Lovin Japan, pour toi public

En bon nazi des chiffres et des running-gag j’aurais pu mettre dans le titre du post quelque chose du genre « Lovin Japan 2010 » mais
d’une part il n’y jamais de date officiellement accolée dans le titre d’une convention et d’autre part… personne ne miserait son premier-né sur une deuxième édition de Lovin Japan. En fait et
pour être clair, mettons nous en mode Sébastien Ruchet et disons que pour faire du profit il fallait 42 places vendues en un week-end. Sur cette même échelle, à peu près 13 ont été écoulées le
premier jour, d’où une certaine galère… Le dimanche soir, la sortie du métro regorge de mecs qui veulent filer des places, moi comme le dernier des crétins qui est habitué des marchands de
places à la sauvette, croit bon d’aller acheter sa place comme tout le monde – perdu, c’était le staff qui écoulait des places gratuites. Alors, euh, si vous aimez vraiment Lovin Japan, euh,
achetez leur des T-Shirts et des goodies HK, euh, pour faire vivre… euh, notre rêve en attendant euh… les mesures médiamétrie. *air triste*

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Du coup cette convention avait un petit coté collector, je peux l’ajouter à mon tableau de chasse du « j’y étais », un peu comme quand
Oasis s’est séparé devant moi en live! Et honnêtement, je n’y attendais pas grand chose non plus. Disons que la
communication autour de l’évènement était très faible, quasi élitiste et confidentielle, ce qui était d’autant plus curieux que le public de la convention ne l’était pas du tout… élitiste.
Alors pourquoi y être allé? D’une part pour pas laisser seul un illustre inconnu y errer solitairement.
D’autre part pour y rencontrer un autre illustre waponais qui a produit et dessiné une série que j’ai beaucoup aimé mais j’y reviens. Justement, Lovin’ Japan de base ne se démarquait pas beaucoup
sur les autres conventions du genre, surtout en face des deux énormes rendez-vous annuels qui tombent dans plus si longtemps maintenant. Le site n’a jamais annoncé quoi que ce soir de démarquant
ou de très original : les fameuses activités de japonais « ancestral », du « kendo », des « ninja », des présentations de jeux vidéos pas top, les habituels trucs associatifs… pas de réel attrait
particulier mais assister à une première édition d’une convention avait un aspect curieux, histoire d’avoir été là aux tout débuts, voir si la convention arrive à glaner une identité propre comme
l’Epitanime ou la JaPex, pour tout vous dire ben pas vraiment. Les retours de la convention affluent et ils sont tous légitimement assez mauvais mais curieusement, j’en garde un assez bon
souvenir… parce que j’y ai passé d’assez bons moments. Pour information, c’est la première convention que je « couvre » d’un bout à l’autre, et à peine la deuxième où j’y vais les deux jours
(rappelez vous, on a failli me déclarer mort avec la fin de la Japan 2009) ce qui est un petit succès en
soi.

 

Samedi matin, en avant marche, lever tôt, habillage express et lavage de ratiches pour le bus, le RER, le métro PUIS l’autre métro
pour arriver porte de la Vilette, vous savez à coté du Trabendo (la meilleure boîte Jazzy/Jeunes Talents au moooonde avec ses petits lutins malins peints sur les murs) la Vilette et sa grande
Halle qui ont été le théâtre du Micromania Game Show. Dès le dernier métro,
ça n’a pas loupé, les petites gothic lolitas qui vont répandre au monde entiers et aux médias généralistes les clichés qu’on déteste tous. Un jet de dès en AURA DES TENEBRES plus tard, j’entre
donc dans la file VIP alias prévente et ô joie, il n’y a aucune queue à faire. Petit prestige mais oiseau de mauvais augure néanmoins. Ils ont viré les sofas dans l’entrée, personne ne
papote dans le hall, c’est relativement vide et impossible de retrouver le coté très « journaleux » du Micromania Game Show. Bref, on entre dans le rectangle géant du hall et c’est
incroyablement silencieux. Si vous êtes un habitué de l’épita et de la Japex, vous savez à quel point un peu de silence est une bénédiction de tout les instants, là c’était limite l’ambiance fin
du monde. Un petit bruit de fond, comme si on était dans un aéroport, et surtout l’animation sur la grande scène en fond. L’emplacement de la Halle est assez astucieux et profite d’un agencement
bien foutu : une grande halle où se casent les exposant, une sorte de « fosse » au mileu où se trouvent les meilleurs stands de vente de manga/dvd, la grande scène en bout de piste qui est sensée
attirer l’attention et des balcons de part et d’autres où se mettent les jeux vidéos à essayer. La disposition est intéressant puisqu’elle évite de tourner bêtement en rond et la grande scène est
on ne peut plus bien placée puisque l’acoustique globale du hall fait qu’on y entends toujours ce qu’il s’y passe, et l’espace devant est très conséquent, on peut même la zieuter en hauteur,
devant la régie et la sono. Sur les cotés, bien planqués l’espace presse (qui cette journée était derrière une trappe mystérieuse) et les salles de conférence.

Quand on rentre, il y a comme une impression de déjà vu malsaine qui domine. Déjà vu et comme synonyme de convention un peu trop
généraliste : dès qu’on rentre, c’est comme pénétrer dans un espèce de jungle de boxs au noms affichés en hauteur, une grande jungle de beignets, de produits HK et de bonbons plus ou moins
japonais, comme si cet espèce de paquets de peluches de Yoshi, de 1 Up et de petits Narutos Chibis étaient un impératif totale à toute convention, comme si la culture japonaises se limitaient aux
produits un peu bof issus de deux ou trois séries. Pas de stand de compagnies aériennes, pas de stands de vraie bouffe japonaise, pas de stands de bouquins, films… Lovin le Japon, oui mais avec
des frous frous autour! En parlant des trucs qui fâchent, le public peut aussi parfois faire peur, dans la droite lignée de la Japan. Cosplays Naruto ou Bleach habituels qui sortent pas
franchement de l’ordinaire (et un mec en Bébé Mario les gars. En Bébé Mario. Il avait une couche et une tétine, je suis traumatisé à vie. UNE PUTAIN DE COUCHE) des gothics
lolitas à la voix aïgue qui se baladent en bande et dont l’intérieur du crâne s’apparente à une centrale électrique à énergie éolienne, des gens pas super brillants/calmes pendant les activités,
ou même des gens qui se baladent torse nu, et hasard des chiffres et des probabilités, ces gens là sont souvent très moches. Voilà pour le coté connard –

 

Pourtant difficile de trouver beaucoup plus de défaut à cette convention. En fait c’est une question de substance, difficile de
trouver beaucoup de défaut pour quelque chose qui propose si peu. Lovin Japan était une convention qui paraissait très peu ambitieuse, comme si elle tâtait le terrain pour l’année d’après, et ce
peu d’ambition était apporté sur un plateau avec pas mal de bonne volonté autour… mais pas mal de pauvreté. Petits détails qui peuvent fâcher : pas d’espace presse, j’ai pas vu de toilettes,
aucun moyen de boire intra muros… dommage! Pour expliciter l’avantage principal, l’attrait de la convention : Monsieur Abe. DIEU! Abe est mort pour tes péchés. Abe t’acceuille au paradis après
ta mort. Abe descend sur terre pour nous et il est tout gêné…

 

 

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Car Monsieur Abe est le chara designer de Serial Experiment Lain et Haibane Renmei. Qualité les enfants, les
Ailes Grises étant un anime qui m’a personnellement beaucoup ému, obtenir une petite griffe des cerveaux derrière avait quelque chose de gratifiant. Comme une bonne nouvelle n’arrive jamais
seule, le système d’inscription et le concept de dédicace lui même était parfaitement maîtrisé, cette fois on ne joue pas à Motus en espérant choper le profit non, il suffisait de se rendre au
post situé à l’entrée du hall, de donner son nom à la charmante hôtesse et de se rendre en salle de conférence à l’heure donnée (à condition d’être sur la liste! Si t’es pas sur la liste, le
videur-poseur te vire avec ses bras virils et t’es bon à chanter Amsterdam sur le caniveau – ceci n’est pas du vécu) et double effet kisscool, une personne tirée au hasard à la droit en
plus à avoir un fabuleux dessin par dessus le marché. Bien sûr nous on y croyait, parce qu’une chance sur quarante c’est presque une chance sur deux voyez – mais non, pas de chance au jeu. Du
coup, on s’installe tout penaud, on papote avec untel ou untel, notre nom sort, on se lêve de façon virile, petite courbette et en avant pour le dessin Fordiste. Le traducteur fait passer ce
qu’on veut, j’aurais pu dire aux créateur d’Haibane Renmei que leur série m’ont fait verser des larmes viriles, je suis CONTENT. Je déifiais pas ces deux hommes (d’habitude dans ce genre de
situation j’ai les bijoux de famille qui tombent, non là à la limite de l’osef) mais c’était très plaisant. Vous pouvez voir le résultat plus bas, un ex libris signé de mon prénom accompagné
d’une Rekki clope au bec et du gimmick le plus mystérieux de tout les temps, le fameux « C’EST BON. » (?) Ce petit manège deux fois le samedi, une fois le dimanche, impossible de passer plusieurs
fois. Comme première dédicace d’auteur c’était franchement tranquille, bon point intégral – les deux hommes ont même signé sous nos yeux la bannière géante d’Epitanime, ce qui possède une petite
dimension transitoire n’est il pas?

 

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Bof!

 

Le lendemain c’était le deuxième round d’animation autour d’Abe avec la fameuse conférence. Moi je m’attendais à un truc très « presse »
très sérieux avec posage tranquille de question et tout le tremblement, pas tant que ça. Juste avant c’était cosplay, dès que les sélections du concours Européen sont terminées, WOOOUSH, tout
l’espace devant la grande scène se vide, les gens s’en foutent un peu et on se retrouve avec la même trentaine de péquenauds. C’est vraiment incroyable, Abe paraissait comme étant l’argument
d’autorité pour la convention et personne n’était venu pour lui. D’où la question millénaire : 95% du public n’était venu que via bouche à oreille? Ou pour accompagner des amis, des gosses, etc?
M’enfin bref, le talk show n’était pas très excitant, les animateurs ayant beaucoup de mal à attirer des gens, l’ambiance studieuse n’était pas vraiment à l’ordre du jour, l’ensemble du truc
était un jeu de question réponse un peu approximatif via la traduction pas évidente des missives (Q : Quelles influences pour l’univers d’Haibane Renmei? R : Architecture parisienne) deux petites
annonces qui intéresseront les fans, comme quoi il a une suite d’Ailes Grises en tête, qu’une adaptation de… je sais plus quoi est dans les tuyaux, annonce de Lain en Blue Ray (ils nous ont
même passé la séquence de suicide en fond visuel, en coupant un peu tard ces jeunes fous) bref rien de bien folichon, tout ça en retransmission direct via l’Ipod du sidekick officiel. Abe nous a
même fait un dessin sur Ipad, joie!

 

Ces petits malins exposaient des artworks et des celluloïdes à gagner, autant vous dire qu’à partir de ce point c’était la JUNGLE. Il
fallait faire un pierre-feuille-ciseau géant avec Abe, et autant dire qu’en étant au pieds du mec le plan de bataille était très faible. Même avec deux bonnes « réponses » c’était mort
d’avance puisqu’on était en plein point mort, comme si le milieu était soudainement inexistant. Pas de beaux artworks pour cette fois là, rien de dramatique!


Une fois les activités phares de la grande scène finies, on fait quoi? On regarde les autres évènements. J Pop diabétique, Flash Mob
de ninjas, concours de cosplays poseurs, rien de transcendant. On en revient à cette configuration à passé un tour de chauffe pour situer les lieux et un deuxième tour pour repérer les éventuels
achats, on ne sait plus trop quoi faire. Surtout quand les dits achats se foutent un peu de vous (Left 4 Dead à 70 Euros? SERIEUSEMENT) et sont composés des trois quatres posters
identiques (le saviez vous? Si Soul Eater était LE Shonen 2009, Black Butler prends la place pour cette année) et ben on se pose pour les activités, le minimum syndical était là et il était de
qualité. Epitanime d’une part, à l’implacable communication pour leur évènement (j’ai vu plus de logos épitanime que de logos Lovin Japan) qui proposaient deux trois jeux musicaux, dont Guitar
Hero TTFAF, le seul jeu de rythme à ne proposer QUE Throught The Fire And Flames (qui comme nous le savons tous, est une chanson sympa et facile ah ah) mais bon je suis d’une incroyable mauvaise
fois, j’ai pu m’installer à la batterie et faire le poseur sur Psychobilly Freakout, c’était assez incroyable de constater que la batterie Guitar Hero est bien plus agréable avec ses 5 pads et
elle rebondit tellement mieux, c’était un délice. Bref deux trois jeux de rythme, deux mêtres et un escalier plus loin c’est le stand Bulle Japon qui apparaît de plus en plus comme étant LA …
Association (tant pis pour la syntaxe) avec qui s’amuser en convention. Tant et si bien que je commencais à reconnaître les visages des animateurs (dont la charmante animatrice du quiz FF de
l’épitanime, qui possède également le don d’ubiquité, sa téléportation sur la grande scène était impressionante) mais aussi les joueurs, dont deux trois personnes qu’on commence à retrouver sur
tout les jeux BulleJapon de toutes les conventions, allant jusqu’à se faire vanner de leur omniprésence par les animateurs. Big Up à vous les gars, vous brillez vraiment par votre enthousiasme,
la qualité de votre animation, de vos jeux et de vos lots. L’asso commence à aquérir ce statut assez prestigieux qui fait qu’on commence à avoir un raisonnement spécifique « Ca alors, on sait pas
quoi faire! Allons voir chez BulleJapon, du lol en perspective! » et c’est très souvent vrai.

Comme toujours, un certain nombre de jeux bien divertissants quand il n’y a pas grand chose d’autre, surtout à Lovin Japan où c’était
bien des choses concrètes qui manquaient. C’est pas les deux trois jeux complètement hors public sur DS et Just Dance en démonstration qui distraieront tout un salon pendant deux
jours…


Par contre – le fait que la convention aie fait un gros bide (une bedaine comme on dit) apporte un avantage tellement paradoxal : le
peu de monde était rafraîchissant… Mais ce sentiment de liberté, cette sensation de respirer normalement, c’est tellement rarissime en convention que ce petit vide paraît salvateur. Circuler
librement, pouvoir aller d’un point A à un point B, il faut vraiment être borné pour dire que cet état de fait est la marque d’une convention ratée. C’était probablement la seule livrée de Lovin
Japan – elle restera à jamais une convention agréable. C’est l’essentiel. Contenu pauvre, certes, HK à tout les étages, ok. Mais AGREABLE. Il faut remettre les choses dans le contexte :
on est en vacances, il faut beau, rien ne presse, y’a de l’espace… qu’est ce qu’on peut s’en foutre de la quantité de tissu noir porté ou des peluches HK vendues. Il y avait Abe, il y avait des
gens de qualité (bon hormis deux trois relous mais ignorons les avec dédains, hpp) et comme d’habitude, rien de plus plaisant que de passer des bons moment entre initiés – passer une
nuit à farmer du succès sur les jeux de rythme? Passer dans un restau japonais entre Thalistes Yanderes où, roulement de tambour, je mange? Se taper nombre de petits trips spontanés et nouer des
liens? Ca n’a pas de prix.



sans avoir grand chose d’autre à dire sur la convention en elle même. Ambition curieuse, petit jeu, jeu respecté,
BulleJapons, deux trois achats à repérer, combo Abe/Ueda, un café l’addition. Maintenant, Abe à peur des français et quelqu’un, quelque part, est en train d’écouter sa J-Pop et mate ses photos de
famille sans savoir le profane qu’il a commis…

 

 

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La traditionnel photo de Loot! L’écharpe d’Amo que je peux ajouter à ma collection personnelle (et oui je vous l’avoue, je suis
kleptomane) la fabuleuse dédicace, le sanglot des Cigales en visual novel (je vous en donne bientôt des nouvelles) un
combo T-Shirt/Casquette jeu Rock Revolution, gagné gracieusement à un quiz Jeux Vidéos Asian Effrei. Merci infiniment à eux (bon RR est un jeu unanimement reconnu comme étant vraiment mauvais
mais j’allais pas râler non plus, c’est si gentil de leur part) et merci à Arashi, homme de sympathie et de charisme sans qui je serais reparti les mains vides (bah oui, pendant qu’on annoncait
mon pseudo, j’étais à la séance de dédicaces) plus un bouquin Pix And Love, je voulais voir ce que valait la maison d’édition depuis le MGS, c’est chose faite.

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One Response to Lovin Japan, pour toi public

  1. Zoneur says:

    Je me demande si quelqu’un passe vraiment sur les stades kendo/arts martiaux/etc.. Une convention, je trouve que c’est vraiment pas le meilleur moment pour découvrir ça 😮

    Assez marrant de voir que le défaut pour la convention (vide) était un avantage pour les gens :p Ca devait quand même être spécial. ‘fin bon, j’espère que je pourrais venir à l’Epitanime l’année
    prochaine :fou:

    Et voler l’iPhoned’Abe, franchement, ça craint 😡 Vive la France