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Daily Archives: 14 octobre 2010
Durarama !!
Est- ce que vous vous souvenez de Baccano!? C’est vrai, c’était vachement bien. Peut être qualitativement le meilleur anime de 2009 maté de mon coté, en tout cas celui que j’ai jugé le plus foncièrement « bon », pas celui que j’ai préféré, ce n’est pas la même chose, je vois votre petit air moqueur et prévisible! Baccano! avait l’incroyable capacité à se sortir des codes un peu clichés des animes d’action pour nous plonger dans une super ambiance rétro, chapeaux en velours et mitraillettes à camembert, avec un sens de la narration sur-efficace, un tas de persos au charisme fou, beaucoup de violence souvent gratuite (et dieu sait comme on aime la violence gratuite) et une technique irréprochable. Le court format d’une petite quinzaine d’épisode garantissait une histoire extrêmement rythmée, c’était impeccable pour tout vous dire et je recommande sa vision encore une fois. Lisez sur mes lêvres : cet anime est parfait pour découvrir un bon anime si vous ne vous sentez pas du tout otaque, car il est complètement à coté des codes qui peuvent vous agacer. Ceci étant dit…
Une suite a été diffusée cette première moitié d’année. Enfin, suite toute spirituelle car l’anime du jour n’a rien avoir avec le premier. Disons plutôt qu’il reprends énormément de codes visuels, pas mal de mécanismes… et va développer ça. Il est important de souligner que tout les épisodes sont disponibles à la vision vostfr en streaming sur Dailymotion, grâce au boulot de Dybex (en tout cas de leur initiative, tout ça est très flou depuis un certain temps) et sa traduction presque parfaitement léchée même si on y trouve des participes passés mal accordés parfois, hhhngggg. Je me suis donc refait ce petit rythme format agréable du « un-épisode-par-soir-avant-de-faire-dodo », comme si j’espérais que mon cerveau pige le messge subliminal – incorpore moi dans ce cadre en rêve, ça à l’air badass! Et ça l’a jamais fait! Depuis, pour me venger, je me met régulièrement un tournevis dans l’oreille.

Badass, c’est un joli qualificatif qui correspond bien à Durarara!!, ou DRRR, comme ce film au script hilarant mais atrocement mal rythmé où on y mange des sandwiches à la fraiiiiiise – et vous aurez d’ores et déjà remarqué que les animes ont tout les deux des noms bizarres et exclamatifs… et leurs casting s’étale à une quinzaine de personnages, tous présentés dans non pas un mais deux openings bien cools (même si le premier est meilleur, j’ai dit) en format saynète plus affichage du nom. Dans cette grosse bande, un ou deux sont des fakes et ne servent quasiment à rien. Vous vous souvenez de Lua Klein? Wah, je sais pas comment vous faites! Et la ressemblance la plus plaisante qu’on retrouve dans cet anime, c’est à mon humble avis le trait et l’animation. Je suis très très fan de ce type de dessin, ces personnages au menton bien pointus sans qu’on ai l’impression qu’ils sortent d’un doujin yaoi, cet art du chara-design qui rends tout les persos très reconnaissables sans pour autant leur affubler d’un truc immettable en vrai (et j’attends toujours un anime qui fait changer régulièrement de fringues à ses persos, ce serait révolutionnaire) bref un visuel qui chatouille les yeux. C’est cool… mais cette fois y’en a deux fois plus! En effet, Durarara!! comporte 24 épisodes et subit cette infernale règle d’arcs narratifs, il y a deux moitiés distinguées par le changement des génériques. Est-ce bénéfique au truc? Pas vraiment… enfin le rab’ est toujours souhaité mais l’attente au visionnage était vraiment haute et l’anime, enthousiasmant dans ses débuts, était un poil décevant dans la longueur. Je m’explique!
Un petit point scénario avant toute chose… en lançant le premier épisode, vous découvrirez un opening au chant très syma et au Japanglais involontaire rigolo (LOL OUT ROUDER ?) des tas de noms vont défiler, vous en retiendrez pas un seul mais c’est pas grave, le bazar se termine et on commence les choses sérieuses avec un premier narrateur, Mikado, adolescent casanier qui sort de sa campagne natale pour rejoindre un lycée dans le quartier Tokyoïte d’Ikebukuro. Discours interne oblige, on comprends que cette vie soudainement urbaine n’est pas très rassurante pour lui mais ce changement a été facilité par la perspective de rejoindre Kida, son pote de toujours. Mikado découvre donc le monde merveilleux des lumières du métro, des passages cloutés, des barres d’immeubles et des démarcheurs qui veulent qu’on mange leurs bons sushis russes. Petite phase de dépaysement puis l’intrigue commence : le quartier est habité par diverses légendes urbaines… une cavalière sans tête? Des confrontations de gangs? Un espèce de gros échiquier intangible? Tout ça à la fois… c’est vrai que les réflexes de Baccano sont difficile à éloigner. Un espèce de sac de noeuds, un tas d’intrigues lancées qui se résolvent dans le désordre, une assez grosse pointe de fantastique, une progression à la vitesse très sporadique. Le récit décide de faire une pause? Ok, un peu de useless pour combler tout ça. L’anime commence en ville, s’y colle, on ne se focalise que sur quelques endroits bien définis (des rues, un restaurants, des toits d’immeuble… internet) et on se laisse gagner par la mythologie de la ville. Alors c’est un mot à prendre sur deux degrés différents car effectivement, il y a bien une Duhallan en ville, une espèce de bombe en casque kawaï et elle s’appelle Celty Sturluson, toujours à la recherche de sa tête perdue. Dans le coté cartésien de la balance, un groupe mystérieux émerge, les « Dollars », mais tout ça rentre en contradiction avec les différents gangs aux codes couleurs définis. Bientôt, un troisième souci apparaît, un « éventreur » qui surine les passants au hasard? Un joyeux bordel, super plaisant à parcourir.

Si GTA est un jeu « Bac à sable », Durarara est un anime qui fonctionnerait sous les mêmes préceptes! Je sais pas du tout c’est c’est une marque de progressisme, une marque de qualité ou juste une preuve de foutoir mais stylistiquement, la fiction emprunte tout les schémas possibles. Les narrateurs ne sont jamais les mêmes, la focalisation changeante, il ne faut pas croire que le duo de potes du premier épisode constituent les personnages « principaux » puisque tous ont un minimum d’implication dans le récit, tous ont un impact égal, ne serait-ce que dans une portée symbolique. Drrr joue pas mal avec les codes narratifs et hésite pas à tromper son monde… mais aussi à faire semblant! Ce qui semble être une « erreur technique » trouve en fait des explications logiques, etc. Dans un autre ordre d’idée, la progression entre les storylines principales et annexes est assez inégale puisqu’on ne distingue pas toujours ce qui est « important » de ce qui ne l’est pas. Des tas de pistes sont lancées, l’anime n’y réponds pas toujours, et laisse parfois en plan des trucs surréalistes d’importance dans n’importe quelle autre fiction qui se respecte. C’est parfois vraiment rageant mais c’est peut être lié au format adapté d’un manga toujours en cours. Peut être. Quelque chose du genre.
En gros, le personnage principal, c’est Ikebukuro. C’est comme une grande scène où sa quinzaine d’acteurs se rencontrent, s’aiment, évoluent, se découvrent… et comme dans Baccano, à peu près tout le monde est un gros badass caché! Là aussi ça peut paraître fatiguant car on ne sait jamais trop sur quel pied danser entre le coté « cartésien » et « fantastique » du truc. Il faut voir pour piger le souci, votre seuil de tolérance à la bipolarité de genre sera sévèrement titillée.
Ces personnages fonctionnent pas mal en groupes, voire en gangs, on a du mal à dissocier un tel d’un autre. On a donc Mikado, petit gars posé, rationnel, notre première repère dans cette ville de fous, notre petit étalonnage mental dans le récit. Son pote Kida est un espèce de beau parleur à l’éternelle logorrhée comme le semble apprécier ce studio… ils se lient tout deux avec Anri, l’élève réservée aux gros seins. Ces trois là forment un « code couleur » assez implicite, je le dis parce que c’est un concept qu’on vous fais ingérer subtilement tout le long du truc, je pense qu’il est plus pertinent de commencer l’anime avec cette idée en tête, directement. A coté de ça, un van avec quatre otaques dont on entends pratiquement jamais les noms – le mec au bandana, le mec au polo, la fille aux grosses grolles et le mec qui conduit. Tantôt ressorts comiques, tantôt des gens dangereux… puis il y a le duo préféré du fandom, Izaya et Shizuo. Le premier est l’espèce de méchant de l’histoire, manipulateur, super verbeux et imbu de lui même mais jamais physiquement dangereux. Shizuo lui est un barman dont le principal hobby est de balancer des distributeurs de boissons à cinquante mètres, de préférence sur Izaya car le grand hobby de sa vie est de le détester. (Freud!) Celty incarne le jeton fantastique de la femme sans tête (mais aussi le fétiche le moins avouable de tout les temps, c’est un fait étrangement souligné par plusieurs personnages) habitant avec le docteur maboule au nom qui m’échappe, le genre de type qui a raté ses études et qui bosse pour recoller les mafiosos troués. DRRR, c’est l’histoire des connivences entre tout ce petit monde… et c’est l’histoire du cadre, de la ville. Le truc est 100% actuel et l’un des principaux intérêt de l’anime est son rendu d’un quartier Tokoïte. Vous y êtes allés? La ville vous fais fantasmer? Je vise des gens en particulier, cet anime est plus pour vous que la moyenne. Comprenez moi : c’est du porno visuel permanent. Des néons, des arrêts de métro, toujours un peuple désarmant, la rue, les ruelles glauques, les HLM… tout pue la ville moderne dans cet anime et c’est génial parce qu’une ficelle si peu exploitée, en tout cas dans tout ce que j’ai pu voir jusqu’à présent.

C’est pas tout! La technique est impeccable, le cadre est chatoyant, mais là aussi la musique va être un ravissement pour vous, âmes charitables et mélomanes. Bien sûr on dit au revoir à l’ambiance jazzy mais bonjour à une ligne musicale bien moins définie mais rigolote : entre ces espèces de thèmes « circus » des séquences d’action, ces trois notes de picollo qui viennent en running gag, ces petites mélodies apaisantes accompagnent parfaitement le récit. Ajoutez à cela deux openings bien cools (et deux endings sans aucun interêt visuels… running gag, décidemment) et vous obtenez un anime récent formellement IMPECCABLE.
Après il y a malheureusement pas mal de petits trucs qui m’ont déçu, surtout dans la deuxième partie. Cette inconstance de registre occasionne pas mal de dommages collatéraux, et ce coté bac à sable occasionne pas mal de soucis. (Notez l’art de la paraphrase) déjà sachez qu’au final il n’y a pas de véritable enjeux à proprement parler. Personne ne risque sa vie, véritablement. Si dans Baccano! il y avait une cause en amont toute logique, là c’est juste un fait avéré, on ne craint pas beaucoup pour la vie de ces personnages. C’est pas plus mal, une fois de plus ça change la perception des codes à avoir mais ça rends trente cliffhangers sur trente-et-un un peu inutile… surtout quand c’est lié à un aspect fantastique. Celty tranche un mec avec son énorme faux? Il tombe sur ses genoux, il est « fatigué ». … Ok. Tiens, je te donne de l’ARTHRITE, ça t’apprendras à molester les jeunes lycéennes!
Et c’est ça le draaaaame! A force de ne pas se soucier de l’enjeu, l’anime n’y arrive JAMAIS. Certains persos sont bien plus inutiles que prévu : Simon n’a qu’une valeur purement intuitive (« Poussez vous! Je suis là pour faire de la mor ale cachée! Je suis comme un dieu narrataire mais qui le montre pas! Etrange! ») le père du doc et le flic du deuxième opening ne servent à rien, Tom est un personnage que je n’ai jamais vu faire quoi que ce soit d’important… à quoi bon mettre tout les personnages sur un pied d’égalité sur c’est pour mentir aussitôt, le truc a été raccourci? Je suis loin de saisir. L’anime peut lancer une perche… puis la laisser aller. Mais dans d’autre situations, l’anime peut lancer une deuxième perche… et rattraper une tractopelle! La relation entre Celty et le doc fonctionne comme ça. La prédiction du gâteau chinois n’avait qu’une valeur symbolique? C’est pas le genre de la maison. Alors pourquoi ça évolue comme ça? Etrange… mais encore plus étrange quand l’anime se termine sans résoudre des trucs élémentaires, posés dès le début. Des trucs immanquables. Des éléments de scénario qui sont pas oubliés pour autant mais juste super injustement-pas-résolus. Oui, suivez mon regard, je parle bien d’une tête! Qui retrouve pas son propriétaire! Alors qu’elle est à deux mêtres? Omgwtf. Et le traitement de certains personnage me paraît super louche : certains ont leur petit épisode de présentation pour ne servir à rien immédiatement après. Au final, quel est l’impact de Shizuo dans l’anime? Comique. Et c’est dommage. DOM-MAGE. Juste une backstory super loufoque… et Izaya, qui s’amuse à faire semblant de tout controler, cette attitude de bluff constante est fatiguante… le « rôle » des otakus est assez mal défini et le traitement du trio de base devient rapidement trop remplie de … coïncidences. La deuxième moitié de l’anime est axée sur un arc narratif trop improbable pour être utile et une tros grosse part de la fin de l’anime est concentrée sur UNE storyline qui n’en vaut pas vraiment la peine. Encore et toujours une question de point de vue, mais… c’est tellement chiant à constater parce qu’une fois de plus, cet anime transpire la maîtrise, distille savamment les détails annonciateur sans que le spectateur ne puisse véritablement les repérer, largue un indice bizarre dans le contexte mais qui prends de l’importance X épisodes plus tard, la narration, je le répète, est une qualité maison, c’est avéré. L’anime se targue même d’un message étrangement optimiste sur Internet, la communauté et le don de soi mais ça dépendras un peu de votre point de vue, soit vous allez trouver certains passages beaux, soit juste loufoques. J’ai bien aimé la nana et son panneau d’affichage. J’y aurais personnellement marqué « DE LA SERENITE! »
A vous de voir. J’y consacrerais pas un post pour rien, c’est à voir. Peut être en ligne directe avec Baccano!, mais cette comparaison dessert beaucoup trop Durarara, véritablement un anime de qualité, pourtant parfois un peu foutoir, avec des petits soucis de rythme, au dernier arc un peu trop décevant. N’empêche, c’est une belle histoire, un bel endroit où on aimerait y manger des sushis russes, des bons suhis russes, hmm.









