Monthly Archives: octobre 2010

L’instant Taggle

Hey petit internaute, tu te souviens de ta prof préférée, Madame Brenda? Oui? …

ELLE EST MOOOOORTE! MORTE D’UNE FACON ATROCE ET DOULOUREUSE! PARTIE A JAMAIS, CLAMSEE COMME TON CHIEN QUE J’AI ECRASE EN VENANT ICI! HIAAAAAARG § 

C’est Halloween et cette fête tristement délaissée ici n’as pas énormément de valeur, cette fête véhiculait tellement d’enthousiasme dans les Astrapi d’il y a dix ans (nota bene : en relisant mon post de l’année dernière, je me suis rendu compte que j’utilisait texto la même expression c’est affreux) dommage, dommage! En tout cas j’espère que vous avez fêté ça d’une manière ou d’une autre, ne serait-ce que très passivement, par exemple en mangeant une fraise Tagada ou en rallumant votre Gamecube pour jouer à Animal Crossing. Personnellement j’ai remis en vue ma bonne vieille Jack O’ Lantern en plastique et je vous ai concocté quelque chose de véritablement effrayant. Après vous avoir déniché Fabienne Dupond l’année dernière avec un Mario Maso spécial, je me suis dit que la meilleure façon de fêter cette nuit païenne et ancestrale serait … un petit listing des pires costumes d’Haloween du web, ces petits personnages qui nous pourrissent la vie. Craignez la parade du pire de la toile!  

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  …. LE POST DE LA PEUR! Je vous propose de parcourir ces trucs effrayants du web, ces petits réflexes qu’on retrouve partout mais dont on est souvent coupables aussi. Si par hasard vous vous dites que c’est plutôt un top des « trucs énervants » c’est que vous avez vraiment l’esprit mal placé, auquel cas je vous demanderais prestement d’aller voir chez Soviet Voice si vous y êtes. Oh mon dieu, déjà une référence effrayante, je suis à deux doigts de me faire dessus! Finalement, Marble Hornets c’était pas grand chose.

 Le Gratuitous Englishe

Vous vous souvenez peut être de cette époque révolue, il y a une grosse trentaine de mois où Sébastien Chabal répondait  » We are in France, we speak French >:(  » à un journaliste anglophone qui a du se reconvertir depuis. Sur le coup ça faisait bourru et maladroit mais avec un peu de recul j’aimerais parfois que l’ami Seb vienne gueuler ça à pas mal d’internautes. L’anglais, ça sonne super cool je dois l’avouer, c’est plaisant à l’oreille, ça donne une jolie connotation poétique tout ça, n’importe quelle phrase te fait passer pour
un Edgar Allan Poe ou un Paul Mac Cartney. Après, il y a plusieurs degrés d’utilisation d’anglais dans le langage : foutre un ou deux mots de temps en temps, pour expliquer les mèmes ou ressortir les expressions du moment, rien de bien grave, c’est juste être hipster (et achetez vite des actions sur ce mot, il va bientôt être à la mode) – après il y a les jeunes nanas fortunées qui ont pas grand chose dans la tête mais qui parlent franglais pour le fun, avant d’aller s’installer à New York et d’épouser un mec avec quinze ans de plus (mais si elles portent leur sac à main dans le creux du coude, l’horreur devient TOTALE) puis il y a les français qui parlent en anglais sur internet à d’autres français. N’importe comment dans la moitié des cas, d’ailleurs. Ce n’est pas logique, et tout truc tournant pas rond me fait peuuuuur. J’essaye de me limiter aux pseudos msn pour varier la langue mais c’est toujours dans un esprit de citation, je vois pas le foutre intérêt de parler en anglais sur Twitter. Was ist dass. Keine logique, mein Freund. Dass ist so ershrocken!

Le manque sévère de priorités

Oh la la. Bon l’abus de bizness sérieux est déjà un mal en soi mais parfois ça peut prendre des proportions effrayantes, sans que personne ne quitte son écran, avec des dramas tout à fait abstraits. Tenez là par exemple il y a une semaine, on a eu un exemple tellement diplomatique : Tania Bruna Rosso, la chroniqueuse Koreus du grand journal a fait une chronique un peu gratuitement méchante sur Hatsune Miku, le vocaloïd yaponais. Alors ok, elle s’est trompée de personnage et ok, elle a volontairement choisi un extrait bien pourri et décalé pour appuyer son propos bancal au possible (je ne doute pas de la richesse musicale des vocaloïds) et ça a juste donné l’occasion à Julie Depardieu de faire une tronche étonnée, c’était super. Le souci c’est que je sais pas quel petit malin a mis l’extrait sur Youtube et … malheureusement, la sauce a pris et on se retrouve avec un beau bullshit doublé d’un shitstorm, j’ai envie de dire, un BULLSTORM.

A peu près tout le monde à souligné l’incompétence de la chronique, tout le monde s’indigne, tout ça… mais sérieusement les gars. Comment prendre sérieusement une fille qui compare Hatsune Miku à René la Taupe si la même fille fait une chronique « sérieuse » sur la fille de Will Smith et son insupportable single, avant d’enchaîner sur Justin Bieber? Comment prendre au sérieux un truc qui réduit la « pop culture » à la dernière vidéo ou pub rigolote qui circule dans la toile? C’est pas comme si c’était la première fois qu’un journaliste disait n’importe quoi sur une de nos passions, il faut juste ignorer. Vous aimez un truc? Vous savez pourquoi c’est si bien, ignorez l’avis des autres, tout simplement. Maintenant, la vidéo est en ligne et le monde entier traite les français de connards intolérants. Bien joué tout le monde, tenez, une boîte de pâte.  

La Répétition

Vous savez pourquoi on écarte toujours les doigts en jouant du piano? Si vous avez la malchance de suivre Détective Conan, vous connaissez probablement la réponse : deux notes qui suivent sont rarement assonantes et la règle se vérifie aussi pas mal et surtout sur Internet. Deux concepts trop proches ne marchent pas dans un trop court laps de temps, ça fait moche à l’oreille… et qu’est ce qu’on peut être coupables de ça, tous autant que nous sommes. Trouver une véritable idée est pas évident et il est plus simple de vaguement s’inspirer sur un concept prometteur mais obscur pour le populariser. Ca peut donner de ces répétitions… je sais pas si vous avez constaté la progression assez dingue de vidéos commentées dans (attention poncif) … la blogosphère! Il suffit de traîner dans le même réseau pour constater que tout le monde s’est prêté au jeu, pas toujours en apportant quelque chose de nouveau. De notre coté, on aime bien surfer sur nos propres vagues : tournois, tops, harems… quand une mode peut nous permettre de mettre notre inspiration en mode pause on hésite pas trop à saisir un post gratuit, mhhh. Le souci c’est que ça marche aussi dans la vraie vie! Si on se laisse aller, notre diction commence à tourner en circuit fermé et on ne fonctionne plus que via un parterre de blagues et mèmes qu’on peut varier à loisir façon bandit manchot. C’est pas bien! Vive l’innovation! Vive le partage des terres! Tous au kolkhoze! … flipette. Ohmondieu,
l’exagération aussi ça fait peur.
 

Compil


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Ce truc est terrifiant. Je suis sûr qu’il nous regarde dormir et mange nos âmes.

A l’Epitanime dernier on avait tous la chance de taper la discuter avec le grand Sébastien Ruchet, notre gourou à tous (mais c’est pour la bonne cause!) et j’ai pu caser la phrase qui me trottait en tête depuis un certain temps. « S’il vous plaît, dites à Cyril que Compil est anxiogène, il me fait peur. » Là vous rigolez mais pensez-y, je le soupçonne fortement d’avoir des penchants schizophrènes. Souvenez vous les premiers épisodes, vous n’aviez pas l’impression de lui entendre des réponses un peu … aléatoires? Il donne la réplique parfois un peu à coté de la plaque et il navigue trop entre les registres : parfois respectueux, parfois carrément familier voire grossier. Compil n’est pas tout seul dans sa tête, la nuit il enterre des bouts de cadavre dans la forêt de Fontainebleau. Après il y a cette diction un peu flippante à la Demorand mais version sous hélium, ces petits yeux vides sans émotion, ces coins carrés qui ont éborgné des tas de bébés chats, ce design sorti de nulle part et ces oreilles de lapin. Pipi culotte. Qui a eu cette idée? C’est encore plus aléatoire, comment peuvent-elles se dresser toute seules comme ça? Mettez vite les frères Lagaulle sur le coup, ça me permettrait de dormir un peu mieux. Brr.

Les mèmes forcés. Fear. The Game. Tout ça!

Non! Ce! N’est! Pas! Drôle! Stop! Arrêtez! Pas ce trou là! Stoooooop

Bref les grandes règles de l’Internet ne sont pas applicables à la lettre mais tout ce qui n’est pas matraqué n’est pas drôôôôôle automatiquement.  Une bonne blague, elle se plante subtilement quelque part, elle germe dans les esprit de chacun puis elle vient apparaître de temps à autre. Quelque chose ne peut pas avoir du succès si on tient tant que ça à l’implanter dans vos cerveaux. Si je le pouvais je pourrais prendre une grande épée bien phallique en bois et je partirais en croisade contre les « Cancer » et autre « Nope.avi ». Le phénomène obéit aux mêmes lois ancestrales, tout ce qui est répétitif ne devient pas plus drôle avec le temps, laissez aux anglais ce type d’humour, ils sont les seuls à le maîtriser. Comment ça, c’est pas effrayant? Si, c’est flipette sa race, period, bitches.

La distanciation

Phénomène inverse : si, en convention, dire qu’Evangelion est pas terrible signifie une mort sociale et physique – un phénomène étrange stipule qu’on peut tout dire, voire le plus privé, sans aucunes conséquences pendant que tout le monde regarde ailleurs… c’est assez fantastique dans le sens Doctor Who parce que ça donne des séquences où tout le monde semble soudainement être frappé d’amnésie sélective, c’est super perturbant. L’internaute blasé est aussi quelqu’un qui a globalement perdu toute sensibilité et pouvoir mater les pires shocks sites devient une sorte de fierté, c’est assez paradoxal (Et en parallèle, le futunari semble être de plus en plus assumé, prenez des notes, n’est ce pas) 

Bandes d’insensibles, arrêtez de vous fapper sur des bébés Harlequin, ce n’est pas correct. Et arrêtez de venir sur un truc de chat instantané quand vous avez bu, ça ne vous rends pas intéressant, juste plus flippant. Enfin, il semblerait que par un phénomène cosmique inexpliquable, afficher une faiblesse mentale (mais vraiment, du genre clinique) soit cool. Bref plus vous êtes névrosés, plus vous êtes populaire… hé ben les potes, dans quel monde vivons nous. Sous catégorie : les gens qui nous inondent de bonheur conjugal (que vous soyés casés ou non d’ailleurs, le web n’est pas un endroit pour l’effusion de guimauve) ah, les salauds, ont leur pêlera le jonc comme au bahi du Limousin.

Les Trolls

Ho alors là c’est le gratin, le top du top de l’effroi. Non seulement ils sont chiants tendance relous mais en plus leur comportement fait peur. Notez bien : le plus souvent, les meilleurs trolleurs sont des gens très sanguins, pas toujours super stables, pas des gens très posès hein… mais qui a eu l’idée de troller en premier hein, qu’on lui mette le nez dans son caca? Lisez sur mes lêvres : troller n’a jamais été, n’est pas et ne sera jamais drôle, constructif, quoi que ce soit. C’est comme le syndrome de Tourette avec Cartman : une vague excuse pour pouvoir dire n’importe quoi et se réfugier sous un espèce de pare-feu qui éviterait toute conséquence logique. Effet secondaire ô combien frustrant, le trolleur, sous prétexte d’un « art », acquiert une position de supériorité parce qu’il a bien réussi son coup, le salaud. Vraiment un comportement incompréhensible et effrayant… une belle couillonade immature ouais! (Marche aussi avec la posture du « spécialiste intarissable »)

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 Qui veut épouser mon fils (et surtout Giuseppe)

Ok c’est un peu hors sujet mais cette émission avait un si fort taux d’horreur qu’elle peut se permettre de déborder un peu sur le cadre « internet », d’autant plus qu’on était là à tout commenter et à rire comme des baleines, comme des gros cas sociaux du web qu’on est. TF1 se surpasse toujours plus et après avoir pondu le déjà très mirifique « Les Voisins, vont ils se mettre d’accord » – véritable petit TP du cours Florent – QVEMF atteignait des hauteurs juste conceptuelles dans la QUALITE, l’anapurna du plaisir coupable. Des adultes qui frolent la quarantaine qui sont chaperonnés par leur moman pour se constituer un petit harem? Des clichés sur pattes, un moche impossible à marier, un geek, un Italien débile « ouhla t’as 33 ans, c’est pas possible je veux entre 30 et 32 » et leur ascendance toute aussi caricaturale? Wow, c’est encore plus épatant quand on voit que le montage suggère la visée purement « comique » de l’émission. A ce stade, je sais pas si quelqu’un peut encore prendre ça au premier degré… bref un certain nombre de séquences cultes et surtout un mec un peu plus maboule que les autres, notre fameux italien facho qui a tout pour plaire dans ce genre de format : machisme, tendance passive à la violence, phrases cultes à la Moundir et surtout une mère encore plus déjantée, archi moche et tout aussi culte que son gamin. Un grand moment d’horreur, ouais!   

Ce bloggeur.

Il est super hypocrite ce mec, il râle toujours sur les mêmes trucs, donne des leçons, est obsédé par le même jeu vidéo, un beau mégalomaniaque ouais. Un peu le Satan du net!

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F5 F5 F5

Petit post pour un film pas très maigre de deux heures pile. Ouais je me suis dit qu’il n’y avais pas assez de critiques flash de film ici… d’une part ça fait un peu revenir le blog sur ses origines honteuses, ça diversifie un peu les choses et ça me sort un peu de ce complexe complètement gratuit et idiot du « Ce post est pas assez gros, fin du monde, rajoutons du vide » 

 Mais ouais, autant exploiter tout ce qui est exploitable et The Social Network est assez exploitable. Pas un film millénaire mais un petit objet assez fascinant! C’est surtout les critiques qui valent le coup d’oeil : inhabituellement dithyrambiques. Télérama à lâché son bonhomme « Youpi » ce qui est trop rarissime pour être signalé et les sites de foux furieux élitistes à la Rotten Tomatoes et Metacritic le placent direct dans des hauteurs inexplorées…  l’argument principal du bouzin : « Il capte bien l’époque où il a été tourné. Quelle débauche! C’est pas une phrase qu’on sortirait habituellement pour un délai de six ans. Bon, honnêtement je ne comprends pas trop pourquoi… J’ai bien aimé, j’ai passé un bon moment sans vraiment m’emmerder où que ce soit mais de là à dire que c’est le meilleur film ever, wow, calmons nous. Le truc numéro 1 à savoir c’est que David Lynch est aux commandes – Si, vous savez, le gars derrière Twin Peaks, cette série assez démentielle où on apprends que Laura Palmer a en fait été assassinée par PaMmfmfmfffmf- ou Inland Empire, Elephant Man et bien sûr Mulholland Drive, que des films bien flippés… et là c’est intéressant de savoir qui il le cinéaste (zomg lol pas relu) pour remarquer ce qu’il n’a pas fait. J’y reviens, moussaillons.

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 The Social Network est donc un film qui, comme son très suggestif logo le … suggère, narre la création de Facebook et les pérégrinations de Mark Zuckenbarg, son créateur doucement barjo. Bizarrement, en allant voir le film un peu au hasard je me suis dit que le truc baserait tout son scénario sur notre fascination malsaine des chiffres et l’addiction des applications à la con façon South Park mais c’était ignorer toutes les étapes qui ont conduit le site à devenir Farmville avec un peu de réseau social – en gros tout est téléscopé autour de son créateur et des relations qu’il entretient avec le reste du monde. Après tout, c’est le créateur qui est sur l’affiche, pas la créature… et Facebook a d’abord été The Facebook, ouvert uniquement sur invitation et présentation d’une adresse mail universitaire.

Nous sommes en Octobre 2003, dans un pub vaguement british perdu en plein campus Américain. Mark entame un dialogue de sourd surréaliste avec une fille qui n’hésite pas à nourrir le délire ambiant. Ca s’échange des phrases courtes, les mots volent … personne n’y comprends grand chose, c’est un véritable petit instant dada. L’inévitable arrive, Mark se fait plaquer après être passé pour un bon gros douchebag des familles, il rentre dans sa chambre universitaire cosy pendant que le générique défile discrètement. Mark chope deux bières, commence à déverser son dépit sur LiveJournal et on assiste à l’une des séquences au rapport épicité de l’action/moyens cheaps le plus élevé qui soit – Mark va créer FaceMash, un site dont l’objectif est de classer les filles du campus par comparatif. Il « pirate » vaguement les albums photos des différentes universités, l’envoie à un paquet de connaissances et le truc fait le tour si vite que la matrice explose, la fin du monde, tout ça. A défaut d’avoir une bonne image pour l’administration et de passer pour un encore plus gros connard envers son ex, Mark s’est taillé une petite réputation dans le cercle des développeurs du coin. Il est rapidement contacté par les jumeaux Winklevoss, espèces de mastodontes robots apathiques qui lui propose de concevoir un réseau social interne nommé Harvardconnection… Mark s’engage mais il va surtout concevoir le réseau qu’on connaît bien, en collaboration avec son pote Eduardo Saverin qu’il engage dans l’entreprise fraîchement créée. A partir de là on suit le lent processus de montée en puissance du site, tout en ayant un aller-retour constant entre le passé et le « passé moins proche » : Mark est à la fois assigné par son meilleur pote et par les jumeaux. Que s’est il passé? Un élément de réponse : l’influence du très extraverti créateur de Napster, incarné par Justin Timberlake (et non ce n’est pas risible, il est en grande forme et plus que crédible) 

 Voilà pour l’histoire, qu’on connaît tous en substance, de toute façon. Je ne sais pas vraiment quel est le rapport entre la fiction et la réalité, le vrai Zuckenberg a juste déclaré que c’était une réalité factuelle très romancée, rien de bien surprenant quoi, toutes les grosses lignes restent véridiques. Y’a pas grand chose de concrètement passionnant dans le film, j’entends par là qu’il n’y a strictement aucun réflexe de grand film d’action… je précise inutilement qu’il n’y aura pas de bagnole qui flambe ou de gunfights mais l’enjeu dramatique en lui même est complètement inexistant. La fin de l’histoire, vous devriez la connaître : Mark Zuckenberg est richissime, un peu solitaire, c’est tout.

Si je devais résumer le film en trois mots ce serait un combo du genre – faculté – personnage – verbeux. Ouais, on y parle énormément. Tout le temps, partout, c’est juste une énorme logorrhée de 120 minutes, la seule minute de pause sera une séance d’aviron à la limite du fantastique. Le seul petit instant Lynch, tout à fait délicieux et très symbolique de la victoire d’une idée sur une autre… enfin, de leur propriétaire.

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 The Social Network est donc un film intéressant pour ses personnages, enfin pour son personnage, son Mark Zuckenberg. Je serais curieux de savoir comment le modèle a pris son imitation… l’original a toujours la banane jusqu’au oreilles. Là, Mark est très bougon, petit génie très au courant de cet état de fait, j’adore ce genre de personnage… le genre de mec au Q.I. tellement élevé qu’il en devient incapable de raisonner « normalement » tant ce qui lui traverse la tête bouleverse son sens des priorités. J’aime bien le traitement qu’il reçoit à l’image, à la limite de l’autisme… impossible de lui retirer une émotion, toujours en train de tripoter quelque chose, plus à l’aise avec le code qu’avec les gens, ne quitte jamais ses tongs de maître-nageur, prompt à la Diatribe sans sourcillement aucun : le petit Mozart true neutral dans toute sa splendeur. Le gimmick du film réside dans les premiers et derniers mots prononcés à son encontre : « asshole ». Claaaasse, de toute façon c’est pas comme s’il n’était pas perverti par l’argent, je doute qu’il ai actuellement du mal à payer son deuxième tiers provisionnel. De l’autre coté il y a Eduardo, propre sur lui, le businessman de l’affaire et le woobie de l’histoire. Globalement, ce rôle de second lui offre directement ticket une place de dindon de la farce. Il va le voir venir, il va penser l’éviter, ça va lui exploser à la gueule, sans échappatoire possible. Dommage! La cause de tout ça, Sean Parker, est un génie au look et au vocabulaire de gangster. Vous voyez le Merovingien dans Matrix? C’est un peu le même rôle, celui qu’on soupçonne de pactiser à la fois avec les gentils et les méchants, l’intarissable moulin à paroles qui pense contrôler l’intégralité de l’histoire mais qui va pêcher par excès de confiance : Sean Parker remplit bien ce cliché. A l’aise avec tout le monde, jeune riche, il s’immisce rapidement dans le projet The Facebook au grand dam d’Eduardo qui sent venir la couille dans le potage. Lequel des deux va gagner? Ah, il ne faut pas raisonner de façon trop binaire… puis au milieu, les jumeaux, futurs champions olympiques, ils ont la tête, les jambes et l’attitude robotique difficile à supporter. Bref eux aussi vont se faire coiffer au poteau mais leur attitude noble et Poudlaresque ne va pas les aider. Pas grand chose à retenir, si ce n’est une vaste scène de « QUIET YOU » donnée par le président du campus, à la fois très jouissive et très cruelle pour des gens aussi à cheval sur leurs principes. Pas de demi-mesures, Zuckenberg est un petit génie mais c’est un salaud un peu opportuniste qui n’hésite pas à larguer ce qui devrait être le plus important. Certes c’est le plus jeune milliardaire du monde mais ce dernier plan où il attends quelque chose qu’on a tous fait est tellement révélateur!

Enfin, il est assez intéressant de zieuter à quoi ressemble le cadre « universitaire » du film. Malheureusement, si comme moi vous avez le fantasme des longues étendues d’herbe avec des étudiants compulsant leurs notes sagement vous pouvez voir un autre truc, là c’est surtout des scènes d’intérieur devant des ordis. Par contre le poncif de l’étudiant est bien présent : de la bière partout, un jeu à boire sera même à l’origine du recrutement de l’un des futurs collaborateurs de Mark. Des ordis, des appartements en co-location, des séances avec Bill Gates (parce que oui, c’était Bill Gates, andouille, apprends à lire) et un cours magistral très crypté sur du bazar de développeur. C’est assez marrant de constater cette retranscription de l’ambiance Ivy League, surtout après la délocalisation en Californie où là c’est ambiance Spring Break à fond : nanas, piscine, rails de coke et rails de coke sniffés dans les seins d’une nana sur une piscine, bref je sais pas si Zuckenberg a vraiment vécu tout ça mais la touche Sean Parker donne au film une dimension un peu fofolle, un peu éclairée qui fait un peu poche d’air après une première heure presque intégralement nocturne ou cloîtrée. Un peu too much (la scène en boite fait vraiment Mérovingien, pour le coup) mais acceptable… parce que la globalité du film inspire une ambiance très tendue de la gestion du pouvoir, de l’argent… comme si le monde dépendait des décisions prises par trois geeks fortunés. C’est comme dans Bakuman ou autre jeu de Cartes-pour-enfants, le moindre truc semble prendre des dimensions très awesome – vazi je rentre une ligne de code et je SAUVE LE MONDE ! Sans aucun artifice de réalisation, tout paraît propre, clean, pas le moindre plan « perturbé », à peine deux ou trois scènes en steadycam, rien de plus. On est vraiment loin de Seven…

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 Donc un excellent film, pas le film du millénaire mais son succès critique est dû à son très haut niveau formel : on ne peut pas lui reprocher grand chose. C’est carré, impeccable, rien ne dépasse, tout est millimétré, on dirait un morceau de Dream Theater. Tout le monde y joue bien, c’est passionnant comme une tragédie grecque et après tout nous sommes une cible privilégiée, j’approuve avec vigueur.

 Edit : HAN PUTAIN. J’ai confondu Lynch et Fincher en sortant Seven. C’est assez grave et je vous invite à bien le souligner que je ne sorte plus une énormité pareille… voilà ce qui arrive quand on écrit un truc devant le poste en pensant à autre chose!

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Achtung baby

Magie des dates et des coïncidences, il y a pratiquement un an pile c’était la grande Wright-Party avec le très-en-retard test du troisième volet de la première trilogie de simulation de visual novel juridique, dans cet ordre. Ca clôturait ainsi une saga parcourue sur une longue durée, saga terminée avec énormément de plaisir, sans aucune redondance ou véritable moment de faiblesse, c’était très bien, tout simplement. Pour continuer dans la fière tradition, je m’étais payé en juillet dernier Apollo Justice, le quatrième volet de la saga… mais sorti en troisième positions dans nos contrées, si vous vous souvenez bien. Dans le contexte ce n’était pas si gênant que ça puisque la timeline bouleversée permet pas mal de libertés et de champ d’action à imaginer pour ceux qui ont le troisième épisode en « trou » mais faire les choses dans l’ordre chronologique a toujours un petit je ne sais quoi de plaisant. Maintenant, manque plus que ce fameux volet avec Benjamin Hunter, que je devrais me prendre en Avril pour continuer dans le même timing mais je doute que la barrière de la langue soit vraiment franchissable. On verra… en attendant, Apollo Justice est le vilain petit canard de la série des Ace Attorney. C’est un fait avéré, tout les fans sont d’accord, cependant cela revient un peu à dire que le Sierra Leone est un pays peu engageant par rapport au Liberia – la trilogie Phoenix Wright est excellente et Apollo Justice est très bien!

Si je me sens obligé de justifier tout ça c’est parce qu’il a le malheur d’avoir une « aura de déception » autour de lui. Les fans le jugent un peu incohérent, pas super bien branlé (omg vulgarité) et accusent certains pans du scénario. Bon, là encore on va procéder de manière très prosaïque, je vais tenter d’expliquer en quoi le jeu peut décevoir et en quoi il reste incontournable pour tout fan de la série qui se respecte.

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 Apollo essayant de soutirer du charisme à Godot maaaais ça ne marche pas

 Le titre pose les bases : ce n’est pas Phoenix Wright 4 mais bien Apollo Justice… la jaquette présente le même gimmick de graphisme, c’est bien édité par Capcom – pas de doute, c’est bien la même série, les gars ont juste pris un très gros risque en changeant complètement le point de focalisation du personnage principal. Nous sommes 7 ans après les évènements de la trilogie (donc quelque part vers 2019) et on incarne … Apollo, jeune avocat à la défense fraîchement diplomé. Redondance? Oui, volontairement, il a une explication derrière tout ça et pas la peine de désarçonner les néophytes qui commenceraient la série par ce volet. Après avoir passé une petite quinzaine d’affaires très intenses avec Phoenix et compagnie, les cartes sont totalement redistribuées : Phoenix est votre tout premier client. Premier choc franchement intense. Votre sidekick attitré est Vérité Wright, fille … du célèbre avocat. Les dates correspondent mal? Ah ah, naïfs enfants. Ce tout nouveau duo de choc va donc se taper quatre affaires totalement inédites, affaires qui prennent totalement en compte la timeline de la première trilogie, références poussées à l’appui. En sept ans, Phoenix a perdu son badge depuis une sombre affaire perdue et cette incertitude sera votre fil rouge, avant d’avoir des réponses dans un grand final plus ou moins épique, comme d’habitude. Cependant, le changement est radical est les petits repères habituels sont balayés. Exemple méga jouissif : vous ne lirez pas UNE SEULE FOIS le mot « MAYA » dans le jeu. Idem pour Pearl ». Le nom des Fey n’y a aucune pertinence et ça fait un bien fooouuuuuu! Ce jeu est comme une deuxième sphère, un deuxième univers qui viendrait s’incruster légèrement au premier : les deux coïncident, co-existent logiquement. Pas de procureur Hunter, pas de Dick Tecktiv qui vient constater les morts qui semblent vous poursuivre. Toute une batterie de nouveaux personnages… et encore, ceux que vous connaissez déjà auront bien grandis, logiquement.

 En termes de gameplay, pas grand chose ne change. On garde cet éternel système du papotage – recherches d’indices – je présente mon badge à tout le monde pour faire progresser les choses – je lis des trucs – procès etc. Le point and click dans toute sa splendeur, on interagit moins qu’on progresse dans l’histoire. Cependant… à la manière de l’affaire bonus du tout premier jeu, le soft original était fait pour la DS, ce qui donnera via diverses facilités de scénario l’occasion de vous amuser à tripoter et à souffler sur l’écran, relevez des empreintes, faire des tas de trucs fascinants. Ce qui est dommage quand on sait que ces phases sont toujours imposées au joueur, à un temps donné. Ce n’est pas latent, une fonction secondaire, ce sont des impératifs et c’est un peu chiant, ça donne pas mal de futilité à un mécanisme qui n’en a pas besoin. D’un autre coté, vous allez tripoter une table de montage! Petit moment rigolo qui nous montre clairement que les gens derrière le jeu ont toujours de bonnes idées.

Bon par contre Apollo a pas de Magatama, lui. Good bye les psyches-locks, on en revient à ce système de présentation d’objet qui peut parfois être un peu random. Il y a un palliatif pour cela, qui intervient pendant les phases de procès : Apollo dispose d’un bracelet qui lui donne de « l’instinct ». Dans un contre interrogatoire donné, vous devez repérer un « tic nerveux » sur le visage du témoins, un truc qui changerait sur tel ou tel mot de sa déposition. C’est à la fois sympa et frustrant puisque vous aurez toujours la bonne idée, la bonne intention de base, la bonne phrase à analyser en premier mais on peut pas toujours les yeux partout et ça devient rapidement frustrant. Dans le fond, le coté « HAN TU VACILLES J’AI ENVIE DE TE DIRE MENTEUR » est super discutable mais c’est pas aussi dérangeant que le massacre latent du code civil bien de chez nous alors… disons que c’est un plus de gameplay qui ferait bien de rester unique au jeu, c’est un élément qui lui colle une identité bien propre. Après, à vous de faire preuve d’un poil d’intuition et de chance, j’ai de mon coté utlisé mon joker soluce-internet-par-jeu sur une histoire d’aisselle. Qu’on se le dise! 

 Mon grand kiff par rapport à ce jeu c’est les personnages… à commencer par Apollo. Alors là c’est vraiment au cas par cas, vous allez bien l’aimer ou le détester, difficile d’y aller dans la dentelle. Au moins, c’est un mec vraiment différent de Phoenix, on distingue bien les deux, parce qu’Apollo est quelqu’un de très, vraiment très,
cartésien, pragmatique. Mr Resetti est en colère, Hope est boulet et Apollo Justice se tape nombre de monologues intérieurs pour se dire à quel point la vanne qui vient d’être lancée était pas drôle… Ce mec est vraiment très premier degré et possède un comportement un poil enfantin qui peut énerver, vous savez, le genre de gars à dire « zut » comme si c’était une insulte. C’est pas Tintin mais on s’y approche dangereusement… mais moi j’aime bien Apollo. Je sais pas trop pourquoi, je me sens proche du personnage, allez savoir, puis cette animation de procès où on le voit se mordiller les lèvres est assez irrésistible. Bref j’aurais plus tendance à aller dans la direction du personnage dont le gêne « adorable » est juste très enfoui mais bien présent. Son sidekick, Vérité, est… le sidekick le plus appréciable de la série, et je pèse mes mots! Après trois rounds de Maya, Vérité est (*hum hum super mignonne hum j’aime bien fixer son cou hum*) un vent de fraîcheur qui fait du bien là où ça faisait mal©. Là aussi cette attitude très enfantine, très naïve mais pas aussi chiante que Maya pouvait l’être… bon le chara-design aide un peu, le haut de forme et la cape sont indéniablement cools, il va sans dire. Le personnage est charmant, voilà.

A la place de Dick Tektive c’est Emma Skye… la gamine de 15 ans de l’affaire 1-5 a bien grandi et est devenue un personnage cheap de CSI un peu blasé de la vie. J’aime bien ce contraste total de personnage car la Ema est devenue un peu reloue a ne jamais écouter et à grignoter son paquet de Snackos© sans jamais réagir à rien. Gloire, la gamine est devenue une tsundere modérée, joie et paix sur la terre! Elle n’a jamais de réelle influence sur le scénario en tant que tel mais elle fait plus agréable qui Dick Tecktive qui se plaisait beaucoup trop dans cette attitude de flic émo, bref. A la barre, en face, c’est Konrad Gavin. Rockstar la nuit, ce mec est peut être un peu lisse… dans la trilogie de base Phoenix se faisait toujours un peu dominer, avec les honneurs, parfois physiquement. Là, on a l’impression que le procès pourrait se faire sans procureur tant ce dernier fait décor. Il vous lance quelques vannes, fait de l’air guitar mais il est très conciliant dans votre progression, il est pas méchant. Là ou Godot était charismatique sans être offensif, Klavier fait plus gros poseur. Tout ce background wakenroll améliore un peu le perso (et son thème musical déchire) mais c’est un peu faible de ce coté là.

Après difficile de s’engager dans le reste du casting sans spoiler, disons qu’on ne retrouve aucune personnage dont le nom est à base de mauvais jeu de mot, ils sont toujours plus « thématisés » dans leurs costumes et leur petit monde à eux. Je retiens une bonne gestion des accusés, plus mémorables que dans les deux premiers… et les coupables sont souvent prévisibles. Dommage, à ce stade le joueur devient très au courant des réflexes de scénario dans lequel il progresse et le jeu lui donne rarement tort. En tout cas, un bon
casting, attachant.

apollo-justice-1.jpgComme à son habitude, la première affaire sert de tutorial subtil : le niveau de difficulté y reste quand même assez respectable et vous ne verrez pas toujours immédiatement ce qu’il faut voir. C’est une unique phase de procès qui vous familiarise avec les « contrôles » du jeu, vous défendez Phoenix dans une sombre histoire de meurtre dans un restau paumé. La thématique du procès? Le poker! A la fois prévisible et imprévisible, l’affaire passe un peu moins bien si jouée juste après Trials and Tribulation. Ca reste une affaire très importante qui pose la trame de fond du jeu, à la manière du précédent.

 La deuxième affaire est un peu bizarre… au début, tout semble très fouillis, très vague, très incompréhensible. Les personnages semblent chiants, sans personnalité, sans charisme, on se dit « omg ça y est c’est la fin de la série, seppuku, adieu » mais c’est une grosse feinte! Ce qui est à la base une triple histoire de délit va tourner court et vous vous retrouvez à défendre un petit caïd de la mafia. Il est extrêmement important de noter que l’intrigue tourne autour de la culotte de Vérité et de son contenu, oui m’sieur-dames! Pas de grosses incohérences à part un point qu’il faudras venir fouiller plusieurs fois sans véritables raisons derrière, à moins que l’idée vous vienne spontanément mais c’est pas garanti. Là aussi, l’affaire passe moins bien si vous enchaînez AJ à TT puisque cette affaire utilise un tropes interne à la série… qui vient d’être utilisé. En gros : si votre radar à coupable s’active, c’est qu’il y a une raison !

 La troisième affaire me faisait très peur : dans un jeu sensé être décevant, la troisième affaire est toujours discriminatoire puisque toujours la plus faible, même dans le manga. Étrangement et c’est probablement un cas unique, ce chiffre ne correspond pas à une thématique sucrée/joyeuse/festive, là on est plus dans le cadre de la musique, de la scène et ses coulisses. Une affaire très passionnante, ce qui n’était pas gagné vu le faible nombre de lieux à parcourir, cette fois. Cette promiscuité occasionne des dommages collatéraux, il faut présenter des objets un peu improbables à des personnages tout aussi improbables pour faire progresser les choses, parfois. C’est frustrant mais pas autant que cet espèce d’esprit « vide juridique » que tout le monde à dans cette affaire : tout le monde y cultive le flou et les zones d’ombre, c’est assez incroyable. Sans être vraiment incohérente, cette affaire possède de grosses velléités à la simplicité, à l’amnésie chronique pour ainsi dire. Certains rebondissements sont soit trop voyants, soit trop visibles, soit juste étranges, sortis de nulle part. On aime bien se sentir en sécurité dans cet univers, j’entends par là dans un univers rationnel, là y’a deux trois libertés de prises qui peuvent être gênantes. Cette affaire est probablement celle qui vous coincera le plus! Et Daryan Crescend est un perso peu supportable! Logique!

 La dernière affaire ne surprends pas dans le sens où elle s’axe enfin sur le « il y a sept ans ». En revanche son déroulement désarçonne et vous allez être surpris sur pas mal de trucs… c’est uniquement à se stade que tout le scénario du jeu se déroule et il va falloir être prêt à faire des concessions, sur la place de Phoenix et d’Apollo dans le jeu, en tout et pour tout. Pas de module spoiler ici, je peux pas étayer mais finir le jeu laisse une impression très étrange… surtout couplé au fait que l’affaire n’est pas très longue! Le procès final se torche beaucoup trop rapidement, là où les dernières séquences promettent toujours beaucoup d’épicité (je me souviens nettement m’être tapé le dernier procès de TT entre une et six heures du matin) et le rythme y est un peu inégal. Bon en revanche son scénario y est très solide et elle vous plonge dans l’univers très plaisant d’une famille d’artistes et de magiciens, super excuse pour avoir des persos aux fringues un peu bariolées. Des surprises, une fin très précipitée et des conséquences un peu amères sur la globalité du jeu parce que ouais pour le coup c’est deux ou trois gros coups dans l’eau et ça éclabousse les fesses au passage, dommage. Ca n’empêche pas l’affaire d’être très sympa à parcourir.

Je vais pas faire une liste de synonymes, Apollo Justice n’est pas aussi décevant que ça, c’est un très bon jeu. Quatre nouvelles affaires, un casting très attachant, il va juste falloir faire quelques concessions de temps à autre mais un nouvel opus de la série ne fait jamais vraiment de mal hein. La traduction y est toujours aussi
bonne sauf dans un procès de la troisième affaire où toutes les fautes d’orthographes y sont bizarrement concentrées, comme si ils avaient repris le traducteur roumain de Justice For All. Comme d’habitude, de nouveaux thêmes musicaux, une quatrième musique de contre-interrogatoire, tout ça. Désarçonnant mais retombant bien sur ses pieds et avec pas mal de talent : j’aime.

 Maintenant je vais enfin pour me lancer dans la trilogie Layton!

N. B. : Les Score Games/Micromania sont nombreux à lâcher des Rock Band 3 par pure flipette de concurrence. Si vous en êtes un heureux possesseur, je vous hais. Si mon colis n’arrive pas à la date prévue à cause d’un quelquonque mouvement social, je pourrais faire un très bon mec à défendre dans un futur Ace Attorney!

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Implosion de ouiche

Aujourd’hui, je me baladais dans la capitale en sautillant, les CRS s’écartaient sur mon chemin, les pavés fleurissaient, il pleuvait des bonbons et les enfants faisaient des galipettes dans l’herbe, le toutim habituel. N’écoutant que mon instinct journalistique total, je me suis mis à recueillir les impressions d’une fangirl qui passait par là, sujet libre. En voici la retranscription :  

 Sebastien Demorand est un enfoiré, et j’adore les enfoirés, c’est un fait reconnu.

Cette manière qu’il a de saquer les gens, je surkiffe. Je voudrais être comme ça plus tard, jouer les enflures avec autant de classe et de distinction. Le coup du « C’est un pigeon qui est mort pour rien » devant le candidat qui avait cuisiné le dit pigeon, omg, priceless. Et même cette façon de parler qui est exaspérante pour certains ( je ne vise personne ~ ) est tellement jouissive. C’est stressant et c’en est donc génial. Mais bon, il sait être sympa, hein. Un peu. Il n’est pas qu’un connard… Je crois. Oh, et puis. Il porte des lunettes, que diable. DES LUNETTES, aka, le meilleur objet de fétiche du monde.

 Sébastien Demorand? Ah, excellent choix mamzelle.


gtfh8gi3spxwkydmbf-051.jpgC’est vrai que la télé fonctionne un peu par cycle, elle aime bien se mordre la queue (juste avant de se la toucher, classe) avec les habitudes qu’elle installe toute seule. Y’a pas si longtemps, c’était la mode des documentaires sur l’Armée, la légion, les bérets verts, etc. Puis on a vaguement eu une tendance juriste, les salles habituellement fermées aux médias ont fait des exceptions et on a eu quelques retranscriptions courageuses. Là, c’est la cuisine sous toutes ses formes, pas évident de passer à coté! Au delà des fourneaux c’est bien le cuisinier et par extension le marmiton amateur qu’on aime filmer… je sais pas si vous avez l’habitude (ou le temps, tout simplement) de vous installer devant Un Diner Presque Parfait, il paraît que c’est très addictif! Bon moi, à cette heure, soit je suis à la Fac, soit je suis devant Grey’s Anatomy parce que je regarde des séries viriles mais le spam total du concept par M6 fait qu’on peut tomber dessus en prime, à défaut d’autre chose devant un bon plateau repas. Chaque semaine, cinq gus s’entre-invitent et s’accordent des notes… c’est rigolo mais le fait de classer ses concurrents directs rends les personnages un peu aigris, on assiste à des scènes parfois surréalistes  » J’ai adoré, j’ai goûté au Nirvana et à l’Ataraxie, je te met 6 sur 10″ et donc là du coup ils nous ont fait une édition in-ter-na-tionale, gagnée l’an dernier par le tout moignon Grégory, qui a remis son titre en jeu par un mec qui venait du nord, je me souviens pas de son nom, il avait moins de charisme avec tout ses membres.

 Le problème avec ce genre de programme c’est que tout le monde y est super gentil. C’est très guimauve : le format fait qu’il y a toujours un jury qui notera les plats imposés avec tels ingrédients et telles circonstances (je me souviens que de Jean François PIEGE, les autres n’ont pas de noms aussi rigolos) et ils aiment tout, sont
toujours content. A l’inverse des anonymes, ils ne peuvent pas physiquement noter bas, c’est au dessus de leurs forces. Bien sûr, ils jugent des anonymes bien plus qualifiés mais la palme revient facilement à Mister Cyril Lignac, bisounours devant l’éternel, qui kiffe tout, tout le temps, qui « voyage » avec la « saisonnalité » du plat dégusté. Un peu suiveur d’ailleurs, le Lignac. Il aime un plat, le voisin étoile aime moins, subitement le plat devient trop salé, etc, tout un gimmick que l’élite de l’internet aime bien matraquer parce qu’effectivement, c’est vraiment drôle! Enfin bref, tout ça manque de distributions de rôles, de figures dominantes. Comprenez, les anglophones ont le grand, l’immanquable, le fabuleux Gordon Ramsay, l’un des rarissimes chefs britanniques à avoir trois étoiles aux Michelin. Le Gordon est un super showman : il hurle, insulte, fait les 100 pas, Gordon Style. On peut le voir dans deux émissions, toutes les deux sur-doublées et diffusés à des horaires obscurs sur la TNT… Hell’s Kitchen d’une part, Real TV au générique rigolo où 16 cuistots sont soumis à des épreuves et sortent les uns après les autres, classique. Tout l’intérêt du show est de voir Mr G. gesticuler, proférer le pire, provoquer du bon gros drama bien dégoulinant. C’est très sympa mais pas prioritaire dans une vie. L’autre émission est un peu plus soft mais tout aussi croustillante, c’est Cauchemar En Cuisine… Gordon fait comme Super Nanny et coach les propriétaires d’un lieu de restauration au bord du précipice. Il gueule, ils se tapent dessus et à la fin tout va bien dans le meilleur des mondes, c’est sympa. La scène type irrésistible : il se passe quelque chose d’improbable en cuisine, Gordon sort par une porte dérobée et parle directement à la caméra, postée là, qui attendaient parce que les caméramans sont des gens qui ont du flair – il pousse une petite diatribe et il repart, comme en 40. Pas énormément de cuisine, beaucoup de DRAMA et un personnage irrésistible mais attention, légitime. Les étoiles du gars sont bien réelles, faut pas croire.

M6 avait fait un truc similaire au printemps, Top Chef! C’était franchement pas mal, une bonne surprise. Là aussi, une brigade d’anonyme (sauf Grégory Cuilleron, décidément, il est comme Franck Leboeuf, il doit chercher un emploi) se joutaient dedans à base d’épreuves culinaires variées, élimination à l’appui via juges incorruptibles. Cette émission réussissait à trouver un juste équilibre entre mécaniques de real-tv et véritable émission culinaire – enfin, enfin on pouvait y trouver une véritable emphase sur les plats. Pas qu’une emphase physique hein, on voyait les plats réalisés tournicoter sous la caméra, exposés comme des bagnoles de luxe – mais ils prenaient le temps d’expliquer ce qu’ils faisaient, on les voyait cuisiner. C’est quand même le but numéro 1 de la manoeuvre! Alors certes y’avait de l’engueulade, des petites dissensions tout ça mais l’ensemble du truc à été agréable à suivre et le type qui a gagné a le même prénom et la même tête que Nashi, ce qui le rendait encore plus sympathique.

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 Mais voilà, maintenant sur TF1 c’est MASTERCHEF. Le nom est pas volontairement similaire, c’est juste la reproduction d’un format original australien… et comprenez par reproduction l’exacte copie du montage, des lieux, des mécaniques de jeu. C’est d’autant plus perturbant quand deux studios sont copiés aux deux antipodes du globe, mais bref… Master Chef est une émission assez anxiogène. Je vais tenter d’expliquer cet adjectif sorti un peu de nulle part, mais d’abord il faut expliquer que je suis un peu à la bourre sur le sujet, MC est une émission de très longue durée, qui s’étale sur ce qui devrait être un total d’une grosse douzaine de semaines. Pourquoi? C’est tout simple, pas mal de Nouvelle Star (qu’on doit maintenant enterrer, snif snif) transpire à grosses gouttes dans ces émissions. La toute première (j’étais pas là, j’étais au restaurant, il pleuvait, c’était intense) s’occupait des phases de casting. UNE émission, UNE soirée pour tout les castings à travers la France? Je suis curieux de voir comment ils ont pu développer un paquet de candidat sachant qu’il n’en restait que 100 à l’issue de cette même soirée. Faut réussir à en étayer la moitié, je sais pas comment il s’y sont pris… d’autant plus que cette phase de sélection était en mode « Je cuisine, vous jugez » donc tout ça devait prendre un minimum de temps, mystère. Après, les 100 derniers se sont tous mis dans un énooooorme hangar et se sont mis à faire des mayonnaises, alignés derrière 100 plans de travail (vision super taylorienne, un poil perturbante) puis les jurés ont goûté ces cent mayonnaises ont vomi trois fois, en ont viré 25, puis à force d’épreuves ils n’en ont gardé que 20… et à partir de là, on a un générique méga cheap et chaque semaine deux sortent selon le même principe très répétitif. J’y reviens…

 Masterchef c’est surtout des grands acteurs qui s’ignorent! Déjà y’a Carole Rousseau, grande prêtresse de l’anxiogène. Vous vous souvenez de son émission anxiogène au générique anxiogène, « Plein les Yeux »? Elle dispose aussi de la diction la plus anxiogène de tout les temps « Bonne répooooooonse » bref un vrai petit robot qui sait pas vraiment ce qu’il fait là. Il en faut toujours une dans les émissions de cuisine, une figure féminine qu’on appelle « présentatrice », sensée driver le truc à base d’instructions et d’animations de grands concours par SMS où il faut trouver un élément dévoilé trente secondes plus tôt. Elle sert à que dalle mais elle est là. Non madame, le vériatable show est assuré par le jury! Et le jury, c’est Sébastien Demorand! Les deux autres, je sais plus trop leur nom, un est sensé faire la gageure « terroir » de la gastronomie puis l’autre ne me dit rien. Juste Sébastien Demorand, ses chemises et ses cravates multicolores, je suis très fan de son look et de son impeccable pilosité. Même … Si … Sa … Diction … A … Base … De … Silences … Métronomiques … me gave un peu, c’est pas pour rien dire! Le type est impérial, sort des vannes assassines et hésite pas à trouver un plat bon, appréciation soulignée par un sourire en coin et le regard par le bas façon Kubrick, oh Seb, petit coquin, tu l’as encore fait. Les deux autres à cotés là, ils lui font de l’ombre et c’est pourtant les deux seuls à travailler dans la restauration puisque M. Demorand est critique gastronomique, à la manière du méchant malingre de Ratatouille. Bref, ce mec est démentiel, et j’aime sa façon de dire « Ce plat est raté, vous devriez avoir honte » avant de faire un 🙁 avec sa bouche.

 Après les candidats eux mêmes sont pas exempts de drama-queenerie : on sent bien que les m’as-tu-vu ont une bonne place dans le coeur des casteurs et pas mal de gens en présélection étaient pénibles à voir, dont une … nutritionniste … végétalienne (pour moi ça sonne un peu comme danger public, excusez du peu) bien reloue. Même les 20 derniers, avec leurs bonnes têtes, ont eu leur moment de faiblesse : je sais pas si c’est le tournage prolongé qui fait ça mais un rien leur fait pleurer. A Master Chef, tu rates une marche, on te voit immédiatement pleurer en confession cam. Sérieusement, des fois tu c’est pas trop si c’est justifié et c’est juste un appel du pied envers le genre de la maison : retour au DRAMA. On les voit cuisiner? A peine… 80% de l’émission consiste à voire les candidats restants papoter sur leur situation dans le jeu, à être méta. La cuisine, que dalle… le plat est jugé, discuté, mais pas concu. Une éllipse temporelle récurrent est un peu chiante, surtout quand le processus d’élimination est archi ritualisé : une équipe composée met un tablier noir « SYMBOLE DE L’EPREUVE SOUS PRESSION, FEAR § » puis chacun fait un bulletin de vote qu’il vient empaler sur un clou devant le type concerné. Comme dans Pirate Master, là au moins c’était compliqué… mais en l’occurrence ça prends des plombes, c’est ridicule, bref très superflux. Et c’est d’autant plus anxiogène que les dix dernières émissions se ressemblent toutes : ils sont un nombre pair? Ils font deux équipes, ils cuisines, les plus mauvais sont mis sous pression, y’en a un qui saute. Nombre impair? Boîte mystère, exercice de reconnaissance des aliments, épreuve sous pression et on recommence, deuxième couplet, comme le premier. D’une part ça enlêve toute suspicion sur des implications extérieures sur la liste de sortie mais ça rends le truc un peu chiiiiiaaaant. Ils ont beau varier les contextes, les sorties (d’ailleurs quand il cuisinent dans un fameux restaurant du Mont Saint Michel, le nom La Mère Poulard est flouté et ne sort jamais en voix off, kézako? C’est une marque?) tout ça reste ultra mécanique, formaté, sans aucune variation, c’est chiant.

Et là ma petite préférée vient d’abandonner, c’est doublement chiant.


i4sbb9i5en2llewsoo-03.jpgEnfin enfin enfin, c’est divertissant, plus que 24 à la même heure sur une autre chaîne. Et on peut toujours faire pire. Regardez les Voisins, avec Henri Lecomte en médiateur, où le super prometteur « Qui Veut Epouser Mon Fils? » Brrrrr.

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There will be blood

Ne vous méprenez pas : aujourd’hui, pas de Daniel Plainview, pas de longues scènes de forages tendus, pas de « Je prends ton milk shake ET JE LE MANGE » – rien de tout ça, même si ce film était vachement bien pour prendre un vocabulaire très « Petit Nicolas« . Nope, votre prochain quart d’heure sera intégralement consacré à Red Dead Redemption

red-dead-redemption-xbox-360-380.jpg   … et ce jeu est impeccable. Faut vraiment faire un post à sa gloire pour expliquer pourquoi? Red Dead Redemption. Le jeu tellement surpuissant qu’il en est resté au prix d’origine, presque six mois après, alors que Bayonetta doit aujourd’hui se trouver pour une dizaine d’euros chez le boucher du coin, entre deux paquets de chips artisanales bien grasses. Prononcer le nom de ce jeu c’est penser à la terrible aura du studio de production Rockstar, boîte dont certaines personnes collent inexplicablement le logo sur leurs bagnoles mais aussi la génitrice de grands noms tels que … GTA… GTA IV… The Bully et d’autres machins comme tiens, hasard démentiel, un autre jeu nommé Red Dead Revolver, à l’époque sorti sur PS2. N’ayant joué qu’à GTA IV et ses extensions je n’ai pas moi même beaucoup de repères sur le potentiel du studio… même si le tryptique NewYorkais parlait de lui même. Faut quand même préciser une petite chose, Rockstar fonctionne comme Ubisoft et pas mal d’autres boîtes en regroupant plein de petites succursales dispersées dans les Etats-Unis et, magie de la coïncidence, nous devons Red Dead à Rockstar San Diego, là où ça sent bon le jus de cactus et le serpent à sonnette. Le nouveau Mexique est bel est bien le théâtre de ce jeu. Vous êtes John Marston, vous débarquez dans la province de New Austin dans le train qui sifflera probablement trois fois. Les crédits défilent, vous entendez le dialogue de sourds entre un padre et une jeune fervente un peu écervelée. La cinématique continue, écran titre de la mort et c’est parti pour votre toute première mission! Vous vous dirigez dans un saloon, on vous dépose quelque part, visiblement à la recherche de quelques comptes à rendre. Vous arrivez donc devant ce bon vieux Bill… qui vous tire dessus et vous laisse pour mort. Les choses sont bien posées, le reste ce sera à vous de le découvrir! John Marston obéit un peu à cette loi des personnages Rockstar en apparence pré-fabriqués : complètement neutre, profondément lié à sa famille, badass mais bonne poire avec tout le monde. Si Niko Bellic était très « moi gagner argent » et devait répondre sans cesse à des « NIKO MY KAZZAN » John Marston est un peu plus nuancé, perpétuellement tenu par les bijoux de famille à cause du FBI qui retiens sa famille sous haute protection. Grosso modo, il doit faire le larbin et niquer quelques gueules avant d’avoir une perspective de happy ending et de retrouver sa vie rêvée et rangée de petit country boy qui élève son bétail, épi de blé en bouche. Vous voyez le schéma : comme d’habitude, on incarne quelqu’un de maudit qui essaye de se ranger… et honnêtement seul Luis Lopez sort de cette logique, et encore, lui l’a fait en on le tente sans cesse d’y revenir…

 Nous sommes donc en 1911, la conquête de l’Ouest est terminée depuis bien longtemps, François-Ferdinand va bientôt se faire zigouiller mais ça, personne ne le sait à New Austin. Télécommunications quasi peu existantes, votre vie se fait à cheval à traverser la pampa. Le gameplay de Red Dead Redemption se fait en bac à sable, dans la pure et sage tradition : vous êtes libres de faire ce que vous voulez faire dans la limite du possible, vous pouvez explorer tout ce qui vous est ouvert et quand vous le souhaitez, vous entamez une mission, toujours liée à X ou Y et vous vous exécutez avant de reprendre votre petit train train quotidien. Se laisser vivoter est d’ailleurs largement recommandé : Red Dead est largement plus court que GTA IV. Je ne vais pas vous sortir le nombre de missions parce que la fin du jeu doit vous prendre de court mais en termes de missions, il vous faudra en boucler un peu plus que la moitié. 20 Heures de jeu pour finir le scénario, la moitié en plus pour tout faire à 100%, dans les grandes lignes. Entre deux missions, libre à vous de vous occuper comme vous le souhaitez et tout est à votre disposition : mini jeux du couteau, poker, poker menteur,
bras de fer… Capturer le baaaandit du coin, développer vos compétences en herboristerie, chasse, chasse aux trésors et tir. Sinon, vous pouvez remplir l’une des 19 Missions annexes, autant de « services » superficiels rendus à votre prochain, services qui vous persuaderont immanquablement que le monde ne tourne vraiment plus très rond… mais au moins vous vous taperez un ou deux fous-rires. Je reviendrais sur la diversité des missions mais là aussi une très vaste majorité d’entre eux (même tard dans le jeu) ne servent que de tutorial déguisé… mais je sais pas si cette remarque est vraiment valable puisqu’on passe l’intégralité du jeu à apprendre, à découvrir quelque chose. Tout ce qui vous sert dans une mission vous sera utile dans le futur, accompagné d’une nouvelle manoeuvre enseignée… et le jeu est globalement bon dans son gameplay, même pour une quiche des jeux d’action comme moi. Le système de combat est simple est sur-efficace, le système de couverture-visée semi automatique a été reconduit. Nouveauté cette fois, le système de Dead Eye, le « sang froid », petite barre qui se vite trop rapidement – une fois enclenché, le temps se ralentit et cela vous permet de préparer vos cartons à l’avance. Enfin, c’est un système qui s’upgradera tout le long du jeu, vous avez de quoi vous préparer et ça en devient tellement indispensable qu’on vient à se demander comment on faisait avant! Contre-partie un peu étrange mais pas si dérangeante que ça, vous n’avez pas de barre de santé à proprement parler. John Marston c’est un peu Master Chief, il peut subir quelques balles du moment qu’il se met à couvert pour récupérer tout seul. Ca fonctionne « au culot », chaque balle dans le bide fait apparaître des tâches sur l’écran, votre vision s’assombrit, le son se met en sourdine… à vous de pas être trop gourmand sinon vous allez bouffer les pissenlits par la racine. Il faudras une petite phase d’adaptation pour ça et il est dommage que le jeu n’y fasse jamais mention… car il lui arrive d’être vraiment mauvais quand il faut expliquer certaines facettes du jeu. Les duels sont une torture et certains mini-jeux sont incompréhensibles, dommage…

red-dead-redemption-xbox-360-219.jpg Après il est naturel de souligner une certaine diversité dans les missions. Ah ça pour le coup, vous allez en avoir pour votre argent et vous allez en vivre, des aventures épiques! Il semblerait que les développeurs aient pensé à tout et ont su exploiter tout les petits clichés bien western, toujours sur-plaisant à vivre. Bien sûr il y a
toute une base de missions un peu reloues (et le début du jeu n’est pas très rythmé) à base de capture de chevaux, de rassemblement du bétail, etc. Bien sûr une énorme proportion des missions se fait à base de fusillades diverses et variées mais elles se font toujours selon un contexte différend… et il existe un certain nombre de moments de bravoure. Époque oblige, adieu voitures, téléphones, Internet… mais bonjour chevaux, télégramme et journaux! Préparez vous à dévaliser un mine, faire le zouave sur un train, arrêter une cavalerie à grand coup de dynamites… alors oui l’arsenal n’est pas aussi débridé que dans Gay Tony mais il y a quand même de quoi trouver son bonheur. D’un coté vous avez les flingues tout à fait conventionnels, ajoutez à cela des carabines Winchester mais voilà les autres machins plus exotiques : « bouteilles incendiaires », TNT, couteaux de lancer… et même un vrai pistolet vers la fin du jeu. Le maximum crédible, en gros… mais rassurez vous, vous aurez plus d’une occasion pour planquer derrière une bonne grosse mitrailleuse Gatling pour trouver du natif Américain. Une mission, beaucoup trop courte, vous met même aux commande d’un canon !

D’ailleurs, parler de Red Dead Redemption quand on y a pas joué, c’est se cantonner mentalement à une image de « Western spaghetti » mais n’oubliez pas que ce n’est que le tiers du jeu… le scénario vous ballade un peu partout et vous allez passer un bon bout de temps au Mexique faire la révolution avant de monter dans le Nord enneigé et ses OURS-NINJAS. Croyez moi, même scotché à une « thématique » bien précise, le jeu sait faire preuve de diversité, à commencer dans ses décors. Plaines désertiques, canyons, montagne, ville sophistiquée en bord de mer, z’êtes pas au bout de vos surprises. Le terrain de jeu est franchement, franchement grand, c’est pas un continent de World Of Warcraft mais ça s’en rapproche. Villes principales, villes secondaires, repaires de brigands, vieux manoir perdu au milieu de nulle part, mines, grottes planquées, rivières… Red Dead t’en met plein les yeux, partout, tout le temps et installe son ambiance comme personne. Tu te lêves, en ville tout le monde s’occupe, fait son boulot, te salue au passage, vis sa vie… tu parcours la pampa mexicaine de nuit, tu vois un mariachi qui te double, s’arrête pour pisser contre un rocher, et il y arrive plus quand tu viens le fixer – imparable. D’ailleurs on passe son temps à sauver la veuve et l’orphelin : cheval volé, dispute, règlement de compte, etc… attention aux grognasses qui crient au loup pour vous embarquer dans une embuscade : la mettre en joue au final n’en sera que plus satisfaisant. Autant de décisions qui vous prennent à parti : une bonne action vous rajoute de « l’honneur », une mauvaise vous en retire. Vous avez un petit kharmamêtre, le jeu obéit à cette mode mais il n’y a que très peu de conséquences intramuros. Il y a une autre barre, la « réputation », qui n’apporte que des avantages et qui se nourrit principalement des Headshots fait dans vos missions et de la manière dont vous répandez votre nom et votre charisme – souvent en laissant vos victimes vivantes, par exemple.

 Mais je reviens sur le point majeur du jeu : TOUT pue et transpire à fond le western charismatique dans le jeu. Vous finissez une mission? Un jingle de folie retentit et Marston lâche nonchalamment sa clope par terre. C’est BADASS. Stratosphériquement BAD. ASS. Je n’ai jamais accroché en genre cinématographique mais je commence à comprendre les fans : rien de plus agréable dans ce climat, cette ambiance, le fait de pouvoir prendre le train oldschool, de jouer aux anneaux et surtout de zigouiller les *à lire en serrant les poings devant les tétons et en fronçant les sourcils* les piraaaaates et les baaaandits. Si chaque studio Rockstar nous ponds un jeu open world aussi détaillé… au pays des pirates, au pays de l’HORREUR, dans l’ESPACE, bref toutes les thématiques à la Mario Party, je prends un abonnement et je leurs donne ma moëlle épinière.

Enfin, revenons à Red Dead. Vous êtes probablement habitués aux Rockstareries et vous savez que les fins heureuses y sont rarissimes… il serait intéressant d’y jeter un coup d’oeil, ne serait-ce que pour voir si cet opus complète la tradition. Scénaristiquement, Red Dead joue pas mal avec votre tête et vous lance pas mal de faux espoirs, avant d’enfin vous récompenser. Et attention, grose prises de risques à venir… mais je ne suis pas là pour spoiler quoi que ce soit.

Car ouais, on s’attache vite à John Marston, c’est un excellent personnage. Pas trop monolithique mais un peu coincé dans cette attitude méga virile, il ne laisse rien transparaître, sait se montrer menaçant… mais au final ça reste la boniche du far west, il faut bien le souligner. Vous allez sauver cinquante vies, en supprimer dix fois plus, on va rarement vous rendre la pareille. Les personnages sont rarement fiables, mais ceux qui vous resteront fidèles sont prévisible, ça se lit sur leurs tronches… et quand John Marston passe dix neuf heures en mode *NOTEZ LE SERIEUX SUR MON VISAGE, BITCHES* la vingtième heure de jeu où il fait une grosse vanne avec le sourire en coin se vit comme un espèce de moment fabuleux et unique. M’enfin, vous connaissez le topo : plus on montre de la compassion envers quelqu’un, plus il va en chier, c’est presque inévitable. A vous de lire les journaux du coin pour en apprendre un peu plus sur le monde qui vous entoure et sur les personnages oubliés… le background est tout aussi développé. Les autres personnages ne sont pas aussi charismatiques mais sont tous aussi réussis : Bonnie la cowgirl tsundere, Dickens le bonimenteur aux « élixirs miracles », Seth le pilleur de tombes cradingue, l’Irlandais qui passe plus de temps bourré que clean
etc etc. Oh, et j’oubliais, on a le retour du plan sexy pas sexy du tout mais là, ça ne dure qu’une demi seconde qui fait fondre les yeux. Surpriiiiiise… tout ces persos correspondent à un gros poncif littéraire mais chacun à un comportement cohérent, constant… ils sont bien fait quoi. On atteint pas le niveau ultime posé par The Lost And Damned qui était le pinacle du personnage charismatique mais comme toujours Marston passe toujours pour le plus sain d’esprit de la bande… mais le FBI le surveille et les nouvelles ne sont pas toujours bonnes. Et ce mystérieux inconnu qui semble tout savoir de vous, que vous croisez tout le temps… une fois que vous allez piger ce qu’il peut être, bonjour le grand frisson (mais ça reste une interprétation!)    

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 Techniquement, ça tue. Les personnages sont réalistes, on peut les trouver un peu moches mais ils sont juste… réalistes, bien modélisés. Le souci du détail dans les décors s’approche du porno, à vous les grandes chevauchées devant le coucher de soleil dans le grand canyon. Ouais, tout est GRAND dans ce jeu, c’est un peu scandaleux, manque juste une plus GRANDE durée de vie… dommage qu’on doive subir des ralentissements de temps en temps et que pas mal de textures apparaissent à la bourre. On le voit pas toujours parce que le champ de vision est… pas illimité mais on voit tout ce qu’on devrait y voir, pas de clipping. Alors oui, il existe pas mal de bugs, surtout concentrés dans la version PS3. Pas d’herbe, des gens-cougars, des filles-mules, des gens qui volent, que le fuck… mais c’est une petite goutte d’eau dans l’océan d’awesomerie de Red Dead Redemption. Comme si ça suffisait pas, la bande sonore est très majoritairement instrumentale et décorative (pas toujours mais chuuuuut) et elle fait démentiellement bien son boulot, devient épique quand la situation épique, même chose avec les épithètes « inquiétante, triste, mouvementée, tranquille » etc. Là pour le coup, on se croirait vraiment dans un film, avec violons, guimbardes, tout les petits clichés musicaux du genre. Et c’est TRES TRES BIEN. Les doublages sont toujours aussi efficaces et bien pensés, au service d’une écriture bien trucculente, laissée en Vostfr, logique. C’est d’autant préférable puisque là aussi on va surtout regarder des heures de cinématiques… à défaut de regarder les hilarants films muets de Blackwater et Armadillos, petites pépites bien senties de cinquième degré.

 … et là je parle que du solo. Le multi est un espèce de jeu de rôle base sur des points d’expériences, avec ses gangs à exterminer, ses missions annexes, etc. Un DLC gratuit comprends six missions inédites (et loin d’être évidentes, merci les bombes sensées faire exploser la falaise qui pêtent sous vos pieds quand vous avez affronté toute l’armée mexicaine) avec deux niveaux de difficulté. Il existe deux DLC payants qui ne promettent pas grand chose mais le troisième, axé sur le solo et une invasion de ZOMBIES, vends du rêve par camionnettes.

Sérieusement!
  IMPECCABLE. Super prenant, très vaste, très complet, magnifiquement bien décoré, juste un peu trop
court… mais on a pas encore tout vu. Je recommande très chaudement, vraiment.

PS : Un mail récent m’a relancé sur le post « Question intimes des lecteurs » … je sais pas, c’est
culpabilisant, ça fait même pas un an que ça a été exploité ailleurs!

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