Daily Archives: 20 novembre 2010

Joyeuseries musicales – Fetes 10

Alors bien entendu si vous suivez ce blog depuis la page « globale » la moitié du contenu de ce post, vous le connaissez déjà. Je n’ai jamais indiqué les références dans le baromêtre parce que j’aime à penser qu’en voyant certains titres vous allez (probablement plusieurs fois) vous dire « Aaaaah c’était çaaaa. »

De là à poursuivre le procédé régulièrement, je sais pas mais j’aime bien ce gimmick de mettre « l’air en tête du moment », à vocation de recyclage plus ou moins régulier. Bon, en attendant, je reprends ce gimmick mais comme promis je compte n’en faire que trois, cette fois si, sous condition qu’on arrive jusque là bien évidemment. Vous connaissez la règle du jeu : on lance, et si on connaît on hurle dans sa tête ou sous la douche!

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 Tribe – Outside

 Shoegazing! Boston, Massachaussettes! Nous sommes dans un contexte où une grosse partie de la mise en place du morceau est à moitié automatiquement acquise : voix classiquement féminine, guitare très présente et délayée à fond : il faut chaaaaanteeeeer l’émotioooon du momeeeeent avec beaucoup de conviction avec un ton très haut perché. L’intégralité du morceau est en disco flip ce qui peut faire un vrai petit exercice rythmique et de coordination pour les batteurs… j’aime bien ce pont, on dirait presque la structure d’un canon : la ligne de gratte plus batterie qui se répète, puis le clavier, puis enfin le chant qui hurle comme si il n’y avait pas de lendemain. C’est dommage, la réputation de ce groupe n’a jamais vraiment dépassé sa ville natale… alors en Europe et plus précisement, bonjour éclectisme. Peut être que certains Américains connaissent des petites productions alsaciennes? En tout cas, après la dissolution du groupe, trois de ses membres vont fonder… Harmonix, ce qui justifierait… éventuellement… la présence de cette piste… dans un jeu de rythme récent hmm hmm.

The Beatles – Across The Universe

Pour continuer et finaliser l’un des runnings gags de l’année… écouter sérieusement toute une discographie de douze albums, ça prends du temps et c’est avec une certaine détente des oreilles que j’ai fini Let It Be et c’est sans aucune hésitation CE morceau qui m’a le plus marqué pour cette très intense fin de discographie. Etonnant de penser que les Fab Fours étaient persuadés de faire du moins bon matériel après la mort de Brian Epstein… là, tout est radicalisé, chacun prends des directions bien définies et le rockabilly des débuts est loin, vraiment loin. Aujourd’hui, une majorité des groupes font le même type de son sur les huit ans, voire le double…

Across The Universe est donc une piste de rupture certes mais cette thématique spatiale ne peut être qu’un d’un charisme certain – surtout si tout dans cette chanson veut reproduire cette « ambiance ». La voix métallisé de Jon Lennon qui n’était de toute façon pas vraiment de ce monde est une bonne base, rajoutez ces … choeurs? Cet espèce de son indéfinissable, céleste, impossible à reproduire et le sitar qui fait planer. Tu écoutes ça, tu voles et c’est une propriété qui a maintenant 40 ans… ce morceau est très actuel dans un sens et le son est diffusé par certaines sondes en orbite. C’est d’une poésie rare… je suis vraiment très très fan de reproduire ce son « aérien », ce que très peu de gens arrivent à faire auojurd’hui, peut être Kate Bush et d’autres solistes. En attendant, je me la passe en boucle et j’oublie tout.

Des tas de gens l’ont repris (même Placebo, vive le contre-sens) mais c’était jamais aussi bien!

Florence + The Machines – Cosmic Love

On ne se fait pas avoir par le break, ne mettez pas le son à fond… parce qu’on est dans l’archétype là aussi très féminin (je déconne pas, regardez Babes in Toyland et autres Hole) du stop and go : on arrête, on reprends… et on s’époumone sur le chorus parce qu’on est super sérieux. On reste dans le spatial : morceau tout aussi énigmatique mais bien plus énervé. Le spectre sonore est quasi géométrique : on enchaîne trois vagues avec deux énormes rectangles parce qu’on pousse les pistes à FOND! Grosse caisse quasi militaire et voix grondante qui ferait presque penser à une bonne grosse Björk©. Sauf que … Florence Welsh est née en 1986 et elle est donc plus jeune que la moitié d’entre vous, je sais, c’est déprimant! Habituellement je ne suis pas vraiment fan de ce format « grosse personnalité et groupe prétexte derrière » mais les compos de la petite Londonienne sont toujours un régal parce qu’ils ont en commun un esprit vraiment flippé – et son travail est très accessible puisqu’il n’existe actuellement qu’un seul album, nommé Lungs – très très qualitatif malgré sa pochette moche. Il faut garder confiance dans les productions actuelles! Je vais briser un peu le mythe en sortant que cette piste à pratiquement été pensée par terre, les dents du fond baignantes après une soirée arrosée… c’est le septième single sorti de cet album de 2009, il y a de quoi penser sur la dimension « prenante » des six précédents. Du coup, si vous réentendez ça un peu partout dans les séries de la saison qui arrive, Brigade Temporelle, ne soyez pas étonnés. 

Sourya – Anatomy Domine

C’était tellement 2009! Morceau très varié aux morceaux très avariés : tout ce qui est chanté est un peu chiant, le reste est impeccable. Sourya est une formation française qui n’arrive pas à se démettre des clichés inhérents aux pop-songs en anglais composées par des froggies : du sample, de la répétition, des voix électroniques, des petits morceaux de synthé, comme du Daft Punk ou du Justice en bien moins radical. Le truc c’est que ce premier album a été chaperonné par un gus commun à Phoenix et Cassius et on va finir par se dire un jour ou l’autre que la scène française tourne complètement en boucle. Pour trouver la bonne compo anglophone ou pas – il faut rester dans le méconnu, voir le cryptique.

MAIS! Tout ce qui est instrumental dans ce gros paquet est formidable. Ne serait-ce que cette première séquence de « Hoo hoo hooooo » où mis en fond sonore, n’importe quel être humain paraîtrait gracieux, aussi moche et mal foutu qu’il soit… puis après deux trois minutes de tourneries électoïdes on se tape se passage que j’aime beaucoup, tout simplement parce qu’il… pourait très bien sortir d’un Sonic. Ce genre d’harmonies, ça ne vous dit rien? Franchement, accelèrez un peu ça et ça nous fait un tout nouveau jingle bien badass
pour un futur et donc impossible bon volet de la série. Grosse guitare virile qui navigue dans la pentatonique, enrichissement avec ce « ding ding » super bath et hop, riff sur-efficace. Mince, je donne l’impression du mec qui fait semblant d’être technique, c’est tellement débauché.

Electric Six – Down At Macdoneldzzz

Aaaaaah Electric Six. Là aussi je pourrais ça classer dans le « Rock Geek » à coté de Tenacious D parce que très curieusement, ça semble être un groupe beaucoup plus connu par ce type de population… et il n’y a pas de réelle explication derrière, ce n’est qu’un jugement très subjectif. En tout cas je bénis Electric Six pour
être un de ces groupes rarissimes qui osent et assument parfaitement ces formules rock qui ont plus d’une vingtaine d’années. Je parle autant des réflexes que du son de gratte à proprement parler : bien sec et puissant, rarement garni d’artifices et d’effets… ce qui est prodigieux quand on est un groupe extrêmement centré sur les cordes! C’est super débridé, méga dansant avec ces accords de piano en contre temps… pas mal et c’est un des très nombreux éléments d’une disco déjà bien varié (on frise le stakhanovisme avec un album par année) qui se répandent très bien sur Internet, les singles récents étants volontairement abolis. Ca mélange pas mal de genres (ce petit lorgnage constant vers la New-Wave est absolument délicieux) et ce son
est tellement énergique, tellement revigorant pour des paroles soit humoristiques, soit pessimistes. Ce culte du feu et des symboles est apprécié (oui je dois vous avouer que je suis un peu pyromane) et cette voix qui débite ce super délieur à une vitesse folle, performance. Les disques récents ne sont pas aussi indispensables que leur  première galette, Fire, celle qui contient les morceaux qui doivent vous dire quelque chose (Danger! High Voltage – Gay Bar) merci Damien pour cette découverte. Damien C. Les autres, changez de prénom!

The Go! Team – T.O.R.N.A.D.O.

 Yeaaaaah. C’est une exclusivité ça, cet acronyme est le tout premier morceau du troisième album de la méga-hybride formation de Brighton, Rolling Blackouts, qui sortira en Janvier… et croyez moi que j’attends ce disque comme j’attends une nouvelle saison de Lost : ça va être génial et plein de morceaux de bravoure. Pourquoi? Parce que le groupe ne cherche pas trop à s’éloigner de son concept de base. Bien sûr, on aimerait voir un peu d’innovation mais la formule des deux premiers albums était similaire avec des petits éléments qui variaient : Thunder Lightning Strike était plus instrumental, Proof Of Youth plus « rapoïde » et bruitiste mais on sentait toujours l’immense et formidable bordel qui leurs servent de compositions. Tu prends de la musique, tu la secoues, hop tu récolte ça. Encore Ninja au micro (et c’est son nom de scène, pas son hobby) qui débite sa ligne toujours aussi incompréhensible, mais l’essentiel est bien sûr derrière avec cette kilotonnes de bruits étranges et de synthés venus d’ailleurs, arrangés de façon toujours très loufoque – les « tatatsin » en after-beat sont à la fois entraînants et anxiogènes – de la trompette, de l’écho, ces gars là touchent à tout et le font bien, parce que leurs compos ne sont pas toutes aussi rapides et ils maîtrisent aussi les longues ballades acoustiques qui s’enrichissent progressivement! En l’occurrence, vous avez le droit d’appuyer sur play, de mettre le son à fond et de bouger vos p’tits bras, c’est complètement fait pour ça.

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 Supergrass – Grace

« Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, vous n’êtes pas obligés de faire du Dance Rock avec des guitares d’avant 1920… » ben oui mais c’est un fait : les Anglais adorent ce type de son. Un matériel bien twangy (les Rockbandistes : pensez à Conventionnal Lover) un tempo à fond les bananes, de préférence deux grattes qui se répondent rythmiquement et hop, vous avez ce style dansant et ultra efficace cultivé par les Hives, Franz Ferdinand ou … Supergrass. Que je confonds parfois avec Supertramp, un peu comme Deep Purple et Dire Straits mais ne vous en faites pas, le kharma me punit bien avec un nom complet archi allitératif que les gens adorent confondre. J’ai donc eu la chance de comprendre que Supergrass ce n’est pas qu’Allright grace (pouet) à Lego Rock Band qui l’utilise en toute première piste. Je ne sais pas ce que ce « Save Your Money For The Childrens » ultra spammé veut dire mais c’est un régal à jouer, chanter, écouter… même si y’a pas grand chose de nouveau derrière tout ça. Trois bons accords, petit break, petite montée en palm-muting et vas-y que j’harmonise classieusement avec mes deux potes pendant que le batteur est en train de se pêter une cheville. Tendez bien l’oreille pour répère un clavier super discret… SAVE YOUR MONEY GO Tsin tsin tagada tagada tsouin tsouin. C’est vu, revu, rerevu trente fois et ça marche toujours aussi bien. Prenez en de la graine, faites votre tube dansant chez vous en pensez à moi quand vous gagnerez des milliards!

Snow Patrol – Make This Go On Forever

Oh yeah tiens en parlant d’énergie je dois avouer que les formations spécialisées dans le geignard sont un de mes vices cachés, l’année dernière je sortais Chasing Cars et ben à ce stade on va pouvoir boucler l’album Eyes Open en 2022, c’est bien. Gros quota émo donc, l’histoire de la chanson on la repère à trente kilomêtres, on parle ici de pur mal-être amoureux, des fleurs, des nuages et des abeilles… mais pas comme les Rita Mitsuko, ici on est dans le pur premier degré que je tolère tout à fait, le même élèment qui font que d’autres supportent My Chemical Romance… mais moi j’aime bien Snow Patrol, ils ont leur propre définition de l’épique! Comparez ça à Chasing Cars, vous verrez que la formule est la même : couplet tranquille pour faire monter la sauce et refrain super puissant qui vient s’enrichir au fur et à mesure, encore et encore, on repête deux fois le dernier refrain et on ramasse les morceaux au piano avant de passer au morceau suivant. Là aussi, c’est transparent, efficace et… il y a de quoi aimer ça, avant de composer des poêmes et d’aller voir Monsieur le Coin. Bon, je fais le mec qui prends de la distance mais c’est faux, j’adore me laisser embarquer dans ce genre d’ambiance un poil émo… parce que c’est puissant, fourni, avec un gros gros SONG. Avé l’accent. Fun fact : le chanteur a appris qu’il officiait avec la machoîre cassés depuis huit ans… ça doit peut être expliquer la nature écorchée des textes!

Yes ! – Roundabout

Bondieudebondieu ce que j’aime ce morceau. Il fallait que j’en mette au moins un de Rock Band 3, et celui là et le plus gentil du podium sataniste du jeu… mais wow grosse joie en lisant ce mot dans l’annonce progressive de la stelist. Roundabout c’est un peu le dernier rempart du groupe avant sa dégringolade dans la période eighties, massive, grasse et encombrante comme un chamallow géant. Roundabout est une excellente signature du meilleur du groupe : morceau long au possible, intro cool à la douze-cordes, arrive de ce riff de basse très connu… et hop, on enchaîne diverses phases, dont ce pseudo-refrain tranquille mais néanmoins épique. Clavier à la limite de l’orgasmique (et dans le contexte ça devait l’être encore plus) et surtout, un jeu harmonique pas piqué des vers au chant… essayez de distinguer les trois voix. Pas évident, surtout que les deux plus hautes échangent régulièrement… et comparez avec le deuxième refrain, c’est un peu différent! Ca tue, non? Et c’est que la première partie… après ça s’énerve, le batteur va souffrir, démentiel solo de clavier… ne l’essayez pas d’ailleurs, votre main va mourir et vous êtes attaché à votre main, donc fatalement! Dommage juste que la longueur exige juste quelques … petits remplissages (je ne dénonce pas, do doo doo doo doo) mais sinon c’est du tout bon, ça c’est de la musique, putaing. Le progressif, j’aimerais le vivre mais c’est un peu tard alors les zicos il va falloir forcer un peu les choses et faire naître des tendances, je compte sur vous.

Fountain of Wayne – Stacy’s Mom

Alors là je sais pas si je dois avoir honte ou pas pour surkiffer ce morceau. Je n’ai aucune idée de la popularité du titre ET du groupe dans l’hexagone (il trainaît dans mon Itunes, je sais pas comment il est arrivé là) mais j’aime bien prendre ce morceau un degré en dessous de sa véritable visée : respectivement une chanson épique alors qu’elle n’est surement que parodique… quand même, une chanson d’amour pour une MILF, voilà voilà hein – surtout que le clip met en scène un petit gamin ce qui donne un petit coté pas innocent du tout, je recommande. Bref c’est aussi la formule du morceau qui est pas évidente à assumer, archi classique et « tubesque » mais je tombe dedans avec plaisir, même si la longue intro à la Punk Californien tire un peu l’ensemble vers le bas. J’ai pris cette fourchette précise pour que vous puissiez comparer les deux derniers refrains : ils ont pas mal de trucs qui divergent… pour le deuxième, faites bien attention à taper des mains, c’est très important! On imagine bien le topo des étudiants qui s’éclatent entre deux cours, sur le campus, au coin du feu, je pense pas être trop loin de la vérité. C’est probablement un gros hit sur les bandes FM ricaines et il le vaut bien, après tout on peut être sympa ET matraqué! Messieurs d’Harmonix, chartez nous tout ça s’il vous plaît, ça rentre exactement dans tout les critères, il y a même une petite piste clavier pour débutants.

Moi je me demande si vous fantasmez sur le fait d’offrir des roses en costard quand vous faites crac crac avec votre main droite?

The Flaming Lips – The Spark That Bled

ATTENTION FANBOYISME. Il me reste très peu de disque des Lips à découvrir (les tout premiers en fait, j’ai peur de toucher à de veilles hontes oubliées) mais ces temps ci et pour survivre à ce rude mois de Novembre je me suis ressorti The Soft Bulletin, le best. Album. Ever. C’est celui qui retranscrit le mieux l’appétence cosmique – décidemment – du trio… et parmi l’avalanche de pistes de génies (Race For The Prize, A Spoonful Weights A Ton, Buggin’ et le génial-géniali-génialo What Is The Light?) The Spark That Bled est non seulement un morceau à se tirer quinze balles de suite (youpi, vous savez ce moment où vous êtes super heureux pour quelque chose et qu’après tout ce temps vous pigez… que c’était juste dans votre tête) mais aussi une chanson histoire super complexe qu’on pourrait presque diviser en plusieurs mini-morceaux… les Lips ont parfois le talent de chanter des phrases sur-niaises et de leur enlever tout cet aspect niais, simpliste, tellement la conviction derrière est profonde. Là on sort d’un petit pont tranquille, Wayne Coyle reprends la parole et hop la guitare démarre au quart de tour comme un petit banjo, à la batterie c’est un peu souple et fou, ça s’arrête, ça reprends, ça démarre, ça harmonise, c’est le paradis les potes. J’aime parce que ça retranscrit beaucoup d’émotions, ça vous en fait vivre quelques unes mais c’est aussi très crypté et assez dingue. Du grand Lips, de la grande musique.

The Doors – Touch Me

 … et on termine avec l’ami Jim et sa voix de ténor sensuel. Ca contraste tellement avec le plus connu de la discographie : UN PEU D’ENERGIE HEIN. Je dis pas qu’il était neurasthénique mais beaucoup de chansons des Doors sont basées sur la suggestion, les demi-mots, la tranquillité… des compositions très tranquilles, très posées qui contrastent avec cette très entraînante incitation au viol mutuel et consentant… mmh, ces accords de claveçin me rendent tout fou, dommage que cette piste soit pas aussi appuyée sur les enregistrementde base. Sinon, rien à dire, c’est intouchable.

J’aurais vraiment été honnête et représentatif, j’aurais foutu un morceau de Beirut mais je me le garde sous le coude… et là je suis sensé vous faire un topo sur Jonathan Coulton, les They Might Be Giants et le concept qu’est le morceau « Fingertips » mais le MP3 est un champion du cache-cache alors ce sera peut être pour une prochaine fois. En attendant, écoutez de la musique et prenez du bon temps.

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