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Daily Archives: 21 octobre 2010
Implosion de ouiche
Aujourd’hui, je me baladais dans la capitale en sautillant, les CRS s’écartaient sur mon chemin, les pavés fleurissaient, il pleuvait des bonbons et les enfants faisaient des galipettes dans l’herbe, le toutim habituel. N’écoutant que mon instinct journalistique total, je me suis mis à recueillir les impressions d’une fangirl qui passait par là, sujet libre. En voici la retranscription :
Sebastien Demorand est un enfoiré, et j’adore les enfoirés, c’est un fait reconnu.
Cette manière qu’il a de saquer les gens, je surkiffe. Je voudrais être comme ça plus tard, jouer les enflures avec autant de classe et de distinction. Le coup du « C’est un pigeon qui est mort pour rien » devant le candidat qui avait cuisiné le dit pigeon, omg, priceless. Et même cette façon de parler qui est exaspérante pour certains ( je ne vise personne ~ ) est tellement jouissive. C’est stressant et c’en est donc génial. Mais bon, il sait être sympa, hein. Un peu. Il n’est pas qu’un connard… Je crois. Oh, et puis. Il porte des lunettes, que diable. DES LUNETTES, aka, le meilleur objet de fétiche du monde.
Sébastien Demorand? Ah, excellent choix mamzelle.
C’est vrai que la télé fonctionne un peu par cycle, elle aime bien se mordre la queue (juste avant de se la toucher, classe) avec les habitudes qu’elle installe toute seule. Y’a pas si longtemps, c’était la mode des documentaires sur l’Armée, la légion, les bérets verts, etc. Puis on a vaguement eu une tendance juriste, les salles habituellement fermées aux médias ont fait des exceptions et on a eu quelques retranscriptions courageuses. Là, c’est la cuisine sous toutes ses formes, pas évident de passer à coté! Au delà des fourneaux c’est bien le cuisinier et par extension le marmiton amateur qu’on aime filmer… je sais pas si vous avez l’habitude (ou le temps, tout simplement) de vous installer devant Un Diner Presque Parfait, il paraît que c’est très addictif! Bon moi, à cette heure, soit je suis à la Fac, soit je suis devant Grey’s Anatomy parce que je regarde des séries viriles mais le spam total du concept par M6 fait qu’on peut tomber dessus en prime, à défaut d’autre chose devant un bon plateau repas. Chaque semaine, cinq gus s’entre-invitent et s’accordent des notes… c’est rigolo mais le fait de classer ses concurrents directs rends les personnages un peu aigris, on assiste à des scènes parfois surréalistes » J’ai adoré, j’ai goûté au Nirvana et à l’Ataraxie, je te met 6 sur 10″ et donc là du coup ils nous ont fait une édition in-ter-na-tionale, gagnée l’an dernier par le tout moignon Grégory, qui a remis son titre en jeu par un mec qui venait du nord, je me souviens pas de son nom, il avait moins de charisme avec tout ses membres.
Le problème avec ce genre de programme c’est que tout le monde y est super gentil. C’est très guimauve : le format fait qu’il y a toujours un jury qui notera les plats imposés avec tels ingrédients et telles circonstances (je me souviens que de Jean François PIEGE, les autres n’ont pas de noms aussi rigolos) et ils aiment tout, sont
toujours content. A l’inverse des anonymes, ils ne peuvent pas physiquement noter bas, c’est au dessus de leurs forces. Bien sûr, ils jugent des anonymes bien plus qualifiés mais la palme revient facilement à Mister Cyril Lignac, bisounours devant l’éternel, qui kiffe tout, tout le temps, qui « voyage » avec la « saisonnalité » du plat dégusté. Un peu suiveur d’ailleurs, le Lignac. Il aime un plat, le voisin étoile aime moins, subitement le plat devient trop salé, etc, tout un gimmick que l’élite de l’internet aime bien matraquer parce qu’effectivement, c’est vraiment drôle! Enfin bref, tout ça manque de distributions de rôles, de figures dominantes. Comprenez, les anglophones ont le grand, l’immanquable, le fabuleux Gordon Ramsay, l’un des rarissimes chefs britanniques à avoir trois étoiles aux Michelin. Le Gordon est un super showman : il hurle, insulte, fait les 100 pas, Gordon Style. On peut le voir dans deux émissions, toutes les deux sur-doublées et diffusés à des horaires obscurs sur la TNT… Hell’s Kitchen d’une part, Real TV au générique rigolo où 16 cuistots sont soumis à des épreuves et sortent les uns après les autres, classique. Tout l’intérêt du show est de voir Mr G. gesticuler, proférer le pire, provoquer du bon gros drama bien dégoulinant. C’est très sympa mais pas prioritaire dans une vie. L’autre émission est un peu plus soft mais tout aussi croustillante, c’est Cauchemar En Cuisine… Gordon fait comme Super Nanny et coach les propriétaires d’un lieu de restauration au bord du précipice. Il gueule, ils se tapent dessus et à la fin tout va bien dans le meilleur des mondes, c’est sympa. La scène type irrésistible : il se passe quelque chose d’improbable en cuisine, Gordon sort par une porte dérobée et parle directement à la caméra, postée là, qui attendaient parce que les caméramans sont des gens qui ont du flair – il pousse une petite diatribe et il repart, comme en 40. Pas énormément de cuisine, beaucoup de DRAMA et un personnage irrésistible mais attention, légitime. Les étoiles du gars sont bien réelles, faut pas croire.
M6 avait fait un truc similaire au printemps, Top Chef! C’était franchement pas mal, une bonne surprise. Là aussi, une brigade d’anonyme (sauf Grégory Cuilleron, décidément, il est comme Franck Leboeuf, il doit chercher un emploi) se joutaient dedans à base d’épreuves culinaires variées, élimination à l’appui via juges incorruptibles. Cette émission réussissait à trouver un juste équilibre entre mécaniques de real-tv et véritable émission culinaire – enfin, enfin on pouvait y trouver une véritable emphase sur les plats. Pas qu’une emphase physique hein, on voyait les plats réalisés tournicoter sous la caméra, exposés comme des bagnoles de luxe – mais ils prenaient le temps d’expliquer ce qu’ils faisaient, on les voyait cuisiner. C’est quand même le but numéro 1 de la manoeuvre! Alors certes y’avait de l’engueulade, des petites dissensions tout ça mais l’ensemble du truc à été agréable à suivre et le type qui a gagné a le même prénom et la même tête que Nashi, ce qui le rendait encore plus sympathique.

Mais voilà, maintenant sur TF1 c’est MASTERCHEF. Le nom est pas volontairement similaire, c’est juste la reproduction d’un format original australien… et comprenez par reproduction l’exacte copie du montage, des lieux, des mécaniques de jeu. C’est d’autant plus perturbant quand deux studios sont copiés aux deux antipodes du globe, mais bref… Master Chef est une émission assez anxiogène. Je vais tenter d’expliquer cet adjectif sorti un peu de nulle part, mais d’abord il faut expliquer que je suis un peu à la bourre sur le sujet, MC est une émission de très longue durée, qui s’étale sur ce qui devrait être un total d’une grosse douzaine de semaines. Pourquoi? C’est tout simple, pas mal de Nouvelle Star (qu’on doit maintenant enterrer, snif snif) transpire à grosses gouttes dans ces émissions. La toute première (j’étais pas là, j’étais au restaurant, il pleuvait, c’était intense) s’occupait des phases de casting. UNE émission, UNE soirée pour tout les castings à travers la France? Je suis curieux de voir comment ils ont pu développer un paquet de candidat sachant qu’il n’en restait que 100 à l’issue de cette même soirée. Faut réussir à en étayer la moitié, je sais pas comment il s’y sont pris… d’autant plus que cette phase de sélection était en mode « Je cuisine, vous jugez » donc tout ça devait prendre un minimum de temps, mystère. Après, les 100 derniers se sont tous mis dans un énooooorme hangar et se sont mis à faire des mayonnaises, alignés derrière 100 plans de travail (vision super taylorienne, un poil perturbante) puis les jurés ont goûté ces cent mayonnaises ont vomi trois fois, en ont viré 25, puis à force d’épreuves ils n’en ont gardé que 20… et à partir de là, on a un générique méga cheap et chaque semaine deux sortent selon le même principe très répétitif. J’y reviens…
Masterchef c’est surtout des grands acteurs qui s’ignorent! Déjà y’a Carole Rousseau, grande prêtresse de l’anxiogène. Vous vous souvenez de son émission anxiogène au générique anxiogène, « Plein les Yeux »? Elle dispose aussi de la diction la plus anxiogène de tout les temps « Bonne répooooooonse » bref un vrai petit robot qui sait pas vraiment ce qu’il fait là. Il en faut toujours une dans les émissions de cuisine, une figure féminine qu’on appelle « présentatrice », sensée driver le truc à base d’instructions et d’animations de grands concours par SMS où il faut trouver un élément dévoilé trente secondes plus tôt. Elle sert à que dalle mais elle est là. Non madame, le vériatable show est assuré par le jury! Et le jury, c’est Sébastien Demorand! Les deux autres, je sais plus trop leur nom, un est sensé faire la gageure « terroir » de la gastronomie puis l’autre ne me dit rien. Juste Sébastien Demorand, ses chemises et ses cravates multicolores, je suis très fan de son look et de son impeccable pilosité. Même … Si … Sa … Diction … A … Base … De … Silences … Métronomiques … me gave un peu, c’est pas pour rien dire! Le type est impérial, sort des vannes assassines et hésite pas à trouver un plat bon, appréciation soulignée par un sourire en coin et le regard par le bas façon Kubrick, oh Seb, petit coquin, tu l’as encore fait. Les deux autres à cotés là, ils lui font de l’ombre et c’est pourtant les deux seuls à travailler dans la restauration puisque M. Demorand est critique gastronomique, à la manière du méchant malingre de Ratatouille. Bref, ce mec est démentiel, et j’aime sa façon de dire « Ce plat est raté, vous devriez avoir honte » avant de faire un
avec sa bouche.
Après les candidats eux mêmes sont pas exempts de drama-queenerie : on sent bien que les m’as-tu-vu ont une bonne place dans le coeur des casteurs et pas mal de gens en présélection étaient pénibles à voir, dont une … nutritionniste … végétalienne (pour moi ça sonne un peu comme danger public, excusez du peu) bien reloue. Même les 20 derniers, avec leurs bonnes têtes, ont eu leur moment de faiblesse : je sais pas si c’est le tournage prolongé qui fait ça mais un rien leur fait pleurer. A Master Chef, tu rates une marche, on te voit immédiatement pleurer en confession cam. Sérieusement, des fois tu c’est pas trop si c’est justifié et c’est juste un appel du pied envers le genre de la maison : retour au DRAMA. On les voit cuisiner? A peine… 80% de l’émission consiste à voire les candidats restants papoter sur leur situation dans le jeu, à être méta. La cuisine, que dalle… le plat est jugé, discuté, mais pas concu. Une éllipse temporelle récurrent est un peu chiante, surtout quand le processus d’élimination est archi ritualisé : une équipe composée met un tablier noir « SYMBOLE DE L’EPREUVE SOUS PRESSION, FEAR § » puis chacun fait un bulletin de vote qu’il vient empaler sur un clou devant le type concerné. Comme dans Pirate Master, là au moins c’était compliqué… mais en l’occurrence ça prends des plombes, c’est ridicule, bref très superflux. Et c’est d’autant plus anxiogène que les dix dernières émissions se ressemblent toutes : ils sont un nombre pair? Ils font deux équipes, ils cuisines, les plus mauvais sont mis sous pression, y’en a un qui saute. Nombre impair? Boîte mystère, exercice de reconnaissance des aliments, épreuve sous pression et on recommence, deuxième couplet, comme le premier. D’une part ça enlêve toute suspicion sur des implications extérieures sur la liste de sortie mais ça rends le truc un peu chiiiiiaaaant. Ils ont beau varier les contextes, les sorties (d’ailleurs quand il cuisinent dans un fameux restaurant du Mont Saint Michel, le nom La Mère Poulard est flouté et ne sort jamais en voix off, kézako? C’est une marque?) tout ça reste ultra mécanique, formaté, sans aucune variation, c’est chiant.
Et là ma petite préférée vient d’abandonner, c’est doublement chiant.
Enfin enfin enfin, c’est divertissant, plus que 24 à la même heure sur une autre chaîne. Et on peut toujours faire pire. Regardez les Voisins, avec Henri Lecomte en médiateur, où le super prometteur « Qui Veut Epouser Mon Fils? » Brrrrr.









