Monthly Archives: septembre 2010

Lectures cursives

Le souci est le même tout le monde : pour chaque bouquin, manga, dévédé acheté, il arrive un stade où on doit jouer à Tétris jusqu’à réorganiser tout ses meubles. A vrai dire je dépense un pognon fou dans une demi-douzaine de séries en mangas, j’ai une kilotonnes de livres de cours et d’ouvrages de support plus tout une super livrée de littérature qu’un curé m’a filé après une longue discussion théologique (et pour le coup, ce n’est même pas une phrase aléatoire mais une vraie anecdote) et les fatwas posées sur Salman Rushdie prennent beaucoup de place sur mes meubles qui ne sont pas vraiment faits pour des petits volumes. Hop, rangements drastiques, je me suis dit qu’il serait temps de faire le ménage dans mes autres étagères et de me débarrasser de certain de mes … attention les yeux… MAGAZINES. Je n’ai jamais vu ce réflexe chez aucun ami, je suis le seul à ma connaissance à ne strictement rien jeter quand j’achète un périodique? Sans aller jusqu’à la conservation de certains quotidiens ou de mensuels spécialisés qui ont une formule vraiment interchangeable (JV Mag en tête de liste) j’ai beaucoup de mal à me débarrasser de tout ce que j’ai pu acheter jusqu’à maintenant. Même les fascicules en tout genres, bonus, solutions, guides… rien ne doit être jeté, c’est criminel! Et quand je me replonge dans ces interminables piles c’est comme dans le coffre de Picsou : le nettoyage se transforme en mission d’archiviste et je retrouve des trucs qui dépassent la demi douzaine d’année, mais aussi plein de choses improbables comme des copies aux annotations sensées être oubliées à jamais ou le dossier de personnage de ma première Murder Party (L’ivresse des profondeurs! J’étais Patrick Darver, le seul crétin innocent!) 

 Alors tiens, regardons tout ça de plus près, en ne gardant tout ce qui possède une pertinence minime sur ce blog… bah oui, les Science et Vie Junior c’est rigolo mais c’est personellement un peu trop tard pour m’intéresser au pouvoir de la SCIENCE!

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Ha! Cette pile de Nintendo Magazine! Peut être qu’un jour elle vaudra des millions. Strictement tout y est, du premier numéro de Mai 2002 à celui de Janvier 2008. 63 Numéros en état impeccable. Le drame avec ce mensuel c’est cette incapacité que j’ai à avoir de la distance sur la qualité de son contenu : est ce la qualité du magazine qui a décroît ou juste moi qui aie grandi? Je trouvais déjà le contenu assez lassant et à la limite du lèche-fesses (mais ça c’était une marque de fabrique) depuis un certain temps quand j’ai abandonné. Je me souviens d’un ouvrage au prix un peu scandaleux, bardé de pubs, le contenu éditorial de plus en plus décevant… et là il me semble que très récemment le groupe a été racheté par un organisme jeunesse – résultat : moins large, moins cher, encore moins bien foutu et une cible sévèrement moins mature. On se retrouve avec un mag qui affiche « Epate tes amis » en une et qui occulte l’E3… Sévère!

 Alors pourquoi cet enthousiasme des départs? De base, le « premier » numéro était une nouvelle formule d’une ancienne parution qui accompagnait la durée de vie de la 64. Avec cette reprise on disposait du meilleur équivalent actuel au fameux « Nintendo Power » – au delà de la case visée un peu moins ouverte, le truc proposait dès son numéro 1 tout une rubrique de « défis » ciblés, photographies d’écran à l’appui. Bien sûr l’enthousiasme lié à ce magazine était surtout lié à la Gamecube et à son line-up de folie (Luigi’s Mansion! Smash Bros en Mai! Pikmin en Juin! Splortsh) qui m’a valu nombre d’après midi à jouer avec des copaings. Chaque mois, un bon gros jeu analysé, des tests en pagaille (jeux, accessoires) les news qui vont bien et tout une section consacrées aux lecteurs et à leur interaction avec le mag. Il a toujours été très cher (6 ou 7 euros, probablement les deux successivement) mais, même avec douze petites années dans le tiroir, on avait déjà l’impression de tenir un véritable journal de qualité. Bien sûr, le truc était un poil orienté et avait un mal FOU à mettre des mauvaises notes (d’autant plus qu’ils gardent le système décimal mais les demis étaient courants) – tu savais à l’avance qu’un Wind Waker ou un Mario Sunshine allait se taper un dix. Ca n’empêchait pas le propos d’être formel, limite protocolaire mais on nous prenais pas pour des jeunes cons. Pour un magazine axé sur une firme et une console, tu avais l’impression de tout connaître sur la bécane et les sorties. Ca aliénait un peu mais au moins tu ne savais pas ce que tu manquais, Socrate serait content. Ils étaient toujours très avares en cadeaux bonux (même les posters étaient rarissimes) mais les numéros de Juin 2003, 04 et 05 avaient la bonne idée de fournir un DVD « officiel » sur les teasers issus des E3 récents. Je dois toujours les avoir… et le truc manquait rarement de bonnes idées! Au delà des Hi Scores, une rubrique chroniquait un espèce de grand concours interne où dans chaque numéro, valider des « défis » sur certains jeux te rapportait des points que tu accumulait, etc. C’était bien écrit, assez passionnant, ça donnait envie d’acheter les jeux chroniqués, ça remplissait parfaitement le rôle. Changement de formule à mi chemin, ça ne rendait pas le contenu plus clair ou plus pertinent, juste un certain nombre de changements esthétiques. Avec la sortie de la Wii, le truc devient plus cher, moins intéressant à suivre, on sent que la passion n’est plus aussi présente… seasonal rot en quelque sorte. Quand je compare ça à mes quelques autres magazines JV des débuts d’années 2000, la différence de contenu est flagrante – j’ouvre un Console News, c’est du « Les 15-25 parlent aux 15-25 », ils hésitaient pas à être méga familiers, présence de bédés moches mettant en scène le fameux Jay et ses rollers, grille de notes des testeurs… Nintendo Mag était à la limite de l’esprit entrepreneurial et le reste faisait comme un grand parterre libre et déconneur. Ca doit être un peu étroit comme vision des choses mais c’est celle que j’ai… et maintenant y’a JV Mag et ses 3 euros, sa maquette moche et son papier dégueulasse. Après, le gros de l’information y est… mais est-ce vraiment la peine de faire des infidélités au grand Internet? 

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 Han! J’ai envie de dire Han! Jusqu’à un certain temps il était quasi-impossible de trouver un bon périodique sur les séries. Il fut un temps ou ces dernières n’avaient même pas de statut légitime pour avoir leur petit papier spécialisé et de toute façon le gros du marché se cantonnait à ses machins aux unes criardes se focalisant non pas sur les séries mais sur les tétons de leurs personnages (enfin dans la limite du possible. Plus Lost que NCIS, vous voyez le genre) puis soudainement, Générique(s) déboule et dès le titre on sait que le traitement va être impeccable, ou de manière plus pragmatique, complètement conforme à mes attentes. Rien que le titre à tout bon – les débuts honteux du blog se focalisaient parfois sur certains générique que j’adorais, eux ont repris le concept. Un ou deux par mois, description linéaire détaillée et analyse à l’appui. La mode de confier son intro à un studio indépendant était alors toute jeune et l’art de la séquence d’ouverture n’était pas encore vraiment reconnu… mais au delà de cette simple rubrique, vous remarquerez le sérieux du truc, à la limite de l’encyclopédique : colonnes serrées, petit texte, aucun vide sur la belle page, peu d’images au risque de laisser des trous un peu gênants dans la maquette. Au moins, il y avait vraiment peu de pubs et j’ai toujours eu beaucoup d’affection pour ce format 24×32 maigrelet! L’offre ne se limitait pas au papier, Générique(s) étaient l’un de premiers papelard à proposer un forfait en format numérique. C’est d’autant plus important puisque le numéro 28 vient de marquer la très probable fin du mag’ en papier… il aura donc eu une petite durée de vie, un peu plus de deux ans, pas vraiment le temps de décoller… c’est vrai que le propos est un poil antinomique – même aujourd’hui on a du mal à associer les séries (et par extension, les bonnes) à un public réellement adulte, d’autant plus que le haut du panier se fait de plus en plus discret au fil des années (un jour je me materais un Glee. Un jour)

 Du coup le magazine ne pouvait pas faire grand chose d’autre que de taper dans l’analytique pur. Les premiers numéros consacraient leurs dossiers à une thématique bien spéciale, à la limite du tropisme « actuel » (place des femmes, le fantastique, Amérique et new-york, fiction française) avant de plus se consacrer à une série en particulier. Vous me voyez venir : on ne peut pas tourner en boucle sur le passé et l’actualité ne se renouvelle pas temps que ça – rapidement, il n’y avait plus grand chose à lire. Là aussi, division en trois : rapides news sur les projets, les diffusions et les tournages (le bazar occultant totalement le net et ses implications, il n’y avait jamais de planning, dommage) – dossier donc, très fouillé, rempli de référence donc parfois un peu obscur – et critique des sorties DVD. Jamais de notes, parfois un gros pavasse sur les séries qui le méritaient (chaque sortie en France d’une saison d’Oz avait au moins une double page de review) et le ton était très, vraiment, super premier degré. On sent le réel désir d’opposition… à des mags hors sujets. Il leur manquait peut être un peu de fantaisie, de décoincage… mais la qualité était réellement au rendez vous. Je me suis jamais abonné, j’aurais dû, ça m’aurais rapporté un coffret DVD sympathique.

Dans un ordre d’idée très différent il y les incroyables Inrockuptibles, l’hebdomadaire que j’adore suivre pour parfois râler dessus… j’ai pas encore vu cette fameuse nouvelle formule, il serait temps, mais fatalement je vais peut être taper à coté. Quoi qu’il en soit, j’ai des numéros qui datent de l’été 2006 et je garde les numéros bilans annuels très précieusement. Le mag brasse toute forme de culture et divise simplement ses rubriques : Littérature, Scènes, Musique, Télévision, une petite page Jeux Vidéos pour faire paradoxalement éclectique et hop, bonheur. Ils sont bien sûr connus pour leur ton super tranché, dans le plus ou moins sérieux (je me souviens d’un encadré qui racontait le diner d’un journaliste chez Chris Martin où tout prenait cher, sérieusement, whatzefuck) et pour cette constante prise de position virulente oh la la violence. C’est pas comme si j’étais souvent en désaccord avec eux mais quand les Inrocks aiment quelque chose, on ne sait pas si c’est uniquement pour établir une culture alternative bien à eux où si c’est vraiment pour les qualités intrinsèques de ce qui est testé. Ce qui me fâche le plus c’est leurs goûts musicaux mais c’est une conséquence toute logique : moi j’en suis toujours au stade de la découverte du passé et les Inrocks critiquent la musique actuelle. Deux options : la scène moderne est-elle un peu moyenne ou c’est le magazine qui garde les mêmes réflexes? Probablement un peu des deux mon capitaine! Un best of tout les deux mois, il y aura forcément un truc qui plaît. Le reste (et ça en fait du reste!) se vaut surtout pour son actualité politique et ses petites pépites culturelles qui ne seraient pas traitées nulle part ailleurs. Cet espèce de point de vue lorgnant dans le geek est toujours assez délicieux et je me précipite toujours sur le « Ca va, ça vient » toujours rempli de conneries et jamais trop radasse en « lol » et autres « mèmes » – sur un périodique à aussi gros tirage, ça surprends toujours. Ca fait pas des Inrock’s un équivalent français de Wired mais ça y contribue. Dans l’absolu on en avait pour son argent : un peu plus de trois euros pour un contenu vraiment dense, cent pages pile, toujours pertinent. C’est un peu le Reader’s Digest soft pour tout les pans culturels : à chaque fois, une actualité principale, des tas de bêtises annexes et une écriture jamais dégueue. Bien sûr ça correspond à un « esprit » très (hohoho) Parisien, laconique et qui se prends pas pour rien mais j’ai toujours aimé et je continue à adhérer.

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 Je me rendais pas compte que j’avais autant de Premiere en stock. De 2002 a 2007 environ, une grosse cinquantaine de numéros. Ils m’ont un peu poussé au danger et au masochisme gratuit : c’est après avoir lu des bonnes critiques que je suis allé voir le Promeneur du Champ de Mars pour m’endormir raide devant ou
La Moustache, film indescriptible mais si peu mémorable. Il y avait d’autres papiers mais j’étais moins fidèles : Ciné Live était un poil foutraque et Studio était pas toujours lisible. Premiere était un peu plus consensuel, pas un poil qui ne dépasse de cette ligne éditoriale purement consacrée au cinéma… et ces petites étoiles qui font frémir. C’était tellement fun de pas être d’accord où d’aduler le rédacteur de telle ou telle critique, tant et si bien que dans le grand tableau des étoiles il y avait une colonne « vous ». La moyenne allait pas se changer magiquement mais le geste était rigolo. Après, suivre l’actualité des tournages et la vie des actrices avait rien de passionnant mais les critiques des sorties salles/dvd étaient le mieux mis en valeur, c’était tout ce qu’on demandait. Anecdote : pendant un certain temps, le magazine proposait des fiches à collectionner, j’en ai encore quelques une, inutiles donc indispensables! D’autres trucs à dire? Pas vraiment.

J’ai aussi une pile non négligeable de Guitar Part, qui était un peu le runnig gag de la reprise du blog… j’ai eu le malheur de découvrir le mensuel à l’apogée du DVD offert avec. Un nombre impressionnant de rubriques de qualités, des styles et des niveaux de difficultés hilarants, des plans de guitare que j’écoute parfois indépendamment et des profs hilarants. Puis le nombres de plans par rubriques sont passés de 5 à trois… puis le nombre de rubrique à baissé aussi… puis certains chroniqueurs se sont barrés, etc, fin dans le monde. Après l’actualité du genre n’est elle non plus pas toujours fascinante : concerts marquants, anecdotes rigolotes sur certain groupes… mais je reproche un très gros suce-boulisme dans les critiques des albums dont les intervenants principaux faisaient des masterclass le mois d’avant! Ils ont réussi à foutre « The Resistance » de Muse en disque préféré de la rédaction, je suis toujours un peu scié… mais quel régal de voir toutes ces haches, ces pédales d’effets et ces dossiers thématiques (sortir sa maquette, enregistrer, prendre soin du matos, les mécaniques des maisons de disques etc) là aussi on pourra reprocher des bédés atrocement pas drôles mais le meilleur était bien sûr les partitions et le contenu pédagogique. Dommage, j’ai découvert la chose à son apogée et le retour au niveau « normal » m’a déçu, fatalement. Il n’empêche que Guitar Part à su être passionant, pédagogique ET hilarant (parce que les chansons flash de François Corbier au Yukulélé, ça n’a pas de prix)

Je passe mon tour, en tout cas sur cette fois, sur le bloc « jeunesse » que j’ai de toute façon déjà un peu archivé. Je suis juste retombé sur le fameux Kid Paddle Magazine et son 18è et dernier numéro… je me souviens d’une maquette et d’un contenu très étrange, limite dégueulasse mais ce sera tout … POUR LE MOMENT.

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The Greater Internet Fuckwad Theory

Ok j’ai dû intégralement retaper ce post, il est donc un peu lite, un peu plus flemmard que l’original… désolé!

  J’espère que vous avez bien fait vos devoirs et que vous êtes bien 2.0! Comment? Vous ne savez pas comment faire? Utain, quelle chance vous avez de le reconnaître, parce que nous ça fait à peu près une paire d’année qu’on fait semblant de savoir ce que ça veut dire. Moi, je commence à flipper un peu en voyant la photo de mon profil Facebook se balader partout sur plein de sites tiers qui te proposent tel ou tel partage jamais franchement utile… et bien sûr il manque l’accessoire visiblement indispensable au Jeune Urbain Branché, le portable fourre-tout BlackSmartAndroïdBerryPhone que tout le monde semble avoir mais là je bloque toujours un peu sur l’utilité d’un tel bidule. On est pas au point de devenir des jeunes pétés de thunes qui parlent en casant un mot d’anglais sur deux mais je reste curieux, surtout quand je vois que le principal interêt d’un appareil mobile n’est rien d’autre que le livetweet!

Ah, Twitter. Il y a presque un an, je m’y inscrivais avec un nombre pas négligeable de préjugés en tête mais après tout la tentation devenait trop forte§  Twitter c’est l’une des nombreuses tentations un peu irrationnelles auxquelles tu cèdes parce que tu vois tout le monde autour de toi faire la même chose sans que personne ne trouve ça chiant ou inutile… et tu commence à y passer un temps fou. Après tout, le processus est un peu le même pour chaque type de site communautaire, la première période est un espèce de processus de découverte grisant où tout semble merveilleux et révolutionnaire (avec du recul je sais même plus comment j’ai pu passer autant d’heures sur ces applis Facebook alakon – et je vois pas mal d’adultes un peu plus confirmés y écrire régulièrement des petites pensées de poètes maudits) puis on se lasse et on passe à une autre drogue de la toile. C’est le cyyyyycle de la viiiiie. 

Twitter, donc… il y a de cela un an, j’avais de grosses réticences à aller sur ce site qui semblait être le gros effet de mode du moment (ce qui n’aide jamais) le principe est simple, on se construit un compte et on y poste ce qu’on veut avec pour seule contrainte une limite d’espace de 140 caractères. Suffisant pour faire passer une idée, une impression bien laconique ou pour mettre un lien mais jamais assez pour réellement développer, c’est pas le but du site. Du coup je me disais qu’il n’y avait pas d’intérêt à en tirer, de peur qu’on ne puisse pas vraiment y lire quelque chose d’intéressant. Après mon inscription je me suis rendu compte que c’était une façon un peu idiote mais efficace de passer du temps et c’est rapidement devenu un réflexe quotidien. Y’a-t-il une utilisation plus judicieuse ou utile de Twitter? A vous de choisir votre gameplay : soit vous restez dans une optique très « Internet » et vous en profitez pour donner vos impressions immédiates sur tel ou tel trucs, soit vous restez dans cette autre visée très Internet et vous y racontez votre vie. Au premier degré, en Haïkus, enrobé de petites bêtises, etc. Y’en a qui se gênent pas de raconter leur coup d’un soir, héhé. Bien sûr, l’équilibrage est possible et ne dépends que de vous… mais rapidement apparaissent des petites mécaniques internes.

 Ce qui frappe en premier chez un compte c’est bien sûr ses CHIFFRES! Vous avez un nombre d’abonnés et un autre nombre de gens que vous suivez. Ce qui est dingue c’est que des tas de gens atteignent le statut de micro célébrités avec leur nombre hallucinant d’abonnés mais leur vie n’en devient pas plus passionnante « Je mange du TABOULAŸ ! » et on ne peux pas s’empêcher de les suivre parce qu’on se persuade du coté nécessaire de ces abonnements. Comprenez, ces chiffres font toujours leur petit effet, voire un compte avec X nombre d’abonnés a toujours un petit impact « omgwtfinfluence » et le but du jeu est de déterminer le pourquoi du charisme derrière le personnage. Souvent, ces utilisateurs sont des berserks du tweet, y passent une très grande partie de la journée et surtout interagissent beaucoup avec d’autres comptes. En gros, ils sont hypersociaux et très extravertis! Le système de Retweet peut faire des merveilles puisqu’en faisant partager à tout vos abonnés un compte qu’ils ne suivent pas, on peut tomber sur un bon plan, une bonne sortie à faire voire une offre d’emploi! Twitter est aussi un bon plan pour les diverses promotions et occasions de se tenir au courant des bons plans du moment. Si on tombe pas dans le MSN pur, c’est un moyen de communication rapide et accessible… et tout cet esprit lié au site! Si il vous reste de la place dans un tweet, vous pouvez laisser un mot clé, un « hashtag », idéal pour caser une ou deux conneries. Des fois ça créé des modes comme le fabuleux #jeudiconfession où tout le monde fait des #révélations #fracassantes. Sur la colonne de droite se trouvent les « modes », les hashtags les plus tapés à échelle internationale, de quoi connaître les micro-mèmes du moment. C’est un peu con, c’est plutot vain mais rien de méchant. 

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  De la même manière il est très probable que vous ayez entendu parler de Sens Critique… site communautaire qui serait encore inconnu sans Twitter d’ailleurs, tiens donc… mais à mon humble avis ce dernier est nettement moins réjouissant.

On le sent dès le titre, le site est voué à accueillir un public et une communauté un peu plus huppée et sensée que la moyenne, le site a très longtemps été en bêta test privée, sur Invitation d’un pair. J’ai eu la chance de tomber sur un code vers Juin et l’exploration du site, malgré cette habituelle euphorie des départs qui n’a pas duré plus d’une ou deux heures, n’avait rien de super bandant. L’objectif du site est un peu la concrétisation ultime du web et par extension de la blogosphère : juger, donner son avis, noter et évaluer tout ce qui vous passe par là main. Tout les domaines sont touchés : jeux vidéos, Bande Dessinée, Films… la rubrique musique est en passe d’être ouverte. Vous prenez des oeuvres au hasard, vous passez en revue votre collection et vous donnez une note en plus d’une critique développée, si vous vous sentez d’attaque (vous pouvez référencer un article de blog plus complet, c’est dire si le système est visé) c’est aussi simple que ça. Du coup vous obtenez une tripotée de chiffres sur vos notations, sur la répartition de vos « univers » (autrement dit vos préférences culturelles) mais aussi les badges. Système ô combien attrayant puisque rien de moins qu’un système simplifié de succès… votre page principale regroupe donc toutes ces informations, ces chiffres et le feed de vos éclaireurs. Les éclaireurs, se sont vos « amis », vos « abonnés »… bref les gens avec qui vous avez lié votre compte. Bien entendu, la procédure n’est pas nécessairement réciproque… et vous pouvez créer un certain nombre de listes, à titre informatif.

Le site est beau et pas mal fichu. Clair, épuré sans être basique, adoptant un design résolument sobre sans être moche du tout, il est esthétiquement impeccable. Le principal problème du truc c’est sa visée… un peu égoïste. J’entends par là que pour un site communautaire dont la première visée est le partage, le seul paramètre qui compte sont les notes et appréciations que vous mettez. Bien entendu, tout est fait pour mettre en valeur le travail d’autrui (système d’approbation des critique, opposition du négatif et du positif) et le partage de listes au contenu libre apporte un minsucule bonus… mais je doute qu’on soit vraiment sur Sens Critique pour lire le travail d’autrui! Honnêtement, le véritable objectif du site relève davantage de la constitution personnelle d’une base de données, voir jusqu’ou vous remontez dans votre mémoire, essayer de faire une énorme E-PILE DE CULTURE. En parlant de E-Pénis, l’un des gros trucs dérangeants avec Sens Critique ben c’est ses utilisateurs. C’est con à dire mais je trouve qu’on nage un peu dans l’e-foutre parce que tout le monde y fait tellement imploser son e-ego… déjà que sur Twitter se donner de l’importance est quelque chose d’assez facile (et visible. Désillusions et distance par rapport à la réalité à prévoir) autant je trouve que ce nouveau site hype est un incroyable rassemblement de kékés… et quand il y a de nouvelles vagues d’invitations, tout le monde est comme habité d’un pouvoir de folie, de faire rentrer la plèbe dans le petit club privé. Bref, « J’ai des invitations, j’ai le pouvoir, putes » est un comportement que je trouve un peu trop récurrent… ou alors je suis paranoïaque… bref Arez a eu la gentilesse de me redonner une clé pour mon annif où je me suis monté un deuxième compte… où je n’ai noté qu’un truc, fin de l’histoire. 

C’est paradoxal comme impression puisqu’une communeauté de qualité est synonyme de… qualité, à priori! Le genre de site où tout le monde fout des mèmes en avatar, dispose d’un sens de l’analyse aiguisé… mais là je trouve ça parfois limite péteux. Bon vous me direz « hopital, charité et caetera » mais retrouver les mêmes défauts exacerbés chez autrui… c’est chiant. Ca fait marchands de tapis, c’est fatiguant. Après ce n’est qu’une impression qui se dégage de la périphérie du site mais en lui même il est assez surprenant de constater que vous connaîtrez déjà beaucoup de pseudos dans les critiques d’oeuvres que vous aimez bien. Un bon indicateur… mais qui se soucie de l’avis des autres sur un site où on vient donner le sien? Je suis pas prêt de passer ma vie à regrouper mes collections, je les aies déjà sous les yeux! 

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  En fait, être 2.0 c’est avoir cette fascination des chiffres et avoir des tas de gens (inconnus de préférence) qui s’accrochent à vos divagations. Et si tout ça vous déprime, vous pouvez toujours jouer au nouvel opus de l’Impossible Quiz… mais si, vous savez, le meilleur moyen pour se retourner le cerveau comme on aime. Après deux excellentes premières éditions, cet anglais un peu barjo avait promis de ne pas récidiver… mais c’est fin Aout qu’il se contredit enfin pour sortir le premier chapitre du « Impossible Quiz Book », voué à être une grande trilogie. Le deuxième chapitre était sensé sortir quelques semaines plus tard… et c’est finalement après plus d’un an que le deuxième volet sort sur le grand Intraweb. Le Impossible Quiz, késsadire? Peut être la meilleure preuve de maîtrise en flash : Glenn, alias Splapp-Me-Do, est un membre de Deviant Art qui nous propose un QCM géant… mais les erreurs sont très limitées, il faut une compréhension (attention emphase) parfaite de l’Anglais car l’immense majorité des bonnes réponses impliquent une connaissances des jeux de mots et du vocabulaire urbain du british, à défaut d’une logique immensément tordue. Il faut vraiment penser comme le créateur – la bonne réponse n’est pas toujours l’une des quatre proposées, elle peut ne pas être sur l’écran… le souci c’est que de temps en temps, des bombes apparaissent sur des questions bien précises et un écoulement de cette dernière signifie un Game Over instantané. Ecran que vous allez voir un nombre stratosphérique de fois puisque le gameplay du Trials And Error va prévaloir… l’objectif va être d’être assez endurant pour tenter des choses et peut être voir une ou deux questions en plus. Quand il y en a plus d’une centaine les choses deviennent rapidement infernal… car le processus pour reconquérir le jeu à chaque fois est de plus en plus long. Le tout premier est très frustrant car on ne dispose que de trois vies… et le truc peux
sembler un peu moche et basique mais on sent déjà un certain putain de génie derrière ces mini-jeux et cette kilotonne de références et mêmes. La dernière question est un cauchemar vivant et rien que sa découverte vaut son pesant de cacahuètes gratuites. Il faut déjà y accéder, hein… maintenant que vous êtes familiarisés avec ce type de logique, le deuxième opus est fait pour vous (il m’a accessoirement fait découvrir deux groupes dont je suis aujourd’hui dingue, d’ailleurs) – plus joli, mieux fait, plus varié… et un peu plus laxiste. Cinq vies cette fois, apparition d’un powerup qui éteint les bombes, le flash est encore plus maîtrisé et le truc se targue d’être encore plus imaginatif. Je me souviendrais toujours de cette nuit blanche à décoder le truc à sa sortie… et les vingt dernières questions ressemblent plus à un Wario Ware Hardcore qu’à un quiz, mais bon…

  C’est donc en 2009 que sort le premier chapitre du Impossible Quiz Book. Cette fois, il y a un scénario derrière! Cinquante questions un poil plus banales, le truc se termine « facilement » (oui à ce stade ça en devient facile, la difficulté reste pharaonesque pour le mec qui découvre ça) et l’apparition récente du deuxième chapitre me fait devenir encore plus fanboy du créateur puisque ces cinquante nouvelles questions sont cette fois un hommage au jeu vidéo et à leur histoire. Chaque dizaine représente une « époque », conclue par un mini jeu (Pong, Pac Man, Combat Pokémon…) et les questions sont toujours aussi peu intuitives et putassières. A ce stade on pourrait commencer à deviner par avance quelles sont les mécaniques tordues à avoir pour répondre mais non, le bougre trouve des procédés toujours plus sadiques. Je dois ajouter que le style graphique du mec est génial (ça fait longtemps que j’hésite à me prendre une de ses créations sur DA en poster, d’ailleurs) et qu’il dispose d’un véritable univers, barré à souhait, qui se nourrit de ses propres références.

  Tout ça est bien sûr gratuit. QUATRE morceaux de PUR génie, de frustration, de création intense et de concentré mémétique – pour que dalle. C’est pas mal quand même, j’étais tombé sur un jeu XBLA à un euro qui s’appellait The Impossible Game et c’était juste un carré à la con qui doit sauter au bon moment, sur un unique niveau. La différence de niveau, justement, rentre dans le domaine de l’abstrait…

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Du buzz au clash

Bonjour! Je suis Troy MacLure et aujourd’hui nous allons passer en revue le film le plus hilarant de tout les temps! Pouêt!


vlcsnap-2010-09-23-22h33m12s168.pngJe suis certain que vous connaissez votre petit Ghibli illustré sur le bout des doigts : Le Tombeau des Lucioles est un film d’animation dirigé par Isajo Takahata, le nom numéro deux du studio, sortie japonaise en 1988. 22 ans, c’est loin et vous connaissez peut être mieux de nom le Chateau dans le Ciel ou Pompoko. Je formule cette phrase comme si The Grave Of The Fireflies était un film un peu plus obscur que la moyenne du studio mais force est de constater qu’il est plutôt connu… pour être un film à se tirer une balle. Vous connaissez le slogan de Don Bluth? « On peut faire tout subir à un gosse du moment qu’on lui met un happy end à la fin » – pendant ce ce temps, une personne sur MyAnimeList cite « L’essence de l’amour, c’est de regarder quelqu’un mourir » – oui, dans un sens, ces deux phrases sont plus ou moins pertinentes… mais pas tant que ça…

Le film est très connu et son « issue » l’est tout autant, c’est l’un des spoilers les plus inévitables de l’animation mais par respect pour le sens commun, j’éviterais de toucher au but aussi directement. De toute façon, le film ne se regarde pas pour son déroulement dramatique. De là à dire que c’est un documentaire, une oeuvre à regarder pour sa portée historique? Ca se nuance fort – il est juste certain que ce film est une oeuvre très personnelle. Si on remonte l’acheminement de la fiction, le Tombeau… est une adaptation d’une nouvelle publiée par A. Nosaka en 1967 – récit autobiographique dont l’action se focalise sur sa survie et celle de sa petite soeur dans le Japon vaincu et bombardé en fin de guerre. Le film Ghibli adapté reprends les très grosses lignes du roman et en modifie certains faits – qui tiennent plus du procédé cathartique qu’autre chose, je tease – et donc le film dispose d’une certaine aura. Non pas pour sa qualité (qui n’est pas à remettre en cause pour autant, ça reste un film GHIBLI §) mais plutot pour son incroyable capacité à rendre son spectateur immédiatement dépressif. Je n’ai jamais eu la chance de tomber dessus et je me suis dit qu’il était temps de se faire définitivement une idée. Surprise : je n’ai pas versé une larmichette parce que curieusement, je m’attendais à l’inverse et à une débauche lacrymale! Pour préciser, je pense qu’on est juste trop « . » pour faire fonctionner ses glandes locales. Foncièrement, des séquences plus tristes, j’en ai vu plein. Là on est plus dans le bon gros coup de poing dans le ventre qui te laisse sans mot, les tropers appellent ça le « Wham », la « Réplique Wham », « l’Episode Wham » … etc. Des fictions où tu as juste envie de pleurer des litres tant les persos souffrent c’est plutôt dans l’ordre de Six Feet Under à ses épisodes-déprime ou ce connard de Petit Dinosaure qui réussit son coup à chaque fois! Petit Pied, lui, est disparu et atomisé il y a des trilliards d’années, je doute qu’un bipède à la capacité crânienne telle était capable d’exprimer des émotions et le personnage n’existant tout simplement pas (à moins que Don Bluth soit DIEU. Un Dieu qui a subi le seasonal rot des années 90, comme tout le monde) alors pour une adaptation autobiographique ou tout le monde prends aussi cher, ne pas verser la moindre larme c’est peut être un peu injuste. J’avais pas la main dans le slip non plus, certains passages te laissent un peu « fblblblblb » mais non, pas de concrétisation. Amusez vous à résister aussi, ou faites en un jeu à boire!


vlcsnap-2010-09-23-22h33m55s88.pngNous sommes précipités aux environs de Kobe en l’an de grâce 1945, les nippons sont en guerre et les gros soucis se concrétisent sérieusement, au père absent parti sur la flotte s’ajoutent les bombardiers qui saupoudrent le village de Seita et de Setsuko, sa petite soeur. Ils fuient, perdent leur mère de vue, vont trouver une alternative en la personne d’une tante éloignée qui fera de plus en plus sentir qu’elle n’a pas super envie d’avoir deux bouches en plus à nourrir en temps de guerre et c’est sous un coup de tête que Seita décide de se débrouiller seul. Bonne idée? Pas terrible.

 Le truc c’est qu’en une petite heure et demi de film je viens de vous résumer la moitié… et dans ces cinq lignes figurent au complet toutes les unités de lieux, de temps et de personnages du drame. L’essentiel n’étant pas vraiment de savoir ce qu’il va se passer mais comment. Je vais pas vous le cacher, la toute première scène fait apparaître un Seita qui annonce cash hop hop hop badaboum « nous sommes le X Juillet 1945, le jour où je suis mort… » et scène de la-dite agonie, juste après. Ces apparitions ponctuent quelques passages clés, les différents « checkpoints » du duo, de la tante-grognasse à l’abri sous terre (youpi-symbolisme)

Le machin est donc vaguement hétérodiégétique… mais pas vraiment… et on ne dispose pas d’une réelle omniscience dans le récit. La timeline est pas si chamboulée que ça, deux trois aller-retours qui ne font qu’annoncer le futur très proche. Disons qu’on vous implante des idées, comme ça, à vous de les accepter ou pas. Alors si dans l’absolu Le Tombeau des Lucioles s’approche de Tokyo Magnitude sur pas mal de plans, on pourrait dire que c’est l’antithèse totale d’Inglorious Basterds. Même époque mais faits historiques, front différents, traitement radicalement opposé et… happy end très discutable. En fait il reste pas grand chose de happy : le début est pas super happy, le milieu manque un peu d’enthousiasme et la fin est joyeuse comme un bon épisode de Skins. Grossolollo le film repousse un peu plus les limites à chaque fois, ça ne s’arrange jamais. Disons, de façon plus pragmatique, qu’on a droit à quelques scènes d’espoir, des petites pépites bucoliques où on chante la vie, où on danse la vie, où on n’est qu’amour pour mieux avoir le palpitant bien embroché par le tournevis de la fiction (cette phrase est démentiellement surjouée ahah) il va donc falloir s’accrocher car non, rien ne s’arrange, jamais, it got worse, encore encore encore. Là aussi une histoire d’acceptation : les signes sont là, évidents, ils empirent… et déchéance. Joli tableau, petite bulle d’air frais, tu crois que c’est fini? NAN VAZI, UNE DERNIERE POUR LA ROUTE. Préparez vous à un petit ascenseur émotionnel, au parcours prédifini. Bah ouais, je fais semblant de pas spoiler mais on sait tous ce qu’il s’y passe dans ce film hein.

 D’ailleurs, ce film vieillit plutôt bien. Il a vingt deux ans, âge vénérable mais pas fataliste où l’animation et les dessins restent dans une espèce de bulle figée et qui concerne la décennie passée et à venir – après j’ai pas eu la chance de voir ça en qualité DVD mais ce n’est pas trop le point d’amorce ici. Ca passe toujours bien, disons… bien sûr tout cela aurait été plus visible avec un point de vue actuel… de fin des années 80 mais là s’aurait vraiment été une MEGA RELECTURE de l’histoire façon Battle Royale et Battle Royale est un manga moche à en pleurer, d’où le non rapport! La musique n’est pas non plus sensée « accompagner » le film, elle fait donc son boulot avec brio et illustre bien les séquences les plus intenses. C’est tout ce qu’il y a à dire techniquement, ni le propos du film ni le studio du film ne sont là pour poser…
vlcsnap-2010-09-23-22h35m15s59.pngL’une des grandes frustrations du spectateur devant Le Tombeau des Lucioles, c’est le fait de voir un mec s’enterrer tout seul, quasi littéralement. Ce film étant la chronique d’une des pires galères qu’un gosse et sa petite soeur peuvent endurer, les séquences de ce qui seraient anachroniquement un road movie s’enchaînent plutôt bien mais Seita à une fâcheuse tendance à accélérer les choses. Le mot clé qui revient dans la plupart des review du film est la fierté. C’est un tout petit moment d’orgueil, aidé par une tante un peu abrasive (« Ho tu m’apprends une nouvelle atroce? Ca alors. Ca va me coûter quelque chose? ») qui va sceller la catastrophe finale qu’est Setsuko et Seita versus la terre entière. Qui est le méchant dans l’histoire? Les yankees? Ils sont jamais directement mentionnés je crois, ce n’est qu’un point de vue posé de personne qui subit la guerre, pas ses auteurs. Les autres japonais? Oui et non, ils n’ont pas tous un comportement légitime mais c’est en temps de guerre. Impossible de savoir si une action est légitime ou pas. La guerre, elle même? Ben… le seul bad guy de ce film c’est juste une très mauvaise décision. De là à dire que c’est tout un apanage du comportement typique japonais, allez savoir, je spécule! Surtout que tout est fait pour rendre les choses légères, avec distance. C’est une grande réussite du film : on se met à hauteur d’enfant. Super débrouillard, certes, mais il y a la distance et le recul liés – il y a ce petit je ne sais quoi, cet émerveillement tout enfantin qui fait chaud au coeur… ce qui est assez paradoxal puisque durant tout le film, Seita à presque pour unique objectif de montrer qu’il endure ça comme le premier des hommes virils et ça ne manque jamais de lui retomber sur la face avec amour! Son imagerie post-décès est en tenue militaire? Ah, la fierté de la nation… bref un balancement assez étrange. Un point de vue japonais? Rah, impossible, aporie sur ce coup là mes amis. Juste l’histoire d’un homme et de sa relation avec sa petite soeur, des petits épisodes de vie quotidienne, de fantasmes et de rêves qui s’écroulent grassement. La métaphore avec la luciole est sur-appuyée : c’est joli, c’est contemplatif, deux minutes plus tard ça s’éteint et ça s’écroule discrètement sans rien demander à personne. Setsuko en fait une petite tombe, grand moment d’émotion. C’est même pas de la métaphore, c’est carrément de la divination…

Je recommande. Cette phrase est un peu déplacée, je m’attendais à un peu plus bouleversant mais c’est aussi une belle histoire et une porte ouverte vers la compréhension d’un certain trauma. Installez vous posément, seul ou à plusieurs, et restez stoïques. Cascade!

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Ce n’est pas une fatalité

C’est bientôt le festiblog, owi!

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 Le pattern est toujours le même : par écrit je fait très majoritairement la promotion des trucs que j’aime bien, par oral j’aime me défouler sur les trucs qui me grattent derrière l’oreille avec le petit ton pédant que vous connaissez bien. Aujourd’hui on va en faire une variation : on va promouvoir le cool par le un peu plus bof – j’ai un peu tendance à tourner en rond sur l’une de mes « cibles » privilégiées, les blogs bayday. Enfin, certains blogs, pas des pages cibles en particulier mais plutôt une nouvelle vague, une espèce de tendance qui corrobore le contenu et les plate-formes. Ca fait déjà un bail que j’avais pondu un post qui alignait mon point de vue sur les différences de gameplay entre ces classes mais c’était encore pas super qualitativement et de toute façon personne de visé lisait le bazar alors je me suis dit qu’il aurait pu être super marrant d’actualiser un peu tout ça… puis de mettre en valeur quelques blogs bayday du feu de Dieu dont vous vous devez de rencontrer les auteurs dans les festivals de ce genre.

 Avant toute chose, faut pas énormément généraliser non plus sur ce que je vais écrire. Des bédéistes, j’en connais quelques uns, ils m’ont fait des dédicaces de oufzorsarace et j’ai passé de bonnes soirées avec eux à bien rigoler auteur d’une chopine… non pas que je ciblais mes conquêtes mais c’était toujours dans une optique de découvrir du monde. Depuis, j’apprécie beaucoup moins le travail de certains, ça ne change pas le fait qu’en aucun cas je les juge personnellement! Loin de moi l’idée de prendre une posture inquisitrice ou de grand-tout Munchausen mais… vous vous reconnaîtrez peut être dans ces petits ou gros trucs qui m’énerve sur le blog dessiné. C’est mixé et variable, pas nécessairement justifié mais ce sont des trucs qui me font tapoter l’aile du nez (parce qu’on ne pas se gratter trois oreilles à la fois)

 – Déjà commençons par mon type préféré, le « instant rimshot » : dans l’autre post j’établissais une sorte d’injustice entre le travail des bédéistes et des autres. J’avoue c’est un peu de mauvaise foi puisqu’on fait tous ça pour le fun ou en vue de faire la même chose professionnellement (sauf pour ceux qui éditent en faisant en plus du khakha, voir plus bas) mais foutrecul y’en a certains qui sont bien trop populaires pour les bouses qu’ils publient. Moi même j’ai pas de leçon à donner, je suis incapable de dessiner, purement et simplement et des gens ont réussi plus figuratif que moi et encore ils tenaient leur crayon par l’oreille droite mais wow parfois tu as l’impression qu’il suffit d’ouvrir un blog, d’y faire un perso aux bras mous qui nous narre la dernière anecdote passionnante de sa vie tout aussi passionnante et PAF! Il se fait un compte facebook et a une centaine de fans immédiatement. C’est pas énorme, je vous l’avoue mais c’est TROP. Je surkiffais le post de Kek avec le syndrome de la prof qui tiens un blog crétin bourré de prof, c’est un peu le même type mais en plus jeune… D’une manière générale, l’auteur derrière est pas brillant et les fans le sont encore moins (enfin c’est une impression qui se dégage dans leurs commentaires, en tout cas) – et vous connaissez probablement les poncifs du genre : la nana marginale qui s’habille en gothic lolita et qui vit dans son monde baroque juché de candélabres et de dents pointues (doublé d’un fantastique manque de goût vestimentaire IRL mais ça doit être une histoire de compression du cerveau) – la nana punkette qui s’oppose à tout mais pas à l’air décérébré (et je pense pas à Cha que j’aime bien. Même si elle dessine pas les nez, c’est perturbant) – la nana marginalo-punkette qui arrive même pas à s’exprimer puisque son gribouilli paint illisible, imprimé PUIS photographié ne veut rien dire etc etc. Et toujours une tonne de gens pour trouver ça « trop bien ». J’implose de jalousie – j’estime pas écrire le meilleur site de la toile mais elles, elles, sont méga surestimées. Non y’a jamais de mec derrière ce genre de blog, vérifiez, ça n’existe juste pas. 

 Ça c’est pour les inconnus mais les « grands pontes » ne font pas nécessairement dans le passionnant non plus : quand j’entre dans un Album, j’ai toujours la même phrase de vieux con « Haaaan lui il a fait un album avec son blog, je vais lui envoyer le sida par mail » parce que ouais, parfois c’est un tout petit peu injustice. Des gens sortent du matériel top qualité et le méritent pour faire connaître le genre mais parfois wouf malaise. Z’allez me prendre pour un mec à la misogynie mal placée mais là aussi c’est une question de blog girly – admettons que le blog soit l’art du quotidien – d’accord, mais comment faire du vide avec du vide? En faisant un ceeeeercle de transmutaaaatiooooon? (Phrase à lire en faisant des vagues avec ses bras) parce que les Bénélopes Pagieux et consort, franchement, sérieux, hein? Ouais. Pas possible. Ca ne mérite pas d’être édité. C’est comme les reprises 2010 de Michel Sardou : ce n’est pas légitime. Et même les grands auteurs au masculin sortent des adaptation papier douteuses! Avec tout le respect que j’ai pour Lewis Trondheim, un achat d’un de ses Petits Riens m’a laissé méga perplexe, j’avais sous estimé la puissance du titre. D’accord, on peut rendre n’importe quoi rigolo mais même chose, ce n’est jamais drôle, ni profond, juste méga anecdotique. Des tas de scénarios rendent un rien très drôle mais là c’est juste pas le cas, /kickban. Encore et toujours, c’est une question de mérite qui prédomine, là c’est juste le beau dessin et l’aura qui valent… mmf. Bon le jour où je vois un bouquin de la catégorie de paragraphe précédent, là je ferais un grand rituel vaudou. Quelqu’un a hurlé « Malikiii » dans le fond, pff cette mavaise foi.

Le contenu. J’aime bien diviser la sphère bayday en trois catégorie de popularité : les grosses légumes, les assez influents et ce parterre parfois un peu gênant (y’a bien les autres mais on les connaît même pas, hé, du coup) et là on est dans une problématique qui concerne surtout le milieu. Ce n’est pas… toujours drôle. Ni intéressant. Juste un coup de crayon qui sait plaire et qui attire des stalkers (sur certain blogs y’a des maboules qui draguent subtilement les auteurs derrière c’est parfois assez pathétique) et parfois y’a un tout petit petit minuscule problème de vulgarité. Alors oui, vision d’artiste tout ça, je suis artiste je suis différent aimez moi, regardez je vais faire une fresque avec mes règles pour montrer au peuple mon coté sordide, comprenez, le cliché sur pattes vit dans son monde, est à la marge de tout, n’aime rien mais aime bien montrer sa bite à la face du monde. Surprise les gars, vous nous mettez mal à l’aise avec votre manque de pudeur. C’est parfois pris en compte mais wow, je suis tombé sur des strips hallucinants de racontage de vie. Raconter sa vie, c’est un peu le but du jeu d’un blog et tout le monde le fait mais subtilement. Là c’est juste… trop privé. Trop, trop, trop, TROP FOUTU DE PRIVE. De la pudeur les gens, de la PUDEUR. Certains ont l’air tellement libidineux qu’on peut même pas croire qu’ils aient vu le loup et d’autres accusent du syndrome Knock Knock : aligner des trucs tellement hallucinants de vie privée qu’on sait plus sur quel degré le prendre. Bien sûr qu’un blog peut être cathartique! Dans la limite du raisonnable et de la fréquence quoi! Après, il faut avoir des amis pour en parler hein! Je ne comprendrais jamais, jamais la fierté qu’ont certains internautes à passer ou à carrément s’avouer psychotiques, autistes etc. Meuh non. Vous manquez juste terriblement d’attention. Tenez, deux euros!

 « Mes lecteurs sont des zombies » : Je suis parfois juste étonné de l’influence que peut avoir un bloggeur bédé. Ce n’est pas totalement exclusif au genre mais… les meilleurs exemples viennent probablement de là. Certaines célébrités font faire des trucs hallucinant à leur lectorat et il y a toujours une histoire d’argent dans le lot, je pense notamment à ceux qui font des carnets de croquis et qui les vendent au plus offrant. Dans le concept, ben ouais pourquoi pas… mais des acheteurs qui montent dans des sommes à twois poutain de chiffwes. Sans que le premier soit un 1 ou un 2. Tenez, j’ai déjà érigé un bûché en kapla pour rendre justice : un-dessin-ne-vaut-pas-un-tiers-de-smic. Les-bloggeurs-ne-sont-pas-Jésus. Laurel-n’est-pas-morte-pour-vos-péchés. Répétez après moi : je ne m’investirais pas financièrement pour un gus dont j’aime lire les conneries sur Internet.

Puis il y a Maliki. Bon alors vous connaissez mon parcours, j’ai eu une année juriste et on nous a gavé avec le souci d’identité et le point de vue légal sur la transsexualité mais là c’est juste une histoire de personnage à gros nichons avec un mec derrière et des chats partout avec des ficelles mangffwwiiiiishhhhffffffffff ****
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Rock and roll angel bring that hard rock Halleluyah haaaaaa haaaaa

—– **** ffffffffet c’est pourquoi des milliers de canards en meurent chaque jour. Vous n’avez rien contre les canards, non?

 MAIS HEUREUSEMENT!

 Ce n’est que moi qui ne sait pas se focaliser sur autre chose que les mêmes réflexes chiant. C’est que moi qui revient toujours sur les mêmes idioties de pages pour le plaisir de râler dessus. Croyez-y mes frères, il existe une vague de blog bédé intouchable, qui pourrait même exploiter plus ou moins les poncifs que je viens
d’énumérer, mais que eux le font avec une infinie sagesse et intelligence, concept qui manque cruellement aux autres. C’est eux qui vous procure ces tendres moments de bonheur où vous les découvrez hilare pour parcourir leur historique en une nuit avant un avalage total de blog. Ceux là sont les incroyables Gad, Boulet, Kek et Monsieur le Chien. Entre autres mais c’est déjà un joli panel qui envoie du bois. 

 Prenez Boulet par exemple, la mégastar Parisienne du genre. On peut en dire tout ce qu’on veut, ce succès est franchement mérité, je suis content de posséder ces « Notes » que j’aime bien relire (et les bouquins sentent bons. Si si) et le support blog est hilarant. Au delà du dessin impeccable il y a cette vraie sublimation du quotidien : il pense au petits trucs qui nous viendraient tous en tête mais il le retranscrit tellement bien, avec cet art de l’exemple, de l’exécution, du gag… et ce vocabulaire verbeux que j’aime bien. Le BouletCorp est aussi un blog de longue durée et la quantité de trucs à y lire est impressionnante… enfin pas la peine de faire l’éloge d’un truc dont vous connaissez tout hein. Kek n’est pas très différent… lui n’a pas autant étudié le coup de crayon mais qu’est-ce qu’on s’en fout! J’étais à fond dans le personnage dans cette sombre époque qu’était mon bac, fan absolu de ces jeux chiants et de cette affinité années 80 qui… n’est plus si loin içi, finalement. Le truc était toujours drôle, les mini-jeux sympas et bien foutus et les side-projetcs valaient le coup d’oeil : je me suis relu Les Années Collège et j’ai ri un bon coup. Ahlala.

Gad et son héros Ultimex valent aussi le coup d’oeil, hahahoho. C’est super violent? Pas grave, c’est jouissif! C’est vulgaire? Non, c’est sophistiqué. Et drôle de sucroit, vraiment drole. Là aussi le dessin est super minimaliste mais je kiffe Steve et son immémoriale banane. Niveau humour absurde on en a pour son non-argent et il m’a fait la meilleure dédicace du monde. Que du bonheur complété par la découverte récente de monsieur le chien, appuyé par un lobiste otaque proche. Bon, c’est vrai qu’il est un peu poujadiste et uuuuuun peu moche mais nom de zguegue qu’est-ce qu’il est fort ce mec. MEME QUAND IL FAIT DU DRAMA C’EST AVEC TALENT ET INTELLIGENCE. Je suis très fortement fan et le dessin et génial aussi. Niveau intelligence de dialogue je trouve pas mieux et y’a ce coté tellement aléatoire, dans le sens génial du terme. Ses planches sont juste trop courtes, je voudrais pouvoir descendre mon trackpad un peu plus souvent pour retrouver ces personnages débiles et ce coté complètement cynique assumé (mais ce gars a tellement bon fond, ça se voit depuis l’espace.) je suis extrêmement jaloux de son imagination fertile (comment faire un pense bête après un cancer des testicules? Hé ben) et de cet humour qui appartient à l’élite du MONDE. Faut dire que le personnage est fascinant : aimant ses gosses et sa femme une fois sur deux, mec à la fois génial et coincé dans un costume plébéin, fétichiste des pieds, créateur d’une nation phallique imaginaire… et ouais, y’a même les runnings gags qui confirment la qualité du truc. Monsieur le Chien, je vous admire fort fort fort. God save you et votre rataflüp descendance.

On se rendras compte de la morale-surprise du post : les blogs bédés, c’est tellement mieux quand c’est un mec qui le fait. Muhuhuhuhuhu 

 Post Scriptum : ajout d’un module Twitter pour parfaire totalement le coté hypo-paradoxal du post. Besoin d’un petit avis là dessus : ça rends pas la page trop chiante à charger pour vous? J’aimerais savoir ce que vous en pensez parce que j’aimerais rajouter un dernier petit module qui n’a rien d’indispensable.

Pps : « Un blog de prof bourrés de profs. » C’est tellement superbe, je le laisse tel quel. Faut moufter les gens si vous voyez des énormités pareilles, plus j’ai honte sur le moment plus je relis après!

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Frag facile

« Prendre un fusil à pompe et aller exploser la cervelle des gens, c’est pas bien » nous disaient déjà les comptines de notre enfance, soucieuses de notre bien être et de notre éducation. Hélas, trois fois hélas, en tant que petits gnomes déjà victoriens et soucieux de tout transgresser, nous avons tous eu notre liste de victimes (message à la police : vous ne me trouverez jamais! JAMAIS! HAHA)

Heureusement les jeux vidéos sont apparus magiquement pour sauver notre vie – une fois de plus – et calmer certaines pulsions. Le FPS que ça s’appelle, le First Person Shooter. Un peu le genre qui a ressuscité cette croyance des années 70 qui disaient que les jeux de rôles rendaient maboules et qui fait qu’aujourd’hui, jouer à GTA équivaut, dès le lâcher de manette, à aller prendre le volant sans permis pour écraser des grand mères (bon – OK, c’est un acte qui reste légitime et ce retour de cycle a lui aussi dix ans, ce qui nous laisse en fait en plein creux de la vague pas ne vous en faites pas, Nadine veille au grain)

 Et c’est faux. Oui, FAUX.

Le joueur intelligent, lui, n’en a rien à battre du FPS, de base. Et comme je me sens pas concerné par les FPS, ça fait de moi un joueur intelligent. Implacable!

Tristesse!

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Non bon c’est vrai, j’ai toujours été un espèce de baba cool qui trouvait déjà Yoshi’s Story un peu borderline dans son propos alors les FPS, pensez.Peut être que ce manque d’appétence au genre vient probablement d’un manque d’expérience… combiné à un certain nombre de mauvaises expériences, justement. La sortie toute fraîche et moulue d’Halo Reach m’a fait souvenir que j’avais toujours voulu dresser un petit bilan du genre et du peu de regard que j’avais dessus, puis par extension d’expliquer un minimum pourquoi l’emballement n’as jamais atteint des niveaux ni cochons. Tain je sais pas ce que j’ai mangé aujourd’hui, mais un jour viendras nous nous lancerons tous dans une semaine thématique « Petrif‘ » et nous feront tous plein de vannes glacées, sophistiquées et des jeux de mots à la Devos, oh la la comme je fourmille d’impatience.

 Ce non plaisir assez tellurique commence en une sombre journée, quelque part dans la fin des années 90. Je termine mon primaire et mes premières armes vidéoludiques sont déjà loin. Voilà t’y pas que je vais chez un copain pour jouer à la 64 (sans qui je n’aurais jamais découvert Pokémon Stadium! Ou Mario Party! Fin du monde) et revoilà t’y pas que sa mère, cette sainte, nous emmène à la salle de jeux en réseaux du coin. Chouette! Avec des yeux brillants et rempli de sucres d’orges je m’imaginais ça comme un lieu de partage, d’échange d’anecdotes de guerre, tout ça. Le lieu même était plutôt rassurant : exigu mais bien éclairé, casque individuel et tout le tralala. Toute une brigade de gamers est déjà là, ils n’ont pas l’air mort de faim comme les djeun’s qu’on voit dans les cybercafés de nos jours – bref tout ça s’annonce bien… jusqu’à ce que je me rende compte que j’avais toujours négligé le jeu en lui même, bien évidemment Counter Strike.

Draaaame! Draaaaame! Je peux concevoir l’immense popularité du truc mais la jeunesse FPS des années 2000 est strictement la même que celle d’aujourd’hui – très fermée sur elle même. Idem pour les MMORPGS, tu es sensé avoir la science infuse pour tes premiers donjons et la phase d’apprentissage risque d’être un peu douloureuse car elle passera nécessairement par des tonnes d’erreurs passible de peine capitale pour le joueur aguerri (le premier partage du butin est toujours un grand moment) et pas de bol, curieusement les premières impressions correspondent à cette phase d’apprentissage. Ok, ok, vous me dites qu’un FPS et l’art du frag sont censées être innées, de là a ne pas être aidé du tout – ne serait ce que dans la connection au serveur local, aux règles établies et non-dites, aux commandes… tu dois tout apprendre sur le tas – tu dois comprendre toi même pourquoi telle arme semble préfigurer sur une autre, tu dois reconnaître ton ennemi pour éviter le friendly fire (n’oublions pas qu’on joue côte à côte d’où réaction immédiate) etc etc. C’est une affaire d’expérience mais l’autre joueur en lui même n’est jamais vraiment … supportable. Souvent très très investi dans le bazar, parfois un peu bipolaire dans ses objectifs de jeu (jouer bien et jouer efficacement sont deux concepts diamétralement opposés) et jamais foncièrement aimable. Tu es sur son territoire, tu merdes, tu payes et tu est banni du salloon! Il faut apprendre les règles, piger le langage local, respecter l’usage, les us et coutumes – bref après quelques parties je suis plutot allé découvrir un peu le deuxième Age Of Empire et construit des Forums et des casernes. La gestion y’a qu’ça de vrai ma bonne dame! 

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Ah n’importe quoi les textes, comme le jeu

 Bon personne n’est trisomique au point de ne pas savoir se déplacer, viser et tirer. Loin de moi l’idée de totalement m’émanciper au genre et le karma m’aidait tout seul dans cette tentative de reconversion puisqu’Exen était fourni avec une 64 tombée du camion. Il est très probable que ça ne dise rien à personne mais ce Doom Like avait la particularité d’avoir un scénario incompréhensible et des graphismes… atroces! La pixellisation et le clipping a son meilleur mais je dois avouer que ça avait un certain fun. L’objectif était très vague, avancer au gré de terres damnées d’héroïc fantasy et se taper le boss final, en gros. Il y avait de bonnes idées, le fait de choisir sa classe et son équilibre Energie/Mana/Puissance de feu et surtout le fait d’avoir de nouvelles armes au fil du jeu – grosse jouissance. Le principal, l’énorme, le MAJOR souci du truc était son imprécision totale, pas dans les tirs hein, bien dans la progression. Après le niveau introductif, vous vous baladez successivement dans trois ou quatre ubs successifs où sont rattachés une demi douzaine de niveaux à chaque fois. Il faut donc effectuer une action précise (buter tout le monde, actionner un levier, les deux) pour pouvoir ouvrir une porte et se rendre dans un souci niveau – y faire quelque chose, revenir au hub et faire des allers retours entre ce qui sont parfois les deux parties du même en mode « miroir » – ajoutez à celui une dimension bien labyrinthique au truc et un mode plan pas intuitif du tout, vous obtenez une grosse frustration bien grasse et handicapante. Le jeu ne te dis jamais ce qu’il faut faire, je me souviens n’avoir vu que le troisième hub une fois… et encore, je ne sais plus comment j’avais atteint le deuxième puisque je n’avais jamais réussi à reproduire la manoeuvre, non sauvegarde aidant. Enfin si je pense que j’ai miraculeusement réussi à sauvegarder une fois mais je n’ai pas non plus réussi à réitérer la manoeuvre. Bref… Ce jeu était chaotique. Pour sortir du premier niveau, il fallait aller taper sur la cloche de l’autre coté, le gong provoquant l’apparition du téléporteur final – très bien mais quel rapport? Comment savoir ce que déclenche un interrupteur, dans des niveaux qui ont tous la même tronche? Impossible de savoir et c’était même pas une question de gameplay « meurs et réessaie » puisque le jeu avait quand même une « mémoire immédiate », une mémoire vive qui faisait que tout les ex machinas étaient définitivement enclenchés, du moment que tu éteint pas le bazar. Dans des jeux un peu plus « basiques » à la mini jeu Adi, tu dois buter les monstres, aller à la fin du niveau et passer au travers de la difficulté dangereusement grandissante, normal. C’est bien trop tard que j’ai découvert l’existence de codes… heureusement il y avait le mode coopération en
split screen, bien agréable, de bons souvenirs.

 Le coopératif est une notion qui reste relativement absente des FPS si on reste dans ce cadre temporel. Dans le meilleur des cas on constituait des équipes qui s’opposaient mais les exemples qui allient tout les joueurs contre le jeu principal… pas évident. En termes de pur classique et toujours sur 64, GoldenEye reste mon petit jeu fétiche. Le multi d’une part : simple, efficace, a lancé les conventions pour la suite! Le mode solo était, quand à lui, bien plus travaillé et intuitif. Quand bien même tout était en anglais, le choix de mode de difficulté était une excellente excuse à la redécouverte des niveaux (toujours très vastes d’ailleurs) et même si on retrouve cette indécision totale dans l’exécution des objectifs, le tout était assez intuitif sans qu’on nous prenne vraiment par la main. Là, d’accord, je dois admettre qu’il y avait un certain fun derrière ce jeu mais le jeu solo tire peut être mieux son épingle du jeu, à coté il y avait déjà Mario Kart et consorts… puis intervient Perfect Dark.  THAT OTHER GAME.

 Le drame avec Perferct Dark c’est que je suis passé totalement à coté à l’époque puis contextuellement avec sa ressortie XBox Live. Le jeu écopait d’un statut quasi divin et d’une fanbase qui savait étaler les bons arguments que pouvait offrir le truc. Banco : achat direct pour ratrapper les choses et voir ce qu’il en est. Les aminches, la sanction est irrévocable : j’ai trouvé ça vraiment chiant, une fois fini y’avait très peu de risques que j’y revienne. Le jeu est concrètement bon pour l’époque, d’accord, c’est difficile à contester. Mais avec le recul… j’ai l’impression d’avoir perdu de l’argent sur un espèce de gros navet sci-fi avec son intrigue extraterrestre et son alien (nommé Elivs! Qui porte un bermuda Stars & Stripes! Derp derp) – on prends le modèle de Golden Eye, on rajoute des petits bonus sympa (l’entraînement de maniement aux armes est une excellente idée, soit) et on rajoute une campagne calquée sur le même niveau de difficulté. En jouant à ce jeu, j’avais l’impression de mater une saison récente de 24 : j’entamais un niveau dans le seul espoir de le terminer pour justifier l’achat du truc. Le jeu est cette fois traduit mais on retrouve cet atroce sentiment d’être lâché dans la nature sans avoir aucune idée de ce qu’il faut faire. A d’assez nombreuses reprises j’ai du m’aider d’un guide sur internet… pour passer le simple mode agent! On retrouve cet incroyable manque d’intuitivité criant dans certaines séquences : ce cube explosif et flottant est une horreur, l’ordre des trucs à faire dans l’Alaska est un peu nébuleux, l’emphase n’est pas toujours mise sur les éléments nécessaires à la progression et les checkpoints ne sont pas génialement répartis. Ol, les checkpoints sont les niveaux eux même, les deux jeux sont clairement fragmentés à la différence d’Hexen mais il est frustrant d’être bloqué et de tourner en rond dans des halls vides sans savoir quoi faire. Par dépit… tu fait Hara-Kiri dans l’espoir de redécouvrir un élément manquant.

Je passe mon tour sur le scénario hein, mettre en cause cet élément du jeu ce serait un peu remettre en question toute son identité mais oui, je trouve ça assez inapproprié. Encore une fois d’accord, c’est un bon prétexte pour avoir des armes originales… bon. Gros ennui sur le truc tout de même.

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  Master Chief veut vous faire un CALIN.

 Heureusement qu’il y a Halo et son mode multijoueurs en ligne! Techniquement, le fossé est gigantesque – dommage qu’on ne puisse pas toujours regarde ce qu’il se passe à l’écran – on peut définitivement dire adieu aux personnages carrés qui s’accrochent partout! L’expérience du troisième Opus et d’ODST resteront une vraie expérience à part… mais là aussi c’est probablement quelque chose qui ne se renouvellera pas! 

Très bien, le jeu est captivant, le scénario est immersif et on oublie facilement les persos super premier degré et leurs doublages « Cap’tain Amérique » – de toute façon on est pas là pour jouer dans la subtilité et puis c’est une bonne occasion pour se marrer à plusieurs devant les situations atrocement… voilà des saynètes. Ca c’est un petit aspect du jeu – en solo, je me suis fait défoncer la face !§ Le jeu est méchant! Le jeu est beaucoup trop difficile et encore j’était loin de jouer en légendaire! Ca doit être une question d’expérience? Ranafoutre, un jeu se doit d’être accessible même en cours de saga et c’est pas uniquement les trois premiers pas dans la pampa de l’espace qui font un bon tutorial. Est-ce qu’on peut voire la chose sous un autre angle, comme quoi il faut chercher le challenge?

A mon avis, la réponse se trouve dans le fait que la difficulté ne change pas selon le nombre de joueurs humains sur la campagne : le multi est favorisé. Et là, effectivement… un certain plaisir de jeu s’est dégagé de ces parties. Après des années d’online super biaisé, un (et même deux DEUX) vrai jeu parcouru de bout en bout ça fait du bien. Même si il faut se taper des petits soucis de connection au milieu, pas grave, c’est un mal nécessaire. Au final, ce dyptique conjugue des séquences épiques (le fait d’avoir son petit hélico individuel, classieux, la séquence avec les deux MECHAS GEANTS qu’on a refait trois trillions de fois avec trente plan de guerre différents, la fuite motorisée ou tout pête pendant une demi heure, fantastique) et je dois admettre que tu peux très souvent t’arrête en plein jeu pour contempler. Tu es sur une planète étrangère, tu as accès à pratiquement tout avec les véhicules volants, le cadre est épique et magnifique, c’est une véritable petite aventure qu’on se tape en ligne. Grosse cerise sur le gateau, le mode bonus d’OST qui ressemble à l’incroyable mode survie de Time Splitters 2 : tu es lâché sur le terrain, tu es voué à mourir mais il va falloir résister le plus longtemps possible et sous différentes conditions : CA c’est un bon mode de jeu. Dès que tu reviens au mode online classique, ennuis et insultes fusent, MEH. Du coup, la plus value des jeux Halo c’est la configuration où deux ou trois potes ont la même console, le même jeu, du gold et du temps à partager…

 Et si par malheur on revient au mode « plébéin » – tu te tapes le retour de baton du poncif Counter Strike – tu te tapes les gamins énervés… mais la génération d’après. C’est pas non plus un phénomène réservé à ce jeu là ou à cette localisation en
particulier

Tout ça change pas beaucoup mon opinion sur ce genre : c’est soit imprécis, soit un peu chiant, soit répétitif, soit contraignant. C’est d’autant plus chiant quand tu as l’impression que les FPS constituent la moitié des jeux sur 360…

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