Monthly Archives: mai 2010

Voilà pour toi vil faquin

Petit texte transitoire pour donner deux trois pensées sur trois jeux avant le tant attendu rapport de l’Epitanime. Avant tout ça j’aimerais remercier personnellement le module de rédaction d’Over Blog qui cumule les petits trucs chiants : le fond devient celui du blog ce qui rends le tout 60% lisible 40% gênant – la police d’écriture qui repasse en taille 10 toutes les cinq minutes, le « curseur » qui sort automatiquement de la boîte toutes les DEUX minutes et donc toujours au milieu d’une phrase… c’est pas méga vivable. Il faut vraiment devenir de plus en plus tolérant, je pense pas que ce soit le but de la manoeuvre, bref.

Trois petites reviews de trois jeux, du plus bof au plus intéressant et je vous propose de nous débarrasser dès maintenant du tout pourri. Après vous me demanderez « mais mon ami Concombre, quel intérêt d’écrire des trucs moisis sur un jeu pas intéressant? » Hé bien je dirais que ça vous évitera de l’acheter. En revanche vous pourrez me rétorquer « Mais quel interêt de dire qu’un jeu est mauvais si ça se voit dès son éditeur, son nom, sa jacquette et le bon sens fait qu’il ne s’achète pas? » hé ben… ça me fait des LIGNES EN PLUS. VOUS VOILA BIEN FEINTES.

Car effectivement, Rock Revolutions est vraiment mauvais. Mais alors vraiment et je me permet la lourdeur de la répétition – j’ai vu plusieurs fois le truc en ramonant les boutiques de la Défense à la lettre « R » et rien que sa couverture moche arborant un fier cowbow et une grognasse toute droit sortie d’un clip de Sexion d’Assault (je sais c’est totalement gratuit) pousse au mépris d’office – voir le logo de Konami n’est PAS un bon signe et le prix très dérisoire du soft n’était paradoxalement pas super engageant. Du coup pour vous répondre tout de suite non, je ne l’ai pas acheté par pur masochisme ni pour le plaisir de le pourrir ici, c’était simplement un gain de Lovin’ Japan. C’est quand même con de ne pas ouvrir un jeu et de le laisser pourrir quelque part en attendant sa décomposition naturelle et c’était une insulte à l’époque candide où chaque nouveau jeu vidéo était comme un petit Noël en soi. J’ai donc déballé la chose, créé un nouveau compte pour ne pas fausser mes chiffres à succès (c’est sehr sehr wichtig) et en avant pour ce jeu qui a ni plus ni moins la vocation de proposer une alternative à Guitar Hero et Rock Band dans l’univers sucré des jeux de rythme. Non vraiment, on brasse du vent là.
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C’est pas gagné avec l’écran titre : pas d’intro, menu sans aucun prétexte de progression (j’entends par là une excuse pour passer de chanson en chanson) où on met les morceaux cash direct, classées par « disques ». Avec la première chanson à la guitare vient le premier d’une looooongue liste de problèmes, le truc n’est pas synchro. Bon, en avant pour le menu des options… et youpi, le système de calibrage est proprement incompréhensible, j’ai du gratter du vent pendant cinq bonnes minutes en attendant qu’il se passe quelque chose, en priant intérieurement qu’un truc démentiel et inattendu se passe genre un succès à 200 Gès pour avoir laissé le jeu allumé plus de 10 minutes. Bon après avoir plus ou moins dompté la bête je suis retourné en mode carrière et j’ai lancé le premier disque, ne m’attendant déjà plus à grand chose, comme un nouveau testeur au sein d’une grande rédaction qui se fait bizuter avec les daubes vidéoludiques. En fait le « air-scénario » vous propose d’aller de playlist en playlist, toujours 6 trucs à faire autour de 3 morceaux. Comment le bazar s’est il multiplié en cours de route? Intervention divine? Cosmicité du gameplay? Bug d’un accélérateur à particules? Nooooooon en fait il y trois morceaux au gameplay de « base » et trois « défis », un par morceau. Le premier problème d’un long et interminable flot à problèmes c’est le gameplay – Konami a repris son concept « à la Beatmania », c’est à dire vu de haut, les partitions défilent du haut de l’écran vers le bas et cinq boutons fixes. C’est très vilain d’une part et c’est surtout assez difficile à digérer puisque le truc accuse d’un lag assez subliminal ce qui vous colle une MIGRAINE assez démentielle et discriminatoire pour ce type de jeu. L’explication est simple : pour un GH/Rock Band suivre un point fixe et s’y coller est le minimum, sur Rock Revolution les yeux font un mini aller retour constant et insupportable. Alors à ce moment là ils avaient peut être des scrupules pour copier le gameplay, mais autant pomper les choses jusqu’au bout n’est-ce pas? ALORS ILS PENSAIENT A QUOI? Par contre, dans les petites différences sensées, le multiplicateur peut monter jusqu’à huit et une fausse note ne remet pas tout à zéro mais baisse le produit d’un cran.
Pourquoi pas, dommage que la notion d’énergie et de « transe » soit complètement nébuleuse, représenté par un spectre sonore digital (c’est mignon mais c’est incompréhensible) et rien ne nous indique concrètement que notre score est multiplié avec son utilisation.

 Autre gros problème : les défis. C’est la moitié du jeu, refaire les mêmes pistes avec des conditions extérieures imposées. Sur le papier ça peut rendre quelque chose, et en l’occurrence c’est tout sauf sensé! Un défi vous propose une difficulté progressive : vous vous taperez forcément le niveau expert en bout de course alors à quoi bon pour les débutants? Même chose pour le mode qui accélère la partition au fur et à mesure des réussites, c’est inutile et vomitif, je dirais même « smectaesque » – et quid du mode « Notes pièges » qui vous fout la partition de base avec des … notes à éviter. Pas des notes en plus, non, des notes qui comptent faux si on les joue normalement – il faut faire toute la gymnastique cérébrale pour souvent ne jouer que deux notes sur trois dans le même accord. Le concept est déjà débile mais il en devient méchant quand 5 notes « maudites » font finir la partie, quand le mode « vitesse progressive » demande des scores de fous. Konami, lis sur mes lèvres : c’est c-r-é-t-i-n. V-a c-a-g-u-e-r. La playlist est composée d’une quarantaine de mauvaises reprises et le jeu à le bon gout de contenir des pistes batteries … de 8 pads? Sérieusement, 8 pads? J’ai jamais vu un tel périphérique sur le marché et il est probablement exclusivement américain alors à quoi bon? Bref un truc à éviter comme la peste mais c’est une évidence que je vous décrit là. ‘Tain, j’ai dépassé le volume des copies de mes derniers partiels et j’ai toujours rien dit, c’est la déchéance totale.

Passons sur sur un jeu plutot moyen : Les Lapins Crétins – La Grosse Aventure. TOUT les gamers sensés en ont marre de ces foutus lapins. Je vais dire et redire ce qui a déjà été asséné, les lapins c’était sympathique la première fois, en party-game one-shot entre deux Rayman « classiques ». Je suis un peu aigri depuis la vidéo de l’E3 2006 où il y avait un ENORME mensonge sur le gameplay du prochain Rayman – le quatrième voit son développent annulé tout les deux mois à Montpellier, c’est assez mort – et en attendant on doit se coltiner les fichus lapins. Bon il n’empêche que si le troisième party game paraissait de trop (et je ne suis pas un nazi des chiffres, la preuve, j’attends toujours un neuvième Mario Party) cet opus témoigne de pas mal de bonne volonté… et quelques défauts. Défauts mineurs et peu voyants mais c’est surtout un manque de qualités qui se voit trop puisque le jeu n’est pas du tout, mais alors pas du tout ambitieux (insérer ici smiley condescendant) et ne va pas chercher son joueur bien loin. Le scénario, vous le connaissez, les lapins veulent construire une tour pour aller sur la lune, fin de l’histoire. Du coup on se retrouve à la tête de deux lapins sur un caddie façon Jackass pour toucher des objets qui sont collectés pour augmenter le « compteur » global. Un certain quota est nécessaire pour passer le niveau, puis on passe à une ville servant de hub avant de choisir un autre niveau thématique, etc. Dès la preview du jeu une énorme pensée, lancinante, était un tout petit peu évidente : « omg mais ce jeu est un mix entre Katamari et Tony Hawk » – bah oui, c’est ça finalement. Il faut ramasser le plus d’objet dans une petite zone linéaire, en essayant de tout massacrer pour faire le plus de profit possible. On peut tout démonter, y’a deux trois possibilités et pas mal de variations de gameplays (temps limités, tapis roulants…) et obtenir bien plus que les quotas prévus permet d’obtenir des jolis cadeaux qui sont en fait des éléments de personnalisation pour son lapin avatar. C’est le plus bandant et c’est un peu dommage : le jeu propose d’installer une chaîne sur la wii (et de pomper une mémoire pas franchement géniale) pour utiliser à part le module du « Lapin dans la Wiimote » – à savoir un petit logiciel où le lapin fait des « brr? » et des « BAAH » mais dans la Wiimote. On appuie sur la Wiimote, on voit la réaction en Live, c’est bien pensée, c’est rigolo pour deux trois minutes mais pas franchement plus, malheureusement. La deuxième moitié de ce petite truc c’est le coté customisation, on peut faire subir à son lapin toutes sortes de peines de morts moyen-âgeuses qui prennent ici des fins cartoonesques ce qui donne à son lapin des trognes rigolotes qu’on peut agrémenter de peintures faciales et autres chapeaux festifs. Bon c’est rigolo mais c’est pas d’une… (attention emphase) … d’une INNOVATION DANGEREUSE.

CEPENDANT. Comme je le disais tout à l’heure, il y a un tas de petits détails qui rendent le soft assez sympathique, le truc qui mériterait un 12 ou un 13 sur vingt dans un magazine sérieux. Déjà le soft fait TOUT pour avoir une identité visuelle et musicale et je radote sur ce genre de détail mais c’est super important à mes yeux mouillés et les mecs d’Ubi Montpellier (cette ville qui sent le khakha) ont matraqué l’ambiance feria qui, bizarrement, rends assez bien! L’ambiance Emir Kusturiza rendue via les lapins trompettistes déboulants à vive allure dans les égouts bah c’est super marrant doublé d’une idée surprenante et efficace, de la même manière les petites animations sont adorables et restent dans ce même esprit. Le truc prends une dimension très « production française » sans que ce soit fondamentalement gênant. D’autre part il y a un certain humour qui se dégage de la chose, déjà j’adore ce graphisme qui fait intervenir des stickmens vivants (plus ou moins, on se comprends) et le doublage est assez fantastique, surtout quand il s’agit de vannes très très locales, le niveau du super marché balance bien à ce niveau là. Dès fois c’est juste un poil scato mais c’est tout ce que j’aime quand ça tiens à ce niveau de subtilité donc banco – puis les contrôles sont intuitifs et le jeu accuse d’une bonne réalisation. Du coup voilà – un fond pas terrible et une forme sympathique, il faut supporter une certaine répétitivité et une toute petite durée de vie mais ça peut faire un petit délire de courte durée, si comme moi le jeu tombe du ciel (et un ciel si sympathique) ou plus simplement via un emprunt. Un achat, non, ce serait pas super sensé, économisez plutôt pour Mario Galaxy 2 qui sort dans dix jours. En attendant, le starter de plante de Black/White ressemble toujours autant à Excalibur (et dégage un certain mépris charismatique, c’est une bonne surprise)

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Hop le paragraphe suivant est tapé après deux coupes de champagne et un ventre assez creux, il en faut du courage liquide et bulleux pour faire de la bonne prose bien pertinente et pas reloue à lire

Enfin pour monter un peu sur l’échelle des valeurs, j’aimerais vous toucher (si on s’arrête ici ça donne des connotations rigolotes à la phrase) deux mots pour Banjo & Kazooie Nuts and Bolts . Les deux premiers softs réedités sur XBOX Live m’avaient vraiment enthousiasmé et je m’étais dit que la boucle ne serait pas (cérébralement) bouclée avant d’avoir fini ce troisième opus sorti il y a maintenant 18 mois. Je le cherchais depuis un certain temps mais c’est une occasion à dix Euros chez Micromania qui m’a décidé – et me voilà en possession de la trilogie totale. Vous connaissez probablement le virement total de gameplay mais l’écran titre ment un peu : la même musique habituelle dans le même niveau de départ, le menu principal dans la maison de Banjo… et même le scénario semble nous feinter : on commence l’aventure avec un duo obèse, fainéant, ayant perdu toute capacité acquise dans les deux derniers jeux – jusqu’à ce que le « dieu » des jeux
vidéos se ramène pour mettre un peu le bazar et corse les choses en engageant le duo contre leure rivale de toujours, la sorcière Gruntilda, dans un défi de collecte. Défi qui s’arrête après deux secondes tant personne n’est capable de dépasser la vitesse au sol d’un fétus congelé (c’est dire si la séquence est drôle) et nous voilà propulsés dans Duelville, le nouveau hub et le nouveau prétexte pour récolter une grosse centaine de pièces à travers seulement six niveaux. C’est un chiffre qui peut faire peur mais autant dire qu’ils sont très vastes, et dans le bon sens du terme – si les terrains de Tooie étaient chiants par leur manque de repère, ceux de N&B sont encore plus grands mais on ne s’y perd pas pour autant puisqu’ils se limitent à un énorme cercle ou ovale, très rarement à ciel ouvert, c’est bien plus simple de s’y retrouver. Je parlais d’un gameplay radicalement différent, comme vous le savez peut être ce jeu axe ses objectifs sur la construction et l’utilisation de différents véhicules. Le nombre de pièces et la foultitudes de caisses cachées dans le hub permet de récolter des caisses et des éléments de construction, puis on passe au garage construire des bolides de plus en plus élaborés. Caisses, moteurs, réservoirs, carrosserie… puis bientôt ailes, rotors, hélices et réacteurs, plus pas mal de gadgets plus ou moins utiles! Si le tout semble un peu effrayant au début, on se surprends rapidement à jouer les petits designers puisqu’au final tout est logique et facile d’accès, du moment
qu’on respecte une certain cohérence et un minimum de bon sens, nos véhicules font ce qu’ils sont sensés faire, dans les trois éléments « vivables ». J’ai moi même construit des petites merveilles, le « Taggle Grenoble » bientot suivi du « Super Grenoble », mais aussi le « Serrarien » et l’incroyable « Colombia » qui est une fusée autodestructrice équipée d’un siège éjectable, elle! Bref tout ces véhicules qui gagnent en puissance au fil du jeu et des éléments récoltés servent à remplir des objetifs disséminés dans les « chapitres » de ces niveaux pour récolter les fameuses pièces.

Le truc dommage c’est que à l’inverse des opus axés plate-forme le jeu divise clairement son gameplay en phase « exploration » où on se ballade à loisir dans les niveaux et récoltant les pièces (qui pour la deuxième fois sont en compte commun et servent de pure monnaie pour divers achats) et les « défis » qui se concrétisent par des personnages placés sur les terrains. C’est plus une succession de mini jeux pas trop variés qu’un tas d’objectifs à remplit et ça rends la chose infiniment moins fun parce que le truc tourne parfois en boucle : déplacer un objet, faire une course, faire une course (genre taxi) – vous voyez le genre. Le jeu renouvelle quand même pas mal ses défis, surtout via le niveau du stade qui ne propose que des trucs réjouissants (un saut en longueur! Un défonçage de dominos! Des fléchettes!) et un certain nombre d’idées bien exploitées. Dommage que ce jeu soit vraiment, mais alors VRAIMENT FRUSTRANT. Si vous êtes sensés et que vous n’aimez pas recommencer un défi mille fois parce que vous êtes passé cent fois à coté du chrono imparti pour remplir tel objectif, vous allez être servi et avec les honneurs et la politesse nécessaire. Non seulement cet état de fait me faire vriller les dents à force de les serrer il faut en plus que le jeu subisse un tas de petits ralentissements qui me recolle la migraine envolée depuis Rock Revolution. La encore je me demande si c’est pas un problème de matériel venant de moi… mais vérifez de votre coté si vous êtes intéressés. C’est pas handicapant, ça n’aide juste pas quand le jeu peut parfois être véritablement pénible, là où la réussite d’un défi peut être tellement gratifiante après un véhicule bien pensé et bien construit.

Comme toujours avec la saga Banjo Kazooie (même si Kazooie ne sert à rien dans ce jeu ah ah) il y a un humour assez féroce venant de Rare et le S.A.J. est l’auto dérision incarnée dans l’univers du jeu vidéo. Rare à une propension génial à se foutre de sa propre trogne, c’est hilarant de voire les références à Battltoads jusqu’à dans les écrans de chargement. Dans les bons points également, les graphismes sont incroyablement bien léchés en HD, le premier passage dans l’univers bariolé de la Plaine O’ Zécrous est quelque chose pour un habitué des plates formes Nintendo. Les musiques sont des remixes symphoniques des thêmes connus de la saga, hé, personne ne s’en plaint! Le jeu s’agrémente pour 5 euros d’une zone supplémentaire proposant un demi douzaine de défis encore plus frustrants, défis qui, une fois débloqués, vous permettront de jouer à l’incroyable « Klungo sauve le monde », le jeu d’arcade parodique pourri-mais-pas-trop, comme une ultime forme d’humour et d’auto dérision. Bref un soft un peu court, parfois frustrant et fatiguant mais qui vaut la peine pour peu qu’on s’investisse un peu dans la création, les véhicules tout prêts ne proposant pas grand chose.

Sur ce! Je vous dis à bientôt, bande de petits cochonous.

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Tout ça c’est dans vos têtes

On ne pourra pas leur enlever ça : finir une série et finir un anime ça n’a strictement rien à voir. Si on se remet dans le contexte, même si on suit un anime via la rythme de diffusion hebdomadaire, ça prends une année, tout au plus. Encore là c’est un exemple qui induit que l’anime X possède une cinquantaine d’épisode, mais si on le mate en différent, d’un bloc? Ca à le même impact qu’un film qu’on voit au cinéma ou une nouvelle/petit livre enchaîné d’une traite. On ouvre, on vit le truc et on ferme, on est peut être ému trente bonnes secondes et c’est tout. En revanche, une bonne grosse série avec son format 30/40/50 minutes étalés sur 9/15/25 épisodes de X saisons… inutile de préciser la différence. Mater une fin de série c’est un énorme impact, un univers développé et suivi pendant des années, littéralement, qui s’éteint. Évidemment c’est souvent décevant au vu des attentes parfois cyclopéennes des téléspectateur, attente bien évidemment proportionnelle à la qualité de tout ce qui précède.

vlcsnap-238299.png Honnêtement, si je fais un flashback personnel pour ce genre de situation, ma première série terminée dans les règles ça devait être Buffy. Le Scooby Gang moins Anya et Spike qui regardent le trou béant à la place de Sunnydale, note de piano finale et ouverture totale. Décevant sur le moment mais quelle fin alternative? Bien après, il y avait celle d’Oz. Pas une fin en soi, plutôt une accentuation du coté cyclique de l’univers carcéral mais là encore une énorme frustration, surtout pour certains personnages qui ont été maltraités jusqu’au bout (un indice sur vos écrans : Tobias B)

Puis il y a eu celle de Six Feet Under. Définitive, très émouvante, parfaite quoi. Je suis un peu jaloux pour ceux qui auront la chance de la « découvrir » sans spoiler précédent (et n’allez pas la mater sur Youtube par impulsion, ce serait idiot) – puis celle des Sopranos, qui trouaient dans tout les sens existants du terme. Et entre temps… pas grand chose de marquant. Enfin, si, deux séries, un peu mes deux grands kiff’ des années 2000, une par demi-décennie. Au final, malgré l’énorme enthousiasme que j’ai eu sur les deux, j’ai conclu les deux en une nuit, une série ayant largement vaincue l’autre. Pour dire les choses clairement, j’ai lu toute la dernière saison de 24 sur TVTropes (et je le regrette un peu pour certain détails) et je me suis maté le series finale de Lost dans la foulée. Autant dire que pour le premier cas de figure, le moi lycéen d’il y a cinq ans aurais fait un voyage dans le temps pour venir me botter les fesses pour un aussi grand parjure. Lost, par contre… débriefing. Donc attention et comme toujours dans cette configuration, possibilité de spoil massif sur la fin de la série. Vous aurez été prévenus!

Déjà l’ironie était déjà totale avant même qu’on puisse commencer à visionner le truc par les « voies naturelles » – les réactions tombaient de partout, des gens déçus, tristes de pas avoir eu assez de réponses. Ca, c’était le degré un de la prévisibilité, pas de souci là dessus. En revanche, se procurer ce double-dernier épisode était comme une punition pour la (à prononcer en prenant des poses et en fermant les poings) PIRATERIE effectuée depuis cinq ans (ce qui ne m’a jamais empêché d’acheter les DVD, d’ailleurs) – en effet, subitement télécharger un double épisode s’est révélée être la chose la plus poussive, chiante et pénible que l’humanité aie jamais connue. Deux épisodes de 50 minutes, le deuxième n’arrive jamais sur les sites « habituels » donc il faut fouiner pour télécharger des conneries, pour enfin trouver du potable qui se révèle être la deuxième partie de l’épisode (et donc, le temps d’une unique phrase, être déjà pas mal spoilé) donc le temps de collecter les bons trucs qui se téléchargent à vitesse syndicale – la deuxième problématique se pose avec les sous titres. Première, deuxième partie indépendamment, avec, sans pubs? Pas toujours évident mais j’ai eu plus de chance que prévu. C’est au final après le troisième téléchargement que j’ai toutes les données en main, il est 4h30 du matin et l’avenir proche, je le connais très bien : je vais voir le soleil se lever en terminant une série grandiose de bout en bout. Parfait, le symbolisme est là, c’est parti.

vlcsnap-238844.png 2007 // SUR L’ILE

En fait dès le début de la saison je m’attendais à un match final, grandiloquent, bourré de références kharmiques et de grandiloquence. J’ai eu un peu tout ce que je voulais mais dans la limite du raisonnable, heureusement. Jacob n’est plus, Jack est le nouveau gardien de l’île, le personnage est complètement sorti de son attitude cartésienne du début de série (parce que je précise mais vraiment futilement que Science Versus Foi est un thème récurrent de la série) et plus personne ne se pose des questions sur les « vertues » d’île. Comme d’habitude, c’est implicite mais jamais avoué… et du coup j’ai eu mon petit trip qui revient souvent en fin de saison, la « grotte cachée derrière les cinquante autres grottes cachées ». Déjà, cette source lumineuse avait quelque chose de bandant (oui j’ai des réflexes insectoïdes c’est pas dramatique) et on voulait voir ce qu’il y avait derrière. Bingo, une source de magnétisme, avec un fouton BOUCHON MAGIQUE. Vous savez quoi, c’est tellement dans l’esprit de la série que l’absurdité totale de la chose ne m’atteint pas. Elle active/désactive l’île, pourquoi pas, mais pourquoi ce besoin de protection à la base? Le magnétisme, qui relève les paralysés et guérit les cancers… ou autre chose. Impossible de vraiment savoir – en tout cas, « désactiver » l’île enlêve au monstre son coté immortel. D’accord… et Richard recommence à veillir. Mais ça reste valable après sa « réactivation »! De la même manière, dans la dernière séquence, Jack aurait pu devenir le nouveau monstre… ou peut être qu’il ne la tout simplement pas « supporté ». Pendant ce temps, c’est une vraie ambiance silencieuse, pesante, qui règne sur l’île – un vrai contexte de fin du monde et pour cause, l’île devient vraiment, vraiment très VIDE. Tout les Losties non-importants sont morts depuis l’attaque en début de S5, exit Widmore et son équipage, exit Sayid, Jin et Sun dans le triple combo le plus cruel de la série. Une dizaine de personnes, tout au mieux… en comptant Rose et Bernard qui font leur apparition saisonnière. En fait, la série ressemble plus à un adieu envers les téléspectateurs et cette impression va bientôt se confirmer!

Smokey – qui n’a donc pas de mone puisque sa mère est morte avant qu’elle puisse le nommer, logique – perd donc ses « propriétés » et se prends deux trois torgnoles, réalise qu’il peut saigner – se barre et bataille finale et kharmique sous une pluie torrentielle et sur les bords de falaise. Petite séquence gigantisme et Jack se prends deux trois coup de couteaux au mauvais endroit. Bref il est en train de clamser, relègue le rôle à Hurley qui fait un peu « jeton sympathie importante » et l’avion Ajira décolle sans aucun problème. Claire embarque, Desmond est supposé rentrer chez lui dans le futur… et Jack, après avoir rebouché l’Ile magique, déambule à moitié dans les bambous, retrouve l’endroit exact où il s’est réveillé après le crash, la basket de son père est toujours postée au même endroit… il s’allonge, Vincent (hé oui, les scénaristes nous spoilaient dès le départ que le chien survivrait, super) vient à coté de lui pour qu’il … ne meure pas seul (le fameux mantra) et dernier plan ultime sur la fermeture de son oeil après qu’il voie que ses potes sont bien dans l’avion qui passe au dessus de lui. Le gimmick ultime est pris à contre pied, il ferme l’oeil… et apparition du titre avec dernière petite note de piano, gloups. C’est fini, c’était émouvant.

S’en sortent vivant : Kate (qui est donc la seule à avoir fait les deux allers-retour) Sawyer, Claire, Miles, Frank, Richard et probablement Desmond s’en vont. Ben et Hurley restent pour de bon sur le caillou. Hé bah.

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FLASH SIDEWAYS EN 2004 // LOS ANGELES

Alors là! Tout était possible mais les indices concordaient : une réalité parallèle où l’île n’a aucune incidence sur chacun, où tout le monde s’en sort globalement mieux ou au contraire l’inverse de la ligne principale? Etrange, d’autant plus que cette propension à rassembler tout le monde par le fruit du hasard très malléable fait penser aux débuts de série… avec Desmond, le maître du temps qui semble être toujours au courant de l’autre réalité – ce qui est complètement impossible vu la nature de ces flashes mais bref – avec l’arrivée du corps de Shepard Senior tout s’accélère, un contact entre deux personnages et le passé revient dans la tête de tout le monde. C’est plus difficile pour certains mais on a compris le principe. Et dès que deux personnes retrouvent leur « mémoire » – ils ont soudainement une attitude bizarre, il ne contestent pas du tout la réalité et veulent aller « quelque part » avec un sourire béant au rêve. Dès maintenant on palpe la partie sectaire du truc et on sent venir la suite, qui peut être bien amenée mais qui prends un certain temps à être acceptée. Le grand final, le mic mac ultime autour de ce concert, c’était pas génial mais comme d’habitude tout concorde, tout est logique, toutes les occasion sont bonnes pour faire des parallèles. Les « couples » se retrouvent, « switchent » et veulent aller dans leur Vahalla perdu. Maintenant c’est séquence émouvant sur séquence émouvante, Locke se fait réparer, il pardonne à Ben. « Ca fait vraiment du bien à entendre » j’ai fondu en entendant ça – et tout le monde se retrouve à l’église d’Héloïse Hawking. Jack déboule, trouve le cercueil vide, voit son père et grosso modo à la question « Mais tu es sensé être mort, qu’est ce que tu fous là? » il y a la plus prévisible mais aussi la plus terrifiante des réponses « Mais qu’est-ce que tu fais ici? » et à partir de là… il faut être fort pour rester impassible. Voir un mec accepter sa propre mort est quelque chose de rare et de bien joué en l’occurrence… mais voilà, le mot est lâché, il sont tous morts. Bien après que l’histoire principale soit montrée bien sûr, juste un endroit qu’ils ont imaginé pour qu’il soient ensemble avant de « passer à autre chose ». On peut trouver la séquence ridicule mais j’ai trouvé ça vraiment émouvant et ambigü – et c’est tellement ironique! Dès la saison 1 tout le monde théorisait sur le fait que tout le monde était mort dans le crash, l’île servant de purgatoire. Bingo, c’était le rôle des flash sideways – tout le monde s’est « mieux » débrouillé, ils sont tous heureux ensemble (et quand tu regardes cette séquence tu te rends compte que tu es le seul crétin célibataire) et ils « passent à autre chose » tous ensemble dans cette église. Le parallèle il est là, « Live Together » mais dans l’imagination / fantasme / paradis – mais pas « Die Alone » dans la vraie vie. Gosh, mon cerveau commence à galérer là.

Belle séquence finale. Emouvante – le dernier mot est un « you » laché par Locke, définitivement la grande victime de la série. Car aussi réchauffante soit cet « aspect » du scénario… ben il n’a rien de réel concrètement! C’est émouvant de voir Jin et Sun ensemble mais non, ils sont morts noyés! Concrètement, il sont tous morts! Implosion du sens commun! Et pourtant c’est parfait car dans l’esprit de la série : foi, science, un petit flottement entre les deux, du gris et du gris. Tout en ambiguïté, sans répondre à grand chose, juste à finir les relations entre les personnages, qui ont vécu « le meilleur de leur vie » ensemble *petite pause pour écraser la larmichette*

C’était subtil. On dirait pas mais c’était subtil, et intelligent. Honnêtement, il pouvaient pas faire grand chose. Tout le monde se « donne » l’occasion de se dire au revoir, comme pour le dire au fan de la série… et pour le reste, c’est de la question laissée en suspends. Le plus troublant, c’est l’entièreté du fait que les flash-sideways soient « faux » – la blessure de Jack? On s’y perd! Et on a l’impression que la première et la dernière saison auraient suffis, quand bien même tout ce qu’il y a au milieu était exceptionnel. La bombe nucléaire a explosé et ils y ont réchappé, sans aucune conséquence temporelle? SERIEUSEMENT? Au final, la partie « Dharma » de la série a-t-elle servie a quelque chose? Comment on fait pour la balance entre réalisme et fantastique? Pourquoi Libby est-elle devenu maboule? Tant pis pour nous, il faudra se contenter des juxtapositions et du symbolisme extrême (et quelle consolation maîtrisée!) Donc une fois de plus, je ne comprends vraiment pas la haine gratuite autour de ce series finale, ils ont réellemet donné le meilleur, toute autre fin n’est plus qu’un fantasme. Gros déchirement de quitter cette série, donc merci Damon et Lindlelof, merci les acteurs (Matthew Fox dit qu’il connaissait son dernier plan dès le début, au final ça parait logique) merci les gars quoi. C’était très bien, bravo et encore merci.

RB3-e1274793615727.jpgBon. Ce week end c’est l’épitanime, un peu sensé être le meilleur week end de l’année. La aussi les attentes sont TRES hautes et on stresse un peu. Si vous venez n’oubliez pas l’essentiel :

– GRAND SAC. Doit contenir le minimum de bouffe, le minimum d’eau, des vêtement de rechange, DS et appareil photo chargés. Beaucoup de vide pour repartir avec ses lots et ses achats.

– 99% de ce que vous pourrez acheter devient un achat justifié, d’une manière ou d’une autre

– Laissez votre patte sur la bannière de papier géante!

– Passez au dépôt vente pour déposer ou acheter des trucs! J’y mettrais au minimum un Naruto 360 neuf et un atroce Tomb Raider Underworld sur Wii.

– Comatage nocture? Hop, dans le grand amphi, on peut y pioncer sans que ce soit culpabilisant.

– Forum Thalie, Salle 6 les deux nuits. Pas mal de jolis lots à gagner et l’occasion de rencontrer pas mal de monde, et même deux trois personnes presque normales!

– Sébastien Ruchet sera là, au stand Nolife et je compte bien lui passer le bonjour et lui donner un peu d’amour réconfortant!

– Pas de panique. Ca VA bien se passer.

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Stupide hobbit joufflu

Vous connaissez peut être ce fameux proverbe texan, à prononcer sur sa monture et l’index posé sur le chapeau : « Fool me once, shame on you. Fool me twice… » attention post Survivor rempli de prénoms et de termes techniques… mais il y aura une pause Rock Band, ça peut vous faire marrer.

Précédemment : république parlementaire de Samoa (217083 habitants – président Tupua Tamasese Tupuola Tufuga Efi, monnaie – le Tala) été 2009. Un jeu américain surpuissant implique 20 personnes sur une île à faire les fous et à voter contre un sortant tout les trois jours. La totale intégralité du casting a été assez stupide pour sortir toute seule, à part la gagnante, un petit troll et les deux filles qui ont soupçonné son type de « jeu » (qui du coup ont été les deux premières à sortir) du coup à force de magouilles, de coups de filles de joie et d’hidden immunty idols qui tombent du ciel, il arrive dans le trio final après avoir survécu dans son alliance de quatre contre douze et perd contre le jury final qui, bizarrement, est aigri. Il n’empêche que la performance et le temps de parole surréaliste accordé au bonhomme a marqué les esprits, tant et si bien qu’avant que la saison ne soit diffusée, ils ont décidé de le remettre dans la vingtième saison anniversaire – habilement thématisée et nommée Heroes VS Villains. Vingt jours de remise en forme à l’hôtel et c’est repartie pour une deuxième livrée.

… 39 jours plus tard, rebelote, de nouveau dans le trio final sauf que les choses se passent encore plus mal – troisième et pas un seul vote, le voilà qui pète les plombs en direct pour la deuxième fois, à insulter tout le monde dans les interviews post-production. Que s’est-il passé?

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 Russel Hantz c’est un peu l’homme de l’année scolaire dans la real-tv. Je dois lui accorder un certain crédit : deux jeux entiers, deux fois finaliste, un certain nombre de stratégies bien foutues, des immunités chopées légitimement et souvent quand il le fallait vraiment… mais cette insupportable velléité à prendre sa saison en otage et à mépriser tout le monde dans le processus. Sodoculer les gens, oui pourquoi pas et c’est même le but du jeu mais avec le sourire c’est toujours plus sympathique pour les geeks qui suivent l’émission. Cette place dans Survivor VS Villains était toute légitime mais comme ses exploits n’étaient pas encore prêts d’être diffusés, tout les All-Stars ne connaissaient pas le bonhomme. Jeff Probst, le présentateur, a juste dit en préambule qu’il faisait partie des « top 5 des poseurs méchants stratèges… et le-dit de stratège de refaire plus ou moins la même chose avec des globalement beaucoup moins cons.

Sous-titrer cette vingtième saison « Heroes Versus Villains » c’est une bonne idée! Ca avait de la gueule! De manière générale le manichéisme à la télévision est un concept qui donne envie de faire mal aux murs avec nos têtes (et en France surtout) mais cultivé de cette façon totalement assumée, à la limite de l’esthétisme (oui parfaitement) était indubitablement un bon réflexe pour nous refaire un jeu All-Stars. Les blancs contre les noirs, c’est une recette qui marche très fort avec toutes ces fictions qui poussent le concept jusqu à l’extrême (Umineko et bien évidemment… Lost dont le dernier épisode est diffusé ce soir – FEAR) donc le Russel à rejoint l’équipe des Villains, déjà fortement agrémentée par :

– Benjamin « Coach » Wade : le mec qui a tout fait, tout vécu, a pagayé en Amazonie avec les zoulous avant de se faire rôtir, s’est échappé et est venu participer à Survivor pour faire participer tout le monde à son propre trip médiéval agrémenté de surnoms improbables « Le chasseur de dragons » « le sorcier » « le WARRIOR » bref un beau bordel dans sa tête »

– Rob « Boston » Mariano, deux saisons passées, une fois finalistes, DEUX saisons de The Amazing Race, une fois finaliste, le mec passe sa vie à faire des real-tv. Menteur hors pair. Charismatique.

– Parvati Shallow – la plus grande bouffeuse d’homme de l’univers, doublée d’une incroyable joueuse qui SAIT obtenir ce qu’elle veut, bref une personne qui vous mange la tête après les choses sales

… entre autres. L’énorme problématique de cette saison était un spoil MASSIF. Je sais pas qui était aux commandes de cette fuite massive mais il était assez difficile d’esquiver les forums spécialisés où tout les trolls du monde s’étaient regroupés pour poster des topocs du genre « OMG Russel termine troisième, Parvati
deuxième et Sandra gagnante » à partir de là il y a deux attitudes qui rentrent en jeu : soit un déni total (encore ce foutu troll en final? Encore cette dominatrice en finale? Ouf! Gagnante déjà gagnante et méritante de surcroît <3 ) soit une espère d’attente, de voir comment ce résultat va être goupillé – bref on regarde le déroulement des choses en savourant un fantastique « Ne pas s’énerver – il va se casser la gueule, c’est écrit » d’où une saveur toute particulière. (Et le spoil intégral était disponible avant même la diffusion de Samoa, c’est dire son impact – le mec a pas encore joué une saison qu’on sait qu’il arrive au bout de la deuxième)

Une équipe de Villains qui ressemble à un casting all-star de catch, qui commence la saison en arrivant en hélicoptère face à dix heroes un peu médusés. Une équipe de heroes qui ressemble à un tas de muscles, des gens qui ont indiscutablement dominés leurs précédentes apparitions. Des gens pas forcément très très malins mais qui constituent l’essentiel des favoris du présentateur, qui ne cache jamais trop ses préférences dans le domaine. C’est parti, dix contre dix, le truc est lancé avec un bon vieux challenge bien physique. Des culottes se barrent, un sous-tif s’en va, une épaule est disloquée c’est dire si effectivement le truc démarre comme un match de catch. Les choses sérieuses commencent et on amorce cette phase un peu inévitable de jeu où on dégaze (sic) les joueurs qui font n’importe quoi, qui ne s’affirment pas vraiment ou qui s’affirment trop en le faisant mal. Mais ô joie pour les puristes amateurs de coups bas, les Heroes perdent. Dans un premier temps il ratent un peu tout et les trois quatre premières sorties les appartiennent. Des gens jugès trop
faibles, trop boulets ou un poil trop stratège – bref des gens qui ont enfin un retour de kharma bien mérité. Il faut pas beaucoup de temps pour se retrouver à 9 contre 5, là où les Heroes étaient sensés dominer les challenges avec leurs muscles saillants – problème et là je vous jure que c’est vrai – la bonne majorité des jeux se terminent par un puzzle et l’équipe des bleus à comme un problème avec, ils n’y arrivent pas et les rouges en face rattrapent toujours le temps perdu via le fantastique boulot de Boston Rob. Du coup ils tombent comme les arbres à Noël 99 ou dans la pub pour le sucre tac tac tac tac et pas mal de connivences se créent dans les deux clans. Chez les Heroes la parole ne veut pas dire grand chose, on vire surtout la « victime de la semaine » qui aura sorti le mot de trop ou fait le geste mal placé. Chez les Villains c’est surtout la « Team Russel » contre la « RobMafia » (ok ce sont des noms de fans, heureusement) et chaque clan fait sa petite course aux immunités cachées. Le déroulement du jeu est immuable et les Heroes se réfugient dans une attitude complètement monolithique « on est des gagnants! On est des warriors » alors que les mecs d’en face sont trop occupés à faire des mimiques et à se foutre de leur gueule. Bref la saison s’annonce assez dominatrice…

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 Et c’est là qu’intervient notre hobbit préféré. Lui il est confronté à pas mal de gens aussi mégalos et il panique un peu – il retente un peu les mêmes tours mais il n’y a plus de chaussettes à bruler! Il essaie de diversifier ses secteurs d’activité et enterre une machette dont personne n’a rien à foutre. Pas évident de réclamer de l’attention quand tout le monde est de même niveau… mais encore une fois il garde la même idée en tête : virer les plus forts. Ce mec à un fétiche de la difficulté, il aime saborder les choses, je sais pas trop comment l’expliquer – il n’empêche que c’est vrai, la roue tourne et les Villains perdent leur premier challenge… puis deux… un certain nombre et les conseils s’enchaînent. Après une première perte tout à fait neutre, les gens paniquent pour sauver leur peau, c’est trois contre quatre et deux qui regardent. La RobMafia se rends compte du potentiel gravissime du sieur Hantz et essaie de le virer – c’est là que ce dernier nous sort un JEU DE HASARD COUILLU A LA BATMAN et tourne la tête d’un des mecs de la faction adverse, qui ruine complètement le plan et sort tout seul, en guise de punition immédiate. Tyson dégage, porte ouverte à Rob, puis à Coach, puis à Courtney, bref tout le foursome charismatique sort du jeu en file indienne et tout les fans du monde entier pleurent des larmes de sang. On est à mi-chemin et le jury commence à se constituer…

La menace Villains prends tout son potentiel avec l’alliance Russel-Parvati : imaginez un Bonnie and Clyde de la télé-réalité, avec un Clyde Barrow control freak pensant tout dominer marié à une Bonnie Parker qui à deux tours d’avance mais qui la ferme, la sachant pertinemment gagnante au bout face à l’autre. A partir de là la vérité s’impose mais s’accepte si difficilement : ces deux là iront jusqu’au bout, la troisième roue du carrosse étant probablement le gagnant. Cette roue c’est Sandra, une Villain gagnante, trentenaire tardive, maman latino, parfaite dans le role du « sous le radar » qui sait ferme sa bouche quand il le faut. Le petit grain de sable qui va faire déconner l’inévitable… bref toutes ces scénarios dramatiques! Ah la la, Survivor. En attendant, on est encore 6 contre 5 et Russel est le dernier mec chez les Villains. JT, un Heroes, se prends de compassion pour lui, sort de sa tête le fait qu’il va être la victime d’une alliance de femmes chez les Villains, trouve une Hidden Immunity Idol de son coté, lui écrit une lettre et l’accompagne en pièce jointe au troll qui la récupère discrètement lors d’un challenge. OUI. Exactement comme dans le sketches du Saturday Night Live « Dear Russel » et BAM, mmh Watcha Say. Comment peut on être aussi con pour donner une imunité jetable à l’équipe adverse? Il a oublié le nom des équipes ou… en tout cas, la manoeuvre était transparente et
personne n’a bronché chez les Heroes. Du coup, Russel la donne à Parvati qui en a désormais DEUX. Il pleut des idoles chez les stratégiques, c’est vous dire le bazar! Bref c’est la réunification, la « merge » à 6 Villains contre 4 Heroes – ces derniers partage les votes mais Parvati sort ses deux idoles en même temps et sort par le même coup l’autre crétin généreux. Instant kill en somme, voilà ce qui arrive quand on est trop IDIOT. Et ça a gagné une saison… pff! Mff! Meh! Bref je vais pas vous détailler le truc mais ça le Russel, king of Samoa comprends qu’il ne maîtrise pas TOUT, mais qu’il est toujours majoritaire à 5 contre 4.

A partir de là il se passe un truc rigolo à Ponderosa, la séquence du jury visible seulement sur Internet (intra muros, quand on se fait sortir, on doit garder le silence et on n’est là que pour mater les conseils) les trois premiers jurés, à savoir Coach, Courtney et JT, jouent à Rock Band. Bon c’est déjà suffisamment rigolo mais ça prends une ampleur démentielle quand il décident de monter un groupe nommé « Les Dragonz », avec premier tube, clip à l’appui et tout le ploum ploum tralala. C’est tellement absurde et mauvais que ça en devient génial. Jouer à Rock Band en prenant des positions christiques n’a jamais été aussi naturel!

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Ca ce n’est qu’une histoire à suivre en parallèle mais l’hilarité du truc est telle… ENFIN. PENDANT CE TEMPS A VERA CRUZ. 5 Villains (dont Russel et ses deux femmes fatales, contre une fille de main et la mère Sandra qui veille) d’ailleurs la Sandra elle a essayé de prévenir les Heroes des manoeuvres de l’autre tyran mais personne ne la croyait jamais, toujours synonyme de sortie immédiate. Sandra devient un peu la Cassandra j’oserais dire pour taper dans le mythologique. A ce stade, l’inévitable l’est toujours autant et on s’attend à ce que les Heroes minoritaires sortent un par un. C’est effectivement ce qui arrive, plus ou moins, avec quelques accrocs, la recherche de l’hidden immunity idol étant toujours un enjeu crucial pour espérer le coup d’état fatal. Pas de bol, l’ndice est toujours trouvé par un Villain – nombre de scènes surréalistes sortent de là, par exemple quand Amanda et Danielle font un véritable catfight pour un indice dans la maison de Robert Louis Stevenson, pendant que Colby mate le truc avec son pop corn, l’air d’en avoir rien à foutre. Non, je veux dire littéralement, le gif de l’année un peu. La-dite lividmanda se fait immédiatement sortir et fait foirer une nouvelle fois le plan anti R. à cause d’une autre Heroes dissidente qui pense trouver refuge avec les villains. Bien sûr, cette dernière se fait virer immédiatement après, il ne faut pas rêver… le montage change envers le hobbit. On sent qu’à ce stade la fatigue veut nous le faire détester et c’est pas difficile en sommes –
intra muros les candidats restants ne pensent probablement pas une seconde à le virer parce qu’avec son jeu agressif (cette fois il ne faisait même pas semblant de taquiner et menaçer ses camarades, d’où un certain nombre de refus et de réactions outrées) vu son parfait satut de « chêvre ». Personne ne pourrait voter pour lui et il semble être le seul à pas s’en rendre compte – bref – on sent que le montage veut jouer la carte de « futur déchu » surtout avec Sandra, toujours présente, qui n’a jamais gagné aucun challenge mais qui SAIT répondre et sortir les « Shut Up » et les « Fuck you » qui font tellement de biens aux téléspectateurs. Le Russel prends peur et vire l’une de ses commandantes grace au recrutement des deux heroes restants qui n’attendent que ça – un dernier petit détail qui le conforte dans cette position de contrôle. Bien sûr les deux derniers Heroes sautent et la carré final est intégralement rouge. Russel, Parvati la terrible, Sandra et Jerri qui passait par là, jamais une réelle menace. Russel gagne la dernière immunité (car oui en plus il gagne tout. Physiquement. Avec Parvati. C’est fatiguant. Tellement que je fais des phrases courtes) et vire Jerri car il suppose que Sandra ne gagnerais pas avec ce jury. HO HO HO il était trop occupé à faire ses magouilles pour se rendre
compte qu’au contraire, elle avait copiné avec tout le monde. Bref Sandra et Parvati se foutent de sa gueule, brûlent son chapeau (ultime vilénie et retour de kharma, puisqu’il brûlaient des chaussettes une saison plus tôt) et au final le jury le défonce avec les honneurs, préférant une gagnante faiblarde et un peu passive mais bonne gueule à une bouffeuse d’hommes un peu trop arroguante et bourrine. Et c’est la … victoire. La deuxième victoire pour ce qui est probablement la gagnante préférée pour les fans du show.

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Oh là victoire tellement méritée. Un Villain, c’est déjà bien dans l’esprit, mais une fille un peu neutre, un peu faiblarde, incarnant un gameplay tellement subtil et « survivant stratégique », c’est génial. Au final ce Final 3 c’était la sublimation de trois stratégies différentes, « Under The Radar », « Middle Of The Road » et « Over The Top » comme disent les pros de l’étude du montage. Il n’empêche que le Russel à encore gagné le prix des téléspectateurs et il se tape la bagatelle de 400 000 Dollars en deux saisons (et je rappelleque c’est plus ou moins un magnat du pétrole) donc ça va, il est ridicule mais assez riche. Le fanservice aura été ultime, il nous a cassé couilles subtilement toute une saison, il le refait frontalement et il re-perd. Une place en moins. Avec un très bon gagnant – c’est la JOIE.

Une joie qui irradie jusqu’au Koh Lanta Choc Des Heros qui nous a foutu la finale la plus fanservice et le gagnant le plus méritant et charismatique de l’histoire de l’humanité. La première partie de l’année on s’est tapés des gagnants chiants, relous, imméritants – le deuxième semestre c’était tout l’inverse, et sur tout les fronts. Ca fait du bien un peu… et pour Survivor, on se retrouve en Septembre pour Nicaragua. Mauvais présage puisque les deux prochaines saisons y sont tournées… et ça craint la nouvelle saison thématique. Peut être Russel contre le reste du monde?

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Mario Maso 2#8

Un mois d’attente! Je suis conscient de la longueur exagérative d’un tel délai mais voilà, c’est reparti et pour vous récompenser de cette attente désormais comblée j’ai choisi de diviser la dernière séance non pas en trois, mais en deux épisodes. Du coup aujourd’hui c’est trois vidéos qui approchent de l’heure, de la REVOLUTION des aiguilles en compagnie de Punky Boy, rédacteur en chef de Press Start Button, où la chronique est publiée en différé. Une petite plongée dans le monde journalisme vidéoludique qui a confirmé mes envie de journalisme dans … la musique! Mais c’est pas grave, en attendant on peut dire du mal de Nolife, de Julien C, et bloquer comme de porcs sur des niveaux toujours plus relous.

Bon visionnage et ben bonne chance hein.

 

 

 

 

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Kickassia

Gros morceau pour cette fois, là on va s’occuper de l’intouchable de l’animation. Honnêtement, je sais pas du tout comment un anime fait pour acquérir ce genre de statut dans la fanbase et sur le grand Internet en général. Période de vaches maigres? Gros projet lié à une longue attente? Réelle innovation et petit grain de
chance cosmique? Peut être un peu des trois, puisque le sujet du jour est, si on regarde le titanesque classement My Anime List – douzième en popularité et cinquième en classement global, sur un nombre à cinq chiffres. Je me souviens vaguement l’avoir vu deuxième en commençant la chose, en Septembre… alors comme d’hab, pourquoi s’être lancé à corps perdu dans cet anime? Bah je viens en gros de le dire, dans une démarche de curiosité face à la gigantesque popularité de ce produit de l’année 2007. Un truc bien récent d’ores et déjà érigé comme étant un truc immanquable, y’a une certaine classe derrière la chose, une aura totale… et le genre était un petit défi en soi puisqu’on est dans le registre mecha. C’est toute une classe d’anime, avec des gros robots que se foutent sur la gueule… et ça ne m’a jamais vraiment fait palpiter les grandes salivaires, j’ai jamais été fan des brigades multicolores combattants le mal métallique. Et pourtant… c’est plutot bien passé car il y a pas mal de propos derrière. Donc, de quoi on parle aujourd’hui? Make an educated guess!

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 Gurren Lagann. Gurren FUCK*NG LAGANN, l’univers de fiction où tout le monde est cool, tout le monde est courageux, tout le monde botte des rangées de culs sur des kilomètres de culs, des kilomètres de culs visibles depuis Google Earth! Et le principe de l’anime est là justement, j’adore mater des gifs qui nous font des comparatifs progressifs de planètes pour nous montrer à quel point la terre est petite. J’adore jouer à Katamari pour passer d’une boule de 3 centimètres à une autre de 3 PLANETES! Bref la notion « d’infiniment » est quelque chose qui me fascine, c’est un peu ce qui m’avait fait prendre Spore pour être concret, typiquement le concept du « mais jusqu’OU on peut aller? » Gurren Lagann c’est ça, un anime et un univers exponentiel, on passe d’un extrême à l’autre avec pas mal de schémas un peu clichés, de surprises et de badasseries. Oui, de badasseries! Ca n’existait pas y’a cinq secondes mais maintenant c’est fait.

 Quand on entends vaguement parler de l’anime avec les gens complètement atomisés cérébralement qui viennent de le finir, on ne retient que le coté « playmobil » des mechas. C’est vrai quoi, qui a eu cette idée de gens dans des robots géants qui prennent des expressions anthropomorphiques pour coller à l’humeur du moment? Bah passé une certaine incompréhension qui reste malgré tout, on peut dire que c’est dans le registre… des plaisirs coupables inexplicables. Ca doit être lié au fait que j’ai surkiffé les digimons – qui sont eux aussi des trucs multicolores doués de paroles qui évoluent (même chose, un degré au dessus, puis un autre… puis un autre… de plus en plus rarement et de façon de plus en plus flamboyante, sauf pour Angemon évidemment qui bougeait jamais ses fesses et qui n’attendait que le scénario évolue en même temps bref) donc je peux comprendre sans le faire moi même… et c’est là que les choses se compliquent puisque l’entièreté de l’anime peut être perçu de façon très paradoxale : soit un truc méga bourrin où tout est fait pour plaire, soit un truc relativement subtil, avec un tas de petites techniques littéraires surprenantes et pas mal d’innovation et de prises à contre pied. Finalement c’est les deux mon capitaine et c’est loin d’être incompatible. Ca enlève le coté ridicule de l’un et l’aspect péteux de l’autre… mais j’étais loin de savoir tout ça en me procurant le premier coffret DVD en Septembre. 50 Euros pour neuf épisodes, c’est hon-teux, sérieusement… mais je l’ai fait en état de cause, pour le bonheur de packaging et les deux trois joujours offerts avec. J’ai donc maté les neuf épisodes, break de sept mois et hop toute la fin en trois semaines, soit 27 épisodes.

C’était un peu pour faire le pont avec le début et la fin prochaine de l’année scolaire histoire de préserver le saint symbolisme gratuit… et donc le lancement du premier épisode à quelque chose d’assez excitant et de mensonger sur la suite, pas nécessairement dans le sens négatif du terme. Les vingts première minutes ne posent pas la situation de base, mais bien un univers sensé représenter tout le background, l’historique, le vécu des personnages principaux sans qu’on ne revoie jamais cet environnement par la suite. Simon est un jeune foreur d’une treizaine d’année, un peu mis au banc de son village … sous terre. Car oui, futur indeterminé, les robots/méchas ont pris d’assaut le monde, et dans les méchas il y a les hommes-bêtes. Je pourrais sortir un pseudo au hasard pour faire une vanne mais non on parle bien d’hommes animaux, qui vivent sur la surface, obligeant les humains rebelles à vivre leur vie tant que possible en dessous. Simon voue une admiration infinie pour son très GAR frère spirituel Kamina, un peu le héros de type crétin fonceur… et une suite d’évènements le font tomber sur un Ganmen, un petit modèle réduit de mécha, un autre Ganmen débarque enfin en ville pour foutre le bazar, le casting s’élargit avec Yoko – la sniper aux gros seins de …. 14 ans – le trio sort de Terre, découvre la surface… et en avant pour l’aventure, POUVOIR de l’AMITIE, POUVOIR du COURAGE, POUVOIR DU MOI QUI CROIT EN TOI QUI CROIT EN CELUI QUI PERCE LES CIEUX. I am he as you are him as… tout ça. A partir de point, le scénario devient un poil plus linéaire, le casting se dirigeant vers un objectif défini… pouvant varier. Pour faire simple, le but initial pour Simon va être la conquête de la ville des hommes bêtes et ainsi pouvoir permettre aux humains de revivre normalement sur terre, un petit coté Matrix Reloaded pas dégoutant du tout.

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Un objectif de vie dans la brigade Gurren Lagann c’est un peu la concrétisation d’un arc de l’anime. Des arcs, ils y en a quatre et à partir de là deux remarques – d’une part il y a tout un tas de petits efforts cosmétiques qui aident à les distinguer : l’opening change deux trois détails, la police d’écriture des titres change (hô très important ça! Mais si) on sent qu’il y a une petite volonté de fragmentation subtile. Pourquoi ça? Un pan de l’anime peut se terminer plus vite que prévu, où tout simplement quand on l’attends pas, d’où surprise, d’où un certain plaisir à ne pas s’attendre à ce qu’on vient de voir. Ce n’est pas très français mais Gurren Lagann sait faire étalage de couilles et peut prendre des risques dans son déroulement, il y a de quoi être pas mal dérouté plus d’une fois et les codes dramatiques sont pas mal renouvelés. Rien que pour ça… chapeau.

Mais je parlais de notion d’infiniment! L’anime commence de façon très minuscule, sous terre, avec des petits robots, puis la perspective grandit, grandit… et on s’envoie des galaxies à la gueule! Cependant en regardant le premier arc, je me disais souvent « oh Gurren Lagann ça ressemble un peu à Pokémon hein » RANGEZ VOS FOURCHES, je m’explique. Globalement, le premier quart de l’anime obéit à un schéma très carré, aux mêmes codes, aux mêmes gimmicks. Un nouveau Pokémon, une fille, Team Rocket etc. Le début de Gurren Lagann c’est un peu ça : le Gurren-Gang s’immisce quelque part, rencontre un futur membre de la brigade, s’ensuit une bataille épique. Immanquablement… on court vers un objectif indéfini, et il nous arrive globalement la même chose à chaque épisode, plus ou moins thématisé. Vous voyez ce que je veux dire? Surtout quand les-dits persos ont pas l’air subtils de prime abord. L’épisode de plage sonne comme « épisode nichons » – le principe est même inversé de façon franchement comique – et pas mal de personnages ont l’air si cons qu’ils ressemble littéralement à des clowns! Non mais Leeron quoi, écoutez son thème musical et notez sur un papier ce qu’épelle la voix robotique. Véridique) mais faut dire que c’est tout ce qui caractèrise l’anime, ce coté complètement too-much assumé de partout, Kamina qui en fait des tonnes et qui récite les gimmicks de l’anime le doigt levé, Simon qui pue l’archétype du héros chétif qui va sauver le monde et les seins anti-gravité de Yoko. Heureusement que y’a Boota et ses « Boo Boo Boo » pour relever le niveau – et puis ce n’est qu’une première impression, chacun aura son petit développement, ses petites marques de subtilité, son petit jour dans la lumière. Et puis surtout, surtout, y’a un truc qui se dégage dès le premier épisode, le show est incroyablement COOL. C’est comme mater Ocean’s Eleven en 2001, ça respire la classe, tout est fluide, tout inspire le charisme, les transitions entre les deux moitiés d’épisodes (vous savez, les eyecatchs, DONG DONG badoum poum poum thac) doivent être les trucs les plus cool jamais fait dans l’animation japonaise et putain mais alors l’environnement sonore et la musique… même si j’ai jamais été fan du fameux « Raw raw fight the powa § » il faut admettre la coolitude et le travail derrière – bref là c’est que des impressions qui émanent du PREMIER épisode!

Le scooby gang s’étoffe, des combats épiques de méchas… et moi même en étant assez peu fan je dois dire que ça passe bien. Non pas que l’intérêt de voire des trucs en métal se foutre dessus soit énorme mais y’a toujours une telle implication épique, dramatique… où tout simplement visuelle… c’est vrai que ça paraît quand même très très GROS des méchas qui se laissent contrôler par le pouvoir du courage, nan? Ben oui, ça a pas changé, ça l’est toujours.

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 Donc le scénario progresse gentiment et HO ATTENDEZ, c’était pas prévu! Bref. Surprise – et on repart sur des chapeaux de roues… et l’opening change subtilement, la police aussi… mon dieu mais oui, on essaye de nous imposer un nouveau personnage! Littéralement tombé du ciel, c’est dire l’ironie du truc! De façon un peu trop voyante! C’est dommage, surtout quand le-dit personnage parle avec un ton un peu trop monocorde, en décalé (oui bizarrement ils ne sont pas toujours synchros) en agitant les bras, bref. Ah et pendant que j’y suis, il se regarde très bien dans les deux langues. J’ai maté les neuf premiers épisodes en DVD et en VF, et surprise, ça passe vraiment, vraiment très bien. Pas comme Soul Eater où la plupart des gens s’en foutaient un peu, pas comme Hinamizawa où ils y mettent de la bonne volonté sans que ça marche vraiment, nan là je vous parle d’une VF accrocheuse, dans le ton, qui aide à l’immersion dans l’univers de Gurren Lagann. C’est probablement la meilleure VF que j’ai entendu pour un anime aussi récent. Les deux autres tiers étaient en Vostfr (bah oui, c’est tonton Akamatsu qui m’a envoyé les cassettes depuis Osaka, pff vous pensez quoi) et c’était tout aussi potable sans pour autant me faire oublier la première version. En gros, c’est regardable dans toutes les configuration, c’est formidable!

Bref le scénario continue d’avance derrière ces petites considérations esthétiques. Ca devient better, faster, stronger, vous connaissez la chanson et encore une fois, l’objectif indéfini arrive plus tôt qu’on ne pourrait le penser. Peut être un peu trop tôt, un peu trop vite dans son traitement, mais c’est effectué d’une façon toujours plus épique. Un récap épisode pour respirer un peu (dommage ça, là aussi c’est une première que je ne m’attendais pas à trouver) et nous revoilà après… HO! Innovation littéraire! OMGWTFBBQGENIE§§§§11!

Non, bon j’exagère, pas d’innovation qui bouleversera le monde mais un changement radical dans l’univers de l’anime. Et c’est assez incroyable cette manie qu’à Gurren Lagann de se prendre à contre pied : la première partie de l’anime est tellement « terrestre », roots, se fait à pieds dans une ambiance intimiste et chaleureuse… et WOW la deuxième moitié démarre de façon tellement grandiose, spectaculaire, dans un cadre radicalement différent de ce qu’on nous avait habitué. Tout les repère instaurés jusque là sont dégommés et il va falloir ramasser ses deux un peu. L’impact n’est pas le même qu’une série sur plusieurs années à la Lost (omg trois épisodes restants omg omg) mais il faut un petit temps pour avaler les couleuvres scénaristiques. Et n’oubliez pas le coté « exponentiel » de la série que j’expliquais tout à l’heure : si Gurren Lagann démarre dans la notion d’infiniment petit, on prends petit à petit des points de vue plus gigantesques, l’échelle augement de plus en plus et ça se termine avec des proportions qui ne font plus que toucher le domaine de l’abstrait. On termine la chose, les quatre derniers épisodes sont à mater d’une traite comme un film tant le studio Gainax prends un malin plaisir à jouer avec nos nerfs (oui car même si le casting peut sembler complètement « invincible » et hermétique à la défaite finale ou à la défait tout court, faut pas croire qu’il y aura pas des dommages plus ou moins collatéraux) et l’épilogue est tellement rempli de nostalgie qu’on se demande si on pas, immédiatement, pris un coup de vieux, si le fait de s’émouvoir autant devant des méchas qui se mettent dessus était justifié. Ben OUAIS. J’en suis convaincu.

Là aussi y’a un équilibrage entre le fond et la forme. La fond, je l’ai assez étayé je pense, la forme en elle même est juste fabuleuse. Les graphismes du premier épisode et de tout la série en extension mais surtout l’ambiance « souterraine » du tout début, j’ai adoré, y’a pas d’autres mots – après l’anime se voulant très cosmique ben y’aura moult plans de ciels étoilés, de nature sauvage et de galaxies mauves. Et bonne mère ce que je kiffe les plans dans l’espace. Tout est meilleur DANS L’ESPACE. Ce sera une récompense, un ultime grand kiffe dans une deuxième partie qui n’explique pas toujours ce qu’il se passe, on nous impose des trucs et des couloirs scénaristiques un peu sortis de nulle part – peut être est-ce moi qui aie pas énormément suivi on sait jamais – mais bon parfois on a un peu l’impression de se téléporter d’un endroit à un autre, comme si on avait loupé un épisode. Et là évidemment c’est l’habituelle remarque sur le degré rationnel de la chose – faut pas en chercher. C’est dommage, c’est comme ça mais tant pis : l’anime viole et fout enceinte les lois élémentaires de la physique, à en clamser la bouche ouverte. C’est pas classe mais c’est un fait et tant pis, honnêtement, c’est pas le but recherché. Disons que c’est une porte ouverte à des séquences encore plus charismatiques!

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 Enfin, petit point fort crucial : les génériques. L’opening est assez connu mais assez classique dans sa démarche… mais y’a une forme d’intelligence derrière. Par exemple, les deux premiers s’ouvrent sur le premier couplet, et la deuxième moitié sur le deuxième. Pourquoi? Symbolisme! Bon dans cet opening y’a que les trois harmoniques à la fin que je surkiffe mais sinon j’ai tendance à la zapper. Par contre les endings… sont vraiment enthousiasmant. Déjà ils cultivent un coté monochrome toujours fantastique et puis musicalement… du bon gros rock japonais rempli de bonne volonté, avec deux trois gimmicks musicaux qu’on entends pas ici (même si les paroles du deuxième sont un peu niaaaaaaaaases) allez, voilà pour le premier. C’est toujours plus sympa de se faire plaisir dans le contexte mais si vous voulez vosu teaser un peu…

Et inutile de préciser qu’au delà de l’énorme bonne réception auprès des fans, Gurren Lagann est à la source d’un nombre surréaliste de mèmes, que ce soit les lunettes de Kamina, les phrases charismatiques pompées ça et là « WHO THE HELL DO YOU THINK I AM » etc etc. Et quelque chose qui est repris de partout ne peut pas être foncièrement mauvais, n’est-ce pas? Allez, en tout amitié, et très sincèrement, je vous conseille humblement de prendre votre internet, de percer les cieux et d’aller me choper le premier épisode, ça pourrait vous faire un petit truc à mater pour l’été. Faites moi confiance. Faites confiance au moi qui fait confiance en vous. En tout cas pour la posture d’un mec qui comprends pas trop ce qu’est un « anime de méchas » et le pourquoi de son succès, je peux vous assurer que j’ai pris un pied certain!

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