There will be blood

Ne vous méprenez pas : aujourd’hui, pas de Daniel Plainview, pas de longues scènes de forages tendus, pas de « Je prends ton milk shake ET JE LE MANGE » – rien de tout ça, même si ce film était vachement bien pour prendre un vocabulaire très « Petit Nicolas« . Nope, votre prochain quart d’heure sera intégralement consacré à Red Dead Redemption

red-dead-redemption-xbox-360-380.jpg   … et ce jeu est impeccable. Faut vraiment faire un post à sa gloire pour expliquer pourquoi? Red Dead Redemption. Le jeu tellement surpuissant qu’il en est resté au prix d’origine, presque six mois après, alors que Bayonetta doit aujourd’hui se trouver pour une dizaine d’euros chez le boucher du coin, entre deux paquets de chips artisanales bien grasses. Prononcer le nom de ce jeu c’est penser à la terrible aura du studio de production Rockstar, boîte dont certaines personnes collent inexplicablement le logo sur leurs bagnoles mais aussi la génitrice de grands noms tels que … GTA… GTA IV… The Bully et d’autres machins comme tiens, hasard démentiel, un autre jeu nommé Red Dead Revolver, à l’époque sorti sur PS2. N’ayant joué qu’à GTA IV et ses extensions je n’ai pas moi même beaucoup de repères sur le potentiel du studio… même si le tryptique NewYorkais parlait de lui même. Faut quand même préciser une petite chose, Rockstar fonctionne comme Ubisoft et pas mal d’autres boîtes en regroupant plein de petites succursales dispersées dans les Etats-Unis et, magie de la coïncidence, nous devons Red Dead à Rockstar San Diego, là où ça sent bon le jus de cactus et le serpent à sonnette. Le nouveau Mexique est bel est bien le théâtre de ce jeu. Vous êtes John Marston, vous débarquez dans la province de New Austin dans le train qui sifflera probablement trois fois. Les crédits défilent, vous entendez le dialogue de sourds entre un padre et une jeune fervente un peu écervelée. La cinématique continue, écran titre de la mort et c’est parti pour votre toute première mission! Vous vous dirigez dans un saloon, on vous dépose quelque part, visiblement à la recherche de quelques comptes à rendre. Vous arrivez donc devant ce bon vieux Bill… qui vous tire dessus et vous laisse pour mort. Les choses sont bien posées, le reste ce sera à vous de le découvrir! John Marston obéit un peu à cette loi des personnages Rockstar en apparence pré-fabriqués : complètement neutre, profondément lié à sa famille, badass mais bonne poire avec tout le monde. Si Niko Bellic était très « moi gagner argent » et devait répondre sans cesse à des « NIKO MY KAZZAN » John Marston est un peu plus nuancé, perpétuellement tenu par les bijoux de famille à cause du FBI qui retiens sa famille sous haute protection. Grosso modo, il doit faire le larbin et niquer quelques gueules avant d’avoir une perspective de happy ending et de retrouver sa vie rêvée et rangée de petit country boy qui élève son bétail, épi de blé en bouche. Vous voyez le schéma : comme d’habitude, on incarne quelqu’un de maudit qui essaye de se ranger… et honnêtement seul Luis Lopez sort de cette logique, et encore, lui l’a fait en on le tente sans cesse d’y revenir…

 Nous sommes donc en 1911, la conquête de l’Ouest est terminée depuis bien longtemps, François-Ferdinand va bientôt se faire zigouiller mais ça, personne ne le sait à New Austin. Télécommunications quasi peu existantes, votre vie se fait à cheval à traverser la pampa. Le gameplay de Red Dead Redemption se fait en bac à sable, dans la pure et sage tradition : vous êtes libres de faire ce que vous voulez faire dans la limite du possible, vous pouvez explorer tout ce qui vous est ouvert et quand vous le souhaitez, vous entamez une mission, toujours liée à X ou Y et vous vous exécutez avant de reprendre votre petit train train quotidien. Se laisser vivoter est d’ailleurs largement recommandé : Red Dead est largement plus court que GTA IV. Je ne vais pas vous sortir le nombre de missions parce que la fin du jeu doit vous prendre de court mais en termes de missions, il vous faudra en boucler un peu plus que la moitié. 20 Heures de jeu pour finir le scénario, la moitié en plus pour tout faire à 100%, dans les grandes lignes. Entre deux missions, libre à vous de vous occuper comme vous le souhaitez et tout est à votre disposition : mini jeux du couteau, poker, poker menteur,
bras de fer… Capturer le baaaandit du coin, développer vos compétences en herboristerie, chasse, chasse aux trésors et tir. Sinon, vous pouvez remplir l’une des 19 Missions annexes, autant de « services » superficiels rendus à votre prochain, services qui vous persuaderont immanquablement que le monde ne tourne vraiment plus très rond… mais au moins vous vous taperez un ou deux fous-rires. Je reviendrais sur la diversité des missions mais là aussi une très vaste majorité d’entre eux (même tard dans le jeu) ne servent que de tutorial déguisé… mais je sais pas si cette remarque est vraiment valable puisqu’on passe l’intégralité du jeu à apprendre, à découvrir quelque chose. Tout ce qui vous sert dans une mission vous sera utile dans le futur, accompagné d’une nouvelle manoeuvre enseignée… et le jeu est globalement bon dans son gameplay, même pour une quiche des jeux d’action comme moi. Le système de combat est simple est sur-efficace, le système de couverture-visée semi automatique a été reconduit. Nouveauté cette fois, le système de Dead Eye, le « sang froid », petite barre qui se vite trop rapidement – une fois enclenché, le temps se ralentit et cela vous permet de préparer vos cartons à l’avance. Enfin, c’est un système qui s’upgradera tout le long du jeu, vous avez de quoi vous préparer et ça en devient tellement indispensable qu’on vient à se demander comment on faisait avant! Contre-partie un peu étrange mais pas si dérangeante que ça, vous n’avez pas de barre de santé à proprement parler. John Marston c’est un peu Master Chief, il peut subir quelques balles du moment qu’il se met à couvert pour récupérer tout seul. Ca fonctionne « au culot », chaque balle dans le bide fait apparaître des tâches sur l’écran, votre vision s’assombrit, le son se met en sourdine… à vous de pas être trop gourmand sinon vous allez bouffer les pissenlits par la racine. Il faudras une petite phase d’adaptation pour ça et il est dommage que le jeu n’y fasse jamais mention… car il lui arrive d’être vraiment mauvais quand il faut expliquer certaines facettes du jeu. Les duels sont une torture et certains mini-jeux sont incompréhensibles, dommage…

red-dead-redemption-xbox-360-219.jpg Après il est naturel de souligner une certaine diversité dans les missions. Ah ça pour le coup, vous allez en avoir pour votre argent et vous allez en vivre, des aventures épiques! Il semblerait que les développeurs aient pensé à tout et ont su exploiter tout les petits clichés bien western, toujours sur-plaisant à vivre. Bien sûr il y a
toute une base de missions un peu reloues (et le début du jeu n’est pas très rythmé) à base de capture de chevaux, de rassemblement du bétail, etc. Bien sûr une énorme proportion des missions se fait à base de fusillades diverses et variées mais elles se font toujours selon un contexte différend… et il existe un certain nombre de moments de bravoure. Époque oblige, adieu voitures, téléphones, Internet… mais bonjour chevaux, télégramme et journaux! Préparez vous à dévaliser un mine, faire le zouave sur un train, arrêter une cavalerie à grand coup de dynamites… alors oui l’arsenal n’est pas aussi débridé que dans Gay Tony mais il y a quand même de quoi trouver son bonheur. D’un coté vous avez les flingues tout à fait conventionnels, ajoutez à cela des carabines Winchester mais voilà les autres machins plus exotiques : « bouteilles incendiaires », TNT, couteaux de lancer… et même un vrai pistolet vers la fin du jeu. Le maximum crédible, en gros… mais rassurez vous, vous aurez plus d’une occasion pour planquer derrière une bonne grosse mitrailleuse Gatling pour trouver du natif Américain. Une mission, beaucoup trop courte, vous met même aux commande d’un canon !

D’ailleurs, parler de Red Dead Redemption quand on y a pas joué, c’est se cantonner mentalement à une image de « Western spaghetti » mais n’oubliez pas que ce n’est que le tiers du jeu… le scénario vous ballade un peu partout et vous allez passer un bon bout de temps au Mexique faire la révolution avant de monter dans le Nord enneigé et ses OURS-NINJAS. Croyez moi, même scotché à une « thématique » bien précise, le jeu sait faire preuve de diversité, à commencer dans ses décors. Plaines désertiques, canyons, montagne, ville sophistiquée en bord de mer, z’êtes pas au bout de vos surprises. Le terrain de jeu est franchement, franchement grand, c’est pas un continent de World Of Warcraft mais ça s’en rapproche. Villes principales, villes secondaires, repaires de brigands, vieux manoir perdu au milieu de nulle part, mines, grottes planquées, rivières… Red Dead t’en met plein les yeux, partout, tout le temps et installe son ambiance comme personne. Tu te lêves, en ville tout le monde s’occupe, fait son boulot, te salue au passage, vis sa vie… tu parcours la pampa mexicaine de nuit, tu vois un mariachi qui te double, s’arrête pour pisser contre un rocher, et il y arrive plus quand tu viens le fixer – imparable. D’ailleurs on passe son temps à sauver la veuve et l’orphelin : cheval volé, dispute, règlement de compte, etc… attention aux grognasses qui crient au loup pour vous embarquer dans une embuscade : la mettre en joue au final n’en sera que plus satisfaisant. Autant de décisions qui vous prennent à parti : une bonne action vous rajoute de « l’honneur », une mauvaise vous en retire. Vous avez un petit kharmamêtre, le jeu obéit à cette mode mais il n’y a que très peu de conséquences intramuros. Il y a une autre barre, la « réputation », qui n’apporte que des avantages et qui se nourrit principalement des Headshots fait dans vos missions et de la manière dont vous répandez votre nom et votre charisme – souvent en laissant vos victimes vivantes, par exemple.

 Mais je reviens sur le point majeur du jeu : TOUT pue et transpire à fond le western charismatique dans le jeu. Vous finissez une mission? Un jingle de folie retentit et Marston lâche nonchalamment sa clope par terre. C’est BADASS. Stratosphériquement BAD. ASS. Je n’ai jamais accroché en genre cinématographique mais je commence à comprendre les fans : rien de plus agréable dans ce climat, cette ambiance, le fait de pouvoir prendre le train oldschool, de jouer aux anneaux et surtout de zigouiller les *à lire en serrant les poings devant les tétons et en fronçant les sourcils* les piraaaaates et les baaaandits. Si chaque studio Rockstar nous ponds un jeu open world aussi détaillé… au pays des pirates, au pays de l’HORREUR, dans l’ESPACE, bref toutes les thématiques à la Mario Party, je prends un abonnement et je leurs donne ma moëlle épinière.

Enfin, revenons à Red Dead. Vous êtes probablement habitués aux Rockstareries et vous savez que les fins heureuses y sont rarissimes… il serait intéressant d’y jeter un coup d’oeil, ne serait-ce que pour voir si cet opus complète la tradition. Scénaristiquement, Red Dead joue pas mal avec votre tête et vous lance pas mal de faux espoirs, avant d’enfin vous récompenser. Et attention, grose prises de risques à venir… mais je ne suis pas là pour spoiler quoi que ce soit.

Car ouais, on s’attache vite à John Marston, c’est un excellent personnage. Pas trop monolithique mais un peu coincé dans cette attitude méga virile, il ne laisse rien transparaître, sait se montrer menaçant… mais au final ça reste la boniche du far west, il faut bien le souligner. Vous allez sauver cinquante vies, en supprimer dix fois plus, on va rarement vous rendre la pareille. Les personnages sont rarement fiables, mais ceux qui vous resteront fidèles sont prévisible, ça se lit sur leurs tronches… et quand John Marston passe dix neuf heures en mode *NOTEZ LE SERIEUX SUR MON VISAGE, BITCHES* la vingtième heure de jeu où il fait une grosse vanne avec le sourire en coin se vit comme un espèce de moment fabuleux et unique. M’enfin, vous connaissez le topo : plus on montre de la compassion envers quelqu’un, plus il va en chier, c’est presque inévitable. A vous de lire les journaux du coin pour en apprendre un peu plus sur le monde qui vous entoure et sur les personnages oubliés… le background est tout aussi développé. Les autres personnages ne sont pas aussi charismatiques mais sont tous aussi réussis : Bonnie la cowgirl tsundere, Dickens le bonimenteur aux « élixirs miracles », Seth le pilleur de tombes cradingue, l’Irlandais qui passe plus de temps bourré que clean
etc etc. Oh, et j’oubliais, on a le retour du plan sexy pas sexy du tout mais là, ça ne dure qu’une demi seconde qui fait fondre les yeux. Surpriiiiiise… tout ces persos correspondent à un gros poncif littéraire mais chacun à un comportement cohérent, constant… ils sont bien fait quoi. On atteint pas le niveau ultime posé par The Lost And Damned qui était le pinacle du personnage charismatique mais comme toujours Marston passe toujours pour le plus sain d’esprit de la bande… mais le FBI le surveille et les nouvelles ne sont pas toujours bonnes. Et ce mystérieux inconnu qui semble tout savoir de vous, que vous croisez tout le temps… une fois que vous allez piger ce qu’il peut être, bonjour le grand frisson (mais ça reste une interprétation!)    

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 Techniquement, ça tue. Les personnages sont réalistes, on peut les trouver un peu moches mais ils sont juste… réalistes, bien modélisés. Le souci du détail dans les décors s’approche du porno, à vous les grandes chevauchées devant le coucher de soleil dans le grand canyon. Ouais, tout est GRAND dans ce jeu, c’est un peu scandaleux, manque juste une plus GRANDE durée de vie… dommage qu’on doive subir des ralentissements de temps en temps et que pas mal de textures apparaissent à la bourre. On le voit pas toujours parce que le champ de vision est… pas illimité mais on voit tout ce qu’on devrait y voir, pas de clipping. Alors oui, il existe pas mal de bugs, surtout concentrés dans la version PS3. Pas d’herbe, des gens-cougars, des filles-mules, des gens qui volent, que le fuck… mais c’est une petite goutte d’eau dans l’océan d’awesomerie de Red Dead Redemption. Comme si ça suffisait pas, la bande sonore est très majoritairement instrumentale et décorative (pas toujours mais chuuuuut) et elle fait démentiellement bien son boulot, devient épique quand la situation épique, même chose avec les épithètes « inquiétante, triste, mouvementée, tranquille » etc. Là pour le coup, on se croirait vraiment dans un film, avec violons, guimbardes, tout les petits clichés musicaux du genre. Et c’est TRES TRES BIEN. Les doublages sont toujours aussi efficaces et bien pensés, au service d’une écriture bien trucculente, laissée en Vostfr, logique. C’est d’autant préférable puisque là aussi on va surtout regarder des heures de cinématiques… à défaut de regarder les hilarants films muets de Blackwater et Armadillos, petites pépites bien senties de cinquième degré.

 … et là je parle que du solo. Le multi est un espèce de jeu de rôle base sur des points d’expériences, avec ses gangs à exterminer, ses missions annexes, etc. Un DLC gratuit comprends six missions inédites (et loin d’être évidentes, merci les bombes sensées faire exploser la falaise qui pêtent sous vos pieds quand vous avez affronté toute l’armée mexicaine) avec deux niveaux de difficulté. Il existe deux DLC payants qui ne promettent pas grand chose mais le troisième, axé sur le solo et une invasion de ZOMBIES, vends du rêve par camionnettes.

Sérieusement!
  IMPECCABLE. Super prenant, très vaste, très complet, magnifiquement bien décoré, juste un peu trop
court… mais on a pas encore tout vu. Je recommande très chaudement, vraiment.

PS : Un mail récent m’a relancé sur le post « Question intimes des lecteurs » … je sais pas, c’est
culpabilisant, ça fait même pas un an que ça a été exploité ailleurs!

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9 Responses to There will be blood

  1. Mr Bramard says:

    Je viens juste de découvrir ce blog grâce à Mario Maso et Press Start Button et franchement, je plussoie grave.

    Je plussoie tout, le blog, Press Start Button, Mario Maso (*Bave*), et ce superbe article magnifiquement détaillé et qui donne vraiiiment envie de ce ruer dans le plus proche magasin de jeux
    vidéo de claquer 70 balles de ce chef d’oeuvre « Made In Rockstar ».

    Voila, rien de plus à dire, juste continu.

  2. Kaeso says:

    Et quel est le support sur lequel tourne cette chose?^^

    Histoire de savoir si je dois attendre quelques années pour me le payer ou si je dois juste renoncer, pleurer en boule dans un coin en me frappant la tête avec une figue molle posée contre la
    paume de ma main.

  3. Mr Bramard says:

    PS3 et XBOX360 Bien sur 

  4. Vins says:

    Pour ma part, j’ai du un peu rusher le jeu puisqu’on me l’avait prêté donc j’ai un peu zappé tout ce qui concerne les mini-jeux… mais j’avoue avoir rarement vu un jeu avec une aussi bonne
    restitution de l’univers. Et la bande-son est effectivement une petite merveille, elle colle vachement bien avec le déroulement de l’action dans le jeu et les séquences avec Far Away ou
    Compass en fond resteront gravées dans ma mémoire de joueur. o/

  5. Zoneur says:

    Ah la falaise… Que de souvenirs ! :p Un excellent jeu, vivement Undead Nightmare quoi :3

  6. Zoneur says:

    Hop double com, tu penses que c’est qui le mystérieux inconnu ? J’ai pas capte perso :/

    Et le plan sexy pas sexy, tu parles du quel ? Le vieux et sa femme assez… âgée ? :p

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