Frag facile

« Prendre un fusil à pompe et aller exploser la cervelle des gens, c’est pas bien » nous disaient déjà les comptines de notre enfance, soucieuses de notre bien être et de notre éducation. Hélas, trois fois hélas, en tant que petits gnomes déjà victoriens et soucieux de tout transgresser, nous avons tous eu notre liste de victimes (message à la police : vous ne me trouverez jamais! JAMAIS! HAHA)

Heureusement les jeux vidéos sont apparus magiquement pour sauver notre vie – une fois de plus – et calmer certaines pulsions. Le FPS que ça s’appelle, le First Person Shooter. Un peu le genre qui a ressuscité cette croyance des années 70 qui disaient que les jeux de rôles rendaient maboules et qui fait qu’aujourd’hui, jouer à GTA équivaut, dès le lâcher de manette, à aller prendre le volant sans permis pour écraser des grand mères (bon – OK, c’est un acte qui reste légitime et ce retour de cycle a lui aussi dix ans, ce qui nous laisse en fait en plein creux de la vague pas ne vous en faites pas, Nadine veille au grain)

 Et c’est faux. Oui, FAUX.

Le joueur intelligent, lui, n’en a rien à battre du FPS, de base. Et comme je me sens pas concerné par les FPS, ça fait de moi un joueur intelligent. Implacable!

Tristesse!

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Non bon c’est vrai, j’ai toujours été un espèce de baba cool qui trouvait déjà Yoshi’s Story un peu borderline dans son propos alors les FPS, pensez.Peut être que ce manque d’appétence au genre vient probablement d’un manque d’expérience… combiné à un certain nombre de mauvaises expériences, justement. La sortie toute fraîche et moulue d’Halo Reach m’a fait souvenir que j’avais toujours voulu dresser un petit bilan du genre et du peu de regard que j’avais dessus, puis par extension d’expliquer un minimum pourquoi l’emballement n’as jamais atteint des niveaux ni cochons. Tain je sais pas ce que j’ai mangé aujourd’hui, mais un jour viendras nous nous lancerons tous dans une semaine thématique « Petrif‘ » et nous feront tous plein de vannes glacées, sophistiquées et des jeux de mots à la Devos, oh la la comme je fourmille d’impatience.

 Ce non plaisir assez tellurique commence en une sombre journée, quelque part dans la fin des années 90. Je termine mon primaire et mes premières armes vidéoludiques sont déjà loin. Voilà t’y pas que je vais chez un copain pour jouer à la 64 (sans qui je n’aurais jamais découvert Pokémon Stadium! Ou Mario Party! Fin du monde) et revoilà t’y pas que sa mère, cette sainte, nous emmène à la salle de jeux en réseaux du coin. Chouette! Avec des yeux brillants et rempli de sucres d’orges je m’imaginais ça comme un lieu de partage, d’échange d’anecdotes de guerre, tout ça. Le lieu même était plutôt rassurant : exigu mais bien éclairé, casque individuel et tout le tralala. Toute une brigade de gamers est déjà là, ils n’ont pas l’air mort de faim comme les djeun’s qu’on voit dans les cybercafés de nos jours – bref tout ça s’annonce bien… jusqu’à ce que je me rende compte que j’avais toujours négligé le jeu en lui même, bien évidemment Counter Strike.

Draaaame! Draaaaame! Je peux concevoir l’immense popularité du truc mais la jeunesse FPS des années 2000 est strictement la même que celle d’aujourd’hui – très fermée sur elle même. Idem pour les MMORPGS, tu es sensé avoir la science infuse pour tes premiers donjons et la phase d’apprentissage risque d’être un peu douloureuse car elle passera nécessairement par des tonnes d’erreurs passible de peine capitale pour le joueur aguerri (le premier partage du butin est toujours un grand moment) et pas de bol, curieusement les premières impressions correspondent à cette phase d’apprentissage. Ok, ok, vous me dites qu’un FPS et l’art du frag sont censées être innées, de là a ne pas être aidé du tout – ne serait ce que dans la connection au serveur local, aux règles établies et non-dites, aux commandes… tu dois tout apprendre sur le tas – tu dois comprendre toi même pourquoi telle arme semble préfigurer sur une autre, tu dois reconnaître ton ennemi pour éviter le friendly fire (n’oublions pas qu’on joue côte à côte d’où réaction immédiate) etc etc. C’est une affaire d’expérience mais l’autre joueur en lui même n’est jamais vraiment … supportable. Souvent très très investi dans le bazar, parfois un peu bipolaire dans ses objectifs de jeu (jouer bien et jouer efficacement sont deux concepts diamétralement opposés) et jamais foncièrement aimable. Tu es sur son territoire, tu merdes, tu payes et tu est banni du salloon! Il faut apprendre les règles, piger le langage local, respecter l’usage, les us et coutumes – bref après quelques parties je suis plutot allé découvrir un peu le deuxième Age Of Empire et construit des Forums et des casernes. La gestion y’a qu’ça de vrai ma bonne dame! 

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Ah n’importe quoi les textes, comme le jeu

 Bon personne n’est trisomique au point de ne pas savoir se déplacer, viser et tirer. Loin de moi l’idée de totalement m’émanciper au genre et le karma m’aidait tout seul dans cette tentative de reconversion puisqu’Exen était fourni avec une 64 tombée du camion. Il est très probable que ça ne dise rien à personne mais ce Doom Like avait la particularité d’avoir un scénario incompréhensible et des graphismes… atroces! La pixellisation et le clipping a son meilleur mais je dois avouer que ça avait un certain fun. L’objectif était très vague, avancer au gré de terres damnées d’héroïc fantasy et se taper le boss final, en gros. Il y avait de bonnes idées, le fait de choisir sa classe et son équilibre Energie/Mana/Puissance de feu et surtout le fait d’avoir de nouvelles armes au fil du jeu – grosse jouissance. Le principal, l’énorme, le MAJOR souci du truc était son imprécision totale, pas dans les tirs hein, bien dans la progression. Après le niveau introductif, vous vous baladez successivement dans trois ou quatre ubs successifs où sont rattachés une demi douzaine de niveaux à chaque fois. Il faut donc effectuer une action précise (buter tout le monde, actionner un levier, les deux) pour pouvoir ouvrir une porte et se rendre dans un souci niveau – y faire quelque chose, revenir au hub et faire des allers retours entre ce qui sont parfois les deux parties du même en mode « miroir » – ajoutez à celui une dimension bien labyrinthique au truc et un mode plan pas intuitif du tout, vous obtenez une grosse frustration bien grasse et handicapante. Le jeu ne te dis jamais ce qu’il faut faire, je me souviens n’avoir vu que le troisième hub une fois… et encore, je ne sais plus comment j’avais atteint le deuxième puisque je n’avais jamais réussi à reproduire la manoeuvre, non sauvegarde aidant. Enfin si je pense que j’ai miraculeusement réussi à sauvegarder une fois mais je n’ai pas non plus réussi à réitérer la manoeuvre. Bref… Ce jeu était chaotique. Pour sortir du premier niveau, il fallait aller taper sur la cloche de l’autre coté, le gong provoquant l’apparition du téléporteur final – très bien mais quel rapport? Comment savoir ce que déclenche un interrupteur, dans des niveaux qui ont tous la même tronche? Impossible de savoir et c’était même pas une question de gameplay « meurs et réessaie » puisque le jeu avait quand même une « mémoire immédiate », une mémoire vive qui faisait que tout les ex machinas étaient définitivement enclenchés, du moment que tu éteint pas le bazar. Dans des jeux un peu plus « basiques » à la mini jeu Adi, tu dois buter les monstres, aller à la fin du niveau et passer au travers de la difficulté dangereusement grandissante, normal. C’est bien trop tard que j’ai découvert l’existence de codes… heureusement il y avait le mode coopération en
split screen, bien agréable, de bons souvenirs.

 Le coopératif est une notion qui reste relativement absente des FPS si on reste dans ce cadre temporel. Dans le meilleur des cas on constituait des équipes qui s’opposaient mais les exemples qui allient tout les joueurs contre le jeu principal… pas évident. En termes de pur classique et toujours sur 64, GoldenEye reste mon petit jeu fétiche. Le multi d’une part : simple, efficace, a lancé les conventions pour la suite! Le mode solo était, quand à lui, bien plus travaillé et intuitif. Quand bien même tout était en anglais, le choix de mode de difficulté était une excellente excuse à la redécouverte des niveaux (toujours très vastes d’ailleurs) et même si on retrouve cette indécision totale dans l’exécution des objectifs, le tout était assez intuitif sans qu’on nous prenne vraiment par la main. Là, d’accord, je dois admettre qu’il y avait un certain fun derrière ce jeu mais le jeu solo tire peut être mieux son épingle du jeu, à coté il y avait déjà Mario Kart et consorts… puis intervient Perfect Dark.  THAT OTHER GAME.

 Le drame avec Perferct Dark c’est que je suis passé totalement à coté à l’époque puis contextuellement avec sa ressortie XBox Live. Le jeu écopait d’un statut quasi divin et d’une fanbase qui savait étaler les bons arguments que pouvait offrir le truc. Banco : achat direct pour ratrapper les choses et voir ce qu’il en est. Les aminches, la sanction est irrévocable : j’ai trouvé ça vraiment chiant, une fois fini y’avait très peu de risques que j’y revienne. Le jeu est concrètement bon pour l’époque, d’accord, c’est difficile à contester. Mais avec le recul… j’ai l’impression d’avoir perdu de l’argent sur un espèce de gros navet sci-fi avec son intrigue extraterrestre et son alien (nommé Elivs! Qui porte un bermuda Stars & Stripes! Derp derp) – on prends le modèle de Golden Eye, on rajoute des petits bonus sympa (l’entraînement de maniement aux armes est une excellente idée, soit) et on rajoute une campagne calquée sur le même niveau de difficulté. En jouant à ce jeu, j’avais l’impression de mater une saison récente de 24 : j’entamais un niveau dans le seul espoir de le terminer pour justifier l’achat du truc. Le jeu est cette fois traduit mais on retrouve cet atroce sentiment d’être lâché dans la nature sans avoir aucune idée de ce qu’il faut faire. A d’assez nombreuses reprises j’ai du m’aider d’un guide sur internet… pour passer le simple mode agent! On retrouve cet incroyable manque d’intuitivité criant dans certaines séquences : ce cube explosif et flottant est une horreur, l’ordre des trucs à faire dans l’Alaska est un peu nébuleux, l’emphase n’est pas toujours mise sur les éléments nécessaires à la progression et les checkpoints ne sont pas génialement répartis. Ol, les checkpoints sont les niveaux eux même, les deux jeux sont clairement fragmentés à la différence d’Hexen mais il est frustrant d’être bloqué et de tourner en rond dans des halls vides sans savoir quoi faire. Par dépit… tu fait Hara-Kiri dans l’espoir de redécouvrir un élément manquant.

Je passe mon tour sur le scénario hein, mettre en cause cet élément du jeu ce serait un peu remettre en question toute son identité mais oui, je trouve ça assez inapproprié. Encore une fois d’accord, c’est un bon prétexte pour avoir des armes originales… bon. Gros ennui sur le truc tout de même.

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  Master Chief veut vous faire un CALIN.

 Heureusement qu’il y a Halo et son mode multijoueurs en ligne! Techniquement, le fossé est gigantesque – dommage qu’on ne puisse pas toujours regarde ce qu’il se passe à l’écran – on peut définitivement dire adieu aux personnages carrés qui s’accrochent partout! L’expérience du troisième Opus et d’ODST resteront une vraie expérience à part… mais là aussi c’est probablement quelque chose qui ne se renouvellera pas! 

Très bien, le jeu est captivant, le scénario est immersif et on oublie facilement les persos super premier degré et leurs doublages « Cap’tain Amérique » – de toute façon on est pas là pour jouer dans la subtilité et puis c’est une bonne occasion pour se marrer à plusieurs devant les situations atrocement… voilà des saynètes. Ca c’est un petit aspect du jeu – en solo, je me suis fait défoncer la face !§ Le jeu est méchant! Le jeu est beaucoup trop difficile et encore j’était loin de jouer en légendaire! Ca doit être une question d’expérience? Ranafoutre, un jeu se doit d’être accessible même en cours de saga et c’est pas uniquement les trois premiers pas dans la pampa de l’espace qui font un bon tutorial. Est-ce qu’on peut voire la chose sous un autre angle, comme quoi il faut chercher le challenge?

A mon avis, la réponse se trouve dans le fait que la difficulté ne change pas selon le nombre de joueurs humains sur la campagne : le multi est favorisé. Et là, effectivement… un certain plaisir de jeu s’est dégagé de ces parties. Après des années d’online super biaisé, un (et même deux DEUX) vrai jeu parcouru de bout en bout ça fait du bien. Même si il faut se taper des petits soucis de connection au milieu, pas grave, c’est un mal nécessaire. Au final, ce dyptique conjugue des séquences épiques (le fait d’avoir son petit hélico individuel, classieux, la séquence avec les deux MECHAS GEANTS qu’on a refait trois trillions de fois avec trente plan de guerre différents, la fuite motorisée ou tout pête pendant une demi heure, fantastique) et je dois admettre que tu peux très souvent t’arrête en plein jeu pour contempler. Tu es sur une planète étrangère, tu as accès à pratiquement tout avec les véhicules volants, le cadre est épique et magnifique, c’est une véritable petite aventure qu’on se tape en ligne. Grosse cerise sur le gateau, le mode bonus d’OST qui ressemble à l’incroyable mode survie de Time Splitters 2 : tu es lâché sur le terrain, tu es voué à mourir mais il va falloir résister le plus longtemps possible et sous différentes conditions : CA c’est un bon mode de jeu. Dès que tu reviens au mode online classique, ennuis et insultes fusent, MEH. Du coup, la plus value des jeux Halo c’est la configuration où deux ou trois potes ont la même console, le même jeu, du gold et du temps à partager…

 Et si par malheur on revient au mode « plébéin » – tu te tapes le retour de baton du poncif Counter Strike – tu te tapes les gamins énervés… mais la génération d’après. C’est pas non plus un phénomène réservé à ce jeu là ou à cette localisation en
particulier

Tout ça change pas beaucoup mon opinion sur ce genre : c’est soit imprécis, soit un peu chiant, soit répétitif, soit contraignant. C’est d’autant plus chiant quand tu as l’impression que les FPS constituent la moitié des jeux sur 360…

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7 Responses to Frag facile

  1. Kaeso says:

    La wii, y a que ça de vrai^^

    Dommage que t’ai pas plus développé age of, c’est le seul jeu auquel j’ai joué dans tout ceux que t’as cité, beuh

  2. Petrif' says:

    Aaah mais enfin ! Quelqu’un ose se lever contre ce diktat du FPS (même TPS je dirais) sur console Next Gen, moi aussi je veux monter sur ma chaise et lancer un « Capitaine, mon capitaine » (Poètes
    disparus style) des familles.

    Sérieusement, Ok, y en a des très beaux avec des chouettes scénarios, mais la plupart du temps, 0 originalité, et les compagnies insistent encore et toujours, du coup sur le parc actuel on se
    retrouve avec pléthore de FPS et les autres styles ont l’air délaissé (mon corps est en pleine croissance il me faut du RPG, DU RPG !!), heureusement on a le XBLA et le PSN.

     

    Bref, moi aussi j’aimerais qu’un jour tu développes ton passé Age of Kings, pour ma part créer une écurie aux portes de l’adversaire avec un rush de paladins, un classique qui marche toujours. 🙂

    Sinon, je pense en effet qu’il faudrait lancer une semaine Petrif, une semaine pleine de bons mots, de yau de poële et de retro-gaming, ça devrait même être enseigné à l’école.

  3. Nataka says:

    Ca me rappelle qu’il faut que j’entame Bioshock 2 moi…

  4. fullblack says:

    « La gestion y’a qu’ça de vrai ma bonne dame! » +10 000 >.< loin de détester les FPS je trouve que c’est toujours trop bourrin… du je fonce dans le tas et j’bute tout le monde. Ou alors
    totalement opposer (souvent dans les modes en ligne) d’un une balles t’es mort ou tu sert simplement de punching-ball a un petit américain de 12 ans qui lag magistralement (a mois que ca ne soit
    vous >.<) et te fout une branlé monumental… Go command and conquer 3 … bien que le jeux fut totalement abandonné pas EA games il n’en reste pas moi magnifique et sont univers assez
    passionnant =) si tu aime les jeux de gestion ^^

  5. Ninita says:

    Bon personne n’est trisomique au point de ne pas savoir se déplacer, viser et tirer.

    Si. Moi.

    Ouin.

  6. Zoneur says:

    Ah putain ouais, la scène finale d’Halo 3, et l’attaque des deux Scarabs en Hornet ça troue l’cul ! Et si t’as kiffé la campagne en ligne, et le mode « survie » (Baptême de Feu), c’est toujours
    d’actualités dans Reach 😉

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