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– Attention, anime qui fait faire cette tête –

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Ca faisait longtemps qu’une petite remarque idiote me traîne dans le coin de la caboche : ces temps si, le téléphone portable prends souvent une place méga importante, voire symbolique dans les
animes et mangas récents. Faut croire selon les expatriès que c’est un objet encore plus nécessaire dans la vie de tout les jours nippone (l’option pass navigo… need) mais là depuis l’été
dernier, c’est un petit produit divinisé à tort et à travers dans certains pans de la japanime. Que ce soit dans Mirrai Nikki où c’est un objet synonyme de vie, ouais carrément – voire dans Eden Of
The East où on trouve les fabuleux prototypes « Noblesse Oblige », aussi rutilants dans leurs design que dans les millions qu’il comportent dont les persos en font tout et n’importe quoi. En
l’occurrence, Tokyo Magnitude 8.0 est un anime dont la trame commence avec un malheureux message prophétique… et petit souhait texto et émo.

Avant d’aller plus loin sur le scénario de ce petit anime de 11 épisodes, petit topo sur les points de repères établis sur « l’arrière » de l’anime. Je commençais à vaguement en entendre parler au
début de la précédente Japan Expo, autour de début Juillet. Après vérification, l’anime a été diffusé sur TV Tokyo a un rythme hebdomadaire, comme si l’oeuvre était à la base « vouée » à être un
produit de remplissage, un anime simple et sans prétentions… Autre fait intéressant, cet anime est diffusé dans le cadre de l’émission « noitamina » (qui proposait, entre autres, Paradise Kiss –
c’est pas une référence, toujours un repère) et CET anime en particulier succède à la diffusion d’Eden of The East, diffusé à la même heure. Mhhh…
D’autre part j’entendais plus jaser sur Umineko ou K-On donc fatalement je m’y suis pas intéressé du tout, trop occupé à construire mon culte Souleaterien. Et quand on parle du loup! Tokyo
Magnitude 8.0 (que je vais surnommer « Tokyo Magnitude » à partir de là parce que bon l’échelle de Richter c’est tellement Kobé) est coproduit par Bones, la fabuleux studio de production qui nous a
pondu l’anime sus-cité et la série FullMetal Alchemist, entre autres. Notez par ailleurs que les premiers épisodes de Brotherhood sont déjà vendus en DVD mais je digresse… bref tout ça pour dire
qu’ici est là deux trois points de rapprochement mentaux pouvaient rendre la vision de cet anime arbitrairement plus prioritaire qu’un autre. J’en entendais un peu parler et ça me donnait
l’occasion de me mater un truc moins populaire que la moyenne! Et ouais un jour, peut être, c’est moi qui vous ferait découvrir un anime!

Mais la vision fut hautement dramatique! Après le premier épisode maté, j’étais pas enthousiaste (tout simplement car c’est loin d’être la visée de l’anime) mais assez satisfait, bien
rentré dans les prémices de la chose. Je vais donc sur Wikipédia joyeusement pour me renseigner sur deux trois détails, je parcoure des yeux la pages en anglais et … SPOIL MASSIF. Mes
yeux se sont posés sur des suites de mots, mon connard de cerveau a été assez rapide pour le traduire et l’interpréter et deux secondes plus tard mes glandes lacrymales fonctionnaient à l’envers.
DAMN. Autant se spoiler un détail sur une série de cinq ans est infiniment plus frustrant, autant se gacher la finalité d’un anime est sur-relou quand on vient à peine de s’y plonger. Enfin… à
différents degrés… je pourrais me spoiler La Princesse de Clèves là je m’en foutrais un peu…

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Alors résumons donc le contenu de ce premier épisode que j’ai regardé avec la joie, l’espoir et la vivacité d’esprit critique. L’action se focalise sur une famille normale du Japon
normal dans un contexte normal. STOOOOOOP
Faut s’arrêter pour se rendre compte que ce cadre est juste rarissime. Ok la suite est plus apocalyptique mais prenez deux secondes pour vous posez la question : « en Japanime, quel est le
pourcentage d’oeuvres que j’ai maté où tout est 100% réaliste, dénué du moindre truc fantastique? » pour moi il faut remonter jusqu’à Bienvenue à la NHK, et Monster dans une moindre mesure. Amis de
l’aventure débridée, passez votre chemin car l’héroïsme présenté ici et tout à fait normal, syndrome Nami Hito.
La famille présentée dans Tokyo Magnitude est tellement normale qu’elle est présentée comme sclérosée : les parents ont l’air de se foutre un peu de tout, le père rentre tard, l’anniversaire de la
mère passe inaperçu, la pure routine. Les deux enfants font très personnages de Miyazaki :
– Mirai, la grande soeur de treize ans qui… fait ce que les filles de treize ans font le mieux et la et la et la vous le voyez tellement venir que je vais même pas l’écrire mais ouais, elle fait
un peu archétype de gamine énervée par tout. Inscrite à un prestigieux collège pour filles, elle est en plein syndrome de milieu de milieu de vie, peur de l’avenir, humeur bondissante,
elle ne semble rien aimer, rien apprécier bref oui allez n’hésitons pas à le dire : elle à ses ragnagnas. Elle fait un peu Chihiro pour le coup : son monde semble s’écrouler doucement, et au moment
où elle le souhaite les repères s’écroulent littéralement.
– Yuuki, le petit frère shota tout mignon, ceinture noire dans l’imitation du faciès de la grenouille et dans l’opposition totale avec sa soeur. Toujours souriant, dans l’optimisme naïf et dans
l’allongement des voyelles – le petit frère de huit ans dans tout ce qu’il y a de plus classique. Nous sommes donc en 2012, le premier jour des vacances d’été, le train train familial nous est
introduit de façon un peu morne. Yuuki voudrais aller voir une exposition de robots, les parents demandent à Miria d’aller l’y emmener, elle râle deux secondes et finit par accepter. Ils prennent
donc le train, arrivent à l’expo et Yuuki s’amuse comme un petit fou pendant que Mirai se sent aliénée par tout et tout le monde. Son petit frère va faire une pause waters, elle va l’attendre à
l’exterieur, commence à ruminer un peu sur le monde qui l’entoure et commence à taper un SMS émo du genre « Pff j’aimerais que le monde s’écroule, qu’ils crêvent tous » et…

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La sentence est immédiate : Unfunny Aneurysm Moment et le Japon se tape historiquement le séisme le plus violent jamais enrengistré, vous devinerez aisément l’amplitude du phénomène puisque c’est
ce qui donne le nom à la série. Panique à bord : mouvements de foules, cris, hurlement, tout ce casse la gueule, panique totale. Mira va d’abord tenter de retrouver son frère, les deux vont
rencontrer une adorable maman qui va les prendre sous son aile, l’objectif espéré de l’anime va être de les voir intégrer tout les trois le foyer familial, sans avoir aucune nouvelle de ce dernier.
Pour être concis, la quasi intégralité de l’anime se focalise sur Mirai, héroïne malgré elle dont les bouleversement subis devraient éventuellement la faire grandir un peu, en gros autre le coté
très Miyazaki qu’on peut ressentir au niveau du rythme, de l’ambiance et des persos, cet anime me fait beaucoup penser au Monde de Nemo. Dans les deux cas, il faut rentrer à la maison en traversant
moult peripéties à base de attention-un-autre-tremblement-de-terre-il-se-passait-rien-pendant-trop-longtemps! Autant être honnête avec vous, ce coté un peu factice de la tension dramatique peut
énerver… comme passer naturellement pour d’autres. C’est à dire que le rythme est franchement différent des animes habituels et j’oserais dire qu’on est dans la tranche de vie… en situation
urgentiste. Mirai, Yuuki (et pas Nikki, réflexe, tout est lié, c’est cosmique) et Mari donc, l’adulte maman-poule entament un road trip vers le bercail, fondamentalement il ne se passe pas grand
chose et… HOP SECOUSSE DE LA MORT ET SITUATION CRITIQUE. Re-panique, re-mouvement de foules et scènes dantesques à la Guerre des Mondes, tout le monde se calme, un Mars et ça repart.
C’est un peu simplifié et en gros c’est ça.
Tant qu’on est dans ce qui peut paraître un peu trop redondant, il est important de signaler que Tokyo Magnitude cultive, moissone, exploite et capitalise l’art de la « mort Disney ». A peu prêt
soixante-quinze fois en trois heures trente, un personnage disparaît de notre champ de vision, on a peur pour lui, les larmes commencent à sévèrement monter au niveau des yeux et non ouf, le
revoilà qui apparaît frais et dispo tandis que le spectateur commence à penser très fort dans sa tête une tirade qui tiens du « CONNARD D’ANIME ». C’est pas vraiment un défaut, juste un espèce de jeu
avec nos nerfs – vu la situation initiale du truc on s’attends à des dommages collatéraux et le casting semble incroyablement résistant et intact. Jusqu’au bout? Peut être, peut être pas. En tout
cas, l’anime ose. Il peut sembler tourner en boucle mais il a des boules, des vraies, des corones viriles.

Je disais que cet anime s’apparentait à de la tranche de vie, ce sentiment vient plus de la spontanéité des situation que de leur aspect « quotidien » … Mari développe un petit fond familial qui
met mal à l’aise, Miria à la gastro, Yuuki kiffe les grenouilles, les robots et les robots-grenouilles… des petites situations qui instaurent deux trois gimmick qui, au final et faute de temps ne
sont que des petites marques de symbolismes. Le temps justement, l’anime n’en a pas beaucoup et il se permet quand même d’en perdre un peu : tout un épisode consacré à un mec un peu otaku de l’âge
de Mirai juste pour établir un petit parallèlisme… je sais pas si c’est vraiment nécessaire. Comprenez moi-bien : je ne râle pas. J’ai vraiment aimé cet anime (hey il m’a fait pleurer.
C’est assez rare pour être signalé) mais ce sont des petits détails qui s’amplifient qui peuvent vous freîner un peu si vous êtes un vieux routier de la fiction japonaise. Il n’empêche que c’est
vraiment un truc à voir, qui se matte très vite (deux jours top chrono pour moi, c’était juste trop court) et qui s’apprécie, se subit et s’oublie un peu trop vite…

Vous progressez donc gentiment dans l’anime et pas mal d’éléments paraissent suspects : le fait de savoir à quel stade on en est dans la « sotryline » ruine un peu la chose. Souvent on se dit « han on
en est qu’à X épisode, ils sont trop prêt de chez eux. Il va se passer quelque chose! » et hop marques de réalisme, relationnel, problèmes humains, les relations évoluent entre cette fille
un peu reloue avec son monde et son adorable petit frère. C’est une question de simplisme, de bon simplisme, ce coté roots qu’on retrouve au niveau des génériques composés de plans fixes.
C’est pas ellaboré? On s’en fout grave, le souci n’est pas là, on est juste mort d’inquiétude et de tendresse pour les personnages. Et voilà qu’arrivent les derniers épisodes… changement
d’ambiance… le rythme ralentit… rideau. A la fois prévisible et prenant mais impossible d’être indifférent face à cette petite révolution scénaristique – j’y ai vu dans Tokyo Magnitude une
attitude rarissime, même dans la fiction américaine. Vous comprendrez probablement par vous même… mais souvenez vous de cet aspect très « Chihiro ». Le coté perte de repères, monde qui s’écroule,
espoir qui naît, qui se barre, séquences symboliques et oniriques… entrecoupées de toilettes portable en papier et d’églises remplies de morts où s’attristent les personnages vus rapidement deux
épisodes plus tôt.

J’aime beaucoup le design de Tokyo Magnitude. Simple, rond, les personnages ont des bonnes bouilles expressives (sauf Mirai, très monolithique mais syndrôme accomplissement du héros oblige) la
musique est discrète sans pour autant être de mauvaise qualité, l’opening (Abingdton Boys School) et l’ending (Melody… je suis certain de l’avoir entendu autre part avant mais impossible
de me souvenir où) sont plus qu’agréables à l’écoute, et là aussi je le repête : c’est tout une ambiance. Un anime qui se démarque moins que les autres mais qui mérite amplement sa vision, ne
serait-ce que pour son coté anticipatif et situation de crise recherché. Après, c’est de la petite situation, de l’émotion, des moment ou votre petit coeur fond sur place et tout le
tremblement.

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Une très jolie histoire, émouvante, qui prends méchamment aux tripes. J’ai passé l’intégralité du truc à être en mode « ok j’ai les lêvres qui tremblotent » et un anime qui vous implique
émotionellement ne PEUT être un mauvais anime, n’est-ce pas?
Non vraiment, la seule chose qui manque à Tokyo Magnitude 8.0 c’est plus d’épisodes mais s’eut été synonymes de longueurs et c’était loin d’être nécessaire. A picorer d’une traite, hop on pleure un
bon coup et on oublie un peu trois jours plus tard. 

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4 Responses to : >

  1. Melow says:

    C’est vrai qu’il est pas mal tristounet cet anime.
    Parfois y’a des suspens à la fin des épisodes qui te donnent envie de voir ce qui va leur arriver ensuite (et quand on doit attendre une semaine pour l’épisode suivant c’est assez frustrant).
    Par contre Mirai est stressante lorsqu’elle crie le prénom de Yuuki tout le temps.
    Sinon j’ai aussi fait un peu la même tête que sur la première image, c’est très émouvant 🙂

  2. Nashi says:

    L’u…L’usine à problème me donne envie de voir un anime que je ne connais pas plus que ça  :<
    Limite tu viens de débloquer un succès là =D, bref j’ai bien envie de me lancer dans le truc dès que j’ai du temps du coup. Surtout que bon, toussa m’a l’air salement tentant.

  3. Zoneur says:

    Ah, Tokyo Magnitude 8.0… C’était quelque chose, je me souviens que je matais les épisodes en mangeant devant mon ordi, mais finalement je mangeais froid à la fin, fallait pas rater quelque chose.
    Vraiment bien foutu comme anime, je sais pas si c’est normal mais je suis plus attristé devant un tremblement de terre dans un anime toussa, que à Haïti ou en Italie :p
    Mais ça doit être normal, là tu connais le perso :'(
    Znif