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Les règles torrentielles d’Haruhi Suzumiya

Oui alors ne vous méprenez pas : un titre aussi putassier n’est pas une marque de manque d’attention de ma part face aux collègues qui
font de la news et se tapent des statistiques astronomiques ou aux béddéistes qui vendent leurs carnet à dessin pour 500 Euros. (Véridique, vérifiez chez Laurel) non c’est juste un fait établi,
vérifié, scientifiquement prouvé, peut être un gimmick chez KyoAnimation : Haruhi a ses ragnagnas divines et ça fatigue tout le monde, regardez à vos pieds, y’en a partout c’est ignoble beuargh on
dirait un mauvais doujin guro, et notez par là que je prends la très hasardeuse supposition qu’il y en aurait des bons.

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Car oui nous voilà en Février, mois FATAL. L’un des plus difficiles à passer (avec son jour médium et FATAL pour le moral des pauvres asociaux que nous sommes) mais heureusement c’est aussi le mois
où tout ce qui est fabuleux coïcide sur nos écrans, entre autres retour de Lost – Dexter – Weeds, la vingtième mouture de Survivor placé sous le signe du fanservice, tout ça avant les petites
cérémonies bling-bling. Coté animes, dans le futur je pense que des petites bribes sur Gurren Lagann, Umineko voire (attention attention électisme) Tokyo Magnitude devraient tomber (et attention,
le retour de l’héroïsme musical est proche) mais tout cela ne nous intéresse pas tant que ça pour le moment puisque là, dans l’immédiat, j’essaie tant bien que mal de mater la folle saga d’Haruhi
Suzumiya.

Et c’est dur.
Pour des tas de raisons qu’on pourrait résumer simplement : toute l’histoire, « l’aura » derrière cet anime, le contenu de la chose et les préjugès que j’ai dessus et qui
ont un mal fou à s’en aller. Alors allons-y de façon raisonnable et pragmatique… car je me sens obligé de donner mon avis sur le truc. C’est une mission divine, si je le fais pas tout
les torrents de Lost seront bloqués, imaginez le désastre. Bon, j’essaie de retranscrire le plus honnêtement possible mon rapport avec cette série, que vous ayez un peu le contexte et l’état
d’esprit dans lequel je peux être.
Ha-ru-hi. Trois syllables faciles à prononcer puisque ne nécessitant pas l’usage de la lange, formant un mot que je commencait à entendre de plus en plus souvent courant 2008. Etant encore à cent
pout cent écarté de la vraie culture otaque, n’ayant que pour seule et première ouverture le Donjon des Mouettes (deuxième à droite) je commençais à me demander qui pouvait être cette fille
divinisée à tort et à travers – surtout si on se dit que cette simple dénomination pourrait être un GROS spoiler, mais bon osef on passe – plus encore pendant la Japan Expo où le hype semblait être
centré autour dudit personnage. C’est ce jour où je suis tombé sur Néant Vert, Editotaku et Soviet Voice donc j’ai pu rapidement voir que dans « le milieu » cette pensée était encore plus valable.
Intro muros, bla bla Haruhi, passage discret devant le stand SOS Brigade, fans en délire, incompréhension nette de ma part. Aucun jugement porté, juste une incompréhension assez pesante. Evidemment
je n’y connaissais rien à rien donc j’oublais juste l’affaire deux jours plus tard.

A partir de la rentrée 2008, j’ai un peu plus commencé à me renseigner et à fouiller ce pan de la blogosphère, toujours en retrouvant ce nom, porté par une communeauté qui marche visiblement très
bien. C’est donc décidé : mon premier épisode téléchargé sera le pilote de la Mélancolie d’Haruhi Suzumiya. Sans RIEN connaître du truc, juste ce nom et son assiociation divine! Je lance le bouzin
et… ca a donné ce post, mis chez Nashi pour son contenu beaucoup trop scandaleux de phrases courtes et
de « ou pas ». En fait rien que le choix du premier épisode était fastidieux : vous êtes probablement au parfum, il y a deux ordres de matages possibles, celui de diffusion et l’ordre chronologique –
comme si le contenu scénaristique n’avait pas d’importance, au profit de l’acheminement de l’action.
Déjà, je suis tout émerveillé : techniquement je suis assez sur les fesses vu que mon dernier souvenir c’est FullMetal Alchemist en 4:3! C’est beau, c’est en technicolor, je ratrappe cinq ans
d’animations, c’est un lycée précédé d’un plan de pétales de roses et tout…WAT ATTENDEZ

Des pétales de roses? Un lycée? Des élèves dans un lycée? Des clubs dans un lycée? Merde c’était déjà pas engageant, rien que sur les quelques échos sur tel ou tel anime que j’avais pu avoir, je
flairais l’accumulation un peu voyante de poncifs… Bien sûr à l’époque j’étais loin de me douter que j’étais autant à coté de la plaque mais continuons sur mes impressions immédiates.

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Kyon, le narrateur et principal protagoniste, est une vraie pipelette, il ne la ferme mais alors jamais. Une pipelette mentale, comme JD de Scrubs, il pense et il le fait de façon très
productive puisque le bon tiers d’un épisode doit contenir les monologues internes du bonhomme. Normal puisque le mec est automatiquement introduit comme étant très pragmatique, il nous repête sa
blasitude face aux voyageursdansletemps/espers/extraterrestres qui ne daignent pas exister, certes. Et il rencontre Haruhi, qui VEUT croire aux voyageursdansletemps/esper/extraterrestres. Haruhi à
un ruban dans les cheveux et une attitude de grognasse, de filles très dynamique dans ses meilleurs jours. Mise au banc de la classe, attitude marginale bref vous pigez l’idée et Kyon aussi, ce qui
n’empêche pas les deux de sympathiser à leur façon, les deux personnages étant diamétralement opposés. Bientôt les voilà qui fondent un club, c’est la fête, la joie et ending à base de chorégraphie
un peu nunuche parce que oui, mon premier ending maté en tant que tel avec la définition du mot en tête, ben c’est le Hare Hare Yukai. Tout ce kharma…

Donc en finissant ce premier épisode, triple interrogation. Pourquoi ce hype, pourquoi les trentenaires kiffent-ils à fond, où l’anime va-t-il nous mener? Ce premier épisode était surtout rempli de
petits détails qu’on pourrait s’amuser à dégommer en faisant des tronches rigolotes en vidéo… ce qui m’a le plus marqué à ce niveau là c’est le contraste entre les personnages. Kyon est méga
blasé, Haruhi à ses règles, Mikuru est MEGA fatiguante avec sa voix haut perchée, ses « huuu huuu » quand Haruhi vient la peloter (mais quoi le fuck) sans compter son attitude de bébé hurleur et ses
gros nichons qui viennent constraster le truc (c’est perturbant) puis vient Yuki Nagato qui ne dit rien, n’exprime rien, ne laisse rien transparaître. Soooooooooit. J’étais un peu comme Kyon, je
voulais devenir un personnage en 2D pour en mettre une à Haruhi, donner une baffe à Mikuru et torturer Yuki façon Baccano! histoire d’avoir des personnages un peu moins… fantasques, étant encore
dans un schéma très séries américaines où tout le monde est très torturé et très cérébral. Dans Haruhi épisode 1, les personnages ne sont pas cérébraux, il sont non-démonstratifs.
Les hasards ont fait que je n’avais pas continué la série, j’avais cette impression basée sur une infime partie de l’oeuvre gravée pour un bout de temps. Je m’étais spoilé quelques trames, quelques
bases dévellopées, pas grand chose d’autre.

Le temps passait et le hype ne dégonflait pas pour autant. Faut dire que je m’étais ancré sur les mêmes forums, les mêmes sites d’actualité, je lurkais les mêmes machins donc il est évident que je
risquait pas de lire des impressions inverses sur deux jours mais je trouvais ce nom toujours aussi… envahissant. Là j’aimerais que vous vous concentriez : pensez très fort à Olivier de Carglass.
Pensez fort à Sarkozy dans les médias depuis 2004. Réfléchissez à donf sur mes fautes d’orthographe : vous l’avez pigé – quand on voit incessament le même truc matraqué partout, tout le temps dans
une période de temps prolongée, vous en avez marre. Le truc en question pourrait être le meilleur anime jamais fait, vous vous en foutez grave rien à faire ça vous hérisse les poils du cou. Effet
Pavlov, vous détestez le studio et vous tentez de rétablir l’équilibre avec K-On! et c’est l’ECHEC CRITIQUE.

Pendant que vous feignez d’ignorer votre mauvais foi, la saison deux et son putain d’endless eight apparaît et hop ça devient le marronier de l’internet. Kyon Kun, denwa. Tout le monde en parle,
des gens font la guerre pour imposer leurs avis, des gens meurent, des chatons sont égorgés et là vous êtes juste complétement en marge du truc, à mi-chemin entre la désolation et la curiosité. Bon
sang, pour que tout le monde bloque sur ça il doit y avoir un TRUC, un MOYEN, une pirouette qui ne peux que faire apprécier le bouzin dans la globalité. (Ouais, je vous avoue une ignomine, sur
MyAnimeList je peux mettre une note dès le premier épisode, note qui ne couvre que ce que j’ai vu et qui peut changer à chaque opus supplémentaire, c’est mesquin!)

C’est donc vers Décembre 2009 – après avoir entamé un début de culture otaque après quelques bourrineries et deux trois grands classiques ou trucs unanimement aimés – que je me décide ENFIN à
parcourir véritablement l’anime. Pour la gloire, pour comprendre l’amour des trentenaires, i want to believe! De toute façon ça devenait une petite obligation personnelle, vu la mauvaise foi que
j’apposais sur l’oeuvre, à la Japan Expo le premier truc que j’ai dit après m’être présenté au stand SOS Brigade devait être un truc « Haruhi m’agace pas mal, désolé » c’est rigolo sur le coup mais
peut être paaaaas très malin dans l’absolu.

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Premier épisode donc, premier véritable épisode sous la forme d’un film un peu pourri tourné par le scooby gang. En parallèle
sur IRC on me souffle « en plus c’est tout le scénario de l’anime que tu vois là » … donc des magicals girls, des sorcières, des attaques à base de rayons lumineux… et du clavier tout droit sorti
du club Do. Bon, c’est très gentiment rigolo, c’est parodique quoi, bon. C’est pas comme si j’avais pas vu l’heure passer mais bon.

Troisième épisode. La non-intrigue commence à prendre fin, Haruhi a toujours ses règles et viole le président du club des geeks du lycée, création du site SOS Brigade ok ok je vois. Ca s’achemine,
on reste dans un cadre tranche de vie sympathique.
C’est avec les deux épisodes suivants que les choses se… complexifient. Tournoi de baseball : Nagato modifie la matrice et met la batte en mode « sans échec » … parce que Nagato avoue à Kyon son
appartenance à une autre planète, autre système solaire que sais-je enfin elle ne vient pas de chez nous. Mikuru voyage dans le temps. Itsuki, qui apparaît un peu sorti de nulle part est un esper.
Alien/Voyageurdansletemps/Esper. Les choses commencent à se mettre en place…

C’est alors que les pistes tombent, Haruhi serait la créatrice de cet espace, voire la Déesse, son ennui serait synonyme de fin du monde tout ça. A partir de là je dis oui éventuellement mais c’est
un épithète qu’on lui colle depuis le fond des âges donc être surpris n’est pas quelque chose d’évident. Non, on est plutot comme Kyon, à avaler tout ce qu’il se passe sans trop rechigner, sans
trop savoir pourquoi… j’ai beaucoup de mal avec ce mélange des genres. Pour tout vous dire, je n’ai probablement JAMAIS vu un anime où tout est 100% rationnel, crédible, non-fantastique et
réalité compliant, sans aucun élément de futur ou d’anticipation. Du coup, je sais pas trop sur quel pied danser – on passe d’un contexte lycéen lambda où le ressort est la diversité des persos à
PAF un cadre fantastique où les gens lancent des boules de feu, font des attaques magiques en prenant des poses gracieuses pour combattre le monstre de la semaine.
Y’a même ce double épisode où le casting s’en va passer un petit séjour sur une île et le tout devient un mini-épisode de Detective Conan. Enfin – un faux épisode puisque personne n’est mort, tout
tombe à plat, c’était introduit n’importe comment et ça se termine n’importe comment.

Je veux bien accepter le changement constant d’expression et de genre façon Excel Saga mais en l’occurence c’était super drôle, parodique et bien amené. Là je suis juste… méga perplexe. Je vois
pas ce que ça apporte, ce que ça peut lancer, comment aimer ce qu’on nous propose. Même ne serait-ce que techniquement y’a des trucs incompréhensibles : le rythme y est parfois très lent, les
personnages sont rarements synchros, y’a des petits plans inutiles façon Lain… les deux trois parodies et clins d’oeil que j’ai capté m’ont fait rire…


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Hppf meh.

Mais je suis toujours dans l’incompréhension la plus totale. Okay menace de fin du monde? Tout le monde semble s’en foutre royal, Kyon le premier. C’est probablement la même chose pour K-On, un
anime léger à regarder gentiment pour avoir le sourire aux lêvres, mais pas tout ce pataquès quoi. Les clés pour piger l’oeuvre sont-elles dans le dernier tiers? Pourquoi ce séisme de genre à
chaque épisode? On est sensé le mater à quel degré? Pourquoi je trouve Haruhi aussi fatiguante et pourquoi Mikuru en Bunny Girl? Pourquoi j’ai du mal à penser que tout ce truc n’est qu’un espèce de
machine cathartique à fanservice?
Je comprends pas. Je veux bien admettre que j’avais un peu décidé à l’avance que je pagayerais mais à ce stade, après une dizaine d’épisodes, je vois pas ce que cette série à de si fabuleux pour
être divinisée et martelée ainsi. Moi aussi j’ai des lubies mais c’est nécessairement après des matages passionés, là je vois pas du tout comment je pourrais rentrer dans le truc, j’ai l’impression
d’être dans un monde parallèle où tout le monde sauf ma pomme aimerait un truc ni bon, ni vraiment mauvais, juste très très peu prioritaire?

Je ne comprends toujours pas.

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