Club de paranoïa légère

Here it goes, here it goes, here it goes again – huh

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 Flashback! Il y a grossomodo un an et des cacahouètes je me tapait avec enthousiasme la review d’Hinamizawa, le village maudit a.k.a Higurashi no naku koro ni. C’était bien, plutôt intelligent et passionnant pour un anime assez pauvre techniquement. L’avantage dans le mode de visionnage c’était un rythme imposé : un épisode par jour, tout le mois d’août, histoire d’avoir une bonne grosse saga estivale – c’est toujours mieux qu’un truc français avec Francis Huster. Hé ben j’ai décidé de volontairement attendre toute une année pour reeeeeeeeenouveller l’expérience et me taper la deuxième saison, très astucieusement nommée Higurashi no naku ko ni kai. Je sais pas ce que ça veut dire, je me souviens juste que ça veut dire « et » en grec (faites pas gaffe, je révise plein de trucs) et donc après m’être gentiment teasé en Septembre 2009 avec le premier épisode, j’ai ré-attendu cet été pour me mater le fameux arc des « réponses ». La fin de la première saison est nébuleusement nébuleuse pour tout cartésien qui se respecte et là, paf, des réponses qui ressemblent à peu près à quelque chose. Surnaturelles ou pas, avoir des réponses est toujours tellement gratifiant dans ce genre de format, surtout moins d’un an après la fin de Lost qu’on essaie toujours de digérer chacun de notre coté à notre manière.

  C’est donc exactement dans les mêmes conditions que je me lance, tout les jours blotti dans mon pieu (lit DEUX PLACES! DEUX! Le reste de l’année je me retourne, je me casse la figure!) vers une heure trente que je me met un épisode, un peu moins légaux cette fois ci (je ne pense pas que Kai soit licenciée en France mais alerte conditionnel extrême) – le très gros plus c’est qu’en parallèle je me matais dans la foulée un chapitre du visual novel. Vous aurez tout à fait le droit de croire que bizarrement, la deuxième moitié en anime se regarde très bien en parallèle avec la première moitié à lire. Étrangement, beaucoup des premières scènes du VN sont des storylines d’épisodes préliminaires d’Higurashi Kai – vous vous douterez que les parallèles sont des scènes légères sinon ben on serait bien fins.

 Alerte spoiler intégral sur la première saison, fatalement. N’hésitez pas à vous référer au premier lien pour avoir une idée du principe de cet anime…

  Résumons nous. Nous étions dans le petit village fleuri d’Hinamizawa et il s’y passe quelque chose de très étrange, un phénomène qu’on a tous envie de vivre une fois ne serait-ce que pour le fun : les habitants – et donc les personnages principaux ont la manie de ne pas survivre au mois de Juin 1983. Et ça, même Sébastien Ruchet n’y peux rien, on nous a montré que les choses tournaient mal avec cinq angles différents. Souvenez vous :

 – Dans un arc, Keichii se sent attaqué, pête un câble et bang bang massacre Mion et Rena à la batte avant de mourir dans d’étranges circonstances

– Dans un autre arc, Shion est tellement obsédée par le frère de Satoko qu’elle va globalement assassiner tout le monde avant de mourir dans d’étranges circonstances

– Dans un troisième arc, Rena découpe des corps et le pouvoir de l’amitié cache les morceaux mais tout le monde meurt dans des circonstances étranges

– Dans un arc qui passait par là, Satoshi se fait taper par son oncle puis tout le monde clamse dans des… conditions bizarres.

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 Souvenez vous du point commun à tout ces arcs : la fatalité semble toujours s’abattre au festival local de la purification du coton. Quelqu’un est tué, quelqu’un disparaît, inexorablement! Tout l’enjeu était d’essayer de tirer le surnaturel du meurtre bien humain, chose si peu évidente dans la première saison où le seul début de réponse semblerait être l’intervention d’Oyashiro, la déesse locale. L’élément bonus étant la façon dont les futurs cadavres semblent en finir, une sombre histoire d’ongles et de jugulaires irritées – tout ça sous la pérennité des grandes familles locales qui n’ont pas les apparences pour elles. L’acmé de la première saison hésitait même pas à sortir la carte des alien et des vers sous-cutanés, un joyeux bordel qui aura des réponses de plus en plus concrètes…

 On lance donc le première épisode sur 24 en découvrant un nouvel opening, toujours aussi faussement sirupeux mais malheureusement un poil plus kitsh… qu’importe, l’esprit est conservé et quel plaisir de retrouver le « han han ha né niii » à l’envers à la fin du générique! La première image nous informe directement : Kai conserve son système d’arcs mais surprise, le premier épisode sonne comme un bilan de la première saison, une sorte de figure de style qui explicite ce que serait Hinamizawa de nos jours si n’importe lequel
des scénario de la saison 1 ce serait bien passé. Mystère, boule de gomme et un peu d’audace sur le développement de certains persos et le deuxième épisode nous replonge directement dans la routine. On retrouve ce réflexe qui m’avait un peu agaçé l’an dernier mais qui passe un poil mieux après l’avoir lu – un épisode lambda, toujours en début de mois de Juin où toute la petite bande vit sa vie insignifiante. La MULTICOLORATION de leur cheveux est toujours aussi effective (elle va même subir un upgrade, mais chut) et les persos sont toujours… ben vous voyez où je veux en venir. Mion a toujours son flingue et son taser si peu cachés, Satoko fait des HO HO HO HO et fout des pièges, des pièges partout – Rika nipaaaaah nano desu yo nano desu nipaaaah et Rena embarque tout ce qui est méga kawai à la maison, ce qui fait que quand elle trouve Rika mignonne, ça fait un – tenez vous bien – HAU OMOCHIKAERI NANO DESU YO NIPAAH et elle peut aussi tomber dans un piège de Satoko qui fera alors HO HO HO en mettant la paume de sa main sous son menton.

Ok, je suis peut être un peu lourdingue dans mon approche mais cette méga accumulation de running gags m’ont toujours un peu perturbé et m’empêchait un peu d’apprécier les personnages à leur juste valeur, notamment avec Rika dont le coté « loli » est souligné à l’extrême pour immédiatement contraster avec autre chose juste après. C’est perturbant… on devrait appeler ça le « Syndrome Hitgirl », que je digère toujours pas vraiment. Le souci c’est cette culture du contaste qui fait que certaines séquences « humoristiques » ont vraiment l’air sorties de nulle part et ça contribue au fait qu’on puisse penser qu’un épisode d’Hinamizawa pris à part pourrait, de façon envisageable, être considéré comme un léger nanard. C’est bien évidemment faux mais ça pourrait y contribuer… car difficile de cracher sur des personnages qui vont prendre toujours aussi cher. Tiens, j’oubliais, le docteur nous joue la carte du lolicon passif en début d’anime… je ne comprendrais jamais la pertinence de ce gag, dans Excel Saga c’était drôle, là… ça sort d’une dimension inconnue de tous.

 Joie intégrale et rutilante, l’esprit de Kai est le même. Au début, tout va bien puis les choses déconnent de façon flamboyante, les pertes sont significatives, on compte les pertes et on y retourne. Cependant, l’approche n’est plus vraiment la même. Une cohérence interne aux arcs y est infiniment plus poussée et les arcs y sont vraiment plus déséquilibrés, pour tout vous dire… il n’y a que trois arcs! Spoiler la temporalité de la saison n’est pas rédhibitoire donc disons qu’on a une belle configuration en 5-8-11, tous ensemble tous ensemble, but, but. Le premier cas de figure ressemble à tout ce qui a été vu dans la saison 1. Le deuxième est plus « Genre Savvy » et essaie lui même d’arrêter ce qui semble inéluctable, le troisième explique le pourquoi du comment derrière un autre degré de pourquoi du comment. Pas évident de crypter les données pour pas trop en dire! Disons qu’il était pas nécessaire de faire plus d’arcs que ça, c’est une excellente configuration et là aussi, ça trouve une excellente justification, contextuellement.

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 Par contre même dans le premier arc des trucs tournent pas rond de base : Mion et Shion y cohabitent, ouvertement, sans que ça dérange personne. Étrange! Rika fait des crises de somnambulisme et parle toute seule la nuit. Le frère de Satoko est toujours un dossier dangereux à évoquer, Tomitake est toujours là, la blonde très laconique idem et on ne sait toujours pas si Oishi est juste le flic sympa et bedonnant qu’il a l’air d’être où le connard surprise carriériste qu’il a aussi l’air d’être, c’est ça le véritable pouvoir des bretelles. Attention, disons les choses d’une autre manière : toute la saison à une mentalité différente. Nettement moins gore, bien moins choquant et sanglante, les amateurs de globules rouges en auront toujours pour leur grade mais l’ambiance global est nettement plus posée, à la limite du polar. On espère, on espère on espère, les grandes espérances montent et… comme on est dans Hinamizawa, l’ascenseur émotionnel fait son boulot. Et soudainement, une petite facilité de scénario ajoute un personnage qui facilite l’éclatement de la vérité… mais ce personnage est plus ou moins évoqué dans la saison 1, ca garde un certain sens.

 Du sens tiens. Après avoir maté les deux saisons en format questions/réponses allers/retours, c’est une bonne question de se demander « Est ce que tout ça avait du sens? » Honnêtement, oui. Le seul truc que j’ai pas pigé c’était la séquence finale, complètement gâchée par l’atroce traduction fansub au google trad des derniers épisodes. Dommage mais ce n’est qu’un juste retour des choses, je suppose… disons que oui, Hinamizawa garde une forte cohérence, entre ses épisodes, ses arcs, ses saisons. Le contrat de confiance (hé oui.) n’est pas aussi voyant que dans la première mouture puisque là les évènements sont bien plus simple à « accepter »… comme d’habitude, rien n’est vraiment montré au hasard, tout trouve rapidement une justification et si vous arrivez à avoir un peu d’avance sur l’anime, bien joué.

  Globalement, l’anime garde les mêmes forces – l’année dernière je mettais l’emphase sur l’ambiance qui se démarquait. C’est malheureusement un phénomène beaucoup moins visible puisqu’ici on a pas vraiment le temps, l’introduction est déjà faite! De la même manière, le spectateur est presque « blasé » et certains cliffhangers ne sont plus aussi surprenants. Ca n’empêche en rien Higurashi Kai d’être toujours aussi passionnant, sans aucun temps mort… et on s’implique toujours autant pour les persos, d’autant plus que le rapport de force dans la narration est franchement plus changeant, Keichi est (presque) un personnage secondaire sur l’intégralité de la saison et le focus va pas hésiter et s’expoter plus que prévu, comme dans Umineko. La vraie héroïne de la saison c’est … une fille qu’on voit picoler dans le troisième épisode. Rassurez vous, elle a l’âge légal. Normalement. Enfin, pas vraiment… enfin pff, vous aurez saisi la perche.

Quand je disais qu’on s’implique toujours autant pour les persos, vous vous souvenez à quel point c’était agréable de voir la détresse totale de Satoko dans la première saison? Ben là c’est super, ils nous la refont en version deluxe. Ce passage c’est un peu mon arrachage d’ongles pour Kai, la souffrance de la Satoko maltraitée est pas méga supportable. C’est d’autant plus étrange puisque la focalisation de cette storyline n’a pas vraiment de sens cette fois… là je dois avouer que je sèche un peu. Bref les persos se font massacrer et la distanciation liée à la répétition est toujours là mais cette fois il vont au casse pipe et ils en sont conscients. Vous admettrez que ce n’est pas la même chose et un fail ne prends pas la même ampleur qu’un massacre surprise!

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 De là à dire que tout prends une explication cartésienne? Plutôt. Bien sûr les choses peuvent prendre une proportion inattendue mais en matière d’explication, pratiquement rien n’est laissé sur le carreau. Après, des explications applicables à la vie de tout les jours… on aurait déjà la série du même nom et le petit malin qui aura cité FlashForward n’est qu’un tout petit monsieur.

D’autant plus que Flashforward, bah techniquement c’est pas mal, c’est filmé. Là on retrouve les mêmes bizarreries : réflexe éternel des sourcils transparents, tons de certains doublages un peu étranges, certaines séquences atrocement mal animées (sauter d’une fenêtre sur une voiture n’a jamais été aussi hilarant) c’est dommage que la narration et la technique soit pas au même niveau, c’est le petit truc qui manque qui ferait d’Hinamizawa un anime vraiment et légitimement culte. Les sauts d’humeur sont mieux marqués, cependant. Je reviens juste sur ce loli-symbolisme qui me gratte vraiment entre les veines du cou (le quasi baiser de l’ending… m’énerve. Ca n’a pas de sens. Ce n’est pas esthétique. Ni symbolique. Pour-quoi?) mais bon faut pas croire, mais dans le kitsh on y trouve des trucs intelligents, comme ces petits plans pièges qui spoilent… sans qu’on le sache, c’est formidable. Je rale, je rale mais les qualités de l’anime sont évidente et le visionnage est nécessaire après la première. De toute façon, on ne peut pas terminer grand chose sans qu’on ne re-mette une séquence finale bien incompréhensible…

Mais vraiment de justesse extrême hein, bande de canailles avides de sang et de narration audacieuse. Et dès maintenant, si vous vous apprétez à mater la deuxième saison, exercez vous à trouver le big bad de cette histoire, car il y en a un. Plutot bien caché, plutot peu prévisible, mais votre-mileage-peux-varier. Personellement, j’ai été captivé, bien emporté par le truc et j’ai eu des réponses, contrat rempli.

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9 Responses to Club de paranoïa légère

  1. Petrif' says:

    Yo ! C’est à cause de toi que je m’étais enfilé la première saison, et, dans la foulée, j’avais commencé la saison 2…et bah, je sais pas j’avais dû regarder les 3-4 premiers épisodes, mais j’ai
    eu du mal.

    J’ai peut-être pas été assez patient pour le coup, a contrario de la saison 1 qui donnait le ton « rapidement » là j’ai eu plus du mal à rentrer dedans, j ecrois que c’est la bataille d’eau qui m’a
    été fatale. -_-‘

    MAIS, je vais reprendre et persévérer, si ça a l’air de valoir le coup, j’te fais confiance vieille chaussette.

  2. Amo says:

    J’adore justement les passages « légers » de la série, la bataille d’eau citée plus haut est pourtant sur épique. Mais sans ceux-ci, j’aurais peut-être moins accroché au lot.

     

    Et putain, toute cette fin d’épisode 13… ou 14. Enfin l’épisode Battle Royale là, tu vois de lequel je parle. T’es à moitié haineux sur la fin envers un perso qui jusque là t’avais pas fait de
    mal et là franchement wow voilà quoi, contrat rempli. Et du coup j’ai bien aimé la fin même si on y trouvait des trucs plutôt amusants pour la « saga » (COMBAT DE FUSIL A POMPE §)

     

    Et la référence à Phone Game <3.

  3. Kaeso says:

    Puré, j’ai juste finit Hinamizawa y a 2 jours, tu parle d’une coïncidence, je savais pas qu’il y avait une suite!!

    J’avais trouvé la première saison un peu WTFOMG au début, ça m’a fait mater le truc jusqu’au bout, mais les derniers arcs étaient pas assez stressant à mon goût (ce qui ne suffit pas à gâcher la
    qualité globale).

  4. Melow says:

    Tiens, c’est marrant je me suis revue tout les épisodes de la première saison depuis mercredi soir jusque tôt ce matin ^_^

    Sinon je me demande comment tu as fait pour tenir aussi longtemps avant de regarder la 2ème saison (je me rappelle avoir tout regardé, les 50 épisodes, en l’espace de 3 où 4 jours xD)

    Bon bah maintenant il te reste plus qu’à regarder les ova 🙂

  5. Zoneur says:

    Bien, maintenant mate les OAV Rei. Moins bon que l’original et Kai, mais y a ça !

    http://www.youtube.com/watch?v=QSuBpNvf1CI&feature=related à 2min28 §§

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