour tout. Tout ça pour dire que si on mêle les notions « musique » et « jeux vidéos » on obtient deux résultats qui n’ont rien à voir.

Fin de la bulle temporelle! Sur scène nous pouvons voir Tomm…

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Marcus? Effectivement, le Video Games Live est un show à l’américaine qui a légitimé sa « French Touch » avec … Marcus qui passait par là et en commençant son monologue par « Bonjour les petits amis du VGL », c’était original! Je me rappelle plus trop ce qu’ils nous a dit mais je me souviens de la propension qu’à eu mon appareil photo à ne
prendre que des clichés flous. D’ailleurs, il n’a pas vraiment fait l’intro, c’était plus comme une première partie, un bonus placé tout au début avant même qu’on éteigne les lumières. Bien bien bien.

Le Video Games Live c’est donc un peu comme une grosse bande de troubadours qui font le même show autour du monde de manière stakhanoviste (ce qui donne des expressions de fous du genre « pour aujourd’hui on a répété deux heures) et c’était la troisième performance française… et donc parisienne, ce dix-sept décembre dernier. C’est un peu comme n’importe quel concert classique : ils ont un répertoire qu’ils tentent de fournir au fil du temps et ils nous jouent des trucs différends de temps en temps. Y’a une pause, des petites pastilles, le mec ne parle qu’en anglais et on avait même le bonheur d’être assis : du luxe et c’était pas une petite salle comme la loge ou la Boule Noire nan nan nan, on était arrivés en plein Palais des Congrès, ce bâtiment maousse costaud qu’on trouve dans ce très grand rond point, juste après la rue où il y avait ce lycée qui m’a appris que j’avais mon bac avec mention padmentionpassable. Quand je dis « on » je parle de moi et … Ilpa qui m’a offert cette soirée en cadeau de Noël! Hé oui, je me la pète, j’ai des amis formidables, vous pouvez pas test. Merci infiniment donc, super initiative. En avant après une séance d’Harry Potter amputée du premier quart d’heure pour cause de, surprise, ponctualité bof dans la ligne 1 pour débouler directement dans le complexe et son hall qui fait très « convention-dans-un-couloir » avec ses groupes de gens, ses consoles rétro installées tranquillement quelque part et sa borne Guitar Hero qui attendait la mort sagement. On entre dans l’arène en direction du deuxième rang, on fait les fous fous fous parce que le destin te met du Super Mario World sur le grand écran (c’est forcément un signe) et on se retourne pour constater que le truc n’est paaaas totalement rempli. A la limite, au milieu du truc tu pouvais faire des déplacement stratégiques pour te trouver une autre place, personne n’aurait râlé avec un peu de discrétion mais j’aimais bien être devant la scène, même si… comme d’habitude, les intervenants et le guitariste nous on snobés et son restés au centre et à droite de la scène. Tommy a daigné enfin venir nous voir pour faire un petit solo sur la fin et c’est tout. Tain, convention sur convention, je vais finir par croire que je pue!

D’ailleurs parlons un peu des gens. Je comptais arriver-repartir pépère tranquille sans rien dire à personne mais au delà des quelques Thalistes qui m’ont prouvé que j’avais tord et que j’ai croisé parce qu’ils … ont court circuité mon radar, les salauds (et j’ai même fait des autographes! Je me la repête grave! Même si en tant que fier représentant des gauchers-pas doués, écrire n’importe quoi avec la tremblote debout n’est pas quelque chose à refaire) il y avait la fine problématique du public, je me demandais si on allait être dans un cadre bien cliché boutonneux, si le bazar serait plus familial où si on allait se retrouver comme à l’opéra, avec l’élite bien habillée et les petits bésicles. C’est bête mais je pencherais plutôt pour la première catégorie parce que dès qu’une fille (rendez vous compte, une fille! Avec des SEINS! Et… un VAGIN) débarque c’est wohlolo excitation maximale, c’est quand même bizarre qu’une flûtiste cosplayée en Zelda obtienne une standing ovation alors que l’orchestre et sont boulot sont zappés passivement, comme si ils faisaient partie du décor. Le public a aussi eu un peu tendance à huer tout et n’importe quoi (l’évocation de WoW n’a pas plu, allez comprendre) et l’excitation générale a un peu blousé un moment capital dans la soirée, j’y reviens. Bon évidemment je parle pour deux trois nigauds à l’échelle d’une salle, je vais pas faire de généralités non plus!

En gros, voilà comment ça marchait. Lancement d’une petite vidéo absurde parodiant PacMan avec Junior KickStart de The Go! Team (le fanservice passif et involontaire continue, je suis comme à la maison) Tommy-le-Terrien nous introduit son orchestre, fait un petit speech sur les jeux à venir, l’orchestre joue un morceau correspondant, en fond visuel il y a des images tirées du jeu et on recommence… ce qui donnait parfois cette impression d’être dans un mélange entre Fantasia et l’E3. A partir de là il y a plein de remarques à faire mais voilà pour le format de base… je ne trouverais rien à redire sur l’interprétation en elle même, toujours joussive et bien huilée, même sans sangle! De base je pense que le truc gagnerait à être plus visuel. Quand je sors ce qualificatif je parle pas des effets de lumières un peu cheap où on peut voire des ziguiguis se balader sur les extrémités de la salle ou des projecteurs épileptiques qui rendaient un peu dingue sur les refrains d’un morceau à la fin, non je parle de vraies interactions entre l’image et le son. Parfois, pour illustrer tel ou tel truc on nous sort des images assez mal montées de captures prises dans le jeu ou… d’une façon plus audacieuse, des archives historiques pour illustrer l’OST de Medal Of Honor. Là, c’était une très bonne ou une très mauvaise idée, pas de compromis possibles! Faudrais qu’il réussissent cet objectif à atteindre une certaines synesthésie, qu’ils travaillent un peu plus leurs effets. Je sais pas, on peut facilement associer telle ou telle époque à telle ou telle couleurs ou paquet de couleurs, quelque chose dans le genre.

En parlant d’époque… je saurais pas ressasser les jeux évoqués dans l’ordre mais je me souviens très bien de Castlevania, Bioshock, Medal Of Honor, Final Fantasy VII, Street Fighter, Wow, Diablo III, Uncharted, Mass Effect, Chrono Trigger, Portal… et le logo du VGL est, je le rappelle, un space invaders. WOW PAYE TA NOSTALGIE DES
ANNEES 2005, IL FUT UN TEMPS QUE LES MOINS DE CINQ ANS NE PEUVENT PAS CONNAITREUUUH. C’est dommage. Dom-mage. Vraiment un des trucs qui accentue cette sensation du « E3 civil » parce qu’on a évoqué
très peu de vieilleries, classiques ou pas… j’imagine que chaque playlist a ses propres tendances mais là c’était surtout de la 360 des années 2000. Encore une fois : dommage. Après, ce format était agrémenté de quelques petites pépites et moments forts.

– Des transitions marrantes sur grand écran. Les animations « Versus » (Sonic versus Pac Man, Contra Versus Duck Hunt etc etc) étaient toujours un petit régal d’humour, là pour le coup on alliait divertissement et nostalgie. D’autres petits minimalistes comme le Top 10 des mauvais doublages ou des jeux aux noms pourris/scabreux ont fait leur apparition mais ça restait très secondaire, comme des éléments pris à part d’un gros « zapping » indépendant. C’était bien, ils devraient pas hésiter à en mettre un peu plus, surtout quand des choix un peu bizarres ralentissent le rythme – Par exemple, Timmy est quelqu’un de super bizarre. Il explique que son chef d’orchestre du soir est polyglotte et qu’il file le fluent french. Bien, très bien, parfait mais… Ce mec n’a pas pu en caser une de la soirée alors quoi le fuck? Nous on a tous compris parce qu’on « baigne dedans » de base mais les gosses, ceux qui comprennent pas l’anglais ont eu pour seul moment frenchy une interview en live du producteur d’une grosse licence française (Moi et pas mal d’autres gens dans le public: « Rayman rayman rayman rayman ») made in Ubisoft (« RAYMAN FTW ») qui nous a parlé … du prochain Heroes and Might and Magic (« Hoooooo ») c’était perturbant, pas super super intéressant, un moment promo un peu sorti de nulle part. Pas rédhibitoire quoi mais de quoi faire retomber une sauce durement acquise… double effet kisscool un peu étrange.

Gros moment de la soirée que je devine être un running gag : Timmy demande à deux personnes de monter sur la scène et de, successivement, faire une partie de Frogger en 90 secondes, l’orchestre devant improviser sur la partie. Amusant de voir d’une part que les deux premiers se sont chiés dessus comme pas permis alors que le troisième a pu poser pour le restant de ses jours mais que l’impro… on l’entendait pas beaucoup parce qu’on était trop occuppés à huer les gens mauvais! C’est vrai qu’on était très impliqués dans l’instant un peu dingue du truc mais j’aurais bien pu analyser un peu comment cette « impro » fonctionnait, bon pas trop de secrets hein, la « marche » est une petite tournerie agréable vaguement country, une perte de vie c’est un grand « zdoooïng » en fin de mesure etc etc. Assez hallucinant comme instant, j’aimerais bien le revivre.  

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Toujours dans ces petites phases d’interaction sympas il y a eu cette prestation de Guitar Hero, offerte par le jeune John Bob qui avait au préalable gagné un tournoi organisé juste avant. Le gars connait donc bien son sujet, on l’invite sur scène, on lui met Guitar Hero Van Halen (et c’est donc loin d’être du petit lait) et et et on lui met (Moi, toujours « Eruption, Cathedral, Spanish Fly qu’on rigole un peu) … Jump. Le mec a pu faire le score requis pour gagner ses goodies sans aucun problème mais petite déception, en même temps c’était surtout pour permettre au gratteux, au vrai, de faire le même morceau bien impeccable en parallèle. Hésitez pas à montez un peu la difficulté du challenge les gars!

L’orchestre a parfois laissé la place à des gens qu’on pourrait croire invités d’un soir mais non, ce sont une base de musiciens triés sur le volet, souvent recrutés sur Youtube – un quatuor déguisé Mario, une flûtiste Zelda qui fait la gueule à sa Navi toutes les deux secondes, la chanteuse des jeux Blizzard qui fait le « Ahnaéha » de WoW. Revoir toutes ces images de taverne me donnent envie de ressortir ces screens douteux où je danse  en calbute avec un autre mec en pleine auberge à Tanaris mais bref – mini hors sujet aussi pour le coté « actualité » de cette édtion du Video Games Lives où Tommy à commencé à nous parler de sa passion de Tron, de l’enthousiasme qu’il avait face au remake qui sortait le même jour aux States et du fait que Daft Punk faisait la bande son (« omg omg OMG ») mais non, z’ont juste refait la bande son de l’original et je dois avouer que ça m’a donné envie de découvrir la série par le remake, étant plutot hermétique à la nostalgie dégagée par ce film que tout le monde semble parodier (et donc de comprendre enfin d’ou vient le Moïse de South Park) – enfin, c’est toujours délicieux d’avoir une petite pincée mémétique avec deux petits trolls, volontaires, involontaires, personne ne saura jamais : le Guile’s Theme (qui va avec tout même avec Bible Black) et One Winged Angel qui n’est pas qu’un tropes célèbre mais aussi un morceau de Final Fantasy VII que tout le monde semble avoir trop entendu. Pas moi, je suis un gros noob dans la série et ça me donne bien envie d’offrir le treize qui est à que dalle là actuellement. Oh mon dieu ça n’as tellement pas de rapport, c’est épatant!

Voilà tout ce qui me vient en tête sur le fond et la playlist. L’exécution en elle même était tout ce qu’il y a de plus classique, on entendait très peu tout instrument plus « jeune » – la balance du guitariste qui fait quand même un show de trois heures était super effacée, j’aurais aimé voir un peu plus de … personnalisation dans tel ou tel jeux. Les gars, vous pouvez mettre du clavier, de l’orgue, un peu de percus en plus voire une batterie, appellez donc les They Might Be Giants ils sauront quoi faire!

Après petite déception dont je suis le seul responsable : dehors il neige comme vache qui pisse des flocons d’avoine et je me suis dit qu’on allait rater les derniers transports en commun. Se barre comme des voleurs pendant qu’ils vous mettent « Still Alive », je vous dis pas le coup de pied en pleine poitrine… surtout si vous avez encore
des rames une demi-heure plus tard. Instinct pourri pour cette fois mais je saurais m’en souvenir!

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Excellente soirée donc. Aucune concurrence à ce que je sache, espérons juste qu’ils étoffent leur playlists, leurs invités, leurs happenings et qu’ils hésitent pas à faire évoluer visuellement la chose. Aucun doute à avoir sur la reconduite du truc l’année prochaine, je serais très probablement de la partie hors cas de décès intempestif, c’est dit!

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2 Responses to End of line

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