Daily Archives: 14 avril 2010

Amusement de personnes idiotes

Alors sur le coup je franchis plusieurs paliers symboliques : d’une part l’anime du jour possède un titre en japonais (ce qui si on
prends un joli petit raccourci intellectuel signifie un pas majeur vers la vie de nolife! Mais oui! Les meilleurs experts le disent enfin… je crois!) et c’est une première car je me refusais
jusque là les animes aux noms incompréhensibles en préférant les trucs plus mainstream et d’autre part c’est un produit extrêmement récent, d’actualité quoi – ça change radicalement du schéma « on
mate les grands classiques puis éventuellement on se met à la page » du coup si vous êtes tombé ici, vous avez déjà probablement écrit ou lu un autre avis
sur la question et de ce fait je suis grillé et toasté jusqu’à la prochaine génération. Hé oui les discours cohérents c’est pour les faibles!


Alors que vaut un anime lambda du premier trimestre 2010?


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Alors au hasaaaaard… cet anime rigolo qui s’appelle Baka To Test To Shankanjuu ou quelque chose du genre (on va se simplifier la vie
et appeller la chose Baka To Test) signifie littéralement « Idiots, Tests et Invocations » a commencé à gentiment faire parler de lui en début d’année, là où tout les otaques sont en pleine déprime
à cause des baisses de températures, les studios de productions en profitent pour nous pondre les trucs les plus foutraques de leur planning (alors que les animes tristes sont casés en plein été! Tout correspond!) et il a la particularité d’avoir un scénario de
base très attirant… et comme souvent dans ce genre de situation, le pitsh est une sorte « d’aspirateur à attention » – le scénario lui même étant bazardé sauvagement au bout d’un épisode. Pour
baliser le post, autant le mettre immédiatement : cet anime est franchement drôle à mater mais je sais même pas si c’est volontaire. Parfois on a juste l’impression que ce nouveau studio au
nom-que-j’ai-pas-en-tête a voulu faire un petit truc sans prétention et qu’ils ont réussi un peu par hasard à taper un peu plus haut que dans leurs ambitions. Si je dis ça c’est parce que
globalement il est hilarant et agréable à mater mais il subsite pas mal de séquences inexplicables ou de passages très nanards/cliché…


Ô joie ô amour : Baka To Test c’est tout d’abord une intrigue de lyc… changez pas de page – de lycée oui mais pas de lycée,
de LYCEE! C’est d’avantage une intrigue de meubles, de couloirs et de fenêtres. Une intrigue de … métalycée ouais on peut le dire de façon méga pompeuse. Dans l’établissement de Baka
To Test, tout les futurs élèves passent un test d’aptitudes qui vont les projeter dans un des six classes : A,B,C… jusqu’à F et joie du concept bizarrement historique : votre note détermine la
qualité de votre environnement d’étude. La classe A dispose de minibars et de tables géantes et chromées… tout ça descends en gradation jusqu’à la F, son local pourri et ses cartons à
mandarines. Une entrée dans une classe pérave n’est pas rhédibitoire puisque le réglement du bahut est fourni en petites leçons de vie : il est possible d’échanger sa classe avec une autre.
Comment? De la manière la plus réaliste et simple qui soit, en lui déclarant la guerre. Pas physiquement comme dans d’autres animes mais via des petits avatars de vous qui se mettent sur
la gueule, via un système de points (et oui, comme dans Yu Gi Oh!)  Prenez le temps de raccrocher votre machoire…


Yoshii et donc un jeune homme très très très neuneu qui passe son examen d’entrée, le rate car il fait son chevalier servant en aidant
Himeji, la géniale loli-gros-seins-cheveux-roses qui fait son petit malaise et fatalement les deux se retrouvent catapultés dans la classe F, chez les crétins. Bien sûr nous sommes dans un anime
et le manque d’intelligence signifie obligatoirement l’amitié virile, les tapes dans le dos et l’amour fou doublé d’une cohésion de classe rare! Ces deux persos se construisent en trois minutes
une petite bande définitive composée également de la tsundere de base amoureuse du héros, du sidekick total grand et musclé, du mec dont la seul visée dans l’existence est de photographier des
petites culottes et Hideyoshi le trap qui va vous faire douter de votre sexualité. Tout ça semble incroyablement cliché? Bingo, ça l’est et c’est volontaire dans la mesure du possible
puisque une très grosse part de l’humour véhiculé par Baka To Test repose sur le comique des personnages, matraqué à envi et jusqu’à plus soif. Je multiplie les figures de style inutile pour
souligner ce fait : peut être 90% du temps de ces 13 épisodes sont consacrés aux cinq mêmes gags!Le five-man band parfait, amusez vous à comparer ça à Gloden Sun une fois maté c’est assez…
surprenant.


Le processus de matage de Baka To Test est pratiquement toujours le même pour tout le monde… on est attiré par le pitsh de
« classement » – on mate le premier épisode en rigolant un peu trop doucement et en se disant « mmh bof je vais peut être travailler et assurer mon avenir plutot » MAIS c’est comme si l’anime lisait
cet ennui en nous et il abandonne purement et simplement ce postulat de base pour taper dans le tranche de vie simple et rigolo comme le ferait cet anime controversé qui vient de reprendre et qui fait monter les chiffres de ce blog. Yoshii va manger des crêpes avec ses
copines, Yoshii va à la piscine, Yoshii va au parc d’attractions… ça parait plutot basique mais une fois de plus tout ça n’est qu’un vaste decorum pour matraquer et varier à l’extrême les six
gags de l’anime dont les deux tiers sont déjà bien éculés : Yuuji et son amoureuse maboule, Himeji qui a des gos nichons, Minami n’en a pas et fait des prises de catch au premier péquin qui le
lui fait remarquer, Hideyoshi est le plus délicieux des traps et se trouve toujours à poil pour des raisons inexpliquées (dans la piscine y’a les vestiaires hommes, femmes, et les
vestiaires Hideyoshi) – le Voyeur prends des photos, le surveillant colle tout ce qui bouge – des lettres d’amour circulent dans les casiers et chaque cliché
gay/lesbien/incestueux/loli est exploité ET parodié en même temps bref c’est comme du vaste fanservice bien foutraque à la Puni Puni Poemy mais tout ça reste léger, gentil et bien bien
drolatique. Ca casse que deux pattes à un canard mais ça reste agréable.

 

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L’anime n’est pas de Shaft mais on sent qu’il s’y inspire vaguement : ne serait-ce qu’au niveau esthétique avec ces lignes très
claires, ce coté très numérique très saturé, bien limpide et bien abusif au niveau des « petits pois » et des filtres divers… tant au niveau humoristique qui repose sur un débit sur-rapide, des
personnages qui gesticulent et un doublage de bonne qualité. Pourtant on sent clairement que le truc n’a pas l’ambition d’un produit estampillé Shinbo (Maria Holic, Sayonara Zetsubou Sensei)
quand on voit les génériques très très très dispensables, sérieusement, l’opening je l’ai zappé à chaque fois et l’ending est un peu escroc et à contre emploi sans être très couillu. D’autre part
pas mal de séquences sont gênantes dans leur… sérieux inhabituel. Quand on vient de voir des gags fétichistes et visuels sur l’inceste pendant 18 minutes on est très surpris de voir les deux
dernières consacrés à l’amûûûûr fraternel exploité comme dans les années 90 (« Hooo elle m’a cuisiné plein de paellas ma soeur m’aime youpla boum) ou dans un autre registre (« Ho nous devons nous
serrer les coudes devant l’adversité et le programme système scolaire injuste ») ce qui est d’autant plus étrange que ces séquences agissent
toujours comme des remplissages en fin d’épisodes… comme si l’anime était en fait très mauvais et avait des fulgurances d’épicité qui durent les trois quart des épisodes. J’exagère mais c’est
un sentiment très bizarre, autant de contrastes en peu de temps, le scénario complètement viré pour le bien qui revient pour clôturer la chose dans les deux (sans que la situation de base aie
évolué d’un poil, que ce soit pour les personnages ou pour le scénario, il ne s’est rien passé) au final il faut mater ça sans se prendre la tête. L’anime est court et c’est
tant mieux… et une deuxième saison vient d’être annoncé ce qui me laisse un peu sceptique sur l’avenir de cet univers? Allons nous y retrouvé le gang des frustrés encagoulés?
Mystèèèère…


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De la même manière, j’étais un peu médusé devant les premières scène de combat, je me disais quelque chose du genre « c’est sensé être
DROLE? » mais non ce n’est qu’une première impression trompeuse, n’oublions pas que le scénario est un prétexte et que l’invocation de ces petites bestioles à queue est source de situations
rigolotes (et les gens qui ont pondu ça ont fumé la foret de Fontainebleau, cadavres inclus) sans être « joué » au premier degré. Il faut faire la part des choses et éviter ce que je suis
exactement en train de faire maintenant : chercher un objectif, une visée, une cohérence… c’est comme une grosse bouillie graisseuse de lol qu’on vous sert un peu, il faut savoir s’en contenter
et on ne regrette pas du tout après coup. Il faut s’adapter et respecter le gimmick principal de l’anime, à savoir être con. Faut se mettre en mode « con » pour apprécier et rigolo – entre nous
c’est pas si difficile. Et savoir « limiter » son humour puisqu’une fois de plus, tout le ressort vient des personnages et de leur petite storyline de l’épisode : quand il y a une idée déjantée à
exploiter, PAF c’est fait, quand bien même tout ou presque gravite autour des … seins. Voyeur tiens un registre des bonnets de l’établissement. « Oh tu as changé de coiffure? Oh tu as changé de
seins? » Etc etc



Musicalement on pourrait presque comparer ça à du free jazz ou à du maths rock : faire n’importe quoi… de manière très ordonnée et
carrée! On a presque le sentiment d’assister à un cadavre exquis écrit au fur et à mesure (bon c’est le propre du truc je fais des répétitions c’est pas bon) je suppose que c’est un parfait anime
du milieu du panier, à apprécier sans se compliquer la vie, un petit produit aux limites et mécaniques visibles mais on s’en cogne un peu. C’est primaire, c’est drôle, c’est plein de bonnes
intentions. A mater pour Hideyoshi… surtout pour Hideyoshi.


Pas grand chose d’autre à dire, désolé!

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