Monthly Archives: novembre 2010

Anvilicious

Encore une aventure palpitante! L’autre soir je rentre de la fac après avoir passé deux heures à faire des cadavres excquis débiles devant un prof qui n’aurait pas remarqué une guerre nucléaire dans sa classe (on aurait pu lire l’Anthologie du Coït à la place de La Condition Humaine que ce serait quand même passé) et je me pose devant Canal + qui diffusait une petite séquence qui s’appelait quelque chose du genre « 30 Secondes avant tel évènement historique » dans un style très South Park dans l’âme. Bon comme prévu ce n’était absolument pas drôle (pas aussi peu drôle que la « Vie des Jeunes » de Riad Sattouf qui était à se tirer une balle de consternation) maaaais au moins ça me rappelait l’existence de la série originale. En France, niveau dessin animé pour adultes, on a … pas grand chose, si ce n’est rien. Au moins, de l’autre coté de l’Atlantique, ils ont Bob’s Burger, copie de American Dad, copie de Family Guy, copie des Simpsons… l’animation Américaine est un peu consanguine mais les débuts de ces séries étaient toujours sains, solides, drôles quoi. Dans ce dernier exemple, on a juste l’impression de voir un show sous assistance respiratoire (le tout premier épisode de la 22è saison des Simpsons, qui parodiait Glee, était à caguer par terre à se rouler dedans) mais les débuts étaient sympa. 

 Pour en revenir à South Park, il faut commencer à se demander si la série ne prends pas le même chemin. Les dates de diffusions correspondent à deux périodes de l’année bien précises (entre Octobre et Décembre, puis entre Mars et Mai) et la quinzième saison va amorcer la dernière période du contrat… jusqu’à un renouvellement plus que probable. La quatorzième vient à peine de se terminer et il est temps de se poser quelques questions sur l’avenir de la série et de poser un petit bilan, à défaut de le déposer…


Image-1-copie-3.pngLe truc avec South Park c’est qu’on peux lui accorder le mérite de l’évolution. Ce n’est ni positif, ni négatif mais un fait, le show se transforme au fur et à mesure! Exactement comme dans les Simpsons, on peut distinguer plusieurs périodes du show, définies par plusieurs critères qualitatifs. Là c’est relativement simple, on peut raisonner en « tout-les-cinq-ans. ».

Souvenez vous de la toute première saison : il y avait un running gag super puissant – à chaque début d’épisode, Parker et Stone (les deux créateurs, donc) faisaient un petit commentaire sur l’épisode à suivre, dans un chalet enneigé au coin du feu. Rien que ces petites pépites introductives étaient hilarantes, remplies d’humour de dialogue, de gags visuels, tout ça était très proche de ce que fait Jon Lajoie aujourd’hui… et on était même pas encore dans le show a proprement parler, c’était comme une « exposition de talent ». Les épisodes démarraient, avec leur maladresse technique très attendrissante (le tout premier est le seul a avoir été entièrement animé à la main) maladresse qui est devenue un concept, voire une image de marque… et ça contribuait à l’humour très efficace du truc. Bien sûr, c’était pas encore vraiment corrosif ni aussi vulgaire qu’on pouvait l’imaginer de retour vers 97 mais les scénarios ne se prenaient pas la tête et sortaient de nulle part, toujours en poussant le délire et l’imagination des auteurs (Un éléphant fait l’amour à un cochon, Damien, Conjonctivite…) jamais un kopec de référence à l’actualité, juste l’installation des personnages, des catchphrases que nous connaissons tous etc. Evidemment, l’un des deux personnages piliers de la série (Cartman, si vous vous demandez) n’est encore qu’un sale gosse très intolérant, limite nazillon mais toujours en cultivant une certaine « innocence » naïve et enfantine. Kenny meurt à chaque épisode, Stan et Kyle sont interchangeables, il se passe n’importe quoi en ville… c’est pas encore hilarant mais ça se mate très bien.

Après les saisons 2, 3 et 4 constituent le fin du fin dans l’histoire de la série : cette maladresse graphique totale est toujours là et les intrigues sont toujours aussi… inédites dans le sens où South Park reste un monde à part, détaché de toute influence du monde extérieur (donc de celui des scénaristes) et même les languedeputages envers telle ou telle célébrité sont marrants et cohérents : ce running gag avec Barbara Streisand (où sa tête est affichée aux quatre coins de l’épisode Halloween avec le poisson tueur. POUR LE FUN.) est un délice, c’est pas quelque chose qui handicape le rythme ou surtout les intrigues… ça reste dans une dimension « gratuite », régressive, des petites piques lancées un peu comme ça en l’air.

Le truc ultime c’est que le show est régressif sans être vulgaire : même si les insultes et les gros mots tombent, le doublage français est parfait et chaque inflexion, chaque phrase sonne comme une super pépite comique. Vous savez, les « woputainhé » et dans Varicelle, quand le Doc dit « Wow, vous êtes vraiment cons! » avant de se barrer une demi seconde plus tard. La voix de Stan et de Cartman sont des petits délices car les doubleurs arrivent parfaitement à faire les sales gosses qui disent des trucs d’adultes « Mais pourquoi j’ai pas mes rèèèèèègleuuuuuuh § » c’est super drôle. Y’a même des libertés prises en VF « à l’hopitalssykiatrique! » qui provoquent l’hilarité, comme ça, sans rien demander en retour, c’est top. Les personnages ne sont pas spécialement développées, ça reste quatre gamins à la tête interchangeable et la population assez délirante d’une ville en décor de fond… et on s’embarrasse pas des règles de « normalité » de la fiction, il peut arriver n’importe quoi, sans souci de retombées logiques derrière. Les zombies débarquent? Osef! Les pirates fantômes? AGROUGROUM § Hop, parodie sur-hilarante de Scooby Doo, 20 minutes de lolerie totale. Le show hésite même pas à blaguer sur la zoo/pédo/nécrophilie, l’inceste, autant de thèmes rupins qui passeraient moins bien de nos jours… et ça passe! Et c’est drôle! Et c’est tellement rare!

Au delà de ces épisodes à la randomerie un peu évidente il y a ces petits trucs à part qui sont uniquement là pour introduire des persos. Parfois, ils sont drôles mais un peu en dessous (Timmy, Tweek, Craig) voire carrément ratés de chez ratés (je pense pas que la parodie des Grandes Espérances aie fait rire quelqu’un)

« Bah euh une fois dans la rue, j’ai vu deux mecs se rouler une pelle! J’ai eu du mal à en croire mes yeux et quand j’écoute votre radio, j’ai du mal à en croire mes oreilles! »

Ce genre de réplique est à la fois atroce et géniale, mais elle ferait bizarre dans un épisode récent, pas assez rationalisé, trop spontané. Aujourd’hui, on sent des précautions mises là et là… mais on est pas encore à ce stade. Là, Cartman dit « Ta gueule, salope » à sa mère, et c’est toujours drôle… pas de contraintes, pas de
limites, ils se lâchent. La NAMBLA qui manque de violer Cartman (et Butters qui y passe, probablement), le groupe FingerBang, les Chinpokomons… on sent sur la fin de cette période que les phénomènes de société commencent à inspirer le saint duo mais c’est pas encore gênant et ça donne des épisodes toujours aussi régressifs, rythmés et bien écrits. Je vais te faire pan pan tout au bout de mon doigt ~

A partir de ce point…

« South Park gagne un niveau! On dirait que South Park va évoluer. » En passant sur cette cinquième saison, Parker et Stone se sont bien gardés d’appuyer sur B car le show a effectivement évolué, et « Scott Tenormann doit mourir » en est un parfait exemple. Cette nouvelle « ère » montre de base un graphisme … enfin une animation plus travaillée, plus fluide, moins Monty Python Flying Circus quoi. Ca défonce moins les rétines et la « naïveté » s’en va un peu, surtout au niveau de Cartman qui passe du gosse irrévérencieux au monstre pré pubère qu’il est aujourd’hui. Ironiquement, ce dérapage total de personnage fait changer le propos de la série tout entière, ou la progressivement on commence à prendre les choses un peu plus au sérieux… pas dans le traitement mais dans le fond. Vous vous souvenez de ce nouvelle album des Fatal Picards qui a fait gueuler les gens? C’est un peu le même souci. C’était toujours très drôle mais l’actualité et les « repères du monde réel » se multipliaient comme des petits pains messianiques. Ca commence par « Oussama Ben Laden Pue Du Cul » qui était entouré par pleins d’autres petites randomeries rigolotes, puis soudain les gars se sont dits qu’il allaient nous faire une figure de style… et prendre la mort de Kenny au sérieux. Ben ouais, à chaque épisode depuis le début de la série il faisaient semblant de nous mettre une gentille petite morale à la fin en la parodiant façon Animaniacs – alors autant en mettre une vraie, émouvante… même si Cartman fait chanter « Heat Of The Moment » à tout le congrès dans le seul but de cloner un fast food. Toujours ce balancement…

Et là commence l’arc « Butters remplace Kenny » et jusqu’à la saison 9, on rentre dans une espèce de mixité avec les figures de style, les randomeries habituelles et… la critique de divers phénomène de société! Les gothiques, le sida (bon ce n’est pas un phénomène de société j’avoue) la métrosexualité… ou alors la moitié des épisodes sont centrés autour de Cartman et de ses frasques. Le reste, c’est Paris Hilton, Mel Gibson… sans attaques directes, toujours avec des scénarios périphériques toujours déjantés et bien écrits… mais on glisse. Ca évolue, mais ça glisse. L’action se déplace un peu : le point est davantage focalisé sur « l’évènement crétin du jour » que sur le quatuor en lui même… et les messages à capter deviennent de plus en plus subtil. Avant, c’était graphique, jeté à la figure sans avertissement préalable, j’ai une petite préférence pour ce mode de fonctionnement… parce qu’on est pas loin de la quatrième colonne. Aujourd’hui, elle est partout, souvenez vous du tout récent Fishsticks qui occultait un peu le conflit interne des deux gars avec la blague sur Kayne West!

Enfin, la saison 10 a agi de transition vers une direction totalement différente. Le duo Cartoon Wars partait d’une intention couillue mais les effets kiskools ont été énormes pour le reste de la série :

– Déjà ça a lancé cette mode quasi inévitable des épisodes en arcs, ce qui est assez flemmard en plus de pomper l’air

– Cette histoire de censure et de Mahomet est LE truc qui leur a pêté dans les mains. A partir de cette histoire de caricatures, Comedy Central a flippé et le duo s’est fait avoir à son propre jeu : il censurent l’apparition de Mahomet avant de délivrer un gentil message de tolérance et de liberté d’expression. Évidemment qu’ils n’ont pas apprécié, malheureusement pour nous ils se vengent un peu passivement en consacrant le reste de la série à la critique de phénomènes récents… ou de figures de style, toujours. Vous vous souvenez peut être de « La Couple Stanley » où Stan prends en charge une équipe de poussins en hockey, comme dans les petits films attendrissants et familiaux du genre… sauf que non évidemment, il se font massacrer par des mastodontes trentenaires et le petit cancéreux meurt en soufflant « plus d’espoir » après avoir maté le match. Ambiance, ambiance… dans ce cas précis, la satyre ne dure que… 30 secondes pour un épisode de 22 minutes et là je pose une question : où est l’interêt de gâcher autant de temps? Foncièrement, ça devient de moins en moins drôle… tout est toujours rattrapé par Cartman/Butters/Randy Marsh qui devient le personnage principal de pas mal d’épisodes. Pire : le truc s’installe dans un schéma comique qui se repère de plus en plus
facilement – le tropes Only Sane Man. Vous installez une absurdité totale et globale que TOUT le monde semble accepter et soulignez, et vous suivez le point de vue du seul mec blasé qui comprends pas ce qu’il se passe, exactement comme vous. On passe d’un humour régressif et rythme à quelque chose de plus absurde, qui fait comme semblant de taper sur les doigts mais sans vraiment le faire parce que toujours traité assez affectueusement… bon au moins on évite l’étalage des références pop-culture, hé, c’est déjà épatant. 

Et et et là jusqu’à aujourd’hui il y a comme un truc qui me pompe l’air, je suis peut être pas le seul : les sagas. Depuis trois ans, CHAQUE DEMI SAISON comporte son truc en deux ou trois parties… c’est à dire beaucoup d’épisodes avec des intrigues inédites! Des concepts inédites! Des vannes, des UNIVERS inédits! Le souci est là : si la saga en elle même n’est pas bonne ni drôle, que va-t-il se passer? … le niveau baisse et le fan est triiiiiste comme le Panda du harcèlement sexuel.

(Après vérification, toute la saison 13 est « individuelle » ! Et ben tant pis j’ai l’air con.)

… mais quand même! 200 et 201 n’étaient vraiment pas nécessaire, surtout pour relancer cette histoire de Mahomet… pour se reprendre le boomerang cette fois clouté dans les dents (ils étaient à deux doigts de se prendre une fatwa dans la face) puisqu’ils ont du censurer une minute entière de … morale. Bien joué les gars, vous avez merdé sur toute la ligne. Le reste? Se foutre de tel star, de tel concept récent… mais de façon moins rythmée, un peu plus molle, attendue… et les seuls passages marrants sont les délires de Randy, un peu comme l’importance qu’à pris Hal au fil de Malcolm. C’est dingue, j’ai l’impression que le passage en 16/9 a été une baisse de qualité conséquente pour un paquet de séries comiques.

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 C’est tellement frustrant… parce que même dans cette attitude le show est super inégal. Il peut enchaîner un truc vraiment raté à d’autres épisodes hilarants (non mais Crême Fraîche hein) mais toujours cette lenteur, cette ambiance beaucoup plus posée… les gosses grandissent sans grandir physiquement… à moins que ce ne soit Parker et Stone qui grandissent. Le doublage français, lui, n’est plus aussi inspiré depuis quatre/cinq ans et ça n’aide pas non plus. Faut peut être nous mettre les auteurs de Skins sur le coup… oh non remarque, surtout pas. En gros, on passe d’une série comique à la critique du vraie monde et ça passe pas aussi bien.

Quid de l’avenir de South Park? C’est triste mais il faudrais que ça s’arrête rapidement, ça ne peut pas être optimiste. Bien sûr il y aura encore quelques épisodes bien drôles mais l’esprit de base n’est plus là depuis longtemps et ils n’arrivent pas à vraiment évoluer vers quelque chose de plus satisfaisant alors autant s’arrêter maintenant avant d’en arriver au stade de la pompe à fric… ou alors tout ça n’est qu’un complot généralisé pour nous rediriger vers ce récent boom des séries d’horreur?

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Mario Maso 3×01

Oglon, oglonnes!

Je crois que je viens de faire une grosse bêtise! Une bêtise un peu aléatoire puisqu’elle reposera intégralement sur un petit plot twist qui ne devra pas tarder à arriver. En attendant, on se refait les dents sur un rom nommée Muncher Tower… mais c’est super laborieux!

Je veux dire, il n’y a aucune performance là, c’est vraiment très mauvais et il n’y a pas énormément d’interêt, le coté « dépassement de soi » habituel n’est même plus présent! Un démarrage difficile, au diesel. Au moins, je sous-estime la difficulté d’une rom sensée remettre à niveau… où tout est exigu et le moindre saut millimétré!

En plus comme vous l’aurez compris le moral est tooooout petit mais ça me donne un petit coté verbeux pas piqué des néologismes. Si je repête « Mars! Mars! » comme un débile c’est parce que j’était persuadé de m’être trompé et d’avoir sorti « Avril » dans le premier paquet. Du coup ça me fait passer pour un … ugh

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Joyeuseries musicales – Fetes 10

Alors bien entendu si vous suivez ce blog depuis la page « globale » la moitié du contenu de ce post, vous le connaissez déjà. Je n’ai jamais indiqué les références dans le baromêtre parce que j’aime à penser qu’en voyant certains titres vous allez (probablement plusieurs fois) vous dire « Aaaaah c’était çaaaa. »

De là à poursuivre le procédé régulièrement, je sais pas mais j’aime bien ce gimmick de mettre « l’air en tête du moment », à vocation de recyclage plus ou moins régulier. Bon, en attendant, je reprends ce gimmick mais comme promis je compte n’en faire que trois, cette fois si, sous condition qu’on arrive jusque là bien évidemment. Vous connaissez la règle du jeu : on lance, et si on connaît on hurle dans sa tête ou sous la douche!

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 Tribe – Outside

 Shoegazing! Boston, Massachaussettes! Nous sommes dans un contexte où une grosse partie de la mise en place du morceau est à moitié automatiquement acquise : voix classiquement féminine, guitare très présente et délayée à fond : il faut chaaaaanteeeeer l’émotioooon du momeeeeent avec beaucoup de conviction avec un ton très haut perché. L’intégralité du morceau est en disco flip ce qui peut faire un vrai petit exercice rythmique et de coordination pour les batteurs… j’aime bien ce pont, on dirait presque la structure d’un canon : la ligne de gratte plus batterie qui se répète, puis le clavier, puis enfin le chant qui hurle comme si il n’y avait pas de lendemain. C’est dommage, la réputation de ce groupe n’a jamais vraiment dépassé sa ville natale… alors en Europe et plus précisement, bonjour éclectisme. Peut être que certains Américains connaissent des petites productions alsaciennes? En tout cas, après la dissolution du groupe, trois de ses membres vont fonder… Harmonix, ce qui justifierait… éventuellement… la présence de cette piste… dans un jeu de rythme récent hmm hmm.

The Beatles – Across The Universe

Pour continuer et finaliser l’un des runnings gags de l’année… écouter sérieusement toute une discographie de douze albums, ça prends du temps et c’est avec une certaine détente des oreilles que j’ai fini Let It Be et c’est sans aucune hésitation CE morceau qui m’a le plus marqué pour cette très intense fin de discographie. Etonnant de penser que les Fab Fours étaient persuadés de faire du moins bon matériel après la mort de Brian Epstein… là, tout est radicalisé, chacun prends des directions bien définies et le rockabilly des débuts est loin, vraiment loin. Aujourd’hui, une majorité des groupes font le même type de son sur les huit ans, voire le double…

Across The Universe est donc une piste de rupture certes mais cette thématique spatiale ne peut être qu’un d’un charisme certain – surtout si tout dans cette chanson veut reproduire cette « ambiance ». La voix métallisé de Jon Lennon qui n’était de toute façon pas vraiment de ce monde est une bonne base, rajoutez ces … choeurs? Cet espèce de son indéfinissable, céleste, impossible à reproduire et le sitar qui fait planer. Tu écoutes ça, tu voles et c’est une propriété qui a maintenant 40 ans… ce morceau est très actuel dans un sens et le son est diffusé par certaines sondes en orbite. C’est d’une poésie rare… je suis vraiment très très fan de reproduire ce son « aérien », ce que très peu de gens arrivent à faire auojurd’hui, peut être Kate Bush et d’autres solistes. En attendant, je me la passe en boucle et j’oublie tout.

Des tas de gens l’ont repris (même Placebo, vive le contre-sens) mais c’était jamais aussi bien!

Florence + The Machines – Cosmic Love

On ne se fait pas avoir par le break, ne mettez pas le son à fond… parce qu’on est dans l’archétype là aussi très féminin (je déconne pas, regardez Babes in Toyland et autres Hole) du stop and go : on arrête, on reprends… et on s’époumone sur le chorus parce qu’on est super sérieux. On reste dans le spatial : morceau tout aussi énigmatique mais bien plus énervé. Le spectre sonore est quasi géométrique : on enchaîne trois vagues avec deux énormes rectangles parce qu’on pousse les pistes à FOND! Grosse caisse quasi militaire et voix grondante qui ferait presque penser à une bonne grosse Björk©. Sauf que … Florence Welsh est née en 1986 et elle est donc plus jeune que la moitié d’entre vous, je sais, c’est déprimant! Habituellement je ne suis pas vraiment fan de ce format « grosse personnalité et groupe prétexte derrière » mais les compos de la petite Londonienne sont toujours un régal parce qu’ils ont en commun un esprit vraiment flippé – et son travail est très accessible puisqu’il n’existe actuellement qu’un seul album, nommé Lungs – très très qualitatif malgré sa pochette moche. Il faut garder confiance dans les productions actuelles! Je vais briser un peu le mythe en sortant que cette piste à pratiquement été pensée par terre, les dents du fond baignantes après une soirée arrosée… c’est le septième single sorti de cet album de 2009, il y a de quoi penser sur la dimension « prenante » des six précédents. Du coup, si vous réentendez ça un peu partout dans les séries de la saison qui arrive, Brigade Temporelle, ne soyez pas étonnés. 

Sourya – Anatomy Domine

C’était tellement 2009! Morceau très varié aux morceaux très avariés : tout ce qui est chanté est un peu chiant, le reste est impeccable. Sourya est une formation française qui n’arrive pas à se démettre des clichés inhérents aux pop-songs en anglais composées par des froggies : du sample, de la répétition, des voix électroniques, des petits morceaux de synthé, comme du Daft Punk ou du Justice en bien moins radical. Le truc c’est que ce premier album a été chaperonné par un gus commun à Phoenix et Cassius et on va finir par se dire un jour ou l’autre que la scène française tourne complètement en boucle. Pour trouver la bonne compo anglophone ou pas – il faut rester dans le méconnu, voir le cryptique.

MAIS! Tout ce qui est instrumental dans ce gros paquet est formidable. Ne serait-ce que cette première séquence de « Hoo hoo hooooo » où mis en fond sonore, n’importe quel être humain paraîtrait gracieux, aussi moche et mal foutu qu’il soit… puis après deux trois minutes de tourneries électoïdes on se tape se passage que j’aime beaucoup, tout simplement parce qu’il… pourait très bien sortir d’un Sonic. Ce genre d’harmonies, ça ne vous dit rien? Franchement, accelèrez un peu ça et ça nous fait un tout nouveau jingle bien badass
pour un futur et donc impossible bon volet de la série. Grosse guitare virile qui navigue dans la pentatonique, enrichissement avec ce « ding ding » super bath et hop, riff sur-efficace. Mince, je donne l’impression du mec qui fait semblant d’être technique, c’est tellement débauché.

Electric Six – Down At Macdoneldzzz

Aaaaaah Electric Six. Là aussi je pourrais ça classer dans le « Rock Geek » à coté de Tenacious D parce que très curieusement, ça semble être un groupe beaucoup plus connu par ce type de population… et il n’y a pas de réelle explication derrière, ce n’est qu’un jugement très subjectif. En tout cas je bénis Electric Six pour
être un de ces groupes rarissimes qui osent et assument parfaitement ces formules rock qui ont plus d’une vingtaine d’années. Je parle autant des réflexes que du son de gratte à proprement parler : bien sec et puissant, rarement garni d’artifices et d’effets… ce qui est prodigieux quand on est un groupe extrêmement centré sur les cordes! C’est super débridé, méga dansant avec ces accords de piano en contre temps… pas mal et c’est un des très nombreux éléments d’une disco déjà bien varié (on frise le stakhanovisme avec un album par année) qui se répandent très bien sur Internet, les singles récents étants volontairement abolis. Ca mélange pas mal de genres (ce petit lorgnage constant vers la New-Wave est absolument délicieux) et ce son
est tellement énergique, tellement revigorant pour des paroles soit humoristiques, soit pessimistes. Ce culte du feu et des symboles est apprécié (oui je dois vous avouer que je suis un peu pyromane) et cette voix qui débite ce super délieur à une vitesse folle, performance. Les disques récents ne sont pas aussi indispensables que leur  première galette, Fire, celle qui contient les morceaux qui doivent vous dire quelque chose (Danger! High Voltage – Gay Bar) merci Damien pour cette découverte. Damien C. Les autres, changez de prénom!

The Go! Team – T.O.R.N.A.D.O.

 Yeaaaaah. C’est une exclusivité ça, cet acronyme est le tout premier morceau du troisième album de la méga-hybride formation de Brighton, Rolling Blackouts, qui sortira en Janvier… et croyez moi que j’attends ce disque comme j’attends une nouvelle saison de Lost : ça va être génial et plein de morceaux de bravoure. Pourquoi? Parce que le groupe ne cherche pas trop à s’éloigner de son concept de base. Bien sûr, on aimerait voir un peu d’innovation mais la formule des deux premiers albums était similaire avec des petits éléments qui variaient : Thunder Lightning Strike était plus instrumental, Proof Of Youth plus « rapoïde » et bruitiste mais on sentait toujours l’immense et formidable bordel qui leurs servent de compositions. Tu prends de la musique, tu la secoues, hop tu récolte ça. Encore Ninja au micro (et c’est son nom de scène, pas son hobby) qui débite sa ligne toujours aussi incompréhensible, mais l’essentiel est bien sûr derrière avec cette kilotonnes de bruits étranges et de synthés venus d’ailleurs, arrangés de façon toujours très loufoque – les « tatatsin » en after-beat sont à la fois entraînants et anxiogènes – de la trompette, de l’écho, ces gars là touchent à tout et le font bien, parce que leurs compos ne sont pas toutes aussi rapides et ils maîtrisent aussi les longues ballades acoustiques qui s’enrichissent progressivement! En l’occurrence, vous avez le droit d’appuyer sur play, de mettre le son à fond et de bouger vos p’tits bras, c’est complètement fait pour ça.

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 Supergrass – Grace

« Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, vous n’êtes pas obligés de faire du Dance Rock avec des guitares d’avant 1920… » ben oui mais c’est un fait : les Anglais adorent ce type de son. Un matériel bien twangy (les Rockbandistes : pensez à Conventionnal Lover) un tempo à fond les bananes, de préférence deux grattes qui se répondent rythmiquement et hop, vous avez ce style dansant et ultra efficace cultivé par les Hives, Franz Ferdinand ou … Supergrass. Que je confonds parfois avec Supertramp, un peu comme Deep Purple et Dire Straits mais ne vous en faites pas, le kharma me punit bien avec un nom complet archi allitératif que les gens adorent confondre. J’ai donc eu la chance de comprendre que Supergrass ce n’est pas qu’Allright grace (pouet) à Lego Rock Band qui l’utilise en toute première piste. Je ne sais pas ce que ce « Save Your Money For The Childrens » ultra spammé veut dire mais c’est un régal à jouer, chanter, écouter… même si y’a pas grand chose de nouveau derrière tout ça. Trois bons accords, petit break, petite montée en palm-muting et vas-y que j’harmonise classieusement avec mes deux potes pendant que le batteur est en train de se pêter une cheville. Tendez bien l’oreille pour répère un clavier super discret… SAVE YOUR MONEY GO Tsin tsin tagada tagada tsouin tsouin. C’est vu, revu, rerevu trente fois et ça marche toujours aussi bien. Prenez en de la graine, faites votre tube dansant chez vous en pensez à moi quand vous gagnerez des milliards!

Snow Patrol – Make This Go On Forever

Oh yeah tiens en parlant d’énergie je dois avouer que les formations spécialisées dans le geignard sont un de mes vices cachés, l’année dernière je sortais Chasing Cars et ben à ce stade on va pouvoir boucler l’album Eyes Open en 2022, c’est bien. Gros quota émo donc, l’histoire de la chanson on la repère à trente kilomêtres, on parle ici de pur mal-être amoureux, des fleurs, des nuages et des abeilles… mais pas comme les Rita Mitsuko, ici on est dans le pur premier degré que je tolère tout à fait, le même élèment qui font que d’autres supportent My Chemical Romance… mais moi j’aime bien Snow Patrol, ils ont leur propre définition de l’épique! Comparez ça à Chasing Cars, vous verrez que la formule est la même : couplet tranquille pour faire monter la sauce et refrain super puissant qui vient s’enrichir au fur et à mesure, encore et encore, on repête deux fois le dernier refrain et on ramasse les morceaux au piano avant de passer au morceau suivant. Là aussi, c’est transparent, efficace et… il y a de quoi aimer ça, avant de composer des poêmes et d’aller voir Monsieur le Coin. Bon, je fais le mec qui prends de la distance mais c’est faux, j’adore me laisser embarquer dans ce genre d’ambiance un poil émo… parce que c’est puissant, fourni, avec un gros gros SONG. Avé l’accent. Fun fact : le chanteur a appris qu’il officiait avec la machoîre cassés depuis huit ans… ça doit peut être expliquer la nature écorchée des textes!

Yes ! – Roundabout

Bondieudebondieu ce que j’aime ce morceau. Il fallait que j’en mette au moins un de Rock Band 3, et celui là et le plus gentil du podium sataniste du jeu… mais wow grosse joie en lisant ce mot dans l’annonce progressive de la stelist. Roundabout c’est un peu le dernier rempart du groupe avant sa dégringolade dans la période eighties, massive, grasse et encombrante comme un chamallow géant. Roundabout est une excellente signature du meilleur du groupe : morceau long au possible, intro cool à la douze-cordes, arrive de ce riff de basse très connu… et hop, on enchaîne diverses phases, dont ce pseudo-refrain tranquille mais néanmoins épique. Clavier à la limite de l’orgasmique (et dans le contexte ça devait l’être encore plus) et surtout, un jeu harmonique pas piqué des vers au chant… essayez de distinguer les trois voix. Pas évident, surtout que les deux plus hautes échangent régulièrement… et comparez avec le deuxième refrain, c’est un peu différent! Ca tue, non? Et c’est que la première partie… après ça s’énerve, le batteur va souffrir, démentiel solo de clavier… ne l’essayez pas d’ailleurs, votre main va mourir et vous êtes attaché à votre main, donc fatalement! Dommage juste que la longueur exige juste quelques … petits remplissages (je ne dénonce pas, do doo doo doo doo) mais sinon c’est du tout bon, ça c’est de la musique, putaing. Le progressif, j’aimerais le vivre mais c’est un peu tard alors les zicos il va falloir forcer un peu les choses et faire naître des tendances, je compte sur vous.

Fountain of Wayne – Stacy’s Mom

Alors là je sais pas si je dois avoir honte ou pas pour surkiffer ce morceau. Je n’ai aucune idée de la popularité du titre ET du groupe dans l’hexagone (il trainaît dans mon Itunes, je sais pas comment il est arrivé là) mais j’aime bien prendre ce morceau un degré en dessous de sa véritable visée : respectivement une chanson épique alors qu’elle n’est surement que parodique… quand même, une chanson d’amour pour une MILF, voilà voilà hein – surtout que le clip met en scène un petit gamin ce qui donne un petit coté pas innocent du tout, je recommande. Bref c’est aussi la formule du morceau qui est pas évidente à assumer, archi classique et « tubesque » mais je tombe dedans avec plaisir, même si la longue intro à la Punk Californien tire un peu l’ensemble vers le bas. J’ai pris cette fourchette précise pour que vous puissiez comparer les deux derniers refrains : ils ont pas mal de trucs qui divergent… pour le deuxième, faites bien attention à taper des mains, c’est très important! On imagine bien le topo des étudiants qui s’éclatent entre deux cours, sur le campus, au coin du feu, je pense pas être trop loin de la vérité. C’est probablement un gros hit sur les bandes FM ricaines et il le vaut bien, après tout on peut être sympa ET matraqué! Messieurs d’Harmonix, chartez nous tout ça s’il vous plaît, ça rentre exactement dans tout les critères, il y a même une petite piste clavier pour débutants.

Moi je me demande si vous fantasmez sur le fait d’offrir des roses en costard quand vous faites crac crac avec votre main droite?

The Flaming Lips – The Spark That Bled

ATTENTION FANBOYISME. Il me reste très peu de disque des Lips à découvrir (les tout premiers en fait, j’ai peur de toucher à de veilles hontes oubliées) mais ces temps ci et pour survivre à ce rude mois de Novembre je me suis ressorti The Soft Bulletin, le best. Album. Ever. C’est celui qui retranscrit le mieux l’appétence cosmique – décidemment – du trio… et parmi l’avalanche de pistes de génies (Race For The Prize, A Spoonful Weights A Ton, Buggin’ et le génial-géniali-génialo What Is The Light?) The Spark That Bled est non seulement un morceau à se tirer quinze balles de suite (youpi, vous savez ce moment où vous êtes super heureux pour quelque chose et qu’après tout ce temps vous pigez… que c’était juste dans votre tête) mais aussi une chanson histoire super complexe qu’on pourrait presque diviser en plusieurs mini-morceaux… les Lips ont parfois le talent de chanter des phrases sur-niaises et de leur enlever tout cet aspect niais, simpliste, tellement la conviction derrière est profonde. Là on sort d’un petit pont tranquille, Wayne Coyle reprends la parole et hop la guitare démarre au quart de tour comme un petit banjo, à la batterie c’est un peu souple et fou, ça s’arrête, ça reprends, ça démarre, ça harmonise, c’est le paradis les potes. J’aime parce que ça retranscrit beaucoup d’émotions, ça vous en fait vivre quelques unes mais c’est aussi très crypté et assez dingue. Du grand Lips, de la grande musique.

The Doors – Touch Me

 … et on termine avec l’ami Jim et sa voix de ténor sensuel. Ca contraste tellement avec le plus connu de la discographie : UN PEU D’ENERGIE HEIN. Je dis pas qu’il était neurasthénique mais beaucoup de chansons des Doors sont basées sur la suggestion, les demi-mots, la tranquillité… des compositions très tranquilles, très posées qui contrastent avec cette très entraînante incitation au viol mutuel et consentant… mmh, ces accords de claveçin me rendent tout fou, dommage que cette piste soit pas aussi appuyée sur les enregistrementde base. Sinon, rien à dire, c’est intouchable.

J’aurais vraiment été honnête et représentatif, j’aurais foutu un morceau de Beirut mais je me le garde sous le coude… et là je suis sensé vous faire un topo sur Jonathan Coulton, les They Might Be Giants et le concept qu’est le morceau « Fingertips » mais le MP3 est un champion du cache-cache alors ce sera peut être pour une prochaine fois. En attendant, écoutez de la musique et prenez du bon temps.

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Les règles sympas d’Haruhi Fujioka

Tenez, je vous ai mis un petit lien vers un Formspring tout neuf. J’étais très réticent mais après les premières questions je suis assez rassuré sur la portée du site alors n’hésitez pas à y poser une question sur le blog, sur son traitement ou sur ma pomme, sérieuse ou pas, comme vous le souhaitez, si vous désirez voir comment ça se passe un peu de « l’autre coté ».  

Oh la la les amis il m’arrive souvent d’être de mauvaise humeur mais là c’est carrément exécrable alors pour tous nous sauver je vous propose la vision d’un anime aux vertues DROLATIQUES. Le genre « anime pouêt pouêt » est quelque chose qui m’est franchement étranger, je pense qu’on pourrait sans trop de risques y classer Excel Saga qui brille surtout par son doublage français vraiment très réussi et, dix ans plus tard, Baka To Test… qui était sympa sans être génial. Evidemment il y en a pleins d’autres mais c’est les seuls exemples qui me viennent à l’esprit, fatalement! Si je développe ce néologisme, disons qu’on pourrait limiter ça à un anime qui privilégie l’écriture des runnings gags et des effets comiques au delà du scénario – pour revenir à Baka To Test, des runnings gags, il n’y avait QUE CA. Là on prends le même décor, les mêmes personnages : un lycée, des lycéens… mais on change la condition social de ces derniers, parce que cette année il pleuvra encore à la fête de l’huma, ce sera la faute des bourgeois DES BOURGEOIS.

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 Je ne sais plus trop comment j’ai entendu parler de Ouran High School Host Club (encore un nom inutilement rallongé, un peu comme le cancer colorectal) – peut être de façon très implicite, sans jamais trop savoir de quoi on parlait… puis suite à un extrait diffusé lors de l’unique convention collector Lovin’ Japan on me l’a personnellement recommandé et j’ai mis ça dans un coin de tête… le plus étrange après avoir vu le-dit extrait c’est que je me doutais que Ouran High School aurait pu être une production plus très récente du début des années 2000 : Quatre-tiers tardif, animation et tracé qui n’a plus grand chose à voir avec aujourd’hui… je trouve FullMetal Alchemist mieux animé, c’est dire. D’ailleurs, il faut savoir que c’est Bones qui s’en est occupé, et Bones est le meilleur studio du monde, qu’on se le schtroumpfe dans le schtroumpf.

C’est pourtant un anime de 26 Episodes dont la diffusion a commencé en 2006, un espèce d’anachronisme a lui tout seul… et attention, ce truc est livré avec un autre gros piège : si vous matez un extrait, de loin, isolé de tout contexte, la chose va vous sembler vraiment mauvaise, mais je le répète, c’est un piège.

Japon! De nos jours! Lycée Ouran! C’est un établissement réservé aux gens de haute classe, l’élite, les huppés. Il faut avoir des pépéttes pour s’y inscrire, les murs sont tapis d’or et on mange des lingots au petit-déjeuner, bref c’est un lycée privé. Haruhi Fujiyoka y débarque exceptionnellement malgré sa « caste » un peu pourrie, via des bonnes notes quoi, comme à Sciences Po. Haruhi débarque donc avec ses cheveux en bataille et son pull bien crasseux, à la recherche d’un coin tranquille pour bosser. Qu’il y a-t-il derrière les portes de la fameuse « troisième salle de musique? » Six lycéens en uniformes, formant le host club, phénomène un peu nippon qui actualise un peu le concept de gigolo. Des filles y viennent, les paient et ils leurs accordent un peu de temps en leur donnant du thé, des gâteaux et en leur sussurant des mots doux à l’oreille… ce genre de chose. Cette belle bande de bras cassés prennent donc leur boulot à coeur et pensent qu’Haruhi est là en quête d’amour viril, on assiste donc à une présentation rapide traitée comme une collection assumée de poncifs Yaoi : vous avez le monolithique à lunettes qui dit rien, le shota trognon, les jumeaux farceurs et la grande bajasse blonde… et c’est sur ces entrefaits qu’Haruhi casse un vase précieux et contracte une dette infinie au club. Comment se faire rembourser? Travailler en tant que nouvel hôte… s’ensuit une séquence où Haruhi subit un « upgrade social et vestimentaire » et là attention ressort comique : Haruhi est une fille! Comme Maria Holic… mais inversé! C’est donc un reverse trap! C’est tout aussi formidable!

 Prenez donc les mots clés gigolos/reverse trap/comique de personnage, foutez moi tout ça dans un blender, saupoudrez de « fort potentiel comique », servez moi ça bien chaud. Dire que le scénario est une excuse serait plus un comparatif à un film porno qu’autre chose alors soyons clairs : c’est surtout un fil d’ariane, un gimmick qui fait vivre cet univers… au final, les épisodes sont une petite succession de dévelloppements de chacun de ces persos entrecoupés d’épisodes plus thématiques. Le premier épisode introduit le bouzin, le deuxième est chiant à mourir de vieillesse puis le bazar commence enfin – le host club à la plage, le host club fait du ski, on fait un petit focus sur Haruhi, puis les jumeaux, puis le shota, retour aux diverses bizarreries lolrandom du lycée et ça se passe comme ça chez MacDonald jusqu’au double épisode final qui est un peu étrange, bizarrement premier degré avec pleins de clichés très attendus, on ne termine pas ça sur une super impression et ça confirme cette tendance malsaine que Bones peut avoir quand ils adaptent des mangas alors pas terminés!

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Bon là j’imagine que vous vous dites « Mais alors pourquoi il nous parle de ça ce petit crétin? Qu’il retourne jouer aux Kaplas au lieu de faire chier son monde » mais vous n’y êtes pas du tout, jeunes impudents. Ouran High School est une série vraiment, vraiment, VRAIMENT drôle. Je suis pas du genre à lâcher de gros fous-rire devant un anime mais certains épisodes de CET anime m’ont sévèrement déridé… pourquoi? Ben comme l’une des premières séquence nous l’avoue, tout se joue sur les personnages de base archétypées (et le scénario de fond nous montre comment ils en évoluent même si ça fait un peu « pffff » mais j’y reviens) – ne serait ce que l’ambiance. Posée dès le départ : TOUT VEUT TE FAIRE PETER LES RETINES. Ca brille, du rose partout, de la musique classique, des pétales, des yeux mouillés, des ralentis, partout tout le temps – l’opening commence par « Kiss kiss fall in love » ce qui n’EST PAS PEU DIRE C’EST LES FOIRE AUX MAJUSCULES etc etc bref on nage dans ce qui dans un autre contexte serait une immonde dégueulasserie shojo remplie d’arc en ciel et de bonheur niais. Déprime Ho! Ouran joue beaucoup avec ces codes là, justement – et les transforme en gimmicks. Des gimmicks, partout, tout le temps : la fille otaku qui passe la majorité de ses apparition en mode « Pleine puissance », ce surabus de cadres roses pour y faire passer des messages inutiles… même graphiquement il y a des runnings gags drôles.

 Après tout repose sur les personnages : Honey, le petit shota, mange des gateaux et tripote son lapin en peluche – en gros, il est mignon. A peu près toutes les formes d’humour seront exploitées à partir de là, on retrouve même parfois un certain esprit Bob l’Eponge des débuts qui est loin d’être dégueu. Les jumeaux (Kaoru, Hikaru) sont tout aussi priceless. Complètement indissociables, il font les mêmes mouvements, parlent en harmonie, ont une attitude machiavélique et cultivent l’art du « paraître amour incestueux et interdit » qui font mouiller les fangirls du lycée… et il te font la blague une fois, deux fois, quinze fois, c’est toujours drôle la trentième fois. Le rythme y est parfois extrêmement élevé et dans les grands moments de gloire de la série les vannes peuvent s’enchaîner à la seconde et faire de combos improbables (SOYONS AMIS! ON SHOOTE DANS DES CANNETTES !) pour un téléspectateur toujours plus mort de rire. Souvent les choses tournent dans une sorte de gros bazar où le moindre truc rigolo en arrière plan peut être mémorable (voir les jumeaux se regarder de façon ultra symétrique avec un sourire béant au deuxième plan? Ca n’a pas de prix) et le processus est parfois à deux doigts du cartoon avec ses visages déformés, ses expressions caricaturales, son coté exagérément speed. Tout ca dans des intrigues qui exploitent toujours plus de poncifs otaques… vous savez, dans les séries de science fiction c’est souvent « le monstre de l’épisode » et ben là c’est toujours un élément ponctuel qu’on rajoute dans cette grande salade barjo : un personnage, un lieu, etc. Un club féministe les défie, un petit garçon tsundere débarque, etc etc. Là aussi c’est accessible aux non-otaques puisque chaque poncif est toujours souligné puis moqué dans l’univers lui même. Du coup…

 Reste Haruhi, qui est un personnage très androgyne donc de haute qualité, je pense que je deviens prévisible. Comme dans beaucoup de situations Haruhi incarne la « seule douée de raison dans ce monde de dingues »… des bouffons à ma gauche, des clowns à droite, here i aaaam stuck in the middle with you. Un épisode un peu remplissage lui re-fait jouer l’histoire d’Alice au pays des merveilles, d’ailleurs… une fille aux cheveux courts dans son uniforme de garçon. Son rôle dans l’anime pourrait être « ne pas faire repérer mon véritable sexe » mais on nous fait croire que ça peut avoir des implications… qui ne deviennent que comiques, invariablement.

Sarcastique, pas très énergique, elle sert surtout de drama potentiel. Pensez donc, une seule fille dans la cage aux lions… et parfois l’anime tente d’être sérieux, tente de lancer des petites pistes sur des jalousies éventuelles, des petites envies… et n’y réponds jamais, sauf n’importe comment à la toute fin en utilisant un élément dont on essaye de nous prouver l’impossibilité tout au long de l’anime. Pourquoi? Comment? Personne ne le sauras JAMAIS! La seule utilité de cette héroïne reste donc son androgynité et les situations comiques que ça peut engendrer. C’est tellement étrange, on dévelloppe le personnage d’une très bonne façon (sa « pauvreté » dans un monde de riches, mère décédée, son père a soudainement changé de placard par dépit, etc etc) et sa storyline se termine d’une façon atrocement gnan gnan. Re-prout!

Ca ne se voit peut être pas au début mais il y a deux autres personnages : les deux grands bruns – l’un qui porte toujours le shota – l’autre qui trifouille son pc et qui remet ses lunettes en place – et ils sont incroyablement sous traités au fil de l’action. Peut être un ou deux épisodes consacrés… qui ne les font pas évoluer du tout. « Je suis stoïque! Je RESTE stoïque! » Ils n’ont droit qu’à des scènes un peu sorties de nulle part et mal justifiées dans l’ensemble. L’autre, éreinté par la concurrence familiale et par le père grosse légume – ne démarre nulle part et n’arrive nulle part non plus. Cliché tu reste, cliché tu resteras. C’est un personnage principal (il est dans l’eyecatch bon sang) et il sert à que dalle! Ca m’embête beaucoup, comme si le scénario de base disait « Pff ce mec n’a pas d’utilité, on va s’en servir pour meubler parce qu’on avait un quota de personnages » et c’est bien con. Je fais peut être une erreur d’interprétation mais c’est pour essayer d’etayer l’idée : quand Ouran High School, il le fais maladroitement. Comme quand vous allez rentrer dans quelqu’un… puis que vous faites un pas dans la même direction… et la même chose dans l’autre direction : c’est maladroit. Je sais plus qui sur le point de violer Haruhi sans qu’elle fasse rien? C’EST MEGA MALADROIT.

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 … et on revient sur du très drôle. C’est un peu schyzophrène cette histoire… parce que si vous matez que le deuxième épisode, par exemple, vous allez tomber sur une adaptation animée d’un blog mode girly et ça fait mal aux dents. D’autres sont mignons, attendrissants ou juste bien faits. Les autres sont rigolos mais je deviens redondant – c’est complètement fourre tout, ça part dans tout les sens, lon n’y applique pas de conventions particulières. C’est « l’esprit » qui veut ça, je pense. Après l’esprit peut glisser ailleurs mais pas de souci, on a des plans pour s’en sortir –

Le truc c’est que cette indécision intervient aussi dans des moments sensés être poignants, émouvants. Je pense pas mal à l’histoire des jumeaux, à leur enfance… ils veulent s’individualiser. Ah, une piste? Ah non, ça arrive pas! Décidemment! Pourquoi ces épisodes alors? Pourquoi ces fillers un peu étranges? J’en arrive à cette conclusion qui ne me plaît pas trop mais qui devrait s’appliquer sur tout : ce n’est vraiment pas à mater en se prenant la tête. Tu regardes, tu rigoles, tu passes à autre chose, point. Les personnages ont une certaine profondeur mais sans aller jusqu’à un certain point, c’est presque pudique. Il reste que des shblooop, des paaaaam, des woooow et des wiiiiiizz. C’est pas très compliqué, c’est à mater en mode un peu déphasé mais ça vaut le coup. En tout cas, c’est un anime très aimé, sa position dans le classement MyAnimeList est éloquante : trentième le mieux noté, dixième préféré, c’est exceptionnel… et si c’est bon pour eux, c’est bon pour vous. C’est vraiment terrible parce que je n’arrive pas à en dire grand chose et il mérite beaucoup plus, c’est comme une preuve de la linéarité volontaire de cet anime.

Ce post conclut une petite trilogie cachée, d’ailleurs. Regardez ce personnage. Puis celui là. Puis ce troisième. A vous de trouver le très gros point commun… et non, ce n’est pas leur androgynité, et ça c’est tout à leur honneur.

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Hop là et de trois

Rock Band 3 est sorti. Cette simple phrase peut potentiellement faire orgasmer des tas de geeks musiquesexuels à travers le monde, les autres ne les comprendront pas trop, jugeant être en face d’une communauté un peu trop obscure et pas portée sur les vraies valeurs du jeu vidéo, après quoi il retourneront sur League Of Legends ou ils commenteront des parties enregistrées de Starcraft II, au choix. Les petits canaillous! Il ne faut pas se laisser faire! Il faut répandre la bonne parole et comprendre une dernière et ultime
fois pourquoi cette saga est une nécessité absolue si vous aimez la musique et le jeu vidéo. Rock Band et par extension son troisième volet doivent devenir une tendance, une religion, tout ça doit être considéré comme une console à part entière… mais au delà de tout ce fanboyisme suitant on peut pas dire que Rock Band 3 est un mauvais jeu. Ho la la, non, il est même foutrement excellent, pas le jeu de l’année mais probablement le jeu musical le plus abouti qu’il existe sur terre alors c’est parti pour un billet qui va vanter les mérites d’une galette que j’attendais personnellement avec une impatience extrêmement caractérisée. 

rock-band-3-xbox-360-059.jpgParce que ouais les enfants ça aura été un énorme chemin bien interminable de teasing qu’Harmonix nous a pondu là. Entre l’image toute innocente annonçant le clavier à la fin de la démo de Green Day et la sortie Européenne du jeu, cinq mois tout rond – pas grand chose à échelle humaine mais une éternité pour les acharnés de notre genre, surtout quand ce lapse de temps est consacré à la vente de toujours plus de rêve… l’annonce du mode pro, le mode carrière dont on cerne les grandes lignes, l’évacuation de la setlist au fur et à mesure avant ce petit gag de « communication » qui nous ont même montré en prime qu’ils ont beaucoup d’humour… et cette attente n’était pas aidée par ces foutues dates bipolaires qui n’arrêtaient pas de changer. Voilà la problème : la communication et le marketing Européen autour de Rock Band est… comme une asymptote qui tends vers 0, qui n’y arrive pas mais qui y lorgne sévèrement! Bien sûr ils ont fait une très gentille tentative avec Beatles mais pour cette sortie il fallait vraiment être entre initiés, suivre l’actualité du jeu, bref vraiment vouloir s’informer spontanément. Derechef cette absence totale de communication a fait flipper certains revendeurs qui ont flairé le gadin logique : une semaine avant la date fixe, une flopée d’enseignes ont commencé à lâcher les précieux packs en avance, les autres fini par les imiter… tandis que les restants avaient le jeu mais pas le clavier alors que ce dernier va être introuvable seul en magasin derp derp derp. Hors de cette sortie à deux temps c’est maintenant le reste des accessoires dont l’exportation recommence à être un peu intangible – l’adaptateur Midi est repoussé à fin Janvier sur certains sites et la Fnuc ne daigne pas les expédier, les guitares semi-pro sont encore invisibles, les States attendront encore trois mois pour les Fender et je sais pas où on sont les nouvelles batteries bref Madcatz et leur distribution chient un peu dans la colle, excusez du peu! C’est pas bien! Je suis très déçu Madcatz! Je ne t’inviterais pas à notre prochain passage au sauna de la Mosquée de Paris!

Enfin, petit point richesse pour ceux qui voudraient se lancer dans le milieu. Vous aurez raison d’avoir déjà une 360 munie d’un bon disque dur externe (250E) suivi d’un abonnement Gold (60E) en supposant que vous puissiez vous débrouiller pour la connection. Le pack avec le trois et le clavier (120E) peut être complété par le premier (20E) et le deuxième (30E) auxquels s’ajoutent Lego (20E) et Green Day (50E) – vous pourrez exporter l’intégralité de ces morceaux pour 35E. Comme vous avez du goût vous aurez aussi pris Beatles, rajoutez-en une trentaine. Maintenant il faut les instruments : Micro (30E) et le reste (70E à chaque fois au pire.) Après avoir dépensé une centaine d’euros en DLC, maintenant, pour vous achever, dites vous que la Fender devrait couter 250 Dollars et je doute qu’on y gagne au change. Le compte est bon? Bah non, on peut même plus le faire puisqu’on a plus les moyens pour s’acheter un boulier. Organisez vous, prenez des gens en otage, demandez des rançons, je sais pas.

Finalement, la Wii c’était pas si mal.

Ok c’est donc après avoir dépensé tout notre budget cantine de la décennie qu’on a tous pu, à un moment ou un autre, se retrouver avec le saint Graal dans les mains (il m’a fallu corrompre un manager Micromania à base de vannes contre Score Games) et avoir galéré sur les problèmes d’exportation de chacun (sauf sur 360 où tout passait nickel. Insérer tête de Donald faisant un clin d’oeil) on pouvait voir la magnifique cinématique d’intro sur le tube des Doors… quelle claque. Comparé aux séquences de Warriors of Rock aux mauvaises textures, à l’animation ratée et à même pas mal de jeux sensé être « beaux » mais dont l’aliasing gâche un peu les choses, j’ai, pour la première fois, l’impression de mater un Blue-Ray, bref. Nous voilà dans le menu principal, on créé notre avatar et notre groupe qu’on verra partout marcher au ralenti derrière les menus et ça pue la classe quelque peu. Avant toute chose, parlons de la playlist de cette troisième galette : le principal souci à annoté est bien évidemment le fait que Rock Band 3 fait presque compilation sur tout ce qui a déjà été sorti. Ne serait ce que dans les deux premiers Guitar Hero, déjà produits par Harmonix (I Love Rock And Roll, I Wanna Be Sedated, No One Knows, Beast And The Harlot, Freebird, Smoke and The Water) une grosse part du reste a déjà été vu dans la franchise d’en face. Les deux premiers tiers de World Tour étaient déjà dans le 2? Et bah bien joué, on boucle l’affaire avec One-Armed Scissor, Crazy Train, Misery Business, Hey Man Nice Shot et Cold As Ice (sans oublier Rooftops qu’on retrouvait dans Lego. C’est fou, je conchie World Tour et c’est la meilleure playlist jamais sortie) puis d’autres redondances comme Whip It ou Saturday Night qui étaient déjà dans Guitar Hero 5 et Band Hero, dans l’ordre inverse. Je râle mais c’est dommage parce que ça contribue pas au jeu à se trouver une « identité musicale propre » – chacun devrait avoir ses exclusivités, là on découvre beaucoup moins de choses. Il n’empêche de pouvoir se payer des petits moments de gloire, mes petits morceaux préférés qu’on va classer par tiers, comme pour la difficulté d’un morceau :
Charlie_Penny.jpgSi Charlie n’avait pas joué à Rock Band 3, il ne connaîtrais pas Good Vibrations et il serait encore vivant!

Jubilatoire et orgasmique

Freebird. Mettez vous à la batterie et comprenez ce que « crise d’épilepsie imminente » veut dire – le roll à la fin n’est pas si difficile que ça mais vous êtes tellement concentré, l’écran affiche une pléiade de couleurs qui rendent aveugle, le solo de guitare est tellement épique que j’ai sérieusement eu peur de saigner du nez spontanément pour la première fois et de m’écrouler raide mort. And this bird you cannot change wohohohoho – attention au Big Rock Ending de 15 secondes!

Gros coup de coeur

Roundabout de Yes. Je me doutais que ce serait le plus difficile de la playlist, c’est plutot l’avant dernier… huit minutes très variées ou chacun va prendre très cher, le claviériste en tête de liste, puis le batteur, puis le bassiste. Les autres survivront probablement.

Good Vibrations, même si la version live nous donne sérieusement envie de dire « VOGGLE » au public un peu trop présent. Cauchemar harmonique, gentil tutorial pour tout le reste.

Saturday Night Is Alright For Fighting, le tube d’Elton John qui va faire beaucoup de mal à vos mimines, que ce soit au clavier ou à la guitare ou il faut vraiment comprendre comment fonctionne un Hammer-On.

Antibodies, la chanson-alien avec ses … partitions-aliens! PERSONNE n’est épargné, chacun va se taper une partition très rapide au rythme funk, bon courage pour le clavier pro…

The Look, pas de difficulté particulière mais de jolies voix et une piste chant à trois amusante à faire si vous arrivez à jongler entre les tons. Disco flip à la batterie, ce qui est toujours agréable!

Centerfold, parce que Centerfold!

Enthousiasme significatif

Bean Caught Stealing est délirante et assez chaude, Yoshimi Battles The Pink Robot Pt.1 est un morceau des Flaming Lips un peu répétitive en guitare et boîte à rythme mais analyser ses harmonies est un petit délice – Jerry Was A Racecar Driver car c’est l’unique exemple en basse-tapping de toute la saga, Midlife Crisis parce que voilà c’est tout, Llama le boss final ska le plus barré de rock band (difficulté maximale pour tout le monde, pas de pitié) – No One Knows bien évidemment, Whip It et Walking on the Sun les bons tubes pop qui vont bien, la chanson des Smiths au nom trop long, Break on Through et les résultats du loto de Chicago, petit morceau bien chaud dont la multiplicité des solos feront rougir vos petits-enfants. 

J’aime bien. Ca va sinon?

Bohemian Rhapsody (qui n’est pas super adapté pour un jeu de rythme), Dead End Friends, Don’t Stand So Close To Me, The Hardest Button To Button, The Killing Moon, Humanoid, Rock Lobster, One-Armed Scissor, Du Hast etc. etc…

Urg urg

Rainbow in The Dark est au métal ce que l’attaque des tomates tueuses est au cinéma (mais peut être que Dio en était conscient va savoir) – je n’accroche pas à Cold As Ice, Imagine est un peu hors sujet, In A Big Country fait un peu cliché, King Georges, Portion For Foxes, Ho My God et Viva la Resistance sont difficilement écoutables.

Après toute cette playlist (et encore, la moitié et des poussières) est égrénée dans le mode Carrière, repensé pour l’occasion. Ce n’est pas très clair à ce niveau là : en fait, le mode carrière en tant que tel est une montagne d’objectifs, de minis-succés à remplir (et certains vous en donneront des vrais, de succès) chacun vous donnant une brouette de fans, progression et rangs prédéfinis à l’appui. La seule « vraie » carrière est une succession de concerts à faire qui vous catapulteront dans des lieux divers et variés pour un trajet toujours plus gigantesque… et des textes truffés de remarques bien aléatoires mais néanmoins rigolotes. Vous lancez une « tournée », à chaque fois vous avez le choix entre une playlist prédéfinie/aléatoire/thématisée (tel artiste, telle décennie, tel genre etc) et vous vous lancez dans les morceaux en chopant les étoiles comme à votre habitude. MAIS! Exactement comme dans Warrios of Rock (*Rires du public*) vous devez aussi remplir une condition supplémentaire pour rempiler une deuxième unité, les piques, que vous amassez en déclenchant votre transe le plus longtemps/souvent possible, en enchaînant les bonnes notes, etc etc. Ca donne un aspect challenge pas dégueu mais c’est peut être pas l’idéal de commencer par là quand on découvre ce type de jeu pour la première fois. D’ailleurs, tout est déjà débloqué d’entrée, vous pourrez vous précipiter en mode partie rapide ou vous retrouverez un véritable Pokédex que vous pourrez classer selon moult critères (dont le crucial « Nombre de fois joué ») 

rock-band-3-xbox-360-090.jpg Un mode Carrière rigolo mais un peu court et un peu brouillon. Pas de panique, l’interêt et bien plus amplifié quand vous y jouez à plusieurs… et tout est fait pour donner cet aspect bac à sable aux yeux du joueur. On te donne tout les outils du jeu dès le début, tu peux faire mumuse avec toute ta vie! C’est à partir de cette idée et de cet esprit qu’on peut constater l’incroyable liste des bonnes idées qu’Harmonix a pondu dans ce troisième volet. Même sans l’ajout du clavier, Rock Band 3 serait déjà largement au 2 ce que le 2 était au 1, je sais pas si je suis bien clair…

Alors débarassons nous des bonnes idées antérieures qui ont mystérieusement disparu. HOMMAGE.

– En batterie, la partition ne « saute » plus à chaque coup de pédale. Les lignes verticales disparaissent et le manche se fond trop vite dans le décor, c’est parfois gênant dans les séquences psychédéliques où il faut loucher.

– Pas de présentations indivuelles surclasses! Dommage!

– La boutique met moins de temps à charger mais elle en devient beaucoup moins ergonomique, il faut passer par quelques écrans de plus pour trouver ce qu’on veut et batifoler gentiment dedans sans avoir quelque chose de précis en tête devient impossible

– Fini les duels! C’est un parti pris assez audacieux qui se comprends dans le sens où tout est mis sur les derbys de score entre amis. D’un autre coté, le mode online est très imprécis avec ses playlists constituées en « salade »… on a pas forcément trois quart d’heure devant soit et il faut vraiment avoir confiance aux joueurs connectés.

 Donc à partir de cet esprit « jeu outil » un tas de choses ont été simplifiées. D’une part et c’est crucial, le système de changement d’instruments et de comptes devient aussi simplifié qu’il peut l’être – quatre petits boutons en bas de l’écran, chacun se connecte et se déconnecte à loisir, c’est plutôt simple et bien pensé. Toujours dans les bonnes idées, votre score individuel sera toujours pris en compte pour la playlist rapide : même en groupe, même dans la carrière! Super pour garder sa trace dans les classement en cas de bonne
performance. Votre groupe est le pilier central du jeu, on le retrouve en train de sa balader partout dans les menus et il est mis en scène dans des mini-cinématiques superposant les chargements, comme si ils étaient inexistants. (Attention, risque infime mais existant de plantage de la console) d’ailleurs les graphismes en eux même ont sévèrement gagné un cran, les textures sont plus lissées, plus belles, tout y est plus coloré et éclairé, les effets de scène sont encore plus présents même si on frise le diabéte instantané par moments – tout ça reste du meilleur esprit et les personnages agissent toujours très bien même si ils peuvent sembler parfois un peu désarticulés ou incohérents, notamment quand une chanson se termine. C’est vraiment dingue parce qu’on a parfois l’impression qu’ils ont pensé à tout : quand un objectif vous demande de refaire telles chansons dans une playlist prédéfinie, il ne vous demandera que de refaire celles qui vous manque! C’est un
détail idiot mais témoignant d’une bonne volonté infinie! Les scores des amis sont automatiquement affichés, que ce soit par instrument ou par groupes! On peut s’entraîner à une chanson directement à partir de la liste rapide! ALWAAAAYS ~

Image-1-copie-2.png  Et maintenant, parlons un peu de ce nouvel instrument aux touches douces et au manche qu’on aime bien saisir : le clavier MadCatz et ses deux octaves… doux au toucher, agréable, reproduisant bien la sensation d’un vrai. Deux modes de jeu s’offrent à vous : le mode « classique », vous mettez votre main à partir du deuxième Do et vous suivez les pastilles lumineuses, comme d’habitude. C’est le plus simple des instruments, on peut commencer en Expert directement sans aucun problème et le seul véritable souci seront ces allers-retours chromatiques qu’on peut trouver dans Cold As Ice ou Roundabout, par exemple… et il y a le mode pro. Un passage vers les tutoriaux d’entraînement sera nécessaire : il faudra reproduire parfaitement des petites séquences très académiques – gammes, écarts, apprentissage des tons, des positions… très utile mais dommage qu’il soit pensé pour n’être joué qu’à une main. Vous êtes gaucher? Dans votre face! Cet apprentissage par la séquence prédéfinie est aussi présent en Batterie et Guitare Pro.

La Guitare Pro justement… gros flop commercial français à prévoir, il faut avouer qu’Harmonix s’est bien débrouillé pour retranscrire une tablature de façon « verticale ». C’est un coup à prendre, un « onde de position » indique la forme que vos doigts prennent quand ils font un accord. Un Power Chord? Une « brique de Tetris » arrive. Un La? Un gros trait à prévoir à partir de la deuxième corde. Je doute que ce soit très intuitif puisqu’on passera beaucoup plus de temps à regarder son manche que son écran… et des chansons très rythmiques comme Yoshimi seront beaucoup plus simples à passer les yeux fermés qu’une autre, très lente et simple comme The Hardest Button To Button. C’est paradoxal mais on retrouve ce coté « apprentissage et mise en place » lié à n’importe quel véritable instrument, c’est le but. Motivation ultime pour les pro-gamers : une note « pro » rapporte beaucoup plus… et on revient rapidement dans les scores à la Guitar Hero. Avec une vrai guitare. La boucle est bouclée! Dans la continuité des petits détails qui font vraiment plaisir : pas besoin de brancher un micro et de dépenser ses piles pour travailler et bosser les Harmonies. Vous allez devoir copiner avec le « diapason » et son son de flûte pour piger ce qu’il se passe, parfois… mais décortiquer ses chansons préférées est toujours quelque chose de présent.

Pour en revenir au clavier Pro, les choses sérieuses commencent avec le mode Difficile. Le Facile et le Normal sont « relativement gentils » mais l’écart suivant est monstrueusement gros et c’est à partir de là que la sensation finale de « jouer d’un instrument » apparaît dans toute sa splendeur. Je suis incapable de dépasser une chanson de tiers 2 ou 3 sans me faire atomiser, le niveau va devoir monter au fur et à mesure, c’est un peu la course à celui qui va le mieux se débrouiller dans les mois à venir. A partir de ce point, les DLC ne sont plus compatibles avec les précédents jeux mais la plupart sortent avec des partitions clavier, si ce n’est des partitions pro! Et toutes les partitions Batterie Pro sont automatiquement incluses… et l’adaptateur midi devrait fonctionner avec toute une pléiade de patterns pré-enrengistrés pour les éléctroniques bas-et-milieu-de-gamme… tout en prenant en compte l’ouverture du charlet, pour un réalisme TOTAL.

 EXTASE. L’avenir de la saga est totalement impénétrable : comme aller encore un pallier au dessus? On a deux ou trois années de réflexion et encore une suite est vraiment loin d’être garantie. Les seuls jeux « sortables » sont désormais des nouvelles playlistes ou des jeux thématisés sur certains groupes, je pense sincèrement qu’on a atteint le plafond.

 VLAN.

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