Kickassia

Gros morceau pour cette fois, là on va s’occuper de l’intouchable de l’animation. Honnêtement, je sais pas du tout comment un anime fait pour acquérir ce genre de statut dans la fanbase et sur le grand Internet en général. Période de vaches maigres? Gros projet lié à une longue attente? Réelle innovation et petit grain de
chance cosmique? Peut être un peu des trois, puisque le sujet du jour est, si on regarde le titanesque classement My Anime List – douzième en popularité et cinquième en classement global, sur un nombre à cinq chiffres. Je me souviens vaguement l’avoir vu deuxième en commençant la chose, en Septembre… alors comme d’hab, pourquoi s’être lancé à corps perdu dans cet anime? Bah je viens en gros de le dire, dans une démarche de curiosité face à la gigantesque popularité de ce produit de l’année 2007. Un truc bien récent d’ores et déjà érigé comme étant un truc immanquable, y’a une certaine classe derrière la chose, une aura totale… et le genre était un petit défi en soi puisqu’on est dans le registre mecha. C’est toute une classe d’anime, avec des gros robots que se foutent sur la gueule… et ça ne m’a jamais vraiment fait palpiter les grandes salivaires, j’ai jamais été fan des brigades multicolores combattants le mal métallique. Et pourtant… c’est plutot bien passé car il y a pas mal de propos derrière. Donc, de quoi on parle aujourd’hui? Make an educated guess!

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 Gurren Lagann. Gurren FUCK*NG LAGANN, l’univers de fiction où tout le monde est cool, tout le monde est courageux, tout le monde botte des rangées de culs sur des kilomètres de culs, des kilomètres de culs visibles depuis Google Earth! Et le principe de l’anime est là justement, j’adore mater des gifs qui nous font des comparatifs progressifs de planètes pour nous montrer à quel point la terre est petite. J’adore jouer à Katamari pour passer d’une boule de 3 centimètres à une autre de 3 PLANETES! Bref la notion « d’infiniment » est quelque chose qui me fascine, c’est un peu ce qui m’avait fait prendre Spore pour être concret, typiquement le concept du « mais jusqu’OU on peut aller? » Gurren Lagann c’est ça, un anime et un univers exponentiel, on passe d’un extrême à l’autre avec pas mal de schémas un peu clichés, de surprises et de badasseries. Oui, de badasseries! Ca n’existait pas y’a cinq secondes mais maintenant c’est fait.

 Quand on entends vaguement parler de l’anime avec les gens complètement atomisés cérébralement qui viennent de le finir, on ne retient que le coté « playmobil » des mechas. C’est vrai quoi, qui a eu cette idée de gens dans des robots géants qui prennent des expressions anthropomorphiques pour coller à l’humeur du moment? Bah passé une certaine incompréhension qui reste malgré tout, on peut dire que c’est dans le registre… des plaisirs coupables inexplicables. Ca doit être lié au fait que j’ai surkiffé les digimons – qui sont eux aussi des trucs multicolores doués de paroles qui évoluent (même chose, un degré au dessus, puis un autre… puis un autre… de plus en plus rarement et de façon de plus en plus flamboyante, sauf pour Angemon évidemment qui bougeait jamais ses fesses et qui n’attendait que le scénario évolue en même temps bref) donc je peux comprendre sans le faire moi même… et c’est là que les choses se compliquent puisque l’entièreté de l’anime peut être perçu de façon très paradoxale : soit un truc méga bourrin où tout est fait pour plaire, soit un truc relativement subtil, avec un tas de petites techniques littéraires surprenantes et pas mal d’innovation et de prises à contre pied. Finalement c’est les deux mon capitaine et c’est loin d’être incompatible. Ca enlève le coté ridicule de l’un et l’aspect péteux de l’autre… mais j’étais loin de savoir tout ça en me procurant le premier coffret DVD en Septembre. 50 Euros pour neuf épisodes, c’est hon-teux, sérieusement… mais je l’ai fait en état de cause, pour le bonheur de packaging et les deux trois joujours offerts avec. J’ai donc maté les neuf épisodes, break de sept mois et hop toute la fin en trois semaines, soit 27 épisodes.

C’était un peu pour faire le pont avec le début et la fin prochaine de l’année scolaire histoire de préserver le saint symbolisme gratuit… et donc le lancement du premier épisode à quelque chose d’assez excitant et de mensonger sur la suite, pas nécessairement dans le sens négatif du terme. Les vingts première minutes ne posent pas la situation de base, mais bien un univers sensé représenter tout le background, l’historique, le vécu des personnages principaux sans qu’on ne revoie jamais cet environnement par la suite. Simon est un jeune foreur d’une treizaine d’année, un peu mis au banc de son village … sous terre. Car oui, futur indeterminé, les robots/méchas ont pris d’assaut le monde, et dans les méchas il y a les hommes-bêtes. Je pourrais sortir un pseudo au hasard pour faire une vanne mais non on parle bien d’hommes animaux, qui vivent sur la surface, obligeant les humains rebelles à vivre leur vie tant que possible en dessous. Simon voue une admiration infinie pour son très GAR frère spirituel Kamina, un peu le héros de type crétin fonceur… et une suite d’évènements le font tomber sur un Ganmen, un petit modèle réduit de mécha, un autre Ganmen débarque enfin en ville pour foutre le bazar, le casting s’élargit avec Yoko – la sniper aux gros seins de …. 14 ans – le trio sort de Terre, découvre la surface… et en avant pour l’aventure, POUVOIR de l’AMITIE, POUVOIR du COURAGE, POUVOIR DU MOI QUI CROIT EN TOI QUI CROIT EN CELUI QUI PERCE LES CIEUX. I am he as you are him as… tout ça. A partir de point, le scénario devient un poil plus linéaire, le casting se dirigeant vers un objectif défini… pouvant varier. Pour faire simple, le but initial pour Simon va être la conquête de la ville des hommes bêtes et ainsi pouvoir permettre aux humains de revivre normalement sur terre, un petit coté Matrix Reloaded pas dégoutant du tout.

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Un objectif de vie dans la brigade Gurren Lagann c’est un peu la concrétisation d’un arc de l’anime. Des arcs, ils y en a quatre et à partir de là deux remarques – d’une part il y a tout un tas de petits efforts cosmétiques qui aident à les distinguer : l’opening change deux trois détails, la police d’écriture des titres change (hô très important ça! Mais si) on sent qu’il y a une petite volonté de fragmentation subtile. Pourquoi ça? Un pan de l’anime peut se terminer plus vite que prévu, où tout simplement quand on l’attends pas, d’où surprise, d’où un certain plaisir à ne pas s’attendre à ce qu’on vient de voir. Ce n’est pas très français mais Gurren Lagann sait faire étalage de couilles et peut prendre des risques dans son déroulement, il y a de quoi être pas mal dérouté plus d’une fois et les codes dramatiques sont pas mal renouvelés. Rien que pour ça… chapeau.

Mais je parlais de notion d’infiniment! L’anime commence de façon très minuscule, sous terre, avec des petits robots, puis la perspective grandit, grandit… et on s’envoie des galaxies à la gueule! Cependant en regardant le premier arc, je me disais souvent « oh Gurren Lagann ça ressemble un peu à Pokémon hein » RANGEZ VOS FOURCHES, je m’explique. Globalement, le premier quart de l’anime obéit à un schéma très carré, aux mêmes codes, aux mêmes gimmicks. Un nouveau Pokémon, une fille, Team Rocket etc. Le début de Gurren Lagann c’est un peu ça : le Gurren-Gang s’immisce quelque part, rencontre un futur membre de la brigade, s’ensuit une bataille épique. Immanquablement… on court vers un objectif indéfini, et il nous arrive globalement la même chose à chaque épisode, plus ou moins thématisé. Vous voyez ce que je veux dire? Surtout quand les-dits persos ont pas l’air subtils de prime abord. L’épisode de plage sonne comme « épisode nichons » – le principe est même inversé de façon franchement comique – et pas mal de personnages ont l’air si cons qu’ils ressemble littéralement à des clowns! Non mais Leeron quoi, écoutez son thème musical et notez sur un papier ce qu’épelle la voix robotique. Véridique) mais faut dire que c’est tout ce qui caractèrise l’anime, ce coté complètement too-much assumé de partout, Kamina qui en fait des tonnes et qui récite les gimmicks de l’anime le doigt levé, Simon qui pue l’archétype du héros chétif qui va sauver le monde et les seins anti-gravité de Yoko. Heureusement que y’a Boota et ses « Boo Boo Boo » pour relever le niveau – et puis ce n’est qu’une première impression, chacun aura son petit développement, ses petites marques de subtilité, son petit jour dans la lumière. Et puis surtout, surtout, y’a un truc qui se dégage dès le premier épisode, le show est incroyablement COOL. C’est comme mater Ocean’s Eleven en 2001, ça respire la classe, tout est fluide, tout inspire le charisme, les transitions entre les deux moitiés d’épisodes (vous savez, les eyecatchs, DONG DONG badoum poum poum thac) doivent être les trucs les plus cool jamais fait dans l’animation japonaise et putain mais alors l’environnement sonore et la musique… même si j’ai jamais été fan du fameux « Raw raw fight the powa § » il faut admettre la coolitude et le travail derrière – bref là c’est que des impressions qui émanent du PREMIER épisode!

Le scooby gang s’étoffe, des combats épiques de méchas… et moi même en étant assez peu fan je dois dire que ça passe bien. Non pas que l’intérêt de voire des trucs en métal se foutre dessus soit énorme mais y’a toujours une telle implication épique, dramatique… où tout simplement visuelle… c’est vrai que ça paraît quand même très très GROS des méchas qui se laissent contrôler par le pouvoir du courage, nan? Ben oui, ça a pas changé, ça l’est toujours.

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 Donc le scénario progresse gentiment et HO ATTENDEZ, c’était pas prévu! Bref. Surprise – et on repart sur des chapeaux de roues… et l’opening change subtilement, la police aussi… mon dieu mais oui, on essaye de nous imposer un nouveau personnage! Littéralement tombé du ciel, c’est dire l’ironie du truc! De façon un peu trop voyante! C’est dommage, surtout quand le-dit personnage parle avec un ton un peu trop monocorde, en décalé (oui bizarrement ils ne sont pas toujours synchros) en agitant les bras, bref. Ah et pendant que j’y suis, il se regarde très bien dans les deux langues. J’ai maté les neuf premiers épisodes en DVD et en VF, et surprise, ça passe vraiment, vraiment très bien. Pas comme Soul Eater où la plupart des gens s’en foutaient un peu, pas comme Hinamizawa où ils y mettent de la bonne volonté sans que ça marche vraiment, nan là je vous parle d’une VF accrocheuse, dans le ton, qui aide à l’immersion dans l’univers de Gurren Lagann. C’est probablement la meilleure VF que j’ai entendu pour un anime aussi récent. Les deux autres tiers étaient en Vostfr (bah oui, c’est tonton Akamatsu qui m’a envoyé les cassettes depuis Osaka, pff vous pensez quoi) et c’était tout aussi potable sans pour autant me faire oublier la première version. En gros, c’est regardable dans toutes les configuration, c’est formidable!

Bref le scénario continue d’avance derrière ces petites considérations esthétiques. Ca devient better, faster, stronger, vous connaissez la chanson et encore une fois, l’objectif indéfini arrive plus tôt qu’on ne pourrait le penser. Peut être un peu trop tôt, un peu trop vite dans son traitement, mais c’est effectué d’une façon toujours plus épique. Un récap épisode pour respirer un peu (dommage ça, là aussi c’est une première que je ne m’attendais pas à trouver) et nous revoilà après… HO! Innovation littéraire! OMGWTFBBQGENIE§§§§11!

Non, bon j’exagère, pas d’innovation qui bouleversera le monde mais un changement radical dans l’univers de l’anime. Et c’est assez incroyable cette manie qu’à Gurren Lagann de se prendre à contre pied : la première partie de l’anime est tellement « terrestre », roots, se fait à pieds dans une ambiance intimiste et chaleureuse… et WOW la deuxième moitié démarre de façon tellement grandiose, spectaculaire, dans un cadre radicalement différent de ce qu’on nous avait habitué. Tout les repère instaurés jusque là sont dégommés et il va falloir ramasser ses deux un peu. L’impact n’est pas le même qu’une série sur plusieurs années à la Lost (omg trois épisodes restants omg omg) mais il faut un petit temps pour avaler les couleuvres scénaristiques. Et n’oubliez pas le coté « exponentiel » de la série que j’expliquais tout à l’heure : si Gurren Lagann démarre dans la notion d’infiniment petit, on prends petit à petit des points de vue plus gigantesques, l’échelle augement de plus en plus et ça se termine avec des proportions qui ne font plus que toucher le domaine de l’abstrait. On termine la chose, les quatre derniers épisodes sont à mater d’une traite comme un film tant le studio Gainax prends un malin plaisir à jouer avec nos nerfs (oui car même si le casting peut sembler complètement « invincible » et hermétique à la défaite finale ou à la défait tout court, faut pas croire qu’il y aura pas des dommages plus ou moins collatéraux) et l’épilogue est tellement rempli de nostalgie qu’on se demande si on pas, immédiatement, pris un coup de vieux, si le fait de s’émouvoir autant devant des méchas qui se mettent dessus était justifié. Ben OUAIS. J’en suis convaincu.

Là aussi y’a un équilibrage entre le fond et la forme. La fond, je l’ai assez étayé je pense, la forme en elle même est juste fabuleuse. Les graphismes du premier épisode et de tout la série en extension mais surtout l’ambiance « souterraine » du tout début, j’ai adoré, y’a pas d’autres mots – après l’anime se voulant très cosmique ben y’aura moult plans de ciels étoilés, de nature sauvage et de galaxies mauves. Et bonne mère ce que je kiffe les plans dans l’espace. Tout est meilleur DANS L’ESPACE. Ce sera une récompense, un ultime grand kiffe dans une deuxième partie qui n’explique pas toujours ce qu’il se passe, on nous impose des trucs et des couloirs scénaristiques un peu sortis de nulle part – peut être est-ce moi qui aie pas énormément suivi on sait jamais – mais bon parfois on a un peu l’impression de se téléporter d’un endroit à un autre, comme si on avait loupé un épisode. Et là évidemment c’est l’habituelle remarque sur le degré rationnel de la chose – faut pas en chercher. C’est dommage, c’est comme ça mais tant pis : l’anime viole et fout enceinte les lois élémentaires de la physique, à en clamser la bouche ouverte. C’est pas classe mais c’est un fait et tant pis, honnêtement, c’est pas le but recherché. Disons que c’est une porte ouverte à des séquences encore plus charismatiques!

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 Enfin, petit point fort crucial : les génériques. L’opening est assez connu mais assez classique dans sa démarche… mais y’a une forme d’intelligence derrière. Par exemple, les deux premiers s’ouvrent sur le premier couplet, et la deuxième moitié sur le deuxième. Pourquoi? Symbolisme! Bon dans cet opening y’a que les trois harmoniques à la fin que je surkiffe mais sinon j’ai tendance à la zapper. Par contre les endings… sont vraiment enthousiasmant. Déjà ils cultivent un coté monochrome toujours fantastique et puis musicalement… du bon gros rock japonais rempli de bonne volonté, avec deux trois gimmicks musicaux qu’on entends pas ici (même si les paroles du deuxième sont un peu niaaaaaaaaases) allez, voilà pour le premier. C’est toujours plus sympa de se faire plaisir dans le contexte mais si vous voulez vosu teaser un peu…

Et inutile de préciser qu’au delà de l’énorme bonne réception auprès des fans, Gurren Lagann est à la source d’un nombre surréaliste de mèmes, que ce soit les lunettes de Kamina, les phrases charismatiques pompées ça et là « WHO THE HELL DO YOU THINK I AM » etc etc. Et quelque chose qui est repris de partout ne peut pas être foncièrement mauvais, n’est-ce pas? Allez, en tout amitié, et très sincèrement, je vous conseille humblement de prendre votre internet, de percer les cieux et d’aller me choper le premier épisode, ça pourrait vous faire un petit truc à mater pour l’été. Faites moi confiance. Faites confiance au moi qui fait confiance en vous. En tout cas pour la posture d’un mec qui comprends pas trop ce qu’est un « anime de méchas » et le pourquoi de son succès, je peux vous assurer que j’ai pris un pied certain!

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5 Responses to Kickassia

  1. Nashi says:

    =DDDDDDD

    Je voit pas trop comment mieux décrire ce que m’inspire cet article, très content que la série t’est plu en tout cas =D 

    GIGAAAAA DRIIIILL …. 

  2. Kitsune says:

    C’est très vilain, maintenant, j’ai juste une envie assez folle de re-regarder la série. Par contre… Merci pour le thème de Leeron 8D ! Ca a égayé ma journée, quand j’ai écouté ça 8) !

     

  3. Youe says:

    Putain j’ai vraiment du mal à me forger un avis qui va dans un seul sens à propos de cette anime, à mon sens il fera pas autant date que certaines autres productions Gainax mais ouais c’est une
    sorte de trip sous drogue géant monstrueux en continue avec des parcelles de moments super sérieux et dramatiques qui viennent poser les bases de la suite. Par contre force est de reconnaître
    qu’on ne s’emmerde pas, c’est ultra-dynamique, le contre-pied total d’un Evangelion par exemple.

    Va me falloir encore un peu de temps pour bien me poser la chose (là je viens à peine de mater le dernier épisode), enfin toujours est-il que je me suis clairement pas attaché aux bons
    personnages, beuh 🙁

  4. Zoneur says:

    Manly tears :'( Content que ça t’aies plus, bon article et omg la chanson de Leeroy xD He loves my asshole, what ! Ce qui est génial dans TTGL c’est effectivement l’envergure que ça prend, et
    aussi le fait qu’au final on se retrouve à suivre les persos du début à la fin de leur vie en quelque sorte. Ce qui est vachement cool, à mon sens :3

    Au début j’aimais moins la partie espace que terre, mais finalement, après revisionnage,  tout bute §§

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