Daily Archives: 27 septembre 2010

The Greater Internet Fuckwad Theory

Ok j’ai dû intégralement retaper ce post, il est donc un peu lite, un peu plus flemmard que l’original… désolé!

  J’espère que vous avez bien fait vos devoirs et que vous êtes bien 2.0! Comment? Vous ne savez pas comment faire? Utain, quelle chance vous avez de le reconnaître, parce que nous ça fait à peu près une paire d’année qu’on fait semblant de savoir ce que ça veut dire. Moi, je commence à flipper un peu en voyant la photo de mon profil Facebook se balader partout sur plein de sites tiers qui te proposent tel ou tel partage jamais franchement utile… et bien sûr il manque l’accessoire visiblement indispensable au Jeune Urbain Branché, le portable fourre-tout BlackSmartAndroïdBerryPhone que tout le monde semble avoir mais là je bloque toujours un peu sur l’utilité d’un tel bidule. On est pas au point de devenir des jeunes pétés de thunes qui parlent en casant un mot d’anglais sur deux mais je reste curieux, surtout quand je vois que le principal interêt d’un appareil mobile n’est rien d’autre que le livetweet!

Ah, Twitter. Il y a presque un an, je m’y inscrivais avec un nombre pas négligeable de préjugés en tête mais après tout la tentation devenait trop forte§  Twitter c’est l’une des nombreuses tentations un peu irrationnelles auxquelles tu cèdes parce que tu vois tout le monde autour de toi faire la même chose sans que personne ne trouve ça chiant ou inutile… et tu commence à y passer un temps fou. Après tout, le processus est un peu le même pour chaque type de site communautaire, la première période est un espèce de processus de découverte grisant où tout semble merveilleux et révolutionnaire (avec du recul je sais même plus comment j’ai pu passer autant d’heures sur ces applis Facebook alakon – et je vois pas mal d’adultes un peu plus confirmés y écrire régulièrement des petites pensées de poètes maudits) puis on se lasse et on passe à une autre drogue de la toile. C’est le cyyyyycle de la viiiiie. 

Twitter, donc… il y a de cela un an, j’avais de grosses réticences à aller sur ce site qui semblait être le gros effet de mode du moment (ce qui n’aide jamais) le principe est simple, on se construit un compte et on y poste ce qu’on veut avec pour seule contrainte une limite d’espace de 140 caractères. Suffisant pour faire passer une idée, une impression bien laconique ou pour mettre un lien mais jamais assez pour réellement développer, c’est pas le but du site. Du coup je me disais qu’il n’y avait pas d’intérêt à en tirer, de peur qu’on ne puisse pas vraiment y lire quelque chose d’intéressant. Après mon inscription je me suis rendu compte que c’était une façon un peu idiote mais efficace de passer du temps et c’est rapidement devenu un réflexe quotidien. Y’a-t-il une utilisation plus judicieuse ou utile de Twitter? A vous de choisir votre gameplay : soit vous restez dans une optique très « Internet » et vous en profitez pour donner vos impressions immédiates sur tel ou tel trucs, soit vous restez dans cette autre visée très Internet et vous y racontez votre vie. Au premier degré, en Haïkus, enrobé de petites bêtises, etc. Y’en a qui se gênent pas de raconter leur coup d’un soir, héhé. Bien sûr, l’équilibrage est possible et ne dépends que de vous… mais rapidement apparaissent des petites mécaniques internes.

 Ce qui frappe en premier chez un compte c’est bien sûr ses CHIFFRES! Vous avez un nombre d’abonnés et un autre nombre de gens que vous suivez. Ce qui est dingue c’est que des tas de gens atteignent le statut de micro célébrités avec leur nombre hallucinant d’abonnés mais leur vie n’en devient pas plus passionnante « Je mange du TABOULAŸ ! » et on ne peux pas s’empêcher de les suivre parce qu’on se persuade du coté nécessaire de ces abonnements. Comprenez, ces chiffres font toujours leur petit effet, voire un compte avec X nombre d’abonnés a toujours un petit impact « omgwtfinfluence » et le but du jeu est de déterminer le pourquoi du charisme derrière le personnage. Souvent, ces utilisateurs sont des berserks du tweet, y passent une très grande partie de la journée et surtout interagissent beaucoup avec d’autres comptes. En gros, ils sont hypersociaux et très extravertis! Le système de Retweet peut faire des merveilles puisqu’en faisant partager à tout vos abonnés un compte qu’ils ne suivent pas, on peut tomber sur un bon plan, une bonne sortie à faire voire une offre d’emploi! Twitter est aussi un bon plan pour les diverses promotions et occasions de se tenir au courant des bons plans du moment. Si on tombe pas dans le MSN pur, c’est un moyen de communication rapide et accessible… et tout cet esprit lié au site! Si il vous reste de la place dans un tweet, vous pouvez laisser un mot clé, un « hashtag », idéal pour caser une ou deux conneries. Des fois ça créé des modes comme le fabuleux #jeudiconfession où tout le monde fait des #révélations #fracassantes. Sur la colonne de droite se trouvent les « modes », les hashtags les plus tapés à échelle internationale, de quoi connaître les micro-mèmes du moment. C’est un peu con, c’est plutot vain mais rien de méchant. 

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  De la même manière il est très probable que vous ayez entendu parler de Sens Critique… site communautaire qui serait encore inconnu sans Twitter d’ailleurs, tiens donc… mais à mon humble avis ce dernier est nettement moins réjouissant.

On le sent dès le titre, le site est voué à accueillir un public et une communauté un peu plus huppée et sensée que la moyenne, le site a très longtemps été en bêta test privée, sur Invitation d’un pair. J’ai eu la chance de tomber sur un code vers Juin et l’exploration du site, malgré cette habituelle euphorie des départs qui n’a pas duré plus d’une ou deux heures, n’avait rien de super bandant. L’objectif du site est un peu la concrétisation ultime du web et par extension de la blogosphère : juger, donner son avis, noter et évaluer tout ce qui vous passe par là main. Tout les domaines sont touchés : jeux vidéos, Bande Dessinée, Films… la rubrique musique est en passe d’être ouverte. Vous prenez des oeuvres au hasard, vous passez en revue votre collection et vous donnez une note en plus d’une critique développée, si vous vous sentez d’attaque (vous pouvez référencer un article de blog plus complet, c’est dire si le système est visé) c’est aussi simple que ça. Du coup vous obtenez une tripotée de chiffres sur vos notations, sur la répartition de vos « univers » (autrement dit vos préférences culturelles) mais aussi les badges. Système ô combien attrayant puisque rien de moins qu’un système simplifié de succès… votre page principale regroupe donc toutes ces informations, ces chiffres et le feed de vos éclaireurs. Les éclaireurs, se sont vos « amis », vos « abonnés »… bref les gens avec qui vous avez lié votre compte. Bien entendu, la procédure n’est pas nécessairement réciproque… et vous pouvez créer un certain nombre de listes, à titre informatif.

Le site est beau et pas mal fichu. Clair, épuré sans être basique, adoptant un design résolument sobre sans être moche du tout, il est esthétiquement impeccable. Le principal problème du truc c’est sa visée… un peu égoïste. J’entends par là que pour un site communautaire dont la première visée est le partage, le seul paramètre qui compte sont les notes et appréciations que vous mettez. Bien entendu, tout est fait pour mettre en valeur le travail d’autrui (système d’approbation des critique, opposition du négatif et du positif) et le partage de listes au contenu libre apporte un minsucule bonus… mais je doute qu’on soit vraiment sur Sens Critique pour lire le travail d’autrui! Honnêtement, le véritable objectif du site relève davantage de la constitution personnelle d’une base de données, voir jusqu’ou vous remontez dans votre mémoire, essayer de faire une énorme E-PILE DE CULTURE. En parlant de E-Pénis, l’un des gros trucs dérangeants avec Sens Critique ben c’est ses utilisateurs. C’est con à dire mais je trouve qu’on nage un peu dans l’e-foutre parce que tout le monde y fait tellement imploser son e-ego… déjà que sur Twitter se donner de l’importance est quelque chose d’assez facile (et visible. Désillusions et distance par rapport à la réalité à prévoir) autant je trouve que ce nouveau site hype est un incroyable rassemblement de kékés… et quand il y a de nouvelles vagues d’invitations, tout le monde est comme habité d’un pouvoir de folie, de faire rentrer la plèbe dans le petit club privé. Bref, « J’ai des invitations, j’ai le pouvoir, putes » est un comportement que je trouve un peu trop récurrent… ou alors je suis paranoïaque… bref Arez a eu la gentilesse de me redonner une clé pour mon annif où je me suis monté un deuxième compte… où je n’ai noté qu’un truc, fin de l’histoire. 

C’est paradoxal comme impression puisqu’une communeauté de qualité est synonyme de… qualité, à priori! Le genre de site où tout le monde fout des mèmes en avatar, dispose d’un sens de l’analyse aiguisé… mais là je trouve ça parfois limite péteux. Bon vous me direz « hopital, charité et caetera » mais retrouver les mêmes défauts exacerbés chez autrui… c’est chiant. Ca fait marchands de tapis, c’est fatiguant. Après ce n’est qu’une impression qui se dégage de la périphérie du site mais en lui même il est assez surprenant de constater que vous connaîtrez déjà beaucoup de pseudos dans les critiques d’oeuvres que vous aimez bien. Un bon indicateur… mais qui se soucie de l’avis des autres sur un site où on vient donner le sien? Je suis pas prêt de passer ma vie à regrouper mes collections, je les aies déjà sous les yeux! 

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  En fait, être 2.0 c’est avoir cette fascination des chiffres et avoir des tas de gens (inconnus de préférence) qui s’accrochent à vos divagations. Et si tout ça vous déprime, vous pouvez toujours jouer au nouvel opus de l’Impossible Quiz… mais si, vous savez, le meilleur moyen pour se retourner le cerveau comme on aime. Après deux excellentes premières éditions, cet anglais un peu barjo avait promis de ne pas récidiver… mais c’est fin Aout qu’il se contredit enfin pour sortir le premier chapitre du « Impossible Quiz Book », voué à être une grande trilogie. Le deuxième chapitre était sensé sortir quelques semaines plus tard… et c’est finalement après plus d’un an que le deuxième volet sort sur le grand Intraweb. Le Impossible Quiz, késsadire? Peut être la meilleure preuve de maîtrise en flash : Glenn, alias Splapp-Me-Do, est un membre de Deviant Art qui nous propose un QCM géant… mais les erreurs sont très limitées, il faut une compréhension (attention emphase) parfaite de l’Anglais car l’immense majorité des bonnes réponses impliquent une connaissances des jeux de mots et du vocabulaire urbain du british, à défaut d’une logique immensément tordue. Il faut vraiment penser comme le créateur – la bonne réponse n’est pas toujours l’une des quatre proposées, elle peut ne pas être sur l’écran… le souci c’est que de temps en temps, des bombes apparaissent sur des questions bien précises et un écoulement de cette dernière signifie un Game Over instantané. Ecran que vous allez voir un nombre stratosphérique de fois puisque le gameplay du Trials And Error va prévaloir… l’objectif va être d’être assez endurant pour tenter des choses et peut être voir une ou deux questions en plus. Quand il y en a plus d’une centaine les choses deviennent rapidement infernal… car le processus pour reconquérir le jeu à chaque fois est de plus en plus long. Le tout premier est très frustrant car on ne dispose que de trois vies… et le truc peux
sembler un peu moche et basique mais on sent déjà un certain putain de génie derrière ces mini-jeux et cette kilotonne de références et mêmes. La dernière question est un cauchemar vivant et rien que sa découverte vaut son pesant de cacahuètes gratuites. Il faut déjà y accéder, hein… maintenant que vous êtes familiarisés avec ce type de logique, le deuxième opus est fait pour vous (il m’a accessoirement fait découvrir deux groupes dont je suis aujourd’hui dingue, d’ailleurs) – plus joli, mieux fait, plus varié… et un peu plus laxiste. Cinq vies cette fois, apparition d’un powerup qui éteint les bombes, le flash est encore plus maîtrisé et le truc se targue d’être encore plus imaginatif. Je me souviendrais toujours de cette nuit blanche à décoder le truc à sa sortie… et les vingt dernières questions ressemblent plus à un Wario Ware Hardcore qu’à un quiz, mais bon…

  C’est donc en 2009 que sort le premier chapitre du Impossible Quiz Book. Cette fois, il y a un scénario derrière! Cinquante questions un poil plus banales, le truc se termine « facilement » (oui à ce stade ça en devient facile, la difficulté reste pharaonesque pour le mec qui découvre ça) et l’apparition récente du deuxième chapitre me fait devenir encore plus fanboy du créateur puisque ces cinquante nouvelles questions sont cette fois un hommage au jeu vidéo et à leur histoire. Chaque dizaine représente une « époque », conclue par un mini jeu (Pong, Pac Man, Combat Pokémon…) et les questions sont toujours aussi peu intuitives et putassières. A ce stade on pourrait commencer à deviner par avance quelles sont les mécaniques tordues à avoir pour répondre mais non, le bougre trouve des procédés toujours plus sadiques. Je dois ajouter que le style graphique du mec est génial (ça fait longtemps que j’hésite à me prendre une de ses créations sur DA en poster, d’ailleurs) et qu’il dispose d’un véritable univers, barré à souhait, qui se nourrit de ses propres références.

  Tout ça est bien sûr gratuit. QUATRE morceaux de PUR génie, de frustration, de création intense et de concentré mémétique – pour que dalle. C’est pas mal quand même, j’étais tombé sur un jeu XBLA à un euro qui s’appellait The Impossible Game et c’était juste un carré à la con qui doit sauter au bon moment, sur un unique niveau. La différence de niveau, justement, rentre dans le domaine de l’abstrait…

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